Posté le : 7 Juillet 2015. Alohomora !
» » » » Avant toute chose, sachez que j'ai une nouvelle fic à mon actif (i kno, i kno) ! Elle s'appelle « Backwards » Il s'agit d'un zabnott (UA) et c'est une coécriture avec I-AM-CHUCK-BASS. Vous trouverez l'histoire sur mon profil. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Je sais que vous attendez vos réponses à vos reviews. JE LE SAIS (pleure dramatiquement sur une pile de chaussettes sales). Mais Dobby est ultra-overbooké. Déjà, je ne suis pas en France, mais au Canada où je passe mes vacances, soooo... Le temps que j'accorde à la publication sont des choses préparées depuis le mois de mai. Et je m'en veux à mort de ne pas vous prendre chacun par la main pour vous chuchoter les réponses adéquates, mais... soit c'est ça, soit on se revoit en septembre (haha, sans déconner). J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de cet écart.
Réponse collective aux reviews :
Déjà, Lupin ne reviendra pas en tant que professeur. Je suis désolé, mais bon... c'est le jeu ma pauvre Lucette. Moi aussi ça me gave qu'il parte, mais ça devait forcément arriver, snif. Je me suis pas mal éclatée avec le cours de DFMC sur les dragons. Cela aura toute son utilité lors du T7 (spoiler not spoiler).
p-s : Si je n'ai pas répondu à vos questions, c'est parce qu'elles trouveront toutes une réponse dans ce chapitre-ci ou les suivants. Sorry les brebis.
P-p-s : Si vous vous estimez lésés par rapport au manque de réponse de ma part, ne reviewez plus cette fic ! C'est un ordre ! (massue de troll)
Merci pour tout votre soutien au fil des chapitres. Je vous souhaite d'excellentes vacances, j'essaeirai d'updater autant que possible. Bonne lecture !
Tome 5 : Draco Malfoy et le cœur du mensonge
« Chapitre 23 : À la Tête de Sanglier »
Si le départ de Lupin aurait dû suffire à accabler Harry, cela ne fut rien en comparaison lorsqu'il apprit que Ombrage le remplaçait.
– On l'a eu ce matin, certifia George. Ses cours sont nuls à mourir. On ne fait rien d'autre que de lire un stupide livre que le ministère nous a envoyé. On n'a même pas le droit de poser des questions.
Les cinquièmes années n'ayant Défense Contre les Forces du Mal que le lendemain, ils purent alors s'accorder un bref répit. Généralement, Ron et Harry profitaient de leurs quelques heures de temps libres pour s'entraîner sur le terrain de Quidditch. Ces séances se révélaient assez frustrantes car Ron était strictement incapable de prendre confiance en lui.
– Il faut que tu te concentres sur la balle, aboya Harry pour au moins la quatrième fois. Tu t'en fiches de ce qu'il se passe sur les gradins.
– Je sais. Mais je n'y arrive pas !
Blaise Zabini et ses copains hurlaient de rire dès que Ron manquait le Souaffle. Irrité au possible, Harry mit fin à leur entraînement et reporta celui-ci à la fin de la semaine. Samedi serait le premier match de la saison opposant Gryffondor à Poufsouffle.
Angelina redoutait particulièrement ce match car Cédric Diggory avait changé les batteurs cette année par des types d'une toute autre épaisseur. Fergus Shacklebolt avait été élu à l'unanimité. Il lançait les cognards avec une telle précision que cela tenait presque du miracle. Le pire, dans tout ça, c'est que, selon Fergus, voir des élèves tomber de leurs balais était d'un comique inouï. Quant à Casper Summersby, celui-ci avait une carrure plutôt imposante et parvenait à donner des énormes coups de massue, projetant les cognards très loin, et très vite. Avec ces deux-là, le match sera tout sauf une partie de plaisir.
En plus de cela, la plupart des élèves continuaient à penser que Harry était fou à lier. Seamus le toisait d'un air dédaigneux dès qu'il était dans les parages. Sans parler de Draco qui avait décidé – comme son père le lui recommandait dans sa lettre – de l'ignorer.
– Il n'a pas vraiment le choix, Harry, tenta de raisonner Hermione avant qu'ils aillent se coucher. Il est surveillé !
Cependant, cela n'atténua pas l'espèce de rage qu'il ressentait pour la famille Malfoy ainsi que leur étroitesse d'esprit. La seule lueur d'espoir résidait dans les vacances de Noël qui approchaient inévitablement. Bientôt, Harry pourra rejoindre Sirius et décompresser de cet affreux début d'année.
Quand arriva la fatidique première heure de DFCM avec Ombrage, l'ensemble de la classe semblait retenir sa respiration. Leur nouvelle enseignante les attendait déjà, assise derrière son bureau. À leur grande stupeur, toute la décoration avait été refaite dans la classe, en faveur d'assiettes en porcelaines, de fanfreluches roses et autres inepties.
Ils s'installèrent en silence et attendirent la suite des instructions. Le monologue de Ombrage fut incroyablement long et compliqué à suivre. Harry fut presque satisfait qu'elle leur dise de se plonger dans la lecture du livre qu'elle venait de distribuer. Au moins, comme ça, il n'entendrait plus sa stupide voix. Lorsque la majorité d'entre eux eut fini le chapitre, Ombrage daigna leur accorder un semblant d'attention.
– Vous me rédigerez un rouleau de parchemin sur ce que vous avez retenu pour demain. (Une vague de protestation secoua la classe) Oui, Mr Thomas ?
– Est-ce qu'on fera de la magie ? Je veux dire, de la pratique.
– Vous n'aurez guère besoin de pratique si vous suivez toutes les étapes du manuel.
– M-Mais, à l'épreuve des B.U.S.E. on et censé savoir comment lancer des sorts, fit remarquer Ron. Ça veut dire que la toute première fois qu'on les utilisera, ça sera devant le jury ?
