-Mr Lampin, nous traitons de l'histoire sorcière dans ce cours. Nous avons assez souffert de la main des moldus pour savoir quand éviter des conflits qui ne nous concernent pas.
Je n'aimais pas médire contre les profs mais Binns aurait pu ne jamais revenir de sa petite balade à l'extérieur que je n'en aurais pas été ému outre mesure. Non seulement il était pour moi responsable du fait que les sorciers de ce pays ne connaissaient pas leur histoire, ce qui ne faisait que nourrir un obscurantisme bien présent déjà sans ça, mais en plus pour le peu qui l'écoutait, il ne racontait que celle des livres. Et moi, comme je savais que je n'avais pas la volonté de tenir une heure de son cours concentré, j'avais lu notre manuel d'histoire en amont.
Rien sur l'esclavage des elfes.
Pratiquement aucun détail sur nos défaites militaires et les portraits fait des rois gobelins étaient caricaturaux et biaisés.
Les moldus n'étaient traités que comme potentiels dangers.
J'en avais conclus que le soldat sorcier que j'incarnais dans mes rêves était issu ou d'une mission officieuse en vue de contrôler un conflit potentiellement dévastateur pour les civils sorciers ou d'un groupe composé de volontaires, émus de la situation des moldus, acte qui n'aurait pas été retenu dans une société majoritairement dirigée par des sangs purs. Mais je m'étais dit qu'une telle initiative citoyenne avait peut-être laissé des traces dans les milieux intellectuels.
Donc j'avais demandé à Binns.
Bien sûr maintenant, je prenais conscience qu'il n'avait pas du débattre de l'histoire avec des confrères depuis un truc genre la reine Victoria.
Je n'avais donc pris que ce que je méritais.
-On se barre, dit Sirius en me jetant mon sac à la gueule.
-Pourquoi ? Tu lances un mouvement de contestation ?
-Quoi ? Naaaan. C'est juste que quitte à faire un truc chiant, autant aller à la bibliothèque c'est plus rentable. De toutes façons on pourrait faire de la cornemuse devant lui qu'il continuerai à monologuer sans lever la tête.
-T'es dur ! Il vient de répondre à ma question. Mal ok, mais au moins il ne m'a pas ignoré.
-Tu veux parier qu'il ne réagira pas ?
-On réveille James et Peter ?
-Laisse les.
On se leva. La moitié de la classe nous suivit.
-On cherche dans quoi ? Demanda Sirius une fois arrivé à la bibliothèque.
-Euh...des auteurs à l'esprit indépendants ?
-T'as des noms ?
-Non.
Une solution me vint finalement à l'esprit et j'approchai Mme Pince.
-C'est pour quoi ? m'aboya t-elle dessus.
-Je me demandais jusqu'à quand les archives de journaux remontaient ?
-1631, premier numéro de la gazette. Quel période vous intéresse, dit elle en levant sèchement sa baguette en préparation.
-1914-1918.
Quatre minuscules cartons vinrent s'entasser sur son bureau.
-Deux coups de baguette pour les agrandir. Une page froissée et c'est la retenue.
Tss. Il allait falloir que j'empêche Sirius de faire des avions avec.
WhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyIWhyI
5 août 1914
Depuis hier, le conflit moldu dont ce journal présentait déjà les enjeux dans l'édition du 1er de ce mois, a atteint les portes de notre pays. Il est pour l'instant peu probable que cela touche la communauté sorcière mais nous prions à nos concitoyens de rester vigilants lors de leurs voyages sur le continent.
-C'est tout ? s'indigna Sirius. On rentre en conflit et ça fait deux phrases dans la gazette ? La une est sur une putain de poule ayant réussi à entrer dans le ministère !
-C'est une brèche importante dans la sécurité, je dis d'une voix plate. Et puis je te rappelle que les sorciers ne se sentaient pas concernés par cette guerre.
-Mais ce n'est que le début, dit Sirius convaincu en soulevant au moins trois mois de journal pour les poser devant lui. J'ai lu tout à l'heure que ça avait fait quelque chose comme sept cent mille victimes dans le pays. Il y a forcément des sang mêlés ou nés moldu que ça a touché !
-Je ne sais pas, je suis sur une édition de 1917 et il n'y en a aucune mention. Pire que ça, les allemands sont en visite diplomatique et il y a une photo d'eux au chaudron baveur en train de trinquer avec le ministre.
