Posté le : 6 octobre 2014. Nous sommes de retour pour vous jouer un mauvais tour !


A DRAGON IN THE WIND. En ce moment, j'essaie de trouver un second emploi (ouais, ouais je cumule). Donc je passe plus de temps claquemurée chez moi que dehors à papilloner. Du coup, pendant mon temps libre j'écris et j'ai réussi à avoir pas mal d'avance dans cette histoire. Comme d'habitude, vous trouverez sur mon groupe facebook « The Baba O'Riley » des extraits sur la suite.

p-s : Il y aura 3 parties pour le troisième tome.


Réponse aux reviews anonyme :

LinChan : Même si je n'aime pas trop le tome 2, j'ai essayé de ne pas le bâcler pour autant car il est tout de même important pour la suite de l'histoire. On apprend quand même des choses sur Voldemort et sa façon de procéder, ce qui est utile. Les modifications de la trame originale seront de plus en plus nombreuses et j'espère qu'elles te feront un peu rêver !

Lafilleoiso : Je n'ai pas de fréquence de publication fixe, mais je publie aussi souvent que possible (sachant que je dois aussi passer le chapitre à la bêta et que j'ai d'autres histoires à avancer). En général, le délais d'attente tourne plutôt autour de trois semaines. Car bon, j'ai aussi une vie personnelle et professionnelle à mener, mine de rien. Merci pour tes encouragements et à la prochaine.

Tiramisu : Première review sur l'une de mes fics ? Je te remercie ! Ca fait toujours très plaisir. Je suis vraiment emballée par ce projet et mon bébé dragon m'attendri trop le coeur. C'est plus fort que moi. Le fait de faire descendre Dumbledore dans la Chambre des Secrets, c'est aussi un moyen de rendre Harry moins héroïque, comme tu dis, mais aussi plus humble et censé. Il mesure plus le danger du journal magique comme ça. Il fonce moins tête baissée car Draco lui a appris à avoir de la retenue par rapport à ça.

Fishina : Merci de ta review.

Céline : Si Dumbledore est venu dans la Chambre des Secrets c'est pour montrer que dans cette version si, Harry est plus raisonnable grâce aux conseils de Draco. Le fait qu'il soit blessé à la place de Harry me semble logique. Il ne va quand même pas laisser un enfant faire tout le boulot et prendre les coups dans la tronche pendant qu'il déguste une limonade, non ? Sinon, Harry et Draco se disputeront bien plusieurs fois mais pas dans l'immédiat.

Emilie12 : Iil le regarda et constata que son membre était complétement mou... Son membre... Tu n'as pas honte!" Dans le livre, JKR dit "membre" donc je l'ai gardé car j'ai trouvé ça trop cocasse, haha. Je me suis vraiment lâchée pour le tome 4, donc j'ai vraiment hâte d'y être !


Note de Bêta : Je dois sans doute être la personne la plus haïe de la terre étant donné que j'ai ce chapitre sur mon ordinateur depuis plus d'un mois et que j'ai mis un temps fou à le corriger. Mais que voulez-vous, je jouis d'un statut privilégié, je ne vois pas pourquoi je devrais me dépêcher étant donné que je pouvais lire ce chapitre quand je voulais. Et pas vous. Oh, allez, je rigole. Appréciez ce chapitre comme il se doit. Il valait la peine d'attendre. Et sans rancune les poulets. Bisous, bisous.


Tome 3 : Draco Malfoy et la croisée des chemins

correspond à « Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban »

PARTIE I

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Draco essayait de tenir tranquille Hedwige, la grande chouette effraie de son très célèbre meilleur ami, qui semblait en pleine prise de bec avec son hibou grand duc du nom de Boniface. Les deux volatiles tenaient sur le large perchoir d'acier forgé en piaillant d'impatience, tandis que Draco terminait de rédiger sa lettre d'anniversaire en cet après-midi ensoleillé du 31 juillet. Depuis le début des vacances, Harry et lui s'écrivaient presque tous les jours et il n'était pas rare que Hedwige dorme au manoir pendant que Boniface prenait le relais. C'était toujours de très longues lettres, afin de ne pas déplacer leurs animaux pour rien.

Heureusement pour Draco, son père avait été absent une grande partie du mois pour quelques déplacements à l'étranger. S'il avait été là, Lucius Malfoy n'aurait certainement pas autorisé que Boniface soit autant sollicité alors qu'il en avait lui-même besoin. D'ailleurs, Draco était fermement décidé à acheter son propre hibou avec son argent de poche la prochaine fois qu'il se rendra sur le Chemin de Traverse. Après tout, avec les nombreux amis qu'il était en train de se faire à son collège de sorcellerie, Draco était bien obligé de maintenir sa sociabilité pendant les vacances !

Si Harry était celui à qui il écrivait le plus, Hermione Granger n'en demeurait pas moins une de ses correspondantes favorites. Elle répondait toujours à chacune de ses lettres avec précision et leurs longs échanges avaient fini par déboucher sur une amitié solide et réciproque. Malheureusement pour elle, à Poudlard, rares étaient ceux appréciant son petit côté Miss-Je-Sais-Tout, se moquant allègrement de ses manies, de ses cheveux broussailleux ou encore de ses longues dents. Malgré tout, Draco gardait dissimuler les lettres d'Hermione dans un des tiroirs de sa chambre : si ses parents se rendaient compte qu'il sympathisait avec une née-moldue, qui sait ce qu'ils seraient capables de faire...

Sans doute l'envoyer à l'institut de sombre réputation nommé Durmstrang, où seuls les enfants de familles sorcières pouvaient s'inscrire. Depuis qu'il avait onze ans, Lucius Malfoy avait menacé de nombreuses fois son fils unique de l'y emmener. Si cet avertissement avait failli devenir concret, cela n'avait pourtant pas empêché Draco de continuer à braver l'autorité et les sept cent quatre-vingt-seize points du règlement intérieur du château. Avec son meilleur ami, Draco avait déjà fait de nombreuses choses pouvant le conduire à un renvoi immédiat. Et s'ils ne s'étaient pas encore fait prendre, c'était uniquement dû à leur chance innée pour se sortir de situations inextricables. Draco caressa le plumage de Hedwige puis se mit à écrire :

Harry,

Je te souhaite un excellent treizième anniversaire ! Chez les sang pur, on organise généralement une très grande fête pour marquer cette entrée dans l'âge de la lune. Tu ne dois sans doute pas savoir ce que c'est, alors je vais tout t'expliquer : Il existe sept grands âges dans la vie d'un magicien, matérialisés par des sources d'énergie qui parcourent notre corps et que nous débloquons à force de maturité. A sa naissance, chaque enfant sorcier est placé sous la protection de l'aube ou du feu sacré (te souviens-tu de l'histoire de mon baptême ?). Le premier cycle est celui de la rébellion qui est contré par l'obéissance. Tu entres dans le second cycle : celui du plaisir qui est bloqué par la culpabilité.

D'après ce que j'ai entendu dire, c'est le pire de tous les âges ! Blaise a organisé son treizième anniversaire en février dernier, dans la salle commune des Serpentard, peu de temps après la Saint-Valentin. Depuis ce jour, sa mère n'arrête pas de se plaindre de lui. Elle dit qu'il fait n'importe quoi. Pour ma part, je n'ai pas senti de grandes différences. En tout cas, tu trouveras avec cette lettre ton cadeau d'anniversaire. J'ai dû garder Hedwige avec moi car Boniface n'aurait pas pu le transporter seul sur une aussi grande distance. J'espère qu'il te parviendra intact et que tes moldus ne feront pas de problème s'ils l'interceptent. Dis-moi vite si ça te plaît ! Peut-être que cela rendra tes vacances moins pénibles à supporter.

J'ai demandé à mes parents si tu pouvais venir à la maison cet été, mais ils ont dit avoir tout un tas de choses de prévu. Les Nott nous ont invités sur leur vignoble de Polgoon, en Cornouailles. Je vais donc passer une semaine entière avec le très ennuyeux Théodore Nott. Dernièrement, j'ai écrit à Pansy pour essayer de recoller les morceaux (Papa a beaucoup insisté). À ma grande surprise, elle ne me fait pas la tête ! Elle m'a même répondu très poliment. D'après ce qu'elle a vu, Théodore ne va pas en s'arrangeant : il passe ses journées à lire des bouquins assommants, à dessiner des artefacts imaginaires ou à parler à son chat, Desdémone. Ça s'annonce génial !

Je pense que j'en profiterai pour faire mes devoirs de vacances. As-tu avancé dans les tiens ? J'ai commencé par celui de Rogue, qui semble être – de loin – le plus compliqué de tous. Si tu n'as rien compris à son exercice, je te laisserai copier sur moi dans le train.

Au fait, est-ce que tu te fais envoyer la Gazette du Sorcier ? Ce matin, j'ai vu que les Weasley ont remporté la dernière cagnotte du loto : plus de sept cents gallions d'or ! Ils se sont payés des vacances en Égypte. Sans doute que Ron t'en parlera dans un de ces courriers. Fait comme si je ne t'avais absolument rien dit. Je ne tiens pas à me disputer à nouveau avec lui... Déjà que l'année dernière, j'étais à deux doigts de lui envoyer mon poing dans la figure. Qu'est-ce qu'il peut être bête et agaçant ! (S'il te plaît, ne lui dit pas que j'ai dit ça !)

