Posté le : 21 Novembre 2014. Aurélie et Noé ont pu profiter de la lecture en avant-première de la moitié du chapitre grâce à la loterie facebook ! Cheers !


Note : Dans ce chapitre, il y a eu des passages que je n'ai pas pu modifier par rapport aux livres. Ça me gêne car dans une réécriture on est tout de même censé changer le plus de choses possibles, mais bon, malheureusement ce n'est pas toujours possible. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas trop rigueur. Les prochains chapitres seront beaucoup plus originaux, promis !


Réponses aux reviews anonymes :

Margaux : Je pense que si tu as moins aimé le chapitre précédent (et peut-être cela sera le cas pour celui-ci également) c'est parce qu'il suit la trame du tome 3. Jusqu'à présent, je n'ai pas réussi à grandement m'en défaire car il y a des choses qu'on ne peut pas modifier, au risque de zapper tout un pan de l'histoire. Mais bientôt (très bientôt), cela ne sera plus du tout le cas ! C'est aussi pour cette raison que j'ai vraiment envie d'en arriver au tome 4, car à partir de là, il y aura énormémemnt de changements !

Dragoncelle : Merci à toi pour ta review ! Écrire est pour moi un plaisir.

Azhara : Haha, c'était tellement subtile la scène entre Dean et Draco que bon, c'était facilement « manquable » on va dire. Donc je te pardonne. On retrouvera prochainement leur « couple » mais pas tout de suite car je dois d'abord mettre des trucs en place pour l'histoire. Sinon, j'adore les reviews longues, haha (comme la teub de Blaise, gosh).

Juste : Je suis tout à fait d'accord avec ton raisonnement : chacun a sa propre évolution concernant la sexualité. C'est con à dire, même à notre époque, mais ce n'est pas forcément une chose acquise. Il n'y a pas de notion de temps lorsqu'il s'agit de rapport intime. Comme dirait Gandalf, « Un magicien n'est jamais en retard ni en avance d'ailleurs Frodon Sacquet. Il arrive précisément à l'heure prévue ».


Tome 3 : « Draco Malfoy et la croisée des chemins »

Partie 2

2/2

« La carte du Maraudeur »

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Harry courut aussi vite que sa jambe emplâtrée le lui permettait jusqu'au dortoir pour prendre tout ce dont il avait besoin. Il s'était arrêté, au milieu du couloir du deuxième étage. En observant attentivement le parchemin, Harry vit sa minuscule image qui tapotait la statue de la sorcière avec sa baguette magique. Le jeune sorcier saisit sa vraie baguette et tapota la statue. Rien ne se produisit. Il consulta à nouveau la carte. Une toute petite bulle, comme dans une bande dessinée, apparut alors à côté de son image. Il y était écrit le mot « Dissendium ».

Dissendium ! murmura Harry en donnant un coup de baguette sur la statue.

Aussitôt, la bosse de la sorcière glissa latéralement en dégageant un espace suffisant pour permettre le passage d'une personne plutôt mince. Harry rangea sa carte et plongea tête la première dans l'ouverture. Il glissa longuement dans une sorte de toboggan de pierre puis atterrit sur un sol de terre froid et humide.

Il se releva dans une obscurité totale, sortit sa baguette et marmonna : « Lumos ! » Un rai de lumière éclaira alors un passage étroit et bas de plafond creusé dans la terre. Il tapota la carte avec l'extrémité de sa baguette magique en murmurant: « Méfait accompli ! » Instantanément, le parchemin redevint vierge. Il le plia soigneusement, le rangea dans sa poche et avança dans le passage, le cœur battant, dans un mélange d'excitation et d'appréhension.

Le passage décrivait des courbes incessantes. Harry avait l'impression de se trouver dans le terrier d'un lapin géant. La baguette en avant pour éclairer la voie, il avança d'un bon pas, trébuchant de temps à autre sur le sol inégal. Enfin, le passage remonta en pente douce. Le souffle court, Harry hâta le pas, les joues brûlantes, les pieds glacés. Il parvint enfin à une trappe qu'il souleva. Il se trouvait dans une cave remplie de caisses et de cageots.

Harry se hissa à travers l'ouverture et referma la trappe. Elle se fondait si parfaitement dans la poussière du sol qu'il était impossible de la remarquer. Il s'avança sans bruit vers l'escalier de bois qui menait au rez-de-chaussée. À présent, il entendait des voix. Un instant plus tard, une porte s'ouvrit, puis se referma. Quelqu'un s'apprêtait à descendre à la cave.

– ...Et rapporte-moi aussi une autre boîte de Gommes de Limaces, chéri, dit une voix de femme. Il n'y en a presque plus.

Harry se précipita derrière une énorme caisse et attendit. Quelqu'un déplaçait des boîtes en carton contre le mur d'en face. C'était le moment ou jamais... Harry suivit l'homme et déboucha sur une large pièce remplie à craquer de confiseries. Des nougats moelleux, des cubes de glace à la noix de coco, des caramels dorés, des centaines de chocolats différents disposés en rangées bien nettes. Il y avait aussi un grand tonneau rempli de dragées surprises de Bertie Crochue et un autre qui contenait des Fizwizbiz, les fameux sorbets qui permettent de s'élever au-dessus du sol, et dont Ron lui avait déjà parlé. Bref, le paradis.

