Lâcher prise…
Pourquoi n'y avait -il pas une recette pour ça ?
En un, se dédoubler.
En deux, porter le clone créé.
En trois, le placer au dessus du vide.
En quatre, alors qu'il vous supplie de ne pas le faire, desserrer votre étreinte.
Vous aurez lâché prise sur vous-même.
Je me donnais maximum trois mille ans pour une réussite pratique.
-Imaginez votre flux magique parcourir votre corps. Il remonte votre colonne vertébrale.
J'étais détendu. Je sentais ma conscience s'ouvrir et m'attirer dans un monde si vaste que ma panique grimpait proportionnellement à la chute dans l'infini que je sentais venir.
-Il passe dans votre épaule droite et continue son chemin dans le bras…
J'allais y arriver.
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
Des nouvelles,
D'abord une mauvaise, notre enquête ne redémarrera pas. Notre ministre a évoqué notre situation lors d'une visite diplomatique à la Russie qui était prévue de longue date. Nous cessons nos investigations et en échange, ils promettent d'apporter une solution dans les plus brefs délais. Je ne voudrais pas te déprimer, mais j'ai plutôt ressentit ça comme une série de paroles lancées en l'air, je ne pense pas qu'aucun des responsables de nos deux pays considèrent notre problème comme une priorité, je suis désolé fils.
Mais je n'abandonne pas, le professeur Dumbledore m'a informé que tu cherchais une solution alternative, n'hésite pas à me parler de tes progrès, ça pourrait me mettre sur une piste.
La bonne nouvelle est que le ministère m'a payé pour l'expédition et j'estime que tu mérites largement ta part. Si tu veux un cadeau de Noël, réfléchis-y.
Tiens bon.
Maman t'embrasse.
Papa
Je reposais le parchemin la boule au ventre. Bon.
Ben.
Ne jamais compter que sur soi-même, j'essayais de me convaincre.
Beaucoup de mensonge à ma personne ces derniers temps.
Peter attrapa la lettre d'un air curieux et la parcouru en mangeant sa pomme.
-Ça craint.
-C'est bien résumé.
-Tu vas faire comment ?
-J'hésite...peut-être me trouver une grotte bien sympa et vivre en ermite. Ou dévoiler mon problème de fourrure au public, au moins je serais sûr de ne plus être touché par personne.
PAF. Un livre impacta ma boîte iranienne.
-Ne dis plus jamais un truc comme ça !
Je me tournai vers Sirius étonné. Je ne m'attendais pas à ce que cela vienne de lui.
-Non ?
-Non !
-Euh...ok.
Je continuais de le regarder suspicieusement. Au cas où un autre assaut était prévu. Mais il mâchait son poulet sans l'air de rien.
-Sirius ton frère te fait des signes, intervint James. Je ne comprend pas ce qu'il essaie de dire mais en même temps, je n'ai qu'une connaissance très basique du serpentard.
Sirius piqua sa bouffe tout en se tournant vers son frère.
-Comment il s'appelle au fait ? Je m'intéressai.
-Regulus, dit-il brièvement avant de donner sa réponse, toute en signe elle aussi.
-Ça je comprends ! s'exclama James.
-Ouais, dit Peter, le doigt d'honneur c'est plutôt universel de par chez nous.
Regulus y alla de son propre signe d'énervement avant de se lever de table et de sortir de la salle, accompagné de ses amis.
-Ça voulait dire quoi tout ça ? Je demandai.
-Rien, dit Sirius. J'ai annoncé à ma famille que je restais ici pour les vacances.
James releva vivement la tête.
-Je t'invite !
-Non ça c'est mal barré. Si je pars du château ils le sauront. Je leur ai dit que je restais pour travailler…
-Aïe. Faut adapter tes excuses, je plaisantai. Comment veux tu qu'ils gobent ça ?
