Je secouai l'infirmière, dépassé.

-Mme Pomfresh, mme Pomfresh ! Merdeuh…

Je couru comme un dément dans les couloirs du château. J'aperçus Rusard au coin d'un couloir, son chat vicieux collé à ses basques et son air perpétuellement contrarié plaqué sur son visage.

-Mr Rusard !

-Vous ! Déjà du chahut…

Comme si j'avais le temps pour ça. Je l'attrapai par l'avant bras.

-L'infirmière a fait un malaise et...oh non !

Le concierge s'écroula à son tour. Je regardais la main avec laquelle je l'avais touché, les yeux ronds.

-J'ai peur, je dis dans le vide.

Mr Galeux le chat essaya de m'étriper la jambe mais je repartis dans ma course. Je fini par tomber nez à nez avec Slughorn.

-Monsieur Lupin ! En plein jogging tardif à ce que je vois. Petit chanceux, vous pouvez vous estimer heureux que les points de votre maison ne peuvent pas rentrer dans le négatif...s'émerveilla le gros professeur.

Je pris soin de garder mes distances.

-Mme Pomfresh a fait un malaise professeur, je l'urgeai. Mr Rusa…

Je m'aperçus que je ne me souvenais plus du tout du couloir où gisait Rusard. Tant pis. Et puis l'infirmière était une priorité.

-S'il vous plaît, elle a besoin d'aide !

On se dépêcha de remonter à l'étage pour repasser les portes de l'infirmerie. Le professeur de potion se pencha en direction de Pomfresh.

-Elle dort.

Une fois de plus, je regardai mes mains, symbole du toucher. L'infirmière n'avait fait que me frôler l'épaule... Je passais d'un pied sur l'autre, stressé. Devais-je signaler mon nouveau problème ou juste laisser les adultes trouver d'eux même des explications à ces petites siestes spontanées ?

-Du surmenage, sans aucun doute.

-C'est sûrement ça professeur.

Je décidais d'attendre de voir si ça passait.

Quand je rentrai au dortoir, mes estomacs sur pattes en besoin de digestion d'amis ne m'avaient pas attendu et bavaient déjà dans leurs oreillers sereinement. Je m'installais sur mon lit et posai les doigts précautionneusement sur la couverture.

Je n'avais pas du tout sommeil, ayant dormi pendant tout le voyage. D'ailleurs si le simple fait de toucher envoyait toute forme de vie au royaume des songes, comment faisais-je pour ne pas m'auto-endormir perpétuellement ? Je touchais de mon index ma joue mais rien ne se passa. Je chatouillais mon pied, puis mon épaule, mon genou, mon ventre…

AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

COIIIIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN...

Putain de réveil.

Sirius chopa le canard en plastique et pressa pour refermer son bec avant de le balancer le plus loin possible de sa personne.

Un premier jour c'était toujours difficile.

Peter n'avait pas remué. Il faudrait que je lui demande un jour comment il avait fait pour rendre ses tympans imperméables au coincoin supersonique du matin.

-Bon on se lève là, dit énergétiquement James.

-On est samedi crétin, grogna Sirius.

-Ok on se couche, c'est pas l'heure encore. Qui est l'imbécile qui a mis le réveil ?

-J'ai deux mots à dire à tes parents pour t'avoir engendré Potter…

Je m'étirai dans mon lit. Maintenant que j'étais réveillé, autant aller petit déjeuner. Je n'avais pas mangé hier soir je le savais mais dans mon demi sommeil, je n'arrivais pas à me rappeler pourquoi. Je massais mon ventre qui criait famine.

boothboothboothboothboothboothbooth

-Remus ! Lupin ! LOUPIOT !

-gnquoi ?

-On veut bien que t'es besoin de beaucoup de sommeil, dit James, mais c'est l'heure du dîner, on s'est dit que t'avais peut-être envie de manger au moins une fois dans la journée.

Manger ? Petit déjeuner.

-J'ai petit déjeuné.

-Non, Sirius dit soucieux, tu n'as pas quitté le dortoir de la journée. On n'est pas sorti non plus, Rusard crèche devant l'entrée de la salle commune, on craint que cela soit pour nous

Je me martelai la mémoire. J'avais voulu descendre ce matin et je m'étais donc endormi avant d'y parvenir. Ça voulais dire que...déjà ça voulait dire que je n'avais pas mangé depuis presque deux jours, j'avais faim...et que j'avais probablement trouvé ce qui m'envoyait comater et était en train de me faire louper la moitié de mes journées.

Le soir à l'heure de dormir, après avoir dîné et retenuté, je soulevais mon tee shirt et posai un index hésitant juste au dessus du nombril. Rien.

Je fis des cercles. Toujours rien.

Je glissais sur le coté, en direction de la trace de morsure qui me pourrissait la vie depuis maintenant plus de sept ans. J'appuyais.

