Posté le : 6 Mai 2015. Vous pouvez me rejoindre sur mon groupe facebook « The Baba O'Riley » pour plus d'infos !


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Merci encore pour tous vos commentaires. Je les ai tous lus avec plaisir. Ils m'ont tellement remonté le morale que... Um (roulement de tambours) j'ai écrit deux chapitres du tome 5 depuis la dernière publication. Autant dire que j'ai activé les turbines ! Ça m'a fait un bien fou d'écrire, de me sentir aussi supportée dans mon break. Je vais continuer à me consacrer uniquement à cette fic et pour le reste, je verrai d'ici là.

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Réponse collective aux reviews :

Eh oui, j'ai décidé de combiner l'épreuve du dragon et celle du lac afin que cela soit moins laborieux pour vous à lire. Ça m'a demandé des semaines (voire des mois) de réflexion, mais je suis très contente du résultat ! La dernière épreuve, en revanche, sera comme celle du livre. Sauf qu'on la verra du point de vue des spectacteurs et non pas des concurrents... Enfin, vous comprendrez mieux en la lisant prochainement.

Pas mal de personnes étaient surprises de voir Tracy Davis au fond du lac, mais je vais vous expliquer pourquoi. Dès le début du tome, on l'aperçoit dans le train à la rentrée et Harry la sent « différente » des autres filles. Il est un peu chamboulé par elle et son franc-parler. Peu importe ce qu'il se passe autour de lui, Harry lui prête de l'attention et remarque certains détails la concernant (ses yeux, ses cheveux, sa façon de se tenir etc.) Bref, donc depuis des mois il nourrit une espèce d'obssession pour elle et a très envie de mieux la connaître. Cette fixette s'est alors changée en véritable sentiments. Pour moi, Harry ressent bien de l'amour pour Tracy sans même s'en rendre compte. Et Tracy aussi l'aime. Donc non, leur romance n'est pas « sortie de nulle part ». Par contre, il aurait été hors de question pour moi que Harry se rende au bal avec un garçon. Pour la simple et bonne raison que là, pour l'instant, il se considère encore comme 100% attiré par les filles ! Ça n'aurait aucun sens et ça ne ferait que précipitée les choses. Je rappelle qu'ils n'ont que 14 ans dans ce tome, hum... Le yaoi passera après.

L'intrigue autour des Forces du Mal va devenir très tendue. Mais pas tout de suite car dans le T5 on est encore dans la phase « déni du Ministère ». Mais pour le T6, (si je me lance dans l'écriture de celui-ci à 100%) j'ai prévu des évènements assez douloureux pour nos tendres personnages, snif. Oh et oui : la naissance du petit frère de Draco concorde avec le retour de Voldemort... Bien vu mes chers. Très bien vu.

Ron a toujours été mon roudoudou. Il aura un rôle capital dans les tomes suivants, surtout dans le T6 car sa storyline prendra une tournure à 90 degrés. J'ai vraiment, vraiment hâte d'y être car j'ai une idée précise du scénario mais tout écrire prend un temps fou. Sinon, en effet, on continuera de voir Fergus. Il devient à partir du T5 un personnage récurrent qui aura son propre background. Je n'en dis pas plus.

p-s : Harry et Valar (l'avatar de Serpentard) communiquent bel et bien en fourchelang. Sauf que Harry ne s'en rend pas compte, puisque c'est inné chez lui !

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Chapitre 17 : « Le scoop de Rita Skeeter »

Les vacances permirent aux élèves de récupérer du bal endiablé qu'ils avaient vécu. Tout le monde ne parlait plus que de la tenue de untel, du rapprochement de ces deux-là ou encore de la bourde de celle-ci. Harry alla personnellement s'excuser auprès de Tracy pour l'avoir abandonnée en pleine festivité.

– Ça ne fait rien, dit-elle le lendemain, d'énormes cernes sous les yeux, tu n'as pas manqué grands choses ensuite. En fait, je ne me souviens à peu près de rien.

Les professeurs, qui étaient désormais certains que quelqu'un avait versé de la drogue dans diverses boissons non-alcoolisées, cherchaient désespérément le responsable. Fergus passait toujours près de Karkaroff en poussant un petit soupir de satisfaction. Draco et Viktor Krum étaient désormais officiellement ensemble et Harry ne voyait même plus son meilleur ami, qui prenait ses repas avec les élèves de Durmstrang.

– D'une certaine manière, son père a eu ce qu'il voulait, formula Hermione en levant le nez de son manuel d'Histoire de la Magie (Les enseignants de Poudlard leur faisaient parvenir leur cours par correspondance).

– Qu'est-ce que tu veux dire ? s'inquiéta Ron.

– Eh bien, Lucius Malfoy a toujours voulu que Draco aille à Durmstrang. Maintenant, c'est fait. Et il commence à se faire tout un tas d'amis ici. Donc peut-être que son père se dit qu'il va reconsidérer sa proposition...

Il était hors de question pour Harry que Draco quitte Poudlard. Hermione dû le lire dans son regard car elle s'empressa d'ajouter.

– … De toute manière, je suis sûre que Draco choisira toujours Poudlard.

– Je n'en suis pas si sûr, nuança Ron. Il est bien plus intégré ici que chez nous. Les autres Gryffondor sont assez durs avec Draco, même encore maintenant. Alors qu'ici, il a l'air d'être dans son élément, entouré de tout un tas de gamins doués, célèbres et riches comme lui.

Mafalda Prewett, la cousine de Ron, fit son arrivée dans son uniforme brun et grenat. Ses cheveux d'un roux éclatant tombaient sur ses épaules telle une cascade de feu.