En tout cas, j'ai tout de même hâte de retourner à Poudlard. Je me demande vraiment qui sera notre prochain professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Papa s'est rendu à Poudlard peu après la fin de l'année pour s'entretenir à ce sujet avec Dumbledore et les onze autres membres du conseil d'administration. Il a proposé la candidature d'un certain Borbakev ou Babo-quelque chose. C'était un grand duelliste à son époque, mais il a sombré dans l'alcoolisme quand il a tué sa femme par accident, en mettant au point un maléfice particulièrement redoutable et désormais interdit. Je crois que Dumbledore n'a pas été très emballé par la candidature qu'a proposée mon père. Il a dit qu'il avait sa propre petite idée. Alors tu imagines bien qu'ici, mes parents s'attendent au pire...

Ma mère m'a déjà acheté toutes mes fournitures scolaires. Tu devrais recevoir ta lettre très prochainement si elle ne t'est pas encore parvenue. J'ai déjà lu une grande partie du troisième volume du « Livre des sorts et enchantements » de Miranda Fauconette. C'est absolument fascinant tous les sortilèges qu'il y a là-dedans ! J'ai vraiment hâte de reprendre le programme de Flitwick.

Pour mes options, j'ai choisi la divination (Il paraît que cette matière est une vraie blague et qu'on peut y dormir tranquillement sans être dérangé le moins du monde) et aussi le Soin aux Créatures magiques. Prends les mêmes que moi ! On pourra se mettre en binôme ! Hermione m'a dit vouloir aussi prendre Arithmancie. Je ne sais pas du tout comment elle compte faire pour gérer tout ça, en plus de l'enseignement général... Je crois t'avoir tout dit. Enfin, je pense. Encore joyeux anniversaire !

Ton ami incroyablement génial et séduisant,

Draco

p-s : J'ai donné suffisamment à manger et à boire à Hedwige et à Boniface pour ce voyage. Ils ne devraient normalement pas te réclamer grand-chose, en arrivant. Je te ferai parvenir du Miamhibou prochainement puisque tu ne peux pas te déplacer pour en acheter.

Draco plia sa lettre en deux puis la rangea dans une enveloppe rigide et ensorcelée pour repousser la pluie et la saleté. Il la colla au large carton enveloppé dans du papier kraft et enroula une ficelle aux pattes des deux oiseaux qui semblaient résolus à mener cette mission à bien.

– C'est pour Harry, dit Draco en ouvrant une des larges fenêtre de sa chambre. C'est très important qu'il l'ait avant minuit ! Bon vol.

Hedwige et Boniface déployèrent leurs ailes et disparurent au-delà des arbres du jardin des Malfoy.

Ooo

– Draco, nous t'attendons ! Descends, veux-tu, dit sa mère qui attendait devant l'entrée, sous une ombrelle.

Dans la majestueuse allée, le carrosse de voyage avait été attelé spécialement pour se rendre jusqu'en Cornouailles. Deux Ethonans – des chevaux ailés robustes et à la robe brune – reniflaient d'impatience en vue de s'élancer dans le ciel. D'ici quelques années, tout cela ne sera plus nécessaire car Draco aurait enfin son permis de transplanage. Toutefois, sa mère, elle, détestait ce mode de voyage. Elle disait toujours avoir la nausée après s'être matérialisée à un autre endroit. Dobby vérifiait que tous les bagages étaient solidement attachés. Draco descendit à toute vitesse les escaliers, son balai de course sous le bras.

– Nous n'allons chez les Nott que quelques jours. Tu es sûr que tu auras besoin de ça ? tenta de raisonner sa mère. (Draco lui lança un sourire désarmant) Bon, allez, grimpe.

À l'intérieur du carrosse, il y avait une véritable petite maisonnée, composée d'un salon légèrement étroit, de sanitaire et d'un lit moelleux encastré dans une alcôve. La cage vide de Boniface était posée sur la table du petit salon finement décoré. Il n'était toujours pas revenu de chez Harry et son père commençait à s'impatienter.

Ce dernier tapa deux coups contre la fenêtre et les Ethonan galopèrent, puis s'envolèrent. Aussitôt, un sortilège de Désilution s'activa, afin de se rendre invisible aux yeux des moldus qui auraient par hasard le nez levé vers le ciel lors de leur passage. Draco était légèrement déçu que Dobby ne les accompagne pas là-bas. Mais ce n'était qu'une affaire de jours, n'est-ce pas ?

Le voyage se déroula sans encombre et ils atterrirent, au bout d'une petite heure, sur la pelouse du jardin des Nott. Trois elfes de maison apparurent et leurs proposèrent rafraîchissement et ombre. L'un d'entre eux les conduisirent jusqu'au living-room où Mr Nott – un sorcier d'un âge avancé, mais toujours vigoureux, et friand d'objets de cultes étranges – dégustait un thé fumant.

– Lucius, dit-il en se levant pour lui serrer la main d'une façon bien particulière.

– Meraxes..., salua Mr Malfoy.

– Narcissa, toujours aussi élégante (Celle-ci exécuta une révérence) Ah, et voici Draco, notre petit lion... (Meraxes Nott se tourna vers Lucius avec un sourire entendu, presque moqueur) Tu ne m'avais pas dit qu'il avait autant grandi. Si tu veux bien, Draco, j'ai à discuter avec tes parents, un moment de quelque chose d'important... Tu trouveras Théodore là-haut, à faire je-ne-sais-quoi. Mon elfe de maison t'aidera à le trouver.

Draco le remercia à contre-cœur et quitta la pièce. Le vignoble des Nott était fait tout en hauteur, tel un perchoir fait de briques ocres mêlées de rouge. Théodore était assis à une terrasse, semblant s'ennuyer ferme, comme à son habitude.

– Salut, dit Draco.

– Salut.

– C'est plutôt joli par ici.

– Oui... C'est le vignoble que ma mère a choisi, alors c'est normal que ça soit joli.

Honoria Nott était morte suite à une longue et douloureuse maladie quand Théo n'avait que sept ans. Draco se souvint encore très nettement du jour de ses funérailles. Honoria avait été une amie proche de sa mère. Elles avaient passé une partie de leur scolarité ensemble, à Poudlard, jusqu'à ce que les parents de Honoria la retire de l'école car sa santé devenait bien trop fragile. Elles avaient été meilleures amies.

Elles s'étaient mariées la même année et avaient eu leur fils en même temps. Sauf que Honoria avait eu beaucoup de mal de se remettre de la naissance de Théodore. Draco savait bien que, de son côté, sa mère aurait voulu avoir un autre enfant. Mais son père n'en voulait pas. Peut-être le regrettait-il à présent que Draco avait été réparti à Gryffondor... Aussi, Mr Nott cherchait depuis quelques temps une nouvelle épouse pour s'offrir le luxe d'une double-descendance. Théodore ne le voyait sans doute pas, mais il faisait un bien piètre héritier. Il semblait ne s'intéresser à rien, avait une magie vraiment banale et semblait constamment sur le point se briser en deux tant il était maigre.

– Tu as fait quoi depuis les vacances ?

– Rien de spécial. Mais ça va sûrement changer, ajouta Théodore d'un air légèrement conspirateur. Tu as entendu la nouvelle ? (Draco fit non de la tête) Sirius Black s'est évadé d'Azkaban.

– Sirius Black ? Mais c'est le cousin de ma mère !

– Je sais, articula l'autre. Desdémone, viens ici.

Le chat de Théodore, tout aussi chétif que son maître, venait de faire irruption sur la terrasse, une souris entre les crocs.

– Tu es toute belle, dit Théodore en regardant son chat déchiqueter la souris sous le regard franchement dégoûté de son invité. Desdémone, je te présente Draco.

Le chat darda du regard le concerné puis se roula en boule sur elle-même, agitant sa queue à un rythme régulier.

– Tu sais pourquoi Sirius Black a été emprisonné ?

Draco fit non de la tête.

– Mes parents ne me l'ont jamais dit. En fait, on ne parle pas beaucoup de la famille du côté de ma mère, réalisa-t-il tout à coup. Je crois que Maman en a un peu honte.

– Avec sa grande sœur qui a épousé un moldu, oui, y'a de quoi..., cingla Théodore. Si j'avais eu un frère qui aurait eu la folie de toucher à l'un des leur, je me serai explosée la cervelle avec ma propre baguette magique. Ta mère a vraiment du courage pour avoir supporté cette situation...

Draco ne dit rien. Deux ans auparavant, il aurait sans doute pensé exactement la même chose ! Mais maintenant qu'il fréquentait lui-même des nés-moldus et des sang-mêlés, il ne trouvait pas du tout cela terrible. Au contraire, c'était même enrichissant d'avoir une double-ascendance. Lui-même aurait voulu en savoir un peu plus sur l' « élektriquité » et toutes ces choses dont lui avait parlé Harry, autrefois.

– … En tout cas, Sirius Black était dans un des quartiers de haute sécurité. Personne ne sait comment il est parvenu à s'échapper. Ils essaient de savoir s'il a eu un complice mais il n'a jamais reçu la moindre visite en douze ans de détention !

