Posté le : 7 Novembre 2014. Merci pour votre soutien chaleureux, vos reviews, ajouts en favoris et alert !
Note 1 : Beaucoup ont été choqués de voir Draco se rapprocher de Dean dans la salle de bain. J'ai volontairement conservé le flou pour que chacun puisse y aller de sa petite idée. Tout d'abord, si j'ai choisi Dean ce n'est pas parce que je n'avais pas envie qu'il finisse avec une fille (Pour moi, Dean est hétéro jusqu'au bout des ongles, ma foi). C'est uniquement parce qu'il était l'unique garçon né-moldu dans l'entourage de Draco. Juste pour ça, le personnage méritait d'être creusé. Car dans le tome 1, Lucius précise bien à son fils qu'il ne veut pas le voir en fréquenter.
J'imaginais bien Draco défier l'autorité parentale en flirtant avec un "sang de bourbe". Dans cette salle de bain, il ne s'est rien passé de sexuel. Ils se sont juste embrassés (assez maladroitement au passage) et vus à moitié nus. Je précise pour les personnes qui pensent que "c'est trop tôt à 13 ans" ou encore "Draco ne doit aller qu'avec Harry". Dans le premier cas, je ne pense pas que 13 ans soit "trop tôt" pour une première expérience sexuelle (qu'elle soit avec ou sans pénétration). Il faut garder en tête que chacun a son propre rythme, chacun conçoit la sexualité à sa manière donc on ne peut pas émettre des jugements de valeur sur ce genre de choses.
Selon moi, il s'agit d'un manque d'ouverture d'esprit que de calquer sa propre expérience/relation sur la sexualité que de le reporter sur les autres. Il n'y a pas d'âge lorsqu'il s'agit du contrôle de soi, du moins que les deux personnes sont consentantes et protégées. C'est ma façon de voir les choses et on peut tout à fait ne pas être d'accord. Je sais que certains d'entre vous ne voulaient pas réellement dire ça, mais c'est ainsi que je l'ai perçu. Je trouve ça intéressant de voir toutes les réactions que cela a pu susciter, tout de même.
Cependant, je trouve cela peu charitable de faire un reproche à ma fic car Draco et Dean ne devraient pas fricoter ensemble à 13 ans, alors qu'à côté, on a des fics qui pullulent où Harry et Draco maîtrisent le kama-sutra à 15 ans. Just saying. Aussi, j'ai essayé de respecter les caractères originaux des personnages. Dans les bouquins, Harry est très long à la détente et n'a pas l'air grandement porté sur la chose. Il ne comprend pas vraiment quand les gens sont ensemble à moins de le lui crier dans l'oreille. Draco, lui, a l'air d'avoir une certaine sensibilité et aimer les contacts avec les autres. Raison pour laquelle, j'ai envie que Draco ait une vie amoureuse assez complète et tumultueuse bien avant Harry.
Après, pour le "Draco ne doit aller qu'avec Harry", je n'ai JAMAIS de mémoire d'homme fait en sorte que Harry ou Draco n'ait eu que l'autre dans leur vie amoureuse. Souvent, je m'arrange pour qu'ils aient découvert des choses avec d'autres personnes avant de les mettre en couple. Il en ira de même dans cette fic. Il est excessivement rare dans la vie de tous les jours de se dépuceler avec quelqu'un puis de se marier avec que je n'applique pas ce principe dans mes histoires. C'est aussi un moyen pour moi d'éviter le côté fleur bleue de "Oh, Harry, je ne sais pas trop comment faire avec mon engin. Guide-moi" J'ai une sainte horreur de ces fics niaises à souhait (certains les adorent et il en faut pour contenter tout le monde).
Du coup, avoir des personnages avec de l'expérience me permet plus de maniabilité dans les scènes. Pour en revenir à Draco et Dean, leur "couple" (faute d'un autre terme) est ce qui s'apparente le plus avec les petites découvertes prépubères. Je voyais leur relation comme "jeu de mains, jeu de vilains". Bon, eh bien voilà mon petit topo sur la question. J'espère que cela a mis au clair pas mal de vos interrogations et que vous continuerez de lire la fic avec toujours autant d'intérêt. Même s'il s'agira d'un Drarry (plus d'autres couples secondaires), pour moi ce n'est pas non plus le coeur du sujet. Je n'ai pas envie de devoir me justifier sans arrêt à chaque choix sentimental que font les personnages. Je sais où je vais, j'ai même une idée très précise du Drarry et de quand ça va se faire. Il faut juste laisser le temps et la magie opérer ;)
Note 2 : Les chapitres seront redécoupés à l'avenir et feront entre 6000 et 7000 mots. Cela facilitera la relecture et permettra un rythme de publication plus régulier. Les titres des chapitres seront ceux des tomes originaux à partir de maintenant (histoire d'ajouter un petit côté plus authentique).
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Kissa-Chan : Trop d'enthousiasme ! Je te remercie beaucoup de ton soutien. J'essaie de faire au mieux pour que les personnages (surtout mon petit dragon adoré) soient à la fois crédibles et appréciables. J'aime surtout remixer les dialogues pour qu'ils paraissent être originaux tout en respectant les livres. Bref, à la prochaine pour la suite !
Helarya : Tu es la plus proche de la vérité concernant Draco et Dean ! Bravo ! Voilà ton cookie. Je te remercie de ta review. À bientôt !
LinChan : Le développement individuel de Harry et Draco sera plus probant au cours des deux prochains tomes. En plus de la trame originale, j'ajouterai plein de petites choses à côté qui feront qu'on les verra nettement grandir. J'ai envie qu'à chaque nouveau tome, on se rend compte qu'ils mûrissent. C'est ma mission numéro 1.
Lafilleoiso : Je te remercie pour tes encouragements ! Ca réconforte quand on est crevé le soir à force d'avoir bossé comme une dingue. J'espère que la suite te plaira !
Marie : Dean et Draco me semblaient être un "couple" avec énormément de potentiel. Sincèrement, c'est le prochain couple d'avenir. Tu verras, dans dix ans. On ne parlera plus que de ça ;)
Ju : Je suis contente que la trame te plaise dans son ensemble. C'est un peu (beaucoup) compliqué de repasser derrière JKR tout en gardant l'essence même de son univers.
