Posté le : 13 Mai 2015. Soooooleil et week-end massif !


Note : Et voici la presque fin du tome 4. Si vous l'avez remarqué (ou pas) ce chapitre est plus court que les autres, pour la simple et bonne raison que j'ai finalement fait un autre découpage. Je l'ai donc séparé de celui qui va suivre, entièrement focalisé sur le dénouement. Mais pas de panique ! Le tome 4 est bouclé depuis des mois maintenant et il est probable que l'ultime chapitre soit posté dans les jours qui suivent. Je préfère finalement avoir des chapitres plus petits, mais postés régulièrement, que des gros tous les mois (du moins, pour cette histoire). Je pense aussi profiter du gros week-end à venir pour avancer sur la fin du tome 5 (il me reste encore deux chapitres et demi à rédiger). Une fois ça fait, je pourrai me consacrer à d'autres choses...

Je compte reprendre progressivement mes autres fics, sans me presser. Tant que j'ai l'inspiration pour « A Dragon », je continuerai. Mais je ne me fixe aucun ultimatum ou quoi. Je vais profiter de cette note pour vous parler un peu du T5 aussi... Quand j'ai lu ce bouquin la première fois, il ne m'avait pas hautement emballé. Je veux dire, je n'étais pas très « fan ». Mon affection pour ce tome est venu progressivement, à force de relecture. Et je craignais un peu de bacler le cinquième opus à cause de ce désamour. J'ai eu un gros bloquage dessus...

Mais finalement ! Merlin soit loué ! J'ai pu l'organiser d'une façon très différente et j'ai très, très, très hâte de vous le montrer. Draco, Harry et les autres auront tous un pied dans le monde de l'adolescence. Il y aura plein de petites choses nouvelles et on approfondira plus ce début de jalousie réciproque qu'ils commencent à ressentir l'un pour l'autre. Encore une fois, le début du tome 5 est prêt ! (sauf relecture) Le rythme de publication dépend un peu de vous, de votre fidélité et de votre engouement (je sais, je fais la technique de l'âne et de la carotte, but, who cares ?)

Réponses aux reviews collective :

Sur Durmstrang, beaucoup ont été très emballé par leur mode de vie, mais quelques-uns demeurent sceptiques. Si on a l'impression que Poudlard n'enseigne rien d'extraordinaire à côté, c'est surtout parce que le récit se fait aux yeux des élèves qui ont un peu l'habitude d'avoir toute cette palette de matières. À Durmstrang, ils n'étudient pas la métamorphose, par exemple, en matière principale. C'est une option.

Je voulais montrer que chaque établissement avait sa propre perception de la magie et que ça se ressentait dans les cours. Et bien sûr, Kyllerothius, que les élèves de Poudlard entendent parler de démonologie (Ron et Draco en savent long sur le sujet vu qu'ils en parlent au début du T4, mais vu que Harry est un blaireau, il y connaît que dalle !). Dans le canon, il est dit plusieurs fois que les parents d'élèves sont pas d'accord avec le choix de certaines matières, qu'ils auraient préféré en voir d'autre proposées. J'ai donc aussi joué là-dessus.

A propos de la famille Malfoy et du gros clash inévitable à venir, j'installe toutes mes pièces au fur et à mesure. Je ne vous dirai pas si Draco choisira d'être dans le camp Mangemort ou dans le camp de Harry. Vous le découvrirez en temps et en heure (donc pas avant un ptit moment, hein). Le seul indice que je peux vous donner c'est le fait que Draco ne soit plus fils unique va jouer pour beaucoup dans sa décision.

Autres réponses en abrégé :

Ce n'est pas dans ce tome qu'on découvrira que Rita Skeeter était un animagus non-déclaré.

L'amitié entre Ron et Draco se solidifiera au cours des tomes, héhé, notamment dans le T5.

On saura ENFIN ce que Draco a vu dans le Miroir du Risèd au milieu du T5 !