Dodo.

ininininininininininininininininininininininininin

Tout ira bien, je me disais pour la vingtième fois alors que mes amis et moi nous dirigions vers nos premiers cours de l'année, histoire de la magie, un lundi matin, psychopathes, si j'évitais de toucher ma morsure et mon entourage.

Je pouvais vivre toute ma vie sans contact. Je ne voyais pas où était le soucis.

-Tu peux me passer cette paillette tombée par terre Remus ? La bleue nuit ? Me demanda Sirius sans lever le nez de son livre d'histoire qu'il essayait d'égayer à sa façon.

Je la posais sur mon doigt et voulu la laisser tomber à côté de son manuel mais Sirius n'ayant pas la patience essaya directement de me la prendre des mains.

Il s'écroula inconscient sur sa table.

James siffla.

-Nan mais l'histoire de la magie c'est redoutable.

Peter s'écroula à son tour.

-Redoutable…

-Je l'ai même pas touché !

-De quoi ?

-Rien.

-C'est juste le cours qui est chiant, détend toi Remus.

Il amorça un mouvement pour me tapoter l'épaule, je me jetais sous la table en protection. James me lança un regard curieux.

-Euh...je commençais.

-Oui ?

-Si je te dis un secret, tu ne répéteras pas hein ?

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-On devrait créer une bulle autour de toi, dit James en lévitant Sirius dans le couloir menant à la métamorphose.

-C'est pas très discret.

-Vous parlez de quoi ? Demanda Peter en baillant.

-Loupiot développe un super pouvoir.

-Hé !

-Peter c'est la famille. On raconte à la famille, ordonna presque James. Mais en toute honnêteté, tu ne penses pas que tu devrais retourner à l'infirmerie ?

Je le regardai étonné. James qui conseillait d'être raisonnable ?

-Mmh ton autre problème...de fourrure tu sais ? Dit-il. Comment Mme Pomfresh va te soigner si elle ne peut pas te toucher ?

-Je ne sais pas. J'espérais que ça soit passé d'ici là.

Un minuscule première année leur fonça alors dessus. Il dirigea son regard plein d'effroi sur la silhouette flottante de Sirius.

-Vous...Vous avez tué mon frère ! couina t-il.

Son frère ? Je le dévisageais avec appréhension alors que James fronçais les sourcils et que Peter effectuait une danse de la tête entre les deux sujets pour les comparer. Oui, maintenant qu'il le disait, c'était Sirius bis en face d'eux. La même mâchoire, les même yeux gris.

-Non il dort, je lui expliquai gentiment.

Le garçon poussa un soupir soulagé avant de se reprendre et de se décider à nous snober. Mes yeux glissèrent instinctivement en direction de l'insigne cousu sur sa robe. Serpentard.

-Vous saviez qu'il avait un frère vous Sirius ? demanda Peter sous le choc.

-Non, je répondis, j'étais pas vraiment en état d'écouter la répartition.

-Nous non plus, Sirius essayait de me coiffer avec sa fourchette et Peter était coincé entre nous.

-Une manœuvre de distraction.

-Sans aucun doute.

-Vous trois ! Interrompis la voix cassante de McGonagall. Pourquoi Mr Black flotte t-il ? S'il ne se sent pas bien, infirmerie !

Je soupirais.

-J'y vais avec lui, j'informai James.

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-Il dort, constata Mme Pomfresh. Je discerne comme un diagnostique récurrent ces temps ci...

-C'est ma faute. Pardon.

Je lui souris. Tout s'arrangeait avec un sourire.

-Une blague qui a mal tournée ? Dit-elle sévère.

-Non, je ne comprends pas pourquoi. À chaque fois que quelqu'un me touche, ça finit comme ça.

-C'est absurde !

Et sans prévenir, elle posa la tête sur mon front pour prendre la température.

Et…

Rien.

Maieuh. Pourquoi ça marchait plus ? J'allais passer pour un fou maintenant.

-Tu sembles bien portant, dit l'infirmière en examinant ses yeux à la lumière. Pas du tout atteint d'un mal du sommeil mystérieux...

-Sirius...dis-je pour détourner son attention.

-Mr Black dort. Il est sur un lit. Tout va bien. Et toi Lupin…

Je sentais qu'elle retenait un coup de pied au cul.

-J'ai du travail. Je ne te laisserai pas utiliser l'infirmerie comme excuse pour sécher les cours.

-Mais…

-En classe !

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-J'ai perdu mon pouvoir! J'informai gaiement mes amis après le cours de métamorphose.

-Bien bien. Les essais de quidditch sont prévus à la fin de la semaine prochaine, ça aurait pu poser problème si tu avais provoqué des chutes en série sur le terrain.

-De quoi tu parles ? Je blanchis.

-Ben des essais de quidditch ! Tu te souviens pas ? Vous m'aviez tous dis que vous étiez d'accord pour rentrer dans l'équipe avec moi. C'est maintenant ou jamais ! La team de l'année dernière était pleine de septièmes années ! Elle va être presque entièrement renouvelée.

