-Peut-être, dit Peter, que ça ne marche qu'une seule fois sur une même personne. Tu as déjà endormi Pomfresh et maintenant elle est immunisée.
-Ouais, ben ça n'est déjà pas vrai pour moi, je dis en évitant soigneusement de toucher ma morsure.
C'était chiant pour se laver.
-Essaie sur Sirius au pire, dit James.
-Il m'évite comme la peste, je fis remarquer. Il a mal pris la première expérience.
-Comme si c'était dur de le faire craquer...
C'était vrai. Pour qui le connaissait un minimum, Sirius était extrêmement manipulable. Je le trouvai planqué plus loin, en train d'essayer de changer la couleur du feu de cheminée de la salle commune. Il était violet gris pour l'instant. Qu'il fasse nuit et on allait se taper de drôles d'ambiances ce soir.
-Sirius.
-Hé Remus. Tu sais que je t'aime mon ami, mais approche toi à moins d'un mètre cinquante de mon intégrité et je sors tes entrailles à l'aide du tisonnier.
-Tu sais qu'on a croisé ton frère récemment ?
Sirius me regarda alarmé. Il avait donc bien essayé de nous le cacher.
-Je l'ai trouvé plus beau.
-Kewa ?
Oubliant complètement sa baguette, il balança son poing en ma direction. Je ne fis aucun effort pour esquiver.
Il s'effondra comme une loque.
-Elle marche pas ta théorie Peter !
CloudyCloudyCloudyCloudyCloudy
Les deux semaines qui suivirent furent pleines de classes, d'entraînements et de jeux d'esquive. J'étais sûr que dans l'état actuel des choses, j'aurai déchiré à la balle au camps. Je me frayai un chemin en pas chassés à travers la grande porte pour accéder à la cour sans même avoir touché un millimètre carré de la robe des élèves qui allaient à contre sens et qui revenaient de botanique.
-Pas trop stressé ? Demanda James en fermant la marche, son balai à la main.
James et Sirius semblaient aussi détendus qu'à la perspective d'un pique-nique. Je m'en fichais comme de ma chemise, je n'avais aucune chance de rentrer dans l'équipe. Peter essayait de se la jouer cool comme les deux autres ce qui lui donnait une allure à mi chemin entre constipé et flan mou.
On arriva sur le terrain où une vingtaine d'élèves attendaient déjà le début des essais. Ils étaient tous plus vieux que nous, ce qui me conforta dans l'idée que j'étais plus ou moins tranquille de me louper.
-À part les très décidés, j'aimerai que la plupart d'entre vous s'essaient sur différents postes, dit Ayling, un septième année et capitaine de l'équipe. On se trouve parfois des talents cachés…
Je sentis une baguette appuyer entre mes omoplates et un frisson désagréable me parcourut l'échine.
-Lupin si tu ne fais pas de ton mieux, je propage la rumeur que tu as un crush sur McGonagall.
Mes mains devinrent moites.
-C'est une très belle femme.
-Tu m'as compris.
Et James repartis en sifflotant.
Fou.
J'allai me placer du côté des attrapeurs. Je n'avais encore jamais touché un vif d'or dans ma vie. James avait essayé de nous entraîner en nous balançant des pommes parce que la boîte de balles qu'on avait volé n'en contenait pas.
-Petit. Léger. C'est le profil typique d'un attrapeur, mais au final, soyez efficace et votre gabarit comptera pour niet, dit Stratchey, une quatrième année et la seule autre membre de l'ancienne équipe.
Elle s'arrêta à côté de moi et jeta un coup d'œil sur les autres groupes.
-On parie sur l'avenir cette saison. Avoir la coupe est un but mais reconstruire l'équipe est plus important, même si c'est la dernière année du capitaine.
Elle était batteuse et Ayling était poursuiveur. Il y avait donc cinq postes à pourvoir, ce qui me laissait trois chances sur quatre de ne pas y arriver. Je m'en contenterai. J'enfourchai mon balai. James se tourna une fois de plus vers moi depuis l'autre bout du terrain en faisant des yeux de hibou. Il forma un cœur avec ses doigts.
C'était pas pour me dire je t'aime.
-Décollez !
Je tapai du pied et m'envolai. On était cinq à tenter attrapeur et…QU'EST-CE QUE CE VIF D'OR FOUTAIT DANS MA MAIN ? Pourquoi je tombais sur LA balle qui avait des envies de suicide ?
