Posté le : 18 Juin 2015. Bon courage pour celles et ceux passant des examens !


Réponse aux reviews collective :

1) Beaucoup ont été étonné de voir que Draco n'adressait même pas la parole à Harry dans leur moment tranquille, comme dans le dortoir. Sauf que Draco voulait trop bien faire en suivant les directives de ses parents. Aussi, n'oubliez pas qu'ils sont dans un château bourrés d'élèves ! Si quelqu'un disait de manière insouciante : « ah oui, ils se parlent encore ces deux-là » et qu'un Serpentard entendrait, ça la foutrait mal, non ?

2) Si Draco finit par adresser à nouveau la parole à Harry, c'est parce qu'il est (pour l'instant) incapable de lui tenir tête. D'ailleurs, Harry n'est que pas son meilleur ami et, hum, futur copain, c'est aussi son idole ! Rappellez-vous que Draco admirait Harry avant même de mettre les pieds à Poudlard.

3) Mercutio (le petit frère de Draco) n'est pas un cracmol ! Il développe même ses pouvoirs assez vite. Si mes souvenirs sont bons, il enclenche sa magie aux vacances de Noël du T5, soit à l'âge de six mois environ. Mais bien tenté ! La raison pour laquelle la tapisserie refuse encore son prénom sera expliquée dans le T6.

4) Hermione et la SALE sont des choses qui, de base, m'énerve. Mais si on suit son raisonnement, son intention est louable, c'est juste qu'elle emploie les mauvaises méthodes. Ça serait plus efficace si elle allait directement parler aux elfes des congés payés au lieu de martyriser des élèves. Mais bon, ça c'est personnel. Je n'ai jamais beaucoup aimé Hermione.

Un merci tout particulier à Madame La Duchesse et BonjourOscar.

A la base, ce chapitre-ci était collé avec le précédent, mais en faire de plus court me permet de poster plus régulièrement et facilement. Alors, c'est pour le plus grand bien, héhé. Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment, mais ça ira sans doute en s'arrangeant. Les prochains chapitres seront plein de surprises, je me suis permis de modifier pas mal de choses sur la trame (même si j'ai conservé l'AD, bien entendu). Je suis très contente que vous appréciez ce Tome 5. N'hésitez pas à me poser des questions. Bonne lecture à tous et à toutes ! Love, D.


Chapitre 22 : « La Grande Inquisitrice de Poudlard »

Le lendemain, Draco fut enfin convoqué chez MacGonagall pour parler de son poste de préfet. Harry était nerveux au possible, car, après tout, cela était de sa faute. Draco finit par ressortir de son bureau une heure plus tard, son insigne en main.

– Elle a accepté de me le rendre.

– Bravo ! rugit Ron. Bien joué !

– Mais je suis mis à l'épreuve, ajouta Draco. Au moindre faux pas, MacGonagall a dit qu'elle trouverait quelqu'un d'autre. Je compte sur vous pour que tout se passe bien ces prochaines semaines. Plus de dérapage, hein ? (Il lança un regard pénétrant du côté de Harry) Promis ?

– Promis.

À la fin du mois de septembre, Ombrage avait déjà inspecté tous les professeurs. Cependant, elle ne leur avait fait jusqu'ici aucune remarque et se contentait de griffonner des rouleaux de parchemin depuis le fond de la classe.

– Je me demande ce qu'il va se passer ensuite, marmonna Neville. Est-ce que ça veut dire qu'ils peuvent être virés ?

– Avec le ministère, on ne sait jamais à quoi s'attendre, dit Ron tandis qu'ils se dirigeaient tous les quatre vers les cachots.

Cette année, Rogue était bien plus intransigeant que les précédentes. Il ne tolérait plus la moindre erreur et avait même fait pleurer plusieurs élèves, sous la pression. Harry et Draco continuaient de travailler en binôme avec une concentration à toute épreuve. Puisque Rogue aimait bien Draco et sa famille, il osait rarement s'aventurer jusqu'à eux pour faire des remarques déplaisantes. Parfois, quand c'était plus fort que lui, le maître des potions restait de longues minutes à observer les moindres faits et gestes de Harry en reniflant dédaigneusement.

Néanmoins, Harry remarqua que grâce à Draco, ses talents de potionnistes furent mis en exergue. C'était bien plus agréable d'étudier avec un ami aussi passionné par ce qu'il faisait. Au moins, cela rendait les choses intéressantes. Harry crut même qu'il allait pleurer de joie lorsque Rogue fit tomber à ses pieds sa copie où un « Acceptable » avait été sauvagement griffonné.