– Bonjour à vous tous ! Pourquoi ces têtes de déterrés ?

– C'est à propos de Draco, lança Ron en ôtant son sac à dos de la chaise voisine.

– Ooooh, le dragon albinos.

– Le quoi ? interrompit Harry.

– Le dragon albinos. C'est comme ça que Viktor l'appelle. Et Draco l'appelle Vicky.

– Tu te fiches de nous ?

Mafalda haussa des épaules, d'un air parfaitement égal.

– C'est les bruits qui courrent.

– Mafalda, c'est toi qui créé les rumeurs dans cette école, rétorqua Ron.

– Et alors ? Ça ne fait pas de mal de mentir un peu, non ?

Même si Harry savait qu'il y avait une grosse part de mensonge dans ce qu'elle venait de dire, il ne pouvait s'empêcher d'être contrarié à l'idée que Draco passe la plupart de son temps libre avec Viktor en lui donnant des petits surnoms. Un curieux sentiment de malaise le prenait dès qu'il les imaginait ensemble.

Le matin de Noël, tout le monde se réveilla bien plus tôt qu'à l'ordinaire. Dumbledore avait fait installer un majestueux sapin dans la salle commune et des dizaines de paquets cadeaux multicolores n'attendaient que d'être déballés. Hermione et Ron ouvraient déjà les leur quand le flux d'élèves finirent par arriver. Ron reçut son habituel pull tricoté de la part de sa mère et Hermione un coffret remplis de romans moldus de ses parents. Harry s'approcha de sa pile : Sirius lui avait envoyé un kit de musiques sorcières et une brochure sur « Comment séduire les filles ». Sans surprise, Draco était celui ayant reçu le plus de cadeaux. Il les compta avec patience.

– Dobby t'a envoyé quelque chose, dit-il en tendant un paquet rafistolé à Harry. Je crois qu'il t'aime bien.

En déchirant le papier kraft, il tomba sur une paire de chaussettes en laine dépareillées. Blaise ricana dans son dos. Draco hissa le cadeau de son père et le regarda d'un air soupçonneux.

– Rien à craindre, aboya la voix de Maugrey derrière son dos. Je les ai tous inspecté.

Le paquet contenait un grimoire ancien et écrit à la main. Le titre était « La généalogique toujours pure des Malfoy ». Draco glissa un regard en biais à Hermione puis s'empressa de cacher le livre sous le coussin d'un fauteuil. Le sol de la salle commune était désormais couverts de papiers et Harry en ramassa un grand nombre pour faciliter le travail de ménage des cracmols.

Même si Durmstrang n'avait pas d'elfes de maison, Harry ne trouvait pas cette solution alternative plus louable. Les cracmols étaient certes payés pour leur travail, mais ils n'en n'étaient pas moins considérés comme des domestiques de seconde-zone. Hermione ne semblait pas le voir, trop préoccupée à mener de front sa petite bataille contre le système oppressant. Pourtant, selon Harry, l'utilisation des cracmols dans les tâches considérées comme ingrates constituait une forme de ségrégation. Les cracmols préparaient à manger, nettoyaient l'école, s'assuraient que rien ne manquait et le tout dans un silence religieux. Jamais Harry ne les avait entendu prendre la parole. C'était comme s'ils n'existaient pas, comme si... comme si personne au cours de leur vie ne leur avait demandé comment ils allaient.

– Merci Harry ! s'écria Draco. C'est exactement ce que je voulais !

Il avait l'air très content d'avoir un album collector de la Coupe du Monde de Quidditch, match après match. Les hiboux s'engouffrèrent par la cheminée éteinte et distribuèrent le courrier du jour, dont la plupart était des cartes de vœux. Electra arriva avec un exemplaire de la Gazette du Sorcier. Draco commença à lire, son visage s'empourprant à une vitesse fulgurante.

– Qu'est-ce qu'il y a ? interrogea Ron.

– Non, rien.

– Fais voir, insista-t-il.

Voyant que Hermione et Harry s'approchaient, il soupira :

– Ça parle aussi de vous là-dedans... Je crois que Rita Skeeter s'est donnée pour mission de ruiner notre Noël.

Ils se serrèrent les uns contre les autres pour lire.

LES COULISSES DU TOURNOI DES TROIS SORCIERS

CE QUE L'ON VEUT VOUS CACHER

Rita Skeeter, une séduisante sorcière de quarante-trois ans ayant dégonflé bien des réputations surfaites avec sa plume acérée, s'est dernièrement interessée aux champions du Tournoi des Trois Sorciers. Bien que cette appelation soit désormais révolue, puisque Harry Potter participe en tant que quatrième concurrent, la compétition est – comme à l'origine – aussi palpitante que prévue. Rappellons à nos lecteurs que le Tournoi des Trois Sorciers opposant un élève de Poudlard, Durmstrang et Beauxbâtons avait subitement été arrêté en raison du nombre exponentielle de morts des participants.

Plus d'un siècle après, le Ministère de la Magie britannique remet sur le tapis cette compétition, fermement soutenue par Ludo Verpey, ancien batteur et champion légendaire des Canons de Chudley. Secondé dans sa lourde tâche par Bartemius Croupton, directeur de la coopération magique internationale, ce duo atypique a travaillé toute l'année précédente afin de donner vie à ce projet plus qu'ambitieux. En effet, contrairement au schéma classique, les élèves seront amenés à voyager entre les trois écoles, dans un souci de parfaite équité.