Si mon style d'écriture paraît différent ou moins ''travaillé'' dans cette fic qu'ailleurs, c'est parce que j'essaie d'imiter au possible l'ambiance de Rowling, de reprendre ses tournures de phrases etc. afin de donner l'illusion de tenir une histoire authentique.

Harry est bel et bien jaloux de la relation Draco/Viktor tout en étant hétéro. Ce qui le dérange, c'est de ne plus être extraordinaire ou irremplaçable aux yeux de son ami.

Oui, il existe des mariages homosexuels dans le monde sorcier (enfin, dans ma vision des choses).

Concernant la reproduction dans le monde sorcier, cela sera entièrement abordé dans le T6 car ils auront le droit à un cours... d'éducation sexuelle ! Et oui ! Mais ne vous inquiétez pas, je ne pense pas qu'il y aura de variantes anatomiques ou quoi (pas de mpreg). Juste des sortilèges pratiques, des potions par-ci par-là...


PARTIE V

Chapitre 18 : « La croisée des chemins »

Le majestueux palais de Beauxbâtons était situé dans le sud de la France, et avait une vue imprenable sur la Méditerranée. La plupart des murs étaient incrustés d'or ou de diamants, ce qui renforçait cette impression de petitesse par rapport au prestige environnant. Des jardins à la française, entretenus par les élèves, bordaient l'école. Les figures éminentes de Beauxbâtons étaient Nicolas Flamel et Pernelle, son épouse, qui s'y étaient rencontrés lors de leurs années d'étude. Une fontaine leur était réservée et de nombreux élèves s'asseyaient tout autour pour déjeuner.

Sans surprise, l'une des matières principales de Beauxbâtons était l'alchimie. Ils étudiaient également la magie sans baguette, les sortilèges, la philosophie, les inventions du monde sorcier, l'histoire, l'astronomie, la métamorphose, les arts magiques et les protections des mauvais sorts. Toutes ces matières étaient très différentes de celles proposées à Poudlard que cela soit dans leur approche ou leur contenu. Mais ce qui était le plus étonnant pour Harry et ses camarades, c'était de voir qu'aucun personnel n'avait été engagé pour l'entretien et la sauvegarde du patrimoine de l'établissement.

– Ici, on fait tout nous-mêmes, prononça Astride Marchaix qui semblait avoir retrouvé sa bonne humeur maintenant qu'elle était retournée dans son école. On nous apprend à travailler dur pour obtenir ce qu'on désire.

En effet, les élèves étaient répartis en plusieurs groupes et auto-gèraient leur école. Aucun enseignant, ni même leur directrice, n'interféraient dans leur prise de décision ou leur conflit. Ils estimaient qu'à partir de onze ans, les étudiants étaient suffisament grands pour savoir ce dont les élèves ont besoin. C'était une technique d'éducation à l'opposée de la leur, où on les infantilisait sans cesse.

– J'adore cet endroit, lança Ron, levant le nez vers un lustre incroyable. Tout est tellement beau !

– Une pomme, messire ? proposa un angelot qui se baladait avec une corbeille de fruits.

Messire, répéta Ron en pouffant. Oui, volontiers, votre grâce.

– Trop de compliments. J'adore ces anglais, gloussa l'angelot en repartant à tire d'ailes.

Les élèves de Beauxbâtons étant environ trois fois plus nombreux que ceux de Poudlard, cela leur permettait de pouvoir alterner dans leur tâche quotidienne. Les plus expérimentés surveillaient alors les plus jeunes.

Dumbledore passait beaucoup de temps à s'entretenir avec madame Maxime et Harry pensait savoir de quoi. Ces visions, tous ces signes de magie noire, ils ne pouvaient tout de même plus les ignorer ! Harry n'avait plus refait de cauchemar depuis leur arrivée, mais il ne pouvait se débarrasser de cet affreux pressentiment, et de la vision du Mangemort lui suppliant de l'épargner. Il n'en parlait pas vraiment aux autres mais il savait que leur inquiétude était partagée.