– Tu vois, s'exclama Draco à la fin de l'heure, ce n'est pas si terrible. Je suis certain que tu peux encore t'améliorer d'ici les examens.

– Merci de bien vouloir m'aider. Tu ferais un très bon professeur.

– Jamais de la vie je ne ferai ce métier. Tu n'as pas de vie sociale à côté ! De toute façon, ma famille est bien assez riche pour que je n'aie pas à me préoccuper de ce genre de choses.

Après le déjeuner, ils seraient déjà en week-end, car Chourave avait attrapé un mauvais rhume, dû aux plantes qu'elle fréquentait. Harry et Draco décidèrent de se rendre sur le terrain de Quidditch avec leur balai.

– Je peux venir avec vous ? marmonna Ron. Je... C'est juste que... ne vous moquez pas de moi, d'accord ? ajouta-t-il, sur la défensive et plus rouge que jamais. J'avais pensé que je pourrais me présenter comme gardien pour l'équipe. C'est bon, vous pouvez rigoler.

– On ne rit pas du tout. C'est même une très bonne idée ! s'écria Harry.

– C'est vrai que ça serait cool si tu arrivais à entrer dans l'équipe, ajouta Draco avec un sourire réconfortant. Je ne t'ai jamais vu jouer. Est-ce que tu es bon comme gardien ?

– Pas trop mal, je pense. Mes frères me mettaient toujours devant les buts quand ils s'entraînaient pendant les vacances.

Ils passèrent ainsi l'après-midi tous les trois, à voler au-dessus du terrain. Puisque le recrutement aurait lieu le lendemain, Draco ensorcela des Souaffles pour qu'ils foncent à toute vitesse vers Ron. Celui-ci ne se montra ni remarquable ni mauvais. Draco lança un regard entendu vers Harry, comme s'il se retenait de dire quelque chose.

– Tu devrais sans doute moins hésiter, conseilla celui-ci. Tu perds beaucoup de temps à force de réfléchir.

Ron balbutia une maigre excuse puis trouva un prétexte pour écourter la séance. Même si Draco ne dit rien, Harry savait qu'il mourrait d'envie de faire valoir son opinion. Les chances pour que Ron soit pris dans l'équipe étaient maigres.

Le lendemain, la plupart des élèves amateurs de Quidditch semblaient être au rendez-vous dans le stade. Une lourde clameur montait dans les gradins et Harry eut beau faire tout son possible pour rassurer Ron, il n'y parvint pas.

– Tiens, prends mon Nimbus 2000. Ça sera toujours mieux que ces vieux balais de l'école. Tiens, prends-le, Ron, c'est un cadeau.

– Quoi ? (Ron ne semblait pas en revenir à son propre bonheur)

– J'ai un Éclair de Feu et un Nimbus 2000. Franchement, ça ne me sert à rien. Je préfère que mon meilleur ami l'ait plutôt que de le voir prendre la poussière. Allez, ne me déçois pas. Tu vas être génial, j'en suis sûr !

Cependant, Harry s'était montré bien trop optimiste. Geoffrey Hooper, un Gryffondor de troisième année, vola bien mieux, mais semblait extrêmement pleurnichard. Quelqu'un avec un mauvais moral affaiblirait celui de l'équipe. Vicky Frobisher eut également plus de succès. En fait, elle avait même été la meilleure. Pourtant, à la fin de la séance, elle avoua à Angelina que si les entraînements empiétaient sur ses activités, comme le Club de Sortilèges, elle abandonnerait immédiatement.

Toutefois, Ron avait été bien plus brillant que deux filles de deuxièmes années qui hurlaient dès que le Souaffle allait dans leur direction ou encore ce septième année complètement dans la lune. Mais une fois que Ron fut élu, plus rien de tout cela n'avait encore d'importance. Angelina attrapa Harry à part et lui chuchota :

– Écoute, je sais que tu es très ami avec lui, mais entre nous, il n'est pas vraiment fabuleux. Enfin, peut-être qu'avec un peu d'entraînement ça ira mieux. J'espère que pendant les matchs, il montrera un peu plus de talent que ça...

