Posté le : 23 Juillet 2015.
Info : Vous pouvez désormais me suivre sur Twitter ! Mon pseudo : « Dwould / arobaseAlekseiBaba ».
Pour les personnes toujours pas au courant, j'ai co-publié un nouveau zabnott intitulé « Backwards ». Le chapitre 2 est en ligne, donc ne vous en privez pas !
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Note d'auteur : Merci beaucoup pour tous vos commentaires. Je suis toujours en vacances, donc les chap postés sont ceux préparés depuis super longtemps... Je me souviens pas forcément de tous les détails, mais bon, une publication me rafraîchira sans doute la mémoire (haha). Donc je réponds à vos questions autour de grands points (déso, mais je peux pas faire mieux de là où je suis) :
1 » » » Il y aura bel et bien la Brigade Inquisitoriale dans ce tome. Quelques membres seront cités prochainements ! J'ai vraiment hâte d'en être arrivée à ce point précis de l'intrigue.
2 » » » La relation Draco/Viktor (loin de satisfaire tout le monde) aura son propre arc d'ici deux-trois chapitres. Idem pour Harry/Tracy. Les choses vont avancer.
3 » » » Si on a l'impression que le chapitre précédent est bâclé, ce n'est pas une volonté de ma part. D'ailleurs, je n'ai pas ce sentiment à la relecture, donc je suis assez surprise. Travailler sur une réécriture d'une saga est hyper difficile, notamment sur la sélection des passages pertinents. Du coup, je pense prendre plus de temps pour la confection du T6, même si ça risque d'être laborieux...
4 » » » En insérant des Serpentard dans l'AD, c'était pour respecter le message du Choixpeau sur la solidarité, mais aussi pour être dans la continuité du T4 où des rapprochements entre les maisons ont été fait. Je suis trop contente que ce choix de scénario plaise ! Si Théodore n'est pas venu, c'est parce qu'il a toujours été décrit comme « indépendant et solitaire ». Donc je le vois mal s'embarquer dans un truc pareil. Quant à Blaise, s'il est venu, c'est simplement parce que Draco lui avait promis qu'il y aurait « des filles nues » (chap 23). Haha, sacré Blaise.
5 » » » Le mystère autour de Mercutio et la tapisserie des Black sera élucidé au cours du T6 !
6 » » » Ombrage va effectivement passer un sale quart d'heure à la fin de ce tome. Je crie « Justice ! »
Chapitre 24 : « L'armée de Dumbledore »
Pendant tout le restant du week-end, Harry se sentit bien plus heureux qu'il ne l'avait jamais été depuis la rentrée. Entreprendre quelque chose pour s'opposer à Ombrage et au ministère, tout en étant la pièce maîtresse de cette insubordination prodiguait à Harry un intense sentiment de satisfaction. Draco et Hermione, sous le couvert de leur rondes de nuit, arpentaient le château afin de découvrir un lieu adéquat pour leurs réunions.
Même si cela prenait un temps fou, ils ne désespéraient pas. « C'est fou ce qu'il y a des salles abandonnées dans l'école », informa Draco à voix basse, tandis qu'ils travaillaient en groupe leur devoir de métamorphose. « Pour la plupart, elles sont assez exposées, donc au moindre bruit, quelqu'un viendra pars-là. J'ai trouvé une espèce de cave dans les cachots, mais c'est bien trop humide. Il y a des fuites partout. »
Il s'était tu en voyant Seamus s'approcher. « J'avais trouvé une salle pas mal hier soir. Vraiment pas mal. Mais impossible de la retrouver. Pourtant, je suis absolument certain de l'avoir vu et d'y être entré. Je n'ai pas rêvé ! » Harry ne pouvait que le croire. Lui aussi avait déjà été tourmenté par les pièces secrètes de Poudlard. « Nous n'avons qu'à chercher ensemble » proposa-t-il.
Harry s'était attendu à ce que Draco refuse, mais ce ne fut pas du tout le cas. Ils prévirent leur petite escapade le lundi soir, moment de la semaine où les rondes de préfets et de professeurs étaient les moins intensives. Cependant, le lundi matin, un grand écriteau avait été placardé sur le tableau d'affichage de leur salle commune :
PAR ORDRE DE LA GRANDE INQUISITRICE DE POUDLARD
Toutes les organisations, associations, groupes, équipes et clubs sont dissous à ce jour. Ces derniers se définissent par des rassemblements à intervalle régulier de plus de trois persones. Pour obtenir toute autorisation, il faut au préalable obtenir un formulaire signée de la Grande Inquisitrice.