C'était sans doute de cela la chose très importante dont Mr Nott voulait parler à ses parents. Sa mère étant la cousine directe de Sirius Black, peut-être s'attendaient-ils à ce qu'il tente de la contacter par n'importe quel moyen...

– Tu aurais gardé la Gazette du jour ?

Théodore acquiesça et il le conduisit dans sa chambre, dont les volets étaient encore fermés. En manchette, le titre « BLACK : TOUJOURS INTROUVABLE » formait de temps à autre la Marque des Ténèbres, le tatouage distinctif des partisans du Seigneur des Ténèbres.

– Tu sais ce qu'on dit à propos d'Azkaban, formula Théo, le plus dur s'est de s'en échapper. S'il a réussi cet exploit, je suis à peu près certain qu'on ne mettra jamais la main dessus. Il est bien trop malin. Lis, tu vas voir.

« Sirius Black, qui peut prétendre au titre de plus infâme criminel jamais détenu à la forteresse d'Azkaban, échappe toujours aux recherches, nous confirme aujourd'hui le ministère de la Magie.

« Nous faisons notre possible pour capturer Black, nous a déclaré ce matin Cornélius Fudge, le ministre de la Magie, et nous demandons instamment à la communauté des sorcières et sorciers de rester calme. »

Fudge a été critiqué par certains membres de la Fédération internationale des Mages et Sorciers pour avoir informé de la situation le Premier ministre Moldu.

« Il est clair que c'était mon devoir, a déclaré Cornélius Fudge non sans une certaine irritation. Black est un fou, il représente un danger pour quiconque se trouve en sa présence, sorcier ou Moldu. J'ai obtenu du Premier ministre l'assurance qu'il ne dirait pas un mot à qui que ce soit de la véritable identité de Black. D'ailleurs, ne nous y trompons pas : qui le croirait si jamais il le faisait ? »

Les Moldus ont été avertis que Black était armé d'un pistolet (sorte de baguette magique dont les Moldus se servent pour s'entre-tuer), mais ce que craint la communauté des sorcières et sorciers, c'est un massacre tel que celui qui s'est produit il y a douze ans, lorsque Black a tué treize personnes d'un coup en lançant un seul sort. »

– D'un seul sort ? répéta Draco, la gorge nouée. Je ne savais même pas que cela était possible.

– C'est un fou dangereux. Quand j'étais petit, ma mère me répétait toujours : « Mange tous tes légumes où Sirius Black va venir t'égorger ! » C'est drôle que la tienne ne te l'ai jamais sortie...

– C'est son cousin !

– Ah, oui... Ça doit sans doute jouer. (Draco soupira) Je suis déçu que tu ne saches rien de tout ça. Je m'étais imaginé que tes parents t'auraient tout raconté en détails.

– C'est dingue, tout de même, reprit Draco en parcourant à nouveau l'article. Les moldus ont même trouvé une solution pour remplacer l'Avada... Je me demande à quoi ressemble un pistolet.

Théodore le regarda comme s'il était un parfait demeuré.

– C'est bien le cadet de nos soucis ça !

Mais Draco était fermement résolu à ne plus en parler.

– Tu n'as pas encore fait signer ton autorisation pour aller à Pré-au-Lard ? dit-il en voyant le formulaire toujours vierge posé sur sa commode.

– C'est un choix politique, marmonna Théodore. Je n'aime pas trop suivre la foule. Les gens peuvent agir de manière très stupide quand ils sont en groupe. Et puis, visiter un château pratiquement vide, c'est quelque chose de plus intéressant, crois-moi. Les fantômes sont plus à l'écoute, et se laissent aller à quelques confessions.

Théodore avait tout un tas de livres sur les fantômes ou encore les morts-vivants. Sa plus grande ambition dans la vie, était de livrer un serment au Département des Mystères et de devenir ainsi un Langue-de-Plomb. Draco, qui avait pourtant assisté à un anniversaire de mort l'an passé, ne voyait pas du tout ce que l'on pouvait trouver de fascinant à la compagnie des spectres. Pour s'aérer l'esprit, Théo et Draco firent une balade à travers le vignoble où, curieusement, ils parlèrent de tout, sauf de magie.

Ooo

Boniface revint deux jours plus tard de chez Harry, apparemment d'une humeur exécrable. Il refusa d'entrer dans sa cage, et alla plutôt chasser à travers le domaine Nott après avoir pincé Draco au doigt, comme s'il le tenait responsable de sa mauvaise course.

– Qui est-ce ? demanda Théo en levant le nez de son exemplaire de « Flânerie avec le spectre de la mort ». Tu attendais du courrier ?

– Oui, une réponse de Harry. C'était son anniversaire.

Ils étaient tous les deux dans une des chambres du premier étage, à faire leurs devoirs de vacances tandis que leurs parents étaient parti chasser. Draco déroula le parchemin et reconnut l'écriture de son meilleur ami.

Avant que je n'oublie : merci beaucoup pour ton cadeau d'anniversaire. Il m'a fait plaisir, en plus d'être utile (mes moldus me privent parfois de repas). Je n'avais encore jamais vu une machine fabriquant de la nourriture sorcière, et en plus, aussi délicieuse ! J'espère que tu ne t'ai pas trop ruiné pour moi. Et merci pour le paquet de cartes à collectionner. Il y en avait beaucoup que je n'avais encore jamais vue ! Boniface et Hedwige sont arrivés un peu fatigués. Il y a eu beaucoup de pluie et de vent à Little Whinging ces derniers jours. J'aurais voulu garder ton hibou quelque temps, histoire qu'il se repose un peu.

Mais mon oncle l'a vu et a strictement refusé qu'il reste. Il a dit qu'une chouette, c'était bien assez comme ça et que s'il me reprenait sur le fait, il mettrait la cage d'Hedwige sous l'escalier tout l'été ! J'ai donc dû chasser Boniface de ma chambre (et crois-moi que cela n'a pas été facile). Il était furieux. Il m'a laissé une de ces déjections sur la moquette pour se venger. C'était l'horreur pour tout nettoyer et enlever l'odeur avant que ma tante s'en aperçoive. Même Hedwige m'a fait la tête quand je l'ai mis dehors. Heureusement, il a accepté de rester dans les parages le temps que je t'écrive ma réponse. Elle sera un peu plus longue que les autres car il s'est passé beaucoup de choses entre temps et qu'il est nécessaire que tu sois au courant avant que nous nous revoyons dans le train.

Tu te souviens de ton oncle, Sirius Black, dont tu avais trouvé la carte du Maraudeur dans son casier chez Rusard ? Eh bien, je l'ai vu aux informations moldues ! Mon oncle et ma tante n'ont pas arrêté de vérifier s'il n'était pas dans les parages et ont même interdit à leur fils, Dudley, de sortir voir ses copains. Ici, à Privet Drive, ça a viré à la psychose. Mais, curieusement, ils n'ont pas donné le moindre indice pour la raison de son emprisonnement. Si tu en sais plus à ce sujet, j'aimerai vraiment le savoir car cette histoire ne semble pas bien nette. J'espère en tout cas que tu n'es pas trop affecté et que tes parents accepteront de te dévoiler quelques informations.

Enfin, ça, ce n'est pas la pire des nouvelles. La tante Marge est venue s'installer chez mes moldus quelques temps. Elle me déteste, et je le lui rends bien. Le jour du cinquième anniversaire de Dudley, la tante Marge m'avait donné des coups de canne dans les tibias pour m'empêcher de gagner au jeu des chaises musicales. Cette femme est une vraie folle ! Je préférerai mille fois endurer une retenue avec Rogue plutôt que d'avoir à la supporter plus longtemps. En tout cas, voilà, elle est arrivée, a pris ses aises – comme d'habitude – et a commencé à me dénigrer. Vois-tu, elle pense que je suis dans un pensionnat pour délinquants (il était hors de question pour mes moldus de lui dire que j'étais un sorcier. Ils en seraient morts d'une crise cardiaque foudroyante). En tout cas, j'ai passé un marché avec mon oncle : si je me tenais bien durant son séjour, il signerait mon autorisation pour me rendre à Pré-au-Lard.

Mais rien, absolument rien, ne s'est déroulé comme prévu. Elle a commencé à m'insulter, moi, mes fréquentations et mes parents. Elle n'arrêtait pas de débiter des absurdités comme « On le voit très bien dans l'élevage des chiens. S'il y a quelque chose de tordu chez la mère, on retrouvera la même tare chez ses chiots. » (Marge a un élevage de bouledogues et elle adore me comparer à ses toutous). Alors, tu me connais, j'ai un peu pété les plombs. Toutes les choses que j'avais gardé en moi toutes ces années ont comme explosées. Je n'en pouvais plus de l'entendre critiquer des gens qu'elle ne connaissait pas. Et puis... enfin, j'étais si furieux que je l'ai frappé d'un maléfice sans baguette. J'ai fait enfler ma tante comme un monstrueux ballon de baudruche ! Oh, je sais que tu dois bien te marrer, Draco. Mais c'était terrible à voir ! Vraiment ! Elle roulait de partout sur le plafond, les vêtements à moitié déchirés. J'ai fait mes valises et je suis parti de chez mes moldus. Je ne veux plus les revoir, pas après tout ce qu'ils m'ont fait. J'avais utilisé la magie en-dehors de Poudlard. Je m'attendais à tout moment à faire l'objet d'une enquête, puis être renvoyé.