Cependant, le cadre de Beauxbâtons était bien trop splendide pour avoir des idées moroses toute la journée. Les températures étaient déjà clémentes et les élèves de Durmstrang, peu habitués à autant de chaleur, suffoquaient presque sur place.

Blaise faisait partie des malheureux de ce déménagement temporaire : il avait retrouvé Laverne, son flirt d'été. Cette dernière, élève à l'académie française de sorcellerie, le suivait partout en poussant des cris stridents. Une fois, Blaise se cacha sous la robe de sorcier de Théodore pour lui échapper.

La semaine qui suivie leur arrivée, ils furent appellés dans la Grande Salle afin d'être répartis dans les groupes d'autogestion. Hors de question pour eux de se reposer pendant que les élèves de Beauxbâtons travaillaient durs pour rendre leur séjour confortable ! Plusieurs élèves qui devaient être en septième année les attendaient avec une longue liste de choses à faire.

– Il y a sept groupes dans notre école qui se partagent les tâches, expliqua Fleur Delacour. Moi, je fais partie de l'intendance. Il y a également les jardiniers, les cuisiniers, les savants, les créateurs, les messagers et les gardiens. Vous travaillerez avec nous tous les matins avant d'aller en cours.

Contrairement à Durmstrang, dont les horaires étaient bien plus matinaux, à Beauxbâtons les cours ne commençaient jamais avant onze heures. « Aloysius le Frondeur, celui qui a fondé cette école, pensait que se lever tôt pouvait être nocif pour l'apprentissage. Il refusait que ses premiers élèves quittent leur lit avant midi ! », leur expliqua Hermione, le nez plongé dans Guide des écoles de sorcellerie en Europe. « Oh, et en septième année ils peuvent étudier la guérison ! » Hermione était au comble de la félicité : bien que Beauxbâtons soit d'un clinquant superficiel, sa bibliothèque était si vaste qu'elle occupait un bâtiment tout entier.

Ron, qui avait été réparti dans le groupe des jardiniers, râlait de devoir tailler les haies du jardin à la française. « C'est sans fin ce truc ! Pourtant, on doit être au moins une trentaine à s'en occuper chaque matin. » Néanmoins, il avait appris en une poignée de jours de nombreux sortilèges utiles pour faire pousser ou découper des plantes.

Draco, pour sa part, travaillait en cuisine. Au début, il avait eu énormément de mal à s'intégrer car il ne cessait de dire que c'était une tâche réservée aux elfes de maison. Dumbledore dut intervenir pour qu'il participe à l'activité comme tout le monde. À la grande surprise de tous, Draco semblait se plaire à préparer des plats pour tout le monde et avait même l'ombre d'un certain talent. Il ramenait justement une tarte aux pommes à ses amis qui discutaient dans le parc.

– À votre avis, ça va être quoi la troisième tâche ? demanda Ron.

– Je ne sais pas, admit Harry. En général, c'est la pire de toutes. Ils vont nous l'annoncer demain matin. J'ai reçu un mot de la part de Ludo Verpey.

Draco tendit une part de tarte à Hermione.

– J'espère que cette fois, ils vous laisseront du temps pour vous y préparer, formula-t-elle.

Le lendemain matin, aux alentours de dix heures, Harry enfila ses chaussures pour rejoindre les autres champions. Fleur et Cédric étaient déjà là. Viktor arriva peu après de sa démarche chaloupée. Ils se regardèrent un moment sans rien dire, puis le directeur des jeux et des sports magiques britannique apparut à son tour. Ludo Verpey semblait rayonnant.

– Eh bien, eh bien, mes salutations à vous, champions !

– Bonjour, maugréa Harry.