Juju398 : Je te remercie de ta review ! Elle fait chaud au coeur.
Fishina : Je m'éclate pas mal avec le personnage de Draco dans cette fic. Les hormones seront bien évidemment une des choses qui prendra en importance d'ici les prochains chapitres puisqu'ils grandissent. Je voyais Draco plus imâture que les autres pour la simple et bonne raison qu'il a été un enfant unique très gâté donc son évolution personnelle est bien plus lente. Raison pour laquelle il garde son petit côté "bébé" malgré les années.
Margaux : Yeah ! Une review ! C'est cool d'avoir franchi le pas. Luna ne sera pas pour le tome 3 (même si j'en fais brièvement référence je crois, dans le tome 2 lors de la répartition). Je ne peux malheureusement pas parler de tout le monde à la fois mais les personnages des autres maisons auront plus d'importance que dans les livres, ça c'est une certitude. Des fanfictions que je conseille ? Eh bien, celles dans mes favoris mais plus celle de SamaireLaBiche, x-Lilo, Dizzy Ramone ou Silia. Régale-toi !
Azhara : C'est vrai que d'avoir Draco à Gryffondor change beaucoup de choses et ça sera d'autant plus vrai après le T4, quand Voldemort reviendra. J'ai dû changer plein, plein, plein de scène parce que Draco n'est pas ce petit idiot raciste de Serpentard, mais bon, le challenge me plaît !
Tiramisu : Je peux comprendre qu'on adore le T5. Perso, je le trouvais intéressant car il marque un clivage avec le reste. Mais en même temps, c'est le seul tome où j'ai dû insulter Harry un nombre incalculable de fois. La première fois que je l'ai lu, que j'ai vu son délire de "On va au ministère sauver Sirius" j'ai SU au plus profond de mes tripes, que ça allait se finir en queue de poisson. Le personnage de Lucius continuera d'être développé, mais pas pour l'instant. J'ai quand même une idée assez précise de ce que souhaite faire de lui.
Céline : Eh non ! Dobby n'a pas été libéré par Harry dans cette version pour la simple et bonne raison que lui voit comment Draco considère son elfe, donc il n'a aucune raison de vouloir le contrarier. Sinon, j'adore Dean, mais je méprise Seamus depuis le T5 où il a juste fait son sale porc avec Harry (haha, pas rancunière pour un sou). Et puis bon, Seamus c'est quand même une grosse balance, soyons honnête.
KimHee : Si j'ai développé son été chez Théodore c'est surtout parce que JKR aurait voulu développer leur relation mais ne l'a pas fait. Si tu regardes en comparaison pour Harry, dans les bouquins, tout ce qui vient avant le Poudlard Express fait souvent plus de cinq chapitres, donc c'est plutôt long, non ? En tout cas, moi j'ai adoré écrire sur Théo. Si Lucius n'est pas "froid" envers Harry c'est pour une raison toute bête : Harry lui sert de bouclier. Quoi de mieux pour innocenter un ancien mangemort que d'être proche du survivant ? Et puis, tu connais le dicton : sois proche de tes amis mais encore plus de tes ennemis...
Tome 3 : « Draco Malfoy et la croisée des chemins »
PARTIE II
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Comme l'avait prévu Harry, Rogue s'était donné beaucoup de mal pour que leur premier cours de l'année soit particulièrement difficile. À cause des filaments de fumée et de la brume persistante au sein du cachot, Harry, qui était assis au dernier rang, parvenait difficilement à lire les instructions au tableau concernant le philtre de confusion. Il faillit confondre à deux reprises l'eau du fleuve Léthé avec du mucus de veracrasse.
Même Hermione, la meilleure élève de la classe, semblait éprouver quelques difficultés avec sa propre décoction. Elle était assise à la droite de Harry, se murmurant à elle-même des indications ou s'insultant régulièrement d'idiote à voix haute. Un peu plus loin, Neville avait des ennuis, comme toujours pendant les cours de Rogue qu'il redoutait par-dessus tout. Sa potion qui aurait dû être vert clair était devenue...
– Orange, Londubat, lança Rogue en plongeant une louche dans le chaudron pour montrer la couleur du liquide à toute la classe. Orange ! Sera-t-il jamais possible de faire entrer quelque chose sous votre crâne épais, Londubat ? Vous n'écoutiez pas quand j'ai dit qu'il suffisait d'un seul foie de rat ? Comment faut-il s'y prendre pour vous faire comprendre quoi que ce soit, Londubat ?
Neville, rouge et tremblant, semblait au bord des larmes.
– Monsieur, s'il vous plaît, dit alors Hermione, je pourrais peut-être aider Neville ?
– Miss Granger, je ne crois pas vous avoir demandé de faire votre intéressante, répliqua Rogue d'un ton glacial.
Tout le monde détourna pudiquement les yeux du malheur de Neville. Les deux heures de travaux pratiques semblaient interminables et Harry fut reconnaissant envers Hermione de l'avoir aidé à éviter de nombreuses catastrophes avec sa potion. Plus il passait du temps avec elle, plus Harry se rendait compte de l'amie formidable qu'elle était. Elle passait beaucoup de temps avec Draco et lui, ce qui n'était malheureusement pas au goût de tout le monde. Pansy Parkinson faisait ouvertement du chantage à son ami d'enfance. Elle menaçait Draco de dire à son père qu'il traînait avec de « la racaille née-moldue » s'il n'était pas son cavalier le jour de son anniversaire. Évidemment, Draco finit par accepter.
Quand vint l'heure du déjeuner, Draco sortit de son sac un catalogue de Fier Sorcier, un magazine de mode masculine. Il l'avait posé contre une cruche de jus de citrouille et Ron semblait y porter un intérêt tout particulier. Harry avait entendu dire que tous ses vêtements avaient été autrefois portés par l'un de ses frères. Pour cette raison, Draco insultait Ron d'elfe de maison quand ils venaient à se disputer (ce qui arrivait de moins en moins souvent).
Harry ne pouvait que comprendre Ron puisque, lui aussi, avait dû nager dans les pulls et les pantalons de son cousin pendant une grande partie de sa vie. Draco ne se rendait sans doute pas compte de sa chance. Il pouvait commander absolument tout ce qu'il voulait car ses parents étaient si riches qu'il leur faudrait sans doute plusieurs vies pour écouler tout leur or à Gringotts.
