Chapitre 9

Hermione sortit de sa léthargie avec difficulté. Elle ouvrit les yeux et tomba sur le lit vide de son professeur. Cela lui donna l'impression de recevoir un seau d'eau froide sur la tête. Elle se releva avec brutalité. Habituellement, elle l'entendait sortir, mais elle avait tellement bien dormi que même si le château avait explosé, elle ne se serait pas réveillée.

Elle parcourut la salle avec empressement. Il n'était nulle part. Elle sortit de la chambre précipitamment, tant qu'elle faillit tomber. Pourquoi était-il parti sans la prévenir, où était-il ? Avait-il de nouveau prit le risque de sortir sans l'appui de Mimi ? Peut-être qu'il était mort, ou agonisant, quelque part, à l'appeler ou à…

La jeune femme se prit la tête dans les mains et arriva dans les toilettes. Elle stoppa soudainement, autant le cours de ses angoisses nombreuses que sa démarche hâtive. Elle le vit, dos à elle. Il ne portait rien d'autre qu'un pantalon et était en train de frotter vigoureusement son t-shirt dans le lavabo. Son cœur manqua un battement lorsqu'elle vit ce qu'il se cachait habituellement sous ses vêtements sombres… Un phénix ornementait son dos, de ses ailes déployées chatoyantes. Hermione se secoua la tête et s'avança vers lui d'un pas énergique. Elle lui prit le bras si fort qu'elle retourna son professeur férocement face à elle.

Snape sursauta, mais ne le montra pas. Il n'avait même pas sa baguette en main. Son regard tomba sur celui de son élève, en face de lui, qui le scrutait. Elle semblait à la fois soulagée, et furieuse. Ses yeux étaient embrumés de larmes. Snape ne comprit pas.

Hermione venait de vivre une des plus grandes peurs de sa vie. Pourtant, elle se sentit tout à coup vidée. Elle se trouvait de nouveau hagarde, devant le maître des potions. Elle laissa son regard vagabonder sur son torse mis à nu devant elle. Sa musculature n'avait rien à envier à qui que ce soit. Il était étonnament bien dessiné. La couleur pâle de sa peau cachait tant bien que mal de nombreuses cicatrices, à présent blanches… Mais ce qui la surprit davantage fut un autre tatouage, immense, situé sous ses pectoraux et représentant une ancre entourée d'ailes angéliques. Hermione baissa ses yeux, encore et encore jusqu'à apercevoir sa pilosité longiligne descendre jusqu'à sous sa ceinture.

Elle se reprit, sentant le rouge lui monter aux joues et espérant qu'il n'ait rien remarqué de son tourment. Visiblement, ce n'était pas le cas. Elle avait eu terriblement envie de le frapper pour lui avoir causé tant d'affolement et de trouble, mais à la place, elle se jeta dans ses bras. Abasourdi, Snape ne réagit pas et resta un moment figé. Puis, il finit par poser une main timide sur les cheveux de la jeune femme et une autre dans son dos, gardant une attitude réservée. Il n'avait aucune idée de la raison qui l'avait poussé à faire cela et encore moins celle qui l'avait mené à ne pas se reculer vigoureusement d'elle. Elle lui avait juste paru... Fâchée et perdue. Il entendait raisonner son cœur contre le sien et en fut si stupéfait qu'il ferma les yeux. Cela faisait tellement longtemps que ce genre de geste simple ne lui avait pas été donné. Hermione, quant à elle, inspira silencieusement, appréciant ce moment avec délectation.