La première épreuve s'était déroulée début novembre dans l'enceinte de Poudlard. Les champions, accompagnés d'un de leur ami, avaient dû affronter les dangers de la forêt interdite. Fleur Delacour, la française à la beauté incontestable, avait remporté la partie avec une certaine longueur d'avance. La seconde tâche, disputée aux abords de Durmstrang, constituait à plonger dans un lac contenant un dragon d'eau. Cette fois-ci, Viktor Krum sortit vainqueur, talonné de peu par Cédric Diggory, l'un des champions de Poudlard. Même si les détails de la compétition retiennent en haleine nos lecteurs, nous profiterons de cet article pour discuter de tous les points non-officiels de la compétition.

Rita Skeeter se souvient parfaitement de sa première rencontre avec le Survivant. C'était lors de l'examen des baguettes magique, deux mois plus tôt, dans une des salles de classe de Poudlard. Harry Potter, dont la cicatrice légendaire défigure son visage pourtant charmant, est un jeune homme agréable et émotif. Secoué par la tragédie qui mit un terme à la vie de ses deux parents, l'étudiant anglais qui vit désormais avec son parrain Sirius Black (voir encadré 3 page 8) redoute plus que quiconque les aléas de ce concours.

Âgé de quatorze ans, le jeune homme devra faire face à bien des pans obscurs de la magie tout en ayant bien moins de connaissance que ses adversaires. Nous avons décidé de l'approcher afin de nous renseigner davantage sur son état d'esprit : « Je pense que ma force me vient de mes parents. Je sais qu'ils seraient très fiers de moi s'ils pouvaient me voir maintenant... Oui, parfois, la nuit il m'arrive encore de pleurer en pensant à eux. Je n'ai aucune honte à l'avouer. Je sais que je ne risque rien au cours de ce tournoi car ils veillent sur moi. » Des larmes remplissent ses yeux d'un vert étonnant alors qu'il achève sa phrase Harry Potter avoue à notre reporter ne garder aucun souvenir de ses parents qui emportèrent avec eux, leur amour pour leur fils unique.

Cependant, il semblerait que Harry puisse compter sur l'affection toute particulière de ses camarades. Bien entouré, une source proche de l'élève nous confie qu'on l'apercevait rarement sans Hermione Granger, une née-moldue au charme étourdissant. Ce rapprochement se serait opéré lors de leur seconde année d'étude à Poudlard. « Ils sont inséparables », commente une jeune fille qui a préféré conserver l'anonymat, « Ils passent tout leur temps ensemble. Personnelement, je n'ai jamais cru à l'amitié fille-garçon. Il n'y a qu'à voir comment Harry regarde Hermione. On voit bien qu'il l'aime ».

Hermione Granger semble toutefois avoir plus d'un tour dans son chaudron. Après avoir accordé son entière confiance à cette dernière, Harry s'aperçoit très vite de sa grossière erreur. Il s'agit sans nul doute d'un garçon différent à bien des égards, mais qui pourtant ressent les mêmes tourments d'adolescence... Privé d'amour depuis la disparition brutale de Lily et James Potter, le jeune Harry a tendance à s'attacher aux autres très rapidement. Il était loin de se douter qu'il allait subir un nouveau séïsme affectif dans sa vie déjà marquée par de nombreux malheurs. En effet, Hermione Granger semble éprouver une forte attirance pour les sorciers célèbres que Harry ne peut satisfaire à lui seul.

À plusieurs reprises, nous avons surpris Hermione Granger se jouer des avances répétitives que lui aurait fait Cormac MacLaggen, neveu du respectable Tiberius MacLaggen, chargé de la coordination intra-départementale du gouvernement. En flirtant avec Cormac, Hermione Granger – sorcière ordinaire mais pourtant très ambitieuse – se rapproche de l'huile du Ministère. Nous connaissons tous les engagements forts qu'a pris Tiberius MacLaggen au cours de sa carrière concernant la question des créatures magiques. Sans doute que Miss Granger espérait pouvoir mettre un pied dans ce monde après ces études. « Elle ne parle plus que de son association pour libérer les elfes de maison », admet Padma Patil, une camarade de classe ayant la tête sur les épaules, « Elle veut que tout le monde en devienne membre et si on n'est pas d'accord, elle s'énerve contre nous ».

L'autoritarisme de Hermione Granger, loin d'effrayer la gente masculine, fait même des émules : Fergus Shacklebolt s'intéresse également de près à Granger. Il parvient à séduire la sorcière de deux ans sa benjamine, et à l'emmener au bal du solstice d'hiver. « Cormac était furieux », renchérit Padma, « Il prévoyait de l'inviter depuis le début. Hermione a accepté d'y aller avec Fergus sans même lui donner plus d'explications ». Fergus Shacklebolt, fils héritier de Kingsley, l'auror d'élite du Ministère, est un élève a la réputation nébuleuse et qui collectionne aussi bien les conquêtes que les avertissements. Si cette association semble étonner, il n'en est rien face au couple adorable – quoique atypique – que forme désormais Draco Malfoy et Viktor Krum.

Ces derniers s'étaient rencontrés lors de la dernière Coupe du Monde de Quidditch, tandis que Krum serraient la main des officiels dans la tribune présidentielle. Il faut croire qu'il a laissé une forte impression au jeune Malfoy qui entretient un véritable engouement pour ce célèbre sport sorcier. Attrapeur remplaçant dans son équipe à Gryffondor, Draco a très vite su de quelle manière il pourrait s'emparer de ce bonbon bulgare. Si ce rapprochement s'est fait de manière discrète à Poudlard, désormais, le couple ne se cache plus.