– Je ne vais pas perdre de temps. Je vous annonce déjà la nature de la troisième tâche (Il désigna le jardin à la française d'un geste de la main mais personne ne réagit). Un labyrinthe ! Le principe est simple : le trophée sera placé au centre et le premier à mettre la main dessus remporte le tournoi. Oh, bien sûr, les haies sont encore toutes petites mais d'ici un ou deux mois, elle seront suffisamment hautes pour qu'on puisse lancer l'épreuve.

– Donc... Il suffira simplement de retrouver son chemin dans le labyrinthe, prononça précautionneusement Fleur.

– Oh, bien sûr, il y aura quelques petits obstacles comme des créatures, des mauvais sorts à conjurer. Mais, le principe reste le même. Vous entrerez tous en même temps, au coup de sifflet. Vous avez des questions ? (Silence) Bon, dans ce cas... Bonne chance à tous !

Ludo Verpey repartit en sifflotant vers le palais de Beauxbâtons où l'attendait un copieux repas concocté par les élèves cuisiniers. Au moment où Harry allait faire volte-face vers la tourelle, il sentit quelqu'un tapoter sur son épaule. C'était Viktor Krum.

– Harry, est-ce que je pourrai te parler ? demanda-t-il avec son accent nordien.

– Oui, bien sûr, formula-t-il, quoique légèrement surpris.

Le joueur bulgare l'entraîna un peu plus loin, dans un endroit à l'abris des regards indiscrets.

– Je voudrai savoir, dit-il, le regard flamboyant, ce qu'il y a entre Draco et toi.

Harry était clairement surpris de sa question. Jamais il n'aurait pensé que Krum aborderait le sujet avec lui. Il s'était attendu à ce qu'ils discutent de la finale du tournoi, de tactique, des cours même ! mais pas de ça, pas de Draco.

– Rien, répondit-il d'un air plutôt convainquant.

Cependant, Krum ne semblait pas en démordre. Il toisait Harry de toute sa splendeur et, pour la première fois, le jeune sorcier remarqua à quel point il était beaucoup plus grand que lui. Une simple taloche de la part de Viktor le mettrait sans doute à terre pour un bon moment. Peut-être était-ce son objectif ? Peut-être voulait-il l'intimider ? L'oeil perçant, Krum continua de le jauger. Harry se sentit donc obligé d'étoffer ses propos en donnant quelques explications :

– Nous sommes très amis, c'est vrai. Il est le premier copain que je me suis fait à l'école. Mais on n'est pas... enfin, je ne suis pas intéressé par lui. Je suis même très content que vous soyez ensemble, mentit-il avec un large sourire.

– Draco parle très souvent de toi, ajouta Krum, avec une pointe d'amertume dans la voix. Il dit beaucoup de choses gentilles sur toi.

Harry chercha ses mots, sous le choc. Il était loin de s'imaginer que Draco parlait de lui à d'autres personnes en des termes si élogieux qu'ils en devenaient automatiquement jaloux. En même temps, quand Draco appréciait réellement quelqu'un, il avait du mal à tarir ses éloges. Il n'y avait qu'à voir à quelle fréquence il débitait des choses sur son père en première année. Harry avait du mal à croire que Viktor Krum, un garçon exceptionnelement doué, célèbre et ténébreux, puisse le considérer comme un rival.

– Il parle de moi parce que nous sommes amis, balbutia Harry.

– Ah.

La réponse ne sembla pas convenir à Krum qui avait l'air de s'être attendu à tout autre chose.

– Tous les deux, vous n'avez jamais...

– Non ! prosteta Harry. C'est un ami, c'est tout, poursuivit-il d'un ton ferme.

Tout à coup, Viktor sembla nettement plus heureux. Il commença à marcher vers le navire de Durmstrang, en tenant Harry par l'épaule.