Le parfum réconfortant de son professeur lui emplit les poumons. Elle aurait pu rester des heures ainsi… Elle sentait sa peau, sa chaleur contre son fin chemisier blanc. Elle ferma les yeux lorsqu'il ne la rejeta pas, elle trouvait ce moment… Irréel. Cela lui faisait du bien, plus qu'elle ne voulait l'admettre. Snape finit par se détendre et posa son menton sur la tête de la jeune femme. Il se sentait assailli par une myriade de sensations qu'il pensait oubliées. Il comprit qu'elle s'était inquiété pour lui, qu'elle avait eu besoin de le sentir, vivant. Il resserra son emprise. Hermione ne réfléchissait plus, elle était tout simplement… Bien. Elle discernait les cicatrices encore en relief dans le dos du maître des potions. Elles semblaient nombreuses. Elle les suivit doucement au toucher et sentit un frisson le parcourir. Pourtant, elle ne se stoppa pas. Elle en imprima la disposition mentalement, et prit le temps de les détailler, le plus discrètement possible.

Ils étaient maintenant incapables d'estimer le temps passé dans les bras l'un de l'autre. Cependant, ils entendirent un raclement de gorge et s'éloignèrent vivement. Le choc de la séparation fut rude, mais ils n'en montrèrent aucun signe. Mimi était en face de la porte ouverte, un sourire éclatant sur le visage et le regard pétillant. Elle scruta Snape et détailla son torse nu du regard.

« Comment ça va ? Demanda-t-elle, d'un sourire calculateur. »

Hermione fusilla Mimi sans sortir un mot. Parfois, elle lui faisait vraiment penser à Fred et Georges. Snape lui, se dirigea en grognant vers le lavabo. Il essora son t-shirt et l'enfila alors qu'il était encore mouillé. Il attraperait sûrement la mort comme cela, mais il n'en avait présentement rien à faire. En colère, il dépassa la jeune Serdaigle qui sifflotait avec innocence.


« Harry ! Te voilà enfin… Lança la jeune fille d'un ton mielleux. »

Harry Potter s'efforça de renvoyer à Mimi un sourire galant.

« Bien sûr, j'ai même pensé à prendre à manger pour passer du temps avec toi. Dit le jeune homme en désignant son sac en papier. »

Il s'en voulut de mentir à la jeune fille qui venait de ricaner, flattée. Seulement, ils en étaient arrivés au point où tout le monde stagnait. Il lui fallait une piste, n'importe quoi… Alors il avait décidé de faire de Mimi son espionne. Encore fallait-il qu'elle accepte…

Malgré la guerre, les révélations du rôle d'agent double qu'avait tenu Snape et de sa relation houleuse et complexe avec ses deux parents, Harry ne lui faisait toujours pas confiance. Cela faisait maintenant plus de deux mois qu'il était bloqué là-bas avec Hermione, et il s'inquiétait pour son amie.

Harry sortit un plaid et prit place sur le sol. La jeune fille se mit à flotter à ses côtés, le regard pétillant de malice.

« Alors… Comment c'est… Là-bas ? Demanda le sorcier, hésitant.

_ Froid. Et vide.

_ Ça ne te dérange pas de faire diversion pour permettre au professeur Snape et à Hermione de se ravitailler ?

_ Non. Enfin, tout dépend de mes obligations ici…

_ Tu n'en a pas.

_ Si je t'ai toi, Harry. »

Harry se pinça les lèvres. Il avait remarqué à quel point le regard de Mimi semblait amoureux, la façon dont son apparence avait un peu changé.

« Tu sais bien que… Enfin, tu es un fantôme Mimi. Et je suis… Vivant. Répondit Harry. »

La jeune fille arbora une mine triste.

« Je sais. Mais cela ne m'empêche pas de me distraire. Lui dit-elle, malicieuse.

_ Bien. Dit finalement Harry, rassuré d'avoir mis en garde la jeune fille sur ses intentions. Tu ne portes plus tes chaussettes ni ton pull. Fit-il remarquer.

_ J'ai passé un marché avec le professeur Snape. Dit-elle.

_ … Pardon ? »

Bêtement, le jeune homme avait pensé qu'elle avait fait cela pour lui. Mimi haussa les épaules, mystérieuse, puis se mit à planer doucement. Harry se releva et leva la tête en direction du plafond où elle s'était réfugiée.

« Qu'est-ce que tu dis ?

_ Il en avait besoin dans l'entre deux. Nous avons passé un accord. En échange, je pouvais revenir ici et t'attendre.

