Posté le : 15 Mai 2015. This is the end, my friend.
Dans le chapitre précédent, j'avais oublié de mettre la note concernant une expression :
(1) Moï dragastennyï : signifie en russe « Mon précieux » (okok, je me suis tapé un délire toute seule, mais bon, qu'est-ce que j'y peux ?). C'est du russe, je sais, et Viktor est censé être bulgare. Pourtant, certains bulgares parlent couramment le russe. J'ai une amie sur tumblr qui parle les deux en plus de l'anglais. Ok, c'est un exemple parmi tant d'autres. Mais j'imagine Viktor ayant bien des origines russe. Who cares ?
Chapitre 19 : « Priori Incantatum »
Le soir de la troisième tâche, l'excitaiton des élèves était à son comble. Casper, Bradley et Fergus, qui étaient très proches de Cédric, lui donnaient des conseils de dernières minutes. Cho, sa petite-amie, et son frère Hypérion, suivaient en riant. Quand Harry se dirigea vers le labyrinthe avec les autres, Draco l'applaudit vivement, bientôt imité par de nombreux élèves, toutes nationalités confondues.
– Ça va Harry ? demanda Ludo Verpey. Tu te sens prêt ?
– Oui, répondit-il, tandis qu'il était plutôt sur le point de vomir.
Aux abords du jardin, les tribunes étaient pleines à craquer. Il vit ses amis s'installer dans l'une d'elle, auprès de Sirius et Dumbledore. Harry leur adressa un signe de la main tandis que le chapeau-lion de Draco rugissait d'impatience. À côté, Blaise se bouchait conscensieusement les oreilles.
– Nous allons patrouiller le long du labyrinthe, informa une enseignante de Beauxbâtons. Si vous êtes en difficulté et que vous voulez sortir de là, projetez des étincelles rouges vers le ciel. Nous arriverons aussitôt.
Les quatre champions approuvèrent d'un signe de tête. Pour l'occasion, les ministres de la magie des trois nations avaient fait le déplacement. Ludo Verpey amplifia sa voix :
– Bienvenue à toutes et à tous pour la dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Dans la première allée, Fleur Delacour, championne de Beauxbâtons. À la seconde allée, Cédric Diggory, l'un des deux champions du collège Poudlard. À la troisième allée, Viktor Krum, de l'institut Durmstrang. Et le quatrième champion, à la dernière allée, Harry Potter, de Poudlard ! À vos marques, baguette, feux, partez !
Un coup de canon retentit et Draco regarda Harry et Viktor s'enfoncer dans le labyrinthe. De là où il était assis, il pouvait voir le sommet de leur crâne progresser parmi les allées immenses. Des élèves leur criaient des indications « A droite ! Va à droite ! » mais aucun des champions ne semblaient en tenir compte. Le labyrinthe avait été protégé d'un puissant sortilège d'impassibilité, ne permettant aucun son de filtrer depuis l'extérieur.
Anxieux au possible, Draco se rapprocha de Hermione. Harry fonçait droit vers un épouvantard. Celui-ci se transforma en détraqueur et Harry parvint sans aucune difficulté à convoquer un patronus. La foule applaudit. Fleur progressait très vite et enjambait les obstacles avec une facilité déconcertante. Elle tomba tout à coup sur un gigantesque vers de terre qui lui barrait le passage. Un peu plus loin, Cédric était aux prises avec un strangulot qui s'était caché dans une innocente flaque d'eau, en réalité profonde de plusieurs mètres. Viktor avait l'air de moins supporter l'isolement que les autres.
– Il est affolé, commenta Draco. Il n'aime pas ça du tout. Je crois qu'il est claustrophobe.
Pourtant, Viktor continua d'avancer avec bravoure. Mais plus ils allaient loin, moins il était aisé de les apercevoir.
– Il va gagner, dit Ron d'un ton assuré. C'est Harry Potter, non ?
De longues minutes s'écoulèrent et, finalement, des étincelles rouges furent projetées dans le ciel. Viktor arriva peu après, grelottant au possible et plus blême que jamais.
– Il a croisé l'épouvantard, devina Hermione.