Krum, qui s'est de toute évidence pris de passion pour le tortueux Draco Malfoy, l'a déjà invité à lui rendre visite en Bulgarie pendant les vacances d'été. D'ailleurs, Krum ne cesse de répéter à Draco qu'il n'avait « jamais ressenti quelque chose d'aussi fort pour quelqu'un d'autre ». Cette idylle, quoique sincère, n'est pas au goût de tout le monde. Certains élèves – que cela soit du côté de Poudlard ou celui de Durmstrang – désapprouvent fortement la relation des deux tourteraux. La principale préoccupation est dû au fait que Draco Malfoy est un des amis très proches de Harry Potter. De fait, en côtoyant deux champions du tournoi, les élèves redoutent que Draco n'en utilise un pour mieux trahir l'autre.

Faisant fi des « qu'en dira-t-on », Draco n'hésite pas à braver le règlement intérieur pour rejoindre son sorcier au grand cœur en plein milieu de la nuit, caché par une cape d'invisibilité. Nous ignorons si à ce jour, le couple a réellement une chance de tenir car après tout, ils seront séparés par une distance géographique non-négligeable à l'issu du tournoi. À cause de l'intérêt subi de son meilleur ami pour Viktor Krum, Harry Potter se retrouve désormais plus seul que jamais à affronter les tourments d'une compétition dont la complexité le dépasse intellectuellement et magiquement.

Draco Malfoy et Hermione Granger, qui l'avaient souvent épaulés au cours de ces épreuves, sont chacun absents et ne semblent pas déceler le mal-être grandissant de leur ami. Néanmoins, il semblerait que Harry aurait trouvé du réconfort dans les bras de Tracy Davis, une sorcière caractérielle de la maison Serpentard. « On ne sait pas trop ce qu'il y a entre Harry et Tracy », confie Blaise Zabini, un camarade de dortoir du Survivant à la beauté insolente, « Tout ce que je sais, c'est qu'ils se sont embrassés dernièrement. À deux reprises ! » Harry Potter aurait-il fini par trouver l'amour ? ou Tracy va-t-elle finir irrémédiablement par lui briser le cœur à la Granger ?

Si Dumbledore se flatte que rien ne lui échappe, notre reporter doute qu'il ait vu venir celle-ci. Bien que le directeur excentrique de Poudlard suive sa délégation lors du tournoi, il aurait appelé Alastor Maugrey pour l'accompagner. L'auror à la retraite, dont la réputation de maniaque de la baguette magique n'est plus à faire, serait chargé de la protection des élèves. Une décision qui a fait lever plus d'un sourcil au Ministère compte rendu de la propension de Maugrey (dit « Fol'Oeil » ) à attaquer quiconque aurait le malheur de faire un geste brusque. En plus de sa mission d'encadrant, Maugrey serait également coordinateur des devoirs à rendre par correspondance et leur inculquerait quelques leçons de Défense Contre les Forces du Mal.

Certains parents n'hésitent pas à faire part de leur inquiétude concernant cette nomination de dernière minute : « Ce n'est pas une bonne idée de mettre un type pareil autour d'enfants », s'exprime Mr Faucett, dont sa fille Diana fait partie de la délégation de Poudlard, « Il est un peu maboule et puis son œil... il voit un peu à travers tout. Qui peut nous assurer que ce vieux pervers ne regarde pas sous la jupe des filles ? J'ai une gamine à protéger ». Pourtant, Alastor Maugrey nous semble être un personnage bien lisse, aimable et doué d'un certain sens de la responsabilité comparé à Rubeus Hagrid.

Laissé en arrière pour les besoins du Tournoi des Trois Sorciers, le garde-chasse de Poudlard et enseignant en soin aux créatures magiques ne cesse de défrayer la chronique. Il y a deux semaines, Hagrid aurait mis en danger la vie d'un de ses élèves lors d'un cours. Le jeune homme, répondant au nom de Dean Thomas, aurait été hospitalisé à Sainte-Mangouste pour de graves brûlures au niveau des avants-bras. Ce n'est pas la première fois qu'un tel accident se produit au collège de sorcellerie tandis que Dumbledore ferme les yeux sur les agissements nébuleux de ce personnage peu rassurant et au regard cruel. « Ces bêtes-là mordent », affirment Pansy Parkinson, une jeune fille vive de Serpentard, « Pourtant, il ne veut pas nous écouter quand on dit qu'on ne veut pas les approcher. Je crois même qu'il ne sait même pas ce qu'il fait, la plupart du temps. Un ami à moi a été attaqué par un hyppogriffe l'année dernière. Et Vincent, par un verracrasse il y a un mois. Tout le monde déteste Hagrid et ses cours. Mais personne n'a eu le culot de le dire jusqu'ici. On a trop peur des représailles. » En dépit des nombreuses candidatures de qualités qu'aurait reçu Dumbledore un an auparavant, celui-ci aurait décidé de placer sa confiance en Hagrid, passant outre ses inaptitudes évidentes. Notons que Hagrid avait été expulsé de Poudlard lors de sa troisième année et qu'il n'a donc, par ce fait, aucun diplôme sorcier. Toutefois, Hagrid a usé de sa mystérieuse influence sur le directeur pour obtenir ce poste tant convoité.

« Il le brutalise », affirme Gilderoy Lockhart, le très célèbre écrivain, « Dumbledore commence à devenir un peu sénile et fatigué. Je crois que Hagrid lui fait très peur. C'est un vieil homme sans compagnie et un peu perdu. Je l'ai très vite vu quand, deux ans plus tôt, j'enseignais à Poudlard la Défense Contre les Forces du Mal. C'est un personnage très louche cet Hagrid. Un homme vivant seul près des bois, seul, avec son chien et qui ne peut se passer de la compagnie des enfants... C'est quand même très louche. »

Minerva MacGonagall, la directrice adjointe, remplace Dumbledore dans ses fonctions depuis son départ pour l'institut Durmstrang. Devant faire face aux courriers de parents d'élèves inquiets, la directrice par intérim refuse de répondre aux moindres questions – pourtant nombreuses – de notre rédaction. À l'heure où un élève se trouve encore à Sainte-Mangouste pour cause de négligence du corps professoral, Minerva MacGonagall peut-elle encore se permettre ce si dur silence ?

