Posté le : 24 Août 2014. Wingardium Leviosa !

A DRAGON IN THE WIND. Je vais au festival Rock en Seine ! Je me sens trop heureuse au fin fond de mes tripes (même si là j'ai juste l'air d'un zombie sur le point de s'effondrer). Je vais entendre en live Queens of the Stone Age, Kavinsky, Janelle Monae, Airbourne, Selah Sue, et même Lana Del Rey ! Omg, je me sens trop fraîche, haha. En plus j'irai aussi au concert de Beyoncé gratos. Putain, je suis Gatsby en vérité. Merci, merci, merci pour toutes vos reviews. Vous êtes badass, quoi. Je suis crazy coconut de cette fic. Le tome 2 sera en deux parties. Bref, je ne vous en dis pas plus et bonne lecture. D Would.

Les Bolton vous saluent. (spéciale D10Kass pour Sam, mon petit lapin des bois)


Réponse groupée aux reviews

Je vous remercie tous pour vos commentaires, ajouts en favoris et alert. Vous êtes déjà très nombreux à solliciter la suite de cette histoire. Ça fait très plaisir d'être autant encouragée dans un projet aussi ambitieux que celui-ci. Pour ceux s'étant manifesté, vous avez été plutôt favorable à une réponse groupée donc je vais continuer de cette façon pour cette histoire jusqu'à nouvel ordre, Ada-Diana. Je sens qu'il y a énormément d'attente, vous êtes tous assez optimistes, comme ZebreRose, Reapersis et Growser. Je sens affluer la pression de toute part, Zazaaaah ! Du coup, j'ai juste envie que l'histoire soit géniale pour vous prouver que, ouais, vous avez eu raison de la suivre ! Ça fait juste bizarre de s'entendre dire que grâce à cette fic, certains revivent l'aventure Harry Potter. C'est le plus beau compliment, Guest.

Le tome 1 n'est pas mon préféré de tous, Ombre d'un rêve, donc pour moi c'était assez dur de repasser dessus. Je m'éclate bien plus avec les tomes 3 et 4. J'ai réellement hâte de pouvoir enfin partager tout ça avec vous.

Même si le plot vous intrigue de par sa relative rareté, vous avez toujours beaucoup de questions à propos de la fin du premier tome. Je vais donc tenter de répondre à tout ce qu'on m'a demandé sans trop en dévoiler sur la suite. Étant donné que la première partie du tome était plus centrée sur Draco, j'avais voulu aussi traiter le point de vue de Harry, Matsuyama. Je craignais qu'en ne l'abordant pas du tout, on me reproche justement cette absence ! Je tiens tout de même à revenir sur la notion de « copier / coller ».

J'ai dit dans le disclaimer que je reprendrais des éléments de l'intrigue de J.K, Rowling, donc aussi des passages des bouquins. Certains auteurs qui réécrivent les tomes décident de changer toutes les phrases par un verbe, un adjectif ou une tournure. Pour ma part, je ne prétends pas voler son travail, ni dénaturer l'essence même du texte. J'aurai même été plus mal à l'aise encore en modifiant ses phrases. Ça serait comme si sa prose n'aurait pas été suffisamment bonne et que j'aurais été dans l'obligation de tout modifier ou que je m'appropriais quelque chose qui n'est pas du tout à moi. J'ai envie de conserver un petit caractère authentique, d'où mon choix de prendre certaines phrases des livres et de les intégrer à mon récit. Par la suite, tu te rendras compte que cela sera un phénomène de moins en moins fréquent puisque je vais réécrire entièrement des intrigues, Obviously Enough (j'ai tellement hâte) ! J'espère juste que cela ne rebute personne au point qu'il ou elle abandonne sa lecture.

Vous avez été très nombreux, comme KS, à vouloir savoir ce que Draco a vu dans le miroir du Risèd. Je ne vous le dirai pas pour l'instant, car je pense que cela pourrait être utile pour plus tard. En tout cas, H Jedusor, l'amitié entre Harry et Draco n'ira qu'en se solidifiant. J'ai une vision très précise de ce qu'elle doit être et par quoi ils vont devoir passer.

Le plus dur c'est de conserver cet équilibre dont tu parles. Car puisque les tomes de JKR ont été écrits du point de vue de Harry, c'est tentant de le délaisser pour se concentrer sur Draco. Donc j'essaie de tenir un bon rythme, pour qu'on puisse avoir les réflexions de chacun, même si je dois le faire à tour de rôle, ou de manière détournée bref, un vrai challenge ! Light Hane, l'affection que porte Draco à Harry est assez intense, car il le voit comme un miroir de lui-même, il incarne l'ami qu'il aurait toujours rêvé d'avoir. Alors il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que Harry soit heureux, pour qu'il ne s'intéresse qu'à lui etc. Vu que Draco est fils unique, il a ce besoin permanent d'attention, de reconnaissance de ces tiers. Harry lui apporte une certaine forme de confort, un refuge. Donc il le couvre de cadeaux, car il n'a que ce moyen pour lui montrer à quel point il tient à leur amitié.

À propos du personnage de Lucius, je ne pense pas qu'il soit un « psychopathe » pour vouloir envoyer son fils dans une autre école, Deana9. Il pense juste faire ce qu'il y a de mieux pour son éducation. D'ailleurs, dans les bouquins Draco dit à deux ou trois reprises que son père aurait préféré l'envoyer là-bas, mais vu que c'était loin, il a revu ses ambitions à la baisse. Étant donné que Draco échappe à son contrôle il est, d'une certaine façon, effrayé par ce qu'il se passe bien loin de sa vue. Lucius et Narcissa seront bien évidemment très présents dans l'histoire, Hasuu, mais ils ne seront pas forcément comme ceux des fics où tu les vois presque en mode bisounours, quoi. Quand à un Harry un peu plus « serpentard », hum, nope ! Je vais conserver son caractère que lui a donné JKR. C'est déjà suffisamment dur de retravailler la psychologie de Draco pour me rajouter cette charge en plus !

J'adore écrire sur ce Draco, donc ça me fait plaisir de savoir que je ne suis pas la seule à l'apprécier, telle Luffynette. J'ai voulu que Draco préserve certains traits de son personnalité (son côte princesse ne va pas le lâcher, Fishina, j'en rigole d'avance) et de son éducation tout en évoluant dans un univers contradictoire à tout ça, Iilaydiiz. En tout cas, Draco ne remplace pas du tout Hermione, ManoirMalfoy. Il a sa propre personnalité, surtout que Hermione aura sa propre place dans l'histoire donc bon... je ne vais quand même pas les superposer !

Du coup, ça donne des moments assez drôles parce qu'il est parfois en décalage avec les autres Gryffondor. Mais bon, ça se verra surtout dans ce tome-ci et les suivants. Le personnage de Ron me donne pas mal de fil à retordre parce que, oui, c'est toujours le même garçon, Cat240. Mais du coup, vu qu'il n'est plus étiquetté comme « le meilleur ami de Harry », il se permet plus de choses, il a plus d'assurance. Il fait valoir son opinion avec plus de fermeté. Et ça, c'est grisant. Pour Ron et Draco, ils seront toujours dans une sorte de concurrence parce que leurs personnalités sont assez opposées, Lyashura et Yaoi No Yume. Disons que dans le tome 1 on voit bien qu'ils ne s'entendent pas très bien, mais essaient de faire avec, les choses finiront par évoluer.

Pour les tomes suivants, les relations entre les personnages vont durablement se forger et on va entrer dans des problématiques très délicates, comme tu t'en doutes bien Lassa-Siam. Je suis en ce moment en pleine rédaction du tome 4 et je me régale, quoi ! C'est sûr que Draco va être tiraillé de toutes parts, surtout qu'il ne prendra pas pleinement conscience de l'impact de ses actes sur le long terme, parfois, Slytherinyciane. Je meurs d'impatience d'en arriver un peu plus loin pour pouvoir exploiter tout ça à loisir, mais j'estime avoir beaucoup avancé pendant ces vacances.

Um, sinon, la raison pour laquelle je n'ai pas plus insisté sur le parcours jusqu'à la pierre philosophale c'est parce que ça serait de la pure redite. Tout le monde connaît ce passage sur le bout des doigts tellement il est emblématique. Je n'aurai rien apporté à ça avec ma trame, LinChan. Je préfère garder mon temps et mon énergie en écrivant sur des situations complètement inédites ! Si je m'ennuie en écrivant, le chapitre tarde et je suis insatisfaite de ce que je fais etc (d'où l'impression d'accélération). Bref, je n'ai pas écrit le parcours en détail pour mes beaux yeux, car il faut avant tout se faire plaisir en écrivant. J'ai décidé que le flacon serait assez grand pour que deux personnes puissent boire la potion. Parce que je suis l'auteur, point. Haha. À partir d'un moment, il faut accepter que cela soit juste une réécriture et que beaucoup de choses changent. Si je me colle trop à la trame de JKR on finira par me reprocher l'inverse. Il faut bien que je prenne des initiatives (c'est ça qui est bon) !

En tout cas, ça fait toujours bizarre de savoir que des lectrices comme LauraNyra lisent à la fois « Et s'ils l'avaient fait » et « A Dragon in the Wind », haha. J'ai réussi ma mission !

Vous avez eu aussi beaucoup de questions concernant le début du tome 2, comme Stormtrooper2. Certaines de vos remarques étaient très intelligentes. Vous aurez vos réponses en lisant ce chapitre. Gardez bien en tête que, forcément, les choses changent puisque Harry n'a pas du tout les mêmes liens avec les personnages que dans la version originale ! Donc ne vous attendez pas à ce que tous les événements soient identiques. Sinon, quel intérêt ?

Je croise les doigts pour que la suite vous plaise, Mess et Momopowaa. J'ai essayé de faire quelque chose d'assez original, donc bon. Dur, dur, de savoir à l'avance si le chapitre va plaire ou on.

p-s : Oui, Hermione sera bien présente dans cette histoire. Je l'ai déjà répété dans ma réponse précédente. Un peu de patience, Mikipeach, Céline et les autres ! :)

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Mot de la bêta – x-Lilo : J'écris cette note de bêta en même temps que je tente désespérément de boucler ma valise. C'est une catastrophe. Heureusement, j'ai été - il me semble - plus efficace pour ce chapitre que pour ma maudite valise... En même temps c'pas trop compliqué, cette fic est magique et ce chapitre... Haha. Il est parfait. Vous allez voir. Et certaines répliques sont juste à mourir - spéciale D10KAS à Lucius ! - Salut la compagnie, bonne lecture. Bisous, bisous.