– Je pense commander cette robe de sorcier émeraude, finit par prononcer Draco, tandis qu'ils sortaient tous de la Grande Salle. Tu sais, celle avec la doublure en velours à l'intérieur. Je suis certain que personne ne l'a et ma mère dit que le vert me va terriblement bien...
La pluie qui était tombée la veille avait cessée. Le ciel avait pris une couleur gris clair et l'herbe était souple et humide sous leurs pas tandis qu'ils se rendaient à leur premier cours de Soins aux créatures magiques. Harry était si pressé d'y être, qu'il n'entendait même plus la voix de son ami.
Draco se tourna vers Ron, qui semblait être le seul à s'intéresser aux types de tenues que pouvait mettre un sorcier pour une fête. À leur plus grand étonnement, Ron avait l'air de s'y connaître. Ils parlaient avec animation de bottes en peau de dragon tout en descendant la pente douce menant à la cabane de Hagrid, à la lisière de la forêt. Hagrid était vêtu de son grand manteau et attendait les élèves, Crockdur, son molosse, à ses pieds. Il avait l'air impatient de commencer son cours. Cela ne présageait absolument rien de bon.
– Venez, venez, dépêchez-vous ! lança-t-il aux Gryffondor et Serpentard qui se massaient devant chez lui. Vous allez avoir une bonne surprise ! Vous n'allez pas vous ennuyer, croyez-moi ! Tout le monde est là ? Très bien, suivez-moi !
Pendant un instant, Harry craint que Hagrid ne les emmène dans la forêt interdite. Harry y avait fait suffisamment d'expériences désagréables pour ne pas avoir envie d'y remettre les pieds. Mais Hagrid resta en bordure des arbres et, cinq minutes plus tard, ils se retrouvèrent devant une espèce d'enclos vide.
– Rassemblez-vous le long de la barrière ! cria Hagrid. Voilà, comme ça... Il faut que tout le monde puisse bien voir. Alors, première chose, vous allez ouvrir vos livres...
– Comment on fait ? demanda la voix suffisante de Blaise.
– Quoi ? dit Hagrid.
– Comment on fait pour ouvrir nos livres, répéta Blaise, comme s'il s'agissait d'un parfait demeuré.
Il sortit son exemplaire du Monstrueux Livre des Monstres qu'il avait ficelé avec un morceau de corde. D'autres élèves sortirent également les leurs. Certains, comme Harry, les avaient attachés avec une ceinture, d'autres les avaient serrés dans des sacs étroits ou les avaient fermés avec d'énormes pinces.
Celui de Hermione tenait dans une cage et se mordillait constamment la couverture. Draco tenait le sien en laisse. Son livre était si excité de sortir de sa malle (où il avait bien dû dévorer deux de ses pantalons depuis qu'ils étaient arrivés à Poudlard), qu'il se mit à aboyer férocement vers Crockdur. Le chien partit se cacher derrière le garde-chasse en gémissant de terreur.
– Personne n'a... n'a réussi à ouvrir son livre ? demanda Hagrid, stupéfait. (Les élèves firent « non » de la tête) Il faut simplement les caresser, dit Hagrid, comme si c'était la chose la plus évidente du monde. Regardez...
Il prit l'exemplaire de Millicent Bulstrode et arracha le papier collant qui le maintenait fermé. Le livre essaya de le mordre, mais Hagrid passa son énorme doigt sur le dos de l'ouvrage qui fut secoué d'un frisson et s'ouvrit paisiblement dans sa main.
– Oh, sommes-nous bêtes, dit Pansy d'un ton goguenard. Il suffisait de les caresser ! On aurait dû le deviner tout de suite !
– Je... je les trouvais plutôt drôles, dit Hagrid à Hermione d'une voix mal assurée.
Hermione eut un sourire forcé qu'elle espéra réconfortant. Le livre de Draco semblait bien plus coriace que les autres car ils durent se mettre à trois pour l'immobiliser et le caresser. Une fois qu'ils eurent tous le nez dans leur manuel, Hagrid demanda à Neville de lire la page 33 à voix haute pendant qu'il irait chercher sa surprise.
– L'hippogriffe est natif d'Europe, lut-il, mais s'est vite répandu dans le monde entier. Il a la tête d'un aigle et le corps d'un cheval. Il est possible de les dresser mais seuls les experts peuvent s'y risquer. Lorsqu'on s'approche d'une de ces créatures, il est indispensable de s'incliner en le regardant droit dans les yeux afin de montrer ses bonnes intentions. S'il vous rend votre salut, alors vous pourrez l'approcher de plus près. L'hippogriffe creuse des nids à même le sol où il pond des œufs qui éclosent une journée plus tard, mais...
Neville produisit un curieux bruit d'étranglement. Une douzaine de créatures parmi les plus bizarres que Harry ait jamais vues trottinaient dans leur direction. Elles avaient le corps, les pattes arrière et la queue d'un cheval mais leurs pattes avant, leurs ailes et leur tête semblaient provenir d'aigles monstrueux dotés de longs becs d'une couleur gris acier, et de grands yeux orange. Leurs pattes avant étaient pourvues de serres redoutables d'une quinzaine de centimètres de long.
Les créatures portaient autour du cou d'épais colliers de cuir attachés à de longues chaînes dont Hagrid tenait les extrémités dans sa main immense. L'effet de surprise était réussi car la plupart des élèves semblaient purement émerveillés de voir des hippogriffes ailleurs que sur une page de livre. Leur plumage chatoyant allant du bronze au bleu nuit, du gris au parme était tout bonnement spectaculaire.
– Magnifique, n'est-ce pas ? se réjouit Hagrid. La première chose qu'il faut savoir, c'est que les hippogriffes font preuve d'une très grande fierté. Ils sont très susceptibles. Surtout, ne les insultez jamais, sinon ce sera peut- être la dernière chose que vous aurez faite dans votre vie.
– J'ai lu quelque part que leurs griffes pouvaient arracher une tête humaine d'un seul coup, prononça Théodore Nott.
Il était déjà curieux que Théodore parle, mais encore plus devant toute la classe. Pourtant, une lueur de curiosité presque bestiale animait ses yeux d'un bleu délavé et souvent sans expression. Théodore était presque collé à l'enclos, comme s'il espérait pouvoir toucher du regard les hippogriffes.