Le corps professoral n'est pas l'unique problème auquel Dumbledore est confronté. Souvenez-vous : lors de la Coupe du Monde de Quidditch, la Marque des Ténèbres est apparue dans le ciel, quelques heures après la finale. Si le sorcier ou la sorcière à l'origine de cet acte abominable est encore activement recherché, les doutes du Magenmagot et de la haute autorité des mages et sorciers se renforcent. Jamais depuis près de treize ans, la menace d'un regain de tension dans notre société n'a été aussi fort. Les partisans de Vous-Savez-Qui semblent résolus à montrer qu'ils sont toujours et encore là. Quel est le rapport avec le Tournoi des Trois Sorciers, direz-vous ? Eh bien, sans doute l'avez-vous oublié ou étiez-vous trop jeunes pour être au courant, mais Igor Karkaroff – l'actuel directeur de Durmstrang – a été autrefois inculpé pour ses activités de Mangemort.

« Il suffit de le regarder droit dans les yeux pour savoir ce que vaut ce type », avait lancé Maugrey Fol'Oeil qui avait contribué à sa capture, « J'espère qu'il croupira en prison le restant de ses jours. » Par la suite libéré sous caution en divulgant le nom d'autres partisans lors d'une affaire encore jamais vue, le sorcier de réputation sinistre est parvenu à se hisser au poste de directeur grâce aux étroites relations qu'il entretient avec le président russe. C'est sans doute pour se protéger de possibles attaques que Dumbledore fait surveiller nuit et jour l'endroit où séjourne ses élèves, et plus particulièrement le légendaire Harry Potter. Est-ce une astuce de disuasion de la part du directeur de Poudlard d'avoir nommé comme dignitaire Fol'Oeil ? Pense-t-il sincèrement qu'un vieil auror éclopé effraira un Mangemort redoutable et déterminé ? Harry Potter a-t-il réellement une chance de survivre à ce tournoi extrêmement dangereux ?

« Potter a toujours eu un certain sens du drame », avoue une nouvelle fois Pansy Parkinson. « Il chante à tout le monde que ce n'est pas lui qui a mis son nom dans la coupe. Mais, on connaît tous la vérité ! Potter a toujours eu besoin de faire son intéressant. Il aime le danger, et il entraîne avec lui ce lourdeau de Ron Weasley et mon ami Draco. » Il est vrai que Harry Potter a toujours été au cœur des ennuis. Dès sa première année à Poudlard, il aurait été au centre d'une affaire bien nébuleuse concernant la pierre philosophale, invention de Nicolas Flamel (voir encadré 8 colonne 11).

En plus de ses activités de héros du dimanche, Harry est un membre important de la communauté sportive de son collège, occupant le poste d'attrapeur à Gryffondor. « Draco n'était pas très content qu'il soit choisit à sa place – surtout un an avant la date limite ! Draco est un bien meilleur joueur que lui, mais puisque Potter est le chouchou de Dumbledore, il a le droit de tout faire. » poursuit Pansy. « Je crois même que c'est Dumbledore lui-même qui l'a aidé à participer à ce fichu tournoi. » La rivalité ambigüe existant entre Harry Potter et Draco Malfoy est connue de tous. Tantôt fidèles alliers, tantôts rivaux redoutables, les deux comparses – qui partagent leur dortoir à Poudlard – semblent de plus en plus divisés sur la manière d'aborder ce tournoi. Selon une source proche des deux jeunes hommes, Lucius Malfoy – généreux donateur et mécène – aurait de nombreuses fois mis en garde son fils sur ses fréquentations laissant à désirer.

Si ce rebelle de Harry passe encore, ce n'est pas le cas de « ce lourdeau de Ron Weasley ». Sixième fils d'une famille nombreuse, Ron ne se distingue ni par ses traits grossiers, ni par sa magie d'un niveau navrant. « On se demande bien ce qu'il lui trouve à celui-là », poursuit une préfète ayant choisi le voile de l'anonymat, « Ronald Weasley est tout sauf un garçon malin. » Notre reporter mise sur un complexe de supériorité. Si Harry en serait victime – ce qui semble être le cas – il s'entourerait volontairement de sorciers aux capacités moindres. Ron Weasley, dont le père travaille au service des détournements de l'artisanat moldu, a éprouvé bien des difficultés à s'intégrer dans ce groupe déjà soudé composé de Granger et Malfoy. À côté d'eux, celui-ci fait vraiment bien pâle figure et nous comprenons à peine pourquoi Harry l'aurait choisi pour l'accompagner lors de la première épreuve...

– Foutaise que tout ça, rugit Maugrey qui leur arracha le journal des mains. (Il le froissa puis le jeta dans la cheminée) Vous devriez plutôt célébrer Noël au lieu de donner de l'importance à cette vipère.

Maugrey s'éloigna, semblant d'une humeur massacrante.

– Il a raison, dit résolument Hermione. Nous sommes dans un pays fabuleux que nous n'aurons certainement plus la chance de revoir avant un bout de temps. On devrait plutôt se focaliser sur d'autres choses. Venez.