Erratum : Dans le chapitre précédent, j'ai oublié de préciser que Touffu s'endormait en entendant de la musique. Ça allait tellement de soit pour moi que j'ai complètement zapper de le faire dire à Hagrid. Merci à Lyashura de l'avoir relevé.


Tome 2

« Draco Malfoy et la valeur du sang »

correspond à « Harry Potter et la Chambre des Secrets »

PARTIE I

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Cela faisait déjà plus d'un mois que Draco n'avait eu aucune nouvelle de son meilleur ami Harry Potter. Il avait bien essayé de lui envoyer tout un tas de lettres, mais n'avait malheureusement obtenu aucune réponse. Boniface, le hibou Grand Duc de la famille Malfoy, rentrait constamment bredouille ou l'air plus énervé que jamais. Même son cadeau d'anniversaire était revenu sans être déballé. Draco se demandait bien ce qu'il se passait là-bas, dans le monde moldu, pour que Harry conserve ainsi le silence. Lui faisait-il la tête ? Non, impossible : ils s'étaient quittés en très bons termes sur le quai de la voie 9 ¾.

L'unique fois où Draco avait entendu parler d'un cas où le hibou revenait avec son courrier, c'était parce qu'un sorcier était mort. Même s'il déménageait, une chouette parvenait toujours à trouver son destinataire. Draco avait presque supplié sa mère d'utiliser la poste moldue pour contacter Harry, mais elle s'était farouchement opposée à cette idée, qualifiant cet endroit d' « impur » et de « sale ». Draco se sentait blessé et trahi, car son ami n'avait pas tenu sa promesse de sorcier.

Un jour, alors que ses parents étaient partis faire une visite de courtoisie chez les Goyle, Draco avait pris le balai magique de son père et avait survolé le jardin, comme s'il espérait que ses yeux lui permettraient de voir jusqu'à l'autre bout du pays, jusqu'à Little Whinging. Résolu à savoir ce que devenait Harry par tous les moyens possibles, Draco redescendit sur la terre ferme et courut presque vers les cuisines.

– Dobby ! s'écria-t-il. Dobby, il faut que tu m'aides !

– Tout ce que vous voudrez, maître, couina le minuscule elfe avec un sourire ravi.

– Je voudrai que tu te rendes chez mon ami Harry Potter. Il faut que tu vois comment il est traité par ses moldus, et si tout va de travers là-bas, ramène-le.

Dobby cligna lentement des yeux, sous le choc.

– Le ramener ici ? répéta-t-il. Au manoir Malfoy ? Mais, le petit maître risque d'avoir des ennuis si son père apprend que Harry Potter est ici.

– Je m'en occuperai, affirma Draco. Allez, laisse ce que tu es en train de faire. Inutile de faire un dîner. Mes parents ne rentreront pas avant un bout de temps. Je me ferai un sandwich tout seul.

Dobby semblait bien plus effrayé à l'idée de laisser Draco se faire un encas seul que de désobéir au règlement de la maison. Cependant, il disparut en un léger pop! et Draco soupira de soulagement. Le jeune sorcier entreprit de faire les cent pas dans la cuisine, patientant tant bien que mal. Il espéra toutefois que Dobby ne fasse là-bas rien d'étrange ou qui pourrait causer des ennuis à Harry. Toutefois, au bout d'une heure seulement, Dobby réapparut avec Harry, sa malle ainsi qu'une cage contenant sa chouette Hedwige. Draco quitta le banc finement taillé de la cuisine pour foncer dans les bras de son ami qui semblait encore secoué du voyage.

– C-Comment je suis arrivé ici ? demanda-t-il stupidement.

– Vous venez de transplaner, Harry Potter, informa Dobby en s'inclinant profondément. Bienvenue au Manoir Malfoy. (Il se tourna vers Draco, comme si rien au monde ne pouvait lui procurer plus de plaisir que de satisfaire ses besoins) Que doit faire Dobby, petit maître ?

– Amène ses affaires dans ma chambre et dépose-y un nouveau lit, près de la fenêtre. Nous irons dans le jardin, discuter un peu.

– C'est comme si c'était fait, petit maître, ajouta Dobby en disparaissant en une légère détonation.

– C'est toi qui m'a envoyé ton elfe ? (Draco acquiesça vivement, réjoui de son initiative, mais Harry semblait horrifié) Et tes parents, ils savent ?

– Ils finiront par l'apprendre, répondit l'autre d'un ton égal. Mais je m'en fiche ! C'est moi qui décide.

Harry sourit. Comme quoi, les caprices d'un enfant unique pouvaient parfois avoir du bon... Ils se rendirent dans le jardin des Malfoy qui était si vaste, qu'on n'en voyait pas le bout depuis la terrasse. Sur le gazon fraîchement tondu, un couple de paons albinos semblaient profiter de l'ombre pour dormir. Harry n'avait jamais vu, même à la télévision, une demeure aussi fastueuse et gigantesque. Pendant un moment, il se demanda ce qu'aurait pensé Draco de la maison des Dursley qui tiraient pourtant une véritable fierté de son aménagement.

– Raconte-moi tout de ce qu'il s'est passé là-bas.

Alors Harry entreprit de lui faire un récit détaillé de son mois de juillet, de la privation de nourriture et de sortie, de la séquestration de Hedwige dans sa cage (la chouette volait désormais à travers le jardin en poussant des hululements heureux), de la paranoïa des Dursley concernant ses pouvoirs magiques, mais ce qui choqua le plus Draco – à son grand étonnement – fut qu'il soit obligé de porter les vêtements de son cousin.

– Mais c'est horrible ! s'indigna-t-il. Aucun sorcier ne devrait à supporter d'endosser la crasse d'un moldu ! Tu sais quoi ? Il faut que tu prennes un bon bain. Papa est capable de reconnaître l'odeur d'un moldu à au moins cent mètres.

– Oui, je suppose que ça marche surtout lorsqu'il l'a juste sous le nez...

Draco ne releva pas la pique et le força à entrer dans une salle de bain du premier où se trouvait une énorme baignoire taillée dans une sorte de coquillage d'un violet quasi translucide. Draco attrapa des bouteilles et des onguents au hasard et en versa le contenu entier dans la baignoire puis actionna les robinets. Parfois, Harry le trouvait légèrement hystérique, comme en ce moment-même. Quand la porte fut refermée, Harry se déshabilla avec quelques appréhensions puis se glissa dans l'eau onctueuse. C'était absolument merveilleux.

Draco était de l'autre côté du battant, lui parlant à travers la porte de ce qu'il comptait faire à Poudlard lorsqu'ils retourneraient au château. Le Quidditch faisait partie des choses qui lui manquaient le plus. Même les cours de potions semblaient appartenir à un souvenir lointain. Même si Harry avait des notes exécrables dans cette matière, au moins, c'était devenu une source d'amusement avec Draco. Pourtant, ce dernier ne répondait plus.

– Draco ? Draco tu es encore là ?

– Qui est à l'intérieur, Draco ? demanda une voix d'homme qu'il reconnut immédiatement comme celle de Lucius Malfoy. Pousse-toi immédiatement. Alohomora !

Harry réussit à rassembler suffisamment de mousse de justesse avant que Mr et Mrs Malfoy fassent leur entrée, stupéfaits. Draco fixait ses pieds comme un enfant malheureux.

– Que faites-vous ici, au juste ?

– Je l'ai invité ! s'écria Draco avant même que Harry puisse ouvrir la bouche.

– Sans même nous consulter au préalable ? tiqua sa mère. Draco, tu sais très bien que j'ai en horreur que tu nous mettes constamment au pied du mur. Combien de fois devrais-je te dire que...

– Mais ses moldus le maltraitaient ! Ils l'enfermaient toute la journée. Il n'avait même pas le droit de manger à sa faim, déballa Draco. Et, en plus, il devait porter les vêtements d'un enfant moldu trois fois trop gros pour son âge. Ils n'ont aucune considération pour notre monde. Harry est l'un des nôtres. Ce serait trop cruel de le renvoyer là-bas. Il n'a pas sa place parmi eux. Et puis, son père était un sang pur. Tu l'as dis toi-même, Papa. Entre sangs purs, on doit être solidaire !

– Ça suffit ! persifla Lucius qui semblait furieux. Finissez votre bain, Potter.

– Il s'appelle Harry.

Mais Draco ravala sa langue et se ratatina sur place à la vue du regard que lui lança son père. Ils sortirent tous les trois et Harry se demanda comment les Dursley le prendraient en apprenant que même ses amis sorciers ne voulaient pas de lui. La situation empirerait au 4, Privet Drive, c'est sûr, et ils en profiteraient pour se moquer de lui. Il sortit de son bain et enfila le pyjama en soie émeraude que lui avait laissé Draco. Cela était sans doute le sien. Harry se faufila hors de la salle de bain et retrouva Draco, les larmes aux yeux, sur les marches de l'escalier.

– Ils vont me renvoyer chez moi ?

– Non, dit-il. Ils punissent Dobby. Dobby n'a rien fait de mal. Je lui ai dit qu'il n'avait rien à craindre, mais... mais mon père a dit que c'était lui le maître. Tu sais, les elfes de maison ne comprennent pas toutes les subtilités du pouvoir comme nous autres. C'est à nous de leur apprendre.

Harry était clairement dégoûté que les Malfoy fassent du mal à une créature aussi vulnérable qui ne pourrait se plaindre à personne. Draco essuya rapidement ses larmes quand la porte du salon se rouvrit sur Lucius et Narcissa.

– Il peut rester, dit Mr Malfoy. Nous avertirons ses moldus par hibou postal dès ce soir. En attendant, faites-vous aussi discret que possible tous les deux. Ne me faites pas regretter ma décision.

Lucius enfila sa cape de voyage.

– Chéri, où vas-tu ? demanda son épouse.

– J'ai quelque chose de très important à régler. Je te rejoindrai d'ici une heure ou deux. Couche les garçons et brûle-moi les vêtements moldus que nous a ramené notre invité. Cette chose doit empester.