Harry ne s'y attarda guère et essaya de repérer Draco quelque part, parmi cet amas de neige. Il espéra simplement que personne ne remarquerait ses traces de pas sur le sol. S'il se faisait prendre, s'en était fini de lui ! Harry finit par remarquer une tête blonde, qui se distinguait du reste, près de chez Zonko. Draco se servait d'une taie d'oreiller pour contenir chacun de ses achats.

– C'est moi, murmura Harry.

Draco sursauta. Il se tourna vers son ami comme s'il pouvait réellement le voir. Au loin, Hermione et Ron se disputaient pour savoir s'il valait mieux se rendre d'abord chez Scribenpenne pour acquérir de nouvelles plumes ou à la poste pour acheter des enveloppes suffisamment grandes pour contenir des sorts. Ils marchaient côte à côte quand Draco s'écria :

– Euh, j'ai oublié que je devais aller voir Pansy au Trois Balais ! Je vous verrais plus tard.

Et Draco entraîna Harry à sa suite.

– Il faut absolument que tu goûtes la Bièraubeurre, dit-il. C'est un baptême obligé !

Le pub était chaleureux et légèrement bruyant. Draco trouva un large fauteuil où il pouvait s'asseoir avec Harry en se serrant un peu, sans que cela ne fasse suspect. Il glissa discrètement un verre sous la cape de son meilleur ami et ils burent en silence. Toutefois, le bonheur fut de courte durée. À l'autre bout du comptoir, ils repérèrent plusieurs enseignants de Poudlard ainsi que le ministre de la magie qui discutaient à voix basse avec la gérante. Harry crut entendre le nom de Sirius Black. Il tira Draco jusqu'aux toilettes des hommes et ils s'enfermèrent dans une cabine.

– Il faut qu'on entende ce qu'ils sont en train de dire, chuchota Harry. Viens sous la cape avec moi.

Draco s'exécuta puis ils ressortirent le plus silencieusement possible.

– … Sans aucun doute, dit Fudge. Potter avait une confiance absolue en Black. Et c'était toujours vrai quand ils ont quitté l'école. Black était témoin au mariage de James et de Lily. Et c'est lui qui a été le parrain de Harry. Harry ne sait rien de tout cela, bien sûr. Vous imaginez l'effet que ça lui ferait ? Rares sont ceux qui savent que les Potter étaient parfaitement conscients d'être la cible de Vous-Savez-Qui. Dumbledore, qui luttait sans relâche contre le Mage noir, disposait d'un bon nombre d'espions fort utiles. L'un d'eux l'a mis au courant et Dumbledore a immédiatement averti James et Lily. Il leur a conseillé de se cacher. Mais comme vous vous en doutez, il était difficile de se cacher de Vous-Savez-Qui. Alors, Dumbledore leur a dit que le meilleur moyen, c'était d'avoir recours à un sortilège de Fidelitas. Black est devenu Gardien du Secret puis les a aussitôt vendu à Vous-Savez-Qui.

– Misérable traître abject et répugnant ! s'exclama Hagrid d'une voix si forte que la moitié des clients interrompirent leurs conversations.

– Chut ! dit le professeur McGonagall.

– Mais il n'a pas réussi à s'enfuir, n'est-ce pas ? demanda Mrs Rosemerta avec une certaine satisfaction. Le ministère de la Magie l'a attrapé le lendemain !

– Si seulement nous avions pu ! soupira Fudge avec amertume. Ce n'est pas nous qui l'avons retrouvé. C'est Peter Pettigrow, un autre ami des Potter. Fou de chagrin et sachant que Black avait été le Gardien du Secret des Potter, il s'est lancé tout seul à sa poursuite.

– Pettigrow... C'était ce petit garçon grassouillet qui traînait toujours derrière eux ? dit Madame Rosmerta.

– Il vouait un véritable culte à Black et Potter, dit le professeur McGonagall. Mais il n'était pas du tout à leur niveau. Il m'est arrivé d'être assez sévère avec lui. Vous imaginez à quel point je... je le regrette aujourd'hui.

Tout à coup, on aurait dit qu'elle était enrhumée.

– Allons, Minerva, n'ayez pas de remords, dit Fudge avec sympathie. Pettigrow est mort en héros. Les Moldus qui ont assisté à la scène ont subi un sortilège d'Amnésie, bien sûr, mais d'autres témoins nous ont dit que Pettigrow a coincé Black et qu'il sanglotait en disant: « Lily et James ! Comment as-tu pu faire ça, Sirius ? » Il a sorti sa baguette magique, mais Black a été plus rapide. Il a réduit Pettigrow en miettes... À l'époque, j'étais directeur du Département des Catastrophes magiques et j'ai été un des premiers à me rendre sur place après la tuerie. Je ne l'oublierai jamais. Il m'arrive encore d'en rêver. Il y avait au milieu de la rue un cratère si profond que les canalisations des égouts avaient éclaté. Des cadavres jonchaient le sol, les Moldus hurlaient. Et Black riait aux éclats devant ce qu'il restait de Pettigrow : une robe de sorcier ensanglantée et quelque fragment de son corps... Un doigt ! Un seul doigt à emmener à sa pauvre mère pour l'enterrer.

La voix de Fudge s'interrompit. On entendit cinq personnes se moucher.

