Les prélèvements effectués dans la résidence des Bailey n'offrir rien de concluant alors que les images de la vidéo-surveillance permirent de constater que le cambrioleur avait agi seul et semblait parfaitement connaître les lieux. Il s'était immédiatement dirigé dans la chambre de la victime pour récupérer les montres mais avait été surpris dans sa retraite par Howard Bailey sortant de la salle de bain. L'agresseur avait alors saisi le premier objet à sa portée et avait frappé Bailey à la tête. Ce dernier s'était immédiatement écroulé, inconscient et s'était vidé de son sang.
- Le cambrioleur ne voulait que les montres… affirma Bernard.
- Il devait connaître la victime pour savoir que c'était un collectionneur et surtout où elles se trouvaient, poursuivit Lupo.
- Orientez vos recherches sur la personnalité de Bailey, qui savait pour les montres, où ils se les procuraient. Interrogez tous les employés des Bailey. Et prenez des précautions en interrogeant les témoins Messieurs, personne n'est suspect pour le moment.
- Bien Lieutenant.
Mais mis quelques amis proches de Bailey, sa femme et sa gouvernante, personne n'était au courant de sa passion. L'interrogation, plus poussée, de sa veuve leur permirent de découvrir que ce n'était que depuis une dizaine d'années que son mari avait commencé cette étrange collection. Mme Bailey en avait été surprise au début, son mari n'ayant jamais fait preuve auparavant d'un quelconque attrait pour l'horlogerie suisse. Il lui avait affirmé pour la première montre qu'il s'agissait d'une montre qui avait appartenu à son père et qu'il lui avait donné juste avant sa mort et lorsqu'une nouvelle montre faisait son apparition, il avait toujours une explication crédible si bien que quand il lui avait juré que cela n'avait rien d'illégal, que ce n'était en aucune manière des pots-de-vin, elle avait arrêté de poser des questions et qu'après tout il était libre d'utiliser son argent comme il le souhaitait.
Toutefois lorsque les détectives se plongèrent dans la comptabilité de l'adjoint au maire, ils ne constatèrent aucunes transactions correspondant à de tels achats.
L'enquête ne laissait que peu de temps libre aux détectives ou aux deux procureurs, pressés par le maire de rapidement élucider cette affaire. Mike et Connie passaient ainsi nombre de leurs soirées à travailler, au grand dam de Jeff. Alors qu'elle avait une nouvelle fois dû annuler un de leur rendez-vous, il se décida à lui apporter, ainsi qu'à Mike, un grand café, qu'il lui savait indispensable lorsqu'elle devait travailler tard.
- Jeff, que fais-tu ici ? Je croyais t'avoir dit que je ne pouvais pas me libérer ce soir.
- Je sais, je sais. Je voulais juste passer te voir 5 minutes et vous apporter un bon café. Si au bureau du DA, vous êtes traités aussi bien que nous, alors votre café doit être imbuvable. Je vous en ai pris un aussi Mike, je crois savoir que vous l'aimez assez fort. Bref, j'ai cru comprendre que cette affaire était importante. Si jamais vous avez besoin de quelque chose, faites le moi savoir.
Mike ne put s'empêcher de remarquer Jeff balayer des yeux toute la pièce et de se fixer quelques instants sur le tableau blanc sur lesquels étaient notés tous les éléments importants de l'affaire. L'espace d'un instant, il crut noter une lueur d'inquiétude traverser le regard de l'inspecteur.
Mike maugréa ses remerciements avant de proposer à Connie de prendre une pause si elle le désirait. Elle rejoignit son propre bureau pour bavarder quelques instants avec son compagnon. Mike les observait de loin et se sentit pris de nausées lorsqu'avant de partir, Jeff embrassa rapidement Connie...sur les lèvres.
Lorsqu'elle regagna le bureau de son supérieur, Connie s'arrêta dans l'embrasure de la porte pour l'observer, perdu dans ses pensées, debout face au tableau blanc, sa batte de baseball posé sur l'épaule. Elle sourit tendrement à cette image avant de se racler la gorge et d'entrer.
- Peut-être qu'on fait fausse route et que ce n'est pas juste un simple cambriolage…
Connie arqua un sourcil, piquée par la curiosité.
- Quelle est votre théorie Mike ?
- Je ne sais pas… Vous ne trouvez pas cela bizarre que Bailey puisse mener cette vie, avoir autant de montres de luxe, il y en a pour plus de 150 000 dollars en ne vivant qu'avec son seul revenu d'adjoint au maire.
- Il a peut-être hérité d'une fortune familiale, ou son emploi avant de devenir conseiller lui rapportait peut-être beaucoup ?
- Nan, on a vérifié tout cela. Mme Bailey n'est pas riche et Bailey est issu d'une famille modeste. Avant de travailler pour le maire, il était vétérinaire, rien qui ne peut justifier des revenus importants. Cela ne m'étonnerait pas qu'il ait reçu des pots-de-vin, étant donnée sa place…
- Je sais qui peut nous aider si une enquête a été menée sur lui…
La perspective de faire appel à Jeffrey Leblanc pour les aider dans cette affaire ne plaisait guère à Mike mais ils tournaient en rond… De plus, il ne pouvait ôter de son esprit la réaction étrange qu'avait eu l'inspecteur quelques minutes plus tôt. Il nota rapidement sur un calepin les noms inscrits sur le tableau.
Dès la première heure le lendemain, Mike se rendit au commissariat du 2.7 pour s'entretenir avec Lupo et Bernard, sans la présence de Connie.
- Est-ce que vous connaissez Jeffrey Leblanc ?
- L'inspecteur que fréquente Connie ?
- Celui-là même. J'ai un mauvais pressentiment le concernant…
Lupo et Bernard se regardèrent d'un air entendu. Mike secoua la tête en soupirant.
-J'ai vaguement entendu parler de lui, il a quelques gros coups à son actif mais vous savez la brigade financière…
- Hier soir, quand Leblanc est venu rendre visite à Connie, j'ai remarqué qu'il avait tiqué en voyant les noms écrits sur le tableau blanc.
- Et ?
- Et appelez cela comme vous voulez mais j'ai l'intuition qu'il nous cache quelque chose, comme s'il connaissait l'une de ces personnes.
Mike tendit aux deux détectives le petit bout de papier sur lequel figuraient trois noms : Horace Dever, Jimmy Salas et Mark Turner.
- Donc y figurent l'ex-associé de Bailey, le chauffeur de sa femme et un chef d'entreprise de construction. On va creuser de ce côté-là.
- Merci messieurs.
Mike s'apprêtait à sortir du commissariat lorsqu'il fut rattrapé par Lupo.
- Mike, écoutez. Connie m'importe tout autant que vous et si ce Leblanc se sert d'elle, croyez-moi, on l'attrapera.
Un sourire teinté de tristesse traversa brièvement le visage de Mike avant que ce dernier ne reprenne sa route vers son bureau.
