Dumbledore se shootait aux petits fours. Je n'avais pas d'autres mots pour qualifier le génocide dont j'étais témoin pendant que je racontais distraitement la vie de Cloquy sur le front. Un elfe stressé nous en ramena un énième plateau.

-La situation n'est pas aussi dramatique qu'on pourrait le penser de prime abord, dit finalement Dumbledore, un verre de punch à la main. Ton régiment sort entièrement de l'ordinaire, il ne se contente pas de saboter le matériel mais prend part à de réels affrontements sur le champ de bataille.

-Vous pensez qu'on peut en retrouver la trace ? Demandai-je avec espoir.

-Sans doute...Artériole mon cher ami, vient t'asseoir avec nous, se tourna t-il soudainement vers le vampire qui avait été chargé d'occuper Sirius.

Sirius qui avait disparu.

Forcément.

Le vampire souleva gracieusement sa cape et s'assit dans un nouveau fauteuil qui avait été métamorphosé par Dumbledore en utilisant pour base un petit four qui avait eu le malheur de tomber une heure plus tôt. Je me demandai si c'était bien confortable.

-Nous parlions avec mon élève de la guerre quatorze dix-huit et nous demandions si tu pouvais nous faire profiter de ton expérience.

-Aaaaah, sourit Artériole, c'est une manie dites moi...L'autre petit est déjà passé par là…

Le " petit ", saletés d'adultes, émergea soudainement de la foule et confia à son nouvel ami un verre remplit d'un liquide rouge sang. Dumbledore étant de nouveau à court de petits fours et donc de matériaux pour fauteuils, Sirius décida de regarder les genoux qui l'entourait d'un œil calculateur et opta pour ceux du directeur de Poudlard, qui ne broncha pas dans un premier temps, puis finit par le léviter sur l'accoudoir.

Non mais le toupet du gars !

-Une période politiquement instable pour la communauté des vampires, dit Artériole, nous étions entre deux coups d'état…

-Lequel avais-tu organisé ? s'amusa Dumbledore.

-Celui de 1913, le premier...Il n'a duré que deux semaines et j'ai pris une petite pause après.

Il en parlait comme s'il préparait des soulèvements tous les jours.

-Quand la guerre a été déclarée, j'étais en train d'essayer de rentrer de nouveau en grâce auprès de Dentine.

-Qui était ? Demandai-je timidement.

-Le dirigeant de l'époque, répondit Sirius à fond.

-Lui non plus n'a pas duré longtemps, vous n'imaginez pas le sang versé dans un conflit comme celui là. On a festoyé sans discontinuer sur quatre ans, dit-il rêveur, opposants politiques main dans la main avec gens du pouvoir. Nous avons peut être nos divisions mais nous savons encore comment communier autour d'un repas !

Beurk…

-Tu n'aurais pas croisé quelques sorciers à tout hasard ? Dit Dumbledore en éloignant son verre de Sirius sans l'air de rien, nous cherchons un bataillon de combat en particulier. Il semble qu'il y ai eu une guerre parallèle sur le front.

-Si évidemment ! Quel pays ? Dit-il professionnel,en dévissant le pommeau de la canne qui l'accompagnait mais à laquelle je n'avais pas prêté attention jusque là.

Il sorti une succession de parchemins extrêmement fins et fatigués, enroulés sur eux même.

-Je n'ai pas fait de rangement depuis les guerres napoléoniennes, s'excusa t-il.

-Russie, répondit aimablement Dumbledore.

-Les russes, grimaça le vampire, les russes c'est un peu compliqué...Les communautés sorcières de l'empire étaient tellement divisées qu'elles ont profité de la guerre pour se taper dessus. Ça n'avait plus grand-chose à voir avec le conflit moldu à la fin...Le seul point sur lequel elles s'accordaient était justement leur politique anti vampires…Je me plais à croire qu'on était pourtant d'utilité publique…

-Les corps secs prennent moins de place, dit Sirius.

-Exactement, et ce n'était pas du luxe au vu de l'état d'encombrement des cimetières...

Il sortit un parchemin, victorieux, du tri qu'il effectuait.

-On les évitait, dit-il faussement navré. C'est un état des lieux de leurs déplacements. J'ai un journal également dans mes archives, il faut toujours tenir un journal pour la postérité, retenez ça...Je te le ferai parvenir Dumbledore.

Il étendit ses jambes dans son fauteuil petit four et ferma les yeux paisiblement.

-Jeune homme, s'adressa t-il à Sirius. J'ai encore soif.

-Les deux personnes à qui j'ai prélevé tout à l'heure se sont évanouies. Je peux peut être atteindre Slughorn mais les autres se montrent méfiants.

Ils se tournèrent vers moi et je cherchai désespéramment Dumbledore des yeux mais celui ci regardait obstinément le plafond.

-Dis moi l'ami, m'interpella Artériole. Tu as le sens du partage?