– Et voilà toute l'histoire, dit Fudge d'un ton grave. Black a été emmené par vingt sorciers de la brigade magique et Pettigrow a été décoré de l'Ordre de Merlin, première classe, à titre posthume, ce qui a représenté, je crois, un certain réconfort pour sa pauvre mère. Depuis ce temps-là, Black a été enfermé à Azkaban. J'ai cependant rencontré Black lors de ma dernière inspection à Azkaban. La plupart des prisonniers passent leur temps enfermés dans le noir à marmonner des paroles dénuées de sens... Mais j'ai été frappé de constater à quel point Black paraissait normal. Il m'a parlé d'une manière parfaitement raisonnable. C'en était même déconcertant. On avait l'impression qu'il s'ennuyait, c'est tout. Il m'a demandé très calmement si j'avais fini de lire mon journal et si je voulais bien le lui donner... Il regrettait de ne plus pouvoir faire de mots croisés ! J'ai été stupéfait de voir que les Détraqueurs avaient eu si peu d'effet sur lui. Il était pourtant un des prisonniers les mieux gardés. Black, comme toute sa famille, a toujours excellé dans l'art de la traîtrise, malheureusement. Il semblait être un très gentil garçon, à l'époque, selon Dumbledore. Un peu turbulent, c'est vrai... Mais jamais nous aurions pu supposer qu'il rejoindrait le camp de Vous-Savez-Qui ! Maintenant, il veut tuer Harry pour finir le travail de son maître !

Draco pressa le bras de Harry sous la cape et le força à sortir. Ils en avaient déjà trop entendu. Ils s'éloignèrent jusqu'aux abords de la Cabane Hurlante.

– Tu savais, n'est-ce pas ? rugit Harry. Tu savais que Black était mon parrain ?

– Non ! protesta Draco, sincère. Je sais juste, comme toi, qu'il était ami avec ton père. Ma mère ne m'a même jamais dit pourquoi son cousin était en prison ! Écoute, Harry, je sais que tu es bouleversé par ce que tu viens d'entendre, mais il faut que tu te mettes à réfléchir. Tout ça n'est pas très logique ! Pourquoi Sirius Black voudrait te tuer ? Je veux dire... Il y aurait tellement plus de choses à faire en sortant de prison ! Fudge l'a dit lui-même : Black avait l'air normal il y a quelques temps seulement. Et quelqu'un de normal ne foncerait pas ici tête baissée.

– Sors de la cape. Je dois retourner à Poudlard avant la tombée de la nuit, prononça Harry d'un ton froid.

Draco consentit à obéir et regarda ses traces de pas dans la neige s'éloigner à grande vitesse. Il ne pouvait pas en vouloir à Harry de prendre ses distances. Un membre de sa famille avait ouvertement trahi la sienne. Il espéra cependant qu'ils continueraient d'être amis. En retournant au château avec Ron et Hermione, Draco dû faire semblant de s'être amusé pour ne pas attirer l'attention. Harry n'était pas dans la salle commune. Ils le retrouvèrent dans le dortoir, déjà lavé et habillé pour dormir.

– Et voilà, dit Ron en versant une taie d'oreiller pleine à craquer sur son lit. On en a rapporté le plus possible.

Une pluie de bonbons aux couleurs étincelantes tomba sur les genoux de Harry. Les joues rosies par le vent, Ron avait l'air d'avoir passé le meilleur moment de leur vie.

– Merci. Alors, c'est comment, Pré-au-lard ? feignit Harry en prenant un paquet de minuscules Gnomes au poivre. Où est-ce que vous êtes allés ?

Apparemment, ils avaient tout visité : Derviche et Bang, le magasin d'objets magiques, Zonko, la boutique de farces et attrapes, Les Trois Balais, le bar où on servait des chopes mousseuses de Bièraubeurre et beaucoup d'autres endroits. Seul Draco était resté à l'écart, enlevant ses bottes et ses gants en peau de dragon. Face à la mauvaise humeur apparente de Harry, Hermione retourna dans son dortoir et Ron se tut.

– Enfin, on espère que la prochaine fois tu viendras avec nous.

Harry finit par s'endormir, son esprit peuplé de cauchemars où Draco le traînait de force dans un immense trou où Voldemort l'attendait, déterminé à en finir. Il se réveilla en sursaut tandis que l'aube se profilait à travers la fenêtre. Harry balaya du regard l'ensemble de son dortoir : Neville dormait paisiblement sur le ventre. Ron, à l'autre bout, blottissait Croûtard contre sa poitrine. Draco, lui, était éveillé. Il semblait écrire quelque chose sur un parchemin. Draco leva le nez dans la direction de Harry et chuchota :

– J'écris à ma mère. Je veux savoir ce qui est vraiment arrivé à Sirius Black. Tu peux m'accompagner dans la volière, si tu veux.

Harry acquiesça et alla faire sa toilette dans la salle de bain. Quand ils furent tous les deux prêts, Draco attrapa son enveloppe ainsi qu'un paquet de Miamhibou, puis ils quittèrent leur dortoir. La tour Gryffondor toute entière semblait encore endormie. Ni l'un, ni l'autre ne prononça le moindre mot le long du chemin. Une fois dans la volière, Hedwige fondit vers Harry d'un air digne et la patte tendue.

– Non, je n'ai rien pour toi aujourd'hui, dit-il.

Draco la consola avec une friandise.

– Electra, viens !

La chouette hulotte de Draco fit plusieurs looping de joie et accepta volontiers le courrier.

– Il faut que tu donnes vite ça à ma mère. Si sa réponse n'est pas suffisamment longue, je t'autorise à ne pas revenir et à l'embêter !

