Mike se tenait derrière la vitre de la salle d'interrogatoire n°2. A l'intérieur, Lupo et Bernard écoutaient Jeffrey Leblanc raconter son histoire.

Tout avait commencé lorsqu'il s'était retrouvé à ne plus pouvoir rembourser ses dettes de jeu. Il avait alors passé un accord avec son créancier : en échange d'informations ou de dissimulation de certaines transactions, ses dettes seraient effacées. Après quelques temps, ses services occasionnels s'étaient transformés en véritable association : il travaillerait pour le compte de Mark Turner qui le payait en nature par le moyen de montres de luxe afin d'éviter d'attirer les soupçons. Mais contrairement à Bailey qui les collectionnait, Jeff les revendait afin de pouvoir mettre de l'argent de côté pour son projet lorsqu'il retournerait en Louisiane. Leurs affaires se déroulaient bien quand Bailey était devenu trop gourmand pour Turner, le menaçant même de révéler leurs magouilles s'il ne cédait pas à son chantage. Avec l'aide de Jeff, Turner avait organisé le cambriolage destiné à faire peur à Bailey, mais cela avait mal tourné et Bailey avait été tué. Quand la police avait découvert que Turner était derrière tout cela, Jeff avait utilisé Connie pour obtenir, sans qu'elle ne s'en rende compte, des informations quant à l'avancée de l'enquête. Il s'était introduit dans son ordinateur, consultant ses mails et ses dossiers. Mais Connie avait découvert les montres qu'il n'avait pas encore réussi à vendre, révélant donc son implication dans le meurtre de Bailey et dans toute une série d'affaires de corruption. Toutefois Jeff n'était pas un meurtrier. Il s'était lancé à la poursuite de Connie, non pour la tuer mais pour lui demander de s'enfuir avec lui. Il n'en eut pas le temps car Lupo et Bernard, après avoir dissuadé, non sans mal, Mike de les accompagner, étaient arrivés pour l'arrêter.

Connie écoutait Jeff sans réagir, Mike jetant à plusieurs reprises des regards dans sa direction.

- J'ai besoin de lui parler, seul à seul.

- Connie, ce n'est pas une bonne idée.

- S'il vous plaît, Mike. J'ai besoin de savoir…

- Okay…

Mike frappa quelques coups sur la glace sans teint de la salle d'interrogatoire, signal que les deux détectives devaient sortir.

- Vous êtes sûre que ça va aller ?

Le regard déterminé que Connie lui adressa fut sa seule réponse avant d'entrer et de s'asseoir face à Jeff.

- J'imagine que tu as tout entendu… Il doit jubiler derrière la vitre, tu es toute à lui maintenant…

Jeff regardait la vitre, sachant pertinemment que Mike se trouvait juste derrière.

- As-tu réellement eu des sentiments pour moi ? J'ai besoin de savoir…

Jeff tourna la tête vers Connie en riant.

- Ce n'est pas important, Connie.

- Je pense que je mérite des explications, Jeff.

- Très bien... Lorsque je t'ai abordé dans le bar je savais qui tu étais et que j'allais avoir besoin de toi par la suite. Je savais que Turner avait prévu de faire peur à Bailey mais le cambriolage a mal tourné et Bailey a été tué. Je devais m'assurer que Cutter et toi ne remontent pas jusqu'à moi. J'avais fait quelques recherches, quoi de plus simple quand on est inspecteur à la brigade financière et que de nombreuses personnes vous doivent des services ? Je n'ai pas eu beaucoup d'efforts à faire pour te séduire et pour correspondre à tes attentes. Tu désirais tellement avoir une relation avec quelqu'un qui sache exprimer ses sentiments. Mais je me suis pris au jeu… Je me suis dit qu'après cette histoire, je repartirai de zéro, avec toi… Mais on a eu cette conversation à propos de la Louisiane et j'ai compris. J'ai compris que tu ne m'aimais pas assez pour tout quitter.

- Et j'ai trouvé les montres…

- Tu sais, je pensais qu'en restant avec toi, tu finirais par avoir des sentiments pour moi et que j'arriverais à te convaincre de partir avec moi. Mais, tôt ou tard tu m'aurais quitté, tu te serais rendue compte que je ne suis pas comme lui.

Une nouvelle fois Jeff regarda dans la direction de Mike avant de reprendre ses explications.

- Je ne suis qu'un inspecteur de la brigade financière, même pas capable d'intégrer la brigade criminelle... Et je ne suis pas ce que tu recherches dans un homme. Tu rêves d'un homme qui saura t'aimer avec passion et en même temps t'énerver au plus haut point, qui saura te stimuler intellectuellement et qui fera de chaque jour quelque chose de différent. Et même si tu ne veux pas encore te l'avouer, tu sais qu'il correspond à cela…


Connie avait pris quelques jours de congé après ces évènements et Mike savait par Jack qu'elle était partie rendre visite à sa famille en Californie. Cette coupure lui serait certainement bénéfique même si au fond de lui il craignait qu'elle ne souhaitât rester là-bas. Lorsqu'elle n'avait pas répondu à son message après qu'elle ait quitté précipitamment la salle d'interrogatoire, il n'avait pas insisté malgré sa folle envie d'être présent pour elle. Et une dizaine de jours plus tard, lorsqu'il arriva au bureau, il fut soulagé de constater qu'elle était déjà là, prenant connaissance des dossiers en cours. Il la gratifia d'un chaleureux bonjour qu'elle retourna accompagné de son plus merveilleux sourire. En fin de journée, elle le surprit avec une invitation à venir boire un verre qu'il s'empressa d'accepter. Arrivés au bar où ils avaient leurs habitudes, ils trouvèrent facilement un endroit calme pour discuter. Ne sachant comment entamer la conversation, Connie regardait fixement son verre. Mike mit fin à son supplice.

