Posté le : 21 Avril 2015. Ce chapitre a été écrit l'été dernier.


Réponses aux reviews collective :

Par manque de temps, je vais revenir au principe de la réponse collective. Tout d'abord, je suis stupéfaite de voir que vous aimez autant la suite de cette histoire ! Ensuite, j'ai oublié de préciser quelque chose concernant le chapitre précédent : je suis une grosse fan de l'univers Avatar, le dernier maître de l'Air (séquelles et préquelles comprises). Les noms de Tonraq et Raava sont donc issus de cette série, désolé pour l'oubli de disclaimer. On continuera d'apercevoir les avatars tout au long de ce tome, ils auront un rôle assez important, donc gardez l'oeil ouvert.

La maison Poufsouffle aura une place particulière dans ce tome-ci car j'avais envie d'exploiter un peu tous les vides des bouquins. J'espèrais (enfin, si je reprends l'écriture de l'histoire) vraiment fouiller leur histoire dans le sixième tome. On verra bien ce que cela donnera... Dans tous les cas, les Poufsouffles de la délégation seront mis en avant (Cédric et Fergus, entre autre). Oh, et je précise avant que quelqu'un se monte le bourichon : Fergus est hétéro !

Si je n'ai pas mis Ron, Harry et Draco dans le même dortoir, c'est surtout parce que ce sera un moyen efficace pour eux de rencontrer d'autres personnes, de se faire des liens dans les autres maisons. Ce qui sera très utile pour justifier la présence de certains pour l'Armée de Dumbledore ! (et oui, quand j'ai écrit ce tome 4, je voulais absolument tisser déjà la toile future, imaginer de nouvelles amitiés entre les maisons. Parce que bon, en lisant le tome 5, j'ai jamais compris pourquoi des gens qui n'avaient jamais adressé la parole à Harry traînaient tout à coup dans son club de rebelles.)

Ensuite, contrairement au tome 4, les épreuves du tournoi sont indépendantes les unes des autres. Il n'y a aucun fil rouge pour les champions ni d'énigmes véritables à percer. Le globe de sphère trouvé dans la forêt ne servira donc pas pour la deuxième tâche. La prochaine se déroulera dans le chapitre 16 (et c'est de loin ma préférée... ^^), ici, on se focalisera plus sur l'arrivée à Durmstrang.

En ce qui concerne Draco, oui, il sait qu'il est gay. Il l'a même toujours su dans son cœur d'enfant. Sauf qu'il a encore du mal à se définir comme tel car il est entouré de personnes élevées à la moldue. Je pense que s'il avait été à Serpentard, cela aurait été plus évident de s'assumer. La (future) relation entre Harry et Draco ne se fera pas du premier coup. J'ai envie de leur faire explorer d'autres choses avant qu'ils ne tombent dans les bras de l'un de l'autre.

Merci pour tout et bonne lecture !


Chapitre 15 : « Les Sortilèges Impardonnables »

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En se réveillant, Harry prit un moment pour réaliser où il était. Il papillonna des yeux puis enfila ses lunettes. Par la fenêtre du dortoir se découpait un paysage à couper le souffle. Des montages incroyables entouraient des lacs d'un bleu pur tandis que le soleil commençait tout juste à se lever. Il y avait une épaisse couche de neige un peu partout, tandis qu'à Poudlard, au mois de Novembre, il commençait tout juste à faire froid.

Des arbres roux, vert, brun, étaient disséminés ci et là. Harry sortit de ses couvertures et se pencha un peu plus par la fenêtre. La tour flottait sur l'eau désormais. Emon avait disparu. C'était Valar, l'avatar des vert et argent, qui serpentait à travers les eaux glaciales pour les transporter jusqu'à Durmstrang. Les animaux fantastiques avaient certainement opéré le changement pendant la nuit. Blaise dormait dans le lit d'à côté, la tête sous sa couverture. Cormac MacLaggen, un élève de cinquième année particulièrement prétentieux, occupait le lit isolé dans l'alcôve. Hier soir, ça c'était joué à ça pour que Cormac et Blaise en viennent aux mains. Heureusement, Bradley Dornby, un des amis proches de Cédric, avait calmé la dispute avec des prodigues de diplomatie.

– Bradley, chuchota Harry. Bradley, regarde !

Le Poufsouffle se leva à son tour et déboula près de la fenêtre.

– Woaaaouh.

Perchée contre un des murs d'une montagne, une façade finement taillée à même la pierre toisait le lac. Le bâtiment ressemblait à une sorte de sanctuaire pourvue de vitraux. Il devait y avoir au moins une centaine de cheminées à Durmstrang car des panaches de fumée s'envolaient du toit et rejoignaient les nuages. L'école était en elle-même aérienne, comme si des fils invisibles la rattachaient à la montagne.

– On ferait mieux de s'habiller et de réveiller les autres, dit Bradley. Blaise, debout. Patrick, réveille-toi.

Le Serdaigle se redressa en sursaut en baragouinant des paroles insensées. Harry était à la fois pressé et anxieux de découvrir Durmstrang. Hedwige, qui avait dû rester dans sa cage pendant la durée du voyage, avait sa tête cachée sous son aile. Elle avait l'air de le bouder. Harry alla se laver, enfila ses vêtements puis dévala les escaliers pour le petit-déjeuner.

La table avait déjà été mise et Dumbledore discutait avec Maugrey, ainsi que deux élèves particulièrement matinaux. Luna Lovegood semblait prise par sa lecture du Chicaneur tandis que Terence Higgs, un grand garçon de Serpentard, avalait son repas avec empressement, comme si cela allait finir par accélérer les choses. Peu à peu, la longue table se remplit et Harry se retrouva entre Hermione et Sally Ann Perks, de Serdaigle.