Signé : Dolores Ombrage.
Neville pâlit :
– Est-ce que ça veut dire qu'elle est au courant ?
Draco fit non de la tête.
– Elle n'a aucune preuve. Si elle en avait la moindre, elle serait directement venu jusqu'ici pour nous punir. Non... Elle en a peut-être eu vent, mais pas plus. De toute façon, Hermione a pris toutes ses prédispositions pour que personne ne nous trahisse.
Ron soupira de contentement.
– Ca fait du bien de t'avoir à nouveau parmi nous. Au moins, toi, tu sais faire fonctionner ta tête même dans les situations les plus tendues.
Ils descendirent dans la Grande Salle prendre leur petit-déjeuner. Ils n'étaient pas les seuls rendus fébriles par l'annonce. Angelina était en larmes.
– Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Ron.
– Le nouveau décret de Ombrage concerne aussi le Quidditch, devina Draco.
Devant l'air offusqué de ses voisins de table, il ajouta dédaigeusement :
– Est-ce qu'il vous arrive de faire fonctionner votre tête quand vous lisez quelque chose ou vous réfléchissez avec vos pieds ? Bien sûr que Ombrage va dissoudre les équipes de Quidditch. Elle, elle s'en fiche. Elle déteste ça. Mais à Poudlard, le Quidditch est limite une institution. Elle nous tient à la gorge en nous prenant ce qu'on préfère. Et je suis quasiment certain qu'elle va faire traîner ce truc d'autorisation en longueur, juste pour qu'on lui obéisse.
Hermione acquiesça sombrement.
– Il va falloir qu'on se tienne à carreaux à partir de maintenant, grogna Ron en vidant son bol de céréales.
En cours d'Histoire de la magie, Harry rêvassa des leçons qu'il pourrait enseigner aux autres pendant leur réunion. En contre-bas, Draco prenait tellement de notes sur l'exposé soporifique du professeur Binns, qu'il était à court de papier. Il arracha une page dans le cahier de Hermione qui s'offusqua en un glapissement.
Ce n'est qu'en descendant dans les cachots pour leur cours de Potions qu'ils croisèrent Ombrage qui inspectait Rogue pour la toute première fois. Harry ne sut dire qui il préférait voir prendre l'ascendant.
– Vous remarquerez que nous avons une invitée aujourd'hui, dit Rogue d'une voix basse et narquoise. Nous allons poursuivre la préparation à la solution de Force. Vous trouverez vos mélanges dans le placard. S'ils ont été préparé correctement, ils devraient avoir bien évolué durant le week-end. Les instructions sont à la page 54 de votre manuel.
En récupérant son échantillon, Harry sut immédiatement que quelque chose n'allait pas avec la sienne. Celles de Draco et Hermione arboraient une délicate teinte pivoine tandis que la sienne était rose. Il la versa dans son chaudron et essaya de la rattraper avec les moyens du bord. Au moins, sa potion n'était pas verte comme celle de Neville. À deux reprises, Hermione empêcha Harry de faire une grosse bêtise avec sa décoction. Il était tellement obnubilée par le véritable match se déroulant sous ses yeux, qu'obtenir une bonne note à cet exercice était bien le cadet de ses soucis.
– Cette classe me semble bien avancée par rapport au niveau habituel, prononça Ombrage qui avait quitté sa chaise pour faire face au professeur Rogue. Il est, à mon sens, assez mal avisé que de montrer à des adolescents comment confectionner une solution de Force. Je crois que le ministère souhaite la voir disparaître du programme.
– En attendant, c'est le ministère lui-même qui soumet mes élèves à la question le jour des examens. Si la solution de Force tombe pour les B.U.S.E., il est de mon devoir que de le leur avoir enseigné cette potion, rétorqua-t-il.
– Certes.
Ombrage écrivit fébrilement quelque chose dans son carnet. Sans quitter Rogue des yeux, Harry ajouta quelques gouttes de sang de salamandre à sa potion qui produisit un affreux sifflement.
– Je crois que vous avez d'abord posé une candidature pour le poste de professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
– Oui.
– Mais, sans succès ?
– De toute évidence.
Rogue avait l'air furieux.
– Connaissez-vous la raison qui pousse Dumbledore à systématiquement vous refuser cette matière ? Est-ce par rapport à votre, euh, personnalité ?