-Tout ce qu'ils veulent, c'est m'afficher aux réceptions, continua t-il en secouant la tête. Mon père aimerait que les hommes d'affaires remettent ma tête le jour où j'hériterai.
-Tu es conscient que si tes parents veulent que tu reviennes, l'école ne s'y opposera pas.
-Oui…
-Et ?
-J'ai décidé de ne plus rendre aucun devoir pour que ma moyenne chute.
Je me tapai le front avec mon poing alors que James manqua de s'étouffer.
-Ça va pas non ? Le quidditch c'est qu'à condition qu'on s'en sorte dans notre année !
-Il n'y a pas que le quid…
-Ne termine pas cette phrase !
-Oh je sais, dit soudain Peter, Slugh propose une fête pour les élèves qui restent à Noël, j'ai entendu Jorkins en parler. Il y aura tout un tas de célébrités, vous savez comme il aime se vanter...
-Tu veux en venir ou ? Demanda James.
-Tes parents Sirius, s'ils veulent que tu te construisent un réseau, ils voudront peut-être bien que tu restes au château pour assister à la fête.
-Mmh, dit celui-ci en faisant semblant de réfléchir pendant que ses mains s'activaient déjà à déboucher un pot d'encre. Ça se tente…
-Bravo Peter ! Je m'exclamai.
Je lui donnais ma part de gâteau de gratitude. Moi non plus je ne rentrais pas, j'avais une transformation la première semaine de vacances et on s'était mis d'accord avec mon père l'année dernière de ne pas épuiser ma mère quand cela n'était pas nécessaire. Je n'étais plus seul !
-Parlons quidditch maintenant ! Dit James.
On grogna de concert.
-Peter, continue tes efforts. Si tu ne gagnes pas ta place de titulaire l'année prochaine, je n'ai pas de doute pour celle d'après.
On fit semblant de ne pas l'entendre.
-Vous ne trouvez pas que les corbeaux volent bas ces derniers temps ? Demanda Sirius.
-C'est un mauvais présage, dit Peter.
-Celui d'une épidémie volatile, je continuai au pif.
-Remus, incroyable progrès. Bien sûr Ayling te dira le contraire parce que tu n'attrapes presque plus le vif d'or mais ça se voit à ta façon de voler.
Évidemment que je n'attrapais plus le vif d'or ! Dumbledore devait avoir eu une rentrée d'argent ou allez savoir quoi. Dans tous les cas, il en avait honteusement profité pour remplacer l'intégralité du matériel de quidditch. On avait maintenant des vifs nouvelle génération qui m'étaient entièrement indifférents. Je faisais comment moi ?
-Sirius…
-Silencio !
-Pourquoi on l'a pas fait avant ?
maymaymaymaymaymaymaymay
Il y avait des détonations si fortes que mon cœur en manquait plusieurs battement à chaque fois. Je levai ma baguette et lançai un sort qui me parut étranger. Une barrière magique se matérialisa avant de disparaître.
-On suit le front moldu...dit un homme assis sur une caisse pas très loin de moi.
Son uniforme était différent des autres dans la pièce. Il était relativement jeune, peut-être la trentaine, et affichait un air décidé. L'ambiance était floue, je pouvais non seulement ressentir la chaleur, mais aussi la voir se diffuser dans la pièce. Les murs bougeaient. Aucune bouche ne s'ouvrait pour parler mais les paroles résonnaient en moi.
-Jusqu'à ce point, il posa le doigt sur une carte. La division sorcière allemande y attendra du renfort. Nous devons attaquer les deux groupes avant qu'ils ne parviennent à se rassembler.
Le paysage changea soudainement. Avant que je ne comprenne quoi que ce soit, je me retrouvais au milieu d'un champ de bataille. Les sorts fusaient de partout. Un faisceau lumineux vint frapper en pleine gorge l'homme à mes cotés et il s'écroula sans cérémonie au sol, partiellement décapité. Je criai.