– Nous allons arriver dans une trentaine de minutes, dit Dumbledore en déposant sa tasse de thé. Madame Maxime et ses élèves arriveront cinq minutes avant nous, environ. Je compte sur vous pour vous montrer irréprochables avec nos hôtes. Respecter aussi leur règlement, et leurs coutumes. C'est très important pour que les liens entre nos nations puissent se resserrer. Les élèves de Durmstrang viennent de nombreux pays différents comme la Russie, la Suède ou encore l'Allemagne. Mais leur cours sont tous en anglais. Donc vous n'aurez aucun mal à vous faire comprendre. Quant à vous, chers champions, montrez l'exemple. La seconde tâche est pour bientôt : ne vous laissez pas distraire.

Hermione buvait ses paroles. Ils durent remonter dans leur dortoir enfiler leur cape, leurs bottes et gants en peau de dragon. Valar et la tour s'engouffrèrent dans une sorte de lac souterrain où était arrimé le bateau qu'avait utilisé la délégation de Durmstrang pour venir jusqu'à eux. La luminosité était faible, mais on distinguait très bien les contours d'une grotte à la pierre blanche. Entre les rideaux, ils virent des visages d'élèves aggroupés sur les rives. Draco était si tendu qu'il avait ordonné à Ron de lui masser les épaules.

– Et si je tombe devant tout le monde en descendant les escaliers ?

– Tu ne tomberas pas, assura Ron.

– Mais hier je suis tombé.

– C'était différent.

Ils ne purent en discuter davantage que Maugrey les fit se mettre en rang deux par deux tandis que la tour s'immobilisa tout près d'un pont de pierre. Karkaroff était tout au bout, les mains derrière le dos. Dumbledore descendit le premier d'un air joyeux. Les élèves de Poudlard suivirent, légèrement impressionnés par tous ces regards curieux braqués sur eux. Harry n'aimait pas particulièrement cette sensation, mais décida de ne pas y prêter plus d'attention que cela.

Karkaroff et Dumbledore se serrèrent la main puis ils montèrent des escaliers interminables, taillés à même les pierres de la grotte. Madame Maxime grimpait aussi, d'un air renfrogné. Blaise et Nayad, qui étaient tout devant, suivirent. Les autres élèves de Poudlard, puis ceux de Durmstrang et leurs professeurs leur emboîtèrent le pas. L'escalier débouchait sur une cour étroite, entre deux flancs de montagne, où se trouvait un arbre blanc. Harry et Draco, qui marchaient côte à côte, observaient un peu chaque détail.

En contrebas, de nombreux lacs bouillonnants ou répandant des volutes de chaleur faisaient fondre la neige en son rebord. Plusieurs niches, creusées en terrasses, accueillaient de grands faucons qui semblaient être dressés. Durmstrang avait été bâti en forme de croix grecque, car chaque aile faisait exactement la même taille et était de même composition. Mais ce qui le saisit, c'était ce gigantesque feu bleu se trouvant à l'épicentre même de l'école. C'était un peu comme une cascade de flammes au miroitement envoûtant. Karkaroff arrêta de marcher, se tourna vers l'assistance.

– Voici notre feu protecteur, dit-il d'une voix lente et mesurée. Tant que le feu brûle, nous sommes ici en parfaite sécurité. Nos ancêtres le gardent depuis plusieurs millénaires, car il a été donné par les dragons eux-mêmes. Nulle n'a le droit d'éteindre ce feu, sous peine d'une condamnation fatale.

Le regard de Karkaroff s'attarda un instant sur Hermione et il eut une moue vaguement dégoutée. Draco savait précisément ce qu'il pensait : dans d'autres circonstances, jamais une née-moldue n'aurait franchi l'enceinte de l'institut Durmstrang. Il ne pouvait quand même pas la renvoyer chez elle devant Dumbledore ! Karkaroff était donc contraint de prendre sur lui... ou d'essayer de faire commettre une erreur fatale à Hermione pour la forcer à faire ses valises. Draco devrait sans doute l'avertir. Néanmoins, dès qu'il l'approchait, Hermione se braquait et le faisait aussitôt culpabiliser d'avoir un elfe de maison.

Les murs de Durmstrang étaient également en pierre, mais tout semblait bien moins sombre qu'à Poudlard. Des lampes couleur grenat flottaient un peu partout et se baladaient à leur gré dans les couloirs. Des mosaïques gigantesques étaient placardées sur certains murs.

Ils remontèrent une galerie entière, longée de statues de sorciers célèbres à taille humaine. La toute dernière en préparation était celle de Viktor Krum. Au bout de l'aile nord se trouvait un gigantesque mur incurvé où était gravé un signe. Harry ne le connaissait pas, mais Dumbledore s'arrêta net, la bouche entrouverte.

– Qu'est-ce que c'est ? chuchota Harry à Draco qui, généralement, savait tout ce qu'il y avait à savoir du monde magique.

– Aucune idée, admit-il.

Le signe était de forme triangulaire, avec un rond à l'intérieur et un trait. Madame Maxime n'y prêta aucune attention véritable.

– La Marque de Grindenwald, dit Karkaroff d'un ton égal. Il l'a tracé peu après son renvoi. Un dernier souvenir qu'il voulait laisser à l'école, j'imagine... Par ici.

Dumbledore continua d'observer la marque et Harry éprouva un curieux sentiment de malaise. La Grande Salle de Durmstrang était beaucoup plus petite que la leur et n'avait pas de ciel étoilé. Les tables étaient toutes carrées, dispatchées un peu partout. Au centre de chacune d'elle, un petit brasero sifflait quelques flammes. Les élèves de Durmstrang laissèrent d'abord ceux de Poudlard et Beauxbâtons choisir leur place. Harry, Ron, Hermione et Draco s'installèrent à une table en continuant de regarder tout autour d'eux.