Cependant, tu te souviens « absolument rien ne s'est déroulé comme prévu ». J'ai pris le Magicobus et je suis arrivé hier soir au Chaudron Baveur. Là j'ai rencontré Cornelius Fudge, le Ministre de la magie ! Il a dit qu'on n'avait plus à en parler, que c'était un accident tout à fait mineur et que je serai mieux ici, dans le monde magique pour le restant des vacances. C'était complètement insensé, mais je ne vais pas m'en plaindre.

Je t'expliquerai tout en détails lorsque nous nous reverrons. Arrange-toi pour venir sur le Chemin de Traverse si tu le peux (je n'ai pas le droit de quitter le quartier). Nous en discuterons autour d'une glace de chez Florian Fortarôme. J'espère sincèrement que tes vacances avec Théodore Nott se passent très bien. Je ne le connais pas, mais il a l'air d'être plutôt curieux (dans le bon sens, je veux dire). J'ai eu des nouvelles de Ron et Hermione. Je ne pense pas que je le leur dirais pour ce qu'il est arrivé à ma tante. Je trouve que c'est une anecdote assez bizarre comme ça. J'ai un peu avancé dans mes devoirs de vacances, mais ton aide ne serait pas de refus, surtout en Potions et Sortilèges ! J'ai vraiment hâte de reprendre l'école et qu'on puisse refaire nos courses d'Attrapeurs sur nos Nimbus.

A très bientôt j'espère,

Ton Harry

p-s : Tu sais à qui tu me fais penser en te qualifiant de « incroyablement génial et séduisant » ? Un sosie de Gilderoy Lockhart ! Eurg !

– C'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ? demanda Théodore.

– Un mélange des deux.

A la fin du séjour, Draco dû admettre que la compagnie de Théodore était loin d'être aussi désagréable qu'il ne se l'était imaginé. Généralement, il écoutait ce qu'il avait à dire sans l'interrompre ou protester et n'avait aucun jugement hâtif (hormis les nés-moldus).

C'est cette tolérance et sa politique du secret à laquelle Théodore ne faillait jamais qui poussa Draco à lui parler davantage de la Chambre des Secrets. Dumbledore n'avait pas fournis de détails aux élèves, mais beaucoup avaient tenté de dénicher des informations auprès de Harry et lui, en vain. Quand Draco aborda le sujet, Théodore l'observait franchement, comme un chien de chasse aux aguets. Il enregistrait sans doute tous les éléments de la conversation dans un recoin de son cerveau. Finalement, quand Draco eut fini son récit détaillé de sa petite aventure dans les entrailles du château, Théodore soupira :

– J'ai toujours trouvé Potter cool. Tu lui diras que j'aurais aimé apprendre le Fourchelang ? Il pourrait m'apprendre, tu crois ? Je ferai absolument tout ce qu'il me dira de faire !

Théodore produisit un affreux sifflement étranglé et les sourcils de Draco se levèrent bien haut.

– Je me suis entraîné tout l'été pour savoir dire ça. Je crois que ça veut dire « J'aime les œufs », ou quelque chose dans ce goût-là...

Draco finit par éclater de rire.

Ooo

Harry était assis à la terrasse de Florian Fortârome, essayant de se concentrer sur son devoir d'Histoire de la Magie. Parfois, il bénéficiait de l'aide de Florian lui-même qui savait beaucoup de choses sur les chasses aux sorcières du Moyen Age et donnait à Harry des sundaes gratuits toutes les demi-heures. Le jeune glacier était aimable et avait une délicate attention pour chacun de ses clients. Il en avait presque même oublié que Sirius Black, le dangereux criminel, était en liberté. Mais Harry le voyait mal se cacher derrière une benne à ordure et lui bondir dessus dans une rue aussi bondée.

Il dévorait une cuillerée de sundae quand Draco, encadré par ses deux parents tout aussi blonds que lui, s'avança vers lui. Sa mère déposa un baiser sur son front, lui tendit une bourse sonnante d'argent sorcier, puis s'éloigna avec son mari vers Gallica Gourmet, un restaurant prestigieux en face de Gringotts. Harry se leva immédiatement pour prendre son meilleur ami dans ses bras. Draco avait presque l'air surexcité. Il commanda un triple sorbet mangue, pistache et beurre salé.

– Alors, tu as fait gonfler ta tante comme un ballon ? rigola-t-il.

– Ils l'ont fait dégonfler et ils lui ont jeté un sortilège d'amnésie. Ce que je regrette. J'aurais vraiment aimé qu'elle s'en souvienne, histoire qu'elle me craigne.

Draco rit encore plus fort. Harry lui raconta alors son escapade nocturne dans le Magicobus (Draco semblait fasciné. Les Malfoy n'avaient jamais emprunté les transports en commun, les jugeant impropre à leur statut quasi royal), et l'étrange discours qu'avait eu Cornelius Fudge.

– Il avait l'air inquiet, fit remarquer Harry après avoir raclé son pot de glace. Comme si je craignais vraiment quelque chose.

– Tout le monde est en danger. Si ça se trouve, Sirius Black a un plan qu'il veut exécuter, et puis...

Draco cessa de parler un moment, distrait par les rires de Florian Fortarôme et un autre homme qui l'enlaçait. Harry était d'un rouge brique.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda tout à coup Draco, interloqué par sa réaction.

– Tu ne trouves pas ça... étrange ?

– De quoi ?

Draco leva le nez, regardant un peu partout comme s'il s'attendait à voir quelque chose frisant la démence surgir juste sous son nez. Penaud, il regarda Harry, puis Florian et son petit-ami.

– Ah, ça ? Non, ce n'est pas étrange. Pourquoi tu dis ça ?

– Eh bien, dans le monde moldu... en tout cas, chez mes moldus, ce n'est pas quelque chose de bien vu.

– De flirter en public ?

– Non, de... enfin si, mais de... enfin d'être...

– Par Morgane, Harry, arrête de bafouiller comme un Poufsouffle ! Qu'est-ce qui te dérange là-dedans ? Est-ce que c'est si grave que ça pour les moldus que deux hommes s'aiment ? Parce que si c'est ça, je ne veux jamais avoir à mettre les pieds là-bas ! Même si je trouve que l'élektriquité a ses charmes. (Silence) Alors, c'est ça ? Chez les moldus, on n'a pas le droit d'aimer un garçon si on est un garçon et une fille si on est une fille ?

– Disons que c'est encore très mal vu. Peut-être que juste mes moldus sont comme ça. Peut-être que certains sont bien plus ouverts, tenta-t-il de se rattraper.

Mais Draco avait déjà l'air à la fois profondément choqué et consterné.

– Mais... Mais comment ils font s'ils sont amoureux de quelqu'un qu'ils n'ont pas le droit d'aimer ?

– Je ne sais pas. J'ai juste entendu beaucoup d'histoire assez triste à ce sujet.

– Triste ? On fait du mal à ces couples-là ? Mais, pourquoi ? Je veux dire, s'ils trouvent ça anormal, faire du mal aux autres ne les rendra pas plus normaux. Les moldus sont complètement fous ! C'est insensé ! Une chose pareille ne se produirait jamais chez les sorciers. On sait depuis longtemps que ça n'a aucune importance que cela soit un homme ou une femme. Généralement, les sorciers ont des à prioris sur le milieu social, la descendance ou la fortune. Ce genre de choses basiques. Ils s'en contre-fichent de connaître tes croyances ou ta couleur de peau. Ils trouvent que le nom et l'argent, sont des critères bien plus fiables. Enfin, c'est comme ça que mes parents m'ont élevé et je ne trouve pas ça plus mal.

Harry glissa un autre regard à Florian et remarqua qu'à part lui, personne dans la boutique n'avait trouvé cela révoltant ou même étrange. Draco finit sa glace à son tour et ils se levèrent pour faire le tour des magasins. Ils se rendirent chez un célèbre astrologue qui revendait des cartes du ciel en relief extrêmement chères. Mais l'objet qui exerça sur lui la plus grande tentation apparut à la vitrine du Magasin d'Accessoires de Quidditch. Intrigués, Harry et Draco se frayèrent un chemin parmi des sorciers surexcités. Ils aperçurent alors le plus extraordinaire balai jamais vu.

– Ça vient de sortir, c'est un prototype, dit quelqu'un à leur côté. Oh, salut !

C'était Dean Thomas, un de leur camarade de chambre à Poudlard d'origine moldue. Il avait les mains placées en visière, comme si cela allait lui permettre de mieux cerner les courbes du nouveau balai de course.

– C'est vrai que c'est le balai le plus rapide du monde, Papa ? demanda un jeune garçon accroché au bras de son père.

– L'équipe nationale d'Irlande vient de commander sept de ces merveilles pour ses joueurs, annonça le patron du magasin. Et ils partent favoris pour la coupe du monde !

Une grosse sorcière qui se tenait devant Harry se décida enfin à bouger et il put alors lire l'écriteau posé à côté du balai.