– Tu es très bon sur un balai, admit-il. Je t'ai vu voler avec Draco quand on était à Poudlard. Il m'a dit que tu étais le plus jeune joueur de votre école depuis plus d'un siècle. Moi, j'ai commencé assez tard. Mais j'ai travaillé très dur pour rattraper mon retard sur les autres. Dans quatre ans, je vais retenter la Coupe du Monde.

– J'y étais. J'ai vu comment tu t'es débrouillé. La feinte de Wronski était géniale !

– Mais on a perdu.

Viktor Krum s'écarta brusquement. Les élèves de la délégation Poudlard sortaient en file indienne de la tourelle pour rejoindre le palais de Beauxbâtons. L'heure du dîner était toujours un rendez-vous incontournable tant les plats étaient délicieux. Draco – qui avait travaillé le midi ce jour-là – apparut à la suite de Luna Lovegood. Il adressa un sourire radieux vers Harry. Pourtant, à la dernière minute, ce dernier remarqua qu'il ne lui était pas adressé. Il était pour Viktor. Draco courrut presque dans leur direction et plongea dans les bras du joueur bulgare qui l'embrassa aussitôt.

– Moï dragastennyï (1) ! Tu vas bien ? Tu as fait quoi d'intéressant de ta journée... ?

Viktor et Draco s'éloignaient déjà, étroitement enlacés. Harry, presque sous le choc, rejoignit Ron et Hermione.

– Alors ? C'est quoi la troisième tâche ? demanda Ron avec empressement.

– Hein ? Quoi ? Ah, le tournoi... Ca sera un labyrinthe dans ce jardin.

– Je t'apprendrai tous les sortilèges de jardinage que j'ai appris, dit résolument Ron. Il y en a des biens dans le lot, tu sais. Un gars de Beauxbâtons m'a même appris comment faire pousser des salsifis dans les narines des gens que j'aimais pas.

– Passionnant, marmonna Hermione. (Elle avait été répartie chez les savants) Nous, au moins, on fait quelque chose de réellement utile.

Les savants gèraient le patrimoine immense de la bibliothèque et demandaient aux intendants de commander les nouveaux ouvrages nécessaires pour leurs épanouissement intellectuel. Ils organisaient aussi un club de lecture que Hermione ne râtait sous aucun prétexte. Ce qui était utile – et Harry leur en était infiniment reconnaissant – c'est que les savants aidaient les étudiants en difficulté à faire leurs devoirs. Une fille de Beauxbâtons l'avait pris en pitié quand il avait écrit par mégarde un juron sur sa copie.

– Il faudra te consacrer à ton entraînement les semaines prochaines, déclara Hermione. Tu dois réviser tout ce que tu sais pour être prêt. Le maléfice d'entrave peut être un bon commencement...

Mais Harry avait du mal à se concentrer sur ce qu'elle disait. Au loin, Draco riait aux éclats en regardant Viktor comme si tout ce qu'il prononçait était d'un intérêt extraordinaire. Pourquoi est-ce qu'il se sentait si agacé par la tournure des choses ? Il mangea rageusement ses frites puis quitta la salle en compagnie de Théodore Nott, qui avait à peine touché à son plat.

– Pourquoi est-ce que tu me suis, toi, le troll ? demanda Théodore, d'un ton plutôt agressif.

– Je te ferai dire que je vis dans le dortoir juste à côté du tien, rétorqua Harry.

– Ah, oui... dit le Serpentard d'un air pensif, tout en rangeant quelque chose dans sa poche.

Harry remarqua que c'était sa baguette magique. Dans la demi-pénombre de la nuit, il n'avait même pas remarqué qu'il l'avait dégainé.

– Désolé, je suis un peu à cran en ce moment, poursuivit Théodore. Toutes ces choses bizarres qui se passe. Et ces signes affreux dans le ciel.

– De quels signes tu parles ?

– Luna m'a parlé d'une comète rouge, c'est un très mauvais présage. Luna est une des meilleures de l'école en matière d'astronomie et de divination.