Narcissa déposa un baiser sur les lèvres de son époux et le regarda partir, à regret. Elle se tourna vers Harry et Draco et les attrapa chacun fermement par la main. Harry était légèrement décontenancé, car jamais de sa vie, on ne l'avait ainsi guidé à travers une maison, surtout à l'âge de douze ans... Mais Draco ne s'en formalisait pas. Il avait même l'air de trouver cela absolument normal.

Sa chambre était située au bout d'un majestueux couloir dont les doubles-portes ouvraient sur une large pièce en demi-cercle bordée de hautes fenêtres. Le lit de Draco, en forme de dragon féroce aux écailles noires, étaient couverts de draps en soie, tandis que celui de Harry – de taille plus modeste – semblait tout à fait normal. Pourtant, dès qu'il s'installa dessus, Harry le trouva incroyablement moelleux et confortable. Narcissa déposa un baiser sur le front de son fils unique et le regarda un moment comme s'il s'agissait de la plus belle merveille du monde.

– Dors bien, mon petit dragon. Et ne fais rien qui puisse encore énerver ton père. Tu sais qu'il n'a pas encore abandonné l'idée que tu finisses tes études à Durmstrang, alors fais attention à toi.

– Je serai sage, parole de sorcier.

Avant de quitter la chambre, Narcissa ne résista pas à l'envie de l'embrasser une seconde fois et Harry comprit mieux pourquoi Draco était aussi tactile et demandeur d'attention. Chez lui, il était considéré comme un enfant beaucoup plus petit qu'il ne l'était réellement. Ses parents avaient peut-être envie de le garder encore comme ça un long moment. D'ailleurs, il n'y avait qu'à voir sa chambre. Au plafond, des figurines de joueurs de Quidditch aux tenues bordées de rouge et noir voletaient en silence dans tous les sens, exécutant quelques acrobaties.

– C'est quelle équipe ? chuchota Harry, le doigt en l'air.

– Celle de Bulgarie, répondit aussitôt Draco. Ma préférée. Elle a réussi à se qualifier haut-la-main pour la coupe du monde de Quidditch.

– Il existe une coupe du monde ?

– Bien sûr ! Et Papa a promis de m'y emmener si je me conduisais bien. J'ai vraiment hâte d'y aller. Le batteur Vulchanov est celui qui a causé le plus d'os brisés lors de la coupe des nations, il y a deux mois. Dommage que j'étais encore à Poudlard. J'aurais bien aimé voir tout ça. Et puis il y a Zograf, le gardien, qui n'a pas du tout froid aux yeux. Mais le meilleur de tous, c'est sans doute Viktor Krum. Il a été sélectionné cette année et selon la Gazette du Sorcier, c'est une étoile montante du sport... (Draco bâilla) Je te raconterai tout demain matin, si tu veux. Bonne nuit, Harry.

– Bonne nuit.

Ooo

Les jours suivants au Manoir furent absolument fabuleux : que cela soit le cadre, l'engouement de Draco pour jouer à toutes sortes de jeu, ou encore la nourriture. Toutefois, Narcissa gardait un bon œil sur eux et Harry supposa que c'était son mari qui l'envoyait vérifier qu'ils n'enfreignaient aucune règle. Mais c'était une bien mince concession à faire et, l'essentiel, c'était qu'il soit désormais très loin des Dursley.

Les Malfoy et les Dursley étaient, certes, dans les deux cas très à cheval sur la propreté et considéraient leur fils unique comme une petite divinité terrestre, ils n'en demeuraient pas moins très différents. Draco était aussi instruit que Dudley était bête, par exemple. Harry apprit beaucoup de choses sur le monde sorcier à son contact : des choses sur les vampires, l'importance de la tradition, ou même la valeur du sang (ce qui avait été la chose la plus difficile à comprendre pour lui).

– Mais, qu'est-ce que ça peut bien faire qu'on soit de sang pur ou de sang-mêlés ? dit Harry qui avait écouté son ami avec attention. Est-ce que ça a quelque chose à voir avec la force ?

– Non, pas vraiment, enfin je crois... Papa dit que ça joue, forcément. Mais après être allé à Poudlard, je ne sais plus s'il dit la vérité.

Hermione Granger, dont les deux parents étaient dépourvus du moindre pouvoir magique, était pourtant la sorcière la plus brillante de leur promotion. Peut-être que tout ceci était encore confus pour Draco qui n'avait, jusque-là, qu'entendu la version des choses de son père sans jamais remettre ces informations en question. Même si Draco avait fréquenté des nés-moldus au cours de sa première année à Poudlard, il ne parvenait que très difficilement à se débarrasser de ses à priori.

– Les sangs purs sont plus préposés à avoir des pouvoirs que d'autres n'ont pas. J'ai une cousine qui est métamorphomage du côté de maman, mais on n'a pas le droit d'en parler. Ma tante a épousé un né-moldu, alors...

Draco eut une grimace, comme si l'idée même de devoir approcher un oncle né-moldu revenait à supporter une situation particulièrement obscène. Harry, qui côtoyait l'autre monde depuis toujours, tenta vainement de susciter son intérêt en lui parlant de quelques inventions comme l'électricité ou encore les jeux vidéos. Draco semblait réunir des prouesses de calme pour ne pas montrer qu'il était intrigué.

– Et l'ékletriquité, ça fonctionne comment, au juste ? Je veux dire, si tu appuies sur le bouton, est-ce qu'ils ont des elfes quelque part qui travaillent pour eux ?

– Pas d'elfe, certifia Harry. Les moldus se débrouillent tout seuls dans la vie de tous les jours. Ils ont réussi à compenser l'absence de magie par tout un tas d'invention, comme le micro-ondes. C'est une machine où tu mets de la nourriture et ça chauffe tout seul, grâce à l'électricité. Il y a aussi la télévision. Mes moldus ont plus d'une vingtaine de chaînes !

– Draco, n'écoute pas ces bêtises, prononça la voix de Lucius Malfoy dans leur dos. Potter, je vous serai gré de ne pas polluer la tête de mon fils avec ces sornettes. Les moldus ne sont que des porcs se vautrant dans leur propre déjection. Viens, Draco. Ton professeur est arrivé pour ta leçon particulière.

Draco avait l'air d'avoir complètement oublié. Il envoya à Harry un regard désolé et suivit son père jusqu'à l'intérieur du manoir. Se retrouvant seul, le jeune Gryffondor entreprit de se balader de pièce en pièce et croisa Dobby, dans la chambre de Draco, à changer les draps. Il avait deux pansements au niveau des oreilles.

– Bonjour, Dobby.

– Bonjour Harry Potter, monsieur.

Harry arqua un sourcil : c'était la première fois de sa vie qu'on l'appelait ainsi.

– Je peux t'aider ?

– D-D-De l'aide ? Personne n'avait jamais demandé à Dobby s'il avait besoin d'aide. (l'elfe se mit à sangloter) Le petit maître avait raison : Harry Potter a une vraie grandeur d'âme.

Dobby s'enfuit dans un tourbillon de haillons et Harry ne sut dire s'il venait ou non de faire une bêtise. Lorsque Draco revint de sa leçon particulière, il s'étonna de voir Harry qui semblait l'attendre tranquillement assis sur son lit.

– Tu n'as utilisé mes jouets ? Tu as le droit, tu sais.

– Ah, merci... (Le Gryffondor rougit légèrement) C'était quoi comme leçon ?

– Oh, de la magie basique sans baguette. Rien de bien méchant. Le professeur Rogue m'entraîne depuis que j'ai huit ans.

– Rogue ? s'étrangla-t-il. Rogue vient ici pendant les vacances ?

– Parfaitement. J'aime bien ce qu'il m'apprend. Ça peut-être utile. Tu sais, sans lui, je n'aurais sans doute pas connu la formule de Lumos Maxima et on serait toujours coincé dans ce filet du Diable à l'heure qu'il est.

Harry se mâchonna la langue. Ça lui coûtait d'admettre qu'il devait quelque chose au professeur de potions. Depuis son arrivée dans l'école, Rogue faisait en sorte de rendre sa vie la plus insupportable possible et Harry n'avait absolument aucun recours pour faire valoir sa cause. Tout le monde disait qu'il se faisait des idées ou que Rogue était un adulte qui ne s'abaisserait jamais à harceler un enfant. Même Draco, qui pourtant avait tendance à croire tout ce qu'il entendait, restait sur la réserve. Harry était bien content d'être monté dans sa chambre et de ne pas avoir eu à le croiser bien avant la rentrée.

Un beau matin, alors que Harry avait déjà passé près de trois semaines au Manoir, il reçut des nouvelles de Poudlard. Mr et Mrs Malfoy étaient déjà assis au bout de la très longue table, prenant leur petit-déjeuner. La Gazette du Sorcier flottait dans les airs et Lucius tournait comme par magie la petite cuillère dans son café à l'aide de son doigt. Harry se demanda si d'ici quelques années il serait capable de faire ça. Peut-être était-ce de cela dont parlait Draco en mentionnant ses cours de « magie basique sans baguette ».

– Vous avez reçu du courrier de Poudlard, dit Narcissa en leur tendant chacun une enveloppe identique en parchemin jauni sur laquelle était inscrit leur nom en encre verte.

Pendant quelques minutes, un grand silence accompagna la lecture des lettres. Celle de Harry lui indiquait qu'il devrait prendre le Poudlard Express à la gare de King's Cross, comme d'habitude, à la date du premier septembre. Elle contenait également la liste des nouveaux livres qui lui seraient nécessaires au cours de l'année. La plupart d'entre eux venaient d'un auteur nommé Gilderoy Lokhart.

– Papa, qui est Gilderoy Lockhart ? demanda Draco en levant le nez de sa liste des fournitures.

– Un sorcier de pacotille adulé par les ménagères et les sorciers à la magie incontestablement inférieure.

Draco sembla se contenter de cette explication, car il passa rapidement à autre chose.

– Regarde, Harry, on aura aussi un nouveau livre en sortilèges. J'ai vraiment hâte d'apprendre de nouvelles choses. Je dois aussi faire réviser ma baguette magique. Ollivander disait qu'elle pouvait très vite changer d'allégeance, tu te souviens ? Il faut qu'on aille vérifier si tout va parfaitement bien.