L'ÉCLAIR DE FEU

Avec sa ligne aérodynamique et son manche en bois de frêne recouvert d'un vernis garanti inattaquable, ce balai de course représente le dernier cri en matière de technologie. Chaque modèle porte sur le manche un numéro de fabrication gravé à la main qui garantit sa qualité. Les branches de bouleau soigneusement sélectionnées ont été taillées une par une pour obtenir le meilleur coefficient de pénétration dans l'air, donnant à l'Éclair de Feu un équilibre et une précision insurpassables. Avec des accélérations de 0 à 240 km/h en dix secondes et un sortilège de Freinage à toute épreuve, l'Éclair de Feu offre les meilleures performances et les meilleures conditions de sécurité actuellement disponibles sur le marché. Prix sur demande.

« Prix sur demande »... Harry n'osait même pas songer à la quantité d'or que pouvait coûter une telle merveille. C'était la première fois de sa vie qu'il désirait quelque chose avec autant d'intensité.

– Incroyable, murmura Draco. Vraiment incroyable. Mon Nimbus 2001 à côté, c'est un jouet. J'aimerai vraiment voir ce que cela donne quand quelqu'un est dessus. (Il se tourna subitement vers Harry) Papa a eu des billets pour la Coupe du Monde dans la tribune présidentielle. Si l'équipe Irlandaise en a, on doit être aux premières loges.

– On ? nota Harry.

– Je vais me rouler par terre pour que Papa accepte de t'emmener avec nous. Ah, désolé Dean.

En essayant de s'écarter de la foule, il lui entra pratiquement dedans.

– Vous allez où ? demanda leur camarade de dortoir.

– La ménagerie magique, informa Draco. J'aimerai m'acheter un hibou.

– Ça tombe bien, je veux aussi m'acheter un animal.

La boutique n'était pas très grande et les murs étaient entièrement recouverts de cages. Il y régnait un vacarme permanent, accompagné d'une forte odeur. Les créatures qui occupaient les cages passaient leur temps à piailler, couiner, caqueter, siffler. Derrière le comptoir, une sorcière donnait des conseils à un client sur les soins à prodiguer aux tritons à double queue. Pendant ce temps, Harry, Dean et Draco examinèrent les créatures enfermées dans les cages.

Deux énormes crapauds violets gobaient des cadavres de mouches à viande en émettant des bruits de succion. Une tortue géante à la carapace incrustée de pierres précieuses étincelait près de la vitrine. Des escargots venimeux de couleur orange rampaient lentement sur les parois de leur cage de verre et un gros lièvre blanc se métamorphosait sans cesse en chapeau haut de forme dans un bruit de pétard. Il y avait aussi des chats de toutes les couleurs, une cage pleine de corbeaux jacasseurs, un panier de petites créatures à fourrure qui chantonnaient bruyamment et, sur le comptoir, une grande cage remplie de rats noirs qui sautaient à la corde en se servant de leurs queues. Harry trouvait cela intriguant que les rats de cette cage soient capables d'effectuer de telles cascades tandis que celui de Ron, déjà excessivement vieux pour son espèce, passait ses journées à manger et dormir. Peut-être avait-il été fringuant, autrefois.

– Oh, regardez ce corbeau !

L'oiseau claquait du bec dans la direction de Dean depuis qu'il avait mis les pieds dans la ménagerie. La vendeuse s'approcha d'eux.

– C'est un Grand Corbeau. Il vit généralement une quinzaine d'années, mais certains vont même jusqu'à quarante ans ! (Elle le sortit de sa cage et l'animal déploya ses ailes, le bec en l'air, comme s'il essayait lui-même de se présenter sous son plus beau jour. Dean semblait émerveillé). Vous n'aurez aucun problème pour le nourrir car il aime trouver lui-même ses propres aliments dans le cadre où il se trouve. Il s'adapte vite. Peut voler sur de très grandes distances sans même se reposer. Un corbeau bat à plate couture un hibou classique qui a davantage besoin de s'hydrater et de conserver des heures de sommeil. Mais ne lui mettez jamais de courrier dans son bec. Il faut toujours le lui attacher à la patte, sinon, il serait bien capable de le laisser quelque part pour débusquer une proie... ce qui peut-être dangereux si votre courrier continent quelque chose de confidentiel. Le corbeau est un animal très joueur et apprécie les contacts inter-espèce comme avec les loups ou les chiens. Très intelligent, il peut se sortir lui-même de bien des situations, conclut la vendeuse. Vous pouvez même lui apprendre à parler. Regardez. (Elle regarda le corbeau droit dans les yeux) Est-ce que tu as faim ?

Grain ! Grain ! coassa le corbeau en ouvrant son bec.

La vendeuse lui jeta des grains et l'animal les goba.

– Combien est-ce que ça coûte ?

– Treize gallions, mon garçon.

Dean semblait déçu. Il sortit de sa poche de l'argent sorcier et n'avait que deux gallions d'or et quelques mornilles d'argent.

– Avec cette somme, tu peux plutôt t'offrir un bébé hibou. C'est assez long de les dresser soi-même mais il ne t'en sera que plus fidèle.

– Non, nous avons de l'argent, dit Draco en sortant la bourse que lui avait donné sa mère. On le prend !

– Draco..., tenta Dean.

Mais celui-ci avait déjà effectué la transaction. Le corbeau regarda les pièces d'or un moment puis se posa directement sur l'épaule de Dean, claquant son bec de satisfaction.

– Merci, dit Dean. Merci beaucoup. Je te revaudrai ça.

– Aide-moi plutôt à choisir un hibou.

Pendant que les deux autres s'intéressaient aux volatiles, Harry acheta du Miamhibou ainsi qu'un kit de soins pour les longs voyages. Hedwige en aurait bien besoin. Draco finit par choisir une chouette lapone aux airs lugubres, isolée dans sa cage. Toutefois, celle-ci semblait déjà plus heureuse quand Draco l'emmena dehors, là où le soleil tapait fort sur le Chemin de Traverse.

– Je vais l'appeler Electra, parce qu'elle sera rapide et foudroyante comme l'élektriquité ! Et toi ?

Harry roula des yeux.

– Moi, ça sera Ménard, claironna Dean. (Ménard ! Ménard ! coassa le corbeau.) Bon, je dois rejoindre ma famille. On se revoit bientôt à Poudlard ! Merci encore, Draco !

Ils le regardèrent s'éloigner tout en lui faisant des signes de la main. Dean disparut au cœur de la foule qui effectuait ses achats. En se retournant, Harry vit Ron avec sa famille de l'autre côté de la rue, se rendant vers le Chaudron Baveur.

– Viens, on va se glisser sous la cape, dit Harry. On lui fera une surprise !

Draco laissa Electra s'envoler après lui avoir indiqué l'adresse de son manoir, pour qu'elle fasse la route jusque là-bas. Les deux garçons se cachèrent dans un endroit discret puis jetèrent la cape sur eux, prenant les Weasley en filature. C'était la première fois que Draco les voyait d'aussi près et il ne pu s'empêcher de ricaner en voyant la silhouette de Mrs Weasley. Ses enfants s'étaient engouffrés chez un confiseur et elle se tenait à l'écart, avec son mari, parlant à voix très basse :

– … on dit que Sirius Black est fou et c'est sans doute vrai, mais il a été suffisamment intelligent pour arriver à s'évader d'Azkaban alors qu'en principe, c'est impossible. Fudge peut bien dire tout ce qu'il veut à La Gazette du sorcier, on n'est pas plus près d'attraper Black que d'inventer des baguettes magiques automatiques. La seule chose certaine, ce sont les intentions de Black... Si Black a réussi à s'en échapper, il peut aussi s'introduire à Poudlard.

– Mais Harry Potter sera parfaitement en sécurité à Poudlard, protesta sa femme.

– Molly ! Combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? Ils n'en ont pas parlé dans la presse parce que Fudge ne veut pas que ça se sache, mais il s'est rendu à Azkaban la nuit où Black s'est évadé. Les gardiens lui ont dit que depuis un certain temps, Black parlait dans son sommeil et qu'il répétait toujours la même chose: « Il est à Poudlard... Il est à Poudlard... » Black a l'esprit dérangé, Molly, et il veut tuer Harry. A mon avis, il doit être persuadé que tuer Harry permettrait de ramener Tu-Sais-Qui au pouvoir. Black a tout perdu le soir où Harry a mis un terme aux agissements de Tu-Sais-Qui et il a eu tout le temps de ruminer ça pendant les douze ans qu'il a passés à Azkaban...

Il y eut un silence et Harry et Draco se regardèrent, interdit.

– Dumbledore n'aime pas beaucoup les gardiens d'Azkaban, dit Mr Weasley. Moi non plus, d'ailleurs... Mais quand on a affaire à un sorcier tel que Black, il faut parfois travailler avec des gens qu'on préférerait éviter. Je pense que Fudge a eu raison d'en poster aux différentes entrées de l'école... Ah, Percy, tu as tout ce dont tu as besoin ?

Les Weasley finirent par s'éloigner et Harry n'eut plus aucune envie de sortir de sous la cape d'invisibilité.

Ooo

Le jour de la rentrée fut presque un soulagement pour Harry. Il retrouva Draco avec Hermione dans un compartiment presque vide, tout au bout du wagon. Contre la fenêtre, un homme semblait profondément endormi. Harry s'immobilisa à l'entrée, même si ses deux amis lui firent signe de les rejoindre.