Harry haussa des épaules. Pour être le premier en divination, il suffisait de prétendre voir des malheurs partout et Trelawney attribuait aussitôt une excellente note. Pas de quoi fouetter un hyppogriffe. Devant la tourelle, Tonraq – l'avatar de Gryffondor – montait la garde allongé dans l'herbe moelleuse.

– Bonsoir, prononça le lion de sa voix grave.

– Bonsoir monsieur Tonraq, répondit Théodore en effectuant deux profondes révérences.

Théodore, qui adorait tout ce qui relevait du mystère, avait eu de très longues conversations avec les avatars, espérant ainsi dénicher des informations sur les fondateurs. Harry alla s'affaler dans la salle commune aux teintures violette.

– Tu veux jouer aux cartes ? proposa Théodore sans réel enthousiasme dans la voix.

– Non.

– Excellent ! Bonne nuit !

Sur ce, il grimpa les escaliers et partit dans son dortoir, suivit par sa chatte rebelle Desdémone. Harry refusait de fermer les yeux maintenant, surtout quand il était seul. Et s'il avait une nouvelle vision de Voldemort ? Que se passerait-il ? Comment pourrait-il se défendre ? Arrivera-t-il un jour à se protéger de ces affreux rêves ?

Subitement, quelques coups discrets furent frappés contre un carreau. Harry tourna la tête. C'était Boniface, le hibou Grand Duc de la famille Malfoy. Harry alla ouvrir une des fenêtres et le volatile s'empressa d'entrer. Il se posa sur le bras d'un fauteuil, une lettre autour de la patte. Harry allait la prendre quand Boniface claqua férocement son bec dans sa direction.

– Oh, du calme ! Je ne veux que t'aider !

Boniface – qui avait toujours été d'un caractère taciturne – piailla de mécontentement. L'hibou semblait résolu à ne donner son courrier qu'à son destinataire.

– Très bien, ajouta Harry, plus énervé que tout à l'heure, fais comme tu veux. Mais Draco ne rentrera pas avant un bout de temps. Il passera peut-être même même la nuit avec son Viktor.

Il grimpa les escaliers, furieux, et entra dans son dortoir. À sa plus grande surprise, Fergus était là, allongé dans son lit, à déguster des pinces de crabe tout en feuilletant une revue de lingerie sorcière.

– Qu'est-ce que tu fiches ici ? Ton dortoir est à côté, j'te ferai dire, tonna Harry. Dans celui de Draco.

– Ouais, bah écoute, Casper est avec une fille et je ne veux pas le déranger. (Fergus montra le magazine) C'est à toi ça ? Non ? Bon, je peux le prendre alors.

– D'où tu sors cette nourriture ?

– Une élève de Beauxbâtons prend très au sérieux le dicton qui dit que le bonheur d'un homme passe avant tout par son estomac. Elle travaille aux cuisines et me ramène de temps en temps des trucs. Donc je me dis, pourquoi bouger mon cul jusqu'au palais pour manger si on me livre gratuitement à domicile ?

Fergus esquissa un geste pour se lever.

– Tu peux rester, je m'en fiche.

En fait, Harry n'avait pas réellement envie d'être seul. Il avait eu cette impression pendant une année entière tout en étant perpétuellement entouré de monde.

– Qu'est-ce qui te tracasse, Potter ? demanda Fergus en brisant une pince de crabe dans son poing. Ne me dis pas « Rien », parce que ça serait mentir. J'ai pas besoin d'être légilimens pour savoir quand quelqu'un a une rotule de travers.

– Je...

Fergus était un ami très proche de Cédric. Est-ce qu'il se moquerait de lui s'il se confiait ? Irait-il tout raconter à tout le monde ?

– Je me sens démuni, avoua Harry. Je n'ai pas mis mon nom dans cette coupe et j'ai très peur de ce qui va arriver. Je ne pense pas que je sois prêt.