Harry pouffa de rire.
– Je vous suggère de poser la question à Dumbledore lui-même.
– Je n'y manquerai pas.
Ombrage posa une question à Dean et à Pansy sur le déroulement ordinaire des cours puis quitta le cachot en chantonnant. Pendant un instant, le regard de Harry croisa celui de Rogue et il sut qu'il était dans de beaux draps. Sa potion avait désormais l'aspect de caoutchouc brûlé et dégageait une odeur pestilentielle :
– Cette fois encore, vous n'aurez pas de note Potter, dit Rogue d'un ton malveillant en vidant son chaudron d'un coup de baguette magique. Vous allez me rédiger une dissertation pour la semaine prochaine, me détaillant les étapes de la composition en me montrant à quels endroits vous vous êtes trompés. C'est compris ?
– Oui.
En rangeant ses affaires, Harry vit Draco lui envoyer un regard navré. Il rigola doucement et fut content de le retrouver à la fin du cours. Ils remontaient vers la le Grand Escalier quand ils croisèrent Angelina :
– Pas de Quidditch, annonça-t-elle sombrement. Ombrage a dit qu'elle avait besoin de temps pour réfléchir.
– Elle ne manque pas de toupet, grogna Draco. Quand je serai ministre de la magie, je changerai bien des choses dans cette école.
– Si un jour tu arrives à devenir ministre, crois-moi que les activités sportives d'un collège sera bien le dernier de tes soucis, marmonna Ron, de mauvaise humeur.
– Je reverrai mes priorités alors ! s'exclama Draco qui entra avec lui dans un débat enflammé afin de lui prouver qu'il avait tout d'un grand homme politique.
– Si tu deviens ministre de la magie, je veux bien manger mon chapeau, conclut Ron, agacé.
– Très bien, marché conclu, dit Draco avec le plus grand sérieux. Tu le regretteras vraiment quand j'inviterai des gens photographier ça.
– Tu es incorrigible, ma parole.
Ron, qui était déjà beaucoup plus grand qu'eux en taille, attrapa Draco sous son bras et le décoiffa malgré ses protestations. La salle commune résonnait d'un vacarme incroyable. Fred et George faisaient une démonstration d'une de leur nouvelles inventions appellées bonbon à la gerbe sous les applaudissements de leurs camarades. Hermione les fixait avec fureur, en mâchonnant sa langue :
– Empêche-les donc de continuer si ça t'agace tant que ça, s'impatienta Ron tandis qu'ils s'installaient tous les quatre dans leurs fauteuils préférés.
– Impossible de leur interdire de manger leur propre cochonnerie.
Draco se retourna, songeur :
– C'est assez incroyable qu'ils n'aient obtenu que trois B.U.S.E. Ils savent accomplir des choses formidables. Ils sont aussi bons que moi en Sortilèges, tu sais, et pourtant, c'est ma grande spécialité.
– Ils ne savent faire que des choses superficielles, trancha Hermione.
– Oh que non... Ce genre de bonbons peuvent être très utiles dans la vie de tous les jours, contra Ron. Imagine un peu si on en glissait un dans une des tasses de Ombrage...
Ils partirent dans un monstrueux fou rire et, l'espace d'un instant, c'était comme si rien au monde n'aurait pu troubler leur tranquilité. Après le dîner, Draco décida qu'il était tant d'entamer sa ronde de préfet. Harry enfila la cape d'invisibilité et attrapa la Carte du Maraudeur puis le suivit à travers le portrait de la Grosse Dame. Il était plus que temps qu'ils trouvent un endroit pouvant héberger tout un groupe d'élèves souhaitant s'entraîner à la Défense Contre les Forces du Mal.
– Harry ? murmura Draco. Tu es où ?
– Ici !
– Ah, d'accord. Suis-moi.
Ils progressèrent à une allure modérée, afin de croiser personne. Draco en avait cure de pincer les élèves en-dehors de leur lit. Tout ce qu'il voulait, c'était se pavaner dans le château avec son insigne de préfet épingler sur la poitrine. Ils inspectèrent plusieurs salles, sans grand succès. Elles étaient tantôt trop étroites, tantôt bien trop exposées. Au bout d'une heure, Draco proposa de s'arrêter pour consulter plus en détails la Carte du Maraudeur.
– Je crois que rien ne pourra faire l'affaire, dit Draco, pessimiste.