D'habitude, le Poudlard Express était réservé aux élèves et ils n'avaient encore jamais vu d'adultes parmi les passagers. L'homme portait une robe de sorcier miteuse, rapiécée en plusieurs endroits. Il semblait malade et épuisé. Bien qu'il fût encore jeune, ses cheveux châtains étaient parsemés de mèches blanches. Sur sa malle était inscrit « Professeur R. J. Lupin ». Il devait être le nouveau enseignant de Défense Contre les Forces du Mal.

La locomotive lâcha un jet de vapeur et le train s'ébranla. Electra et Hedwige, chacune dans leur cage respectives, ne semblaient pas apprécier le voyage. Ils s'assurèrent que Lupin dormait véritablement puis Harry résuma à Hermione la discussion qu'il avait surprise entre Mr et Mrs Weasley. Lorsqu'il eut terminé, Hermione avait les mains plaquées contre sa bouche en signe d'effarement.

– Sirius Black s'est évadé pour te tuer ? dit-elle enfin. Harry, cette fois, il faut vraiment que tu sois prudent. Ne cherche pas les ennuis...

– Je ne cherche aucun ennui, répliqua Harry, agacé. Généralement, ce sont les ennuis qui me trouvent.

– Harry a oublié de préciser que Sirius Black est mon oncle. Mes parents ont légèrement hésité à m'envoyer à Poudlard, cette année. Mais ils sont rassurés qu'il y ait les détraqueurs pour nous protéger. Ma mère n'en est pas bien sûre, mais elle croit que Sirius Black va essayer de me faire du mal, ce que je trouve idiot. Elle a dit qu'il détestait sa famille, et j'en fais partie malgré moi.

Hermione demeura pensive. Même si elle venait d'une famille de moldue, elle connaissait certainement autant de choses que Draco sur le monde sorcier à force d'avoir lu des livres.

– Je ne pense pas que Black prendra le risque d'entrer dans le château, formula-t-elle après un long moment durant lequel Draco sortit son jeu de Bavboules. Pas avec Dumbledore comme directeur.

La porte du compartiment s'ouvrit sur Ron et Dean.

– Qu'est-ce que c'est que ce bruit ? dit soudain Ron.

On entendait en effet une sorte de sifflement métallique. Ils regardèrent autour d'eux.

– Ça vient de ta valise, Harry, dit Ron qui se leva et alla jeter un coup d'œil dans les bagages.

Un instant plus tard, il sortit de la valise de Harry le Scrutoscope de poche. L'objet tournait à toute vitesse dans sa paume en émettant une lumière brillante.

– C'est vraiment un Scrutoscope ? demanda Hermione d'un air intéressé en s'approchant pour mieux voir.

– Oui, confirma Harry, c'est Ron qui me l'a offert pour mon anniversaire.

– Est-ce qu'il y aurait encore de la place ? demanda Dean, Ménard sur l'épaule.

– Oui, je crois, on va se tasser un peu, dit Hermione.

Le plus dur fut pour ranger les bagages. Harry avait désormais tellement d'affaires qu'il devait faire l'usage de la magie pour les déplacer d'un endroit à un autre. Il sortit sa machine à nourriture qui leur invoqua plusieurs éclairs au chocolat. Ron paraissait stupéfait. Désormais, le strutoscope sifflait si fort qu'ils durent l'envelopper dans plusieurs chaussettes avant de le ranger dans une des malles.

– Ouf ! soupira Draco. Le professeur Lupin ne s'est pas réveillé.

Croûtard couina puis alla se cacher dans la poche de Ron durant tout le trajet. Ils parlèrent avec animation de Pré-au-Lard jusqu'au moment où Harry leur avoua ne pas avoir d'autorisation. Le nouvel animal domestique de Hermione, un chat orage à la face toute écrasée, regardait Ménard le corbeau avec la plus grande des attentions.

Le Poudlard Express poursuivait son chemin vers le nord et le paysage, au-dehors, devenait plus sauvage, plus sombre aussi à cause des nuages qui s'amoncelaient. D'autres élèves passaient et repassaient devant leur compartiment. Le chariot à confiserie était passé depuis longtemps et le professeur Lupin n'avait pas montré le moindre signe de réveil.

– Peut-être qu'il est mort, suggéra Ron.

– N'importe quoi ! s'impatienta Hermione.

Mais Draco la vit se pencher discrètement pour prendre son pouls.

– On doit être presque arrivés, dit Dean en se penchant vers la fenêtre pour essayer de voir quelque chose à travers la vitre devenue complètement noire.

A peine avait-il fini de parler que le train commença à ralentir.

– Parfait, dit Ron qui se leva pour jeter un coup d'œil au-dehors en contournant soigneusement le professeur Lupin. Je meurs de faim. Vivement le festin !

– Ça m'étonnerait qu'on y soit déjà, fit remarquer Hermione en regardant sa montre.

– Alors, pourquoi on s'arrête ? interrogea Draco.

Aussitôt, le train sombra dans l'obscurité la plus totale tandis que quelque chose semblait monter à bord. Pattenrond feula et alla se cacher sous la banquette, les poils hérissés. La vitre, recouverte un instant auparavant de pluie et de buée, se glaça immédiatement, tout comme la bouteille d'eau gazeuse de Hermione. Ce n'était pas normal. Draco eut un mouvement de recul, se retrouvant plaqué contre Dean.

– Restez où vous êtes, dit tout à coup une voix rauque.

C'était celle du professeur Lupin qui avait sorti sa baguette magique, l'air grave. Tout doucement, la porte de leur compartiment s'ouvrit en un grincement insupportable. Debout dans l'encadrement, éclairée par les flammes vacillantes, se dressait une haute silhouette enveloppée d'une cape, le visage entièrement dissimulé par une cagoule. Le nouveau venu était si grand qu'il touchait presque le plafond. Harry baissa les yeux et ce qu'il vit lui retourna l'estomac. Une main dépassait de la cape, une main luisante, grisâtre, visqueuse et couverte de croûtes, comme si elle s'était putréfiée dans l'eau... Alors, l'être dissimulé sous la cagoule prit une longue et lente inspiration qui produisit une sorte de râle. On aurait dit qu'il essayait d'aspirer autre chose que de l'air.

Un froid intense envahit te compartiment. Harry sentit son propre souffle se figer dans sa poitrine. Les visages du professeur Lupin, de Hermione, de Draco et les autres se dissipèrent tout autour de lui, il n'y eut plus que le néant dévastateur et la crainte de ne jamais plus rire, de ne jamais plus voir toutes ces personnes. Alors, venus de très loin, il entendit de terribles hurlements, des cris terrifiés, implorants. Son premier mouvement fut de se porter au secours de la personne qui hurlait ainsi, mais lorsqu'il essaya de bouger, il s'aperçut qu'il était paralysé... Un brouillard blanc, épais, l'enveloppait, s'insinuait en lui. Il n'y avait plus rien.

– Harry ! Harry ! Ça va ?

Quelqu'un lui donnait des tapes sur le visage.

Harry ouvrit les yeux. Il y avait des lanternes au-dessus de lui et le plancher vibrait : le Poudlard Express était reparti et les lumières s'étaient rallumées. Apparemment, il était tombé par terre après avoir glissé de son siège. Draco et Hermione étaient agenouillés à côté de lui. Il voyait également Dean et le professeur Lupin qui le regardaient. Harry se sentait mal.

Lorsqu'il leva la main pour rajuster ses lunettes, une sueur froide lui couvrait le front. Il s'était évanoui. Les autres, en revanche, semblaient bien moins affectés par cette chose qu'ils venaient de voir. Harry n'osa parler du cri car il su, encore une fois, que personne d'autre n'avait dû l'entendre. Comme l'an passé, il avait été le seul à pouvoir entendre le basilic se déplacer dans la tuyauterie.

– Qu'est-ce que c'était que cette chose ? demanda-t-il au professeur.

– Un Détraqueur, répondit Lupin qui distribuait son chocolat aux autres. C'était l'un des Détraqueurs d'Azkaban.

Tout le monde le regarda. Le professeur Lupin froissa le papier qui enveloppait le chocolat et le mit dans sa poche.

– Mangez, répéta-t-il. Ça vous fera du bien. Excusez-moi, il faut que j'aille dire quelque chose au machiniste...

Draco lui prit la main pour l'aider à se relever. Personne ne dit plus rien jusqu'à ce que le Poudlard Express entre en gare de Pré-au-Lard. Les élèves se précipitèrent sur le quai dans une grande cohue. Les hiboux hululaient, les chats miaulaient et le crapaud que Neville avait caché sous son chapeau lançait des coassements sonores. Sur le quai minuscule, il faisait un froid glacial et un rideau de pluie fine et froide tombait sans relâche. Draco n'avait toujours pas lâché la main de Harry, comme s'il redoutait qu'il se perde quelque part ou qu'il s'évanouisse à nouveau.