– Où est la table des professeurs ? demanda Hermione.

– Il n'y en a pas, répondit Ron. Ils déjeunent tous dans leur propre appartement, ou ailleurs. En fait, d'après ce que je sais... Aïe !

Quelqu'un venait de taper l'arrière du crâne de Ron avec force. C'était une fille d'environs leur âge, aux cheveux d'un roux flamboyant et aux yeux noisette. Elle aurait presque pu ressembler à Ginny si elle n'avait pas eu cet air sournois placardé sur la figure.

– Salut Ronald, dit-elle d'une voix sirupeuse. C'est bizarre de se revoir, hein ?

– M-Mafalda ?

– Oui, espèce de benêt. Tu t'attendais quand même à me voir, non ? Ou tu avais jusqu'à oublier mon existence !

– Elèves, en rang ! aboya Karkaroff.

Mafalda leva la tête, plaqua ses bras le long du corps et marcha d'un air digne jusqu'à la première table venue. Question discipline, Rusard serait terriblement plus heureux ici qu'à Poudlard. Il n'y avait plus aucun doute.

– Bien, nous voici donc enfin réunis pour la seconde tâche du tournoi, prononça Karkaroff. Tout a été soigneusement préparé par une équipe de professionnels pour que celle-ci se déroule en parfaite sécurité. Les quatre champions seront amenés à éprouver leur bravoure dans une épreuve parfaitement inédite. Nous reviendrons vers vous d'ici quelques jours pour vous tenir informer de la date. Vous connaissez l'attachement particulier que voue Durmstrang à la tradition. À la fin du mois de décembre, vous serez tous conviés au bal du solstice d'hiver. Ce moment de fête permettra à chacun et chacune d'entre vous de profiter d'une célébration exceptionnelle. (Comme par magie, des coupes en étain se déposèrent devant tout le monde) Buvons à l'amitié.

– À l'amitié, scandèrent en choeur les élèves de Durmstrang.

Apparemment, les cours de la matinée avaient été annulés pour qu'ils puissent se retrouver. Ils avaient quartier libre jusqu'à l'heure du déjeuner. Ron se faufila jusqu'à Mafalda qui marchait d'un air important jusqu'en dehors du réfectoire.

– Hey ! Mafalda !

– Quoi, encore ? tonna sa cousine.

Ses cheveux presque rouge étaient maintenus en une queue de cheval, comme toutes les autres filles de Durmstrang. Même s'il y en avait peu par rapport à Poudlard, il était clair que certaines d'entre elles faisaient la loi dans l'école.

– Tu nous fais visiter ? demanda Ron, une lueur d'espoir dans les yeux.

Mafalda les regarda tous attentivement, puis observa Draco.

– Bon, d'accord... Juste parce que ton copain est très mignon. Suivez-moi.

Mafalda semblait être très populaire à Durmstrang car de nombreux élèves la saluèrent sur leur passage.

– C'est qui ce type, Mad ? demanda une fille en pointant Ron du doigt. Ne me dis pas qu'il fait partie de ta famille ! Ça alors, c'est extraordinaire. Un autre Prewett ! Il est doué comme toi ?

– Non, lui, c'est un Weasley, formula Mafalda. C'est mon cousin du côté de ma mère, mais je ne crois pas qu'il soit réellement talentueux...

– Hé ! se révolta Ron, les oreilles cramoisies.

– Bon, je vous laisse, dit la fille. Je dois me rendre au sanctuaire nettoyer les bancs avec les autres.

– Vous avez un sanctuaire ? demanda Hermione, en fronçant des sourcils.

– La religion a une place très importante ici, à Durmstrang, éluda Mafalda. Même si on ne croit pas en ce genre choses, il est plus que bienvenue de faire des offrandes de temps à autre. Depuis le tournoi, on l'a entièrement rénové. Karkaroff pense qu'en flattant les dieux, Viktor l'emportera. Je vous conseille de le visiter, c'est un très bel endroit, quoiqu'un peu petit pour un temple. Bon, on arrive à l'épicentre de l'école : la flamme du dragon. (Le feu bleu ronflait avec plus de vigueur tandis qu'un garçon ajoutait quelques bûches) Nous devons constamment le surveiller, de surcroît en hiver. Nous avons des tours de garde. Chaque soir, un élève doit passer une nuit blanche pour vérifier que tout va bien. Nous sommes environ trois cents, alors ça va... Ça ne fait qu'une nuit par an à sacrifier.

Draco avait l'air franchement impressionné.

– Le dragon qui a donné sa flamme, demanda-t-il, il est encore dans les parages ?

– Personne ne le sait vraiment, répondit Mafalda. Des élèves prétendent avoir vu des dragons, c'est vrai. Mais personne ne les a cru jusqu'ici. Ils disent qu'il y en a tout un tas autour de l'école. S'il y avait eu des dragons dans les alentours, ils auraient été difficilement manquables. Ça fait trois ans que je suis ici et je n'ai pas vu la moindre écaille de dragons qui traînent... Mais, ce n'est pas parce qu'on ne voit pas les choses qu'elles n'existent pas.

– Hum, excuse-moi, mais je ne pense pas que ce raisonnement tienne la route, riposta Hermione.

Mafalda haussa bien haut des sourcils, comme si jamais de sa vie on ne l'avait contredite.

– Ah oui ? Et pourquoi ça ? dit-elle avec insolence.