On emmena Viktor à l'infirmerie. Draco fut tenté de le suivre mais décida de rester pour être là quand Harry reviendrait. De temps à autre, des éclats de lumière leur parvenait et ils se demandaient ce qui pouvait bien se passer là-bas. Des filles de Beauxbâtons chantaient les louanges de Fleur en exécutant une chorégraphie ridicule sur les gradins.
– Je crois que Cédric est en difficulté, fit remarquer Hermione.
En effet, le Poufsouffle revenait sur ses pas, désorienté. Il tourna à gauche, puis à droite et une nouvelle fois à gauche. Pendant ce temps, on ne voyait ni Fleur, ni Harry.
– C'est bon signe, dit Draco, confiant. Ça veut dire qu'ils y sont presque.
Cédric eut le malheur de tomber sur un énorme crabe de feu qui le retarda dans sa course. Au moment même où il parvint à le mettre hors de contrôle en l'aspegeant d'eau glacée, une lueur bleuté se mit à scintiller au centre du labyrinthe.
– C'est le trophée ! rugit Blaise. Harry l'a ! Oh, non, il y a Fleur aussi !
Draco se leva, comme bien d'autres élèves, pour apercevoir un fragment de la scène. Désormais, Harry et Fleur semblaient se battre en duel pour savoir qui mettrait la main sur le trophée. Ce dernier glissa malencontreusement de son piedestale et la foule retint son souffle. Puis, en même temps, Fleur et Harry attrapèrent une des hanses du trophée. Ce dernier se mit à briller avec puissance et les deux champions disparurent dans un éclat bleuté. Dumbledore sauta sur ses jambes.
– Que se passe-t-il ? demanda madame Maxime, prise au dépourvue. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Draco fut envahi d'un affreux sentiment de malaise. Si ce n'était pas quelque chose prévu par leurs professeurs, où étaient donc passés Harry et Fleur ?
– C'est... C'est un portoloin, dit Draco, comme s'il s'agissait d'une évidence même. Un portoloin.
Sirius semblait au paroxysme de l'inquiétude. Il se fraya un chemin parmi la foule d'élèves qu'essayaient vainement de contenir les professeurs français. Ron regardait partout autour de lui, comme s'il espérait que Harry réapparaîtrait soudainement dans les gradins.
– Abaissez les haies ! ordonna Dumbledore d'une voix ferme.
– Jardiniers, abaissez les haies ! répéta madame Maxime en français.
Comme un seul homme, une cinquantaine d'élèves, dont Ron et d'autres de la délégation Poudlard et Durmstrang, se précipitèrent en contre-bas. Ils agitèrent leur baguette magique et crièrent :
– Secare !
Aussitôt, les haies se rétractèrent comme si l'on repliait un panneau de papier. Cela ne prit qu'une poignée de secondes mais cela sembla être interminablement long aux yeux de Draco qui se précipita à la suite de Hermione. Le jardin n'était plus qu'une vaste plaine où des animaux fantastiques et autres créatures semblaient attendre leur sort.
– Reculez, ordonna un élève de Beauxbâtons de l'ordre des intendants. Seulement les professeurs peuvent aller par-là.
Refoulé contre les autres, Draco fut contraint de rester immobile. Sirius courrait droit vers le centre du terrain, où avait disparu Harry. Dumbledore alla d'abord s'assurer que Cédric allait bien et ils le firent évacuer sur une civière. Tout à coup, Karkaroff se plia en deux, comme rongé par une douleur. À cause de l'agitation tout autour, peu de gens l'avaient remarqué.
– Regarde, souffla Ron à l'oreille de Draco. Il tient son bras gauche... sa Marque des Ténèbres.
Si sa marque lui faisait mal, c'était de très mauvais augure. Draco aurait voulu crier à Dumbledore de revenir sur ses pas mais sa voix était comme coincée dans sa gorge. Est-ce que la marque de son père était-elle aussi brûlante ? Où était Harry ? Que se passait-il ? Pourquoi était-ce aussi long ?
Au loin, Dumbledore, Sirius et madame Maxime, avaient joint leur force magique pour essayer de deviner ce qu'il était advenu des disparus. Trois longs éclairs bleu sondaient la terre, à la trace du moindre indice. Draco courrut vers la tourelle, et fit tomber son chapeau par terre en bousculant des gens. Son cœur battait si vite qu'il était sur le point d'exploser. Il remonta la légère colline, lança un regard par-dessus son épaule. Au loin, le jardin était particulièrement animé. Il tomba par terre, se releva et courrut à en perdre la tête. Il aperçut enfin la personne qu'il voulait voir, la personne qui pouvait l'aider.