– Encore une fois, ma méthodologie – validée par le ministère – vous permettra d'acquérir les bases nécessaires. Je ne souhaite pas critiquer la façon dont cette matière vous a été jusqu'ici enseignée, cependant, vous devez être conscients que la pratique, à votre humble niveau, ne vous sert absolument à rien.
– Alors, nous n'allons pas nous préparer à ce qui nous attend dehors ? lança Harry.
– Rien ne vous attend dehors, Mr Potter.
– Ah, vraiment ? Pas même Lord Voldemort ?
Lavande poussa un hurlement et Draco eut le piteux réflexe de se boucher les oreilles comme un enfant. Toute la classe semblait secouée, sauf Ombrage. Celle-ci s'approcha dangereusement de Harry, le regardant de ses petits yeux perfides.
– Que cela soit bien clair, les rumeurs selon lesquelles Vous-Savez-Qui est revenu sont complètement infondées !
– Et vous allez me dire que Fleur Delacour est morte par hasard ! aboya Harry. Je l'ai vu !
– Vous êtes sujet d'hallucinations, mon cher. Ce qui est arrivé à Miss Delacour est un honteux incident. Jamais le Tournoi des Trois Sorciers n'aurait dû être rouvert ! Faire affronter des dragons à des adolescents, quelle sottise ! Tout ce que vous souhaitez, Mr Potter, c'est de continuer à recevoir une attention que vous ne méritez pas en déblatérant des mensonges !
– Je ne suis pas un menteur ! J'ai vu Voldemort ! Je l'ai affronté !
– Vous aurez une retenue Mr Potter ! cria Ombrage, perdant tout contrôle. Une retenue, samedi, après le petit-déjeuner...
– QUOI ? s'emporta Harry, incrédule. C'est impossible. Samedi il y a le match contre Poufsouffle, et je suis attrapeur.
– Je m'en fiche complètement, susurra Ombrage, comme si elle venait de déguster une mouche particulièrement juteuse. Vous viendrez samedi dans mon bureau ou sinon je convoque le conseil de classe pour un renvoi. Est-ce clair ?
Harry exultait de rage, tremblant de tout son corps. À la grande surprise de tous, il rassembla ses affaires et quitta la salle sous les expressions estomaquées de ses camarades. Il emprunta l'un des passages secrets de la Carte du Maraudeur et alla se réfugier loin, en-dehors de Poudlard, au moins pour quelques heures.
Le soir même, la salle commune semblait être prise dans une effervescence hors du commun. L'ambiance était bouillante comme dans un chaudron. Dès qu'il apparut sur le seuil de la porte, Hermione sauta dans ses bras :
– On a eu tellement peur pour toi ! On t'a cherché partout ! Où est-ce que tu étais ?
– Ça n'a aucune importance.
– Aucune importance ? rugit Ron. Vu le climat actuel tu n'es vraiment qu'un gros abruti de te casser sans rien dire. Il aurait pu t'arriver n'importe quoi ! Et puis tu t'es débrouillé pour avoir une retenue le jour du match !
– Je ne l'ai pas fait exprès !
– Oh, eh bien, va dire ça à Angelina...
Cette dernière pleurait à chaudes larmes dans les bras de Alicia. Harry crut les entendre murmurer : « On gagnera cette maudite coupe, ne t'en fais pas. On aura qu'à demander à Draco de remplacer Harry ». Ce fut comme la goutte de trop et ce dernier alla se réfugier dans son dortoir, le ventre vide.
Ooo
Le samedi matin après le petit-déjeuner, toute l'école se dirigea vers le terrain de Quidditch, sauf Harry. Un sentiment de révolte profond lui secoua les entrailles tandis qu'il vit son équipe s'éloigner en chantant l'hymne de leur maison à tu-tête. Il grimpa les escaliers, rageur, et finit par arriver dans le bureau d'Ombrage.
– Asseyez-vous, Mr Potter, dit-elle en lui indiquant une petite table recouverte d'un napperon en dentelle. Vous écrirez des lignes. Non, avec l'une de mes plumes personnelles...
– Je n'ai pas d'encre.
Le sourire de Ombrage s'élargit.
– Vous n'en n'aurez nulle besoin. Vous m'écrirez (Elle prit une bouffée d'air) « Je ne dois pas dire de mensonges ».
– Combien de fois ?
– Autant de fois qu'il faudra pour que le message pénètre...
Harry risqua un coup d'oeil vers la fenêtre, où l'on pouvait entrevoir les buts du terrain de Quidditch. Ombrage dû s'en rendre compte car elle tira aussitôt les rideaux. Harry, résigné, commença à écrire : « Je ne dois pas dire de mensonges ». Une douleur cuisante irradia le dos de sa main et la phrase qu'il venait d'écrire apparut dans sa chair, comme tracée au scalpel.
Un fragment de seconde plus tard, les mots disparurent, ne laissant derrière eux qu'une tâche rouge. Harry leva des yeux horrifiés vers son enseignante qui semblait se délecter de la situation. Il écrivit encore une fois « Je ne dois pas dire de mensonges. Je ne dois pas dire de mensonges. Je ne dois pas dire de mensonges. » A chaque fois, la marque semblait rester un peu plus longtemps avant de s'effacer. Il lui semblait que des heures s'étaient écoulées avant que Ombrage dise :
– Venez ici. (Elle inspecta sa main) Vous reviendrez la semaine prochaine.
Harry attrapa son sac puis fila en-dehors de son bureau. Dès qu'il fut certain qu'elle ne pouvait plus l'entendre, il se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait. Il grimpa les marches quatre à quatre et finit par arriver devant la salle commune des Gryffondor. En entrant, Harry sut immédiatement que quelque chose clochait. Angelina lui lança un regard venimeux puis quitta la pièce d'un pas raide.