Harry trouverait cela en temps général extrêmement gênant, mais il savait que c'était la seule façon qu'avait son ami pour montrer que quelqu'un importait pour lui. Et puis, il ne faisait que de reproduire les gestes que sa mère avait envers lui. Ils suivirent les autres sur un chemin boueux où une centaine de diligences tirées par des chevaux invisibles attendaient les élèves. Ils entrèrent dans la Grande Salle dans un silence mortuaire et Draco faillit envoyer un maléfice à Colin Crivey pour avoir tenté de voler sa place.

– Mon petit frère est lui aussi un sorcier ! annonça Colin avec un enthousiasme frôlant l'hystérie. Mes parents ont fait la fête pendant une semaine ! Il rentrera à Poudlard l'année prochaine !

– Laisse-le respirer, grogna Draco en s'accrochant à Harry d'une manière tout à fait possessive.

La cérémonie de répartition débuta, offrant à la vue de tous un groupe de première année particulièrement impressionné et trempés par la pluie. Quand le choixpeau eut placé Barbara Weagles à Serdaigle, Dumbledore se leva pour faire son discours principalement centrés sur leurs hôtes indésirés de cette année. Harry apprit certaines choses sur les détraqueurs dont il se serait bien passé.

– … Pour continuer sur une note plus joyeuse, reprit Dumbledore, je suis heureux d'accueillir parmi nous deux nouveaux enseignants. Tout d'abord, le professeur Lupin qui a bien voulu se charger des cours de Défense contre les forces du Mal.

Il y eut quelques applaudissements plutôt tièdes. Seuls ceux qui s'étaient trouvés dans le compartiment avec le professeur Lupin applaudirent de bon cœur, Harry le premier. A côté de ses collègues vêtus de leurs plus belles robes de sorcier, Lupin avait l'air singulièrement miteux. Toutefois, ils l'accueillirent avec enthousiasme, excepté Rogue, lui le jaugeait d'un air féroce.

-... Quant à la seconde nomination, poursuivit Dumbledore lorsque les applaudissements se furent évanouis, je dois tout d'abord vous informer que le professeur Brûlopot, qui enseignait les Soins aux créatures magiques, a pris sa retraite afin de pouvoir s'occuper plus longuement des derniers membres qui lui restaient. Je suis cependant ravi de vous annoncer que cette discipline sera désormais enseignée par Rubeus Hagrid qui a accepté d'ajouter cette nouvelle responsabilité à ses fonctions de garde-chasse.

Harry n'arrivait pas à y croire. Fred et George rugirent de joie et tambourinèrent sur la table, tant et si bien que plusieurs gobelets en or roulèrent au sol, dont celui de Draco. Ce dernier jeta un regard aux jumeaux de pure haine puis leur piqua un gobelet avant de se détourner d'eux avec superbe. Du côté des professeurs, Hagrid n'en menait pas large et avait renversé lui-même une bonne partie de la vaisselle en se levant pour saluer les élèves. Dumbledore leur souhaita bon appétit et tout le monde mangea joyeusement.

Percy leur dévoila le mot de passe de la salle commune (« Fortuna Major ») et Draco, Harry et les autres rejoignirent leur dortoir. Neville se lamenta, peu certain de pouvoir retenir ce nouveau mot de passe. Draco fila immédiatement dans la salle de bain pour entreposer ses dizaines de lotions pour le corps dans le coin le plus avantageux. Il en profita pour se doucher. Ron s'endormait presque contre la porte, sa serviette de bain sur le bras, alors que Draco chantonnait un concerto sous la douche.

– Il va finir par me pousser à bout, marmonna Seamus. Il prend toute l'eau chaude !

– Tu es un sorcier ou quoi ? lança Dean. Utilise un sort pour la réchauffer. C'est ce que je fais à chaque fois.

Draco sortit dans un peignoir extrêmement moelleux sentant l'eucalyptus. Harry, lui, n'avait toujours pas bougé d'un iota pour se préparer à dormir. Draco s'assit sur son lit, les cheveux mouillés.

– Tu ne devrais pas trop t'en faire pour ces détraqueurs, dit-il. Tous les sorciers les détestent.

– Oui, mais personne d'autre ne s'est évanoui.

– Personne d'autre n'a une cicatrice sur le front, fit remarquer Draco. Chaque sorcier n'est pas égal face à une menace. On a tous notre talon d'Achille. Allez, coupe la file de la salle de bain et passe devant Ron si tu tiens tant que ça à me faire sourire.

– J'ai entendu ! rouspéta Ron.

– Ah, dommage, dit Draco d'un ton égal tout en sortant de sa valise un pyjama en velours émeraude. Vraiment dommage.

Harry soupira. Il espérait de toutes ces forces qu'un de ces jours, Draco et Ron cessent de constamment se disputer.

Ooo

Draco, qui prenait sa douche le matin et le soir, failli arriver en retard à leur premier cours de l'année. Il s'agissait de Divination et tout le monde semblait légèrement impatient de pouvoir enfin prédire l'avenir. Harry, qui avait déjà croisé le professeur Trelawney lors du repas de Noël en première année, lui trouva immédiatement un petit air de fabulatrice qui lui faisait penser à Gilderoy Lockhart.

Draco, lui, n'écoutait pas ce que disait Trelawney et s'était fait un petit cocon moelleux avec plusieurs coussins pour prolonger sa nuit. L'endroit n'avait rien d'une salle de classe. On avait plutôt l'impression de se trouver dans un vieux grenier aménagé en salon de thé à l'ancienne. Une vingtaine de petites tables circulaires, entourées de fauteuils recouverts de chintz et de petits poufs rebondis, occupaient tout l'espace. Une faible lumière rouge éclairait la pièce. Tous les rideaux des fenêtres étaient tirés et des foulards rouges enveloppaient les lampes. Il régnait une chaleur étouffante et une bouilloire de cuivre, chauffée par les flammes d'une cheminée au manteau encombré d'objets divers, répandait un étrange et capiteux parfum qui donnait presque la nausée. Les étagères qui recouvraient les murs circulaires étaient encombrées de plumes poussiéreuses, de bouts de chandelle, de jeux de cartes complètement usées, d'innombrables boules de cristal et d'un vaste choix de tasses à thé.

Selon le professeur de Divination, sa matière était de loin la plus difficile de tout leur cursus. Assise derrière eux en compagnie de Neville, Hermione soufflait tellement fort que Harry crut qu'on avait branché un ventilateur juste au niveau de sa nuque. En revanche, Lavande Brown et Parvati Patil semblaient gober chaque mot que prononçaient Trelawney. Même Pansy Parkinson, qui avait pourtant un intérêt très limité pour les études, prenait en notes ce qu'elle disait dès l'instant où leur enseignante mentionna la possibilité de lire son avenir amoureux dans les feuilles de thé.

Il était temps de faire équipe deux par deux, de boire le thé puis d'interpréter les formes des feuilles selon leur exemplaire de « Lever le voile du futur ». Draco dormait toujours. Harry versa de l'eau chaude dans deux tasses, but la sienne puis celle de Draco en se sentant parfaitement idiot, puis tenta de réaliser l'exercice. Trelawney arriva près de leur binôme si furtivement que Harry n'eut pas le temps de réveiller son camarade.

– Oh, il médite, soupira Trelawney avec affection. Il doit être connecté avec les esprits qui parcourent cette pièce. Passez-moi sa tasse. Mmh, une entrée d'argent inattendue, l'ascendance de la lune, une amitié florissante et... que des bonnes choses, vraiment.

Mais le bonheur fut de courte durée. Trelawney prédit à Harry une mort précoce et très douloureuse d'ici la fin de l'année scolaire.

– La tête de mort... Il y a un grand danger sur votre chemin, mon pauvre chéri...

Comme paralysés, les élèves regardaient fixement le professeur Trelawney qui fit tourner la tasse une dernière fois, eut un haut-le-corps et poussa un cri. Draco se réveilla si brutalement qu'il se cogna l'arrière du crâne contre une lampe.

Il y eut un nouveau bruit de porcelaine brisée : Neville venait de casser sa deuxième tasse. Le professeur Trelawney se laissa tomber dans un fauteuil, les yeux fermés, une main étincelante posée sur son cœur.

– Mon pauvre.. pauvre garçon... Non, il vaut mieux ne rien dire... Ne me demandez rien...

– Qu'est-ce que vous avez vu, professeur ? demanda aussitôt Dean Thomas.

Tous les élèves s'étaient levés. Lentement, ils se rassemblèrent autour de la table de Harry et de Draco et s'approchèrent du professeur pour jeter un coup d'œil à la tasse.

– Mon pauvre chéri, dit le professeur Trelawney en ouvrant de grands yeux au regard tragique. Le Sinistros est sur vous.

– Le quoi ? dit Harry.

Il n'était pas tout à fait le seul à ne pas avoir compris. Dean Thomas le regarda en haussant les épaules et Lavande Brown avait l'air déconcerté. Mais presque tous les autres se tenaient la main devant la bouche, dans un geste horrifié. Même Draco semblait profondément inquiet.

– Le Sinistros, mon pauvre chéri, le Sinistros ! s'écria le professeur Trelawney qui semblait choquée que Harry n'ait pas compris. Le gigantesque chien fantôme qui hante les cimetières ! Mon pauvre chéri, c'est le pire des présages, un présage de mort !

– Ce n'est qu'une légende ! rétorqua Hermione, le nez pincé.