– Oui, oui, très juste, admit Hagrid, déconcerté. Un point pour Serpentard.
Blaise donna une tape dans le dos de Théodore qui avait l'air de ne plus rien voir autour de lui.
– Alors ? Qui veut essayer le premier ? tenta Hagrid.
Pour toute réponse, la plupart des élèves reculèrent encore davantage. Même Harry, Ron et Hermione n'étaient pas très à l'aise. Draco, lui, se tenait près de Dean, son livre entre ses bras qui lui léchait joyeusement la figure en aboyant comme un minuscule pékinois. Face à eux, les hippogriffes secouaient la tête d'un air féroce en remuant leurs ailes puissantes. Ils ne semblaient pas beaucoup apprécier d'être attachés à la barrière, ni même d'être aux contacts d'enfants... Ces animaux étaient incontestablement fait pour être au grand air.
Harry, qui voulait que le premier cours de Hagrid se déroule sans encombre, finit par se porter volontaire. Buck, l'hippogriffe le plus maussade et grincheux de tous, semblait furieux d'être dérangé alors qu'il picorait dans la terre à la recherche de quelques vermisseaux.
– Buck, poursuivit Hagrid, fou de joie, je te présente Harry. Harry, euh, incline-toi, d'accord ?
Pendant un long moment, il suivit les instructions de Hagrid et Buck finit par consentir en s'inclinant à son tour. Il réussit même à lui caresser le bec.
– Parfait, Harry, dit Hagrid, je crois qu'il va te laisser monter sur son dos, maintenant !
L'idée n'avait rien de séduisant. Harry était habitué à piloter des balais, mais il n'était pas sûr de pouvoir aussi facilement chevaucher un hippogriffe.
– Grimpe sur son dos, juste derrière les ailes, dit Hagrid, et fais bien attention de ne pas lui arracher de plume, il n'aimerait pas ça du tout...
Harry posa un pied sur l'aile de Buck et se hissa sur son dos. L'hippogriffe se releva, mais Harry ne savait pas à quoi se tenir : il n'avait que des plumes à portée de main et craignait d'en arracher une.
– Allez, vas-y, rugit Hagrid en donnant une tape sur l'arrière-train de la créature.
Et soudain, des ailes de quatre mètres d'envergure se déployèrent de chaque côté de Harry et se mirent à battre. Harry eut tout juste le temps de s'accrocher au cou de l'hippogriffe avant que celui-ci s'élève dans les airs. Ce n'était pas du tout la même chose qu'un balai et Harry sut immédiatement ce qu'il préférait : les ailes immenses qui battaient à ses côtés lui cognaient les jambes en menaçant de le désarçonner. Les plumes luisantes glissaient sous ses doigts, mais il n'osait pas serrer plus fort. Harry regrettait la souplesse de son Nimbus 2000. Il était ballotté en tous sens par l'arrière-train de l'hippogriffe qui montait et descendait au rythme de ses battements d'ailes.
Buck décrivit un cercle au-dessus de l'enclos puis il piqua vers le sol avec une infinie douceur. Les élèves applaudirent à tout rompre. Draco, clairement impressionné, en fit de même et laissa tomber son livre, ce qui fut une fatale erreur. Tout se produisit en un éclair. Le Monstrueux Livre des Monstres se glissa sous l'enclos en jappant férocement contre Buck. L'hippogriffe, surpris et furieux, se rabroua, faisant alors tomber Harry sur le sol dans un craquement sinistre.
Lavande et Parvati poussèrent un hurlement à s'en casser les cordes vocales. Même les Serpentard, habituellement réputés pour dédaigner les malheurs des autres élèves, ne s'amusèrent pas de la situation. Hagrid tentait de remettre son collier à Buck qui agitait ses énormes ailes en piaffant. Ron était le premier à être auprès de Harry, qui semblait se tordre de douleur parmi la terre battue de l'enclos.
Hermione courut ouvrir la porte de la barrière pendant que Hagrid hissait sans peine Harry sur son épaule. Draco vit une longue et profonde entaille dans le bras de son ami. Du sang coulait sur l'herbe et Hagrid se mit à courir en direction du château. Bouleversé, le reste de la classe le suivit en se contentant de marcher. Les élèves de Serpentard se déchaînaient contre Hagrid.
– Ils devraient le renvoyer sur-le-champ ! dit Pansy Parkinson, d'une voix très forte. Je vais écrire à mes parents dès ce soir pour tout leur raconter.
– C'était un accident ! répliqua Ron. Hagrid n'y est pour rien du tout.
Lorsque les élèves montèrent les marches de pierre, le hall d'entrée était désert.
– Je vais aller voir comment il va ! dit Hermione qui disparut dans les étages.
Ron et Dean regardèrent fixement Draco qui n'avait toujours rien dit depuis.
– Tu veux qu'on monte aussi ? suggéra Ron. Peut-être que Pompresh nous laissera le voir à tour de rôle.
– Tout est de ma faute, murmura Draco, encore sous le choc. À cause de moi, Harry est blessé et Hagrid va avoir de très gros ennuis. J'aurais dû faire plus attention à mes affaires...
– Mais non, ça n'a rien à voir, rassura Dean. Ces livres sont imprévisibles.
Toutefois, ces mots n'eurent aucun effet sur Draco qui ne se montra plus du restant de la journée. Ron et Hemione lui réservèrent une place pour le dîner, en vain. Ils finirent par remonter dans la salle commune avec une part de tourte enveloppée dans une serviette. Draco était assis à une des tables, semblant faire ses devoirs. Son cahier de métamorphose était ouvert à une page qui ne contenait que la date du jour.
– On t'a apporté à manger, dit Hermione en lui tendant sa part de tourte.
– Je n'ai pas très faim.
– Ne dis pas ça ! Tu seras trop fin pour entrer dans ta tenue pour l'anniversaire de Pansy, sinon ! plaisanta Ron. On est allé voir Harry. Il s'est étonné de ne pas t'avoir vu. On lui a dit que tu viendrais sans doute demain. Il va mieux en tout cas. Pomphresh dit qu'il va être assez restreint dans ses mouvements les prochaines semaines. (Silence) Dubois n'est pas très content. Ça veut dire pas de Quidditch pour lui.