– Tonraq ! cria-t-il. Tonraq ! Je vous en supplie, il faut nous aider. Harry a disparu.
L'avatar de Gryffondor se redressa.
– Il faut que vous le retrouviez immédiatement. Il se passe peut-être quelque chose de grave.
– Vous avez un indice ? Une piste ?
– Il est parti par portoloin. Faites quelque chose, non ? Vous avez jurez de nous protéger.
Draco remarqua qu'il pleurait.
– Vous avez jurez, répéta-t-il.
Désemparé, le lion regarda autour de lui, puis, résigné, s'inclina.
– Nous chercherons.
Dès lors, le lion se dédoubla et les trois autres avatars apparurent côte à côte. Valar, le serpent, fonça droit vers le labyrinthe. Emon, le blaireau, se dirigea vers les montagnes, Tonraq parti vers la côte et Ravaa, l'aigle, s'envola au loin. Ils étaient leur dernier espoir. Draco entra dans la tourelle et se dirigea vers le dortoir de Harry. S'il mettait la main sur la carte du maraudeur, peut-être qu'il pourrait savoir si Harry était retourné à Poudlard. Hermione disait qu'il était impossible de transplaner dans l'enceinte du château, mais il n'avait que ça comme piste. Que ça. Draco monta les escaliers le plus vite possible et constata avec stupeur qu'il y avait déjà quelqu'un dans la pièce.
Alastor Maugrey avait l'air de retourner la malle de Harry à la recherche de quelque chose. Il se figea tout à coup et Draco eut la certitude que son œil magique était braqué sur lui.
– Tu n'aurais pas dû être là, dit Maugrey d'une voix caverneuse qui ne ressemblait en rien à celle qu'il avait toujours connu. Tu n'aurais pas dû être là, répéta-t-il.
– Q-Qu'est-ce que vous faites ici ? balbutia Draco.
La baguette de Fol'Oeil était pointée sur lui et Draco n'eut même pas le temps d'esquisser le moindre geste.
– Pas si vite, Malfoy. Pas si vite...
– Vous n'êtes pas Maugrey Fol'Oeil, dit-il avec aplomb.
– Ha, tu as toujours été très malin. Comme ton père. Non, je ne suis pas ce satané Fol'Oeil. Disons juste que j'ai emprunté sa place un petit moment, histoire de régler quelques détails pour mon maître. À l'heure où l'on parle, le sort de ton ami Potter est cuit. Le truc, tu vois, c'est de savoir si ta famille va tomber avec lui ce soir ou non. Tout dépend de ce cher Lucius. Je me demande s'il va oser revenir après tout ce que vous avez fait. Je ne crois pas que le maître soit très content de savoir que le propre fils d'un de ses Mangemorts a contribué à la destruction de la pierre philosophale, du monstre de la Chambre des Secrets et dénoncé l'un de ses fidèles. Pas content du tout. Ton père a beaucoup de compte à rendre. Mais je crois que sa dette serait en partie effacée si tu disparaissais ce soir. Et puis, ce n'est pas comme si tu étais fils unique...
– Qui êtes-vous ? demanda Draco, alors que son dos rencontrait le mur.
– Le Seigneur des Ténèbres et moi avons beaucoup de points en commun. Nous avons tous les deux les noms de nos pères alors que nous avons tous deux été très déçus par eux. Mais nous avons eu la joie immense de prendre notre revanche sur ces derniers. Tuer nos pères pour l'ascension de la magie noire est sans doute la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. Tu pourrais tuer ton père, Draco ?
– Jamais ! rugit-il.
L'homme hurla de rire tandis que ses traits s'affaissaient, lui donnant une toute autre physionomie. Son œil magique sauta de son orbite et un autre commença à s'agrandir. Sa silhouette s'étirait, ses cheveux se rétrécissaient tout en virant au blond paille. Dégouté, Draco aurait voulu reculer davantage mais c'était impossible. Il connaissait ce genre de transformation. Son père avait déjà utilisé du Polynectar une ou deux fois pour des raisons mystérieuses. Devant lui se tenait un homme d'environ la trentaine, le regard incendiaire. Sans savoir d'où lui venait ce sentiment, Draco était certain de l'avoir vu quelque part. Mais où ?