Ils finirent par remonter dans leur salle commune et Harry préféra garder pour lui les quelques commentaires d'Angelina. Draco et Neville restèrent éveillés une bonne partie de la nuit pour prendre de l'avance en Sortilèges et Botanique, leur matière préférée. Harry devait admettre qu'ils formaient tous les deux un duo incroyablement efficace, car leurs notes venaient de grimper d'un point depuis l'année dernière.

– Le truc, dit Neville, c'est de ne pas penser au temps qui passe. Une fois que t'oublies la notion du temps, c'est beaucoup plus facile... Oh, un hibou !

En effet, une chouette hulotte aux allures austères cognait son bec contre le carreau d'une des fenêtres. Ron bondit sur ses jambes et alla lui ouvrir. L'oiseau alla se poser sur le manteau de la cheminée, afin de sécher son plumage.

– Je crois que c'est pour toi, Draco, formula Ron en lui tendant l'enveloppe.

– C'est sûrement Viktor !

Pourtant, le sourire de Draco s'évanouit en une poignée de secondes. À mesure qu'il parcourait les lignes, son expression passait du dégoût à la colère. Draco tendit la lettre aux autres et tous les trois lurent silencieusement :

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Draco,

C'est avec énormément de déception que j'ai appris il y a quelques jours ta destitution de ton poste de préfet. Pire même : je l'ai su par la bouche même du ministre, qui le tient lui-même de Dolores Ombrage. Ta mère et moi sommes restés un long moment dans l'incompréhension la plus franche. Pourquoi ne pas nous avoir alertés de la situation ? Redoutais-tu les retombées ? J'ai saisi le conseil de l'école hier matin, faisant pression sur MacGonagall afin qu'elle te rende ton insigne. Je suppose que mon influence et ma détermination ont fini par payer. Il est important que tu saisisses cette opportunité pour te faire le plus de contacts possible. Tes dernières années à Poudlard seront cruciales si tu comptes un jour te hisser à un rang digne dans cette société.

D'après ce que tes enseignants ont aussi laissé échappé, tu fréquenterais à nouveau Harry Potter. Je dois t'avertir, Draco. Rien ne peut davatange menacer ta scolarité et la quiétude de notre vie de famille que cette espèce de fraternisation avec ce garçon. J'imagine que tu fleuriras alors de contre argument, affirmant même que Potter est le vénérable chouchou de Dumbledore. Sauf que ce vieux toqué ne sera sans doute plus là pour très longtemps... Tu le découvriras en lisant la Gazette du Sorcier demain matin. Les nouvelles personnes qui compteront dans le paysage éducatif ont une vision bien plus juste et pointue sur le comportement instable de Potter. Et je ne veux en aucun cas que sa mauvaise réputation rejaillisse sur toi. Te souviens-tu de ce que je t'ai dit à la Coupe du Monde ? Je n'en dirai pas plus, et te laisse méditer sur ce chapitre.

Peut-être as-tu peur de rompre les liens avec Potter. Je sais désormais de source sûre qu'il lui arrive d'être déséquilibrée, voire violent vis-à-vis de ses propres camarades. Ta mère est folle d'inquiétude. Elle préfèrerait que tu fasses tes bagages sur le champ et que tu passes tes B.U.S.E. à la maison, en tant que candidat libre. Cependant, que pensera-t-on de nous s'il advenait qu'on sache que tu fuis l'école à la moindre difficulté ? J'ai pris rendez-vous avec le nouveau directeur de Durmstrang. Il connaît ton niveau et est prêt à t'accepter pour tes deux dernières années d'étude. Tiberius Parkinson, l'oncle de Pansy, a fortement appuyé ta candidature. Sache que nous faisons tout cela pour ton bien et nous espérons de tout cœur que tu ne nous en veuilles pas. Si tu avais été à Serpentard, sans doute que nous n'aurions pas eu à arriver à de tels extrêmes...

Ta mère et moi avons été d'une patience à toute épreuve avec tes enfantillages. Nous avions même espéré que tu serais rentré sur le droit chemin en fréquentant ce cher Viktor Krum. Si tu te rends à Durmstrang, tu pourras voir ton ami bien plus souvent. Presque tous les week-ends, si tu en as envie. Je suis prêt à te payer des leçons renforcées de transplanage, si c'est cela dont tu as envie. Mais il est absolument hors de question – et là, je pèse mes mots – que tu restes une année de plus dans un climat aussi hostile à nos principes fondamentaux. Je t'ai mis en garde plus d'une fois et tu as certainement imaginé que cela n'était que des menaces en l'air. Je suis pourtant prêt à passer à l'action. Si la perspective de ces changements te chamboule, ou si Potter advenait à te menacer, va en parler à Ombrage qui ne sera que trop heureuse de te conseiller.