Draco se prit la tête entre les mains et maugréa quelque chose comme : « Tout le monde va encore me détester ». Hermione hésita à poursuivre la conversation. Mais il valait mieux que Draco ait tous les éléments en main plutôt qu'il ne l'apprenne par quelqu'un d'autre.
– Le conseil d'administration a été averti, dit-elle. Je pense qu'il y aura une réunion dans la semaine pour délibérer du cas de Hagrid. Pour l'instant, les cours avec lui sont suspendus.
– Parfait, marmonna Draco en rassemblant ses affaires. Vous m'excusez mais je vais aller me jeter du haut de la tour d'astronomie avant que quelqu'un ne me pousse à le faire.
– Ne soit pas idiot, rétorqua Hermione. Personne n'a quoi que ce soit à te reprocher.
À l'évidence, elle avait tort. Le lendemain matin au petit-déjeuner, bon nombre de Gryffondor faisaient bien attention à ne pas adresser la parole à Draco. Celui-ci mangeait tranquillement dans un coin avec Neville quand Seamus étala la Gazette du Sorcier sur la table.
– Hé ! Ils disent qu'on a repéré Sirius Black !
– Où ça ? demandèrent les autres d'une même voix.
– Pas très loin d'ici, répondit Seamus, l'air surexcité. C'est une Moldue qui l'a vu. Bien sûr, elle n'a pas très bien compris ce qu'il se passe. Les Moldus pensent qu'il s'agit d'un criminel ordinaire. Alors, elle a téléphoné au numéro vert et quand les gens du ministère sont arrivés, il était déjà parti.
Draco était paralysé d'effroi et il fut incapable d'avaler quoique ce soit d'autres. Il préféra alors attendre Neville en commençant son devoir d'Histoire de la Magie pour la semaine prochaine. Un froissement d'ailes lui fit lever le nez. Boniface, le hibou Grand Duc de sa famille, tenait dans son bec une enveloppe. Draco le remercia en caressant son plumage tacheté et l'autorisa à engloutir un hareng (poisson qu'il détestait). Sans aucune surprise, c'était une lettre de son père.
Draco,
Je viens d'être averti par le professeur Dumbledore qu'un élève avait été blessé au cours de la leçon de Soins aux Créatures magiques, tenue par Rubeus Hagrid. Je suis étonné que tu ne m'aies pas fait part de la nouvelle en premier. As-tu déjà oublié mes recommandations ? Dans tous les cas, une réunion se tiendra vendredi soir, avant le dîner, pour connaître la responsabilité de ton soi-disant professeur et les mesures de sécurité que nous devons prendre pour empêcher de tels accidents de se reproduire. Les douze membres du conseil seront bien évidemment présents et je te saurai gré de venir afin d'apporter ton témoignage.
Ton Père
Draco était honnêtement mort de peur. D'un côté, s'il disait la vérité, Hagrid pourrait sans doute conserver son poste mais son père serait fou de rage. Et de l'autre, si Draco mentait, Hagrid serait renvoyé et Harry – ainsi que tous ses autres camarades de Gryffondor – ne lui adresserait sans doute plus la parole. La mort dans l'âme, il se dirigea vers les serres pour le cours de Botanique. Il était si distrait que Neville fit pratiquement tout le travail sans se plaindre.
– Désolé, formula Draco. J'étais ailleurs.
– Ce n'est pas trop grave. J'aime bien cette matière. Et puis, j'ai l'habitude d'être tout seul.
– C'est triste.
– On s'habitue, dit Neville, résigné. C'est normal que des élèves aussi cool que Harry ou toi restiez uniquement tous les deux la plupart du temps.
Ils étaient désormais dans le Grand Escalier, se laissant conduire au cours d'Histoire.
– On ne reste pas ensemble parce qu'on se trouve cool. Nous sommes juste très amis. Et puis, toi tu as Ron, non ?
– Ouais, c'est vrai. Mais Ron est un peu... enfin bref. Je me sens un peu nul comparé à lui.
Draco n'ajouta rien, pensif. Il tenta de se concentrer en Histoire de la Magie sans grand succès. Le professeur Binns continuait sa leçon d'un ton monocorde sans lever le nez de ses notes. Théodore, qui était pourtant assis au premier rang, avait ramené son chat Desdémone dans son sac et leur enseignant ne remarqua rien du tout. À la sonnerie, ils se dirigèrent tous au troisième étage avec les Serdaigle pour leur cours commun de DFCM.
À leur plus grande surprise, Harry était dans le couloir, avec des béquilles. Draco fut le dernier à lui souhaiter un bon retour, regardant partout, sauf dans sa direction. Le professeur Lupin n'était pas là lorsqu'ils arrivèrent. Ils s'installèrent dans la classe, sortirent leurs affaires et commençèrent à bavarder de choses et d'autres lorsqu'il apparut enfin. Lupin eut un vague sourire et posa son cartable râpé sur le bureau. Il paraissait aussi miteux qu'à l'ordinaire, mais il avait l'air en meilleure santé, comme s'il avait fait quelques bons repas.
– Bonjour, dit-il. Vous voudrez bien s'il vous plaît remettre vos livres dans vos sacs. Aujourd'hui, nous allons faire des travaux pratiques. Vous n'aurez besoin que de vos baguettes magiques.
Les élèves échangèrent des regards intrigués et rangèrent leurs livres. Ils n'avaient encore jamais eu de séance de travaux pratiques en cours de Défense contre les forces du Mal, à part un épisode mémorable l'année précédente, quand leur ancien professeur avait lâché des lutins de Cornouailles dans la classe. Au fond de la salle de classe, une gigantesque armoire tremblait, comme si quelqu'un y avait enfermé un esprit frappeur. La grande majorité de la classe semblait convaincue que c'était précisément une raison de s'inquiéter. Neville regarda le professeur d'un air terrifié et Seamus Finnigan contempla avec appréhension la poignée de la porte qui s'était mise à s'agiter.
– Les épouvantards aiment les endroits sombres et confinés, dit le professeur. Les armoires, les penderies, les espaces sous les lits, les placards sous les éviers... Un jour, j'en ai vu un qui s'était installé dans une vieille horloge de grand-mère. Celui-ci est arrivé hier après-midi et j'ai demandé au directeur l'autorisation d'en profiter pour faire une séance de travaux pratiques. La première question que nous devons nous poser c'est : « Qu'est-ce qu'un épouvantard ? »
Hermione leva aussitôt la main.
