-Il y a un cours du soir monsieur Lupin, couina Flitwick tout en tentant vainement de faire le tri sur son bureau. Très peu populaire je le concède. Il est difficile à vos âges d'envisager ne rien faire plus de dix minutes.

Ce chiffre de dix minutes amena tout de suite mes pensées vers Sirius. Peut être devrais-je essayer de le faire venir.

-C'est tous les mercredi et samedi soir à vingt-et-une heure, septième étage, dans la salle qui fait face à la tapisserie d'un ciel étoilé.

Puis il me regarda d'un œil critique.

-Des difficultés à dormir ?

Il fallait vraiment que je me vérifie dans un miroir. Les gens devinaient trop vite.

-Non professeur, je lui répondis par peur qu'il aille référer de mes problèmes à Mme Pomfresh. J'ai une certaine curiosité pour la discipline.

-Excellent ! s'enthousiasma Flitwick.

Il avait ce pétillement dans le regard qui me faisait dire qu'il ne me croyait pas deux secondes. Il me donna la référence de livres sur le sujet parce que tout bon serdaigle aimait conseiller de la lecture et que tout bon Remus Lupin l'acceptait sans broncher, et me souhaita bonne nuit.

J'en rêverai de ça, que ma nuit soit bonne.

Mais je ne dors pas assez pour rêver.

Quel cercle vicieux.

YougotYougotYougotYougot

Au dîner, je fouillai le sac de Sirius devant son propriétaire indifférent et sortit son agenda de retenue.

-Y a t-il un seul soir où tu n'es pas collé ? Je lui demandai déçu.

-Les soirs d'entraînements. McGo a fait passer le mot aux autres profs. Pourquoi ?

-Pour rien. James…

-J'ai le même emploi du temps que Sirius vieux.

-Mais tu demandes ça pourquoiiiiiiiiiiiiiiii ?

-Peter, tu as besoin de te détendre en ce moment non? Je me tournai vers ma dernière solution.

-Non pas plus que ça.

-Mais si !

-J'ai du tricot et des devoirs en retard.

Sirius planta son couteau dans la table pour attirer mon attention.

-Pourquoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?

-Flitwick fait un cours du soir de méditation.

-C'est...James plissa des yeux...ce truc...pas fait pour moi.

-Idem.

-Un autre jour.

Ainsi soit-il. Quand j'atteindrai seul le nirvana, il sera hors de questions que je me tape une seule remarque jalouse.

anewhorizonanewhorizonanewhorizonanewhorizon

-Respirez...concentrez vous sur vos orteils…

it'sappealingtoseeit'sappealingtoseeit'sappealingtosee

Je sentis une main me secouer.

-Mr Lupin, fin de séance.

Je me relevai vaseux et regardai autour de moi. Les trois autres élèves, tous des serdaigles, avaient disparus de la salle.

-Désolé professeur, je me pris la tête dans les mains. J'avais pas prévu de m'endormir.

-C'est ce qui arrive qu'on on écoute son corps, vous en aviez grandement besoin. Ça arrive très souvent au début.

Peut être, mais ça ne réglait pas mon problème.

-Venez prendre le thé avec moi Remus.

On descendit jusqu'à son bureau, dont le mobilier était bien plus adapté à sa taille que celui du reste du château.

-Ouistity, pourrais tu nous apporter un plateau de thé s'il te plaît, commanda le petit professeur. Ne restez pas là Mr Lupin, installez vous.

Je pris place en face de lui.

-Et si vous me disiez ce qui vous amène réellement dans mes cours ? Minerva nous a prévenu que vos transformations vous rendaient la vie dure dernièrement, est-ce...

-Non ! Me défendis-je, véhément.

Fallait que je me calme moi.

-Non je veux dire, ça ne m'a jamais empêché de dormir jusqu'à présent. J'ai...Il paraît que je fais des cauchemars mais je n'en ai aucun souvenir...Comment je suis censé régler le problème si je ne sais pas ce qui cloche en premier lieu ?

Flitwick m'offrit un gâteau en me dévisageant d'un air calme et pensif.

-Il y a des moyens de se " programmer " pour se souvenir de ses rêves. J'ai tendance à privilégier l'approche moldue de l'hypnose dans mon enseignement parce qu'elle est plus accessible à votre niveau. Vous avez commencé à lire ce que je vous ai conseillé ?

-Quelques pages, je dis gêné. Je suis vite passé aux parties qui me concernaient.

-L'approche sorcière elle, est plus proche de la légilimencie. Savez-vous ce que c'est ?

-Lire les pensées ?

-Et les émotions. Vous ne vous rappelez pas toujours de vos rêves et on ne peut pas les qualifier exactement de souvenirs, mais votre cerveau en garde une trace quelque part. Il est possible pour un puissant sorcier d'une grande maîtrise de trouver soit même les résidus de tels rêves, mais cela se fait la plupart du temps avec une assistance.

Il attrapa un gâteau et le trempa dans son thé.