EverythingEverythingEverythingEverything

7 mai 1915

Une unité Géorgienne a transplané à deux kilomètres au sud et j'ai aperçu un uniforme polonais près d'une ancienne tranchée moldu. Dentine veut longer par le nord pour retrouver du sang frais. Je pars cette nuit pour le devancer, il ne faudrait pas pousser le bouchon de la conciliation trop loin.

Vénule me fait de l'œil, je vais lui proposer de m'accompagner.

Un boum retentit dans le silence du dortoir. Sirius était tombé de son lit. Ça arrivait. Je revenais au journal d'Artériole et le menaçais silencieusement du doigt. Il était hors de question que je me tape les ébats amoureux de son auteur, les premiers mois de la guerre avait déjà été suffisamment gores comme ça.

10 mai 1915

Nous avons, étrangement, semé Dentine. J'ai demandé son avis à Vénule mais je fus vite distrait par …

Mgnh.

17 mai 1915.

Nous tombons sur une série de morts accompagnés de leurs baguettes à la sortie d'une forêt et nous nous cachons immédiatement parmi les arbres. Les sorciers ramènent les corps aux familles par porteloins. S'ils n'ont pas été ramassés, c'est que la lutte doit se poursuivre autre part. J'ai reconnu des uniformes des services spéciaux grecs et russes.

Pourquoi les grecs se retrouvent en plein milieu des luttes intestines soviétiques ?

Je m'intéressai vivement aux croquis fait des uniformes sur la page. Artériole aimait recenser ce qu'il voyait, le carnet était parsemé de petits dessins dans les marges.

-Sirius ! Sirius ! Je me jetai hors du lit.

Il s'était rendormi à même le sol. J'attrapai notre réveil.

-2h56…

-COIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN…

-FERME TON PUTAIN DE BEC LE CANARD !

-Sirius ! Je répétai. Cloquy était des services spéciaux russes. Je reconnais l'uniforme !

-Mfélicitation à lui...C'est tout ? Demanda t-il vaseux.

-Oui !

-Je peux me ronfll...

Je m'allongeai à ses côtés et repartit dans ma lecture.

thatshinesthatshinesthatshinesthatshines

-Vous avez eu quoi à Noël ? demanda Peter en prenant place sur la chaise d'en face, les joues rougies par le trajet depuis Pré-au-lard.

-J'ai eu...commença Sirius en laissant du suspens...ben vos trucs à vous...et quatre jarres de cookies de Mme Lupin.

-MES cookies, MON héritage familiale, je grondais instinctivement.

-Et toi Remus ?

-Pas grand-chose, je haussai les épaules. Flitwick a offert un coussin de méditation à tous les élèves de son atelier.

Mes parents me relançaient quasiment tous les jours par courrier pour me demander ce que je voulais. Ma réponse instinctive avait été un balai puisque l'actuel appartenait à James, mais je n'avais pas envie qu'ils me demandent ce que je faisais dans une équipe de quidditch, ça coûtait beaucoup trop cher et je sentais qu'en plus, j'allais en vexer certains, genre James, si je changeais.

Je leur avais demandé cent fois de garder l'argent mais ils continuaient d'insister.

-Cloquy est un espion russe ! j'entendis crier Sirius et je m'aperçus que j'avais complètement décroché de la conversation.

-Des services spéciaux, je recadrai. Ça mélange espionnage et élite de combat, Cloquy était un soldat.

-Cool ! s'enthousiasma James. On va où avec ça ?

-Nul part. C'est classé top secret probablement.

-Aux archives du ministère russe ? Super ! Vous pensez que c'est à portée de balai ?

-Non.

-Il faudra probablement prévoir quelques jours d'absence.

-Non.

-S'entraîner, il doit y avoir des protections.

-Oui. Mais non.

-Pourquoi ? Demanda Sirius, qui avait l'habitude d'au moins me demander mon avis avant de s'asseoir dessus, contrairement à James.

-Il me reste mes rêves, je réfléchis rapidement à une excuse. Essayons ça d'abord.

-Je croyais que c'était toujours les même qui revenaient ? Dit Peter en reprenant du poulet. On en a déjà tiré un maximum.

-Non pas toujours, avant hier, il y avait des sardines au dîner et le soir même, je rêvais que Cloquy en mangeait une boîte, je dis avec conviction.

...

-Il faut lui rappeler des événements, interpréta finalement Sirius.

-Oui, dis-je soulagé. Artériole parle d'une bataille contre les grecs dans son journal.

-Il faut demander aux elfes de faire de la moussaka, articula Peter.

-On va se déguiser et t'attaquer, décida James, heureux de quand même avoir trouvé une solution qui bouge.

-Mais…

Mais rien. Il s'était déjà lancé dans des messes basses avec Sirius en me jetant des coups d'œil de temps à autres.

Il allait falloir que je surveille mes arrières.

ain'talwaysain'talwaysain'talwaysain'talways

-Et là, Euclide aurait...Attends avant, je t'explique qui est Euclide…

Ma mouette était devenu correctement encrier mais il lui restait des plumes et McGonagall me regardait dédaigneusement depuis son bureau.

-Comme ça il y a de quoi écrire, j'argumentai faiblement. Un stock de plumes pareil, autant en profiter.