Harry mangea joyeusement, car il était prévu qu'ils se rendent tous les quatre sur le Chemin de Traverse. Draco lui prêta quelques vêtements sorciers dans lesquels il se sentit légèrement à l'étroit et incroyablement guindés. Harry était plus mince que lui, mais aussi plus grand, ce qui pouvait poser quelques problèmes.

– Viens par ici, Harry, dit Narcissa Malfoy (d'un coup de baguette magique, elle ajusta la taille de sa tunique d'un bleu nuit : Draco avait insisté pour avoir la même en vert). Tu te sens plus à l'aise, maintenant ?

– Oui, merci madame.

Draco était habillé comme un véritable petit prince et il semblait être très excité d'enfin pouvoir s'éloigner du Manoir. Ils quittèrent la demeure par poudre de cheminette (Harry fut clairement impressionné par ce moyen de transports) et ils atterrirent dans un des feux d'une aire d'arrivée où un contrôleur tournait lentement les pages d'un magazine de sport. Draco était presque cramponné au bras de son père. Il le tira vers la vitrine d'une boutique de Quidditch où un nouveau balai de course venait de sortir.

– C'est un Nimbus 2001 ! s'extasia-t-il. (Tout à coup, sa mine radieuse s'effaça) Enfin, à quoi bon en avoir un si je ne suis même pas pris dans l'équipe...

– Je t'ai promis un cadeau aujourd'hui, Draco, et ça sera celui-là, dit son père. Mais pas tout de suite. Nous devons d'abord nous rendre à Gringotts.

La banque des sorciers se trouvait tout au bout de l'allée principale. Les gobelins s'affairaient toujours à compter ce que Hagrid qualifiait de « menue monnaie ». Lucius s'avança d'un pas conquérant et doubla la file très longue de sorciers qui s'impatientaient. Harry crut même reconnaître quelques élèves de Poudlard. Pourtant, nulle n'osa protester et un gobelin qui semblait très vieux regarda le père de Draco avec un sourire mielleux.

– Ah, monsieur Malfoy, quel plaisir de vous revoir. Que puis-je faire pour vous ?

– Nous voulons retirer de l'argent dans notre compte pour la rentrée de notre fils Draco.

– Oui, oui, bien entendu.

Le gobelin pinça la joue de Draco et Harry était presque certain que son ami en avait une peur atroce. La créature regarda ensuite Harry.

– Aurais-tu aussi besoin d'argent ? demanda Narcissa.

– Oui, mais je n'ai pas ma clef, répondit Harry.

– Votre baguette magique suffira comme identification, certifia le gobelin.

Harry lui donna la sienne et il crut entrevoir un éclair de convoitise dans les pupilles du banquier.

– Bien, par ici je vous prie, dit-il après lui avoir rendu sa baguette.

Ils arrivèrent dans une succursale où des wagons en file indienne étaient alignés. Harry s'apprêtait à s'asseoir devant, auprès de Draco, mais Lucius Malfoy le retint fermement par l'épaule, l'obligeant alors à prendre place à ses côtés. Le wagon se mit en marche et grâce au vacarme des rouages, Lucius Malfoy put parler à Harry sans même être tendu par le restant de sa famille ou le gobelin, tout à l'avant.

– Je vous mets en garde, persifla-t-il. Il est hors de question que Draco soit encore une fois confronté à vos petites ambitions de héros. Il n'en est pas un et je tiens à ce qu'il reste en dehors de tout ça. Je ne peux pas l'empêcher d'avoir de la sympathie à votre égard, mais je vous assure que s'il se produit le moindre événement pouvant mettre en péril ma famille ou ma situation, je n'hésiterai pas à utiliser les moyens nécessaires pour vous écarter.

Harry regardait fixement devant lui.

– C'est compris ?

Il hocha de la tête et remarqua que le wagon ralentissait.

– Coffre 2301. Harry Potter.

Le gobelin lui ouvrit la porte et Harry remplit sans même y penser un généreux sac de gallions et de mornilles. Il remonta dans le wagon juste à sa place et ils continuèrent leur progression. Jamais auparavant Harry n'était allé aussi profondément dans les entrailles de Gringotts. Il trouva même le chemin long : tout un système de sécurité ponctuait leur avancée comme une fontaine aux voleurs ou encore des cris de harpies qui étaient censés se déclencher lors de la moindre effraction. Mais ce qui stupéfia Harry c'était plutôt de voir, en contrebas, un dragon – en chair et en os – rudement enchaîné.

– Tu n'en as encore jamais vu, n'est-ce pas ? dit Draco.

Ils échangèrent un regard complice, repensant à ce fameux Norbert. Le gobelin secoua une cloche et à ce bruit, le dragon recula en poussant des petits cris plaintifs. Apparemment, en entendant ce bruit, l'animal redoutait d'être battu. Il vivait dans la crainte et les gobelins entendaient bien que cela soit toujours ainsi. La chambre forte des Malfoy faisait sans doute partie des plus anciennes et des mieux protégées par la banque.

Cette fois-ci, Lucius l'ouvrit lui-même, tournant à trois reprises une sorte de gouvernail en or massif et incrusté dans une pierre noire et lisse comme du charbon. Harry ne put retenir une exclamation en voyant le contenu de leur chambre forte. Celle-ci devait bien faire la taille d'une cathédrale et était remplie du sol au plafond de pièces d'or, de lingots, d'objets rares et scintillants ou encore d'urnes funéraires.

Draco se remplissait allégrement les poches sans même consulter ses parents tandis que Lucius sortait des siennes d'énormes lingots qu'il avait sans doute rapetissés le temps du voyage. Il les déposa soigneusement en une pile bien nette, les comptabilisa deux fois, se fraya un chemin dans sa chambre forte, suivi de près par son épouse. Harry se demanda comment ils parvenaient à se retrouver dans tout ça. Désormais, les poches de Draco étaient si pleines qu'il demanda à Harry de lui prêter les siennes.

– Tu en as assez comme ça, mon dragon, modéra sa mère en caressant ses cheveux. Dépose cette poignée, tu veux ?

À regret, il consentit à obéir. La remontée fut bien plus légère, car les deux garçons s'assirent côte à côte. Une fois à l'extérieur de la banque, Mrs et Mr Malfoy les laissèrent vagabonder sur le Chemin de Traverse pendant qu'ils s'occupaient de leurs fournitures. Narcissa prit la baguette de son fils pour la déposer en révision chez Ollivander tandis que son époux s'éloignait vers un recoin légèrement méconnu de Harry.

– Où va-t-on père ? demanda-t-il tandis que Lucius disparaissait dans une ruelle plus sombre que les autres.

– L'Allée des Embrumes.

– Qu'est-ce qu'il va faire là-bas ?

– Je ne sais pas. Je m'en fiche. Et si on s'achetait des glaces ?

Ils s'arrêtèrent devant la ménagerie magique. Draco observa un long moment les animaux et fit une liste de ceux qu'il demanderait à son prochain anniversaire. Ils poursuivirent leur promenade et une heure plus tard, ils prirent la direction de la librairie Fleury et Bott. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls à s'y rendre. Lorsqu'ils arrivèrent à proximité, il virent à leur grande surprise une foule immense qui se pressait à la porte du magasin. La cause de cette affluence s'étalait en grosses lettres sur une banderole accrochée à la façade : « Aujourd'hui, de 12h30 à 16h30 GILDEROY LOCKHART dédicacera son autobiographie MOI LE MAGICIEN ».

Harry et Draco allaient passer devant sans s'arrêter lorsqu'ils y croisèrent certains camarades de Poudlard. Ron Weasley était à l'intérieur avec sa famille au grand complet. L'an passé, il les avait aidés à vaincre Voldemort en déjouant les pièges protégeant la pierre philosophale. La petite sœur de Ron, Ginny, allait faire sa rentrée au collège de sorcellerie et dévorait Harry du regard, ses yeux braqués sur sa cicatrice.

– Va-t-en, Ginny, grommela Ron en la poussant sur le côté. Vous avez passé de bonnes vacances ?

– Plutôt bonnes, oui, s'enorgueillit Draco.

– Nous, nous sommes partis en Roumanie voir mon frère Charlie (Il baissa la voix d'une octave) Norbert a bien grandi, vous savez. Enfin, devrais-je dire Noberta ! C'est une fille ! … Pousse-toi, Ginny !

Mais sa sœur était bien décidée à rester dans les parages. Son regard insistant le rendant mal à l'aise, Harry préféra s'avancer parmi la foule. L'auteur à best-seller leva les yeux, vit Draco, puis Harry. Pendant un instant, il ouvrit des yeux ronds, puis il bondit de sa chaise en hurlant :

– Ma parole, ce n'est quand même pas Harry Potter ?

Un chuchotement fébrile s'éleva de la foule qui s'écarta tandis que Lockhart se précipitait sur Harry, l'attrapait par le bras et l'entraînait vers sa table sous des applaudissements nourris. Harry avait les joues en feu lorsque Lockhart lui serra la main pour l'objectif du photographe qui mitraillait comme un fou en projetant une épaisse fumée sur les Weasley.

– Fais-nous un beau sourire, Harry, dit Lockhart à travers ses dents étincelantes largement exhibées. Toi et moi, on va faire la une.

Quand il lâcha enfin la main de Harry, celui-ci ne sentait plus ses doigts. Il essaya de revenir vers ses deux amis, mais Lockhart lui passa un bras autour des épaules et le tint fermement à côté de lui. Puis il lui offrit – dans un élan de gratitude hypocrite – la collection complète de ses ouvrages sous les applaudissements effrénés de la foule. Harry revint vers l'endroit où se trouvait Draco. Ginny attendait sagement sa mère auprès de son tout nouveau chaudron.

– Mais vous êtes des Moldus ! s'exclama Mr Weasley avec ravissement en voyant les parents de Hermione Granger, la fille aux grandes dents. Il faut absolument que nous allions boire un verre ! Qu'est-ce que vous avez là ? Ah, vous changez de l'argent moldu ? Molly, regarde ça !

C'est sur ces paroles que Lucius Malfoy fit son entrée. Il semblait sur le point de rendre son déjeuner en voyant Mr et Mrs Granger. La mine de Draco se décomposa, comme s'il envisageait le pire.