– Peut-être qu'on n'a pas assez bien cherché, chuchota Harry, toujours sous la cape d'invisibilité. Peut-être qu'on ne connaît pas suffisament le château pour considérer toutes les options. Dumbledore m'a dit lui-même en première année qu'il lui arrivait de tomber sur des endroits qu'il n'avait encore jamais vu auparavant...
– Dans ce cas, pourquoi la carte ne les montre pas ? Tout ce qu'il y a dessus, on les connaît.
– Je devrais sans doute essayer d'écrire à Sirius pour lui demander ce qu'il sait à propos des pièces secrètes dans le château.
– Oh, oui, bien sûr... Tu lui diras : « Cher parrain, je veux faire quelque chose d'illégal. Aide-moi à trouver l'endroit parfait pour contester l'autorité. » Je suis certain qu'il en sera ravi ! Et même s'il acceptait de nous aider, imagine un peu si Ombrage interceptait le courrier et nous flanquait aussitôt à la porte !
Harry ouvrit puis referma la bouche. Draco avait totalement raison, comme d'habitude.
– Alors quoi ? On abandonne ?
– Bien sûr que non ! Mmh, peut-être que la carte ne nous montre pas tout. Attends, laisse-moi entrer.
Draco se faufila sous la cape, se collant presque à lui. Quand ils n'étaient qu'en première année, et donc petits, ils avaient largement de quoi se déplacer sans se rentrer dedans. Mais maintenant, la proximité était irrémédiable. Draco agita sa baguette magique au-dessus de la carte et prononça distinctement :
– Révèle-moi tous tes secrets.
La Carte du Maraudeur resta intact un moment puis écrivit : « Lunard, Queudever, Patmol et Cornedrue conseillent à Draco Malfoy d'arrêter de les importuner ! »
– Au moins, on a essayé, marmonna Harry.
– Non, ce n'est pas ça, Harry... On ne peut quand même pas être les seuls êtres humains à connaître Poudlard sur le bout des doigts !
– C'est ça !
– Quoi ?!
Harry entraîna Draco dans une salle de classe vide à proximité. Il ôta la cape puis prononça :
– Euh... Bulma, s'il te plaît. Tu pourrais venir ?
Une légère détonnation suivit l'apparition de la minuscule elfe de maison. Elle semblait apeurée de se tenir là et lança à Draco un regard terrorisé.
– Il est gentil. C'est un ami, rassura aussitôt Harry. Désolé de te déranger, mais nous aurions besoin de ton aide. Tu es née à Poudlard n'est-ce pas ? Tu connais ce château sur le bout des doigts (L'elfe acquiesça, circonspecte). Alors, il nous faudrait une pièce où une trentaine d'élèves pourraient s'entraîner à la Défense Contre les Forces du Mal, sans être vu ni entendu... et encore moins par le professeur Ombrage.
– Bulma connaît l'endroit idéal ! Les elfes l'appellent la Pièce Va-et-Vient ou encore la Salle sur Demande. C'est une pièce très capricieuse, mais quand elle apparaît, elle montre toujours ce dont on a besoin. Très peu de gens la connaissent car ils tombent dessus dans le plus grand des hasards. Ils ne s'imaginent pas un seul instant que la pièce est toujours là, à les attendre.
– Est-ce qu'on peut visiter cet endroit ? demanda Draco, avec une pointe de curiosité dans la voix.
– Oui, Bulma sera très contente de vous le montrer.
Harry ressortit sa cape d'invisibilité, se couvrit avec l'elfe tout en consultant la Carte du Maraudeur. Une fois certain que la voie était libre, ils se dirigèrent au septième étage, près de la tapisserie de Barnabas le Follet.
– Il faut passer devant trois fois en pensant très fort à ce que vous voulez, et elle apparaîtra, indiqua la petite elfe. Je ne peux pas vous suivre. On m'attend à la tour Serdaigle pour le ménage. Bonne chance !
Elle disparut, laissant Harry et Draco complètement seuls.
– Bon, eh bien, on y va.
Ils suivirent ses indications et Harry visualisa de toutes ses forces la pièce idéale. Finalement, une porte se matérialisa et il en saisit la poignée. C'était grand et spacieux et de nombreux coussins étaient éparpillés à même le sol.
– Nous avons réussi ! s'exclama-t-il. Regarde !
Pourtant, Draco ne souriait pas. Il se dirigea vers le mur le plus proche et commença à l'effleurer, une expression indescriptible sur le visage.
– Quelque chose ne va pas ?
