Hello les gens !

Ouiiiii, je sais... J'ai déjà posté cette série. Puis je l'ai supprimée.

Je ne m'attarderai pas davantage là-dessus.

Bonne lecture !

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Cent mots et des poussières –

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Apesanteur – 119 mots

Il flottait. Il sentait son corps dériver vers une destination inconnue, comme un bateau mal attaché au quai qui échappe à ses cordages et s'enfuis vers l'appel de la mer.

Un bateau…

Il lui semblait se rappeler.

Le ciel rougeoyant. Une terrible chaleur le consumait.

La peur, la douleur et l'incompréhension.

Losgar.

Il se rappelait.

Il se rappelait de la terreur quand les flammes avaient surgi pour l'encercler, comme des fauves cernant leur proie.

Il se rappelait de la peur, la douleur et l'incompréhension.

Il était mort cette nuit-là.

Mais maintenant, tout cela était terminé.

Maintenant, Amrod flottait en apesanteur, nimbé d'une douce lumière blanche, et de l'autre côté du ciel, Mandos l'attendait pour le jugement de son âme.

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Verre – 117 mots

C'était une cité qui semblait taillée dans du verre étincelant et le nacre du ciel ; ses tours s'élevaient vers les nuages comme des lances effilées, scintillantes de leurs pointes d'argent sous l'ardent soleil, aussi hautes que les montagnes protectrices qui l'entourait comme une seconde muraille.

Ce n'était qu'un rêve ; mais Turgon s'était réveillé avec la certitude que c'était l'un de ses rêves dont l'on doit faire une réalité.

D'abord, il avait gardé cette chimère secrète, régnant sur Nevrast sans s'ouvrir à personne du désir passionné qui avait envahi son âme ; mais ses nuits étaient peuplées de rêves insistants, qui semblaient le presser de construire cette cité, qui serait comme la jumelle de Tirion.

Gondolin.

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Espoir – 127 mots

Dès que Finrod vit les Hommes, il les aima ; et de contempler leurs visages sereins dans leur sommeil apporta à son âme un étrange réconfort. Alors, une nuit, il s'avança entre leurs corps assoupis dans l'herbe, s'asseyant près des restes d'un feu de bois aux braises consumées et, tirant sa harpe sur ses genoux, il en caressa tendrement les cordes, la tête inclinée comme pour lui demander conseil. La mélodie qui s'éleva dans le silence de la nuit tira les Hommes du jardin d'Irmo, gardien des rêves, ou au quelconque endroit céleste qui gardait le sommeil de leur race ; et à voir l'elfe baigné de la lumière de la lune, et à entendre le chant de sa harpe, leur cœur fut empli d'émerveillement et d'espoir.

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Remords – 116 mots

Le regard de Maglor avait perdu son habituelle étincelle de joie. Silencieux et le visage fermé, il s'activait autour de son frère aîné avec la précision discrète d'un serviteur, précédant ses moindres désirs comme s'il lisait ses pensées et les exauçant avant qu'il n'ait eu à les formuler.

C'était sa façon à lui de tenter d'exhumer cette terrible culpabilité qui le rongeait de l'intérieur, de rendre supportable la torture des remords ; mais rien n'y faisait : une petite voix dans son esprit ne cessait de le harceler, jours et nuits, lui soufflant qu'il ne méritait même pas de servir d'esclave à un frère très cher qu'il avait abandonné au danger sans tenter de le secourir.

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Rire – 128 mots

Et de son côté, Maedhros regardait son cadet en tentant de deviner les pensées qui agitaient son esprit et assombrissaient son humeur. Il n'aimait pas ce mutisme dans lequel il était enfermé depuis qu'ils étaient revenus à Himring, ni l'ombre qui avait durci les gracieux traits de son visage ; et bien qu'il se doute de sa raison, il n'en parlait pas, attendant que Maglor ne prenne les devants ; mais celui-ci ne disait rien et agissait avec la même révérence qu'un serviteur devant son seigneur.

Son petit frère lui manquait. Le temps de leur enfance lui manquait, quand ils cavalaient tous les deux dans les bois de Tirion, libres comme des faons, et leurs rires insouciants se mêlant au murmure du ruisseau et au chant des oiseaux.

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Contradiction – 153 mots

Et quand la nuit tombait, ils s'en retournaient dans leurs appartements, chacun de leur côté, après avoir dîné ensemble – le plus souvent dans un silence pensif.

Maedhros étendait sa longue carcasse sur le matelas, les mains croisées sous sa tête et le regard levé vers les baldaquins de son lit. La fenêtre était ouverte, et la blême lueur des étoiles, soufflée par la brise nocturne, caressait son corps alangui.

Maglor se pelotonnait entre ses draps, son oreiller blotti contre la poitrine comme un enfant qu'il berçait. Et, dans le silence de sa chambre sombre, il laissait écouler de ses yeux des larmes amères, des larmes chargées de dégoût envers lui-même.

C'était une étrange contradiction à observer, ces deux frères qui semblaient avoir endossé le rôle de l'autre ; car si l'un d'eux aurait eu des raisons de pleurer, c'était Maedhros, et si l'autre aurait dû rester fort et stoïque pour l'autre, c'était Maglor…


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Il n'y avait pas de chapitre spécialement dédié au "post-Himring" dans NNAED, alors j'ai un peu réparé cette erreur dans cette file de drabbles...

Un nouveau chap devrait suivre rapidement (dans la journée très probablement) avec les drabbles de la dernière soirée !