– C'est une créature qui change d'aspect à volonté en prenant toujours la forme la plus terrifiante possible.
– Je n'aurais pas pu donner une meilleure définition, approuva le professeur Lupin, rayonnant. Un point pour Gryffondor. Ainsi donc, l'épouvantard qui s'est installé dans cette penderie n'a encore pris aucune forme. Il ne sait pas encore ce qui pourrait faire peur à la première personne qui se présentera de l'autre côté de la porte. Nul ne peut dire à quoi ressemble un épouvantard quand il est tout seul mais, lorsque je le laisserai sortir, il prendra immédiatement la forme qui fera le plus peur à chacun d'entre nous. Ce qui signifie que nous avons un énorme avantage sur lui. Pouvez- vous me dire lequel, Harry ?
Essayant de ne pas prêter attention à Hermione qui s'était dressée sur la pointe des pieds en levant le doigt vers le plafond, Harry tenta une réponse.
– Étant donné que nous sommes nombreux, il ne saura pas quelle forme prendre pour faire peur à tout le monde en même temps, dit-il.
Le cours du professeur Lupin était incroyablement instructif. Les épouvantards étaient des créatures fascinantes, si on leur enlevait leur sens aigu pour le drame. Quand tout le monde eut appris la formule (« Riddikulus ! »), Lupin les fit se mettre en ligne pour affronter leur pire peur. Ce fut à Neville de commencer et les élèves reculèrent de plusieurs mètres, comme pour se laisser une distance de sécurité.
Un bouquet d'étincelles, jaillissant de l'extrémité de la baguette de Lupin, vint frapper la poignée de la porte qui s'ouvrit brusquement. Le nez crochu, l'air menaçant, le professeur Rogue sortit aussitôt de la penderie en fixant Neville d'un regard flamboyant. Neville recula d'un pas, sa baguette brandie, et remua les lèvres sans parvenir à prononcer la moindre parole. Rogue s'avança vers lui en cherchant sa baguette magique dans une poche de sa robe de sorcier.
– R... R... Riddikulus ! dit Neville d'une petite voix aiguë.
Il y eut alors un bruit semblable à un claquement de fouet. Rogue trébucha et se retrouva soudain avec une longue robe ornée de dentelles, un grand chapeau surmonté d'un vautour empaillé mangé aux mites et un énorme sac cramoisi qu'il tenait à la main. Un grand éclat de rire retentit dans la salle. Harry était très heureux que Pompresh l'ait laissé sortir de l'infirmerie pour assister à ça. C'était du grand délire ! L'épouvantard hésita, visiblement déconcerté, et le professeur Lupin appela alors :
– Hermione, à vous !
L'épouvantard prit un instant puis prit la forme de Dumbledore qui lui disait d'une voix très peinée qu'elle avait raté tous ses examens et qu'elle devait quitter Poudlard sur le champ. La plus grande peur de Ron s'avéra être les araignées pour Seamus, le spectre de la mort.
– Draco, à votre tour !
Hésitant, Draco s'avança. L'épouvantard avait l'air de s'amuser tout autant que les élèves. Il prit la forme de Draco, tout du moins, d'une sorte de Draco. L'épouvantard était beaucoup plus malingre et avait un visage disgracieux plein d'acné. Ce Draco-là, sortit tout droit des cauchemars du concerné, était clairement moche. Il se mit à sourire niaisement, découvrant alors des dents mal alignées mais redressées par un appareil dentaire.
– Bonjour les amis, dit l'épouvantard avec la voix de Draco avec des airs d'enfant stupide. Ah, oui, c'est vrai, je n'ai pas d'amis...
L'épouvantard mordilla ses doigts et Harry ne sut dire s'il riait à cause de l'épouvantard ou parce que l'authentique Draco criait à quiconque de ne pas regarder dans cette direction, les bras largement écartés pour cacher cette vision d'horreur. L'épouvantard se mit à sucer une mèche de cheveux. Même Lupin semblait se retenir de rire.
– Riddikulus ! s'écria Draco, déterminé à en finir.
Alors, le Draco laid fit place à un jeune homme d'une beauté insolente qui se chantait une ode à lui-même.
– Excellent ! s'exclama le professeur Lupin sous les applaudissements de toute la classe. Bravo, Neville. Bravo, tout le monde. Voyons, je vais donner à Gryffondor cinq points pour chaque élève qui a terrassé l'épouvantard. Cinq points aussi pour Harry.
– Mais je n'ai rien fait, dit Harry.
– Avec Hermione, vous avez répondu correctement aux questions que j'ai posées au début du cours, Harry, dit Lupin d'un ton léger. Encore bravo à tout le monde. Comme devoir, vous lirez le chapitre sur les épouvantards et vous m'en ferez un résumé pour lundi. Ce sera tout.
Surexcités, les élèves quittèrent la salle des professeurs dans un grand brouhaha. Seul Harry n'était pas très content. Le professeur Lupin l'avait délibérément empêché d'affronter l'épouvantard. Pourquoi ? Était-ce parce qu'il l'avait vu s'évanouir dans le train et qu'il ne le croyait pas capable de réussir l'exercice ? Avait-il eu peur que Harry s'évanouisse à nouveau ?
– Hey !
Draco, essoufflé, le rattrapait dans le couloir.
– Désolé pour ta blessure, dit-il. Ron m'a dit que tu ne pourrais pas jouer au Quidditch. Tu as le droit de m'en vouloir, je...
– Je ne t'en veux pas, trancha Harry.
Draco semblait rassuré. Ils discutèrent sur le chemin menant à la salle commune.
– Ton épouvantard était très drôle, dit Harry. Je ne pensais pas que ta plus grande peur serait de te voir moche, bête et seul. J'aurais plutôt imaginé quelque chose comme ton père.
– Ne sois pas stupide. Je n'ai pas une peur panique de mon père. C'est juste que... que j'ai envie de bien faire avec lui, tu comprends ? Il veut d'ailleurs que je témoigne sur ce qu'il s'est passé avec Hagrid vendredi soir. Et puis, il y a la fête de Pansy demain.
Harry ricana. Il préférait cent fois se faire piétiner par un troupeau d'hippogriffes que de devoir affronter ça.