-Mais…
-Sirius, à l'époque on ne donnais pas la parole aux nés moldu, essayais-je de lui expliquer gentiment. Même maintenant c'est compliqué…Si tu lisais la gazette tu le saurais.
Il ne dit rien et je retournai à ma pile. Il reprit la parole quelque minutes plus tard, me faisant sursauter au passage.
-J'ai jamais vraiment compris...cette haine qu'ont mes parents pour les moldus. Je veux dire, quand j'étais petit je ne me révoltais pas encore vraiment mais tu sais, notre maison est en plein milieu de Londres et...ben je sais pas...ils passaient sans arrêt sous nos fenêtres et ils ne semblaient pas si différents. J'en ai vu un voler une moto une fois, démonter l'allumage et connecter les fils, je trouvais ça super classe…
Ça expliquait bien des choses. Je haussais les épaules.
-Toi tu les regardes mais tes parents non. Ils sont mal informés et flippent parce qu'ils ne savent pas à quoi s'attendre. Tu peux remplacer le mot moldu par d'autres et ça marcherait toujours...
-Mouais...non c'est un peu plus que ça dans leurs cas...
Je haussai une nouvelle fois les épaules et regardait ma montre.
-Merde ! On a potion depuis plus d'un quart d'heure !
-Pff…
shouldshouldshouldshouldshouldshouldshouldshouldshouldshould
Les vacances approchaient en même temps que les examens et comme Cloquy l'esprit continuait de faire profil bas, on avait tendance à remettre les recherches à plus tard au profit d'activités plus distrayantes.
Flitwick, Chourave et Hagrid redécoraient le château frénétiquement et lorsque je ne révisais pas, mon temps était passé à organiser des guerres de tranchées de boules de neige entre les différentes années et maisons. La première guerre mondiale était montée à la tête de mes amis et comme d'habitude, le truc m'échappait.
-Snivellus s'est pris cher ! dit James en sautant, le visage rougit par le froid et l'adrénaline encore au max.
-Vous auriez au moins pu faire l'effort de viser quelqu'un d'autre…
-J'y peux rien si on ne voit que son nez !
-Personnellement je visais ses cheveux, précisa Peter, ils brillent vachement au soleil.
Je soupirai. On toussota derrière nous et nous nous retournâmes pour faire face à Slughorn.
-Mr Black, dit l'homme à la moustache de morse, j'ai appris que vous aviez prévu de rester au château ces vacances ?
-Vous avez entendu vrai professeur, dit Sirius d'un ton snob.
-Excellent ! J'organise justement une petite fête le soir du réveillon ! Rien de...
-Pardon professeur, cela aurait été avec plaisir, coupa Sirius d'un air faussement contrit, mais Remus reste également et mon cœur noble ne pourrait souffrir de le savoir seul.
Je fronçai les sourcils. C'est qu'il essayait de me faire inviter ce traître !
-Ha mais vous ne me laissez pas finir ! Mr Lupin est aussi le bienvenu justement !
Je fis les yeux ronds.
-Ha bon ? Pensais-je sourdement à voix haute.
-Là là mon enfant, ne faite pas l'étonné. Je suis sûr que Dumbledore ne vous a pas accepté dans cette école par hasard. Sur ce, j'ai une réunion...
Il nous tendit les invitations.
-Tu peux recommencer à cligner des yeux vieux, tout va bien, dit James.
-Gné ?
-T'es le premier problème à fourrure de Poudlard quand même ! Et quand tu seras devenu également le premier ministre de la magie à fourrure du pays, il pourra dire à tout le monde qu'il t'avait soutenu depuis le début. Simple précaution de sa part.
Les autres acquiescèrent.
-J'ai pas du tout envie de me lancer dans la politique, dis-je blasé.
-Oui non mais nous on le sait que t'as pas d'ambition, dit Sirius. Bref, je pensais simplement m'incruster à la fête mais si on m'invite…
-J'ai pas de tenue de soirée, je constatai tristement.
-Non mais oh ! Je fais déjà l'honneur de ma présence, je vais pas pousser jusqu'à bien m'habiller.
-Du coup je peux te piquer tes robes ?
-Je suis bien plus grand.
-Même pas vrai. Tu veux te battre ?