- Jack m'a dit que vous étiez en Californie.

- Oui, j'avais besoin de retrouver mes proches et je dois avouer que le soleil de la Californie est un merveilleux antidote.

- A un moment, je me suis demandé si vous alliez revenir…

- Oh Mike… A vrai dire, cela m'a effleuré l'esprit. Prendre un nouveau départ, loin d'ici…

- Ce n'est pas votre genre.

- Mon genre ?

- Je veux dire, fuir les problèmes, cela ne vous correspond pas. Vous êtes quelqu'un d'obstiné et de courageux, Consuela Rubirosa.

- Et je suis une vraie new yorkaise, je n'y peux rien, j'aime profondément cette ville.

Les deux amis continuèrent à discuter et à rire, Connie vantant les charmes de la Californie et de Los Angeles à un Mike dubitatif et sceptique.

Plus tard, alors que Mike raccompagnait Connie chez elle, il ne put s'empêcher de revenir sur les évènements passés.

- Connie, je suis tellement désolé…

- Pourquoi Mike ? Rien de tout ce gâchis n'est de votre faute. Encore une fois, j'aurais dû être plus intelligente que cela. J'ai l'impression de reproduire sans arrêt les mêmes erreurs, d'abord Marcus puis Jeff…

- Vous ne pouviez pas savoir…

- J'aurais dû me méfier. Tout était si parfait… Vous savez Mike, je commence à penser que vous avez raison.

- A quel propos ?

- Quand, à la fin du procès d'Alex Conway, vous avez dit que l'Amour était une garce…

Mike regarda Connie droit dans les yeux, se saisit de sa main avant de reprendre la parole.

- Non Connie, ce jour-là je me suis trompé. Un jour vous vous rendrez compte qu'il y a un homme ici, fait pour vous, prêt à vous aimer comme vous le méritez.

Mike replaça tendrement une mèche de cheveux derrière son oreille.

- Vous êtes tellement belle.

- Mike…

Doucement il se rapprocha d'elle et penchant la tête, captura ses lèvres dans un doux baiser. Connie ne le repoussa pas. A mesure que leur baiser s'approfondissait, Mike devenait plus confiant et passa un bras autour de sa taille pour la serrer contre lui alors que sa main libre glissait de sa joue à son cou. Il la sentit se détendre, glisser une main derrière sa nuque et poser l'autre sur son cœur. Peu à peu ils s'éloignèrent l'un de l'autre mais Mike ne pouvait détacher son regard du sien.

- Je ne peux pas…

- Ne pas pouvoir quoi Connie ? Être heureuse ? Je ne suis ni Marcus, ni Jeffrey… Connie, vous signifiez beaucoup pour moi. Jamais je ne vous ferai de mal.

- J'ai besoin de temps, Mike… De temps pour moi…

Mike ramena de nouveau Connie à lui et lui déposa un baiser sur le front, la gardant dans ses bras.

- Je t'attendrai, prends le temps qu'il te faut, je ne suis pas pressé. L'embrassant de nouveau, il ajouta, Je serai patient, je te le promets.


Un mois plus tard, c'était un Mike inquiet et surpris qui ouvrit lorsque Connie sonna chez lui.

- Connie, que faites-vous ici ?

- Il fallait que je vous voie Mike, c'est important.

Mike s'effaça pour la laisser entrer dans son appartement.

- Lundi, je ne serai plus là…

- Comment ça ?

- Après toute cette affaire avec Jeff, j'ai donné ma lettre de démission à Jack. Je lui ai demandé de garder cette information pour lui. Je suis désolée Mike, j'aurais dû vous en parler avant mais…

Connie était incapable de continuer, sentant toute la déception dans le regard de son ami. Mike ressentit une nouvelle fois cette épée lui traverser le cœur. Il avait repris espoir après leur conversation et ce baiser échangé un mois auparavant. Il lui avait promis de se montrer patient et d'attendre qu'elle soit prête mais elle allait le quitter.

Connie posa ses mains sur ses joues et se pencha pour l'embrasser mais Mike la repoussa fermement. Le regard rempli de douleur qu'elle lui lança, fit serrer son cœur encore davantage.

- Oh Connie…

Il l'attrapa et l'embrassa avec toute la passion dont il était capable. Il la plaqua contre la porte de son appartement alors qu'elle répondait avec la même ardeur à ses longs baisers. A bout de souffle, ils se séparèrent, laissant leurs fronts l'un contre l'autre.

- Je ne pars pas, Mike. J'ai été engagée comme procureur fédéral, ici à New York. Il fallait que je m'éloigne de toi, professionnellement, pour pouvoir nous donner une chance…

- Je t'aime, Connie. Depuis le premier jour.

Après de longues minutes passées ainsi, Connie se recula légèrement avant de regarder Mike droit dans les yeux et d'enfin lui dire les seules paroles qu'il attendait.

- Un jour, tu regardes une personne et tu vois quelque chose que tu n'avais pas vu avant. Et ce quelqu'un qui n'était alors qu'un ami devient soudain la seule personne avec qui tu veux être…

Le sourire qu'elle lui adressa le remplit de bonheur. Connie se rapprocha de nouveau de Mike pour l'embrasser et cette fois il ne la repoussa pas. Quand à nouveau ils se séparèrent, Mike porta à ses lèvres la main gauche de Connie pour l'embrasser avant de l'entraîner vers sa chambre…


Désolé, je suis une fan inconditionnelle de la paire Mike/Connie... Aucun homme ne pourrait mieux convenir à Connie que Mike...

Bref, brève histoire que j'ai aimé écrire!

Merci pour vos reviews!

Que l'aventure continue...