– Je n'ai plus de temps à perdre ici, dit-il. Je ne te tuerai pas, car j'ignore encore si Lucius fait partie de l'un des nôtres. Mais à notre prochaine rencontre, si ton père n'est pas aux côtés du Seigneur des Ténèbres, je viendrai t'écorcher dans ton sommeil Draco Malfoy. Le Seigneur des Ténèbres est de retour. L'heure est venue de faire un choix.
L'homme ouvrit l'une des fenêtrs de la tourelle et sauta depuis le troisième étage. Au lieu de s'écraser contre le sol, il semblait voler. Draco dévala les escaliers quatre à quatre et il eut tout juste le temps de le voir disparaître. Merlin, que s'était-il passé ? Qui était cette personne ? Pourquoi avait-il parlé du Seigneur des Ténèbres ? Qu'est-ce que cela voulait dire ?
– J'ai senti quelque chose, persifla une voix.
Draco sursauta. C'était simplement Valar.
– Qu'est-ce que c'est ?
– Un imposteur. Il avait pris la place du professeur Maugrey. Je... Je vais prévenir Dumbledore !
– Pas seul, rétorqua le serpent. Je vais rester avec toi.
Il rampa à ses côtés tandis que Draco descendait la colline. La simple présence du serpent géant suffit aux élèves pour s'écarter.
– Professeur Dumbledore ! hurla-t-il. Professeur Dumbledore !
Le directeur s'approcha en de grandes enjambées. À bout de souffle, Draco était incapable d'avoir des propos cohérents.
– Maugrey... imposteur... Polynectar... Enfuis. Il s'est enfuis.
– Calme-toi, Draco. Assieds-toi et raconte-moi ce qu'il s'est passé.
– Je suis allé dans la tourelle pour voir s'il y avait des traces de Harry. Mais j'ai vu Maugrey qui fouillait dans ses affaires. Il s'est transformé devant moi en un autre homme que je ne connais pas. Il a dit que Vous-Savez-Qui était de retour. Je n'invente rien, professeur, je...
– Je te crois, coupa Dumbledore, la mine grave. Miss Granger, emmenez Draco à l'infirmerie.
– Non ! protesta-t-il. J'attendrais Harry ici.
Ron proposa de l'eau à Draco. Il l'a but si vite qu'il en versa une partie sur son tee-shirt. Alors que madame Maxime commençait à perdre espoir, un rayon bleuté apparut sur le sol. Harry et Fleur étaient là, allongés à plat ventre. Ils se tenaient la main. Avant même que Draco ne croise son regard, il sut que Harry n'allait pas bien, que quelque chose de très grave s'était produit.
– Harry ! Harry ! s'écria Sirius qui le tenait dans ses bras. Tu m'entends ?
La main de Fleur retomba mollement dans l'herbe et Astride Marchaix poussa un cri strident.
– Il est revenu, balbutia Harry, comme dans un état second. Voldemort est revenu.
Un murmure angoissé se répandit parmi les élèves comme une traînée de poudre. Les Delacour débarquèrent et les parents de Fleur, voyant leur fille sur le sol qui ne se relevaient pas, poussèrent un cri de désespoir si intense que Draco en frissonna. Gabrielle, sa jeune sœur, ne disait rien. Elle fixait le cadavre de son aînée avec une franche stupeur, comme si elle s'attendait à tout moment qu'elle ouvre les yeux et lui adresse un de ces merveilleux sourires.
– Ma petite Fleur, sanglotait madame Delacour. Madame Maxime, ma Fleur ! Mon bébé !
La directrice de l'académie Beauxbâtons s'agenouilla dans l'herbe et essaya d'avoir un geste consolateur.
– Ne la touchez pas ! hurla madame Delacour qui compressait sa fille contre sa poitrine. C'est de votre faute. Vous aviez dit que vous alliez la protéger ! Vous aviez promis !
Ludo Verpey avait le teint verdâtre.
– Tu ne peux plus rien faire pour elle, Harry, murmura Dumbledore en faisant apparaître un brancart. Olympe, éloignez les élèves de cette scène.