– Je connais cet endroit, souffla-t-il. Tu me l'as déjà montré.
– Q-Quoi ? Non, tu dois te tromper...
– C'est ici qu'il y avait le miroir enchanté, tu te souviens ? En première année, tu m'avais emmené voir ce miroir qui... qui montrait, enfin... Tu ne te souviens toujours pas ?
Harry réalisa tout à coup où il se trouvait véritablement. Le Miroir du Risèd avait hanté une bonne partie de ses nuits pendant des jours et il s'était senti obligé de faire part de sa découverte à son meilleur ami.
– C'était la première fois que j'ai vu mes parents, dit-il d'une voix enrouée. Ils me souriaient. Mais toi, tu ne m'as jamais dit ce que tu voyais là-dedans...
Draco eut un ricanement sonore et fit semblant de s'intéresser à une pile de strutoscopes sur les étagères.
– Ce n'était rien de véritablement intéressant, tu sais.
Harry fronça des sourcils. Les souvenirs remontaient, vivaces.
– Qu'est-ce qui t'a fait croire, à l'époque, que ce miroir montrait l'avenir ?
Draco lui fit enfin face et prononça :
– Je me suis vu plus âgé, très heureux. Plus heureux en tout cas que je ne l'ai jamais été de toute ma vie. Je recevais l'Ordre de Merlin pour quelque chose de brave que je venais d'accomplir. Enfin, pas moi, soupira-t-il, le moi dans le miroir, celui beaucoup plus âgé et beaucoup plus beau. Et puis tu étais là... Tu me souriais... Tu me tenais tout près de toi, comme si... comme s'il n'y avait que moi qui comptais réellement. Et, je... enfin, ça ressemblait à un rêve. Presque réel. (Draco sembla tout à coup sortir de sa torpeur) Mais, je n'avais que onze ans, hein ! Donc j'ai dû imaginer la moitié des choses que j'ai pu voir ce jour-là.
Jamais de sa vie Harry ne l'avait vu aussi embarrassé.
– Alors tu as pensé que... qu'à l'avenir tous les deux nous...
– Oh non, interrompit brusquement Draco avec un rire gêné. Je ne suis pas stupide, quand même. Je te l'ai dit, Harry. J'ai dû, mmh, imaginer toutes ces choses.
D'un côté, Harry se sentait flatté que Draco partage tous ses secrets avec lui. Mais de l'autre, il ne pouvait s'empêcher d'être bouleversé par cette découverte. Est-ce que cela voulait dire que, d'une façon ou d'une autre, Draco fantasmait sur une possible relation amoureuse entre eux ? Il préféra ne rien dire plutôt que de rendre la situation plus embarrassante.
Le long des murs se tenaient de vastes bibliothèques contentant une multitudes d'ouvrages sur les forces du mal. Il y avait également une Glace à l'Ennemi, des capteurs de dissimulation et plein d'autres petits instruments.
– On a vraiment de quoi s'entraîner, lança Harry.
– Oui, soupira Draco, presque trop heureux de changer de sujet. Ça va être super. Hermione va être folle de joie en découvrant tous ces nouveaux livres.
Ils commencèrent à faire l'inventaire de la plupart des objets puis discutèrent d'un possible entraînement pour la toute première séance.
– On pourra commencer dès demain, puisque les entraînements de Quidditch n'ont pas encore repris.
– Bonne idée !
Draco commença à baîller et ils surent qu'il était temps pour eux de partir.
Ooo
Le lendemain soir, tout le monde avait été prévenu à temps pour leur réunion dans la Salle sur Demande. La plupart des élèves étaient très emballés par l'endroit, y compris Tracy qui était pourtant peu impressionnable.
– Pas mal, Potter, admit-elle en un sourire tout en se trouvant une place entre Blaise et Cédric Diggory.
Avant qu'il ne put commencer, Hermione imposa au groupe qu'il se trouve un nom. Ils finirent par arriver à la conclusion de se nommer l'Armée de Dumbledore. Harry leur fit une petite démonstration accueuillit chaleureusement. Puis ils se répartirent par paire afin de s'entraîner à divers maléfices. Draco partit s'entraîner avec Blaise dans un coin préférant s'attaquer à un élève plus âgé, par simple goût du challenge. Donner ainsi des instructions aux autres procurait à Harry un sentiment bizarre. Mais il était encore plus étrange de les voir les suivre sans même les réfuter. Même Fergus Shacklebolt, connu dans toute l'école pour remettre en question le moindre impératif, accepta de s'entraîner comme les autres sans rien dire. Il profita d'un moment d'égarement de Ron pour se mettre en paire avec Hermione. Celle-ci réussit à le désarmer à plate couture et Fergus sourit.