– C'est normal d'avoir peur. Il n'y a que les crétins qui ne redoutent rien. Mon père est le plus grand auror vivant, pourtant, le soir quand il rentre à la maison, je sais qu'il a eu peur de ne jamais revenir. Même les plus braves d'entre nous sont effrayés. Tu ne dois pas avoir honte.

– J'ai l'impression qu'on s'attend à ce que tout ce que je fais soit extraordinaire. Pourtant, je n'ai que quatorze ans. La plupart du temps, je fais n'importe quoi et j'ai beaucoup de chance que ça tombe juste.

Fergus éclata de rire.

– C'est un peu ce qui m'arrive quand je me retrouve face à un QCM. Je remplis des cases au hasard et je prie ce bon vieux Merlin. Tu crois en ta bonne étoile, Potter ?

– Non, pas vraiment.

– Commence à la prier dès ce soir, alors. (Harry leva un sourcil interrogateur) J'ai parié un sac de gallions que Cédric remporterait le tournoi. Il me reste quand même une mornille. Même si ta côte est plutôt défavorable, je veux bien la poser pour ta petite tête.

– C'est trop généreux de ta part, maugréa Harry en le regardant partir.

– Ça c'est parce que je suis un satané Poufsouffle.

Le cœur un peu plus léger, Harry alla prendre sa douche. Il était en train d'enfiler le haut de son pyjama quand on tambourina à la porte.

– Harry ! Harry !

C'était la voix de Draco. Il déverrouilla aussitôt la porte.

– Qu'est-ce qu'il y a ?

– Regarde ! Mes parents m'ont envoyé une lettre ! (Draco tremblait, rendant impossible la lecture) Ça y'est, il est là !

– Qui ? demanda Harry, tandis qu'un lourd bloc de glace tombait au fond de son estomac.

Parlait-il de Voldemort ?

– Mon petit frère, répondit Draco, les larmes aux yeux. Il est né hier, apparemment. J'ai un petit frère, Harry. Il s'appelle Mercutio. Il est blond comme moi. Maman dit que tout s'est très bien passé et qu'ils ont hâte que je rentre à la maison pour qu'on soit enfin tous réunis. Ils vont m'envoyer une photo dans la semaine.

– Toutes mes félicitations, dit Harry, sincère.

– Merci. Je vais aller le dire à Hermione.

Draco repartit aussi vite qu'il était apparut et Harry se demanda pendant un instant ce que cela lui aurait fait, à lui, d'avoir encore sa famille.

Ooo

Quelques semaines plus tard, Harry fut appellé avec les autres champions dans une des succursales du palais. La troisième tâche approchait à grand pas au vue de la taille phénoménale qu'atteignaient désormais les haies du jardin à la française. Il termina son petit-déjeuner à la hâte et rejoignit les autres. Il reverrait enfin Sirius !

La pièce était spacieuse et bien éclairée. Mrs Krum prit aussitôt son fils dans ses bras. C'était une femme aux longs cheveux bruns et à la peau halée. Son mari était le portrait craché de Viktor. Assise un peu plus loin, Fleur discutait déjà avec sa mère – une sorcière d'une très grande beauté –, tandis que son père, un sorcier plutôt petit, tenait sa sœur Gabrielle par la main.

Cédric rugit de joie en apercevant sa famille. Sa mère était une sorcière fine aux petits airs de souris tandis que Mr Diggory présentait un certain embonpoint. Le regard de Harry fut attiré par un garçon plus âgé que Cédric, qui riait aux éclats en le félicitant. C'était sans doute un ami, ou quelque chose dans ce goût-là. Harry fondit dans les bras de Sirius, resté à l'écart.

– Bon sang, marmonna Sirius en ébourrifant ses cheveux, tu m'as manqué Harry. Tu vas bien ? (Il acquiesça) Tu es absolument sûr ?

– Oui, oui.

– Parfait.