– On a perdu, souffla Neville.
Le sentiment rage qu'il tentait de contrôler sembla s'accroître dans sa poitrine. Il se dirigea vers son dortoir où tous les autres semblaient être plongés dans une ambiance morose.
– Que s'est-il passé ?
– Je vais te dire ce qu'il s'est passé, répondit Dean. Cédric avait une meilleure équipe que la nôtre, c'est tout. Fergus a déglingué l'épaule de Fred et Casper a réussi à semer la panique chez les poursuiveuses. Et puis... (Son regard glissa jusqu'à Ron, et il se tut)
– Et puis quoi ? s'impatienta Harry.
– J'ai été nul, coupa Ron. Voilà, tu es content maintenant ? Je n'ai pas réussi à bloquer le moindre tir pendant toute la période ! C'était un carnage !
Harry se tourna vers Draco.
– Et le Vif d'Or ?
– J'ai réussi à l'attraper, admit Draco en levant le menton. D'extrême justesse. J'ai préféré le prendre maintenant plutôt que de laisser l'écart se creuser...
– Quoi ?! Non, tu aurais dû dévier la trajectoire de Cédric et laisser les filles remonter le score avec des points. Puis enfin tu aurais dû attraper le Vif !
– Tu n'as pas de conseil à me donner ! J'ai fait ce qui était le mieux pour l'équipe.
– Oui, et grâce à toi on est en bas du classement.
– Si tu n'es pas content, riposta Draco en se levant, tu n'avais qu'à être là, comme nous tous, au lieu d'ouvrir ta grande bouche pour faire ton grand seigneur ! Si j'ai attrapé le Vif d'Or avant la fin de la rencontre, c'est parce que comme ça, on n'a que cinquante points à rattraper, et non pas le triple ! J'ai tourné ça à notre avantage !
– Oh... Je comprends mieux. Tu as voulu faire comme ton précieux petit Viktor à la Coupe du Monde.
– Tais-toi ! Et pour ta gouverne, Viktor sera toujours un meilleur attrapeur que tu ne le seras jamais ! Et lui, au moins, il ne me crie jamais dessus quand il fout tout en l'air. Viktor agit comme un homme, pas comme un gamin capricieux et colérique ! Parce que tout ça, toute cette merde, c'est de ta faute, Harry. Tu ne peux que t'en prendre à toi seul !
Draco, encore sa tenue de Quidditch sur le dos, quitta brusquement leur dortoir et claqua la porte derrière lui.
– Tu crains, Harry, marmonna Ron. Tu aurais dû lui foutre la paix...
– C'est toi qui crains ! s'exclama-t-il, excédé. Si tu n'étais pas si mauvais au Quidditch, peut-être qu'on en serait pas là !
Dès qu'il eut finit sa phrase, Harry sut qu'il la regrettait profondément et ne la pensait pas. Mais c'était trop tard. Ron le dévisagea d'un air dégoûté puis lui tourna le dos.
Ooo
La semaine qui passa fut la plus longue que Harry n'eut jamais connue à Poudlard. Plus personne, ou presque, ne lui adressait la parole sauf Tracy Davis, son ancien flirt de Serpentard. Elle semblait s'amuser plus que quiconque de la situation et le suivait partout comme son ombre.
– Tu m'inviteras pour Halloween ?
– Comment ça ?
– Il y a une sortie à Pré-au-Lard organisée la journée du 31 octobre, informa Tracy. Tu devrais sérieusement penser à te sociabiliser, Potter. (Il la regarda, incrédule) Alors, tu m'invites ou je vais devoir le faire toute seule ?
– Euh... Oui, oui, balbutia Harry. À samedi.
Tracy lui offrit une moqueuse révérence puis retourna vers les cachots où elle tyranniserait certainement quelques élèves.
– C'était une grosse erreur, Potter, chuchota Blaise, qui prétexta faire ses lacets pour s'approcher. Tracy est complètement maboule. Tu aurais dû la larguer tant qu'il était encore temps. Si tu veux te retrouver à Sainte-Mangouste subir une thérapie d'électro-sorts, ça, c'est ton problème...
Il partit vers le terrain de Quidditch où l'équipe de Serpentard au grand complet s'entraînait pour son prochain match contre Serdaigle. Harry, qui n'avait le cœur à croiser personne, fila dans la Grande Salle rassembler quelques toasts puis alla prendre son petit-déjeuner dans une salle de classe abandonnée. Il écrivit une longue lettre à Sirius pour lui expliquer la situation au château et tenta d'avancer sur ses devoirs. Mais sans Draco ni Hermione, la tâche semblait effroyablement compliquée. Il ne comprenait pas la moitié de son exercice de métamorphose à rendre pour le lendemain, et encore moins les subtilités de sa dernière leçon de Potion. Il était grand temps qu'il se réconcilie une bonne fois pour toutes avec ses amis, mais sa fierté le retenait.
Finalement, à l'approche du samedi, tout le monde semblait bien trop enjoué par leur sortie à Pré-au-Lard pour complètement lui faire la tête. Ron lui dit même bonjour du bout des lèvres ce matin-là. Harry descendait tranquillement le Grand Escalier quand il trouva Tracy le jaugeant d'un air sévère. Elle lui attrapa fermement la main et le conduisit droit vers la file d'élèves autorisés à quitter le château. Pansy Parkinson pouffa de rire :
– Alors, Trace, tu ne dis pas à ton stupide rencard qu'il est à la bourre ? (Tracy fit comme si elle ne l'avait pas entendu) A ta place, moi, je le lui aurai dit qu'il était en retard. En plus, c'est quoi cette maudite tenue, Potter ? Tu te prépares à recevoir un troll pour le dîner ? Jamais de la vie je ne sortirais avec ça...