– Il est vrai que le climat est plus qu'idéal pour l'élevage de dragons. Vous avez des montagnes, de la neige, de l'eau à profusion et sûrement tout un tas de gibiers dans les forêts. Mais je ne crois pas que cela soit probable qu'il existe encore des dragons ailleurs que dans les réserves sorcières. Les moldus les auraient forcément aperçus.

– À moins qu'ils se cachent, fit remarquer Draco. Il y a encore des endroits sur terre où l'homme n'est encore jamais allé. Les dragons sont des animaux doués d'une intelligence rare. Certains ont très bien pu se débrouiller pour échapper au contrôle des sorciers.

– C'est Hermione, c'est ça ? Reprit Mafalda. Il y a encore quatre ans, je parie que tu pensais que les fantômes n'existaient pas. Et pourtant, tu en as vu après avoir rejoint le monde sorcier, non ? Alors, oui, ce n'est pas parce qu'on ne voit pas les choses qu'elles ne sont pas là, autour de nous.

Hermione semblait vouloir rétorquer quelque chose, mais on ne lui en laissa pas le temps. Mafalda marcha en direction de l'aile est, les mains croisées derrière le dos. Ses bottes hautes, qui remontaient jusqu'à ses genoux, claquaient le sol dallé couleur rouille.

– Nérida Vulchanova, dite la Volcanique, la fondatrice de Durmstrang, était une grande sorcière. Elle a combattu à elle seule des créatures de l'ombre dont on n'a aucune idée. Un jour, un volcan est entré en éruption près d'une ville moldue. La communauté sorcière leur avait tourné le dos, car ils disaient ne pas pouvoir contrôler les éléments, que ce n'était pas à leur portée. Nérida est partie avec sa baguette magique près du volcan et l'a gravi. Une fois au sommet, elle s'est aperçue que le volcan n'était pas réveillé, en réalité. Ce n'était qu'une dragonne des laves.

– Une dragonne des laves ? s'enquit Harry.

– Il existe plusieurs types de dragons, répondit aussitôt Ron. C'est mon frère Charlie qui me l'a dit. Les dragons des laves sont les plus dangereux, je crois, car au lieu de cracher des flammes, ils régurgitent du magma. Ils sont très, très, rares. La plupart du temps, ils dorment dans les cheminées de volcans endormis. Et quand ils sont en colère, de la fumée jaillit et ça effraie les moldus qui s'empressent de s'éloigner. Il y a pas mal de dragons des laves dans les Caraïbes et les Antilles. Charlie rêve de pouvoir en approcher.

– Nérida, elle, l'a fait, poursuivit Mafalda. Elle a vu la dragonne qui semblait pleurer. Et au lieu de larmes, c'était de la lave qui coulait sur sa figure. Elle venait de perdre une portée d'oeufs à cause de sorciers mal intentionnés. Elle était déboussolée et voulait le faire payer à qui que ce soit. Mais Nérida... (Mafalda s'arrêta de marcher, restant debout face à une statue de femme aux allures solennelle) Nérida a réagi à merveille. Elle a convaincu la dragonne d'éteindre le feu, que si elle continuait comme ça, d'autres enfants allaient mourir, que les moldus d'en bas n'auraient pas le temps de partir se réfugier. Nérida a retrouvé les œufs de dragons et les a ramenés quelques jours plus tard. Et la dragonne, nommée Vanva la Bienheureuse, a décidé de quitter à jamais son volcan pour protéger les enceintes de Durmstrang avec ses enfants. Durmstrang a été pendant longtemps la seule école au monde a être protégée par des dragons. Mais ça a été interdit par la suite, et on a dû utiliser un banal sortilège de camouflage comme Poudlard, et bien d'autres.

– Que sont devenus les bébés de Vanva ? s'enquit Draco.

– Des personnes racontent qu'ils ont été remis en captivité, d'autres pensent qu'ils sont morts sans leur mère, et une petite partie dit qu'ils sont toujours là, dans les parages, à protéger Durmstrang contre le moindre danger.

– Une légende, résuma Hermione, butée.

Mafalda eut un étrange sourire.

– Avec un esprit aussi étroit, tu aurais mieux fait de ne pas venir ici. (Hermione resta estomaquée) Suivez-moi.

Draco et Ron parlaient avec animation tandis que Mafalda continuait de faire la visite. L'aile est ouvrait sur un merveilleux jardin d'hiver en terrasse où, en contrebas, le lac bordait le flanc de la montagne. Il n'y avait pas de plantes bizarres ou dangereuses comme dans les serres de Poudlard. Elles semblaient toutes être d'agrément. L'une d'elles donnait parfois même l'heure.

Ils rebroussèrent chemin afin de visiter l'aile sud et l'aile ouest. Il n'y avait aucun tableau à Durmstrang, ni de fantômes, juste des statues toutes plus réalistes les unes que les autres et ne faisaient rien d'autre que de fixer le vide.

– Elles ne bougent pas ? s'enquit Harry. Nos armures bougent à Poudlard.

– Elles bougent, assura Mafalda. Elles sont juste trop timides pour se montrer en spectacle. Mais si tu leur demandes quelque chose, elles répondront à coup sûr.

Draco s'approcha d'une statue.

– Bonjour, monsieur, pouvez-nous vous dire depuis combien de temps vous êtes là ?

– Bonjour cher élève étranger, répondit l'oeuvre d'art, je suis ici depuis bientôt cent cinquante-sept ans.

– Vous voyez ! nargua Mafalda.

– Vous avez une volière ? interrogea Ron.

– Non, nous prenons chacun soin de nos affaires. Nous avons tous notre propre chambre.

– Pas de dortoir ? s'étrangla Draco, pris d'une émotion soudaine.