– En tout cas, reprit-il. Je ne comprends pas pourquoi Lupin ne m'a pas laissé m'exercer sur l'épouvantard. Je suis peut-être un peu amoché, mais rien de bien méchant.
– Tu ne comprends pas ? murmura Draco tandis qu'ils arrivaient devant le portrait de la Grosse Dame où Neville avait encore oublié le mot de passe. Lupin a soigneusement évité pendant tout le cours que tu approches l'épouvantard car il redoutait qu'il se transforme en Tu-Sais-Qui devant tout le monde ! Ça aurait été terrible. Tout le monde aurait paniqué, surtout toi.
Harry devait admettre que Draco avait sans doute raison. Cependant, il y avait bien une chose qui lui faisait plus peur : c'étaient les détraqueurs aperçus dans le Poudlard Express.
Ooo
Le lendemain après-midi, Rogue se révéla d'une humeur massacrante et tout le monde savait pourquoi. L'histoire de l'épouvantard de Neville affublé des vêtements de sa grand-mère avait déjà fait le tour de l'école. Mais Rogue n'avait pas goûté la plaisanterie. Chaque fois que quelqu'un prononçait le nom du professeur Lupin, ses yeux lançaient des éclairs menaçants et jamais il ne s'était autant acharné sur Neville.
Directement après les cours, Draco remonta dans la salle commune pour s'habiller de sa robe de sorcier en soie et doublure de velours émeraude. Il l'avait reçu par colis le matin même et elle lui allait comme un gant. L'anniversaire de Pansy se passait dans une salle de classe vide du quatrième étage et se finirait quinze minutes avant le couvre-feu. Draco attrapa sa baguette magique pour se coiffer, s'admira plusieurs fois dans le miroir tandis que Dean, assis à l'autre bout du dortoir, ne le lâchait pas du regard.
– Je crois que je suis prêt, dit-il. Souhaitez-moi bonne chance.
– Tu vas lui offrir quoi ? demanda Ron.
Draco agita sa baguette magique et un bouquet de roses bleus pâles en jaillit. Il fit un clin d'œil et disparut pendant que les autres rejoignaient la Grande Salle pour le dîner. Il emprunta un raccourci et se retrouva devant la pièce réservée pour l'occasion. Draco n'aurait pas pu se tromper car deux angelots montaient la garde en jetant des confettis roses sur la tête de tous les invités qui entraient dans la salle de classe vide et des poignées d'épines à tous ceux n'étant pas sur la liste.
L'intérieur avait été redécoré par des portraits ensorcelés de Pansy placardés sur les murs, qui hurlaient aux invités peu réactifs de s'amuser et de danser. Draco déposa son bouquet de fleurs sur la pile de cadeaux déjà immense. La majorité des élèves – une bonne trentaine – étaient de Serpentard. Il y avaient quelques Serdaigle, mais aucun Poufsouffle. Draco, lui, semblait être le seul rouge et or. Une boule à facette planait au-dessus des invités et irradiait la salle. Seul Théodore, resté dans un coin, assis sur une chaise, ne semblait pas prendre part aux festivités. Il avait l'air perdu dans ses pensées, ses mains jouant avec une serviette en papier.
– Draco ! gloussa Pansy en claquant deux bises sur ses joues. Viens, viens on va danser ! On n'a pas beaucoup de temps.
Elle l'attira au centre de la piste de danse, mis ses bras autour de son cou et commença à se mouvoir au gré de la mélodie. C'était une chanson terriblement mélancolique des Bizarr'Sisters.
– Tu me trouves comment ?
Draco regarda sa tenue. Pansy était bien trop maquillée. Elle portait une longue robe violette et s'était, sans conteste, rembourré la poitrine.
– Bien, mentit-il en regardant ailleurs. Au fait, joyeux anniversaire.
– Merci.
Elle le serra fort dans ses bras et ne le lâcha pratiquement pas de toute la soirée. Ils s'amusèrent à des jeux sorciers, discutèrent un peu des cours, puis deux elfes apportèrent aux alentours de vingt heures une pièce montée d'une taille respectable. Pansy souffla ses bougies et Draco était certain qu'une partie de son vœu le concernait d'une manière plus ou moins directe. Même si son cadeau avait été le plus médiocre de tous, Pansy le remercia avec un petit rire hystérique et refusa de le laisser partir sans l'avoir embrassé.
En retournant dans sa salle commune, Draco ne sut dire s'il avait passé un bon ou un mauvais moment. Au moins, ça avait été plutôt rapide grâce au couvre-feu. Harry était assis près de la cheminée avec les autres membres de l'équipe de Quidditch. Olivier Dubois, un garçon de dix-sept ans à la silhouette massive, était en septième et dernière année d'études à Poudlard. Il y avait quelque chose de désespéré dans le ton de sa voix lorsqu'il s'adressa à ses camarades :
– Cette fois, c'est notre dernière chance – ma dernière chance – de remporter la coupe de Quidditch, leur dit-il en faisant les cent pas devant eux. Je quitte définitivement l'école à la fin de l'année. Je n'aurai donc plus jamais d'autre occasion. Il y a maintenant sept ans que Gryffondor n'a plus gagné la coupe. Nous avons eu toute la malchance du monde – des blessures, l'annulation du tournoi l'année dernière en plein milieu de l'année à cause de la Chambre des Secrets... (Dubois s'interrompit, comme si ces souvenirs lui serraient encore la gorge) Et maintenant, Harry est blessé alors que le premier match de la saison arrive à grands pas...
Harry se tourna vers Draco.
– Je pense que Draco pourrait très bien me remplacer.
Fred et George étaient sur la réserve, et Dubois aussi.
– Il vole très bien ! assura Harry.
– Oui, mais ça fait longtemps que je n'ai pas..., tenta Draco, blême.
– Ça fera l'affaire, conclut Dubois, complètement désespéré. Draco, on s'entraînera dimanche sur le terrain à 10H. Si tu es suffisamment bon, on te gardera dans l'équipe. Ça vous convient tous ?
Les autres acquiescèrent, ne voyant pas d'autres solutions alternatives. Quand ils se furent dispersés, Draco s'assit en face de Harry.
– Tu es complètement fou ! Si ça se trouve, je vais être lamentable.
– Tu ne seras pas lamentable, et puis...