– Sauf que toi, Pansy, aucun garçon ne t'a jamais demandé à sortir avec lui, coupa Tracy d'un ton mordant.
Pansy Parkinson semblait comme avoir avalé sa langue. Harry crut même qu'elle allait éclater en sanglots. Finalement, Rusard les laissa passer après les avoir reniflé de la tête aux pieds. En quittant le château, Harry entendit distinctement Blaise hurler :
– C'est ce qu'on fait entrer dans le château qui devrait vous intéresser, pas avec quoi on sort !
Dehors, une légère bise soufflait dans la vallée. Harry rougit en sentant que Tracy continuait à lui tenir la main. Ils échangèrent quelques mots à propos des cours, des examens et de leur entourage. Apparemment, Spinelli – la meilleure amie de Tracy, à Serdaigle – était furieuse qu'elle ne passe pas la journée avec elle. Mais Tracy s'en fichait. Elle disait avoir déjà trouvé une parade pour se faire pardonner.
– Il suffit que je lui achète un kilo bonbons et Spinelli aura même jusqu'à oublié qu'on la menace quotidiennement de mort.
– Pardon ?! s'étrangla Harry. Elle en a parlé à Flitwick ou Dumbledore ?
Tracy envoya une oeillade navrée à Harry :
– Spinelli est somnanbule. Elle s'envoie des menaces à elle-même chaque nuit. (Son visage se fendit en un sourire) Je l'ai découvert quand elle est venue dormir chez moi l'été dernier. Sauf que je n'ai pas eu le courage gryffondorien de le lui dire... Oh, tiens, on n'a qu'à aller chez Zonko !
Tracy, qui adorait faire des farces, passa un long moment à étudier chacune des nouveautés présentes sur les étalages. Lorsqu'elle lui suggéra de l'aider pour faire une blague à Ombrage, Harry ne put être davantage ravi. Ils s'amusèrent sur la place centrale à regarder un spectacle de cirque ambulant, où un petit singe du nom de Severus exécutait de formidables pirouettes. Harry rigola très fort en imaginant son enseignant faire de même et comment il goûterait à la plaisanterie.
Finalement, ils se dirigèrent vers le pub des Trois Balais où tout le monde semblait avoir eu la même idée qu'eux. À l'autre bout de la salle, Harry vit que Hermione, Ron et Neville discutaient à voix basse, un rouleau de parchemin posé sur la table.
– Je suis certaine que Granger les force à réviser, prononça Tracy après avoir avalée une longue gorgée de bièraubeurre. Écoute, je trouve ça vraiment bête que tu te sois fâché avec eux. Tu ne peux pas trop te permettre de perdre tes amis, surtout maintenant que Tu-Sais-Qui est revenu...
– Tu me crois ?
– Bien sûr que je te crois ! Et je ne suis pas la seule à le penser, sauf qu'on est trop lâches pour le dire tout haut. Tu sais, avec Ombrage dans le secteur... Cette bonne femme est purement malfaisante.
– Tu l'as dit, renchérit-il en attrapant un cookie.
– Mon père était dans sa classe, avant. Quand je lui ai dit qu'elle était devenue prof, il était tout affolé. Il a dit que Ombrage détestait les enfants, ce qui est loin d'être un scoop. À l'époque elle était déjà bizarre, tu sais. Je sais que ses parents ont divorcé quand elle était en cinquième année, ce qui n'a pas semblé l'émouvoir le moins du monde. Personne ne l'aimait beaucoup à Poudlard, car c'était une lèche-cul de premier ordre. Elle ne t'aime pas trop, car toi, au moins, tu es aimé de tous, y compris du directeur !
Ces quelques mots achevèrent de lui remonter le morale. Ils repartirent à l'extérieur, une fois leur consommation payée. Tracy et Harry rigolèrent un moment, mais ce dernier se cloua subitement sur place. À la vitrine d'un salon de thé, il crut reconnaître l'éclat argenté de la chevelure de Draco. Ce dernier n'était pas seul, il tenait les mains de Viktor Krum qui le regardait amoureusement.
– Il est arrivé ce matin de Bulgarie, informa Tracy. Je crois qu'ils s'aiment beaucoup. Allez, tu viens ?
Mais Harry fut comme incapable de bouger. Désormais, Viktor embrassait Draco par-dessus un sucrier.
– Ce salon de thé est stupide. Qui voudrait rentrer dans un attrape-couillon pareil ? Qui ?
– Un très célèbre joueur de Quidditch et son petit-ami, par exemple, marmonna sombrement Harry en s'éloignant.
Il décida de rentrer à Poudlard, prétextant un mal de tête.
– Je comprends, finit par souffler Tracy quand ils atteignirent le hall. J'aurai été très en colère si Spinelli aimait quelqu'un plus que moi. Au revoir, Harry.
Elle déposa un bref baiser sur sa joue et courut vers sa salle commune. Harry fit de même, bien décidé à avoir une petite conversation avec Draco. Il rangeait son linge propre dans ses placards quand son meilleur ami fit irruption dans leur dortoir, le sourire aux lèvres. Draco épingla avec douceur une photo représentant Viktor et lui sur une plage ensoleillée.
– Tu ne peux pas déposer ça là, grogna Harry. C'est mon côté du mur. (La photo bougea et le Draco emprisonné dans le papier glacé semblait le narguer en éclatant de rire) Tu n'as qu'à mettre ce truc ailleurs. Là-bas, par exemple.
Il désigna du menton un recoin sombre où Neville gardait son précieux Mimbelus Mimbletonia.
– Tu sais, prononça Draco en enfonçant la punaise dans la photo sans même la changer de place, je n'aurais rien dit si tu avais mis la photo de ta copine quelque part.
– Ma copine ?