– Quelle femme, se moqua-t-il allègrement. Si tu as réussi à me désarmer Hermione, c'est simplement parce que je regardais ailleurs. Genre, sous ta jupe.
La baguette magique de Hermione produisit un bouquet d'étincelles à l'aspect électrique. Harry passa de groupe en groupe et aida chacun au mieux afin de combler leur lacune. Luna oubliait une fois sur deux la formule. Neville avait du mal à viser convenablement et Zacharias Smith semblait y mettre toute la mauvaise grâce du monde.
Harry réclama finalement le silence au bout d'une heure.
– C'était pas mal. Mais on va devoir y aller avant que le couvre-feu ne tombe, d'accord ?
– Déjà ? s'étonna Blaise. J'arrivais presque à faire dresser les cheveux sur la tête de Draco.
– Tu auras ta revanche la semaine prochaine, susurra l'autre en le toisant d'un air satisfait.
Ils finirent par s'éparpiller par petit groupe et Harry reçut même des compliments de Cédric.
– Mes parents sont à cent pourcent derrière toi, dit-il. Il trouve que c'est admirable la façon que tu as de tenir tête au ministère. Ils aimeraient bien faire un peu plus, c'est vrai... Mais mon père a peur d'être viré. Alors, je m'étais dit que faire partie de l'AD pouvait être un bon compromis.
– Je suis très content que tu sois venu, déclara Harry. Merci.
– Non, merci à toi Harry.
Quand il ne resta plus que Ron, Neville, Hermione, Draco et lui, ils se permirent de faire le debriefing de la séance.
– Il sera bientôt impossible de choisir un jour fixe pour les réunions, dit Hermione tandis qu'ils empilaient les coussins dans un coin. Dès que tout le monde aura reçu les autorisations pour reprendre le Quidditch, on devra toujours tourner. Mais, je mettrai un planning au point. Enfin, je trouverais une solution, forcément...
Les jours qui suivirent, Harry eut l'impression de porter une sorte de talisman. L'idée que l'AD résisitait aux insersions de plus en plus brutales du ministère dans les affaires de Poudlard sans que Ombrage ne soupçonne rien, lui réchauffait le cœur. Il supportait d'ailleurs bien mieux les pénibles cours avec elle en pensant à tout ce qu'il pourrait faire une fois dans la Salle sur Demande. Hermione parvint à concevoir une méthode très efficace et discrète pour fixer les heures des réunions : elle utilisa de faux gallions ensorcellés, ce qui impressionna la plupart de ses camarades.
– J'ai tellement de gallions que je risque de le perdre ou de l'échanger par erreur, dit Draco à Ron d'une voix inquiète.
– Dessine une croix dessus. Mais sinon, ce n'est pas très grave. On est des amis proches de Harry donc on sera forcément au courant.
Ils durent momentanément suspendre les réunions de l'AD afin de se concentrer sur le Quidditch : Gryffondor et Serpentard s'affrontaient ce week-end avec leur toute nouvelle équipe. Cependant, Harry était plutôt optimiste sur leur victoire. Même si Ron n'avait pas le niveau de Dubois en tant que gardien, il réalisait tout de même de gros efforts afin d'améliorer ses performances sur le terrain. La seule ombre au tableau était la faible résistance de Ron au stress.
Le matin du match, le ciel était froid et clair. Ron arborait un teint verdâtre tandis qu'ils descendaient dans la Grande Salle, suivit de près par Draco coiffé de sa tête de lion.
– Je devais être dingue pour vouloir faire ça, maugréa Ron. Complètement dingue.
– Viens, tu as besoin de manger quelque chose.
Une fois qu'il fut avéré que Ron ne pouvait rien avaler de plus, Harry décida qu'il était temps pour eux de rejoindre les vestiaires. Dehors, l'herbe recouverte de givre craquait sous leurs pieds. La foule les suivait de peu afin de rejoindre les tribunes. Angelina leur épargna un long discours fastidieux, se contentat de mentionner que les nouveaux batteurs à Serpentard étaient Crabbe et Goyle.
– On les connaît, clama Harry. Ils ne sont pas très futés.
Ron voulut sans doute affirmer, mais il se contenta d'un faible grognement. Il était devenu si livide qu'il semblait sur le point de s'évanouir.