Il est plus que temps que tu apprennes où placer ta fidélité. Tu ne peux pas la donner à Potter, ni à Dumbledore ou encore à cette école qui connaît une fulgurante baisse de niveau. C'est vers notre famille que tes préoccupations doivent se tourner. Nous sommes les seuls à considérer ton bien-être comme priorité absolue. Tu te retrouves à la croisée des chemins, mon fils. Tu as le choix entre la facilité et la justice. Je crois sincèrement en l'édification d'un monde où chacun occuperait la place que son statut mérite. Ton statut, Draco, ne t'autorise pas à dialoguer avec des Nés-Moldus, à encourager des Traître-A-Leur-Sang ou encore à lécher les bottes d'un garçon à la cicatrice. Je te le dis, Draco, ton avenir s'annonce plein de nuages si tu persistes à emprunter cette voie. J'espère vivement que tu comprendras mes motivations.

Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps à te consacrer cet été. Comme tu le sais, j'ai été sollicité de toute part. Cornelius Fudge me voulait toujours à disposition pour régler de nombreux problèmes bureaucratiques. Depuis que Potter affirme que le Seigneur des Ténèbres est revenu, le Ministère doit compulser avec des tas de courriers angoissés. La semaine dernière, une vieille sorcière affirme avoir croisé Tu-Sais-Qui au rayon hygiène dentaire de sa supérette. Cela devient du grand délire. Ce garçon sème le chaos partout où il passe et nous n'avons guère besoin de cela en ce moment. Nous vivons certes des temps durs, mais pas dramatiques comme essaie de le faire croire Dumbledore. Je souhaite que tu puisses ouvrir les yeux sur la redoutable bande de délinquants que tu côtoies, et j'espère que tu t'apercevras que les croyances que nous t'avons si péniblement inculquées sont véridiques. Il est contre nature pour toi, descendant de la noble lignée Malfoy et Black, que de t'affiler avec des animaux pareils. Avec le temps, tu réaliseras ton erreur et je serai tout disposé à entendre tes plus plates excuses.

Réfléchis très sérieusement à ce que je t'ai dit (plus particulièrement au sujet de Potter). Aussi, concentre-toi sur ce que tu fais de mieux. Étudie avec scrupule. N'hésite pas à demander conseil auprès d'Ombrage ou du professeur Rogue. Ils sauront te guider sur la voie de l'excellence. Je ne saurai tolérer le moindre échec de ta part. Ta famille a besoin de toi plus que jamais. Pense à ta mère qui t'aime de tout son cœur. Songe à ton petit frère, Mercutio, qui t'admirera aussitôt qu'il pourra comprendre ce qu'il se passe autour de lui. Rends-nous fiers de t'avoir mis au monde. Tu verras, tous ces efforts finiront par payer bien plus tôt que tu le penses...

Ton père,

Lucius M.

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Harry se tourna lentement vers Draco.

– Bon, eh bien, si tu veux « rompre les liens » avec moi, je te promets de ne pas devenir violent, dit-il en essayant d'adopter le ton le plus détaché possible.

Draco éclata brusquement en sanglots. Ron ouvrit des yeux ronds, comme si la situation en elle-même semblait surréaliste. Heureusement qu'ils ne restaient plus qu'eux dans la salle commune...

– Mon père va te tuer Harry, glapit Draco, terrorisé. C'est ça que ça veut dire. Il va te tuer ! Si je ne prends pas immédiatement mes distances, il mettra un terme à tout cela. Je... Je le sais, ok ? Il est capable de te faire du mal. Il va essayer, j'en suis sûr.

– Personne ne laissera qui que ce soit faire du mal à Harry, martela Neville.

– Dobby a essayé de me prévenir, s'écria Draco, pris d'un début de crise d'angoisse. Il a essayé de me dire quelque chose... quelque chose d'affreux va arriver à Harry. Je le sais.

– Tant que Dumbledore sera là..., commença Ron.