Trelawney se redressa avec lenteur.

– Ma chérie, dès l'instant où vous avez franchi cette porte, j'ai su que vous n'aviez aucun talent pour l'art divinatoire. Mr Potter est poursuivi par le Sinistros. Cela ne fait aucun doute !

La sonnerie retentit et Harry ne sut s'il était soulagé ou non que cela se termine.

– Hé, Potter ! cria d'une petite voix aiguë Pansy Parkinson. Potter ! Les Détraqueurs arrivent ! Potter ! Ooooooooh, mon dieu, je défaille !

Elle fit semblant de s'évanouir dans les bras de Blaise Zabini comme une diva. Draco semblait furieux. Il entraîna Harry loin de la tour de divination.

– Est-ce que tu aurais vu un chien noir, dernièrement ?

– Non ! Enfin, je ne crois pas... Peut-être le soir où je suis parti de chez mon oncle et ma tante. J'en ai vu un. Mais je ne pensais pas que cela soit important.

Draco était alarmé, puis reprit vite contenance.

– Si cela avait été un vrai Sinistros, tu serais déjà mort, dit-il d'un ton parfaitement calme. En général, il ne faut que vingt-quatre heures pour que la malédiction se réalise. Cela devait être un chien errant, rien de plus. Je vais demander des informations là-dessus à mon père. La volière n'est pas loin et Electra sera sans doute heureuse d'avoir sa toute première mission ! Garde-moi une place en cours de Métamorphose !

Draco cavala à l'autre bout du couloir sans lui laisser le temps d'ajouter quoique ce soit. Le professeur MacGonagall attribua un point en moins à Draco pour son retard mais il n'avait pas l'air de trouver cela important. Il semblait même être fier d'avoir réussi à faire un aller-retour aussi rapidement.

– Mon père prend très au sérieux les mauvais présages, murmura-t-il à Harry après avoir transformé avec succès sa grenouille en boule de chewing-gum. Il répondra immédiatement !

Il était vrai que les conseils de Lucius Malfoy s'étaient avérés plutôt pertinents depuis leur première année à Poudlard. Harry n'approuvait certes pas ses méthodes et sa façon de vivre, mais Draco avait pourtant raison sur un point : son père était incontestablement un puissant sorcier, en plus d'être intelligent. Il valait donc mieux être de son côté que contre lui. Le soir même, tandis qu'ils rejoignaient la salle commune après avoir passé leur après-midi dans les serres, Draco découvrit sa chouette Electra, posée contre le rebord de la fenêtre avec une lettre dans son bec. Elle entra majestueusement, secoua son plumage puis tendit la missive à son maître. Draco la caressa, puis lui promit une friandise qu'il irait chercher dans sa malle. Harry lut par-dessus son épaule :

Draco,

Je dois t'avouer que j'ai été plutôt inquiet que tu me parles du Sinistros en ces temps plus que troubles. Il y a déjà un moment que je n'avais plus entendu parler de cette créature de sinistre réputation. Il est vrai que beaucoup le considèrent comme un mythe, mais je pense qu'il s'agit de quelque chose à ne pas prendre à la légère. D'après ce que tu m'as expliqué, ton ami aurait vu le supposé Sinistros il y a des semaines de cela et se porterait actuellement comme un charme (Je ne suis pas idiot au point de ne pas avoir deviné que cet ami est Harry Potter). Les pouvoirs du Sinistros se déclenche dans la journée qui suit son apparition. Donc, la déduction est simple, ton ami n'a pas vu le Sinistros.

Ton professeur a sans doute cru le voir dans cette tasse, mais pour avoir discuté avec Trelawney lors d'un conseil des parents d'élèves, je peux te garantir qu'elle serait prête à tout prédire du moment que l'on ne coupe pas ses subventions. On raconte même que chaque année elle annonce à un élève sa mort dès son premier cours, afin de marquer le coup. Potter a donc été la victime de ses énièmes élucubrations. Mais une chose m'intrigue fortement : si Potter n'a pas vu le Sinistros ce soir-là, que faisait donc ce chien cette nuit-là ? J'ai cru comprendre au cours de nos longues conversations à ce sujet que Potter vivait dans une espèce de quartier résidentiel moldu très propre sur lui. Dans ce cas – et je t'encourage vivement à faire preuve de logique –, pourquoi y aurait-il un chien errant dans un quartier aussi propret ? Potter est-il certain que ce chien était noir ? D'autres personnes l'ont-ils vu ? C'est peut-être une apparition banale, mais il faut croire que rien dans la vie de ton ami ne relève de l'ordinaire.

Dans tous les cas, j'espère que ta rentrée s'est parfaitement bien passée. J'ai entendu dire que Hagrid, le garde-chasse, avait été nommé professeur de Soins aux Créatures Magiques et Lupin en Défense Contre les Forces du Mal. En ce qui concerne le premier, je dois dire que je suis réellement outré que Dumbledore ait pris cette décision sans consulter personne ! Je veux que tu te tiennes vigilent et que tu me reportes exactement tous les faits et gestes de cet empoté d'Hagrid (le programme, sa charte éducative, ses méthodes, le temps consacré par élève, la pertinence de ses réponses aux questions, le temps consacré à la théorie puis à la pratique, la dangerosité des créatures étudiées etc.) J'attends un compte-rendu précis d'ici la fin de la semaine. N'hésite pas à demander ce qu'étudient des élèves d'autres promotions ! Pour Lupin, je suis sur ma réserve. J'attends de voir ce qu'il va donner. Il était un élève plutôt correct, d'après les souvenirs que j'en garde. Enfin, tu me diras, Lockhart était un bon étudiant à son époque. Je ne tolérerai pas que ces deux-là précipitent Poudlard dans sa constante baisse de niveau.

Ta mère t'enverra certainement Boniface d'ici quelques jours. Tu as oublié quelques vêtements dans ta chambre et je crois qu'elle va, une nouvelle fois, te couvrir de friandises. Je compte sur toi pour ne pas nous faire rougir cette année par tes résultats scolaires ou ta conduite. Écris-nous le plus souvent possible.

Ton père

p-s : N'oublie pas l'anniversaire de Pansy jeudi prochain ! Il est probable qu'elle t'invite pour ses treize ans si elle décide d'organiser quelque chose.

Draco replia la lettre tandis que Electra le fixait de ses énormes yeux, lui donnant l'air constamment étonnée.

– Bon et bien maintenant on sait, prononça Harry.

– Je ne sais pas ce qui est le pire, marmonna Draco, dépité. Devoir espionner Hagrid ou assister à l'anniversaire de Pansy. (Silence) Je vais aller me doucher et me mettre au lit.

Harry décida de rester un moment dans la salle commune qui était bondée. D'un côté, les propos de Lucius Malfoy l'avait rassuré : il n'avait clairement pas vu le Sinistros. Mais de l'autre, il soulevait un point intéressant. Si ce n'était pas ça, alors qu'est-ce qu'il avait bien vu ? Cela ne pouvait être une hallucination ! Il joua une partie de Bavboules avec Neville puis décida d'aller enfiler son pyjama. Le dortoir était vide et il entendait nettement les clapotis sous la douche. Harry se mit sous ses draps et commença à lire son manuel de potions, histoire de ne pas faire des étourderies dans le cours de Rogue du lendemain. La porte de la salle de bain s'ouvrit sur Draco, emmitouflé dans son peignoir, le rouge aux joues.

– Bonne nuit, dit Harry.

Draco sursauta presque, surpris de le voir ici.

– Ah, euh, bonne nuit.

Il tira les rideaux de son lit baldaquin pour s'habiller tranquillement. Un instant plus tard, la porte de la salle de bain se rouvrit sur Dean, dans un jogging et un tee-shirt à moitié trempé. Il se figea également, marmonna un bonne nuit puis se glissa sous ses couvertures. Ron, Seamus et Neville arrivèrent peu après et Harry eut la curieuse impression d'avoir manqué quelque chose.

Ooo

Mot de l'auteur : Je tenais à remercier toutes les personnes ayant mis en favoris ou alert cette histoire depuis sa création. N'hésitez pas à mettre des reviews, même si vous les jugez peu pertinentes. En effet, écrire me demande plus d'énergie que jamais étant donné que j'ai une vie professionnelle à mener de front désormais et plein d'autres choses à côté. Pour celles et ceux étant encore à l'école (collège, lycée), vous n'avez pas idée du confort dans lequel vous baignez. Je ne pense pas qu'avoir des commentaires constitue un salaire (désolé, mais ça ne me nourrit pas à la fin du mois) mais c'est toujours réconfortant d'avoir des retours sur quelque chose. Ce que j'ai écrit pendant plusieurs semaines, vous le lirez en même pas vingt minutes, vous n'aurez besoin que d'une seconde pour le mettre dans vos favoris. Alors, qu'est-ce que c'est en comparaison de prendre deux minutes de votre temps pour dire que vous avez apprécié ? J'espère que ce début de tome 3 vous aura vraiment plus. Je sais que pour plein de monde il s'agit du préféré (bon, moi c'est le 4 mon chouchou, alors voilà). En ce moment j'essaie de trouver du temps pour imaginer le début du 5. Bref, beaucoup de choses en préparation ! Des baisers, D Would.