On allongea Harry et Draco se précipita vers lui pour lui serrer la main. Il avait une balafre qui entaillait sa joue droite. Son nez était gorgée de sang.
– Fleur voulait que je la ramène, prononça Harry d'une voix faible, en fixant Draco. Voldemort est revenu. Il est revenu.
– Je suis là, Harry. Je serai toujours là.
Et Harry, en fermant les yeux, sut que c'était la vérité.
Ooo
– Dis-nous exactement ce qu'il s'est passé Harry, prononça Dumbledore.
La soirée d'hier semblait appartenir à un cauchemar et Harry n'était pas sûr de vouloir y revenir. Pourtant, il y était forcé. En face de lui se trouvaient, Dumbledore, madame Maxime ainsi que les ministres britannique, français et bulgare. Karkaroff avait prit la fuite durant la troisième tâche. Harry prit une profonde inspiration tandis que Siriuis lui pressa l'épaule afin de lui transmettre un semblant de courage. Harry raconta de quelle manière Voldemort avait assassiné Fleur, le rituel étrange de renaissance, et ce dont il se souvenait sur ce qu'il avait vu ou dit.
– Ensuite, formula Harry, il a appuyé sur le tatouage d'un de ses Mangemorts. Les autres sont apparus de partout dans le ciel. Pas mal ne l'ont pas rejoint. Il a dit que certains étaient en prison. Mais d'autres ont fait le choix de ne pas revenir et il prévoit de les tuer.
– Qui y avait-il ? demanda Cornelius Fudge, avec empressement.
– Avery, répondit aussitôt Harry. Un type qui s'appellait Avery. Je m'en souviens très bien. Voldemort lui a envoyé un Doloris (au nom de « Voldemort » le ministre français frémit violemment). MacNair.
– Impossible ! s'offusqua Fudge. MacNair travaille pour le Ministère, jamais il...
Dumbledore le fit taire d'un geste de la main. C'était déjà suffisamment éprouvant pour Harry de revivre tout ça pour qu'en plus, on complique les choses.
– Il y avait Crabbe, Goyle et... (la gorge de Harry se noua) Nott. Il a parlé d'un fidèle serviteur qui était à mes côtés pendant toute l'année et qui m'avait conduit jusqu'à lui. C'est l'homme qui avait emprunté l'identité de Maugrey.
– Barty Croupton Jr, devina Dumbledore. Je me suis longuement entretenu avec Draco tout à l'heure.
Il y eut un silence.
– D'autres personnes étaient là, mais on n'a pas prononcé leur nom, ajouta Harry.
– Tu ne te souviens de rien d'autre ? insista Sirius. Pas un autre nom ?
– Non, aucun autre, mentit-il.
Cette nuit, alors qu'il était à l'infirmerie et que Draco ne l'avait pas quitté pour veiller sur lui, il s'était demandé comment il ferait pour livrer son père à la justice. Il ne pouvait pas donner en pâture le nom des Malfoy pour la simple et bonne raison que s'il le faisait, Draco serait anéanti. Jamais il ne supporterait d'être séparé de sa famille. Harry savait qu'il faisait quelque chose d'affreux en cachant la vérité, mais l'amitié de Draco était bien plus précieuse que sa propre sécurité. Il ne pouvait pas saboter sa vie entière. Trop de choses seraient amenées à changer à cause de ça.
– Que s'est-il passé ensuite ?
Harry raconta son duel avec Voldemort et le jet de lumière qui avait lié leur deux baguettes.
– Priori Incantatum, devina Dumbledore. Tu as revu les victimes de Voldemort ce soir-là ?
– Oui, confirma Harry. Il y avait aussi mes parents. (Il jeta un regard en biais à Sirius) C'est eux qui l'ont retenu un moment pour que je puisse m'échapper.
Il prit une profonde inspiration et poursuivit son récit. À mesure qu'il parlait, Harry revoyait toute les horreurs subies la veille défiler sous ses yeux. Néanmoins, il en éprouvait un certain soulagement. Se confier c'était comme enlever le venin distillé dans son corps. Mais lorsque Harry évoqua le fait qu'on lui avait pris de son sang pour le transmettre à Voldemort, Dumbledore et Sirius eut une exclamation horrifiée. Ils se regardèrent tous les deux, comme s'ils savaient ce que cela voulait dire.