– Mais il ne sera sans doute plus là. Regarde la lettre ! s'exclama Draco en la brandissant sous son nez. C'est marqué noir sur blanc. Il va se passer quelque chose. Harry... Harry, promets-moi que tu ne feras rien de stupide ou de dangereux, d'accord ? Il faut que tu sois toujours avec quelqu'un.

– Hey, calme-toi, prononça doucement Harry en attrapant ses mains. Je ne ferai jamais rien de con. Pas alors que j'ai Voldemort aux trousses. (Draco fut pris d'un violent frisson en entendant son nom) Je suis à l'abri à Poudlard.

– On pensait la même chose en troisième année, jusqu'à ce que Sirius entre à deux reprises dans le château. Tu te souviens ? Et s'il réussissait à entrer par un passage secret ? Et si mon père profitait d'un de ses allers et venues dans le collège pour...

– Ça n'arrivera pas, répliqua fermement Harry.

Même s'il doutait fortement de ce qu'il avançait, Harry tenta de paraître le plus convainquant possible pour Draco. Ce dernier se détendit légèrement puis rassembla tous ces cahiers.

– Je vais lever le pied sur les révisions, dit-il en reniflant, si c'est vraiment ma dernière année à Poudlard, je veux pouvoir en profiter à fond.

– Dis pas ça, maugréa Neville, qui m'aidera à faire mes devoirs si tu pars à l'étranger ?

Draco soupira :

– Il va falloir que tu te débrouilles seul dès maintenant. Je ne peux plus vous parler librement, sauf dans notre dortoir, peut-être. Mon père ne doit pas entendre que nous sommes encore amis, sinon...

Il laissa sa phrase en suspens et monta à l'étage pour aller se coucher.

Ooo

Le lendemain matin, ils surent immédiatement de quoi le père de Draco voulait parler dans sa lettre. Tout était étalé en première page de la Gazette, sous la manchette suivante : « Le ministère veut réformer l'éducation. Dolores Ombrage nommée Grande Inquisitrice ».

– Elle n'est plus inspectrice, alors ? demanda Neville.

– C'est sans doute bien pire que ça...

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Dans une initiative inattendue, le ministère de la magie a publié hier soir un nouveau décret qui lui permettra d'exercer un contrôle sans précédent sur l'école de sorcellerie Poudlard. « Il s'agit d'une nouvelle étape passionnante dans le projet du gouvernement de traiter concrètement le problème de la « baisse de niveau » à Poudlard, souligne Percy Weasley, secrétaire du ministre. L'inquisitrice aura, en plus du pouvoir d'inspecter ses collègues, de prendre des mesures radicales pour prémunir de tout mauvais enseignements. Ces mesures ont reçu le soutien enthousiaste de parents d'élèves.

« Je me sens beaucoup plus tranquille, maintenant que je sais que Dumbledore est soumis à une évaluation juste et objective sur la façon dont il exerce ses fonctions, nous a confié Lucius Malfoy, que nous avons pu joindre dans son manoir du Wiltshire. Nombre de parents étaient soucieux de l'intérêt éducatif et professionnel de leurs enfants. Ces derniers ont dû subir, année après année, les décisions excentriques de Dumbledore. Aujourd'hui, nous nous félicitons que le ministère surveille étroitement la situation... (suite page 2)

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Harry et Hermione se jetèrent un regard consterné. Draco était assis à des mètres d'eux, en bout de table, prenant son petit-déjeuner seul. Ils ne pouvaient plus se parler, désormais. À la table des professeurs, Ombrage semblait rayonner, faisant abstraction des oeillades meurtrières que lui lançait le professeur MacGonagall.

– On devrait sans doute y aller, marmonna Ron. Si Ombrage décide d'inspecter Rogue et qu'on arrive en retard, il nous le fera payé jusqu'à nos A.S.P.I.C.

Mais Ombrage ne se montra pas en Potions. Rogue, en revanche, ne se priva pas pour se déchaîner sur eux en leur jetant leur dernière copie à la figure :

– Je vous ai mis les notes que vous auriez obtenues si vous aviez rendu ça à l'examen. La moyenne de ce devoir se situe à des profondeurs abyssales (Il jeta un regard malveillant à Neville qui se ratatina sur place). J'espère que les quelques ânes de la classe feront en sorte d'obtenir mieux qu'un D au prochain devoir...

– Ah tiens, lança Pansy d'une voix forte, tandis que Draco était assis juste à côté d'elle, il y en a qui ont obtenu un D ? Pathétique.