– Tu sais, Tracy Davis, la fille légèrement psychopathe qui hante les cachots de Poudlard ? nargua-t-il. Il paraît que vous former un couple très à la mode, et les paris vont bon train. (Harry arqua un soucil) Théodore a dit que tu atterirais dans le lit de Tracy d'ici la fin de l'année. Moi, je lui ai dit que ça n'arrivera pas avant qu'il gèle en enfer.
– Ah oui, et pourquoi ? demanda Harry, d'un ton empli de défi.
– Parce que tu as un balai dans le cul, voilà pourquoi !
Draco s'enferma dans la salle de bain et Harry fut certain qu'il ne laisserait de l'eau chaude pour personne. Furieux, Harry tourna la tête et vit Ron se mordre les lèvres pour ne pas rire.
– C'était plutôt drôle, non ?
Harry eut un piteux sourire et décida de passer l'éponge. Il joua une partie d'échecs avec Ron tandis que Draco chantonnait sous la douche un tube des Bizarr's Sister « Un sorcier amoureux en cavale ».
– Je peux savoir ce que vous fabriquiez avec Hermione et Neville cet après-midi ?
– Euh... On t'en parlera le moment voulu, n'est-ce pas Neville ?
Ce dernier hocha de la tête et partit aussitôt se doucher dès que Draco sortit de la salle de bain avec son peignoir.
Lundi matin, l'ambiance s'était considérablement apaisée entre Harry et Draco qui consentirent même à s'échanger quelques mots. Cependant, quand Harry franchit le seuil de la classe de métamorphose, ses vives querelles avec l'un de ses meilleurs amis n'avaient plus aucune importance. Ombrage était assise dans un coin, son bloc-notes sur ses genoux.
– Parfait, murmura Ron tandis qu'ils s'asseyaient à leurs places habituelles. Ombrage va enfin avoir ce qu'elle mérite.
Le professeur MacGonagall s'avança dans la salle, ne montrant pas le moindre signe qu'elle avait remarqué la présence de Ombrage. Elle débuta son cours sur les sortilèges de disparition. Ils allaient passer des invertébrés aux vertébrés, ce qui serait hautement plus complexe. Hermione, qui néanmoins était parvenue à faire disparaître son escargot dès le second essai, écoutait avec une attention frisant la dévotion. Draco prenait tellement de notes que son cahier était devenu deux fois plus épais que celui de la plupart de ses camarades.
– Bien, écoutez-moi vous tous...
– Hum, hum.
Pour la quatrième fois, la petite toux de Ombrage perturba le cours.
– Oui ?
– J'étais en train de me demander si vous aviez reçu le petit mot où je vous informais de la date et de l'heure de mon inspection...
– Bien sûr que je l'ai reçu ! Sinon je vous aurais demandé ce que vous faisiez dans ma salle de classe, s'emporta MacGonagall.
Ron attribua un coup de coude à Harry tout en souriant largement. Draco ne fut pas autant discret. Il ricana ouvertement puis se rattrapa maladroitement en masquant son rire par un excès de toux. Cette fois, Ombrage ne suivit pas MacGonagall dans toute la classe comme elle l'avait fait avec Trelawney et Lupin. Sans doute devina-t-elle que la directrice de maison ne l'aurait pas toléré.
Dans la même journée, Ombrage inspecta plus en profondeur les cours de Gobe-Planche et en profita pour poser quelques questions sur Hagrid :
– Vous remplacez Hagrid, le garde-chasse, c'est bien cela ? Le directeur semble toujours réticent lorsque je tente d'aborder le sujet avec lui... Mais, peut-être que vous pourriez me donner la raison de son absence prolongée ?
– Je n'en sais vraiment pas plus que vous, répondit Gobe-Planche. Dumbledore m'a simplement envoyé un hibou quelques semaines avant la rentrée pour savoir si le poste m'intéressait pour du remplacement... Je peux commencer mon cours ?
Pendant qu'ils continuèrent à étudier les Botrucs, Ombrage se faufila entre les groupes pour poser quelques questions. Pansy Parkinson se fit une joie de raconter comment Harry avait chuté de son hippogriffe en troisième année, ou encore comment Dean s'était fait brûler par un Crabe de Feu.
– Cet Hagrid n'a pas l'air d'avoir un grand sens des responsabilités, blâma Ombrage en notant fébrilement quelques détails dans son carnet. Je pense que j'ai tout ce qu'il me faut. Au revoir, professeur Gobe-Planche.
Quand la sonnerie retentit, Harry, Hermione et Ron se dirigèrent vers la Grande Salle pour le déjeuner.
– Vous allez enfin me dire ce qui se trame entre vous deux ? lança Harry.
Fergus Shacklebolt, qui passait près d'eux, envoya une oeillade meurtrière vers Ron avant de chuchoter quelque chose à l'un de ses copains.
– Vous n'avez pas arrêter de vous chuchoter des choses depuis ce week-end ! Je veux être mis au courant !
– Chut ! ordonna Hermione. On te racontera tout, promis. Mais pas ici. Dépêchez-vous de manger et on en parlera au calme.
Une fois le ventre plein, ils quittèrent la table des Gryffondor en compagnie de Neville. Ils s'isolèrent dans une salle de classe vide du premier étage.
– Bien, prononça Hermione en parlant si bas que Harry dû se pencher pour l'entendre. Neville, Ron et moi nous avons eu une idée pour... pour prendre les choses en main. Ombrage ne nous apprend rien en cours et les B.U.S.E. approchent à grands pas. Nous ne serons jamais prêts ! Et puis... Il y a V-V-Voldemort. Si nous n'apprenons pas à nous défendre comme il faut, nous sommes tous en danger.
Neville hocha si raidement de la tête, que cela en fut légèrement perturbant.
– Cette fois, dit-il, nous avons dépassé le stade d'apprendre seulement ce qu'il y a dans les livres pour avoir de bonnes notes. Il nous faudra quelqu'un de bon pour nous enseigner les forces du mal...
