Cette fois, je l'ai pas ratée, cette soirée... (pas trop en tout cas...)
Et après une petite accalmie au niveau de l'affolement du compteur, ben c'et reparti dans un joyeux n'importe quoi !
Bonne lecture quand même !
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– Cent mots et des poussières –
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Chant – 151 mots
« Tu as une âme de barde, Kano. »
C'était ce qu'on lui disait depuis son enfance. « Tu as une âme de barde, Kano. »
Il le savait. Il le sentait, au plus profond de son être. Il l'avait toujours su, toujours senti, et le goût de la musique coulait dans ses veines au même titre que son sang. Sa harpe était pour lui la plus tendre compagne qu'il puisse avoir.
Kanafinwë était né pour la musique. « Par » la musique, auraient dit certains. Maitimo le premier.
Maitimo le Bien-formé, qui avait inspiré à l'esprit de Kano les mots justes à coucher sur papier, rythmés de vers et de rimes, dignes d'être déclamés au son de sa chère harpe.
Par bien des manières, Maitimo était le héros, le modèle de son petit frère. Mais avant tout, il était la muse en qui il puisait la force de son chant.
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Célébration – 137 mots
La célébration d'un évènement important était censée être joyeuse et emplir le cœur de tous d'allégresse et d'espoir.
C'était le cas aujourd'hui.
Presque.
Un seul ne partageait pas la joie générale, un seul trouvait son cœur sec de rires et de paroles gaies.
Un seul ne désirait en secret que s'éloigner et verser des larmes amères, loin des regards de tous ceux qui se pressaient autour de lui pour le féliciter.
Car il était le cœur de la célébration – et le seul à ne pas s'en réjouir.
Thranduil aurait dû être heureux, fier d'être couronné roi. Mais il ne trouvait en ce jour qu'amertume, alors qu'il ceignait à son front la couronne royale d'Eryn Lasgalen : car, comme le dernier point d'une histoire, il signait officiellement la disparition de celui qui la portait avant lui.
Son père.
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Effort – 157 mots
« Findekano… »
La voix brisée de Maitimo résonna sinistrement dans la ravine. Le regard levé, brouillé de larmes, Fingon ne voyait de son cousin qu'une forme floue et lointaine, suspendue bien au-dessus de sa tête – hors d'atteinte.
Il ne pouvait pas le sauver. Il avait essayé. Si fort. Il avait tenté cent fois d'escalader la paroi de pierre froide. Il y avait usé toutes ses forces et son courage. Et maintenant il était là, pantelant et épuisé, impuissant, et son cousin était toujours prisonnier des tortures de Morgoth.
Il ne pouvait pas le sauver…
« Findekano… » le supplia une nouvelle fois Maitimo.
Fingon secoua la tête. Mais il savait, au plus profond de lui, que c'était la seule solution.
Alors il banda son arc, sa flèche levée vers le ciel visant le cœur de Maitimo. Ce simple geste lui coûta un terrible effort.
Il ne pouvait pas le sauver, mais il pouvait encore le libérer.
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Ange – 131 mots
De tous les fils de Fëanor, c'étaient sans conteste Kanafinwë et Moryofinwë qui s'entendaient le moins : leurs caractères étaient si radicalement opposés qu'il leur était impossible de s'accorder sur ne serait-ce qu'un seul point ; et la maisonnée tremblait sur ses fondations à chacune des disputes qui opposaient ces deux forces de la nature, pourvues par leur père du même orgueil entêté et d'une voix excessivement portante.
Paisible, doux et conciliant, Kanafinwë regardait le monde en souriant et voyait toute chose comme une mélodie. A l'inverse, l'irritable et impulsif Moryofinwë brûlait d'une flamme ardente qui menaçait constamment de tout ravager sur son passage.
L'un était l'ange, l'autre le démon – et ils représentaient ensemble les deux visages que leur père savait présenter au monde, les endossant avec la facilité d'un masque.
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Berceuse – 157 mots
Cependant, Moryofinwë était aussi un enfant, sensible malgré les apparences, qui avait parfois besoin du réconfort d'un aîné.
Kanafinwë fut, une nuit, réveillé par la voix de son petit frère qui appelait son nom ; Moryo était au pied de son lit, les yeux écarquillés de peur et de fatigue.
« Qu'est-ce que tu veux, Moryo ? » Demanda-t-il d'une voix endormie. « Il faut encore nuit… va dormir… »
« J'y arrive pas… Je fais des mauvais rêves. Tu peux me chanter une berceuse ? S'il te plaît ? »
Alors Kano laissa son petit frère effrayé monter dans son lit, et, le prenant dans ses bras, il lui caressa doucement les cheveux en fredonnant une mélodie apaisante ; il ne s'arrêta que quand la respiration de Moryo devint calme et régulière. Il déposa un léger baiser sur son front, en soufflant « Dors, petit démon ; je te protège des mauvais rêves ce soir. »
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Perte – 142 mots
Il n'y avait probablement pas un seul elfe aux temps des Premiers Jours du Monde qui n'ait pas fait de sacrifices, qui n'ait pas subi de blessures ou de pertes.
Mais il n'y avait probablement pas un qui ait davantage souffert que Nerdanel. Mais elle était fière et souhaitait par-dessus tout se montrer brave ; aussi personne ne sut jamais rien de la douleur qui la déchirait de l'intérieur comme une lame glacée.
Elle avait sacrifié son mari bien-aimé et ses sept fils, les laissant partir en leur souriant, alors qu'elle savait qu'elle ne les reverrait jamais. Elle avait perdu tous ceux à qui elle tenait – et pour quoi, à la fin de l'histoire ? Pour rien… le nom de Fëanor restait dans les mémoires comme celui qui avait trahi les Valar, et ses fils comme des régicides, fratricides, traîtres et meurtriers…
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Hem... bon, rien à dire de particulier... A part un petit message pour ceux (celles !) qui lisent Nul ne l'a entendu dire (ne vous cachez pas, je sais qu'il y en a dans la salle !) : ça fait un moment que je n'ai pas updaté, et je la met donc "officiellement" en pause pour une durée indéterminée.
Voilà voilà... Bisous à tous et à la prochaine !