-Concentrez vous Lupin, plutôt que de débiter des idioties.

-Et tu vois, vouloir résoudre la quadrature du cercle, c'est un peu comme…

La pleine lune était dans deux jours. Il y avait trop de bruits autour de moi, trop de références à la Grèce dans les phrases de James et l'odeur de guano me donnait la nausée.

-Il y a Archimède aussi. C'était un sorcier Archimède…

Ils préparaient un assaut contre moi à la sortie, je le savais. Des elfes les avaient aidé à modifier des robes en uniformes et un groupe de quatrième année avait été engagé à peine discrètement pour m'attaquer au premier quart de dixième de petit orteil hors de classe.

Les mouettes criaient au dessus de la mer baltique. J'étais assis sur un rocher, les pieds dans l'eau. Je ressentais comme un grand vide dans ma poitrine. Nous n'étions que quatre survivants et seulement deux amis étaient là sur la plage.

-Il faut le retrouver, dit une voix.

Toute la haine de ces mots résonna dans mon corps.

-Je veux une explication, je…

-Remus ? Vieux ? Remus réveille toi ! McGo vient vers nous !

Je sursautai et manquai de me casser la gueule, déphasé.

-Votre encrier n'avait pas de bec tout à l'heure Lupin.

-Il euh...il avait envie de chanter…

Où était passé la mer ? Elle leva les yeux au ciel et repartit critiquer un serdaigle à l'autre bout de la salle. Quand la cloche sonna, j'étais tellement soulagé de sortir que j'avais complètement zappé la marée humaine qui m'attendait dans le couloir.

-ATHÉNIEN, DÉFENDONS NOTRE CITÉ ! m'attaqua un pseudo grec.

-C'est n'importe quoi, je me retournai en agrippant Peter. Complètement absurde !

-JE SUIS PRESSÉ DE VOIR CE QUE ÇA VA DONNER CE SOIR, cria James dans mon oreille alors que le niveau de bordel grimpait exponentiellement. ÇA DOIT FAIRE REMONTER DES CHOSES CHEZ CLOQUY, SÛR ET CERTAIN !

-VOUS…

-Oh professeur, vous êtes resté là ?

-POTTER…

gonnabegonnabegonnabegonnabegonnabe

En retenue le soir, je piquai du nez dans le trophée que j'étais censé récurer.

J'étais assis aux abords de notre bivouac à l'orée d'une forêt et je taillais des formes dans le bois avec ma baguette pour passer le temps.

-Avada Kedavra.

Le sortilège passa juste au dessus de mon épaule et mon cœur fit des bonds démesurés dans ma poitrine.

-Alerte ! Je criai.

Tout se brouilla. Déjà la moité de mes camarades étaient morts, pris par surprise. Au loin, je reconnus une silhouette ennemie.

-Ce ne sont pas des grecs ! C'est Atanas Lazarov là bas, c'est les bulgares !

Je savais que les bulgares n'avaient rien à faire là. Nos protections avaient été passées trop facilement, les rapports les disaient loin.

-TRAHISON ! rugit pour moi un ami pas loin, avant de se prendre un sort de plein fouet et disparaître de ma vie comme tant d'autres.

Je ne sentais plus mes bras ni mes jambes, nous étions encerclés et c'était devenu du un contre vingt. Je repérai un monticule de boue et de paille à proximité.

-Bombarda !

J'agis vite. J'attrapai par le bras ceux qui restaient et profitait de la poussière et du chaos ambiant pour retourner à l'abri des arbres.

-Zigzaguez, cria quelqu'un, la barrière est à un kilomètre.

Je courus plus vite que je n'avais jamais couru dans ma vie, sans jamais perdre de temps à regarder derrière.

Une main agrippa mon poignet et je me sentis partir.

Je rouvris les yeux paisiblement. On avait mis un oreiller sous ma tête.

-Petit louup, chantait James. A besoin d'un doudou...la paix est toujours brève, loin du pays des rêves, tout le monde est fouuuuuuuu…

-Il est réveillé James, dit Peter.

-Hé ben c'est pas trop tôt ! Tu ne te rends pas compte de la gymnastique mentale que c'est d'improviser une berceuse.

-Gné ? Pourquoi la salle des trophés ?

-On est en retenue. Souviens toiiiiii.

-Sirius a fait diversion, Rusard l'a emmené voir Pomfresh.

-Pomfresh ?

-Il s'est fait tabasser par des coupes. Je ne crois pas que c'était son intention mais ça reste efficace.

Je me relevai et les autres me regardaient à bout de patience.

-Allez raconte, frétilla James.

goldgoldgoldgoldgoldgoldgoldgoldgold

goldgoldgoldgoldgoldgoldgoldgoldgold

Ça faisait longtemps que j'avais pas posté du coup. Ça se termine souvent sur des " raconte moi tout " XD mais je vais au plus pratique.

Merci Charlotte pour ta (tes en fait parce que tu m'en as mis sur d'autres trucs) review, vu que tu es une guest, je le mets ici.