– Lupin a quitté Poudlard, rappela Harry.
– On ne pensait pas vraiment à Lupin, glissa Ron.
– Quoi ? Moi ?! Mais j'ai le même âge que vous.
– Oui, mais tu as combattu plusieurs fois Tu-Sais-Qui, fit remarquer Neville. Tu t'en es à chaque fois sorti indemne.
– Je...
– Avant de nous interrompre, coupa Hermione, dis-toi que cela sera la seule manière de te rendre un peu plus agréable. Ces derniers temps tu as été si... agressif avec tout le monde que ça, cette activité, te canalisera sans doute un peu. Et puis, je suis certaine que beaucoup d'élèves seront intéressés par ces cours. Oh, bien sûr, il ne faudra pas le crier sur les toits. Je doute que Ombrage sera contente d'apprendre ce qu'on tente de mettre en place. Mais avec un peu d'organisation...
– C'est d'accord, soupira Harry. Je veux bien vous aider. Mais en petit comité, d'accord ?
Ils hochèrent tous de la tête.
– Est-ce que Draco viendra ? risqua Neville.
– Son père est du côté de Tu-Sais-Qui, marmonna Ron, peiné. Draco me l'a avoué l'année dernière. Alors, je ne pense pas que cela serait un cadeau à lui faire que de l'inviter à notre petite sauterie... Il vaut mieux ne rien lui dire.
Pendant deux semaines, Hermione ne parla plus de l'idée d'organiser des leçons de défense contre les forces du mal avec Harry pour professeur. Les retenues avec Ombrage s'étaient terminées (même s'il doutait que les inscriptions « Je ne dois pas dire de mensonges » disparaissent un jour de sa main).
Ron semblait progresser au Quidditch. Seule leur montagne de devoirs à rendre demeurait inchangée. Inconsciemment, Harry avait songé à un programme de cours les maléfices les plus utiles, des techniques pour se déplacer plus vite ou viser une cible mouvante, etc. Plus les jours passaient, plus l'idée se confortait dans son esprit. Lorsque Hermione lui demanda si c'était toujours d'accord, Harry répondit :
– Je veux d'abord en parler à Sirius, savoir ce qu'il en pense dans tout ça. Lui, il saura forcément.
Son parrain était devenu extrêmement occupé avec l'Ordre du Phénix. Cette société secrète fondée par Dumbledore lors de la précédente guerre consolidait ses contacts, se préparant au pire. À la fin de sa quatrième année, Harry et Sirius avaient été contraint d'abandonner leur jolie maison de Plymouth pour le quartier général de l'Ordre. Dumbledore avait été formelle là-dessus. Plymouth n'offrait qu'une maigre protection à Harry, malgré les nombreux sortilèges autour de la demeure.
Puisqu'il se trouvait désormais loin de sa Tante Pétunia – et donc, de sa protection magique liée au sang – Sirius ne pouvait plus garantir qu'aucun danger ne le menaçait. Avec le retour de Voldemort, toutes ses craintes prirent une dimension concrète que Harry aurait préféré éviter. Vivre au 12, Square Grimmaurd, était la pire chose qui lui était arrivée depuis des années tant l'endroit dégageait des ondes sinistres. Aussi, lui avait-on formellement interdit de contacter Draco ou d'indiquer son adresse de quelque manière que ce soit.
C'était réellement dur pour Harry que de garder autant de secrets pour son meilleur ami. Car, après tout, c'était aux côtés de Draco qu'il avait percé les secrets du Miroir du Risèd, de ce qu'il y avait sous la trappe, ou encore de la Chambre des Secrets. Draco l'avait toujours accompagné dans ses aventures. Harry ne voulait plus le voir s'éloigner de jour en jour.
Il ne voulait pas se réveiller un beau matin et apprendre que Draco, le garçon avec qui il avait partagé les plus belles années de sa vie, était finalement devenu un Mangemort. Mais, comment faire pour éviter ça ? Comment expliquer à Draco qu'ils ne pouvaient plus ignorer cette frontière entre eux ? Est-ce que Draco finirait par l'écouter un jour, comprendre que sa famille supportait des valeurs contraires à celles auxquelles croyait Harry ?
Harry ne put écrire tout ça dans sa lettre, évidemment, de peur que son courrier soit intercepté. Il maquilla ses propos sous une généreuse dose de formules vagues :
« Cher Sirius,
Ici, tout va pour le mieux. Il y a simplement les B.U.S.E. qui sont archi-dures. Je n'arrive pas à me concentrer en cours. Aurais-tu des astuces ? Des amis à moi pensent qu'on devrait essayer de faire des révisions intensives, histoire d'être prêts à toute éventualité le jour J. Personnelement, je doute que cela change quoi que ce soit. Même avec beaucoup d'exercice derrière. Dis-moi ce que t'en penses.
Avec toute mon affection,
Harry
p-s : Avec tout ça, j'en avais presque oublié la photo de classe ! »
En effet, la cinquième année à Poudlard immortalisait leur scolarité par la venue d'un photographe professionnel. Harry se demanda même comment il avait fait pour ne pas s'en souvenir vu que Draco en parlait depuis la rentrée. « La photo de classe, c'est super important ! C'est comme ça que les élèves dans dix ou vingt ans nous verrons. Et je n'ai pas envie de passer pour un mec ringard. » Il s'était alors mis en tête de s'entraîner sur tous les sortilèges de beauté possibles. La première fois, ses cheveux avaient formé d'adorables petites bouclettes d'angelot et Draco refusa de sortir de la salle de bain de toute la matinée.
Les Gryffondor devaient se rendre dans la Grande Salle aux alentours de quinze heures, ce qui leur permettait de grappiller quelques minutes sur le cours d'Histoire de la Magie. Minerva MacGonnagal vérifia la tenue de chacun de ses élèves de cinquième année. Ron dû ranger sa chemise dans son pantalon et Hermione brosser ses cheveux indisciplinés. Même Harry fut contraint de peigner son horrible tignasse.