_ Pourquoi avait-il besoin de ça ?

_ Je ne sais pas… Pour Hermione Granger peut-être ? Demanda-t-elle en ricanant.

_ Qu'est ce que tu me racontes ?

_ Oh j'ai cette fichue manie d'écouter aux portes tu sais. Ma mère m'a toujours dit que c'était très impoli, mais je ne peux pas m'en empêcher. Se mit-elle à dire en une longue complainte.

_ Et… Tu as… Écouté aux portes là-bas ?

_ Non, mais j'ai vu des choses, et c'était très intéressant. Lui chuchota-t-elle sous le ton de la confidence.

_ Est-ce que Snape fait du mal à Hermione ? Se mit à enrager Harry.

_ Je ne dirais pas ça comme ça. Répondit Mimi en riant plus franchement. »

Harry ne comprenait plus grand-chose. Seulement, ses soupçons commençaient à se confirmer. La colère grimpa en flèche en lui, mais il parvenait à se maîtriser.

« Peux-tu m'en dire plus ?

_ Harry Potter, j'ai passé un deal avec toi. Tu m'as promis de venir me voir.

_ Je suis là. Dit-il d'une évidence.

_ Tu as mis un mois pour venir. Je ne te dirais plus rien tant que tu ne viendras pas plus souvent. Dit-elle en chouinant.

_ D'accord… Ok très bien. Je viendrais toutes les semaines, mais seulement si… Tu me fais un rapport détaillé de tout ce qu'il se passe là-bas à chacun de tes retours. Marché conclu ? »


Hermione sortit de sa concentration face à son chaudron lorsque son professeur éternua bruyamment.

« Vous êtes malade. Dit-elle, calmement.

_ Je ne suis jamais malade. Grogna-t-il. »

Cependant, un second éternuement vint le contredire. Hermione pencha la tête, ennuyée et vint poser sa main sur le front de son professeur, qui s'éloigna vivement d'elle.

« Stop, vous ne faites pas ça, jamais. C'est hors de question, c'est compris ?

_ Oh, je voulais juste vérifier que vous alliez bien. Lâcha-t-elle en roulant des yeux.

_ 3000 points en moins pour Gryffondor. »

Hermione soupira d'exaspération. Snape n'était même pas parvenu à se mentir à lui-même. Sortir avec son t-shirt trempé avait eu raison de sa santé de fer. La nuit suivante, il fut pris de quintes de toux incontrôlables.

« Par Merlin ! S'énerva-t-il. »

Hermione se tourna vers lui, le visage désolé.

« Vous devriez arrêter de vous énerver, ça ne va pas arranger votre situation.

_ Cela faisait au moins vingt ans que je n'avais pas attrapé un de ces maudits virus moldus !

_ Vous êtes vacciné au moins ?! Lui demanda-t-elle, les yeux ronds. »

Snape fusilla son élève du regard. Il n'eut pas la patience ni la force de le soutenir bien longtemps. Il s'enfonça dans ses couvertures, frigorifié. Hermione resta soucieuse. Elle se leva, hésitante. Elle finit par prendre son édredon.

Snape lui faisant dos, il sursauta lorsqu'il sentit les mains de la jeune femme sur son épaule. Elle venait de lui donner un drap supplémentaire. Il releva la tête.

« Que faites-vous ?

_ Vous en avez plus besoin que moi. Dit-elle, résignée.

_ Reprenez ça Miss Granger, tout ira bien.

_ Non. Dit-elle, d'un ton décidé.

_ Si. Lui répondit-il en prenant la couverture et en la lui tendant.

_ Non. Continua-t-elle.

_ SI ! Insista lourdement Snape.

_ Gardez là.

_ Vous allez avoir froid, ne faites pas l'enfant.

_ Monsieur, vous êtes malade ! S'exclama Hermione.