-J'ai bien fait d'embarquer mon balai cette année moi, dit Peter entièrement trop acceptant de la situation à mon goût.

-Quand au juste est-ce qu'on t'as promis une chose pareille ? Je demandai.

-C'était cette fois là.

-Laquelle ?

-Tu sais, quand on avait petit déjeuné le matin.

-Hier ?

-Non.

-Quand alors ?

-On s'en fiche, l'important c'est que tu étais d'accord, me pointa t-il d'un doigt accusateur.

-J'ai même pas de balai !

-Ça tombe bien, moi j'en ai deux.

Je soupirai. De toutes façons, c' était impossible de gagner contre James.

-C'est pas comme si j'avais une chance de réussir de toutes façons.

-Tu rigoles ? s'offusqua James. On va tellement briller dans le ciel qu'on va nous confondre avec des étoiles.

-On sera une constellation, approuva Peter.

-La constellation des quatre… J'aime ça...Entraînement dès ce soir !

yearsyearsyearsyearsyearsyearsyearsyearsyears

James me fila son vieux balai, un excellent modèle de souffle vert, petit frère de la flèche d'argent qu'il possédait et qui était considéré comme une petite révolution de vitesse et d'aérodynamisme. Peter fit une moue jalouse.

James tapa du pied et s'élança dans les airs, avant de nous faire face du haut de son balai.

-Je vais faire de vous des génies aérien. Vous glisserez sur l'air telle des oies sauvages. Dix jours avec moi et vous serez au niveau pour concourir dans la ligue nationale. Astuce numéro un, avoir confiance en soi. Si vous craignez de vous briser le cou au premier petit truc dangereux, ne commencez même pas ce sport et rappelez vous, une chute n'es rien comparée à la perte d'un match...

Sirius n'écoutait déjà plus le discourt ô combien optimiste de James et dessinait des figures dans le sable du terrain à l'aide de sa batte. Peter lui était attentif comme on le voyait rarement être. Peut être avait il un secret désir de rentrer dans l'équipe dont il avait eu peur de nous faire part.

-Deuxième astuce : Toujours suivre la balle des yeux...

-James ! Gémit Sirius. C'est bon on apprendra sur le tas !

-On va faire plusieurs tours de terrain et après on s'occupera de voir ce que vous valez en passe.

Je décollais et pris un bon bol d'air de vent de fin d'été. M'arrêtant au niveau des tribunes sud, je savourai les reflets du coucher de soleil sur le lac et les paysages de forêts et de montagnes qui entouraient le château s'étendant à n'en plus finir.

La cour elle, était vide à l'exception d'une étrange silhouette, et poussai une exclamation de surprise quand je réalisai qu'il s'agissait d'un fantôme.

Les fantômes ne sortaient jamais du château !

Du coin de l'œil, je vérifiai que James était toujours occupé à corriger la position de Peter sur son balai et piquai en direction de l'étrange phénomène.

En m'approchant, je reconnu la forme arrondie du moine gras, le fantôme des poufsouffles. Sa tête ballottait de droite à gauche et ses yeux étaient fermés, sa bouche légèrement entrouverte.

Encore plus étrange.

Un fantôme qui dormait.

Il n'avançait pas à proprement parler. Il semblait plus flotter en ligne droite, victime d'une lente inertie.

Comme il fonçait tout droit en direction de la forêt interdite, je volai vers la cabane de Hagrid, décidé à alerter les autorités compétentes.

-Mr Hagrid, je toquais à la porte, Mr Hagrid !

-Ici Lupin ! Dit la grosse voix du garde chasse derrière moi.

Je me retournai et il me prit par les épaules, sans doute pour m'inviter à rentrer.

Et il s'écroula.

J'eus soudain l'envie de creuser un trou, d'aller vivre dedans, et de plus jamais en ressortir. J'apprendrai à chasser depuis l'intérieur du sol pour me nourrir. Je ferai de la soupe de racines tous les soirs...

-Quarante-septième astuce, ne pas quitter le terrain sans prévenir, surgit James en me lapidant à l'aide de coquilles vides d'escargots qu'il avait du piquer dans la collection d'Hagrid. Oh tu as retrouvé ton pouvoir ? Fonce à l'infirmerie avant qu'il reparte, elle sera bien obligée de te croire.

Je volai jusqu'aux portes du château avant de finir le chemin au trot. J'avais un peu l'impression de passer ma vie à courir.

-Mme Pomfresh ! C'est revenu regardez !

J'agrippais son poignet.

Les secondes passèrent.

Pourquoi cette haine ?

-Reparti ? Demanda t-elle gentiment.

-Moui.

-Ce sera pour une autre fois.

Elle me prenait pour un fou.

-J'espère.

Je sortis de là le plus vite possible.

agoagoagoagoagoagoagoagoagoagoago

agoagoagoagoagoagoagoagoagoagoago

Quel pouvoir relou.

Weiver !