Je me réveillais en sueur. Mes trois amis étaient assis au bout de mon lit en me regardant avec des yeux de hiboux. Trop faible pour crier une nouvelle fois, je me laissai retomber sur mon oreiller.
-Tu nous parles de ton rêve avant de l'oublier ? Dit Sirius.
Je revis la tête partiellement détachée. Je ne répondis pas, encore sous le choc. Merde, la version de Nick Quasi sans tête était plus glamour.
-Tu t'en rappelles pas ? Continua Sirius déçu.
-Laisse le se remettre deux secondes, intervint James. Tu vois bien qu'il n'est pas dans son assiette.
Mais mes pensées filaient autre part. Je n'étais plus sûr de vouloir me souvenir de mes rêves si c'était pour voir ça. Si c'était ce dans quoi l'esprit qui m'habitait était enfermé jour après jour, à la façon dont les fantômes restaient prisonniers de leurs regrets, je comprenais sa mauvaise humeur.
-Je euh...ma voix se cassa légèrement. J'étais un soldat. Dans un régiment sorcier...mais dans une guerre moldue…
Ils se concertèrent du regard, surpris.
-Ha.
-Original, accorda Sirius.
-On a fait des guerres moldues nous ? Demanda Peter.
-Faut croire.
Je haussai les épaules. Les images de mon rêve commençaient à s'atténuer et je revenais progressivement à la réalité. Mes battements de cœur ralentirent.
-On était contre les allemands. Du peu que je connais l'histoire moldue, je suppose qu'il s'agissait d'une des deux guerres mondiale.
-Il va falloir faire des recherches, dit James. Cloquy l'esprit est censé être russe ou en tous cas, c'est là bas qu'il squattait. Est-ce que les gens parlaient russes ?
-Non...enfin peut être. Je les comprenais mais sans vraiment les entendre comme je vous entends vous…
-On va éviter de faire des suppositions là dessus alors…
-Décris nous l'environnement, intervint Sirius.
-Je dirais sous terre au début, dis-je pensif. Les lumières étaient issu des baguettes, on était assis sur des caisses en bois. Après...sur une plaine ? C'était un champ de bataille, tout allait vite, ma vision n'était pas bonne.
-Pourquoi tu criais ?
-Parce que…
James qui sentait que ce n'était pas le temps d'insister, sortit du lit et tira les deux autres en arrière.
-On en reparle demain.
nevernevernevernevernevernevernever
C'était le matin du match contre les serpentards et je mâchouillais nerveusement ma fourchette à la place de mon petit déjeuner. La pleine lune était déjà passée depuis un moment et je m'en étais bien remis. Je continuais de faire des rêves affichant tactiques militaires et autres morts violentes. Nous avions confirmé le fait que mon esprit se battait pendant la première guerre mondiale.
Et...c'était tout.
J'attendais toujours qu'un expert russe se ramène et me déloge Cloquy l'esprit.
Je me mettais à rogner plus fort.
-Arrête de stresser comme ça, dit James en piquant du pain de mie sur ma fourchette pour rentabiliser mon grignotage. Tu vas attraper ce vif, tu t'es entraîné durement ! Tu sais que tu n'as pas le droit à l'échec…
-James, je sais pas si tu l'aide, intervint Peter.
-...mais tu es un homme de responsabilités, tu vas le faire pour nous ! Pour ta maison ! Pour ta patrie !
-Parce que les serpentards sont pas britanniques ?
-Pour le pays des hommes braves !
Sirius se jeta sur James pour l'empêcher de parler et débuta une bagarre. Je mâchais mon pain de mie, les pensées à mille kilomètres de là.
comecomecomecomecomecomecome
-AYLING, STRATCHEY, POTTER, LES DEUX INCONNUS…
-Jorkins !
-Désolé, mais ils sont insignifiants professeur, je n'ai pas que ça à faire que d'aller me renseigner !