– Des moldus, persifla Lucius Malfoy. Des moldus, ici, qui se baladent en toute tranquillité. Je ne pensais pas que la lignée Weasley pouvait tomber si bas.

– Nous n'avons pas la même conception de ce doivent être les relations entre sorciers et moldus, Malfoy, rétorqua le père de Ron.

– Il en va sans dire. J'imagine qu'après avoir payé tous ces livres à vos enfants, vous n'aurez même plus de quoi vous nourrir ces trois prochains mois. J'ai contribué à une soupe populaire qui ouvrira ses portes pour les désœuvrés du côté de Tottenham. Je peux vous y réserver une petite place, quoique, rien que pour votre femme, il en faudra une grande (Narcissa Malfoy semblait se mordre les lèvres pour ne pas rire). À quoi bon déshonorer la fonction de sorcier, si on ne vous paie même pas bien pour cela ? (Lucius attrapa un manuel se trouvant dans le chaudron de Ginny) Tiens, jeune fille, ton père ne pourra sans doute jamais rien t'offrir de mieux au cours de ton existence. J'espère pour toi que tu te feras engrosser plus tard par un sorcier riche, car...

Mais Lucius Malfoy ne put terminer sa phrase. Le père de Ron l'avait empoigné au niveau du col. Cependant, il fut repoussé par l'aristocrate et Mrs Weasley termina sa course par terre, après avoir renversé le chaudron de sa fille.

– Se battre comme un moldu, vraiment, grogna Lucius. Ce monde devient n'importe quoi ! Viens Draco, nous n'avons plus rien à faire ici. Cette boutique est fréquentée par de la racaille.

Harry envoya un regard désolé aux Weasley et suivit ses hôtes au-dehors. Il se promit que le jour de la rentrée, il adresserait ses excuses les plus plates à Ron pour ce qu'il s'était produit.

Ooo

La voie 9 ¾ était aussi bruyante que d'habitude. Cette année, Lucius Malfoy insista pour arriver à l'avance et ainsi trouver le meilleur compartiment pour son fils. À la grande désolation de celui-ci, un bon compartiment signifiait pour son père un endroit rempli de Serpentard.

– Tu n'es pas obligé de rester, tu sais, fit remarquer Draco, la main sur la poignée. Ils ne vont pas mâcher leurs mots et tu risques d'en faire les frais.

– Je sais. Mais, ça sera toujours moins pire que d'affronter Tu-Sais-Qui.

Ils entrèrent tous les deux dans le compartiment qu'occupait Pansy Parkinson et ses amis. En vérité, Harry ne voulait pas laisser Draco seul, car il avait le pressentiment que les Serpentard profiteraient du moindre moment d'isolement pour l'influencer. Ce n'était peut-être qu'une idée, mais Harry restait sur ses gardes. Il irait voir Ron plus tard. Il aurait même toute l'année pour lui parler.

– Salut, dit Draco. (Seul Théodore Nott répondit) Je vous présente Harry.

– Le célèbre Harry Potter, se moqua Pansy qui était assise à côté de Goyle. Que Votre Altesse veuille bien s'asseoir...

Les autres ricanèrent. Harry et Draco firent léviter leurs divers bagages pour les ranger puis s'assirent côte à côte, encadrés par Blaise Zabini et Crabbe. Zabini ne cessait de jeter des regards froids à Harry et ce dernier se demanda alors ce qui clochait chez lui.

– Il paraît que ça schlingue chez les Gryffondor, dit d'emblée Théodore. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que Weasley pue ?

– Pas particulièrement, non, bafouilla Draco, le rouge aux joues.

– À ta place, j'aurais peur d'attraper la fièvre normande avec ces gens-là, eurg !

Et Théodore se replongea aussitôt dans sa lecture du jour, qui consistait à un gros livre ennuyant sur le spectre de la mort.

– On raconte partout que Weasley a une petite sœur et qu'elle va être répartie cette année, poursuivit Pansy. Blaise la trouve très mignonne.

Le concerné se tourna lentement vers Pansy :

– Menteuse. Je n'ai jamais dit ça. Cette fille est une erreur de la nature qui pondra autant de roux consanguins que possible. Je préférerai embrasser un Scroutt à Pétard.

Draco pouffa de rire.

– Tu n'as pas de souci à te faire de ce côté-là, Blaise. Je crois qu'elle a plutôt un faible pour Harry.

Le concerné parut surpris à l'hilarité générale. Jamais Harry n'avait trouvé un trajet aussi long que celui-ci. Draco et les élèves de Serpentard parlaient de gens célèbres ou riches dont il n'avait même jamais entendu parler, ou faisaient des plaisanteries que seuls des enfants nés dans le monde magique pouvaient comprendre.

Il fut donc très content de voir le train ralentir aux abords de Pré-au-Lard. Contrairement à l'année précédente, ils n'empruntèrent pas les barques, mais les calèches qui avançaient toutes seules. Toutefois, Théodore Nott semblait comme figé, regardant quelque chose se trouvant dans l'espace vide, l'endroit où devait normalement se tenir tout un attelage.

– Tu montes ? demanda Blaise en lui tenant la portière de la calèche.

Théodore se précipita à l'intérieur, se retrouvant compressé contre Harry, et plus songeur que jamais. Par la fenêtre, le majestueux château prenait en ampleur, la plupart des fenêtres étant illuminées. Une fois dans la Grande Salle, le petit groupe se divisa en deux : Pansy et les autres se dirigèrent vers la table des Serpentard tandis que Harry et Draco se rendaient vers celle voisine occupée par les Gryffondor.

– Hey, regardez ! s'exclama Ron. C'est le type qu'on a vu à la librairie. Gilderoy Lockhart !

En effet, l'auteur à best-seller se tenait à la table des professeurs avec son habituel sourire étincelant et légèrement suspect. Harry eut presque un élan de sympathie pour lui quand Rogue le foudroya du regard alors que Lockhart adressait un signe de la main à des filles de cinquième année. Au moins, Rogue avait l'air de mépriser quelqu'un tout autant que lui.

– Les cours de Défense Contre les Forces du Mal vont encore être une blague, grommela Draco. Ce n'est qu'un sorcier de pacotille adulé par les ménagères et les sorciers à la magie incontestablement inférieure.

Harry fut surpris par le véritable talent qu'avait Draco pour retenir les propos de son père à la virgule près. Ils se concentrèrent sur la cérémonie de répartition. Un garçon minuscule, Colin Crevey, fut placé à Gryffondor et sembla si excité à cette idée qu'il s'évanouit sur place après avoir poussé un long cri hystérique. Mrs Pomfresh, assise à la droite de Dumbledore, le réanima en sortant d'une de ses poches une fiole au contenu peu ragoutant. Une fille aux airs complètement loufoque répartie à Serdaigle se trompa deux fois de table et Ginny, la sœur de Ron, se retrouva sans aucune surprise à Gryffondor.

La cérémonie enfin terminée, les plats arrivèrent et ils mangèrent tous de bon cœur. Dean fit de très nombreuses plaisanteries et ils jouèrent même aux devinettes lors du repas. Harry fut stupéfait de voir que certaines étaient absolument les mêmes que chez les moldus et il ne manqua pas de le souligner à Draco.

Cependant, quelqu'un ne prenait pas du tout part aux festivités. Hermione Granger, assise seule en bout de table, semblait considérer le banquet comme une véritable perte de temps. L'année dernière, elle n'était parvenue à se faire le moindre ami. Même Neville, qui avait pourtant bon cœur, la trouvait légèrement autoritaire derrière ses airs de Miss Je-Sais-Tout. Harry n'avait jamais essayé de lui parler, mais les rares fois où ils s'étaient retrouvés à côté en classe, elle avait eu la manie désagréable de corriger toutes les fautes d'orthographe sur son cahier.

Le ventre plein, ils retournèrent dans leur dortoir et commencèrent d'ores et déjà à épingler sur les murs leurs posters et banderoles. Draco leur montra un sortilège secret qu'il avait mis au point au début de l'été qui lui permettait de s'envoler une cinquantaine de centimètres au-dessus du sol grâce à sa baguette magique dont sortaient des hélices. Il leur expliqua à chacun et Seamus se retrouva propulsé à l'autre bout de la pièce contre le mur, alors que Neville n'arrivait qu'à faire sortir un bouquet de fleurs. Ils finirent par s'endormir, plus enthousiastes que jamais à l'idée d'entamer cette nouvelle année.

Le lendemain, en revanche, Harry ne trouva pas la moindre occasion de sourire. Les choses commencèrent à se gâter dès le petit déjeuner dans la Grande Salle. Les quatre longues tables, une pour chaque maison, débordaient de porridge, de harengs, de toasts, d'œufs au plat qui s'offraient à l'appétit des élèves sous le ciel magique, plutôt gris et couvert ce jour-là. Leur emploi du temps était une véritable misère. Ils n'avaient même aucune case horaire de libre les après-midi et commençaient tous les matins à la même heure, et tout ça parce qu'ils avaient trois fois cours avec Lockhart dans la semaine.

Étant donné que c'était mardi, les Gryffondor de deuxième année devaient alors se coltiner les quatre matières principales en une journée. Le pire, c'était de commencer par potions, et comme par hasard, ils devraient alors tous écourter leur petit-déjeuner pour retourner là-haut chercher leur chaudron. Une fois dans les cachots et essoufflés, Draco constata que tous ses amis de Serpentard étaient là, assis sur les marches de l'escalier en colimaçon ou adossés au mur.

Il aurait bien voulu les rejoindre, mais Harry lui lança un tel regard désespéré qu'il ne put se résoudre à le laisser seul. Harry était une catastrophe dans cette matière et Rogue se ferait un malin plaisir de le montrer, une fois de plus, aux autres. Draco fit donc une moue désolée à Pansy puis se rangea auprès de Harry, au fond de la classe. Ils déposèrent leur exemplaire de Potions Magiques par Arsenius Beaulitron sur leur paillasse et attendirent les instructions.