Sirius s'endormit en essayant de me frapper. C'était drôle comme il n'apprenait pas de ses erreurs.
-Si facile, dit James en hochant la tête.
nevernevernevernevernevernevernevernevernevernevernevernevernever
-Remus, psssst.
Quelqu'un shootait dans mon lit. J'allais tuer cette personne.
-Remus. Raconte moi ta pleine lune. Je dessèche d'ennui comme un rat mort.
J'allais l'ébouillanter. Et je rajouterai de l'échalote. Des poivrons. Pour faire plus diététique.
-Remuuuuuuus.
En un instant je pris mon oreiller et frappai Sirius avant de retomber douloureusement sur le matelas, épuisé mais satisfait.
-Sirius ? Je chuchotai.
C'était la nuit. L'infirmerie avait beau être vide, Mme Pomfresh dormait à côté.
-Je boude.
-Tu veux pas me filer un parchemin et une plume ? Je dois écrire à ma mère et j'ai déjà du retard.
Il se bougea à contre-cœur. Une fois le message fini, je le lui tendis.
-Je n'ai pas de souvenirs de mes pleines lunes. Sur le chemin du retour, passe à la volière pour moi.
-Tyran.
makemakemakemakemakemakemakemakemakemakemakemake
-Cool, ça doit être mes cookies annuels, dis-je un matin en zyeutant les deux hiboux qui venaient de rentrer dans la grande salle, quasi vide d'élèves en cette période de congés.
Le paquet tomba devant Sirius.
-Désolé, c'est pour moi. Le message t'es adressé par contre.
Je lus avidement et un son indigné sortit de ma bouche.
-Tu es allé dire à ma mère que j'étais " méchant avec toi " ? T'as quoi ? Deux ans ?
-Je vais être grand prince et te filer le carton. Vous enfants pauvres vous amusez d'un rien.
-Je te la ressortirai celle là, le jour où tu seras déshérité.
Je croisai son regard, soudain effrayé d'avoir été trop loin. Il plaça un cookie dans mon assiette.
-Quand ça arrivera, j'espère que tu te souviendras de ma générosité.
-Pour sûr ! Dis-je en lui jetant une tartine en échange.
Elle atterrit dans son verre.
-FOOD FIGHT !
-BLACK ! LUPIN ! N'Y PENSEZ MÊME PAS !
aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa
La journée du réveillon, j'eus un gros coup de blues. C'était la première fois de ma vie que je passais Noël loin de ma famille. Mais n'étais-je pas trop grand pour ça de toutes façons ? Mes parents méritaient un vrai noël, sans le poids de ma condition.
Non j'allais me comporter en homme là dessus.
-T'as l'air...comme un petit enfant perdu dans une immensité glacial.
-Chut.
-Faut se préparer.
Je levai un sourcil.
-Je croyais qu'on y allait en touriste ?
-Nan on va se faire jeter si on fait ça.
Je cachai ma tête dans les genoux. Pouvait pas l'avoir dit plus tôt ?
-C'est bon j'ai ce qu'il faut, dit-il en me jetant…
Un bout de tissu. De la matière la plus douce au monde.
Je levai la tête et prit la robe.
-Combien de licornes trempées dans la soie ont été sacrifiées pour tisser cette robe ?
-Tu vois, c'est pour ça que j'ai rien dit, j'étais sûr que ça allait être compliqué.
-Imagine...Imagine que je m'accroche à un clou qui traîne? Ou qu'on me pousse dans le feu ? COMMENT VEUX TU QUE JE REMBOURSE CE TRUC S'IL LUI ARRIVE QUELQUE CHOSE ?
-Ça te fera un projet de vie.
J'agrippai mes mains plus fort autour de la robe. Elle me glissait des doigts telle l'eau pure fuyant la saleté. Sirius soupira.
-C'est ma mère qui insiste pour que je les embarque chaque année au cas où. Crois moi quand je te dis qu'elle n'a jamais porté l'espoir de les revoir vivantes.
Précautionneusement, je finis par m'habiller.
-J'ose plus bouger.
-Tu veux de l'aide ?