– Il vous a volé votre protection magique, déduisit madame Maxime. Vous ne serez plus en paix auprès des votres.
– Voldemort a dit que mon sang le rendrait plus fort. Il a dit que la protection que m'a laissée ma mère en mourrant serait également à lui.
Dumbledore s'affala dans son siège et jamais il n'avait paru si lasse, si vieux.
– Très bien, soupira-t-il, Voldemort a donc réussi à contourner cette barrière. Cornelius, nous nous devons d'avertir la population sorcière immédiatement.
– Il est hors de question que nous parlons de ça sans aucune preuve ! s'emporta le Ministre de la Magie.
– Une jeune fille est morte hier, tonna Sirius. Ce n'est pas une preuve suffisante pour vous ?
– Si, bien sûr que si...
Mais Harry était certain que Fudge aurait préféré l'accuser d'avoir tuer Fleur lui-même malgré ses quatorze ans seulement plutôt que d'admettre le retour de Voldemort.
– Sirius, veuillez raccompagner Harry dans son dortoir. Nous devons retourner à Poudlard immédiatement.
Harry se leva comme si ses jambes ne lui appartenaient plus. Dehors, les élèves de Beauxbâtons et ceux de Durmstrang s'écartaient sur son passage et se murmuraient des choses. Une fois devant la tourelle, il remarqua que Valar était là. Le serpent le suivit des yeux et dit :
– Je suis désolé que nous n'ayons pas pu te protéger, Potter. C'était la mission des avatars cette année et nous avons failli.
Harry inclina la tête en sa direction. Valar ne pouvait pas se reprocher ce qu'il s'était produit, ni personne d'autres d'ailleurs. Tout avait été planifié depuis si longtemps et si soigneusement que nulle n'aurait pu deviner ce qui allait se produire. Heureusement, la tourelle était presque vide. Les élèves de la délégation Poudlard profitaient sûrement de cette journée ensoleillée pour parcourir le parc ou dire au revoir à tous les amis qu'ils s'étaient fait au cours de l'année.
Allongé dans son lit, Harry fixa un long moment le plafond tandis que Sirius ramenait la couverture juste sous son menton.
– Je serai là, tu sais.
– Je sais, murmura Harry.
– Beaucoup de choses changeront à présent. Nous ne pourrons certainement plus retourner dans notre maison à Plymouth.
Harry adorait cette maison, même s'il n'y avait pas passsé seulement un été. Devoir renoncer à tout ça, lui mit un énième coup au cœur. Pourquoi devait-il sans arrêt changer de foyer à cause de Voldemort ? Pourquoi sa vie toute entière tournait autour de ce monstre ? Pourquoi ne pouvait-il pas seulement lui tourner le dos une bonne fois pour toute ?
On toqua à la porte. C'était Ron.
– Salut.
– Salut, répondit Harry d'une voix faible.
– Hermione et Draco ne vont pas tarder. Ils disent au revoir.
Harry savait que c'était pour lui qu'ils rentraient plus tôt que prévu. Il se sentait encore plus gêné encore que tout à l'heure et Ron dû le sentir.
– On a tous besoin de rentrer à Poudlard, dit-il.
En bas, ils entendirent du bruit. Les autres revenaient sans doute à l'intérieur de la tourelle qui allait prendre son envol. Harry ferma les yeux et prétendit qu'il dormait, préférant cela que d'affronter le regard de ses camarades.
Le voyage sembla bien plus court qu'il ne se l'était imaginé. Ils étaient en ce moment en train de perdre de l'altitude après quatre heures de vol, tout au plus. Par la fenêtre, ils transperçaient les nuages et la cîme des arbres se rapprochaient. On lui secoua finalement l'épaule.
– Debout, Harry, prononça Sirius. Nous y sommes.
Le dortoir était faiblement éclairé et la nuit venait tout juste de tomber. Harry se redressa dans son lit encore tiède et attrapa ses lunettes sur sa table de chevet. Il vit Cormac MacLaggen disparaître par l'encadrement de la porte. Des bruits dans l'escalier indiquait que les autres se rassemblaient dans la salle commune pour leur grand retour. Harry n'était pas sûr de pouvoir supporter les questions et les regards de tous les élèves restés à Poudlard. D'ailleurs, savaient-ils ce qu'ils s'étaient passés ? En parlait-on dans les journaux ?