– Pas de dortoir. Nos parents payent des frais de scolarité supplémentaire pour qu'on ait une chambre plus spacieuse que les autres. Elles sont disséminées un peu partout dans l'école, et on a le droit de choisir son emplacement quand on arrive. La mienne est au milieu de l'aile ouest. C'est la moins chère de toutes. Mon père ne voulait pas dépenser plus que nécessaire, je pense.

– Dommage que tu ne sois pas à Poudlard, dit Harry. Là-bas, tout est gratuit.

Mafalda éclata d'un rire sans joie.

– Bien sûr que non, andouille ! Poudlard n'est pas gratuit ! Tu paies des frais d'inscription et de scolarité pour chaque année.

– A-Ah bon ? balbutia le survivant. Je ne savais pas.

– Oui, Harry, dit Hermione. On paie tout de même quelque chose pour étudier à Poudlard. Il faut bien que quelqu'un paie les professeurs, non ?

Il n'avait jamais réfléchi à ça.

– Oh, ce n'est pas grand-chose à payer comparé à Durmstrang, ajouta Draco. Mais on est censé envoyer une somme d'argent chaque mois de janvier.

Harry fut foudroyé par la nouvelle.

– On ne me l'avait encore jamais dit ! Je n'ai pas payé mes trois premières années !

– Tu aurais reçu une lettre d'avis impayé dans ce cas, suggéra Ron. C'est arrivé deux ou trois fois à mes parents. Maintenant, Dumbledore sait bien qu'ils paient, mais toujours très en retard. En deuxième année, ça été l'enfer pour eux. Ils devaient payer les frais de scolarité de Ginny, Percy, Fred, George et moi à la fois. Ils n'ont réussi qu'à avancer l'argent qu'au mois d'avril !

– Je n'ai jamais reçu d'avis d'impayé, marmonna Harry, en fouillant dans sa mémoire.

– C'est parce que ta place avait déjà été enregistrée, s'impatienta Draco. C'est plutôt logique, non ? Tes parents ont dû t'inscrire quand tu étais bébé et payer les sept années pour toi en avance. Les parents de Neville aussi ont fait ça. On en avait parlé ensemble l'année dernière, en botanique. Il me raconte toujours plein de choses sur ses parents...

– La seule école réputée pour être entièrement gratuite, compléta Mafalda, c'est Beauxbâtons.

– Vraiment ? s'enquit Hermione.

Harry était certain qu'elle non plus ne le savait pas.

– La France est un pays réputé pour son ouverture d'esprit concernant la transmission du savoir. Même chez les moldus, les enfants ne paient pas pour aller à l'école, la plupart du temps. À Beauxbâtons, ils ne paient pas pour la simple et bonne raison qu'ils sont déjà très riches. Un de leur élève célèbre est Nicolas Flamel. Il aurait fait de très généreux dons à Beauxbâtons et du coup, ils n'ont plus besoin de demander la moindre pièce à leurs élèves.

Harry était impressionné de voir que la cousine de Ron était aussi instruite. Elle leur montra les cuisines, tenues non pas par des elfes de maison, mais par des cracmols qui étaient payés pour entretenir l'école.

– Vous n'avez pas d'elfes ? se réjouit Hermione.

– Nérida trouvait que c'était une pratique barbare, informa Mafalda. Elle ne voulait pas de ça dans son école. Les cracmols sont des personnes très intelligentes et douées dans bien des domaines, sauf qu'ils ont toujours peiné à trouver leur place dans notre monde, ou celui des moldus. Ils ne sont ni vraiment l'un, ni vraiment l'autre, alors... (Mafalda s'approcha du buffet) Prenez ce que vous voulez.

Ron ne se fit pas prier et remplit son plateau de tout un tas de plats et de desserts. Une fois de retour dans le réfectoire, Ron alla s'assoir avec sa cousine et d'autres élèves de Durmstrang, tandis que Draco, Harry et Hermione s'installaient un peu plus loin. Ils déjeunèrent copieusement puis Adrian Pucey leur fit passer un message :

– Dumbledore veut qu'on retourne dans notre tour après le repas. Il dit que Maugrey va nous donner un cours de DFCM. Dites-le aux autres.

Hermione acquiesça.

– Je me demande ce que Maugrey va nous montrer, dit-elle.

Une fois Ron avec eux, ils quittèrent l'enceinte de Durmstrang pour retrouver leur tour. Tonraq, l'avatar de Gryffondor, semblait endormi dans la neige, à quelques mètres de là. Des élèves étaient déjà dans la grande salle, celle qui servait ordinairement aux repas. Cho Chang paraissait légèrement anxieuse. Il est vrai que Maugrey avait quelque chose de déstabilisant. Pourtant, Harry était certain que cet auror à la retraite aurait bien plus à leur apprendre que quiconque sur la question.

– Asseyez-vous. Les livres, vous pouvez les ranger, dit Maugrey en clopinant jusqu'au milieu de la pièce. Ils ne vous seront d'aucune utilité (Hermione semblait profondément choquée, mais consentit à obéir). Avant de quitter Poudlard, je me suis entretenu avec le professeur Lupin. Il m'a dit tout ce qu'il avait fait avec vous. Je sais que j'ai un échantillon d'élèves bien différents. Certains sont en âge de passer leur A.S.P.I.C. tandis que d'autres sont tout juste en troisième année. Ça va être difficile de vous enseigner à tous la même chose sans que quiconque ne s'ennuie ou trouve cela trop difficile, je dois vous l'avouer. Mais j'ai relevé des défis bien plus épineux au cours de ma carrière. Vous avez tous reçu de bonnes bases concernant la Défense Contre les Forces du Mal, il est vrai. Mais si demain vous deviez vous battre en duel contre un de ces élèves de Durmstrang (Maugrey siffla) je crois qu'on devrait vous ramasser avec une pelle et un balai. Nécromancie, démonologie, incantation, duel sorciers... Ils sont très, très, en avance. Soyez-en sûrs. Pourtant, je sais voir du potentiel lorsque j'en ai juste sous le nez (Son œil magique pivota jusqu'à Fergus qui semblait écouter avec attention tandis que son œil normal était posé sur Harry). Je n'ai qu'un an pour vous montrer tout ce que je sais sur la manière de se battre et d'encaisser de vrais sortilèges entre sorciers. Ensuite, le tournoi des trois sorciers terminés, je retournerai à la quiétude de ma retraite. Des questions ?