Stratchey me regarda éberluée. Le vif roula dans ma paume en frissonnant des ailes comme un chat se serait étiré après une sieste.
-CAP'TAIN J'AI TROUVÉ L'ATTRAPEUR !
Mais.
Merde.
TheskyTheskyTheskyTheskyThesky
-Quatre sur quatre, cria James surexcité. On doit fêter ça !
-Équipe réserve seulement pour moi, dit Peter un peu déçu.
-Mais équipe quand même !
-Pour des deuxième années, ça reste un petit miracle, remarqua Sirius qui avait été engagé comme batteur, le seul poste auquel il avait postulé.
-Je vous avais dit que c'était l'année ou jamais ! Même remplaçant, ça te garantit de faire les entraînements avec nous et tu pourras gagner ta place la prochaine fois.
Au moins Peter avait-il pu démontrer un semblant de talent.
Jesuisunefraude jesuisunefraude jesuisunefraude…
Comment j'allais faire si les jours de match tombaient autour de la pleine lune ? J'étais fichu !
-Il y a la calendrier des matchs ? Je demandai.
-Pas encore, dit James. Ça ne devrait pas tarder, la saison commence en octobre généralement. Par contre les entraînements ça commence demain.
-La pleine lune est la semaine prochaine…
Je baissai la tête. Dans quoi je m'étais fourré ? À quoi ce vif d'or avait pensé ? Sirius fit un geste fantôme pour me prendre par les épaules. Avant que la vie me déclare anesthésiste, je n'avais jamais remarqué à quel point mes amis étaient tactiles.
-Ayling a l'air d'être assez lax, je ne pense pas qu'il t'en voudra si tu loupes quelques entraînements. Pour les matchs, peut-être qu'en allant voir McGonagall elle pourrait s'arranger pour que ça ne tombe pas aux mauvais moments.
-Je ne veux pas de traitements de faveurs !
Et d'un autre côté je ne voulais pas non plus me faire remarquer en étant absent aux événements cruciaux.
-Ok, je retire ce que je viens de dire, j'irai la voir.
Retournement de veste. Je frôlai James sans faire exprès et celui ci tomba endormi sur le sol.
-Je veux mourir.
-Il aurait du faire gaffe, chantonna Sirius.
Je levai le bras vers lui.
-Je te cède mon pouvoir, Ô Sirius Black. Soit mon successeur.
Je fermai les yeux concentré.
-Ça marche tu penses ? Demanda Peter.
-J'y crois pas deux secondes.
Sirius toucha le nez d'une petite première année qui gambadait par là. À l'étonnement de tout le monde, elle tomba de sommeil à son tour.
Je souris comme un dément. Sirius aussi.
-Fantastique !
Il disparut dans les couloirs en courant.
-Je crois que tu as créé un monstre, dit Peter.
-M'en fous !
isisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisisis
McGonagall me félicita chaleureusement, à sa façon, de mon entrée dans l'équipe.
-Ça vous fera du bien d'avoir une activité en dehors de vos hum...escapades. J'ignorai que vous vous intéressiez au quidditch.
Moi aussi.
Elle sorti le calendrier qu'elle avait déjà fait mais pas encore diffusé, son privilège en tant que sous directrice et probablement personne la plus fanatique du sport chez les profs, minus Bibine.
-Dans l'hypothèse où tout se passe bien, il peut rester comme ça, vérifia t-elle. Aucun match de gryffondor ne tombe autour de la pleine lune.
Je soupirai de soulagement.
-Vous passerez mes félicitations à vos amis. Essayez de rattraper les points que vous nous coûtez avec vos pitreries. Je ne tolérerai pas de seconde place !
Jesuisunefraude jesuisunefraude jesuisunefraude.
greygreygreygreygreygreygreygreygrey
-C'est quoi dans ce chaudron ? Je dis en revenant au dortoir après avoir sniffé une drôle d'odeur tout le long des escaliers.
Comment on ne se faisait pas capter systématiquement était au-delà de ma compréhension.
-Un enduit qui je l'espère, va me permettre de repeindre certains tableaux, dit James penché sur un manuel.
-Et sur quoi Sirius travaille ?
-Un sort, il veut faire tournoyer le siège de Dumbledore ce soir au dîner.
-Je suis sûr qu'il va apprécier, dit Sirius.
J'eus l'image mentale du directeur en train de faire Wiiiiiiiii, cramponné au siège et un sourire d'enfant de quatre ans aux lèvres. Je secouai la tête.
-N'abusons pas. Peter tu fais quoi ?
