Cher fils,
Je suis désolé de ne pas pouvoir t'apporter de meilleures nouvelles, mais je crains ne pas avoir beaucoup avancé dans mon enquête depuis ma dernière lettre.
Les locaux me confirment que l'esprit qui t'habite n'est pas le seul dans son genre, mais leurs attaques sont rares et leur capacité d'invisibilité les rendent difficiles à débusquer. Tu sais que quand je dis " esprit ", je simplifie.
La vérité est que nous ne savons, à l'heure actuelle, que très peu de choses sur la nature de certaines apparitions. Pour te dire, nous discutons toujours de savoir si le problème est d'origine humaine ou non.
Comme il est possible que ces esprits soient une trace de la vie d'hommes restée sur Terre et que cela sort du champ de ma spécialité, j'ai été rejoint par un employé du département des mystères pour m'assister dans les investigations.
J'ai dit à Dumbledore que pour l'instant, poser des barrières supplémentaires sur le château était la seule solution pour empêcher les fantômes de finir n'importe où. Je doute que cela leur conviennent pourtant, on le sait peu mais ils voyagent pour se rendre visite en passant sous terre ou en empruntant les égouts des grandes villes.
Certains appartiennent même à des clubs.
Je pense à toi, j'espère que tu vis mieux la possession que ton ami Sirius.
N'oublie pas d'envoyer une lettre pour rassurer ta mère après la pleine lune.
Papa.
ShallShallShallShallShallShallShall
Mes cris redevinrent humains et après quelques secondes, je m'écroulai en sang sur le parquet de la cabane hurlante. Mon corps était engourdi par la souffrance. Je sentais les courant d'air de la maison réveiller mes plaies et c'est en les comptant vaguement que je me rendis compte que la situation avait encore une fois empirée. Pour le reste, mon cerveau semblait avoir du mal à interpréter tous les signaux de douleur et j'étais plus proche du flottement et de la sensation de tournis que de l'agonie.
Ne pas s'endormir quand on se vide de son sang.
J'entendis la porte s'ouvrir et des pas précipités dans ma direction.
-Reste éveillé, dit Mme Pomfresh d'un ton ferme, je ne te bouge pas alors que tu es dans cet état.
Des mains plastifiées passèrent le long de mes côtes et je poussai un gémissement à la sensation de froid.
-Je sais, mais je ne peux pas te toucher directement. La matière de mes gants ne respire pas, aucun risque que je m'endorme sur toi, plaisanta t-elle d'un ton faux.
Je ne voyais plus clair, trop concentré à garder les yeux ouverts. J'avais l'impression que l'inconscience passait l'aspirateur et que j'étais une poussière en quête de survie.
-Remus, hésita-t-elle étrangement, il s'est passé quelque chose ? Une frustration ? Je sais que ta condition s'aggrave mais là c'est trop, il y a quelque chose qui cloche.
Une frustration ? Je m'efforçai de réfléchir à la question.
-Me...souvient pas.
Une frustration. C'était parce que le loup était frustré que c'était plus dur chez mes parents. Parce qu'il les sentait à côté. Mais ça je ne l'avais jamais dit à personne, j'avais toujours été trop effrayé à l'idée de les perdre pour ça.
Est-ce que je sentais les habitants de pré-au-lard aussi ? Est-ce que quelqu'un avait joué les téméraires et s'était approché de la cabane hurlante ? Ou quelqu'un de Poudlard ?
Au bout d'un moment qui me sembla une éternité, elle reprit la parole.
-Ça devrait aller maintenant, j'ai arrêté le pire. Dors.
Bonne idée.
wewewewewewewewewewewewe
Quelque chose me réveilla. Un sentiment d'urgence. J'étais de retour à l'infirmerie mais je ne devais pas avoir dormi beaucoup plus que le temps du voyage puisque l'infirmière était encore affairée auprès de moi.
-J'ai dit dors Lupin, dit sévèrement Mme Pomfresh.