– Mr Malfoy ?
– Mmh ? (Draco se retourna, portant une énorme cocarde rouge près du cœur) Qui y a-t-il ?
– Vous n'êtes pas autorisé à porter quoi que ce soit pour vous faire remarquer. Enlevez-moi ça immédiatement. Bien, alors Lavande, vous vous assierez de ce côté-ci. Les préfets au milieu. Mr Malfoy, ne me forcez pas à vous arracher ce ridicule accessoire ! Mr Weasley, vous vous placerez derrière Miss Granger. Monsieur Potter, là, voilà, parfait. Dean, vous serez entre Lavande et Hermione...
Le photographe prit un temps fou pour s'installer, les forçant aussi à sourire de toutes leurs dents. Le flash aveugla si intensément Harry qu'il fut étourdi en quittant la salle.
– Au moins, c'est fait, relativisa Neville. Je me demande de quoi j'aurai l'air.
– D'un gros boudin avarié, ricana Pansy Parkinson.
Les Serpentard trépignaient d'impatience sur le seuil de la porte. Tracy rembourrait son soutien-gorge avec des pages de son manuel de Défense Contre les Forces du Mal. Théodore tenait un grand miroir rétractable pour que Blaise puisse s'admirer dedans de tout son saoul.
– Ils sont vraiment incorrigibles ceux-là, grogna Hermione. Ça va être dur d'appliquer les conseils du Choixpeau.
– De quels conseils tu parles ?
– Tu sais bien Ron, souffla-t-elle. Au début de l'année, il nous avait conseillé de rester solidaires avec toutes les maisons !
– Je ne pense pas que je deviendrai un jour pote avec Zabini, persifla-t-il. Ah, il nous reste une heure de libre avant la reprise des cours. On devrait sans doute, euh, parlez de vous-savez-quoi.
Harry hocha de la tête et ils étoffèrent leur plan de cours de défense contre les forces du mal. Ils devaient attendre leur prochaine sortie à Pré-au-Lard pour pouvoir se retrouver, car le faire à l'intérieur du château était quelque chose de bien trop risqué. Heureusement, une nouvelle date était prévue trois semaines avant les vacances de Noël, pour leur permettre de faire leurs achats en toute tranquillité.
La neige commençait à envelopper Pré-au-Lard tandis que Ron, Neville, Hermione et Harry se dirigeaient vers La Tête de Sanglier, un pub à la fréquentation douteuse. Harry ne se sentait pas vraiment rassuré de se diriger dans un tel endroit mais il faisait totalement confiance en ses amis. En franchissant la porte, ils furent agressé par l'odeur de chèvre et de paille. Les fenêtres étaient si crasseuses que la lumière ne filtrait à l'intérieur que par petite touche. Le pub était pratiquement vide quand Ron alla commander quatre bièreaubeurre.
– Vous êtes sûrs que quelqu'un va venir ? chuchota Harry.
– Affirmatif, lança Neville. J'en ai parlé à quelques personnes dignes de confiance. Ils viendront.
A peine eut-il terminé sa phrase que Dean, Lavande et Parvati et sa sœur jumelle Padma arrivèrent. Il y eut également Fred, George, Ginny, Angelina, Alicia et Katie. Colin Crivey – un né-moldu grand fan de Harry – le regardait avec des yeux emplis d'admiration. Les Poufsouffle arrivèrent presque tous ensemble, mené par Fergus Shacklebolt et Cédric Diggory.
– Un petit comité ? persifla Harry tandis que Cho Chang se trouvait une place à côté de son petit ami. On doit être une trentaine !
Hermione haussa des épaules.
– Tant mieux. Le savoir ne doit pas être réservé à une élite. Ron, tu veux bien aller commander des boissons pour tout le monde ?
Une fois tout le monde servi, Hermione se leva pour ouvrir la séance d'une voix empreinte de nervosité.
– B-Bonjour à toutes et à tous. Merci d'avoir fait le déplacement jusqu'ici. Alors, comme nous vous l'avons dit à Poudlard, les cours de Ombrage sont une sinistre plaisanterie. Nous ne pourrons jamais progresser dans cette matière et dans le monde réel en lisant ce stupide livre (Hermione prit une profonde inspiration, comme si cela lui avait coûté d'insulter un bouquin). Il est temps pour nous de prendre les choses en main et je suis certaine que Harry parviendra à nous montrer de nombreux sorts très utiles.
– Mmh, ouais, ouais, lança Fergus. Je veux bien te croire, mais Potter n'est qu'en cinquième année. Tu es sûre qu'il pourra vraiment nous enseigner des trucs utiles ? J'veux dire, je suis un sorcier plutôt performant pour mon âge...
George ricana et lui glissa un regard graveleux.
– Bien entendu ! s'écria Hermione. Harry a été champion du Tournoi l'année dernière, et il a gagné. En plus de ça, il a dû combattre des choses dont on n'a encore jamais eu affaire. Un an, c'est strictement rien en terme de magie. Si je n'étais pas certaine de tout cela, je ne vous ferais pas perdre de votre temps.
Fergus sembla avoir ravalé sa langue et fit tournoyer le contenu de sa bière en marmonnant quelque chose ressemblant à : « Moi aussi je peux être l'Élu. Suffit de me taillader une cicatrice ».
– Allez, Harry, dis-leur quelques mots.