Mais Ron n'avait pas l'air de prendre la nouvelle avec autant de philosophie. De toute la journée, il ne prononça pas grand chose et jetait des regards sinistres à quiconque lui demandait ce qui n'allait pas. Harry comprenait parfaitement son attitude, cependant rien ne pouvait être changé. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'était de passer à autre chose.

Cependant, quelques questions tournaient en boucle dans sa tête : Karkaroff avait-il réellement été un Mangemort ? Si oui, risquait-il quelque chose à Durmstrang ? Le surveillait-on à ce moment précis ? Est-ce que Sirius en savait davantage à ce sujet ? Comment Rita Skeeter avait-elle fait pour connaître toutes ces choses sans même qu'on l'aperçoive dans les alentours ? Pourquoi des élèves avaient accepté de dire des choses aussi affreuses sur leur compte ? Et est-ce que, par la barbe de Merlin, Draco avait vraiment rejoint Krum en pleine nuit ? Rita Skeeter parlait d'une cape d'invisibilité. Cela voulait donc dire qu'il avait fouillé dans ses affaires alors qu'il dormait ! Harry ressentit un pincement au cœur, accompagné d'un arrière-goût de trahison.

Draco abordait une toute autre tactique. Il faisait semblant que l'article n'avait jamais été publié ou qu'il ne l'avait jamais eu sous le nez. Chaque fois que quelqu'un le mentionnait, il arborait ce petit air surpris.

– Mais de quoi tu parles, enfin ? s'impatienta-t-il alors que Théodore lui demandait plus de détails sur sa relation avec l'attrapeur bulgare. Je ne suis pas du tout au courant de tout ça, voyons !

Le mensonge était grossier. S'il devait bien y avoir quelqu'un sur cette planète à connaître tous les détails de leur relation, c'était bien les principaux concernés. Le soir même, Harry décida d'écrire à son parrain. Il rédigea une lettre assez longue sur ses récentes inquiétudes. Harry l'acheva par la note suivante : « p-s : J'aimerai en savoir plus sur Karkaroff et Mr Croupton. Il n'est pas venu sur le tournoi depuis des mois. Il envoie tout le temps Percy à sa place. C'est plutôt bizarre quand on sait que c'est grâce à lui que le tournoi est revenu, non ? »

Hedwige semblait au comble de la félicité d'avoir à nouveau du travail. Harry lui prépara un véritable festin avant qu'elle ne prenne son envol. Qui sait combien de temps elle devra voler pour retourner jusqu'en Angleterre ?

Ooo

La dernière semaine à Durmstrang se déroula comme à l'ordinaire. Ils continuaient de suivre leur enseignement par correspondance tout en ayant les cours initiatique des professeurs de l'institut. Tibère Parkinson – l'oncle de Pansy – leur inculqua de nombreuses choses à propos des démons et Harry regretta de ne pas avoir cette matière au programme de Poudlard.

La démonologie n'était pas la seule chose intéressante à connaître : la magie ancienne, l'artefacterie et même le club de duel comportaient leur lot de surprises. Le cours favoris de Draco était celui d'Incantation. C'était une sorcière étonnament jeune du nom de Sigfried qui leur donnait cours. Ils passaient généralement une heure à plancher sur une feuille de papier, à créer une incantation. Celle-ci devait obligatoirement rimer, ce qui agrandissait la difficulté de l'exercice.

Draco réalisait de fabuleux poème et l'un d'entre eux fonctionna en cours. Elle permettait de retrouver des objets perdus et pendant plus d'une heure, les personnes de la classe ne fit que de retrouver des choses qu'ils pensaient ne plus revoir. Sigfried annula le sort mais félicita grandement Draco pour ses extraordinaires capacités. Harry redoutait, au fond de lui, que ce genre de compliments lui donne envie de revenir étudier ici.

Ils rejoignirent la salle d'à côté en passant devant la Marque de Gridenwald. Le cours de géographie fut un peu moins palpitant. Même si c'était intéressant d'en savoir plus sur l'institut Salem, Harry avait hâte de quitter Durmstrang, et de finir ce maudit tournoi. La nuit tombée, Hedwige finit par revenir avec une lettre coincée dans son bec. Il s'isola dans son dortoir pour la lire :

Harry,

Avant tout, je t'adresse encore mes sincères félicitations pour ta pugnacité dans cette compétition. La personne qui a mis ton nom dans la coupe ne doit pas être très contente maintenant. Tu es une vraie graine de champion ! Je comprends toutefois tes inquiétudes et je te promets que nous nous reverrons bientôt. Traditionnelement, avant la troisième tâche, les familles sont invitées à passer une journée avec leur enfant. Je viendrai donc en France, pour la toute dernière épreuve ! Nous pourrons parler de vive voix des choses qui te tracassent. J'ai moi-même un mauvais pressentiment depuis quelques temps. De nombreuses choses étranges se passent et ressemblent à comment la guerre avait commencé, autrefois. Il y a des signes qui ne trompent pas. Ici, le Ministère fait comme si rien de spécial ne s'était passé.

Pourtant, nous n'avons toujours pas remis la main sur les fauteurs de troubles de la Coupe du Monde. Il y a aussi la disparition inexpliquée d'une employée du Ministère depuis des mois. Tu te souviens de Bertha Jorkins ? Nous en avons parlé ensemble cet été. Eh bien, toujours aucun signe d'elle. J'ai été élève avec elle à Poudlard. Elle avait quelques années de plus que ton père et moi, et c'était une idiote. Toujours à fouiner partout. Curiosité et bêtise ne font pas bon ménage et je suis certain qu'il n'a pas été très difficile de l'attirer dans un piège. Le truc, c'est qu'elle a disparu en Albanie le dernier endroit comportant des traces de passage de Tu-Sais-Qui. Dumbledore me l'a dit lui-même. C'est vraiment très embarrassant ce qu'il se passe car Bertha savait beaucoup de choses sur le tournoi pour avoir travaillé avec Croupton puis Verpey. Si le Ministère n'a toujours pas pu la retrouver c'est une très, très, très mauvaise chose. Donc ne t'éloigne surtout pas de la protection des avatars des fondateurs ou de Maugrey Fol'Oeil.