Harry enfila ses chaussures et suivit Sirius à l'étage inférieur. Tout le monde semblait le dévisager, même Draco.
– Nous voilà donc au complet, dit Dumbledore en rangeant dans sa poche une liste d'appel. Allons-y.
Nayad Flores et Bradley Dornby ouvrirent la marche. Ils traversèrent le parc de Poudlard illuminé. Devant le hall, le restant de l'école semblait leur avoir fait une haie d'honneur. Pourtant, les applaudissements avaient l'air d'être en demi-teinte et sans réel enthousiasme véritable. Minerva MacGonnagal déposa une main réconfortante sur l'épaule de Harry. Neville et Dean lui accordèrent un sourire gêné mais sinon, pour le reste, ils semblaient bien trop occupés à le dévisager. Harry aurait pensé que retrouver la Grande Salle, ses amis, son dortoir, le rendrait plus heureux. Mais rien ne pouvait effacer dans sa tête le visage de Fleur Delacour qui perdait subitetement vie.
Pendant un instant, Harry ne savait plus très bien où s'assoir. À Gryffondor ? C'était sa maison, celle qui l'avait porté pendant quatre année. Mais il s'entendait désormais très bien avec ceux de Poufsouffle. Fergus, Cédric et Bradley avaient toujours été courtois avec lui. Ils avaient partagé beaucoup de choses sur la route. À Serdaigle ? Luna Lovegood aussi avait l'air tout aussi desorientée. Elle qui avait passée une année à se faire des amis, mélangée aux autres, se retrouvait une fois de plus marginalisée en bout de table. Et puis il y avait aussi Terry Boot, qui s'entendait très bien avec Ron depuis qu'ils avaient été placé dans le groupe des jardiniers à Beauxbâtons. À Serpentard ? Tracy avait l'air de l'attendre. Elle semblait même étonnée qu'il ne la suive pas jusqu'à la table des vert et argent. Même Blaise et Théodore jetaient des regards plein d'espoir vers les autres tables.
C'était un peu comme si tout ce rapprochement, tous les efforts qu'ils avaient fait pour s'entendre pendant plusieurs mois venaient d'être réduit en fumée par des siècles de rivalité et de communautarisme. Harry tourna les talons et alla s'assoir entre Fred et George. Il ne supporterait pas davantage les regards plein de pitié de Hermione, ni les coups d'oeils apeurés de Draco.
– Bonsoir à toutes et à tous, clama Dumbledore qui avait reprit sa place habituelle, à la table des professeurs. C'est un bonheur pour moi de revoir tous vos visages. Le tournoi des Trois Sorciers est maintenant terminé et bientôt nous rentrerons chacun chez nous. (Pendant un instant, Harry se demanda où Dumbledore habitait le restant de l'année. Il ne pouvait tout de même pas vivre à Poudlard sans arrêt, non ?) Cependant, de terribles évènements se sont produit dernièrement. Alors que nos champions disputaient la dernière tâche, Voldemort est revenu parmi nous. Il s'en est pris à deux personnes : Harry Potter et Fleur Delacour. Cette dernière n'a malheureusement survécu et son souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires (Dumbledore marqua une pause). Sans doute vous dira-t-on prochainement que tout ceci n'est que mensonge et fabulation. Mais il y a des signes qui ne trompent pas. Nous devons plus que jamais être unis entre nos maisons. La solidarité fera la différence entre la force et l'affliction. Nous ne pouvons pas, et nous ne devons pas, détourner les yeux sur les horreurs qui risquent de prochainement survenir. Le Tournoi des Trois sorciers avaient pour ambition de favoriser le rapprochement et la tolérance entre les sorciers du monde entier. À la lumière de ce qu'il s'est passé, de tels liens deviennent plus que jamais indispensables. Je suis convaincu – et jamais je n'aurai tant souhaité me tromper – que les temps à venir seront sombres et difficiles. L'aptitude de Voldemort à semer le doute et la discorde est considérable. Parmi vous, certaines familles ont déjà dû subir le forfait de sa fureur. Ne le laissez pas détruire ce qu'il vous reste. Tenez-vous aussi éloigné que possible de son ombre. Ne choisissez pas la facilité.