– Tu as le droit de faire ça ? s'inquiéta Harry.

– J'ai tous les droits, tu sais.

Electra dévora deux Miamhibou puis finit par s'envoler à travers une des ouvertures. Ils se rendirent dans la Grande Salle quasiment déserte pour prendre leur petit-déjeuner puis décidèrent de rendre visite à Hagrid afin d'en savoir plus à propos de la décision du conseil. Le garde-chasse fendait des bûches dans son potager quand il les aperçut au loin.

– Bonjour Hagrid, lança Harry.

– Ah, salut vous deux. Qu'est-ce qui vous amène ?

– Eh bien, on aimerait en savoir plus sur ce qu'il s'est passé après mon témoignage, formula Draco. Est-ce que vous êtes renvoyé ?

– Non, dit tristement Hagrid. Mais Buck, il... enfin, j'ai reçu un courrier et une commission va voir s'il est dangereux ou non.

– C'est n'importe quoi ! s'énerva Harry.

Mais rien ne put remonter le morale du garde-chasse. Ils retournèrent dans la salle commune récupérer le Nimbus 2001 de Draco. Dubois était déjà dans les vestiaires, mettant au point une stratégie particulièrement compliquée. Dès les premières minutes de vol, Harry sut que Draco se débrouillait très bien au poste d'attrapeur. À la fin de la séance d'entraînement, tous les joueurs durent admettre que Draco ferait un remplaçant parfait pour le match contre Poufsouffle.

– Je pense qu'on a une chance de s'en sortir, formula Dubois, confiant. Allez, on a mérité de se mettre à l'abri.

Harry et Draco occupèrent le reste de leur journée à faire leurs devoirs en compagnie de Ron et d'Hermione.

– On ferait bien d'y aller, maintenant, dit-elle en regardant sa montre. Le banquet d'Halloween va commencer dans cinq minutes...

Ils avaient à peine remarqué que la nuit commençait à tomber. La Grande Salle était éclairée par des centaines de citrouilles évidées dans lesquelles brûlaient des chandelles. Des nuées de chauves-souris voletaient en tous sens et des serpentins orange ondulaient paresseusement comme des vipères d'eau sous le ciel magique.

Les mets étaient délicieux. Même Ron et Hermione qui, la veille, s'étaient gavés de bonbons chez Honeydukes reprirent de chaque plat. Harry jetait sans cesse des regards en direction de la table des professeurs. Lupin avait l'air joyeux et aussi bien que possible. Il parlait avec animation au minuscule professeur Flitwick qui enseignait les sortilèges. Harry tourna les yeux vers Rogue. Était-ce un effet de son imagination ou bien Rogue regardait-il Lupin avec un peu trop d'insistance ?

À la fin du banquet, les fantômes de Poudlard offrirent un beau spectacle. Surgis des murs et des tables, ils se mirent à voler en formation, décrivant des figures de voltige. Nick Quasi- Sans-Tête, le fantôme de Gryffondor, remporta un beau succès en mimant sa décapitation bâclée. Ce fut une soirée admirable que rien ne semblait pouvoir gâcher. Draco suivit ses camarades jusqu'à la tour de Gryffondor, mais quand ils arrivèrent dans le couloir au bout duquel était accroché le portrait de la Grosse Dame, la foule était si dense qu'ils ne pouvaient plus avancer.

– Qu'est-ce qui se passe ? s'étonna Ron. Pourquoi ils n'entrent pas dans la salle ?

Harry essaya de jeter un coup d'œil par-dessus les têtes. Le portrait semblait fermé.

– Laissez-moi passer, dit la voix de Percy qui se fraya un chemin parmi la foule en prenant des airs importants. Pourquoi c'est bloqué, ici ? Vous n'avez quand même pas tous oublié le mot de passe ? Allons, écartez-vous, je suis préfet-en-chef, je vous ferai d-... (Il se tut brusquement) Que quelqu'un aille chercher le professeur Dumbledore ! Vite !

Un instant plus tard, le professeur Dumbledore fendit la foule en direction du portrait. Les élèves se serraient les uns contre les autres pour lui faire de la place et Harry, Draco, Ron et Hermione en profitèrent pour aller voir d'un peu plus près ce qui se passait.

– Oh, là, là ! s'exclama Hermione en saisissant le bras de Draco.

Ce dernier semblait pétrifié de frayeur. La Grosse Dame avait disparu du tableau que quelqu'un avait lacéré avec une telle violence que des lambeaux de toile jonchaient le sol. Des morceaux entiers du tableau avaient été arrachés. Dumbledore jeta un rapide coup d'œil à la toile détruite et se tourna, le regard sombre, vers les professeurs McGonagall, Lupin et Rogue qui accouraient.

– Il faut absolument la retrouver, dit Dumbledore. Professeur McGonagall, s'il vous plaît, allez tout de suite prévenir Rusard et dites-lui de chercher la Grosse Dame dans toutes les peintures du château.

– Vous aurez de la chance si vous la trouvez ! lança une petite voix criarde.

C'était Peeves, l'esprit frappeur, qui flottait dans les airs au-dessus de la foule et semblait enchanté, comme chaque fois qu'il était témoin d'un quelconque malheur. Il imita le bruit du pet au-dessus de la tête de Ron, mais tout le monde semblait bien trop effrayé pour rire.

– Qu'est-ce que tu veux dire, Peeves ? interrogea Dumbledore d'une voix calme.