Ron fit semblant d'être captivé par ses tennis.

– Bien, poursuivit-il. Les mauvais sorts peuvent prendre des aspects différents et leur puissance varie selon la formule, le lieu, le sorcier, mais aussi les émotions ressenties. Si vous lancez un mauvais sort à quelqu'un que vous aimez profondément, il y a de très grandes chances pour que celle-ci s'en sorte indemne. Car après tout, inconsciemment, vous n'avez pas réellement envie de lui faire du mal. En revanche, lorsqu'on est plein de rage, de tristesse ou déterminé à en finir... Le sortilège sera autrement plus efficace. Les aurors apprennent très vite à se débarrasser de l'affect pour se focaliser uniquement sur leur mission. Les sentiments parasitent notre magie. Bien des sorcières et des sorciers ont causé la mort de proche sous l'effet de la colère... (Son œil se posa sur Théodore Nott qui le dévisageait depuis de longues minutes) Le contrôle de soi est primordial pour être un bon magicien. Si vous êtes d'une nature colérique, ou à absorber les émotions des autres, si vous êtes trop sensible... Il y a de grandes chances pour qu'un jour un accident se produise autour de vous. Ça arrive chaque année dans la colonne des faits divers (Maugrey imita le piaillement d'une journaliste ressemblant atrocement à la voix de Rita Skeeter) : « Un père de famille a tué toute sa famille sous l'effet de la colère en agitant trop fort sa baguette magique ». Et le pauvre gars... Il se retrouve à Azkaban, alors que tout ce qu'il voulait, c'était du calme. Ne sous-estimez pas votre puissance magique, les enfants. Et ne l'intériorisez pas non plus, car le jour où ça explosera, je vous garantis que ça sera phénoménal. La magie n'est pas faite pour les faibles, trancha-t-il. Le ministère pense que vous êtes trop jeune pour savoir tout ça. Mais Dumbledore pense qu'il est temps que vous affrontiez les réels dangers du monde dans lequel vous vivez.

Un silence inconfortable s'étira dans la pièce. Harry n'était pas certain de vouloir en apprendre plus sur les dangers du monde sorcier. Il en avait déjà affronté pas mal depuis ses onze ans.

– Bon, qui peut me dire quels sont les trois sorts impardonnables ?

Draco remua sur sa chaise, comme s'il était mal à l'aise d'être là. Terence Higgs, un garçon de Serpentard, leva la main.

– L'Imperium.

– Ah oui... Celui-là est sans doute le plus dangereux de tous. Que fait-il au juste ?

– Il permet de contrôler le corps et l'esprit de quelqu'un pendant un moment, ajouta Terence. Il peut nous forcer à faire des choses qu'on ne voudrait jamais réaliser en temps normal.

– Oui, exact, affirma Maugrey.

Il fit apparaître une araignée sur la table et Ron eut un mouvement de recul. Maugrey fit danser l'araignée, lui fit faire la roue sous les jappements de rire de Blaise et d'autres.

– Oui, oui, c'est drôle, n'est-ce pas... Que puis-je lui faire faire d'autres ? Lui demander de sauter de la table, et ainsi se briser les pattes ? Ou piquer l'un d'entre vous ? Je peux absolument tout lui faire faire. Contrôle total. (Il brisa le sort et l'araignée, sur la table, était recroquevillée sur elle-même, comme traumatisée) Il y a des années de cela, quand Vous-Savez-Qui était au plus haut de sa puissance, nombre de sorcières et de sorciers ont juré sur l'honneur avoir été placés sous le sortilège Imperium. Ils ont dit qu'ils n'avaient jamais été conscients d'avoir commis des exactions pendant tout ce temps et que leur esprit avait été en quelque sorte volé. Excuse pratique, ma foi, pour justifier des crimes atroces. Car comment discerner les menteurs des autres ?

– Le véritaserum, prononça Théodore sans même lever la main.

– Le véritaserum a ses propres failles, jeune homme. Il ne peut faire dire qu'une vérité immédiate. Si le fait remonte à trop longtemps, la potion n'aura strictement aucun effet. Des petits malins savent très bien comment s'y prendre pour répondre sans dire toute la vérité. Pas de bol, hein ?

Il sourit à la classe, découvrant sa dentition laissant à désirer.

– Professeur Maugrey, tenta Sally Ann Perks, existe-t-il un moyen de contrer le sort ?

– On ne peut le contrer, mais on peut se défendre. Je vais vous montrer comment d'ici quelques jours. Mais je tiens à vous prévenir : il faut une vraie force intérieure pour pouvoir le combattre. Ce n'est pas à la portée de n'importe quel sorcier, donc ne soyez pas déçus si vous n'y arrivez pas. Quelqu'un peut me donner un autre sort impardonnable ?

– Le Doloris, intervint Cédric en levant la main.

– Exactement. Le sortilège de torture. Je vais devoir vous montrer ce que cela fait vraiment... Doloris !