Harry fourra sa copie dans son sac avant que Hermione ne puisse tomber sur sa note. Ils rejoignirent la classe de divination en vitesse et s'aperçurent que quelque chose ne tournait pas rond. En effet, Ombrage était assise dans la semi-pénombre de la pièce enfumée par les bâtons d'encens. Trelawney était si anxieuse qu'elle bafouilla à plusieurs reprises, se trompa de leçon, puis fut incapable de se souvenir du nom de certains élèves. Pendant tout ce temps, le grattement pénible de la plume d'Ombrage hérissait les cheveux sur la nuque de Harry. Il ne risqua toutefois pas de lui lancer le moindre coup d'oeil, au risque d'aggraver la situation. Mais Harry se trompa lourdement : le pire était à venir.

Pour la première fois depuis le début de l'année, Ombrage se leva et alla directement poser des questions.

– Dites-moi, depuis combien de temps occupez-vous ce poste ?

– Seize ans, répondit Trelawney d'un air tendu.

– Une longue période, commenta Ombrage en notant quelque chose dans son calepin. C'est le professeur Dumbledore qui vous a nommé n'est-ce pas ? Vous êtes la descendante de la célèbre voyante Cassandra, la seule depuis sa mort à avoir le don de double vue, enchaîna-t-elle. Je n'ai jamais rencontré de voyante avant vous. Non pas que je me m'y intéresse guère, mais avec mon emploi au ministère, je crains qu'il y ait peu de place pour les arts divinatoires... Alors je me disais que, peut-être, vous pourriez me prédire quelque chose.

À présent, toute la classe écoutait. Même Draco semblait parfaitement éveillé.

– Le troisième œil ne voit pas sur commande ! se révolta Trelawney.

– Ah, je vois. Dommage, laissa sous-entendre Ombrage en traçant une énorme croix rouge sur son carnet.

– Je... Mais... Attendez ! Je vois... Oui, je vois dans votre aura quelque chose de sombre... Une grave menace !

Pansy Parkinson et ses copines éclatèrent de rire devant cette prestation tout sauf convaincante.

– C'est vraiment tout ce que vous pouvez faire ? Dans ce cas, je n'ai plus rien à faire ici.

Ombrage repartit en empruntant l'échelle et un silence de plomb s'abattit dans la salle de classe.

Comme si cela ne suffisait pas, ils la retrouvèrent l'heure suivante en cours de Défense Contre les Forces du Mal. C'était déjà la quatrième fois qu'elle inspectait Lupin en l'espace d'un mois et Harry ne pouvait se débarrasser d'un très mauvais pressentiment. Cette fois-ci, elle adopta une toute autre tactique qu'avec Trelawney : Ombrage alla interroger directement les élèves en leur posant des questions sur le déroulement du cours, la pédagogie du professeur ou encore le flux de devoirs à rendre.

– Le professeur Lupin est le meilleur qu'on n'ait jamais eu, assura Dean. Nous avons appris tout un tas de sortilèges, avec lui. On peut mieux se défendre, grâce à ça.

– Se défendre contre quoi ? Rien de terrible ne vous attend à l'extérieur du château.

Harry mourrait d'envie de répliquer, mais cela ne ferait qu'empirer la situation dans laquelle Lupin se trouvait.

– J'ignore ce que l'on vous a mis dans la tête, poursuivit Ombrage, mais les honteuses rumeurs répandues par certains selon lesquelles Vous-Savez-Qui est revenu sont fausses. (Harry crispa les poings de colère) Si quelqu'un, élève ou enseignant, s'amuse à colporter ce genre de mensonges, venez immédiatement me le dire dans mon bureau. Oui, Malfoy ?

Toutes les têtes se tournèrent vers Draco, assis seul au fond de la classe. Il baissa la main qu'il venait de lever, puis remua sur sa chaise, comme si – pour une fois dans sa vie – il n'aimait pas être le centre de toutes les attentions :

– Vous nous encouragez donc à dénoncer les autres ? Dans la chartre de Poudlard, il est dit que nulle personne ne peut dénoncer ses camarades, sauf si le secret en question menace directement la sécurité du château. Je me disais simplement que... que c'était contraire à tout ce qu'on avait appris jusqu'ici. Loin de moi l'idée de m'opposer à votre...à votre façon de voir les choses, mais je ne me sens pas à l'aise avec ça.

Ombrage s'avança prestement vers lui, comme une vipère.