Le sourire de Peeves s'effaça. Il n'osait pas se moquer de Dumbledore et s'adressa à lui d'un ton mielleux tout aussi insupportable que son caquètement habituel.

– Elle a honte, Monsieur le Grand Manitou Directeur. Elle ne veut pas qu'on la voie. Elle est dans un état épouvantable. Je l'ai vue courir dans le paysage du troisième étage en se cachant derrière les arbres. Elle pleurait toutes les larmes de son gros corps, dit-il d'un ton joyeux. La pauvre... ajouta-t-il sans conviction.

– Elle a dit qui avait fait ça ? demanda Dumbledore.

– Oh, oui, Monsieur le Vénérissime Chef des professeurs, répondit Peeves avec l'expression de quelqu'un qui s'apprête à jeter une grosse bombe. Il est devenu fou furieux quand elle a refusé de le laisser entrer.

Peeves fit une cabriole et sourit à Dumbledore en le regardant entre ses propres jambes. Puis, après un instant de silence, il ajouta :

– Quel sale caractère il a, ce Sirius Black !

Draco et Harry se lancèrent un regard éloquent. Les préfets les emmenèrent dans la Grande Salle qui fut barrée. Ils passèrent leur nuit là-bas tandis que les professeurs patrouillaient dans le château pour savoir comment le criminel le plus recherché au monde avait pu entrer dans un château plein d'élèves sans se faire remarquer.

– C'est une chance qu'il ait choisi ce soir pour se manifester, dit Hermione tandis qu'ils se glissaient tout habillés dans leurs sacs de couchage. C'était la seule soirée où on n'était pas dans la tour...

– Il a dû perdre la notion du temps à force d'être toujours en fuite, dit Ron. Il ne s'est pas aperçu que c'était Halloween. Sinon, c'est ici, dans la Grande Salle, qu'il aurait débarqué.

– Dans la Grande Salle ? chuchota Draco. Alors qu'elle est toujours pleine de professeurs ? Laisse-moi rire. Je pense plutôt qu'il voulait absolument entrer dans la salle commune pendant que nous n'étions pas là, s'y infiltrer, tu vois ? Il s'y serait caché et nous aurait bondi dessus au moment où s'y attendrait le moins. En tout cas, moi, c'est comme ça que j'aurai procédé.

Hermione fut secouée d'un frisson. Autour d'eux, les théories allaient bons train et un climat de suspicion générale planait. Harry rapprocha légèrement son sac de couchage de celui de Draco.

– Tu crois que ta mère prendra combien de temps pour répondre ? dit-il à voix basse.

– Un éclair, je suppose. C'est ma mère. Elle fait tout ce que je lui dis de faire.

Harry espéra que Narcissa Malfoy pourrait leur apporter quelques éclaircissements. Toutes les chandelles s'éteignirent d'un seul coup. Les seules sources de lumière venaient à présent de la forme argentée des fantômes, qui flottaient dans les airs en s'entretenant gravement avec les préfets, et du plafond magique parsemé d'étoiles, à l'image du ciel. La rumeur des chuchotements, semblable au murmure du vent, s'ajoutait au ciel magique, donnant l'impression à Harry qu'il dormait à la belle étoile, au son d'une brise légère.

Ooo

Le lendemain matin, les centaines de sacs de couchage avaient disparu pour laisser place aux habituelles longues tables. Au petit-déjeuner, Electra arriva avec le plumage trempé, une lettre dans son bec et un colis de friandise attaché à la patte.

Mon cher dragon,

J'espère que tu vas bien. Ton père a appris très tard dans la nuit que Sirius Black avait réussi à déjouer le système de sécurité et était entré dans le château. Je comprends donc toute ton inquiétude concernant ce curieux personnage et ta requête en est d'autant plus légitime. Par conséquent, je te dirai tout ce que je sais à propos de lui et j'espère que tu garderas ces informations pour toi seul. Avant toute chose, peut-être es-tu étonné que je ne le nomme pas simplement « Sirius » alors que nous faisons partie de la même famille. Mais voilà des années déjà qu'il m'a déçu et que je me suis détournée de lui.

Autrefois, lorsque j'étais encore toute petite, il nous arrivait régulièrement de rendre visite à nos cousins Sirius et Regulus. Sirius avait déjà un goût prononcé pour le danger et l'aventure. Il nous a d'ailleurs mis dans bien des pétrins avec Andromeda ! J'étais en cinquième année quand il est arrivé à Poudlard, très sûr de lui. C'est là-bas qu'il a rencontré Potter et sa bande. Au fil des années, ils sont devenus très proches au point que Sirius a alors refusé tous les bons principes d'éducation de notre famille.

Quand il a eut quinze ans, une grande dispute a éclaté lors d'un repas, conduisant à sa fugue. Ma tante Walburga en était bouleversée. Je ne l'avais encore jamais vu dans cet état, sauf peut-être quand Andromeda a annoncé son envie d'épouser son né-moldu... Quoi qu'il en soit, Sirius est parti en grand fracas et nous n'avons plus eu de nouvelles de lui, pas même pour Noël. Mais ce qu'il s'est produit ensuite, aucun d'entre nous s'y attendait. Bien sûr, dehors, la guerre faisait rage et des gens disparaissaient à tout va. Les parents de Harry Potter sortaient tout juste de l'école quand ils l'ont eu, ajoutant à cela la pression supplémentaire d'avoir un bébé recherché par le Seigneur des Ténèbres.