-C'est bon je marche.
changechangechangechangechangechangechangechangechangechange
La salle était grande mais pleine et nous étions pratiquement les seuls étudiants. A part nous, quatre serpentards de septième année tentaient de séduire un groupe d'officiels du ministère dans un coin, sous l'œil exaspéré de Chourave et de McGonagall qui, j'en étais sûr, avait une sainte horreur du lèche bottage. Les profs étaient presque tous là et le reste de la foule était composé d'anciens élèves de Slughorn ou d'éminences venues d'on ne sait où.
Probablement beaucoup de gens seuls pour se retrouver à fêter un réveillon de Noël ici.
-Tu penses qu'il y a un historien dans le tas ? Je demandai à Sirius.
Mais celui ci se dirigeait déjà vers le punch. Dumbledore lui barra le chemin et l'entraîna dans ce qui semblait être la conversation la plus chiante au monde entre un vampire et un gobelin.
Je restais bêtement dans mon coin, à me poser des questions philosophiques sur ma place dans le monde et je commençais à m'endormir debout quand le directeur vint à ma rescousse. Je jetai un coup d'œil derrière lui et je vis Sirius parler de façon animée au vampire.
Qui aurait cru ?
-Vous allez me caser aussi ? Je demandai timidement.
Ses yeux pétillèrent.
-Je venais juste aux nouvelles. Alors Remus, qu'as tu fais ces temps-ci ?
-Euh...J'ai...travaillé...
Je n'avais pas inondé les toilettes du cinquième, c'était Peter et ça faisait déjà une semaine. L'horloge du château miaulait à chaque fois que la grande aiguille atteignait la demie mais qui s'en souciait ? On était hors période de cours.
Non vraiment je n'avais rien à me reprocher.
-Dites professeur ?
-Oui ?
-Vous êtes…
Vieux. Formulons ça autrement.
-Vous avez vécu la première guerre mondiale ?
-C'est en lien avec ton esprit ? Redirigea t-il gentiment la question.
Je fis oui de la tête. Il conjura deux fauteuils et m'invita à m'asseoir.
-Je n'étais qu'un simple professeur à cette époque. Sache que même si loin du front nous avons été touchés. Je me souviens de quelques élèves auxquels la guerre a arraché des parents, dit il tristement. Que veux tu savoir ?
-Dans mes rêves, je fais partis d'un régiment sorcier...
Je ressentis soudainement toute la frustration de ces dernières semaines et quelque chose me disait que ce n'était pas entièrement la mienne. Peut-être que Cloquy en avait marre lui aussi.
-J'ai cherché pendant des heures mais je n'ai jamais trouvé de trace d'une telle opération. Ni dans les livres d'histoire, ni dans les journaux. La guerre tout court n'est quasi jamais mentionnée !
-Pourtant je peux t'assurer que tous les dirigeants sorciers d'Europe étaient sur les dents. Notre ministre de l'époque avait promulgué une loi empêchant notre communauté d'intervenir et la mode était à la censure, il y a donc peu de chance que tu trouves ton bonheur dans la presse. En fait, je ne peux pas te parler spécifiquement de ton régiment mais de nombreux sorciers ont bravés cet ordre et sont partis aider les moldus. Ils ne choisissaient pas de camps. Ils se contentaient d'optimiser l'évacuation des blessés et d'organiser des missions de destruction de matériels. Quant à l'histoire, nous optons parfois de l'oublier au profit de ce qui nous arrange. La politique actuelle n'encourage pas l'assistance aux moldus plus que celle d'il y a soixante ans et le fait est que j'ai très peu de contrôle sur les programmes scolaires.
Il m'offrit un verre rempli d'un liquide blanc. Je le sniffai, dépressif. C'était du lait en fait. Je ne voyais pas comment poursuivre cette enquête si j'avais accès à aussi peu de documentation.
-Ne désespère pas, m'encouragea Dumbledore. Ce n'est certainement pas à toi de faire tout, tout seul. Raconte moi.
andbabyifyouholdmethenallofthiswillgoaway
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Hello ! Quéquisuitlapériodedesfêtes ? La période des partiels -'
Charlotte, merci beaucoup, je me réserve la relecture de cette review pour mes moments de doute. Petite flamme dans les ténèbres, petite couette dans le froid.
Du coup, je me sens de faire aussi un merci publique à Destrange et à lambda (qui ne suit pas cette histoire je crois mais qui mérite reconnaissance).
Bande de chaussettes chaudes.
Tant que j'y suis, mes félicitations à toi, qui lit les notes d'auteur jusqu'au bout.