– Auriez-vous vu quelque chose ?

– Non.

– Auriez-vous entendu quelque chose dont je devrai être mise au courant ?

– Bien sûr que non.

– Dans ce cas, ce message ne s'adresse pas à vous, ajouta-t-elle doucereusement. Professeur Lupin, j'aurais quelques petites questions à vous poser. (Lupin se tourna vers Ombrage, comme si cela ne pouvait pas lui faire plus plaisir que de l'écouter) J'ai mené une petite enquête, voyez-vous. Je me suis entretenue avec certains élèves et une chose m'a passablement surprise. Il vous arrive de vous absenter environ une fois par mois, pour quelques jours. Que faites-vous pendant ce temps-là ? Je veux dire, cela est sans doute purement personnel, mais, voyez-vous, le ministère vous paie pendant vos congés. Il serait donc regrettable qu'il y ait un abus de votre part, car cela pourrait vous valoir une audience disciplinaire pour détournement de fonds. Je suis allée voir le professeur Rogue qui m'a affirmé que vous aviez une santé plutôt, mmh, fragile, et cela depuis de très nombreuses années. Dumbledore le sait, n'est-ce pas ? (Lupin hocha raidement de la tête) Pourquoi emploierait-il un sorcier malade dans ce cas ? Votre maladie est-elle curable, au moins ?

– Je... Cette question est personnelle. Je ne souhaite pas y répondre.

Ombrage eut un sourire visqueux.

– Vous n'en avez guère besoin. Je sais ce que vous êtes et ce que vous faites ! cria-t-elle en pointant un énorme doigt boudiné dans sa direction. Vous disparaissez à l'approche de la pleine lune. Curieux, non ? Vous êtes un loup-garou ! Un loup-garou dans une école, pleine à craquer d'enfants et d'adolescentes ! Comment Dumbledore a-t-il pu...

– Vous n'êtes qu'une menteuse ! hurla Harry, qui s'était levé. Il n'est pas un loup-garou !

Lupin eut un sourire triste puis souffla :

– Je crains qu'elle ait raison, Harry.

Blaise poussa un hurlement et se précipita vers la sortie, prenant ses jambes à son cou. De nombreux élèves l'imitèrent en une débâcle incroyable, tous semblant redouter pour leur vie. Un regard emplit de tristesse voilà les prunelles de Lupin tandis que Ombrage le regardait d'un air triomphant.

– Vous serez convoqué au ministère, soyez-en sûr. En attendant, je vous interdis d'enseigner. Vous n'êtes qu'un monstre ! Les monstres ne devraient pas être placés dans un secteur aussi risqué. Je vais de ce pas écrire au ministre que vous venez d'avouer. Quant à Dumbledore...

Elle laissa sa phrase en suspens et repartit en des enjambées furieuses. Il ne restait plus que dans la classe Théodore Nott, Harry, Hermione et Ron.

– Vous ne pouvez pas partir, lança Ron. Dean a raison, vous êtes le meilleur professeur que nous n'avons jamais eu.

Lupin eut un sourire las.

– D'ici quelques heures, les hiboux de parents d'élèves vont commencer à arriver. Ils ne voudront jamais que leurs enfants aient un loup-garou comme professeur. Et, malheureusement, je comprends. En trois ans, j'aurais pu mordre n'importe lequel d'entre vous. Ma condition est extrêmement délicate, pourtant, Dumbledore a accepté de prendre ce pari risqué. Je ne peux que lui être reconnaissant de m'avoir laissé ma chance.

Lupin commença à vider ses tiroirs.

– Ombrage a tort de vouloir vous faire partir, intervint Théodore. Qui mieux qu'un loup-garou connaît les forces du mal, et cette espèce de lutte entre notre instinct et notre raison ? Je me suis toujours intéressé aux choses bizarres et tout le monde s'est toujours moqué de moi à cause de ça. Mais pas vous. Je... Pour une fois, j'aimais bien l'école. Je trouvais ça utile.

– Merci. Ça a été un plaisir de passer tout ce temps avec vous. Maintenant, vous devriez retourner dans votre salle commune en attendant le dîner. Je préfère partir de moi-même avant qu'Ombrage fasse venir des aurors pour m'escorter de force. Si vous voulez bien...

Il leva sa baguette magique et la porte s'ouvrit.

– Au revoir, professeur, souffla Hermione, émue.

– Au revoir.