– Vous commencerez, dit Rogue en tapotant le tableau de sa baguette magique, par une potion d'enflure. Nous verrons bien lesquels d'entre vous ont régressé durant les vacances scolaires. Ceux qui se montreront suffisamment incompétents pour la rater écoperont immédiatement de travaux supplémentaires, bien que cet exercice ne soit qu'une formalité purement démocratique. Je n'ai pas besoin de vous voir vous humilier une fois de plus pour jauger votre véritable potentiel. (Son regard glissa de Neville jusqu'à Harry). Vous avez deux heures pour vous illustrer dans votre médiocrité.

Le cours commença de la façon habituelle. Une vingtaine de chaudrons bouillonnaient entre les tables sur lesquelles étaient disposés des balances et des bocaux d'ingrédients. Rogue circulait parmi les vapeurs fétides en faisant des remarques acerbes aux élèves de Gryffondor sous les ricanements des Serpentard. Draco, qui était le chouchou de Rogue, se montrait irréprochable dans sa conduite, si bien que le Maître des Potions n'osait approcher de leur table, même pour harceler Harry.

C'était une bonne tactique : grâce à Draco, Harry était à l'abri de toute remarque désobligeante et il remarqua que lorsqu'on le laissait tranquille, il était capable d'obtenir des résultats plutôt concluants. Cependant, Pansy n'avait pas digéré que son ami d'enfance l'ignore. Elle se tournait régulièrement vers eux et les bombardait avec des yeux de poissons qu'elle prenait dans un bocal, en sachant qu'ils écoperaient d'une retenue si jamais ils s'avisaient d'en faire autant. Rogue n'enlevait jamais de points ou ne punissait les Serpentard.

Malheureusement pour Pansy, un de ces yeux tomba directement dans le chaudron de Goyle, en plein dans sa trajectoire. La potion de Goyle explosa aussitôt en aspergeant toute la classe. Les élèves atteints par des projections de potion d'Enflure se mirent à hurler. Draco en reçut en plein visage et son nez commença à enfler comme un ballon. Goyle tourna sur lui-même, les mains sur ses yeux qui avaient maintenant la taille d'une assiette. Rogue, qui n'avait pas compris ce qu'il s'était passé, essayait sans succès de ramener l'ordre.

– Silence ! SILENCE ! rugit Rogue. Ceux qui ont reçu de la potion, venez tout de suite prendre un antidote. Et quand je saurai qui a fait ça…

Le nez de Draco avait désormais la taille d'une aubergine.

– Si jamais je découvre qui a perturbé ma classe, dit Rogue dans un murmure, vous pouvez être absolument sûrs que cette personne sera renvoyée de l'école.

La sonnerie retentit et nulle ne put fournir un échantillon convenable à Rogue à cause des diverses projections. Harry et Draco commençaient déjà à remonter l'escalier, se hâtant de rejoindre le cours de Métamorphose.

– Draco ! s'écriait Pansy. Draco, attends !

Le concerné leva les yeux au ciel et fit volte-face.

– Quoi ?

– Je n'ai pas fait exprès. Enfin, je ne voulais pas que tu sois...

– Tu n'es qu'une menteuse. Tu as tout fait pour qu'il m'arrive quelque chose en me lançant ce truc dégoûtant. Tu es stupide et tu te comportes comme un bébé. Arrête d'être jalouse de Harry. Vous êtes tous les deux mes amis et je ne me mettrai pas à choisir entre vous parce que tu auras fait un caprice.

Il semblait avoir réussi le prodigue d'avoir fermé le clapet de Pansy Parkinson. Le cours de métamorphose fut assez studieux. Draco, qui bavardait généralement en classe, conserva le silence, se concentrant sur son scarabée à transformer en bouton. Hermione Granger réussit du deuxième coup et se permit de se retourner en classe pour leur donner quelques conseils.

– Ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre, dit-elle tandis que Harry essayait vainement de retenir son scarabée qui gambadait joyeusement sur la table.

– Comment tu as fait, toi ? demanda Harry à Draco en ignorant superbement Hermione.

– Je lui ai d'abord lancé un Petrificus Totalus pour l'immobiliser.

Mais la difficulté de l'exercice n'était rien en comparaison avec le cours de Botanique où ils durent rempoter des Mandragores complètement hystériques. Harry espéra que le cours de Sortilèges redonnerait le sourire à Draco, pourtant, celui-ci semblait entouré d'un nuage de mauvaise humeur, et cela n'alla que crescendo jusqu'au dîner. Un misérable élève de première année s'approcha d'eux, les yeux mouillés d'espoir, un gigantesque appareil photo en mains.

– Ça va, Harry ? Je... Je m'appelle Colin Crivey, dit-il, le souffle court, en esquissant un pas en avant. Moi aussi, je suis à Gryffondor. Tu crois que... ça ne te dérangerait pas si... si je prenais une photo de toi ? demanda-t-il, levant son appareil, le regard plein d'espoir.

– Une photo ? répéta Harry intrigué.

Draco avait cessé de manger, comme s'il n'en croyait pas ses oreilles.

– Pour prouver que je t'ai rencontré, dit Colin avec enthousiasme en s'approchant un peu plus près. Je sais tout sur toi. Tout le monde m'a raconté comment tu as survécu quand Tu-Sais-Qui a essayé de te tuer, comment il a disparu, ta cicatrice sur le front et tout ça. Et puis j'ai un copain qui m'a dit que si je développe ma pellicule dans la bonne potion, la photo bougera. C'est vraiment bien, ici, hein ? J'ai toujours fait des trucs un peu bizarres, mais je ne savais pas que j'étais sorcier jusqu'à ce que je reçoive la lettre de Poudlard. Mon père est laitier, il n'y croyait pas non plus. Alors j'essaye de prendre le plus de photos possible pour lui envoyer. Et si je pouvais en avoir une de toi, ce serait formidable... Peut-être que ton copain pourrait la prendre, comme ça, je me mettrais à côté de toi. Tu voudras bien me la dédicacer ?

Il lança à Harry un regard implorant. Cependant, l'air furibond de Draco le cloua sur place.

– Je ne suis pas une espèce d'elfe de maison, moi, dit-il. Sais-tu qui je suis ? (Colin fit non de la tête, embarrassé) Je suis Draco Malfoy, héritier d'une des plus puissantes famille sorcières britanniques et je suis – si ce n'est pas plus – autant célèbre que Harry. Si quelqu'un doit être à ses côtés sur la photo, c'est bien moi.

– Bon, euh, très bien. Rapprochez-vous légèrement alors.

Le flash aveugla tellement Harry qu'il crut que ses rétines lui brûlaient. Draco, en revanche, resta parfaitement imperturbable, comme s'il était habitué. Colin s'apprêtait à repartir, mais il s'inclina bien bas devant Harry, puis offrit une courbette à Draco sous les rires moqueurs de leur voisin de table.

– Ça fait du bien de ne plus être en première année, s'enorgueillit Draco, avec le sourire. Je ne fais plus partie des petites victimes. Je dois dire que cette année, il y en a de choix.

Son regard gris se braqua vers Ginny qui fut aussi rouge que l'écusson épinglé sur sa poitrine.

Ooo

Le jour suivant, le cours de Lockhart tourna au fiasco. Le père de Draco avait raison : il s'agissait d'un sorcier incroyablement incompétent et fabulateur. Harry se demanda pourquoi Dumbledore l'avait alors accepté. Il ne pouvait pas être le seul candidat à s'être proposé, si ? Peut-être que Fred et George avaient raison, peut-être que le poste était véritablement maudit.

Si Harry avait une profonde aversion pour leur nouveau professeur de Défense Contre les Forces du Mal, ce dernier était toujours à l'affût du moindre contact et cherchait par tous les moyens à retenir son attention. Une fois, il le mit même en retard à son cours de Métamorphose juste pour parler de leur « terrible célébrité ». Harry était bien content que, pour décompresser, Dubois avait déjà prévu leur premier entraînement de Quidditch.

Draco avait été autorisé à y assister comme tous les élèves de Gryffondor qui le désiraient. Mais Harry se serait bien passé de la présence de Colin. Il marchait en direction du terrain, son balai sur l'épaule tandis que le première année faisait tout son possible pour tenir la cadence tout en portant son énorme appareil photo.

– Tu as été le plus jeune joueur depuis un siècle, c'est bien ça, Harry ? C'est bien ça ? dit Colin en trottinant à côté de lui. Tu es vraiment très fort. Moi, je ne suis jamais monté sur un balai. C'est dur ? Il est à toi, ce balai ? C'est le meilleur qu'on puisse trouver, non ?

Draco passa devant eux, le nez en l'air, bousculant presque Colin.

– Oh, désolé d'avoir renversé ta nouvelle petite-amie !

Ni Colin, ni personne d'autre, n'avait heureusement entendu. Mais Harry resta planté là, pétrifié par le glas de cette petite pique. Parfois, il en oubliait presque le côté possessif et insupportable de Draco, dû au fait qu'il avait été un enfant pourri gâté toute son existence. En fait, Draco ne savait clairement pas partager et considérait comme acquis chacune de ses amitiés. Il alla s'asseoir dans les gradins tandis que Colin tentait d'ôter la boue du bas de sa cape.

– Tu es sûr que ça va aller ? s'assura Harry en l'aidant à se relever. Je suis désolé. Draco peut être... imprévisible. Il vaudrait mieux que tu t'asseyes loin de lui ou sinon il serait tenté de t'envoyer un mauvais sort.

– Il est doué en magie ? demanda Colin avec une lueur d'enthousiasme qui frisait la démence. J'aimerai bien voir ça.

– Oh que non...

Il enfourcha son balai et donna un grand coup de pied sur le sol. Le balai s'éleva aussitôt vers le ciel. L'air frais du matin qui lui fouettait le visage réveilla Harry plus efficacement que le long bavardage de Dubois. Retrouver le terrain de Quidditch lui procura une sensation merveilleuse. Il s'éleva à pleine vitesse et tourna autour du stade en faisant la course avec Fred et George.

– Qu'est-ce que c'est que ce drôle de bruit ? demanda Fred alors qu'ils prenaient un virage serré.

Harry jeta un coup d'œil dans les tribunes. Colin était assis sur l'un des plus hauts gradins et prenait sans cesse des photos. Le son du déclencheur, amplifié par le stade désert, se répercutait en écho tout autour d'eux.

– Regarde par ici, Harry ! Par ici ! s'écria Colin d'une petite voix aiguë.