-La question est, seriez vous prêt à laisser quelqu'un fouiller votre tête ?

Non.

-En quoi consiste la méthode moldue ?

-L'auto-suggestion. Pendant la transe, il faut vous répéter en boucle que dès à présent, vous vous souviendrez de vos rêves. La phrase doit être formulée de manière positive.

J'acquiesçai.

-Je vais essayer ça pour commencer.

Le petit professeur sauta de son fauteuil pour m'ouvrir la porte.

-Je sais que la priorité est de régler vos problèmes Remus, mais je serai heureux que vous n'abandonniez pas la discipline une fois cela fait. Les puissants sorciers gagnent plus que les autres à persévérer dans ce domaine.

youwon'tgetyouwon'tgetyouwon'tgetyouwon'tget

Il a dit que j'étais puissant ?

-Il a dit que j'étais puissant ? Prononçai-je à vois haute.

-Qui ça ? Demanda James.

-T'as pas de muscles, remarqua Peter.

-Non personne.

J'avais du mal entendre.

L'état d'hypnose en lui même me posait problème. Je m'imaginais un point et me concentrais dessus, essayant de passer au travers des pensées superflues qui venaient parasiter le processus. Alors que j'étais convaincu que c'était cette étape qui aurait posé problème à James ou à Sirius, c'était de la bouse de Rusard pour moi comparé à la suite...

Lâcher prise.

Toute mon âme se révoltait à cette idée.

Je ne pouvais pas lâcher prise.

Je ne pouvais pas perdre le contrôle. J'en avais assez de perdre le contrôle.

Après de nombreuses tentatives, je frappais de rage mon oreiller. Il faisait nuit noire et les autres dormaient dans leurs lits respectifs. Maintenant traumatisé par le concept même de se laisser aller, je ne voyais pas comment tomber dans le sommeil tout court. J'appuyai sur ma morsure dans l'espoir que Cloquy l'esprit fasse le boulot mais même ça ne marchait plus. Épuisé nerveusement et physiquement, je posai la tête sur mon genou les larmes aux yeux.

Que faisait mon père ? C'était depuis que l'esprit était là que tout déraillait.

Je voulais qu'il parte. Je voulais que tout redevienne comme avant.

Je regardai l'heure sur ma montre et constatai qu'il était déjà trois heure du matin... Je me levai, attrapai la cape d'invisibilité de James et mon balai et partit m'entraîner.

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Remus,

La situation a changée. Nos hiboux sont contrôlés et des aurors russes ont récemment débarqués pour s'assurer que nous ne sortions pas de l'hôtel. J'aimerai t'expliquer plus en détail notre situation mais pour être honnête, je ne comprends pas non plus ce qui se passe.

S'il te plaît, explique à maman, montre cette lettre à Dumbledore et ne t'inquiète pas pour moi. Quoi qu'il se passe, le pire que je risque est l'expulsion du pays. Mon collègue est langue-de-plomb et employé du ministère, la Russie ne risquerai pas un tel accident diplomatique.

Papa.

Il avait beau dire de ne pas s'inquiéter, je ne voyais pas comment faire autrement. Je couru en direction de la table des professeurs, ignorant les regards curieux des autres élèves. Dumbledore se passa la main dans la barbe tout en lisant la lettre.

-C'est assez inattendu, finit-il par dire.

-La réaction n'est-elle pas un peu disproportionnée ? Demanda McGonagall à ses côtés. Une simple affaire d'esprit…

-Je vais consulter le ministère, dit-il en empochant la lettre avant de retourner son attention sur moi. Ton père a raison, les russes veulent saboter son enquête mais ils ne s'en prendront pas directement à des ressortissants britanniques. Il est plus que probable qu'ils se fassent rapatriés.

Comment j'allai formuler ça à ma mère ?

causecausecausecausecausecausecause

Maman,

Papa me demande de te dire que ça va être compliqué pour lui d'envoyer des hiboux ces prochains jours. À part ça il va bien.

Remus.

you'reyou'reyou'reyou'reyou'reyou'reyou're

-LUPIN REVENEZ ICI !

Nan. M'en fous. Je courrais sur les lapins que j'avais métamorphosé en pantoufle par on ne sait quel miracle et je détalais maintenant dans les escaliers, pourchassé par ma professeur de métamorphose. La vie c'est trop bien. C'était comme courir sur des patins qui se foutait sous le lit le soir en sniffant un rail de carotte. Ou comme courir sur des dalles. Ou des dalles qui courent sur mes pieds ? Qui bouge, moi ou le sol ?

-Petrificus totalus !

J'esquivai le sort et m'engouffrai dans un passage secret qui me mena au quatrième étage, avant d'enchaîner avec un deuxième, puis un troisième pour semer McGonagall. Je finis par trouver une niche dans un recoin de la tour de divination et m'endormis profondément.

damneddamneddamneddamneddamned

Mme Pomfresh finit par me trouver quelques heures plus tard et du me ramasser à la petite cuillère. Allongé à l'infirmerie, dans un état semi-conscient, j'entendis des voix s'élever.