-J'avais prévu d'écrire à ma mère, j'avouai.
Ça faisait une semaine que j'y pensais. Me réveiller vite pour que maman reçoive la lettre si tôt qu'elle pense que mes transformations redevenaient plus facile et qu'elle cesse de s'inquiéter.
-Ta santé avant tout.
-Non.
La santé de ma mère avant tout.
Elle vit mon air buté et probablement irrationnel de fatigue, et sortit en soupirant de mon sac une plume et un parchemin.
-Je ne suis pas d'accord, dit-elle simplement. Mais fait ce que tu veux tête de mule.
Je l'ignorai et tirai la langue en m'appliquant à former les lettres et un discours cohérent. Elle attrapa la feuille une fois que j'eus fini et la confia à sa chouette.
-Maintenant dors ou je t'assomme.
looklooklooklooklooklooklooklook
Je n'avais mordu personne à part moi. De ça, j'en étais sûr. Tous les témoignages que j'avais lu sur le sujet disait que la chaire humaine avait un goût inoubliable pour le loup-garou et aussi terrible que cette description soit, je m'y accrochais férocement. Il n'empêche que la possibilité d'avoir eu des visiteurs cette nuit là m'effrayait au plus haut point.
Ce que j'essayais difficilement de ne pas mettre en rapport avec le fait qu'aucun de mes amis n'étaient venu me rendre visite en deux jours.
J'essayai tellement dur de ne pas penser que c'était eux qui étaient venu jouer les curieux que s'en était devenu un mensonge à moi même.
Je trouvais aussi que le mois dernier, quand ils avaient découverts mes cicatrices au bras, ils avaient lâchés l'affaire trop rapidement.
Maintenant, ils avaient du entendre les cris inhumains dans la cabane.
Maintenant ils avaient du comprendre à quoi ils s'étaient engagés en me prenant pour ami.
Et ça allait être trop pour eux. C'était trop pour tout le monde.
Après avoir été relâché de l'infirmerie, j'allai m'enfermer dans un recoin de la bibliothèque, histoire de ressasser mes problèmes en faisant semblant de déchiffrer un texte pointu.
-Le traitement du sexe dans la littérature sorcière, dit une voix derrière moi.
Je rougis jusqu'aux oreilles et refermait l'ouvrage pour vérifier qu'effectivement, c'est ce que j'étais en train de lire.
-Salut Lily.
-De la couleur sur tes joues !
-N'en rajoute pas.
Elle ricana et prit la chaise d'en face.
-J'ai pris tes cours. Tes amis ont littéralement ronflé sur leur tables hier, tu aurais vu la tête de McGonagall...
-Ils étaient fatigués ? Je demandai lentement.
-Oui, dit elle un chouilla méprisante. Ils ont encore sûrement passé la nuit à inventer n'importe quoi ou à torturer ce canard en plastique insupportable qui vous sert de réveil.
-Ne parle pas mal de canard.
Je rouvris mon livre sur le sexe littéraire et posai ma tête dessus, défait.
-Ça va ? Demanda t-elle gentiment.
-Jamais mieux.
-Potter te cherche.
-Non, je criai paniqué.
-A moi aussi, ça me fait toujours ça, compatis Lily.
Elle me tapota la main pour me réconforter et s'endormit. Je me levai et avec un courage venu d'on ne sait pas où, décidai de rentrer aux dortoirs.
atatatatatatatatatatatatatatatatatatatatat
-Tu étais où ? demanda James avec sa bonne humeur habituelle. On a besoin de toi pour un projet.
Ok, finalement ce n'était pas eux mes peut-être visiteurs. Puis je croisai le regard nauséeux de Sirius et celui mal à l'aise de Peter.
J'avais rien dit, c'était complètement eux.
James attrapa un bâton et me piqua avec pour m'obliger à m'asseoir sur le bout du lit de Peter.
-Le projet " Sauvons Remus de la souffrance "…
-Euh…
-Interdiction de protester. Ton rôle sera de te taire et de nous laisser faire.