Mais Harry, tout comme le reste de l'équipe, ne lui accorda pas la moindre attention. Colin sautait de gradin en gradin pour obtenir le meilleur cliché. Ils s'entraînaient depuis à peine vingt minutes lorsqu'une troupe verte pénétra dans le stade. Les Serpentard se posèrent sans demander la moindre autorisation et commencèrent à les insulter copieusement. La plupart des insultes étaient soit réservées à Harry, soit aux tresses de Angelina. Agacé, Fred atterrit dans les gradins. Pansy Parkinson avait l'air réjoui. Une dispute tonitruante éclata. Quand Harry arriva à son tour, il entendit :

– Et toi, tu ne dis rien ? rugit Fred en désignant Draco qui était resté parfaitement silencieux. Ton ami se fait insulter juste sous ton nez et tu ne cherches pas à le défendre ?

– Il est l'un des nôtres, dit Blaise Zabini, d'un ton égal. Il ne peut pas se retourner contre nous, et ça, vous ne pouvez pas le comprendre. Les vrais sang pur sont solidaires entre eux.

Goyle cracha par terre de dédain.

– Je ne vois pas ce que la valeur du sang à avoir là-dedans, fit remarquer Katie Bell. Draco dit quelque chose !

– Il ne dira rien, affirma Ron qui avait fait le déplacement pour assister à l'entraînement. Il est comme son père. Il préfère attendre de voir qui va gagner pour se ranger d'un côté. Un Mangemort, voilà tout.

– Qu'est-ce que c'est qu'un Mangemort ? demanda Harry, qui avait l'impression qu'un pan de la conversation lui échappait.

– Un partisan de Tu-Sais-Qui, informa Dubois. Ils ont torturé et tué beaucoup de monde pendant la guerre et pas mal sont encore dans la nature.

Un poids lourd tomba dans la poitrine de Harry. Est-ce que Lucius Malfoy était vraiment un Mangemort ? N'était-ce pas une simple erreur de jugement de Ron ?

– Je t'interdis d'insulter mon père ! s'insurgea Draco, se levant immédiatement. C'est un plus grand sorcier que ne sera sans doute jamais le tien.

– Mon père a entendu dire au Ministère, que la seule raison pour laquelle il est encore en liberté, c'est parce qu'il trafique avec les gobelins. De l'argent qu'il a volé à tous les gens qu'il a tués !

– Ron, tais-toi ! grinça George.

Harry était sûr que Mr Weasley aurait prochainement des ennuis à son travail.

– Tu dis juste ça parce que tu es si pauvre, que tu n'as pas changé d'uniforme en deux ans ! rétorqua Draco. Mon père, mon grand-père, et tous mes ancêtres n'ont volé aucun argent. Nous l'avons gagné !

– Ah oui ? Et comment ? Vous ne travaillez même pas ! Vous êtes des escrocs de la pire espèce !

– RON ! DRACO ! (Harry s'interposa) C'est bon, on n'a pas besoin d'entendre tout ça.

Les Serpentard étaient restés là, observant la scène avec la plus grande des attentions.

– Tu veux savoir ce que moi j'ai entendu sur ta famille ? rugit Draco qui repoussa Harry. Que vous étiez aussi sales que des porcs et c'est vrai ! Il n'y a qu'à voir combien de fois tu passes dans la douche par semaine ! (Les oreilles de Ron virèrent au cramoisie tandis que Blaise aboyait de rire) Aucun sorcier de bonne famille n'accepterait la moindre alliance avec la votre tellement vous êtes tombés bas. Vous dormez tous dans un trou à rats et dans la même pièce ! Et, en plus de ça, tu es tellement idiot que tes parents ont essayé de te jeter dans une rivière !

Crache-Limace !

Une détonation retentit alors dans tout le stade et un jet de lumière verte jaillit de la baguette de Ron, frappant Harry à l'estomac et le projetant à la renverse. Ce dernier s'était interposé, se plaçant juste devant Draco avant que cela ne dégénère.

– Harry ! Harry! Ça va ? hurla Angelina pour le soutenir.

Harry ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais le seul son qui en sortit fut un énorme rot. Il se mit alors à vomir des limaces qui lui tombèrent sur les genoux. Les Serpentard hurlaient de rire tandis que Ron, embarrassé, essuyait machinalement le bout de sa baguette devenue baveuse contre sa robe de sorcier. Colin prit une photo.

– Dégage de là ! s'énerva Draco en le repoussant. Poussez-vous, je l'emmène à l'infirmerie ! Allez, Harry, tiens bon.

Ils trottinèrent jusqu'au château en laissant derrière eux une gigantesque traînée de bave et de limaces qui s'entortillaient sur elles-mêmes. En arrivant face à Mrs Pomfresh, ils n'eurent pas besoin de lui expliquer la situation pour qu'elle comprenne d'elle-même.

– Asseyez-vous, Mr Potter, dit-elle en le conduisant jusqu'à un lit. Gardez cette bassine sur vos genoux et videz vos tripes pendant que je cherche un antisort. Mr Malfoy, gardez votre main sur son front pour vérifier qu'il ne prend pas de température.

Draco acquiesça, s'installant à ses côtés.

– Je suis désolé, dit-il tandis que deux limaces se retrouvaient au fond de la bassine. J'aurais dû leur dire de se taire, mais... mais si je l'avais fait, mon père l'aurait forcément appris.

Harry releva la tête vers lui. Il était blême et transpirait.

– Qui aurait cru que Weasley sache lancer un sort, ironisa Draco en épongeant son front. Il est aussi instruit qu'un troll en temps normal. Il mériterait de finir sur un bûcher pour te faire subir un truc pareil (Harry régurgita une fois de plus) … Je suis un ami pitoyable.

– Non, articula l'autre, péniblement.

– La prochaine fois qu'il ouvre son bec celui-là, je t'assure que je lui lancerai un maléfice si puissant que sa mère sentira ses entrailles se retourner ! Un sortilège de gavage, je suis sûr que ça lui apprendra les bonnes manières. (Il tapota le dos de Harry avec le plus de gentillesse possible) Pomfresh va bientôt revenir, j'en suis sûr. Tiens bon.

L'infirmière finit par réapparaître avec un énorme flacon violet.

– Je ne pensais pas à avoir à l'utiliser aussi tôt dans l'année. Allez, une gorgée, Potter et tout finira par rentrer dans l'ordre.

Harry obéit, prêt à tout pour que cela cesse. Le goût était affreusement amer, mais il n'en laissa pas une goutte. À sa grande stupéfaction, aucune limace ne sortit de sa bouche et il n'eut plus de nausée. Cependant, le bonheur fut de courte durée. Minerva MacGonagall, leur directrice de maison, déboula dans la salle.

– Ah, monsieur Malfoy. On m'avait bien dit qu'on vous trouverait ici. Vous aurez une retenue ce week-end avec Mr Weasley pour votre dispute de tout à l'heure.

– C'est injuste ! Il m'a provoqué !

– Et vous avez allègrement répondu.

– Je n'allais tout de même pas rester là sans rien faire !

– Professeur, Draco a juste..., tenta Harry.

– Ne vous en mêlez pas, Potter. Mr Malfoy, vous irez nettoyer la galerie des trophées samedi après-midi et sans l'aide de votre baguette magique. Vous la laisserez dans mon bureau pour la durée de votre punition.

Draco semblait furieux. La rumeur de la dispute de la matinée gagna très rapidement l'ensemble du château. Les Gryffondor, attablés en rang serrés, ne lui firent pas la moindre place alors que Dubois réclamait Harry à ses côtés pour parler stratégie.

– Ça ne fait rien, lança Draco avec un sourire forcé. On se retrouvera dans la salle commune.

Il fit demi-tour et s'assit en bout de table, là où se trouvait Hermione Granger. Pour combler la solitude, cette dernière ramenait toujours des livres pendant les repas.

– Salut, dit-il piteusement. Sale journée, hein ?

Hermione eut du mal à croire qu'il s'adressait à elle. Après tout, l'ensemble des élèves de Gryffondor connaissait la réputation des Malfoy et leur aversion envers tout ce qui approchait de près ou de loin le monde moldu.

– Ça aurait pu être pire, répondit-elle.

– Moi j'ai eu une retenue. Encore. Ça va finir par devenir une habitude. (Silence) Tu manges cette saucisse ?

Ils bavardèrent un moment des cours et Draco fut surpris de se trouver quelques points communs avec elle. À la fin du dîner, il fut étonné de voir Harry les rejoindre et la Grande Salle progressivement se vider.

– On retourne dans la salle commune ?

– Déjà ? Mais, avec Hermione on parlait justement des douze propriétés du sang de dragon qu'a découvert Dumbledore. Il faut que tu écoutes ça ! Je t'assure.

– Une autre fois, peut-être. Là, je meurs de sommeil.

Harry ouvrit la marche tandis que derrière lui, Hermione et Draco parlaient avec animation de ce qu'ils feraient si jamais ils mettaient la main sur des larmes de licorne. Ils arrivaient au niveau du cinquième étage quand il entendit alors quelque chose – quelque chose qui n'avait rien à voir avec le bavardage de ses camarades ou le crachotement des chandelles moribondes. C'était une voix, une voix à figer le sang, une voix à couper le souffle, une voix glacée comme un venin.

Viens... Viens à moi... que je te déchire... que je t'écorche... que je te tue...

Harry sursauta si fort qu'il faillit louper une marche.

– Quoi ? dit-il à voix haute, terrifié.

– On disait que les larmes de licorne entraient dans la composition des plus puissants remèdes..., commença Draco.

– Non, pas ça. Vous... Vous n'avez rien entendu ?

Draco et Hermione échangèrent un regard éloquent.

– Entendu quoi ? demanda la Gryffondor. Il n'y a rien eut du tout, à part nous.

– Il y avait une voix, affirma-t-il.

Les deux autres ne semblaient pas du tout avoir entendu. Mais Harry était certain qu'il n'inventait rien.