– C'est l'heure, dit Angelina. Bonne chance.
Ils quittèrent les vestiaires en file indienne, leur balai sur l'épaule. Maintenant que Ron avait hérité de son Nimbus 2000, il pouvait voler dans des conditions optimales. Les capitaines se serrèrent la main puis ce fut le signal du début du match. Les poursuiveurs s'arrachèrent le souaffle tandis que les commentaires de Lee Jordan résonnaient à travers tout le stade. Alicia évita de justesse un cognard envoyé par Goyle et tenta d'arracher la balle rouge, en vain. La formation Serpentard semblait bien trop solide et coordonnée. Ils parvinrent à marquer sans difficulté le premier but de la rencontre. Ron était si nerveux, que son balai se rabroua.
Le commentaire assuré par Lee Jordan résonna alors dans tout le stade malgré le tumulte de la foule surexcitée. Angelina s'empara du Souaffle et tenta de marquer, en vain. Bletchey, le gardien de Serpentard, parvint à bloquer son tir avec aisance. Ce ne fut pas la même chose lorsque les poursuiveurs adverses s'approchèrent des buts de Ron. En une demi-heure de jeu, hélas, Ron laissa passer tellement de points que Harry cessa de compter. Il ne voulait surtout pas voir ce qui était en train de se produire, le feu aux joues. Les gémissements plaintifs du côté des Gryffondor devenaient si courant qu'il en oublia presque sa recherche du Vif d'Or. Ce ne fut qu'en entendant le ridicule lion que Draco portait sur la tête rugir parmi les acclamations, que Harry reprit courage.
Harry effectua plusieurs looping dans le ciel, histoire de rester en mouvements constants. Mais Harry venait enfin de le voir : la minuscule balle dorée voletait à quelques dizaines de centimètres du sol, du côté Serpentard. Il plongea aussitôt. En quelques secondes, Pansy surgit sur sa gauche, le manche de son balai incliné. Le Vif d'Or entama un brusque virage en épingle. Grâce à son Eclair de Feu, Harry n'eut aucun mal à suivre le rythme.
Il tendit le bras sous peine d'énormes efforts et ses doigts finirent par se renfermer sur le Vif d'Or aux ailes froissés. Ils étaient sauvés ! Tous les buts encaissés par Ron n'avaient plus aucune importance et personne ne s'en souviendrait !
Au moment où il s'apprêtait à atterir, un cognard lui coupa le souffle. Il roula au sol, se cramponnant l'estomac. Des cris indignés et des sifflements se répercutèrent dans les tribunes tandis qu'Angelina s'empressait pour l'aider. Pansy Parkinson venait d'arracher la batte des mains de Goyle et lui adressait un sourire triomphant.
– Elle est complètement folle, murmura Alicia.
Harry avait toujours profondément détesté Pansy, sans même savoir pourquoi. Il savait que leur animosité était réciproque. Mais jamais il n'aurait supposé qu'elle utiliserait un jour la violence contre lui. L'attrapeuse des Serpentard profita de la confusion de la victoire pour atterir près d'eux, la batte toujours au poing.
– Tu as réussi à sauver la peau de Weasley, cette fois, hein ? Ton adorable petit toutou de Ron qui est parti en courant vers le château tellement il avait honte... Après tout, je crois que Poudlard n'a jamais vu un gardien aussi mauvais.
Harry décida de l'ignorer. Elle n'en valait clairement pas la peine.
– Dépose cette batte, Parkinson, grogna Angelina. Tu n'as rien à faire avec.
– Oh, figure-toi que si. Même si c'est Warrington qui porte le badge de capitaine, c'est moi le vrai chef de l'équipe. (Elle se tourna alors vers Harry) Tu as de la chance que les profs nous ont donné pas mal de devoirs ces derniers temps. Avec mes amies, on avait pensé à écrire une petite chanson pour le match. Ça devait ressembler à ça : Weasley est notre roi. Weasley est né dans un trou à rats. Il laisse entrer le Souaffle tout droit... (La bouche molle de Pansy se tordit en un affreux sourire). J'ai dû laisser tomber quand je n'ai trouvé aucun mot rimant avec grosse et laide. Je m'étais dit que ça serait drôle de faire un couplet entier sur sa mère.
Katie et Harry retinrent Fred et George, blanc de rage. Draco et Hermione venaient d'apparaître, portant encore le drapeau de la maison Gryffondor.