-James, intervint Sirius, on devrait peut-être lui expliquer pourquoi avant.
Oui pourquoi ? D'accord ils étaient à la cabane, mais ils ne pensaient pas sérieusement qu'ils pouvaient faire quelque chose pour ma situation ? Mes parents avaient passé des années de leurs vies à tout tenter.
-On t'a entendu, dit Peter. On a suivi Pomfresh au moment où elle t'accompagnait jusqu'au saule cogneur le soir de la pleine lune.
-Juste entendu ?
-Crois moi, ça a largement suffit, dit James avec une détermination calme.
-Suffit à quoi ?
-À lancer le projet " sauvons Remus de la souffrance ", je te l'ai dit.
-…
-C'est bien, il a l'air d'avoir déjà intégré son rôle ! dit Sirius.
Mon esprit eu comme un shut down. Je haussai les épaules devant l'absurdité de leurs réactions et partit me déconcentrer sur mes devoirs. Je ne savais pas si j'étais heureux ou inquiet. Ces jours-ci, il y avait trop d'émotions dans tous les sens et, comme mon corps avec la douleur, je commençais à avoir des difficultés à ressentir quoi que ce soit.
thethethethethethethethethethethe
J'étais dans la salle sur demande à cinq heure du matin. J'avais demandé de quoi pratiquer le quidditch puisque dormir m'était apparemment trop difficile et attraper le vif d'or dans le noir des nuits longues de milieu d'automne, relativement compliqué. La salle avait donc évoluée pour gagner dix mètres de plafond. Un parcours destiné à entraîner les réflexes d'attrapeur s'était formé tout seul à mon entrée et plein de livres théoriques m'attendaient sagement sur des étagères près de la porte.
On comprenait pourquoi cette salle était secrète. C'était bien pratique cette absence de file d'attente pour rentrer dedans.
Je continuais cette routine les jours qui suivirent, dormant peu et enchaînant les entraînements et réels et imposés, sans comprendre exactement pourquoi je passais ma vie à ça quand mes passions résidaient plus dans l'action de boire un chocolat auprès d'un feu de cheminée.
-Pourquoi t'es fatigué ? Demanda Sirius un matin.
-Je dors mal.
-Pourquoi ?
-Jsais pas.
-Depuis la pleine lune ?
-Parle moins fort !
-Depuis la pleine lune ?
-Je sais pas. Sans doute.
C'est vrai que je me sentais déprimé depuis, sans savoir pourquoi.
-Tu fais des cauchemars, intervint Peter. Je t'entends la nuit.
-Comment tu peux entendre Remus murmurer des trucs dans son sommeil quand tu snobes canard qui chante à t'en éclater les tympans ? s'indigna James.
-J'ai l'ouïe sélective.
-T'as surtout plus d'ouïe en principe.
-Des cauchemars ? Je répétai. J'ai pas le souvenir de cauchemars…
-C'est comme toutes ces personnes qui se réveillent et qui se rendorment juste après, tu ne t'en souviens pas forcément.
Je picotais une banane de ma fourchette, indécis.
-Qu'est-ce que tu entends exactement? Je demandai mal à l'aise.
J'avais pas trop envie qu'il me dise que je gémissais dans mon sommeil.
-Tu gémis.
Et ta sœur ?
-T'as l'air d'avoir mal parfois.
-On se demande quel traumatisme peut bien te provoquer ces rêves, dit James sarcastique.
C'était celui qui prenait le plus mal la révélation de l'étendue de mes transformations. Sans doute était-ce lié encore une fois au fait qu'il ne pouvait rien y faire. Sirius avait lui préféré compatir, ce qui dans un sens, me faisait peur de savoir quel niveau de souffrance physique il avait lui même connu alors que Peter était resté neutre, comme s'il avait juste enregistré un fait auquel il allait devoir s'adapter. Il n'était pas doué pour consoler les gens de toutes façons.