Évidemment, je ne sais rien de ces choses-là. La seule chose dont je suis certaine, c'est que pendant longtemps, le Mage Noir a eu un agent double, un proche des Potter qui lui délivrait tous les petits détails dont il avait besoin pour exécuter son plan. L'histoire veut que ce mystérieux agent soit Sirius. Mais ton père et moi nous n'y croyons pas un seul instant. Sirius n'aurait jamais trahi Potter. Il est bien trop droit dans ses bottes pour ça.

La loyauté est la plus grande valeur dispensée par la famille Black. Jamais l'un d'entre nous l'aurait bafoué, crois-moi. Et puis, pourquoi Sirius aurait-il quitté sa famille – ouvertement partisane de Tu-Sais-Qui – pour se rendre chez les Potter ? S'il avait été un vrai espion, il aurait été infiniment plus pratique d'avoir un pied dans les deux endroits, tu ne crois pas ? Quelque chose devait bien lier Potter et Sirius hormis leur parole, comme un Serment Inviolable... Vu les temps qui courraient, c'était devenue chose très répandue.

Non, Sirius n'a pas pu trahir Potter. D'ailleurs, je suis allée rendre visite à ton oncle à Azkaban il y a plusieurs années de cela afin de lui annoncer la mort de sa mère. Je m'attendais à voir quelqu'un de fou, mais pas du tout. D'après ton père, la prison affecte davantage les gens épris de remord. C'est de la vieille magie. Seuls les coupables ressentent la pénitence. Il est clair que je n'ai aucune preuve et qu'aucun tribunal voudrait entendre mon témoignage car nous avons un lien du sang, mais je serai prête à parier très gros dans ce sens. Je peux aussi me tromper, c'est vrai. Et puis, cela n'excuse en rien l'assassinat de Peter Pettigrow.

Pour tout te dire, je ne sais pratiquement rien de ce sorcier. Garde simplement en tête que Sirius n'a pas été uniquement emprisonné pour avoir trahi les Potter (il s'agit là d'un crime moral) mais plutôt pour avoir tué plus d'une dizaine de personnes à découvert, dans une rue moldue ! Ici réside le véritable crime. Nul sorcier ne doit montrer son visage aux moldus. C'est la plus haute loi de notre société depuis le code international de la clandestinité magique. Peu importe ce que l'on dira de Sirius Black a présent, garde juste en tête qu'il est un sorcier extrêmement compétent et que tu ne dois en rien laisser paraître ton lien de parenté avec lui. Qui sait ce qu'un ami un peu trop bavard pourrait bien raconter ? On pourrait alors te soupçonner de l'avoir fait entrer dans le château ! Le plus important dans tout ça est de te protéger, ainsi que de protéger notre famille.

Prends soin de toi,

Ta mère qui t'aime.

Draco et Harry cessèrent de lire, des questions plein la tête.

Dans les jours qui suivirent, toute l'école ne parla plus que de Sirius Black, chacun ayant sa théorie sur la façon dont il était entré. Hannah Abbot, de Poufsouffle, prétendit même que Black s'était changé en arbuste pour pénétrer dans le parc sans être vu.

La toile déchirée de la Grosse Dame avait été décrochée du mur et remplacée par le portrait du chevalier du Catogan et de son gros poney gris, ce qui n'enchantait personne. Le chevalier passait la moitié du temps à provoquer tout le monde en duel et l'autre moitié à inventer des mots de passe ridiculement compliqués qu'il modifiait au moins deux fois par jour.

– Il est complètement fou, dit Seamus Finnigan à Percy. On ne pourrait pas avoir quelqu'un d'autre ?

– Aucun autre portrait n'a accepté de reprendre ce poste, répondit le préfet-en-chef. Ils avaient tous peur de subir le même sort que la Grosse Dame. Le chevalier du Catogan a été le seul suffisamment courageux pour se porter volontaire.

Le chevalier était cependant le dernier des soucis de Harry. Il se préoccupait bien davantage de la surveillance constante dont il était l'objet. Les professeurs trouvaient toujours un prétexte pour l'accompagner dans les couloirs et Percy Weasley le suivait partout à la manière d'un chien de garde aux allures solennelles.

Même Draco s'y mettait et lui jetait constamment des regards en biais, comme pour s'assurer qu'il n'avait pas curieusement disparu. Ce comportement faillit lui porter préjudice au cours d'un entraînement de Quidditch où Draco était bien plus occupé à observer si Harry allait bien dans les gradins qu'à chercher le Vif d'Or. Dubois l'avait tellement réprimandé que Angelina dû intervenir.

– Ça va aller, dit-elle. Il ne pensait pas à mal.

– Oui, mais à Poufsouffle, ils ont un nouveau capitaine qui joue comme Attrapeur... Il s'appelle Cedric Diggory...

Angelina, Alicia et Katie se mirent à glousser.

– Qu'est-ce qu'il y a ? dit Dubois, visiblement choqué par tant de frivolité.

– C'est ce type grand et séduisant, c'est ça ? dit Angelina.

Draco avait tout à coup l'air très intéressé par la rencontre sportive de samedi.

– Celui qui a des épaules d'athlète et qui ne dit presque jamais rien ? ajouta Katie en déclenchant de nouveaux gloussements.