Ooo

Octobre arriva, répandant un froid humide dans le château et ses alentours. L'animosité entre Ron et Draco ne s'était toujours pas apaisée, laissant leurs camarades de chambrée dans une ambiance polaire. Madame Pomfresh, l'infirmière, dut faire face à une épidémie de rhumes parmi les élèves et les enseignants. La Pimentine, une potion qu'elle fabriquait elle-même, se révélait d'une efficacité fulgurante, mais elle avait pour effet secondaire de faire fumer les oreilles pendant plusieurs heures. Harcelée par Percy, Ginny Weasley, qui n'avait pas très bonne mine, fut forcée d'en prendre et la vapeur qui lui sortait de la tête, sous ses cheveux flamboyants, lui donnait l'air d'avoir pris feu.

Pendant des jours entiers, la pluie frappa à grosses gouttes les fenêtres du château. Le niveau du lac monta, les massifs de fleurs se transformèrent en mares de boue et les citrouilles de Hagrid eurent bientôt la taille d'une cabane à outils. L'enthousiasme d'Olivier Dubois pour les séances d'entraînement n'avait pas faibli, cependant, et c'est ainsi qu'un samedi après-midi particulièrement pluvieux, Harry rentra trempé et maculé de boue dans la tour de Gryffondor. C'était quelques jours avant Halloween.

Ce matin-là, Harry marchait dans les couloirs du château en direction de la Grande Salle, tourmenté par la voix qu'il avait entendue quelques semaines plus tôt. Draco avait subtilement glissé à son père son intérêt pour ce genre de phénomène et, curieusement, Lucius Malfoy répondait toujours avec grandes précisions lorsqu'il s'agissait de sorcellerie.

Boniface, qui était aussi massif que féroce, apporta une lettre de son père tout en claquant son bec d'impatience, afin d'être récompensé. Avec insolence, le hibou grand duc alla se poser sur le crâne de Neville Londubat d'où il ne bougea plus, endormi. Tout le monde s'esclaffa sauf Harry et Draco qui se penchèrent pour lire le passage qui les intéressait : « … Entendre des voix pour un sorcier est une chose peu commune. Généralement, cela est dû à une forme de magie incontrôlée, ou de la projection mentale. Il peut également s'agir de fantôme farceur, ou de simple folie. Mais si un sorcier entend réellement des voix, cela n'en reste pas moins quelque chose de rare. Il est donc crucial de prendre les plus grandes précautions... » Draco replia la lettre, semblant plus inquiet qu'auparavant, si possible.

– Je ne suis pas fou, martela Harry avant même qu'il puisse dire quelque chose.

– Je sais, répondit simplement Draco. Il n'empêche que cela reste étrange. Je demanderai de l'aide à Granger à la bibliothèque. Il doit bien avoir un livre qui répertorie les sorciers qui peuvent entendre des voix. Tu es Harry Potter, tout de même, non ? Il est possible qu'entendre des voix fasse partie d'un développement naturel de tes dons de sorcier.

– Des sorciers ont des pouvoirs différents que les autres ?

– Tu n'écoutes donc jamais quand je te parle ? Cet été je t'ai dit qu'une de mes cousines était métamophomage. (Silence) Ça veut dire qu'elle peut changer d'apparence à loisir ! Il lui suffit de se concentrer ! Mon grand-père, Abraxas, qui avait tué un dragon, pouvait résister aux flammes. Il disait que ça lui faisait des chatouilles. Mon père, lui, sait lire dans les pensées des gens. C'est plutôt un don pratique. Pour l'instant, moi, je n'ai pas de don en plus de ma qualité de sorcier. Mais c'est quelque chose d'assez courant d'avoir des personnes qui ont... un petit plus, on va dire.

Même Draco ne semblait pas croire à ce qu'il disait. Tout à coup, Sir Nicholas émergea entre le plat d'œufs brouillés et celui de bacon. Il semblait particulièrement impatient et Harry lui demanda pourquoi :

– Le jour d'Halloween sera le cinq centième anniversaire de ma mort, dit Nick Quasi-Sans-Tête en se rengorgeant.

– Ah, dit Harry qui ne savait pas s'il devait avoir l'air joyeux ou désolé.

– À cette occasion, j'organise une petite fête dans le plus grand des cachots. Des amis viendront de tout le pays et ce serait pour moi un tel honneur si vous acceptiez de vous joindre à nous. Mr Malfoy serait également le bienvenu, cela va sans dire. Mais je me doute que vous préférerez assister à la fête de l'école ?

Il regarda Harry d'un air anxieux.

– Oh, non, dit aussitôt Harry, je serai ravi de venir...

– Ah, cher ami ! Harry Potter présent à l'anniversaire de ma mort ! Et... (Il hésita un instant, l'œil brillant d'excitation) Croyez-vous que vous pourriez éventuellement dire à Sir Patrick combien vous me trouvez impressionnant et même terrifiant ?

– Bien... Bien sûr...

Nick Quasi-Sans-Tête eut alors un sourire radieux.

– Un anniversaire de mort ? dit Draco avec enthousiasme lorsque le fantôme se fut éloigné. Tu crois que cela fait partie de la liste des choses que mon père m'interdirait de faire ?

– Je pense, oui.

– Dans ce cas, il faut absolument que j'y aille. Il ne doit pas y avoir beaucoup de vivants qui peuvent se vanter d'avoir assisté à ce genre de fête. Ça va être dément !

Draco commanda avec son argent de poche une tenue de soirée chez Tissard et Brodette qui arriva quelques jours plus tard. Harry se demanda s'il aurait dû faire de même... Véritablement endimanché, Draco traversa la salle commune Gryffondor dans une robe de sorcier en satin bleu roi avec un collier en argent massif au cou. Harry devait reconnaître qu'il avait fait des efforts et qu'à côté de lui, il faisait bien pâle figure.

– On peut y aller, dit Draco avec superbe.

– Vous allez où comme ça ? demanda Ron, assis sur un fauteuil.

– À l'anniversaire de mort de Sir Nicholas. Nous sommes ses invités personnels, ajouta Draco, dédaigneusement. Harry et moi sommes ses élèves préférés ce qui explique qu'il nous laisse entrer ainsi dans son intimité.

– Oh, non ! s'exclama Fred, hilare. Il a demandé à peu près tout le monde. Mais tous les deux vous avez juste été trop bêtes pour refuser. Amusez-vous bien ! Apparemment, Dumbledore a invité une compagnie de squelettes pour assurer le spectacle d'Halloween. On pensera à vous.

Harry et Draco quittèrent la tour Gryffondor sous l'hilarité générale.

– Je suis sûr que ça sera tout de même intéressant, consola Harry devant l'air renfrogné de son ami.

Sir Nicholas avait organisé son anniversaire dans une large salle de classe abandonnée du premier étage. Un spectacle stupéfiant s'offrit alors à leurs yeux. Des centaines de silhouettes translucides, d'une couleur gris perle, glissaient autour d'une piste de danse bondée où d'autres formes spectrales valsaient au son terrifiant d'une trentaine de scies musicales jouées par des musiciens rassemblés sur une estrade tendue de noir. Au plafond, un lustre formé d'un bon millier de chandelles noires diffusait une lumière d'un bleu éclatant. Harry et Draco virent de la buée sortir de leur bouche. C'était comme s'ils avaient pénétré dans une chambre froide.

Prenant bien garde de ne traverser aucun spectre, ils observèrent ces entités d'ailleurs se mouvoir, converser et rire. Draco s'intéressa bien vite à l'histoire d'un chevalier dont le cœur était transpercé d'une flèche. À la fin de la soirée, Harry avait bien plus appris au contact des fantômes qu'au cours de l'année entière passée sur les bancs du cours d'Histoire de la Magie. En consultant l'heure, ils se rendirent compte qu'il était bientôt l'heure du couvre-feu. Ils s'excusèrent auprès de Sir Nicholas et ses hôtes qui, depuis des siècles, n'avaient plus aucune notion du temps. Ils empruntèrent un raccourci entre le troisième et le cinquième étage quand Harry entendit une nouvelle fois la voix froide et mortelle.

– ... déchire... écorche... tue...

– Harry, qu'est-ce que...

– C'est encore cette voix.

– ... si affamé... depuis si longtemps... tuer... il est temps de tuer...

La voix devenait de plus en plus faible. Elle s'éloignait, Harry en était sûr. Elle montait quelque part dans le château. Un mélange de peur et d'excitation le poussa en avant.

– Par ici ! s'écria-t-il.

Il monta l'escalier quatre à quatre et se précipita dans le hall d'entrée. Mais le vacarme des conversations qui provenaient de la Grande Salle, où le festin d'Halloween se poursuivait, empêchait d'entendre quoi que ce soit d'autre. Enfin, ils arrivèrent dans un couloir désert et soudain, Draco poussa un cri. Quelque chose brillait sur le mur, en face d'eux. Ils s'approchèrent lentement, scrutant la pénombre. Tracée en grosses lettres entre deux fenêtres, une inscription scintillait dans la lueur des torches qui éclairaient le passage :

LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE.

ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE.

Miss Teigne, la chatte du concierge, était pendue par la queue à une torchère. Elle était raide comme une planche, les yeux grands ouverts. Pendant quelques instants, ils restèrent figés de terreur.

– Filons d'ici, dit enfin Draco.

– On devrait peut-être essayer de... suggéra maladroitement Harry.

– Fais-moi confiance, il ne faut surtout pas qu'on nous trouve ici, répliqua Draco.

Mais c'était trop tard. Les élèves qui quittaient le banquet d'Halloween les encerclaient de toute part, se massant autour des lettres dessinées sur le mur. Certains d'entre eux poussèrent des exclamations horrifiées et désignaient du doigt Draco. Les professeurs arrivèrent à leur tour, choqués. Severus Rogue les fixait tous deux d'un regard si intense qu'en d'autres circonstances, il aurait très bien pu leur percer la peau.

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Et voilà la première partie du tome 2 ! J'espère que vous l'avez apprécié. Posez-moi vos questions si vous en avez etc. Bref, je suis juste trop heureuse que cette intrigue vous plaise autant. Là je suis en pleine rédaction du tome 4, au moment où ils annoncent qu'il y aura un tournoi des trois sorciers. J'ai changé beaucoup, beaucoup, de choses dans le 3 et le 4 donc soyez patients parce que je pense que vous serez assez satisfaits de la tournure des événements. Ou peut-être pas, vous voudrez m'envoyer du vomi de canard par la poste et je pleurerai dans mon coin sous fond de Céline Dion. Je vous envoie du love, guys. A bientôt !