L'araignée se roula sur la table, agitée d'horribles convulsions. Elle avait l'air de vivre un moment terriblement affreux. Maugrey leva sa baguette devant les airs profondément choqués des élèves. Draco semblait être sur le point de vomir.

– Ce maléfice ne tue pas, dit Maugrey au bout d'un très long moment. Il ne peut vous tuer. Il vous déchire et vous écorche de l'intérieur, vous fait ressentir mille tourments à la fois, mais votre enveloppe corporelle demeure parfaitement intacte. Si le Doloris est jeté longtemps, vous pouvez devenir fou, perdre la mémoire ou toute sensibilité, ou devenir incapable de vous reconnaître dans un miroir. Vous pouvez arrêter d'avoir des émotions, comme une sorte de coquille vide. La mort, à côté, est un cadeau.

– Il existe un contresort, prononça Fergus d'une voix forte.

– Ah bon ? s'étonna Maugrey. Lequel, je te prie ?

– Le sortilège du plaisir, Voluptatem.

– À moins que tu comptes torturer tes ennemis en leur procurant des orgasmes, je crains que cela ne soit pas une très bonne défense, riposta Maugrey.

Terence Higgs gloussa de rire. Du coin de l'oeil, Harry aperçut Blaise prendre des notes concernant le sortilège du plaisir.

– Le dernier sortilège impardonnable est... ?

Harry leva timidement la main.

– Celui de mort, monsieur.

– Tout à fait, dit Maugrey d'une voix étrange. Avada Kedavra !

Une lueur verte les aveugla un moment et l'araignée tomba raide morte.

– Il n'y a aucun moyen pour conjurer ce sort fatal. Et la seule personne qui y a survécu se trouve dans cette pièce...

Harry sentit les regards de ses camarades converger vers lui.

– L'Avada Kedavra requiert de nombreuses qualités magiques pour le réaliser. Des qualités funestes, certes, mais des qualités tout de même. Si vous lanciez tous un Avada dans ma direction en même temps, je doute que vous réussissiez juste à me faire saigner du nez. Il faut réellement le vouloir pour tuer quelqu'un, et n'avoir aucune émotion parasite dans son cœur. Ce n'est plus une banale histoire de formule magique... Il s'agit de magie profonde, celle qui joue avec l'affect. Maintenant, avant que vous soyez tenté d'essayer ce maléfice sur quelqu'un qui aurait piqué vos affaires, sachez que l'utilisation d'un des sortilèges impardonnables sur un humain vous vaudra un aller simple pour Azkaban.

Hermione leva la main.

– Oui ?

– Vous venez de dire que l'utilisation d'un de ces sortilèges sur un humain était condamnable.

– Parfaitement. Les sorciers, les cracmols, les moldus. Nous tous, quoi.

– Ce qui veut dire que si un jour quelqu'un aurait envie de s'en prendre à une créature magique, même douée de parole, il n'aura pas à s'inquiéter outre mesure ? (Draco lui lança un regard en biais) Je pense aux elfes de maison, notamment. Si quelqu'un venait à les assassiner comme ça, sans réel motif, le criminel ne serait pas inquiété ?

– Le meurtre des créatures magiques est pris en charge par le département spécifique du ministère. Mais, à moins que vous tuiez l'elfe de votre voisin par pure jalousie, il y a peu de chance qu'on vous poursuive en justice. Cela étant... Il n'appartient qu'à vous de prendre les choses en main et de changer la loi. Les elfes de maison méritent notre considération à nous tous, vraiment. Ils possèdent une puissance magique insoupçonnée et vous vous en rendrez bien compte à un moment de votre vie. Continuez comme ça, Granger.

Hermione sembla se gonfler d'orgueil. Ils passèrent le restant du cours à prendre des notes dans un silence total. Aux alentours de quinze heures, Maugrey les libéra.

– Vous avez quartier libre jusqu'au dîner. Nous le prendrons à l'intérieur de l'école. Dumbledore doit être en train de discuter avec madame Maxime et Karkaroff des derniers détails concernant la seconde tâche. Ils vous annonceront en quoi elle consiste ce soir.

Ils se rendirent dans leur dortoir pour ranger leurs affaires. Harry et Draco se baladèrent autour de l'école et entrevirent, en contrebas, un magnifique stade de Quidditch flambant neuf.

– Woaouh, c'est juste parfait !

Parfait était un euphémisme. Un cracmol tondait la pelouse avec soin tandis que deux autres nettoyaient les gradins. Ils ne furent pas autorisés à s'approcher davantage et se rendirent donc dans le jardin d'hiver. Là, des élèves de Durmstrang discutaient calmement sans pour autant essayer de se mélanger aux autres.

– Je les aurais pensé un peu plus chaleureux, prononça Draco, déçu.

Viktor Krum arriva de son habituelle démarche pataude et alla s'installer près de la baie vitrée, seul.

– J'aurais imaginé qu'il avait plein d'amis, tu vois, chuchota Harry.

– Mmh, je suppose que ça doit être dur d'être entouré de gens sincères quand on est célèbre, devina Draco.

Tracy Davis débarqua à son tour, son habituel sourire moqueur placardé sur le visage.

– Salut.

Draco ne lui répondit pas, apparemment absorbé par la vue. Harry se souvint tout à coup qu'il lui en voulait encore pour avoir mangé son chocolat au début de l'année. Tracy ne s'en formalisa pas.

– Je tenais à te souhaiter bonne chance pour cette seconde tâche, Harry. J'espère que cette épreuve-ci ne sera pas trop dure... En général, beaucoup de candidats craquent quand elle arrive. Si tu as besoin d'aide, je suis là.

Elle adressa à Draco une courbette ridicule et ce dernier la foudroya du regard tandis qu'elle s'éloignait en sautillant.