Le père de Cédric se tourna vers eux et serra vigoureusement la main de son parrain.

– Bonjour. Sirius Black, je présume ?

– C'est exact.

Il ne pouvait pas réellement se tromper puisque la tête de Sirius avait été placardée à chaque coin de rue un an auparavant.

– Enchanté, ajouta-t-il. Je suis Amos Diggory, voici ma femme Violette. Et mes deux fils : mon aîné Hypérion, et Cédric le cadet.

Harry regarda Hypérion Diggory avec stupeur. Il n'avait vraiment rien de son frère, ou de ses parents. Ses cheveux étaient d'un noir de jais, comme ceux de Harry, et ses yeux gris devenaient orageux dès qu'il fronçait des sourcils. Son regard dû être un peu trop insistant car Amos Diggory se râcla la gorge :

– Bonne chance pour la dernière tâche, jeune homme.

– Merci monsieur. Bonne chance à toi aussi Cédric.

Le champion de Poufsouffle opina. Il tira son frère par le bras.

– Tu viens ? Il faut que je te montre quelque chose. Leur école est démente !

Hypérion et Cédric sortirent presque en courant.

– Les garçons ! Pas de bêtises ! s'écria Violette Diggory, en vain. Oh, ces deux-là.

– Tu me fais aussi visiter ? proposa Sirius.

Harry acquiesça et ils sortirent de la pièce. Le parc était ensoleillé. Même si le déroulement de la dernière tâche était pour bientôt, Harry se sentait tout à coup apaisé en la présence de son parrain. Ils se posèrent sur un banc et discutèrent du monde sorcier. Sirius insista pour qu'il lui raconte son rêve en détails.

– Tu dis que Voldemort allait punir le Mangemort, c'est bien ça ? formula Sirius, songeur. Donc il aurait fait quelque chose de travers. Ce qui m'inquiète, c'est d'avoir la confirmation qu'il prépare quelque chose, qu'on ne sait pas réellement quoi, ni quand. Tu en as refais d'autres des comme ça ?

– Non, juste celui-là. Et ça m'a suffit.

– Je comprends.

Ils discutèrent de sujets un peu plus légers et Harry lança :

– Draco a eu un petit frère.

– Mercutio ? Je sais.

– Comment ?

– Dans la maison de mes parents il y a une tapisserie magique. Il y a notre arbre généalogique dessus. J'y suis passé en coup de vent dernièrement, cherché quelques bricoles et j'ai vu qu'elle brillait un peu, en bas. Ça veut dire qu'un nom a été ajouté. C'est comme ça que j'ai su que ma cousine avait finalement eu son bébé.

– Ça s'illumine à chaque fois qu'il y a un nouveau membre ?

– Pas toujours, non, admit Sirius. Les enfants hors mariage, les cousins un peu trop indésirables ou ceux qui ont des tares quelconque, eh bien, ils ne figurent pas sur la tapisserie sauf s'ils réalisent un truc grandiose dans leur vie. Enfin, c'est compliqué. Disons que la tapisserie a ses propres critères de sélections que je ne comprends pas toujours. Un peu comme cette coupe de feu.

– Tu vas repartir ce soir en Angleterre ?

– Non, je vais rester avec les autres familles ici jusqu'à la troisième tâche. Madame Maxime a généreusement accepté de nous héberger. Il y aura aussi des journalistes et tout un tas d'autres choses (Les entrailles de Harry se nouèrent d'appréhension) Ne t'en fais pas. Tu te débrouilleras comme un chef, j'en suis sûr. Je t'aurais bien appris quelques sorts, mais je ne suis pas autorisé à t'enseigner quoique ce soit tant que tu es lié à ce contrat magique.

Une pluie légère et rafraîchissante commença à tomber.

– Rentrons, dit Sirius.

.

.

.

Merci de votre lecture, et n'oubliez pas de me dire ce que vous en avez pensé !