Sans parler de toutes ces abscences de Mr Croupton. Jamais au cours de sa carrière il n'a manqué un seul jour de travail, alors tu imagines bien l'inquiétude de son service. Percy Weasley affirme que son patron va bien, qu'il a juste besoin de repos. Mais je pense que Croupton n'est pas du genre à faiblir devant un amoncellement de travail, bien au contraire. Il prend la peine de demander à son elfe de lui garder une place pour la finale mais ne vient pas ? Il travaille avec acharnement pour faire revivre le Tournoi des Trois Sorciers mais n'assiste pas aux épreuves ? C'est louche. Je connais très bien Croupton car c'est lui qui m'a envoyé à Azkaban sans même organiser le moindre procès. Il a bien failli perdre sa place l'année dernière, quand ton ami Draco a fait éclater la vérité.

Pourtant, Fudge a préféré le garder auprès de lui. Croupton est comme MacLaggen, Funestar ou Malfoy. Eux tous sont essentiels pour son gouvernement et il ne peut pas s'en débarrasser d'un coup de baguette magique. En tout cas, Croupton est un très grand sorcier. Il était directeur du département de la juste magique il y a treize ans de cela. On le donnait favori comme prochain Ministre, mais les choses ne se sont pas du tout passées comme prévue. Malgré ses méthodes douteuses pour venir à bout contre le crime, on a un jour interpellé un groupe de Mangemorts et parmi eux il y avait le propre fils de Croupton, Bartemius Jr. Ça a fait un scandale monstre au Ministère ! Il a été obligé de l'enfermer, pourtant, encore aujourd'hui, personne ne sait s'il était réellement un Mangemort ou si tout ça n'était qu'un triste malentendu.

Tu sais, il arrivait parfois que des innocents se retrouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Quoiqu'il en soit, le fils de Croupton est mort en prison peu de temps après et sa femme aussi est décédée la même année, à cause du chagrin. Personne ne parle encore de l'histoire de Croupton car il fait tout pour la faire oublier. Mais c'est à cause de Karkaroff qu'il a tout perdu, dans un sens. Dumbledore redoutait beaucoup qu'ils se retrouvent lors du tournoi. C'est Karkaroff qui a vendu le nom de Barty Croupton Jr. Sans quoi, il serait encore à Azkaban, comme tous les autres ! Méfie-toi de Karkaroff, Harry. Ce n'est pas un bon sorcier. Même s'il a renoncé à Voldemort, il n'est pas certain qu'il ait fait de mêmes avec les « anciennes pratiques ». Il n'y a qu'à voir les débordements qu'il y a eu lors de la Coupe du Monde. Plus que jamais tu te retrouves en danger. Ne quitte pas la tourelle la nuit. Reste proche de tes amis. Ils t'aideront bien plus que tu l'imagines lors de cette épreuve.

Avec toute mon affection,

Sirius

Harry replia la lettre, plus songeur que jamais. Quelques coups furent toqués à la porte. Draco apparut sur le seuil.

– Je peux entrer ?

Harry hocha de la tête.

– Hermione s'est enfermée dans les toilettes. Elle n'arrête pas de pleurer.

– Pourquoi ça ?

– Elle a reçu du courrier de gens assez mécontents. Ils croient vraiment ce que Skeeter a écrit dans son article. Une sorcière a marqué dans sa lettre qu'elle n'était qu'une dévergondée qui mériterait de mourir comme tous ces semblables... Un truc que mon père pourrait écrire s'il avait du temps à perdre, ajouta-t-il sombrement. Moi aussi j'ai reçu du courrier. Un journaliste de Fier Sorcier veut savoir si ma relation avec Viktor est sérieuse et si je compte l'officialiser.

– Et... Et qu'est-ce que pensent tes parents de tout ça ? demanda Harry avec quelques appréhensions.

– Ils sont très contents. Ma mère m'a félicité en disant que Viktor était un très bon partie. Mon père doit sûrement jubiler mais il ne m'a pas écrit. En tout cas, tout laisse entendre qu'il sera un peu plus souple avec moi pendant les vacances...

– Ah, je vois, fut la seule réponse que Harry pu fournir.

– Et Tracy et toi ?

– On... Disons qu'on prend notre temps. En fait, je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Il y a le tournoi et puis tout va si vite. Tout est embrouillé dans ma tête.

Draco eut la décence de ne pas poser davantage de questions.

– Qu'est-ce que c'est ?

– Une lettre de Sirius, éluda Harry, trop heureux de pouvoir changer de sujet. Il parle de Mr Croupton là dedans. Il dit que son fils avait été accusé d'être un Mangemort. (Draco se crispa) Tu le savais ? s'étonna-t-il. Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt !

– Je... Je ne voyais pas l'intérêt.

– Quoi ? Mais c'est même très important à savoir !

– Je suis désolé, Harry. Je n'aime pas trop parler de ça. (Il prit une profonde inspiration) Ma tante et mon oncle ont été arrêté en même temps que lui. Ils étaient Mangemorts eux aussi.

Harry le dévisagea comme s'il avait en face de lui un parfait inconnu.