A la fin du discours, le dîner apparut dans les plats en or et personne n'osa parler de suite. Il fallut un moment pour que la rumeur des conversations prenne en ampleur.
– Désolé de ce qui t'est arrivé, dit Fred.
Harry haussa des épaules, ne sachant que dire. Il avait l'impression de se répéter. Que pouvait-il bien ajouter de plus ?
Le soir-même, Sirius resta dans la salle commune vérifier que tout allait bien. Harry ne défit pas sa malle sachant que, de toute façon, il serait bientôt amené à repartir.
Ooo
Le Poudlard Express sillonnait la campagne du nord de l'Angleterre en direction de Londres. Sirius l'attendait là-bas pour qu'ils se rendent aussitôt dans leur nouvelle maison. Il lui avait envoyé un courrier la veille pour lui dire que tout avait été fait de sorte qu'ils pourraient garantir sa sécurité. Harry appréhendait légèrement toutes ces nouveautés mais ne disait jamais rien à personne. En fait, depuis le soir de la troisième tâche, il ne parlait plus beaucoup. Il préféra sortir du compartiment et s'aérer l'esprit. Les maisons se rapprochaient, signe qu'ils seraient bientôt arrivés.
– Je peux te parler un moment ? demanda la voix de Draco dans son dos.
– Fais comme tu veux.
Draco s'approcha de la fenêtre.
– Plus rien ne sera comme avant. Tous les deux, je veux dire. (Harry lui lança un regard en biais) Sache que je serai toujours de ton côté, Harry. Toujours.
– Merci.
A sa grande surprise, Draco le serra rapidement dans ses bras avant de repartir tout aussi vite qu'il n'était venu. Harry aurait préféré que le train ne s'arrête jamais, qu'il remonte plutôt le temps, au moment où ils arrivaient tous au début d'année. À regret, le Poudlard Express ralentit. Les visages des parents devenaient plus nets, plus nombreux.
– Au revoir Harry, dit Ron. Prends soin de toi.
– Je t'écrirai, promit Hermione.
Il les serra tous les deux dans ses bras.
– Où est Draco ?
Ses deux amis s'envoyèrent un regard gêné. Draco était déjà parti. Il aura sans doute profité du remue ménage pour s'eclipser. Harry descendit de son compartiment et il vit son meilleur ami penché au-dessus d'un ravissant couffin. Draco voyait son petit frère pour la première fois et semblait avoir oublié le monde tout autour. Harry croisa le regard de Lucius Malfoy, à l'autre bout du quai. Les deux sorciers se dévisagèrent d'un regard impitoyable. La guerre – la véritable guerre – venait de commencer.
fin du quatrième tome
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LOTERIE ! Comme je l'ai annoncé sur ma page facebook, j'organise une nouvelle loterie pour cette fic. Le gain est le premier chapitre du Tome 5 en avant-première. L'unique condition est de déposer un commentaire à ce chapitre (votre participation sera alors automatiquement prise en compte). Le tirage au sort aura lieu mardi prochain et je contacterai directement le gagnant. Pour les personnes n'ayant pas de compte sur ce site, n'oubliez pas de me laisser de quoi vous joindre ! Sinon, vous pouvez tout aussi bien ne pas reviewer, hein, aucune obligation !
J'espère simplement que ce chapitre vous a plu, et je vous annonce officiellement que j'ai repris mes activités d'auteur. Je ne peux pas vous dire sur quoi je planche en ce moment. J'essaie de me focaliser sur « A Dragon » pendant un moment avant de reprendre les autres... Mais, ça se fera ! J'avais décidément besoin de ce break pour respirer un peu. Maintenant, c'est fait !
C'est un peu bizarre de finir de publier ce Tome 4 alors qu'il a été écrit depuis si, si, si longtemps... J'avais hâte de le partager avec vous, à présent c'est fait et je ne regrette pas du tout les diverses tournures que j'ai choisi de prendre. Maintenant, on entre dans les choses sérieuses avec le retour de Voldemort, aheum...
N'oubliez pas votre chance de remporter la loterie, et si tout va bien, je vous dis à bientôt !
D Would