_ Je vous dis de partir, Miss Granger. Siffla Snape. »

Hermione fulmina. Son cerveau se mit à bouillonner. Il avait peur qu'elle ait froid ? Parfait. Alors que Snape restait allongé, lui faisant dos, elle s'allongea doucement à ses côtés.

« Par Merlin, qu'est-ce-que vous fichez ? Explosa-t-il en se retournant vivement.

_ Je m'assure que ni vous ni moi n'ayez froid. Dit Hermione en étendant la seconde couverture sur eux.

_ Tout ce que vous allez obtenir, c'est une expulsion de Poudlard signé et approuvé de ma plume ainsi que mes microbes.

_ Je m'en fiche. Dit-elle en se glissant sous les draps.

_ Vous êtes devenue complètement dingue.

_ Je vous avais pourtant prévenu. »

Snape se mit à éternuer. Elle lui tendit un mouchoir en tissu dont il se saisit en la fusillant du regard. Il finit par s'écrouler sur son oreiller, agacé, mais trop fatigué pour contester davantage.


Hermione ne se réveilla que bien plus tard dans la matinée. Elle avait étrangement chaud. Elle ouvrit un œil, sentant néanmoins un air frais lui parcourir l'abdomen. Des cheveux lui chatouillaient le nez. Lorsqu'elle les observa, ils étaient noirs. Elle haussa un sourcil et releva la tête avec précaution. Soudain, elle fut prise d'une embardée de palpitations, de plus en plus fortes. Le corps de son professeur l'entourait complètement. Il avait emprisonné ses jambes parmi les siennes et posé une main possessive sur son ventre dont le chemisier était remonté et déboutonné à un point presque inconvenant. Son visage fatigué en disait long sur son état de santé. Elle réfléchit à toute vitesse, se questionnant sur la démarche à suivre.

Elle exclut bien vite l'idée de le réveiller. Il la tuerait très probablement… Puis, la ranimerait, pour la tuer de nouveau, encore et encore. Elle aurait aimé sortir de la Chambre, peut-être partir à la recherche de miel ou de plantes dans la Forêt pour l'apaiser. Puis, elle se dit que, finalement, ils auraient besoin de Mimi, qu'elle n'était visiblement pas là pour les accompagner et qu'elle n'y connaissait rien, ni en abeille, ni en plantes médicinales.

Elle se raisonna, objectant qu'au final, elle n'était pas si mal dans cette position… Pourtant, elle sentit son professeur commencer à remuer légèrement. Elle referma rapidement les yeux et entama une respiration plus profonde. Elle le sentit relever la visage et jubila intérieurement. Il devait faire une tête épouvantable.

Snape ôta sa main presque vivement du corps de la jeune femme. Puis, délicatement, il sortit de sa position et se décala sur le côté. Hermione sentit une certaine fraîcheur l'envahir et grogna en ouvrant les yeux.

« DEBOUT MISS GRANGER. Grogna Snape avec une vigueur moins vive qu'à l'accoutumée. »

Etrangement, Hermione cacha un sourire amusé sur son visage.


Le mot de la fin par Dark Cape

"Ils étaient maintenant incapables d'estimer le temps passé dans les bras l'un de l'autre. Cependant, ils entendirent un raclement de gorge et s'éloignèrent vivement. Le choc de la séparation fut rude, mais ils n'en montrèrent aucun signe. Mimi était en face de la porte ouverte, un sourire éclatant sur le visage et le regard pétillant. Elle scruta Snape et détailla son torse nu du regard." Je crois qu'avec un poil plus de discretion, on aurait tous fait comme Mimi, genre Snape à moitié à oilp c'est pas tous les jours qu'on peut voir ça.

"Le corps de son professeur l'entourait complètement. Il avait emprisonné ses jambes parmi les siennes et posé une main possessive sur son ventre dont le chemisier était remonté et déboutonné à un point presque inconvenant." Oh mais c'est que ça commence à devenir interessant dîtes moi !

« DEBOUT MISS GRANGER. Grogna Snape avec une vigueur moins vive qu'à l'accoutumée. » Pfff Rabat-joie !