Ce dernier se leva :
– Eh bien, je... je sais que Voldemort est revenu (Il fit abstraction des expressions choquées de ses camarades). Je l'ai vu de mes propres yeux. Certains d'entre vous ont sans doute du mal à me croire mais je ne suis pas un menteur. Bientôt, les choses iront très mal pour le monde sorcier et c'est de notre responsabilité que d'y être le mieux préparé. Ces cours représentent une opportunité unique pour nous de nous entraîner avant d'être confronté au danger. Nous ne pouvons pas espérer compter sur l'école pour nous former à ce genre de choses. Dehors, il n'y aura pas de second essai. Dehors...
La porte s'ouvrit brusquement. Draco venait d'apparaître, de la neige dans les cheveux. Il referma derrière lui, tira une chaise, et croisa les bras d'un air résolu. Harry fut comme incapable de parler. La porte se rouvrit sur Tracy Davis et Blaise Zabini. Ron jeta un regard alarmé à Hermione.
– Ils risquent de tout cafter ! marmonna-t-il entre ses dents serrées.
-... Dehors, vous aurez le choix entre vous sauver et tenter quelque chose d'idiot pour protéger ceux que vous aimez. Malheureusement, la chance ne fonctionne pas à tous les coups. On risque de mourir à chaque instant, et il est nécessaire que vous compreniez ça.
Ils acquiescèrent tous, conscients de l'engagement qu'ils prenaient.
– Tu m'avais dit qu'il y aurait des filles à poils, chuchota Blaise à l'oreille de Draco.
Ce dernier le fit taire en écrasant son pied.
– Nous pensons que la raison pour laquelle Ombrage ne veut pas nous enseigner des sorts de défense, reprit Hermione, c'est parce qu'elle croit que Dumbledore est en train de constituer sa propre armée avec ses élèves.
Fergus aboya d'un rire tornitruant et tapa la table à deux reprises.
– Et dire que mon père bosse pour cette joyeuse bande de cons, conclut-il en s'essuyant une larme. Ced, tu as quelque chose à ajouter ?
– Mes parents aussi pensent que Ombrage est complètement à côté de la plaque, prononça Cédric. Je crois Harry quand il dit que Vous-Savez-Qui est revenu. C'est même courageux de sa part que de nous avoir prévenu. Au moins, cela nous laisse un peu de temps pour nous préparer...
– Vous ne serez jamais prêts, coupa Tracy. Quand la peur, la vraie peur, sera tombée sur nous, vous ne vous sentirez plus aussi sûrs qu'aujourd'hui. Vous vous planquerez chez vous, peu importe le nombre de maléfices que vous connaissez. Vous ne serez jamais assez forts pour les arrêter. Tout ce qu'on peut faire, c'est montrer qu'on est là, qu'on ne lâchera pas. À partir de maintenant, nos vies sont en sursis. Quand c'était la première guerre, mon père a failli être assassiné parce qu'il avait osé se remarier avec une moldue. Alors, vous imaginez un peu quel degré de folie nous allons atteindre...
– Merci pour cette note réjouissante, Tracy, marmonna Ron.
– De rien.
Puis elle disparut derrière un magazine, les abandonnant avec un désagréable sentiment d'inquiétude.
– Il faudrait que vous signer ce papier, dit Hermione en sortant du papier et une plume de son sac. Nous vous contacterons dès que nous aurons trouvé une idée d'endroit et une date qui pourrait convenir à tout le monde.
Contre toute attente, l'atmosphère se glaça aussitôt. Même les plus enthousiastes d'entre eux ne semblaient pas vouloir aposer leur nom quelque part. Harry comprenait bien pourquoi : cela rendait leur entreprise autrement plus concrète. Draco se leva de maniètre théâtrale et traversa le pub. Il se planta juste devant Harry et prononça :
– La prochaine fois que tu me tiens à l'écart d'un projet aussi important, je te tue.
Puis il signa. Luna Lovegood l'imita, puis Fred et George et, en tout dernier, Blaise. Ce dernier envoya des oeillades malfaisantes vers Harry, comme s'il le tenait responsable d'avoir été traîné jusqu'ici. Ils finirent par quitter la Tête de Sanglier par petits groupes.
– Je crois que cela s'est plutôt bien passé, dit Hermione d'un ton joyeux.
– Oui, mais comment les Serpentard ont pu être mis au courant ? s'offusqua Ron. On avait pourtant fait très attention quant aux personnes qu'on invitait.
Neville rougit.
– Draco m'a limite harcelé pendant plusieurs jours. Alors, je... Désolé ! Vous savez comment il peut être persuasif quand il fait ces trucs avec ses yeux !
Ron soupira.
– C'est un fou dangereux. Et la moitié du temps il ne sait pas du tout ce qu'il veut ! Un coup il nous dit qu'il ne peut plus nous parler parce que son père le fait surveiller, et un coup il fait tout ce qui est en son pouvoir pour rejoindre notre groupe.
– En tout cas, plus on est nombreux, mieux c'est, conclut Hermione. Je dois vous dire que j'ai été surprise de voir autant de monde aujourd'hui. Je suis certaine que Michael Corner, par exemple, ne se serait pas déplacé s'il ne sortait pas avec Ginny.
– Quoi ?! Ginny sort avec... M-Mais, je croyais qu'elle avait un faible pour Harry !
– C'était le cas, confirma Hermione. Je crois qu'elle s'est simplement rendue compte que ce n'était pas réciproque...
Harry, dont l'esprit était trop préoccupé par le nouveau signe d'amitié que venait de lui prouver Draco tout à l'heure, n'écouta que vaguement leur conversation. Inconsciemment, il se vit enseigner à Draco des formules très compliquées pour faire disparaître des monstres horribles sauter dans ses bras de joie le féliciter de ses progrès. Si Draco rejoignait leur groupe de défense, alors, cela pouvait dire qu'il n'adhérait pas à toutes les idées de sa famille, qu'il y avait un semblant d'espoir... Harry sourit largement. Jamais il ne s'était rendu compte jusqu'ici que le village de Pré-au-Lard était magnifique.