-Je ne sais pas, je répétai. Ça fait des années que je n'ai plus fais aucun cauchemar, je ne vois pas pourquoi d'un coup ça réapparaîtrait.
-Tu devrais demander à ton colocataire...attend...Coloquy, Cloquy…tenta Sirius.
-Qu'est-ce tu racontes toi encore ? Je demandai blasé.
-Je nomme l'esprit. Demande à Cloquy qu'il t'endorme, tu fais peur à voir.
-Il va faire du zèle et je vais louper les cours du matin.
-C'est toujours mieux que de pioncer en métamorphose.
-Ça c'est sûr, frissonna Peter. On a testé.
-Déconseillé, confirma James à qui pourtant il fallait en mettre des couches pour faire peur.
-Je ne devrais pas avoir à dépendre de lui pour dormir. Je vais trouver autre chose.
moonmoonmoonmoonmoonmoonmoon
Je réfléchis à ces cauchemars toute la journée. J'avais l'impression d'avoir été pris en traître par mon inconscient. Qu'il m'explique au moins quel était le problème dans ma vie, hors ceux contractuels à la lycanthropie, parce que personnellement j'étais dans le flou.
-Pourquoi tu n'essaierais pas la méditation ? me dit Lily qui avait elle prétendue voir Mme Pince à travers moi tellement j'étais pâle. C'est une pratique qui est très répandue chez les sorciers aussi. Flitwick est un expert, ça t'aidera peut être à dormir.
-Un remède de vieille sorcière.
-Ta grand-mère paternelle est une vieille sorcière.
-Elle est morte.
-Rabat joie. Et puis je ne sais pas où tu as vu que les vieilles sorcières méditaient.
-Je plaisantais Lily.
-Va voir Flitwick.
-Promis. Je suis à court de solution de toutes façons.
Un rayon de soleil passa par la fenêtre et je me sentis tout de suite mieux.
-Dis moi Lily, demandai-je en souriant, si tu devais offrir quelque chose à Sirius pour son anniversaire, ça serait quoi ?
-Une camisole.
-Je vais voir si je peux bricoler ça.
mymymymymymymymymymymymy
Au final, je lui offris une revue sur les motos que j'avais piqué dans la boîte aux lettre de mon voisin pendant les vacances. C'était la règle pour nos anniversaires de refiler un objet de son stock personnel. James lui avait donné un vieil aquarium qu'il avait embarqué au château pour...il faudrait lui demander...et Peter était allé lui pêcher un poisson, qu'il avait prétendu adopter histoire de respecter la règle avant de le jeter dans le cadeau de James.
Je mis de l'eau parce que personne ne semblait réaliser qu'il en fallait dans cette histoire.
-...JOYEUX ANNIVERSAIRE SIRIUUUUUS…
-Mr Potter, certains désireraient manger en paix !
-...Joyeux anniversaiiiiiiiiiiiire…
La grande salle applaudis poliment. Dumbledore félicita James de son solo, au grand dam de notre directrice de maison.
-C'est tout ? Demanda Lily suspicieuse. Pas de...je sais pas, des feux d'artifices empoisonnés ?
-Le gâteau maintenant ! s'exclama James en faisant semblant de ne pas l'entendre.
Cette septique.
Quelques minutes après, la voix de James sortit de la bouche de tous les élèves attablés, pour réitérer la chanson d'anniversaire avec mille fois plus de coffre.
-Ok, c'était le gâteau qui était empoisonné, dit Lily. C'est d'un classique.
-Mais c'est qu'elle est chafouine aujourd'hui.
-Ta gueule Potter.
JOYEUX ANNIVERSAIRE SIRIUUUUUS...
-C'est tout ce que je mérite, dit Sirius en secouant sa chevelure tel une star avant de se lever pour saluer la foule.
littleloonlittleloonlittleloonlittleloon
littleloonlittleloonlittleloonlittleloon
Dès que je fais faire un peu d'introspection à mes personnages, j'ai l'impression de les faire se plaindre.
Est-ce normal ?
Docteurs ?