Il eut un long hurlement. Pattenrond, le chat de Hermione, avait bondi sur Ron, tentant de débusquer quelque chose se trouvant dans sa poche. Son vieux rat en sortit et courut partout dans la salle commune, parmi les élèves, et alla se cacher sous une bibliothèque. Pattenrond feula d'impatience en tentant de le débusquer.
Ron et Hermione se précipitèrent. Hermione attrapa Pattenrond et le prit dans ses bras tandis que Ron se jetait à plat ventre et parvenait à grand-peine à tirer son rat par la queue.
– Regarde ça ! dit-il avec fureur en agitant Croûtard sous le nez d'Hermione. Il n'a plus que la peau sur les os ! Empêche ton chat de le martyriser !
– Ce pauvre Pattenrond ne comprend pas que ce n'est pas bien, répondit Hermione d'une voix tremblante. Tous les chats courent après les rats !
– Il est bizarre, ton animal ! cria Ron en s'efforçant de faire rentrer dans sa poche son rat qui ne cessait de gigoter. Il a compris quand j'ai dit que j'avais Croûtard sur moi ! Il en a après lui !
Ron ne laissa pas plus de temps à Hermione pour s'expliquer et alla s'isoler en des enjambées furieuses dans leur dortoir. Hermione alla les rejoindre près du feu, tremblante. Pattenrond s'échappa de ses bras et alla se rouler en boule sur les genoux de Draco.
– Je ne comprends pas, prononça-t-elle. C'est la deuxième fois qu'il s'en prend à Croûtard. Il va falloir que je le dresse.
– Ma mère avait un chat dérangé aussi, quand elle était petite, raconta Draco. Il s'appelait Mr Bumberton. Il voulait toujours se rendre dans des endroits bizarres. Il a même uriné sur mon père le jour où il est venu la chercher pour leur premier rendez-vous. C'est pour ça que mon père déteste les chats, enfin, je suppose. En tout cas, Mr Bumberton a été une calamité et quand ma mère a quitté sa maison pour vivre avec mon père, elle n'a pas pu le prendre avec elle. Son chat est mort de tristesse peu après.
– Réjouissant, marmonna Harry qui vérifiait la solidité de son plâtre.
– Non, en fait ce que je veux dire, pour résumer, c'est que Mr Bumberton n'a pas été comme ça gratuitement envers mon père. Il a agi dans un but précis. Les animaux sorciers sont très possessifs vis-à-vis de leur maître. Je ne crois pas que Pattenrond soit mal dressé. Il veut sans doute nous dire quelque chose. C'est courant. Mon hibou Boniface lui, il régurgite des carcasses de souris quand il est fou de rage.
Le lendemain, Ron n'avait toujours pas pardonné à Hermione. Il lui adressa à peine la parole pendant le cours de Botanique alors qu'il travaillait à la même table qu'elle, en compagnie de Harry.
– Comment va Croûtard ? demanda timidement Hermione qui vidait dans un seau de bois de grosses cosses rosées pleines de haricots étincelants.
– Il se cache au fond de mon lit et n'arrête pas de trembler, répondit Ron avec colère, manquant le seau et répandant ses haricots sur le sol.
– Attention, Weasley, attention ! s'écria le professeur Chourave tandis que les haricots germaient brusquement sous leurs yeux.
Draco avait observé la scène depuis l'autre côté de la serre, assis auprès de Neville. Pour lui, la journée se déroula atrocement vite et, avant même d'avoir pu dire Quidditch, il se retrouva face à la salle du conseil administratif de l'école. Draco toqua faiblement et entra après en avoir eu l'autorisation. Douze parents d'élèves, dont son père, étaient assis à une très longue table. Il y avait également Dumbledore et Hagrid.
– Installe-toi, Draco, pria le directeur. Bien, nous venons d'entendre la version de Hagrid tout à l'heure, c'est désormais à ton tour.
Alors Draco fit le récit élaboré de ce premier cours jusqu'au moment où il dût aborder le point crucial. Son regard croisa celui de son père, puis celui du garde-chasse.
– J'ai... J'ai..., bafouilla-t-il.
– Calmez-vous, mon garçon, dit Mrs Londubat, la grand-mère de Neville. Reprenez votre souffle.
– Quand Harry a atterri avec l'hippogriffe, j'ai lâché mon livre et il a fait peur à l'animal. C'est comme ça qu'il est tombé.
– Donc la chute de Mr Potter n'a rien à voir avec l'incompétence de votre professeur ? suggéra un membre du conseil.
– Ce que veux dire mon fils, intervint Lucius, les yeux brillants de malveillance, c'est que si le livre qu'aurait conseillé Hagrid à ses élèves cette année avait été un manuel ordinaire et parfaitement inoffensif, rien de tout cela ne se serait produit. N'est-ce pas Draco ?
– Non, je pense que c'est juste un accident. Un horrible accident.
Lucius Malfoy semblait de très mauvaise humeur. Dumbledore congédia Draco et le pria de retourner dans la Grande Salle pour le dîner. Cela se déroula tellement rapidement que le Gryffondor ne sut dire s'il avait été d'une quelconque aide pour Hagrid et Buck. Comme si sa soirée ne pouvait être pire, Draco apprit que Harry ne pourrait définitivement pas se rendre à Pré-au-Lard car le professeur MacGonagall avait refusé de signer son autorisation. Ron traita le professeur McGonagall de toutes sortes de noms qui indignèrent Hermione. La Gryffondor, elle, semblait penser que tout était pour le mieux, ce qui augmenta la fureur de Ron. Quant à Harry, il dut subir en silence les conversations enthousiastes de ses camarades qui faisaient toutes sortes de projets pour leur première visite dans le village sorcier.
Le samedi matin, Hermione, Draco et Ron étaient chacun emmitouflés dans leur cape et promirent à Harry de lui ramener toutes sortes de choses des boutiques qu'ils visiteraient. Quand ils eurent tous fini de lui dire au revoir, Draco lui glissa discrètement un mot dans le creux de la main.
Utilise la cape d'invisibilité et la carte du Maraudeur pour me rejoindre.
Il y a un passage secret qui mène directement à Pré-au-Lard.
À tout à l'heure !
Avant même que Harry puisse ajouter quoique ce soit, Draco et les autres s'étaient déjà éloignés.