– Je suis désolé, répéta-t-il. Je ne sais rien de plus sur ce qu'il s'est passé. À la maison, on n'aborde jamais le sujet. Mais... Attends, laisse-moi t'expliquer.

Mais Harry était déjà parti.

Ooo

Le jour du départ pour Beauxbâtons, l'ensemble des élèves de Durmstrang se rassemblèrent pour leur dire au revoir. Mafalda ne résista pas à l'envie de serrer dans ses bras son cousin et lui promit qu'ils se reverraient bientôt.

Harry refusait toujours d'adresser la parole à Draco et se mettait le plus loin possible de lui. En fait, il dormait à peine depuis leur dernière conversation et avait constamment d'énormes cernes sous les yeux. Le voyage sembla durer une éternité, bien loin au-dessus des nuages. Raava, l'avatar de Serdaigle, les faisait survoler une bonne partie de l'Europe occidentale. De temps à autre, par les fenêtres, on apercevait le carrosse de madame Maxime tiré par son attelage d'Abraxans.

– Tu devrais parler à Draco, soupira Ron en s'installant près de Harry. Il est très malheureux à cause de tout ce qu'il se passe, même si on ne dirait pas.

– Sa tante, son oncle et sans doute son père sont des Mangemorts, lâcha-t-il.

– Je sais, répondit simplement Ron, à son grand étonnement. Et alors ? Ça n'en reste pas moins notre ami. Il nous a aidé de bien des difficultés. Ce que fait sa famille ne relève pas de sa volonté. Peu importe à quel point ils font des choses ignobles, ils seront toujours de sa famille et lui sera toujours notre ami.

– Je ne sais pas si nous pourrons toujours rester amis, finit par admettre Harry en lançant un regard vers Draco qui jouait une partie de cartes avec Bradley Dornby. Il fait partie de l'autre camp, celui qui a aidé à tuer mes parents.

– Tu crois que c'est pourquoi que son père voulait l'envoyer à Durmstrang ? Il voulait éviter ce genre de complications. Draco devra très bientôt choisir entre sa famille, et nous, formula Ron. Si tu veux le garder du bon côté de la barrière, tu n'as pas le droit de t'éloigner comme ça et de le laisser seul. Après tout ce qu'il a fait pour toi, ça serait vraiment peu charitable de ta part de lui tourner le dos aussi facilement.

Sans ajouter quoique ce soit, Ron s'éloigna. Harry s'allongea sur la banquette qu'il occupait et ferma les yeux. Tout doucement, lancinement, il se mit à rêver :

Il chevauchait un hibou grand duc qui volait dans le ciel vers une vieille maison couverte de lierre, dressée au sommet d'une colline. Le hibou descendait un peu plus vers le sol puis s'engouffra dans une des fenêtres ouvertes. Harry n'était plus le hibou. Il était assis sur un fauteuil, regardant un serpent s'enrouler à ses pieds. Il y avait un homme à genoux, au milieu de la pièce, qui sanglotait.

– Tu as de la chance, disait la voix sifflante et glacée. Tu as vraiment beaucoup de chance. Ton idiotie n'a finalement pas tout gâché.

– Maître, halelait l'homme. Je suis si heureux ! si heureux !

– Toutefois, il te faut un avertissement pour te dissuader de commettre encore une seule erreur. Endoloris !

La douleur embrasa sa cicatrice et Harry se réveilla brusquement en sursaut. Ses camarades, atroupés autour de lui, semblaient terrifiés.

– Faites-lui de l'air, bordel, aboya Fergus en donnant des coups de coudes à Cormac, Terence et Nayad. Il a besoin d'air ! Professeur Dumbledore, par ici !

Quoique nauséeux, Harry n'avait aucunement envie que Dumbledore soit mis au courant. Cependant, le directeur se fraya un chemin parmi ses élèves, l'air inquiet. Il aida Harry à se redresser et l'emmena loin des regards indiscrets, dans ses appartements. La chambre qu'occupait Dumbledore avait la taille d'un dortoir et comportait autant d'objets magiques que possible. Il regarda la cicatrice de Harry qui semblait encore palpiter sur son front.

– Raconte-moi ce qu'il s'est passé.

Harry hésita un moment à en parler. Le croirait-il ?

– Je ne te jugerai pas, Harry, rassura Dumbledore.

Il entreprit alors de lui faire le récit détaillé de son « rêve ». A la fin, Dumbledore semblait plus perturbé encore que tout à l'heure.

– Ce n'est pas un rêve ordinaire, décréta-t-il. Tu étais à quelle place exactement ?

– Je... euh, j'étais dans le fauteuil, dévoila Harry. Dans celui qu'occupait Voldemort.

Pendant un instant, une lueur sombre passa dans le regard de Dumbledore.

– Bien, prends cette potion. Elle t'apaisera légèrement. C'est une potion de sommeil sans rêve, tu n'as rien à craindre. Tes amis te réveilleront quand nous serons enfin arrivés.

Harry sortit du bureau, la fiole dans son poing. Ron, Hermione et même Draco l'avaient attendu devant la porte.

– Alors ? demanda Hermione.

– Je n'ai pas envie d'en parler.

Ron et Draco se lancèrent un regard éloquent mais ne dirent rien de plus. Ils retournèrent dans la salle commune où Maugrey tentait de faire revenir le calme. Hermione attrapa un livre sur une étagère concernant les blessures magiques et ne parla plus de tout le trajet. Draco alla écrire une lettre à ses parents et Ron discuta avec d'autres élèves, comme si de rien n'était. Au bout de plusieurs heures, tandis que la nuit s'apprêtait à tomber, la tourelle commença à perdre en altitude.

Ils arrivaient enfin à Beauxbâtons.