-Métamorphose.
-Tu veux de l'aide ?
-Je veux changer les pattes du bureau de Slughorn en roulettes.
-Brillante idée, dit James.
Je m'affalai sur mon lit. Peut être était-ce pour faire le mal, mais au final, ça demandait tellement de travail et d'investissement qu'on avait obtenu les meilleurs résultats aux examens de fin d'année en juin dernier. Seul Rogue et Lily nous faisaient concurrence.
-Au fait Sirius, tu aurais pu te restreindre d'endormir toute la salle commune.
-Au moins comme ça, ils ne pourront plus nier qu'il y a un problème, remarqua James.
-Non c'est vrai…
J'attrapai un livre et me trouvai moi aussi un projet qui allait m'envoyer tout droit en retenue.
andandandandandandandandandandand
-Le vif d'or est réglé pour rester dans le périmètre, dit Stratchey.
Anabelle pour être plus précis. Elle attacha sa longue chevelure blonde et partit s'occuper de Sirius, son nouveau collègue de poste. Je regardai sans passion le vif tournoyer autour de ma main droite.
-Toi et moi on va parler de tes tendances auto-destructrices petit gars.
whitewhitewhitewhitewhitewhitewhite
À deux jours de la pleine lune, je fus pris de maux de tête terribles et, perdant toute fierté, je décidai d'aller supplier mme Pomfresh de me fournir en drogue. J'embarquai Sirius avec moi pour qu'il se fasse examiner.
Même lui commençait à se lasser de ne plus pouvoir approcher personne.
-Le mieux serait que tu ailles tout simplement te reposer Remus, me dit gentiment l'infirmière. Je vais te donner une potion pour ce soir. Black, arrêtez de gigoter vous m'énervez !
Sirius s'arrêta net, obéissant. Elle partit quelques instants dans ses quartiers et ramena sa tortue domestique, que j'avais déjà rencontré à de maintes occasions lors de mes séjours à l'infirmerie.
-Touchez, dit Mme Pomfresh en tendant le reptile.
Sirius posa sa main et la tortue s'assoupit, laissant tomber au sol le bout de feuille de salade qu'elle mâchait avec entrain encore seulement quelques secondes plus tôt. Mme Pomfresh semblait plongée dans une intense réflexion.
-Je vais chercher le directeur.
Elle sortit de la salle. Une douleur aiguë me lancinait derrière les yeux et je grimaçai. Quasi aveuglé, je senti Sirius poser un doigt sur ma tempe et je m'endormis, sans même avoir eu besoin de potion.
andandandandandandandandandand
Après cette pleine lune, je restai cloué au lit deux jours d'affilé. Merlin bénisse les week-end.
-Je te rends ton pouvoir, Ô Lupin, dit Sirius depuis le bout de mon lit d'infirmerie.
Le directeur, une fois l'avoir lui aussi examiné, était reparti avec un " j'ai besoin de consulter un expert ". Plus de nouvelles depuis.
-NON ! T'as pas le droit Sirius! Je sortis de sous mes couvertures avec l'énergie du désespoir pour aller taper le mécréant.
James m'arrêta en chemin et attrapa mon bras pour soulever la manche de mon pyjama et pâlit. Le loup avait mâchouillé sa patte avant, de façon aussi haineuse que d'ordinaire. J'arrachai mon bras de sa prise, honteux.
-Remus, comment ça se passe au juste tes transformations ?
Je ne répondis pas tout de suite. James semblait en colère. Les deux autres restaient silencieux.
-Vous...Enfin elles sont pas nouvelles mes cicatrices, je dis faiblement. C'est rien, ça guérit…
Il reprit mon bras.
-Celles là semblent terribles.
Je haussai les épaules.
-Vous pensiez quoi ? Dis-je sans les regarder. Vous savez le temps que je passe à l'infirmerie chaque mois. Bien sûr que c'est dur.
-On pensait que c'était la transformation en elle même qui te fatiguais, intervint timidement Peter.
-C'est aussi le cas. Écoutez, c'est plus impressionnant qu'autre chose, je m'en sors.
Ils me regardèrent septiques mais n'insistèrent pas.
-Au fait, je souris soudainement. Ça n'a pas marché Sirius, tu ne m'as rien refilé.
-Tais toi ou je te serre la main.
cloudycloudycloudycloudycloudycloudy
cloudycloudycloudycloudycloudycloudy
Je suis seule au monde.
Wohohohoooooooooo (fait des vibes)