-BLACK…
-Ha quand même !
-ET TRUC MACHIN, L'ATTRAPEUR QUI TOMBE MAIS GAGNE…
-Repassez moi ce micro !
-ET L'ÉLÉGANTE ET TALENTUEUSE ÉQUIPE DES SERPENTARDS, VERN, KLEY, CRABB, BARBARAN, SHAFIQ, GREENGRASS ET NEWTON !
Une horde de vert et argent s'envola dans le ciel et vint se placer en face de nous. Newton, le septième année attrapeur, me regarda de haut.
Ce n'était pas méprisant, seulement la conséquence de nos trente centimètres de différence de taille.
Ça restait vexant.
James donna un petit coup dans mon balai pour que je me reconcentre et le match commença.
-LA FORTERESSE DE MUSCLES CRABB POUR UNE PASSE À KLEY. INTERVENTION DE STRATCHEY, COGNARD BIEN PLACÉ MAIS INSUFFISANT...10 À 0 SERPENTARD !
Je croisai par hasard le regard de Flitwick dans les tribunes et je fis un effort pour chasser mon flot de pensées négatives. Ça marchait moyen. Pendant l'heure qui suivit, le combat fut rude des deux côtés mais malgré l'inimitié des deux maisons, il resta relativement dans les règles.
-REMUS ! Surgit la voix de Sirius.
Je fis une embardée au cas où un cognard me fonçait dessus mais ce n'était pas ça que mon ami me signalait. Newton sprintait à l'autre bout du terrain. Je bugai et restai collé sur place. L'attrapeur finit par ralentir en me jetant des coups d'œil curieux.
Il avait essayé une feinte et je ris au fait qu'il pensait peut être actuellement que j'étais si clairvoyant que je n'avais pas marché dans son stratagème.
Quand le problème était en fait que j'avais deux de tension, je pleurai intérieurement.
-SIRIUS, COGNARDE CET ABRUTI, cria James.
Il y en avait au moins un qui ne s'était pas laissé prendre par mon incompétence, continuai-je à pleurer. J'évitai la balle envoyé par mon propre coéquipier, me mis une claque…
-...MACHIN CHOUETTE MANIFESTE DES SIGNES DE FOLIE…
Et sans réfléchir, je pris de la hauteur et me mis la tête en bas.
Le sang qui me monta au cerveau fit des merveilles pour ma concentration.
Youpi.
-...MACHIN CHOUETTE NE DÉTROMPE PAS VRAIMENT SON EXCENTRICITÉ…
J'évitai un nouveau cognard, du batteur adverse cette fois, en me remettant rapidement à l'endroit. J'accélérai en direction de la tribune de la commentatrice et levai les bras en mode énervé pour effectuer ma propre version du concept de la feinte.
-Euh...C'est pas gentil ce que tu dis la madame au micro ! Je suis pas content, lalalala lala, je dis d'un ton que j'espérai convaincant.
-...WOAH ! IL CHERCHE LA VENGEANCE PERSONNELLE CE MORVEUX ?
Arrivé à sa hauteur, je piquai et attrapai le vif d'or.
Newton ne m'avait pas suivi. J'avais vaguement calculé l'angle de mon attaque pour faire en sorte de lui cacher la vue de la petite balle.
Et j'avais réussi.
Je pensais personnellement que c'était un scandale.
Sirius qui était le plus près, manqua de tomber de son balai en s'étouffant dans son rire. Même McGonagall qui était à peut être deux mètre de moi dans la tribune semblait faire des efforts pour ne pas trahir son amusement.
L'équipe arrivait en trombe pour me féliciter et je dus les esquiver pour ne pas qu'ils me touchent.
-Avec tout ton talent, dit James une fois revenu dans les vestiaires.
Je lui souris, soulagé.
homehomehomehomehomehomehome
homehomehomehomehomehomehome
Oui c'est n'importe quoi.