– Calmez-vous tous les deux ! s'emporta Angelina. Elle ne fait ça que pour vous provoquer. Vous n'allez tout de même pas frapper une fille ?
– Je me demande bien pourquoi tu les aimes, Potter, poursuivit Pansy comme si elle n'avait pas été interromput. Peut-être que c'est l'odeur nauséabonde qu'ils dédagent. Elle doit sans doute te rappeller celle de ta mère.
Harry lâcha Fred, qu'il retenait depuis tout à l'heure.
– Qu'est-ce que tu as dit ? rugit George.
– Que votre mère était une catin puante, et la sienne aussi.
D'un même geste, ils dégainèrent leur baguette magique et lui lancèrent un maléfice qui atteignirent Pansy en pleine poitrine. Harry n'avait pas réellement réfléchi sur la formule qu'il employait et constata avec satisfaction que Pansy vomissait ses trippes sur la pelouse, la peau couverte d'urticaire. Un coup de sifflet le fit sortir de sa contemplation malsaine :
– Qu'est-ce qui vous arrive ? cria Mrs Bibine, l'arbitre. Je n'ai jamais vu un tel comportement de la part de joueurs ! Trois sorciers contre un ! C'est absolument déloyal et impardonnable !
– Ce n'est pas de leur faute..., tenta Draco.
– Taisez-vous, Malfoy, sinon je vous écris aussi un rapport. Miss Granger, conduisez Parkinson à l'infirmerie. Immédiatement. Quant à vous deux, vous voici suspendus pour le prochain match...
– Hum, hum.
Ombrage venait d'apparaître.
– Le prochain match seulement ? Cela m'a l'air d'être une punition bien légère pour les actes commis, et ce, devant toute l'école. Je pense plutôt que nous devons interdire ces trois-là de rejouter dans l'équipe. Je crois qu'une interdiction à vie devrait suffire à vous faire entendre raison... Encore toutes mes félicitations à Gryffondor pour cette victoire éclatante.
Harry était sur le point de vomir. Tel un automate, il fit demi-tour vers le château. Personne n'osa immédiatement le suivre, pas même Draco. De colère, il balança son Eclair de Feu dans le hall qui glissa sur les dalles impeccables jusqu'aux portes de la Grande Salle. Tout à coup, des pas se firent entendre du côté des cachots :
– Oh, quelque chose ne va pas. (Tracy Davis venait d'atteindre la dernière marche des Grands Escaliers) Tu as perdu le match ?
– J'ai gagné, grogna-t-il. Enfin, on a gagné.
– Toujours si humble, susurra-t-elle en descendant les marches. Alors, pourquoi cette mine renfrognée ?
– Et toi, pourquoi tu ne regardais pas le match comme tout le monde ?
– Je ne savais pas que c'était une obligation du règlement que de voir sept imbéciles heureux filer d'un bout à l'autre d'un stade sur des branches magiques. Tu sais, il y a mille choses plus intéressantes à faire dans ce château que d'assister à un match de Quidditch. Même si l'attrapeur vedette est plutôt mignon.
Elle déposa un baiser sur sa joue et cela eut pour effet de le calmer. Il avait beau maudire les Serpentard pour leur perfidie, parfois, Harry ne pouvait s'empêcher de les envier dans leurs petites pratiques sournoises de conquête du pouvoir. Tracy était tout cela à la fois et, dans un sens, c'était pour ça qu'il l'adorait.
– J'ai été interdit à vie de jouer au Quidditch, soupira-t-il en la laissant lui caresser le front.
– A vie ? Tu es si important et dangereux que ça ? Ça tombe bien, j'adore les rebelles.
– Fred et George aussi. Donc on n'a plus d'attrapeur, ni de batteurs pour l'équipe. Génial.
– Vous avez fait quoi de si grave ?
– Oh, rien de bien méchant. Juste jeté deux-trois maléfices combinés à Pansy...
Tracy poussa une exclamation triomphale suivit d'un glapissement de tristesse.
– Merde, et dire que j'ai loupé ça... Mais bon, c'était pour la bonne cause, j'imagine.
– Tu faisais quoi pendant ce temps ?
– Eh bien mon cher, chuchota-t-elle tandis qu'un flot d'élèves atteignaient enfin le hall, tu le sauras bien assez tôt.
En se levant des marches sur lesquelles ils s'étaient assis, Harry entrevit sa petite culotte. Il se mit à rougir puis regarda aussitôt ailleurs.