-À QUOI PENSIEZ VOUS VOUS TROIS ?

-Ça fait des jours qu'il dort plus, j'entendis James protester. C'est pas parce que personne d'autre ne fait rien que nous on va rester les bras croisés. Tout le monde pouvait voir qu'il était à bout !

-Mr Potter !

-Non ! On a fait gaffe, on savait qu'on ne l'empoisonnait pas. On avait testé sur nous ! La potion de sommeil sans rêve ne marchait pas !

-C'EST SENSÉ ME RASSURER MR POTTER ?

-Mr Lupin regardez moi, surgit une voix si proche de moi que je manquai de sursauter.

J'arrachai mon attention de la dispute. Flitwick posa une main sur ma tête.

-Vous vous souvenez de ce dont nous avions parlé ? Après avoir parlé au directeur, nous en avons conclut que votre esprit parasite a visiblement mal pris votre intention de vous souvenir de vos rêves. Je vais essayer de débloquer la situation.

Je clignai des yeux en seule guise de réponse. Il pointa sa baguette sur mon front.

-Legilimens !

La fenêtre de ma chambre bascula. Au travers de celle-ci, on pouvait voir le soleil disparaître derrière les collines qui entouraient la maison...Un corps se posa sur moi en m'étouffant à moitié et je me débattis sans parvenir à crier. Les doigts plaqués sur mon visage changèrent de forme…

L'image devint flou et se métamorphosa en une nouvelle scène.

Un déménagement, encore un, le énième.

Mon père, m'emmenant observer des créatures dans les forêts, au fond des lacs. M'apprenant la magie.

Un remède qui ne marche pas. Ils ne marchent jamais. Les espoirs de mes parents encore une fois piétinés.

Maman derrière papa en train de préparer le petit déjeuner, fatiguée mais souriante.

Le Poudlard Express et notre capacité à briser la vitre du compartiment.

Des chocogrenouilles.

James, Peter et Sirius repeignant des tableaux du premier étage en composition de leur choix.

" Une pluie de météorites décimant une population de snivellus "

" Ode à moi même "

" Le sandwich idéal "

Les images s'estompaient derrière des impressions. L'acceptation, l'amitié et soudain la peur. Peur d'être découvert. Peur de voir tout le monde partir. Mêlée de solitude. Je suis seul. Je suis seul et j'ai peur. Des détonations résonnèrent dans ma tête, faisant battre mon cœur de panique. L'incompréhension, la trahison.

-STOP !

Je me relevai tremblant et couvert de sueur. J'étais où ? J'étais qui ? C'était quoi ça ? La panique restait et j'hyperventilais.

Par réflexe, je touchai ma morsure.

andandandandandandandandandand

-Enfin ! Dit Mme Pomfresh en m'enfonçant un gros pavé de chocolat dans la bouche. Deux jours ! Tu as dormi deux jours ! N'est-ce pas merveilleux ?

Oui. OUI ! Ça l'était carrément ! J'encerclai l'infirmière de mes bras en pleurant à moitié, avant de me rendre compte de mon geste et de reculer en quatrième vitesse en direction de mon oreiller.

-Ne sois pas timide ! Tu as le droit d'être heureux. Tu nous a fait une sacrée frayeur.

-'est parti ? L'eshpris ?

Je m'efforçai de mâcher.

Je pétais le feu !

-Non.

Merde.

-Le professeur Flitwick a été expulsé de tes pensées. L'esprit a compris qu'il avait tout intérêt à prendre soin de toi s'il ne voulait pas subir une autre tentative d'intrusion.

-Bien, je soupirai soulagé. Il ne me dérangeait pas outre mesure avant de menacer ma santé mentale.

Elle me tira l'oreille. Je grimaçai.

-Je peux savoir pour quelles raisons tu n'es pas venu me consulter plus tôt ? Comment on en est arrivé à de telles extrémités que tes petits camarades ont ressentis le besoin expresse de t'administrer un puissant somnifère ? Potion qui je précise, ne sera pas enseignée avant la sixième année.

-Euh...ils ont eu une bonne note j'espère ?

Elle me tira un peu plus l'oreille.

-Ils ont pris un mois de retenue ! Et c'est un minimum !

Elle me lâcha et je poussai un nouveau soupir de soulagement.

-Et une bonne note du professeur Slughorn.

Je souris.

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Je ne conçois pas trop que l'esprit se laisse étudier sans rien faire, il est donc passé à l'attaque. Mais l'offensive va changer de camp.

Dites...

Pourquoi personne me rappelle que la Russie ça existait plus vraiment à cette époque bande de gens inattentifs?

Du coup, je dis au chiotte l'URSS, ça c'est formé dans le monde moldu mais les gouvernements magiques des pays la composant sont restés eux indépendants les uns des autres.