– Il ne dit rien parce qu'il est trop bête pour aligner deux mots, lança Fred, irrité. Je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes, Olivier. Les Poufsouffle sont très faciles à battre. La dernière fois qu'on a joué contre eux, Harry a attrapé le Vif d'or au bout de cinq minutes, souviens-toi. Draco arrivera sans doute à le battre au bout de sept !

– On jouait dans des conditions complètement différentes, s'écria Dubois, les yeux exorbités. Diggory a réussi à constituer une très bonne équipe ! C'est un excellent Attrapeur !

Mais plus personne ne l'écoutait. Chacun reprit fidèlement son poste et Draco, volant au-dessus des Poursuiveuses, les écouta parler de la beauté à couper le souffle de Diggory, ce grand dadais en cinquième année. Draco songea qu'il était temps de mettre à jour sa liste des garçons les plus beaux de l'école.

Le jour du match, le vent se mit à hurler et la pluie tomba plus dru que jamais. Il faisait si sombre à l'intérieur du château qu'il fallut allumer des torches et des lanternes supplémentaires. Le tonnerre faisait vibrer les fenêtres et Draco semblait manquer d'appétit. Il finit par se lever avec le restant de l'équipe. Pansy Parkinson courut vers lui et lui sauta au cou, comme une demoiselle en détresse. Elle ne dit pourtant pas un seul mot d'encouragement. Elle se contenta de lui embrasser la joue puis de s'enfuir pratiquement en courant.

– Ce n'est pas que c'était inintéressant, mais je crois qu'on a match, prononça Fred.

– Bonne chance, lança Harry à l'adresse de Draco plus qu'à n'importe qui d'autre.

Le vent était si violent qu'ils entrèrent sur le terrain en chancelant. Le vacarme du tonnerre couvrait les acclamations du public et la pluie ruisselait de tout côté. Comment Draco pourrait-il jamais apercevoir le Vif d'or dans ces conditions ?

Les joueurs de Poufsouffle apparurent à leur tour à l'autre bout du terrain, dans leurs robes jaune canari. Les capitaines des deux équipes s'avancèrent l'un vers l'autre et se serrèrent la main. Diggory adressa un sourire à Dubois, mais celui-ci semblait avoir une crampe dans la mâchoire et il fut tout juste capable de lui faire un signe de tête. Au signal, Draco prit son essor dans le ciel avec son Nimbus 2001. L'orage était si violent qu'il ne voyait ni n'entendait qui que ce soit sur le terrain. Draco manqua par deux fois de glisser de son balai à cause d'une bourrasque de vent ou de l'humidité.

Diggory faisait des embardées dans le ciel, tandis que Draco avait une tactique tout autre : rester immobile et scanner chaque recoin du stade de ses yeux en espérant y voir un éclat doré. Avec la pluie et les dizaines de parapluies déployés, la tâche était bien plus que difficile. Un éclair zébra le ciel et Draco se retourna. Ce qu'il vit lui retourna l'estomac.

Dans les gradins Gryffondor, non loin de Harry, se trouvait un énorme chien noir. Était-ce le Sinistros qu'avait cru voir le professeur Trelawney ? Était-ce possible qu'il soit désormais condamné à mourir pour avoir vu le Sinistros ? Pendant un instant, c'était comme si le chien le regardait à son tour, puis il disparut aussi vite, se faufilant parmi les élèves qui scandaient le nom de leur équipe.

Tout à coup, Draco aperçut le Vif d'Or près de la tribune des professeurs. Il fonça. Draco tourna la tête. Cedric Diggory filait à toute vitesse dans sa direction. Entre eux deux, un minuscule point doré scintillait sous la pluie. Dans un brusque mouvement de panique, Draco se coucha sur son manche et fonça vers le Vif d'or.

– Allez, vas-y, murmura-t-il à son Nimbus, le visage fouetté par la pluie. Vite, plus vite !

Cédric fit une fabuleuse embardée, lui bloquant alors la vue. Non, il ne pouvait pas perdre ! Tout Gryffondor comptait sur lui. Draco fit alors un geste insensé et dangereux et vola en faisant des tonneaux pour semer la confusion chez son adversaire. Cédric eut le réflexe de ralentir, ce qui lui laissait la voie ouverte.

Draco slaloma entre les buts, tendit son bras désespérément et sentit quelque chose s'y renfermer. À sa plus grande stupéfaction, il venait d'attraper le Vif d'Or. Il crut entendre son nom être scandé quelque part. Triomphant, Draco fit un tour de stade puis remit pied à terre où toute son équipe semblait folle de joie. On lui fit une haie d'honneur jusqu'au château. Dans le hall, Draco eut la grande surprise d'y voir son père.

– Papa ? balbutia-t-il.

Tout à coup, il réalisa qu'il était décoiffé et couvert de boue.

– Qu'est-ce que tu fais ici ?

– Une réunion avec le conseil d'administration, répondit Lucius Malfoy.

– La réunion n'est que dans deux heures, interrompit le professeur MacGonagall, avec un large sourire. Inutile de cacher que vous êtes venu pour voir votre fils jouer à son premier match. Au fait, félicitation Mr Malfoy pour votre admirable performance.

Draco rougissait de plaisir. On aurait tout aussi bien pu lui dire qu'il venait de remporter par Sorcière Hedbo le prix du plus beau sourire.

– Je dois te laisser, finit par prononcer son père. À bientôt.

– Papa ! Pour Hagrid...

– Je m'en occupe.