– Je déteste cette fille, dit-il.

– Tu dis juste ça parce qu'elle a mangé ton chocolat, raisonna Harry.

– Elle mérite de mourir ! s'emporta Draco.

Viktor Krum sursauta puis se retourna vers eux.

– C'est rien, rassura Draco d'une voix fausse. C'est rien, vraiment.

Quand l'heure du dîner arriva, tout le monde semblait impatient de connaître davantage d'informations sur la seconde tâche. Ron, qui avait passé l'après-midi avec Mafalda, bouillonnait de pronostics plus hasardeux les uns des autres. Quand Karkaroff se leva, il n'eut aucun besoin de réclamer le silence, car tout le monde semblait être suspendu à ses lèvres.

– La seconde épreuve aura lieue samedi prochain dans les profondeurs d'un des lacs bordant l'école. Pendant une heure il vous faudra chercher quelque chose de précieux qu'on vous a dérobé.

Karkaroff se rassit sans plus d'explication. Un brouhaha s'empara du réfectoire. « Pendant une heure il vous faudra chercher quelque chose de précieux qu'on vous a dérobé... » Harry ne comprenait pas. Hermione, elle, semblait tétanisée par l'effroi.

– Dans le lac ? Une heure ? Harry, il va falloir trouver un moyen pour que tu puisses respirer sous l'eau !

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Je vous ajoute ci-joint la description complète de l'institut Durmstrang tel que je l'imagine (donc ce ne sont pas des infos officielles, hein). Je préférais mettre cette fiche à la fin car il y a déjà quelques éléments mentionnés dans ce chapitre et sinon cela vous aurait gâché le plaisir.


Description DURMSTRANG :

Directeur : Igor Karkaroff

Fondatrice : Nérida Vulchanova (assassinée par son successeur, le mage noir Harfang Munter qui mit comme matière obligatoire le duel sorcier)

sic. Selon Pottermore, Durmstrang aurait trois fois plus d'élèves qu'à Poudlard tout en ayant une école trois fois plus petites. J'ai décidé de ne pas en tenir compte. Pour moi, Durmstrang est une école de plus faible effectif où chaque élève a sa propre chambre.

Description générale : Durmstrang se situe au sommet d'une chaîne de montagnes, bordées de cascades, chutant dans un immense lac bouillonnant. Même si on ignore où se trouve Durmstrang précisément, on peut supposer que l'établissement se situe en Norvège. Les élèves adorent nager parmi les sources chaudes naturelles durant leur temps libre et s'adonnent à des concours de plongeon.

Toutefois, la mentalité de Durmstrang met l'accent sur l'invidualisme. Chaque élève possède sa propre chambre qu'il peut décorer à son goût. Certains parents n'hésitent d'ailleurs pas à payer des frais de scolarité plus élevés pour que leur héritier dispose d'une chambre plus grande ou avec une vue sur le lac. Contrairement à Beauxbâtons ou l'école est complètement gratuite, y compris dans l'achat des fournitures, Durmstrang taxe ses élèves sur toutes sortes de dépenses, de sorte qu'étudier là-bas est un véritable investissement pour les familles de sorciers, même les plus aisées.

Mais être riche ne suffit pas : il faut aussi avoir les capacités magiques et intellectuelles pour pouvoir prétendre être sélectionnable. En effet, Durmstrang a un examen d'entrée très difficile pour les élèves, les testant aussi bien sur leur culture générale, leur aptitude à réagir face au danger ou leur maîtrise de sortilèges. L'admission peut également se faire sur dossier.

Ainsi, Durmstrang se targue d'avoir les élèves les plus excellents du continent européen ce qui n'est pas toujours vrai. La sélection naturelle s'opère dès les premiers jours où les élèves ne pouvant pas suivre le rythme font leurs valises et rentrent chez eux. Le système scolaire diverge cependant de celui en Grande-Bretagne : âgés de onze ans, les candidats sont dans une école voisine nommée Burff-on-Dire (sorte d'école primaire pour sorciers). Ce n'est qu'à douze ans qu'ils entrent à Durmstrang et finissent leurs études à 19 ans, mais la dernière année est optionnelle.

Couleurs principales : rouge / grenat

Configuration de l'institut : L'école, haute de trois étages, aurait la forme d'une croix grecque subdivisant l'institut en quatre ailes.

L'aile NORD : comporte toutes les salles de classes liées à la magie, comme la démonologie (enseignée par Tibère Parkinson), la magie ancienne et tous les cultes du feu ou encore la nécromancie. Il y a six salles de classes par ailes et au bout de chacune d'elle se trouve un large mur surmonter d'un vitrail. Gellert Gridenwald a tracé la trace des reliques de la mort sur un mur de l'école (mais que tout le monde appelle la Marque de Gridenwald, faute de connaissance).

L'aile OUEST : Majoritairement composée de salles d'entraînement, à la petite cathédrale et aux chambres

L'aile EST : ouvre sur le jardin d'hiver

L'aile SUD : donne sur les lacs de source d'eau chaude (les élèves les plus riches y résident car la vue y est splendide)

Emploi du temps :

→ Nota Bene : Les cours commencent très tôt le matin (aux alentours de 7H30) et s'achèvent peu avant la pause déjeuner. Ils durent généralement deux heures à chaque fois.

Lun. Club de Duel / Géographie / Nécromancie.

Mar. Potions / Langues / Artefacterie.

Mer. Vie religieuse et tradition sorcière.

Jeu. Histoire de la magie / Incantation / Sport sorcier.

Ven. Démonologie / Magie ancienne.

Sam. Jour Saint (Pour les croyants seulement)

Dim. Cours de soutien obligatoire (1H).