Et il disparut. Draco remarqua alors qu'il ne voyait ni Harry, ni Ron ou Hermione. Ce n'est qu'en remontant dans la salle commune qu'il entendit alors toute l'histoire. Des détraqueurs étaient rentrés sur le terrain à la fin du match et s'en était pris à Harry. Ce dernier avait fini par s'évanouir et il était désormais entre les mains expertes de Pomfresh.

– Dumbledore était furieux, dit Neville d'une voix tremblante. Je ne l'avais encore jamais vu dans cet état. Il s'est précipité dans les gradins pendant qu'ils étaient en train de s'en prendre à Harry. Ensuite, il a tourné sa baguette vers les Détraqueurs, il en a fait sortir des trucs argentés et ils ont aussitôt quitté le stade... Il était fou de rage qu'ils soient entrés dans l'enceinte de l'école, on l'a entendu...

– Après, il a allongé Harry sur un brancard en prononçant une formule magique, ajouta Seamus, et il l'a fait flotter en l'air jusqu'à l'infirmerie. Tout le monde pensait que tu étais au courant...

Draco fit non de la tête.

– Dumbledore est avec le professeur Lupin. Ils ont dit qu'ils ne voulaient voir personne là-bas, formula Hermione qui venait d'arriver, penaude.

Une fête en demi-teinte commença et Draco n'avait pas le cœur à s'y joindre. Il monta vite dans son dortoir en compagnie de Dean. Ces dernières semaines, ils avaient essayé d'être le plus discrets possible sur ce « truc » qui semblait se développer entre eux. Draco ne pouvait pas dire qu'il était amoureux. Mais, au moins, avec Dean à ses côtés, les choses semblaient toujours bien plus positives. Ils s'étaient embrassés plusieurs fois, et ça lui suffisait pour l'instant. Pour lui, ce n'était qu'une façon comme une autre d'expérimenter les choses.

Dépité, Draco s'assit sur son lit alors que Dean s'installait juste à côté.

– Tu t'es très bien débrouillé, dit-il.

– J'aurai aimé que Harry soit là pour qu'on puisse fêter ça tous ensemble.

Dean se renfrogna légèrement. Pattenrond entra tout à coup dans la pièce à pas feutré et sauta sur le lit de Ron, comme à la recherche de quelque chose. Draco se précipita pour le chasser.

– Non ! s'écria-t-il. Je crois que Ron a raison. Tu as vraiment un problème avec Croûtard. Il doit y avoir plein d'autres souris dans les alentours, alors laisse-le tranquille.

Pattenrond observa très attentivement Draco de ses petits yeux jaunes rapprochés puis finit par faire demi-tour.

– Je vais prendre une douche, grommela Draco.

Quand la fête fut terminée, Ron, Seamus et Neville revinrent dans le dortoir. C'était une nouvelle nuit que Harry passait à l'infirmerie. Aux alentours de minuit, Draco s'extirpa de ses draps et s'approcha du lit de Dean. Il secoua doucement son épaule.

– Est-ce que je peux dormir avec toi ? demanda-t-il alors que Dean ouvrait doucement les yeux.

Celui-ci finit par acquiescer et ils s'endormirent l'un contre l'autre.

Ooo

Le lendemain matin, Harry fut autorisé à quitter l'infirmerie. Il avait meilleure mine et revint avec deux très bonnes nouvelles : d'une part, le professeur Lupin accepterait de lui enseigner comment faire apparaître un Patronus et d'autre part, Pomfresh pensait qu'il serait en bonne forme pour le prochain match de Quidditch opposant Gryffondor contre Serdaigle.

Cependant, au cours de la journée, Lupin ne se montra pas. D'ailleurs, c'était Rogue qui le remplaçait au cours de la leçon de Défense Contre les Forces du Mal. Il prétexta le fait qu'ils étaient en retard sur le programme – ce qui était bien évidemment faux – pour leur faire étudier les loups-garous. Harry et Draco, assis au fond de la classe, en profitèrent pour discuter pendant que Rogue faisait passer des diapositives.

– J'ai cru voir le Sinistros, murmura Draco, encore terrorisé. Mais ce ne doit pas être ça parce que je ne suis pas mort, non ? C'était un chien noir, comme celui dont tu m'avais parlé.

– Où ça ?

– Dans les gradins pendant le match.

– Silence ! persifla Rogue. J'enlève cinq points à Gryffondor pour bavardage.

C'était le dernier jour de cours du trimestre et l'atmosphère était partout ailleurs très joviale. Le professseur Flitwick avait créé de la neige enchantée qui réchauffait dès que l'on posait ses mains dessus. Draco en avait encore tout un tas sur les épaules quand il boucla sa valise pour les vacances. Avec Sirius Black dans les parages, ses parents s'étaient opposés à ce qu'il reste au château. Néanmoins, il se sentit bien moins coupable quand il apprit que Ron et Hermione seraient cette année avec Harry.

– S'il se passe quoi que ce soit de bizarre, vous m'envoyez un hibou ! répéta pour la quatrième fois Draco en quittant le dortoir avec sa malle.

– Mais, oui, allez, bon vent ! soupira Ron avec un léger sourire.

– Je sais que tu es content de te débarrasser de moi mais n'en profite pas trop. Je reviendrai assez vite (Draco se tourna vers Hermione et la serra dans ses bras). Prends soin de toi. N'oubliez pas de faire un tour à la bibliothèque pour trouver un moyen de défendre Buck. Joyeux Noël à tous !

Draco finit par s'éloigner, les laissant alors tous les trois.