Posté le : 25 Août 2015. Je rentre tout juste de week-end en famille !


Note : Déso mille fois, je n'ai pas pu répondre aux derniers messages mais je suis sur plusieurs projets en ce moment, dont certains très importants, hin, hin. Cela ne veut pas pour autant dire que je ne pense pas aux lecteurs de cette fic. Au contraire ! J'ai bien avancé dans l'intrigue la semaine passée. Je suis bloquée à un endroit et je n'arrive pas à contourner cette difficulté du scénario... Mais ce n'est qu'une affaire de temps avant que le déclic ne s'opère. Bref, un nouveau chapitre et... n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, héhé.


Chapitre 26 : « Noël au Manoir »

Dès que Draco arriva au Manoir Malfoy pour les fêtes de Noël, il sentit l'ambiance changée. D'habitude, à cette période, de la neige enchantée tombait du plafond et glaçait les chandeliers. Des guirlandes d'argent et d'émeraude entrelacées décoraient les rampes d'escalier et une montagne de chocolat l'attendait au pied de son lit. Curieusement, rien de tout cela n'avait été préparé. Le Manoir semblait figé hors du temps et hors d'atteinte de préoccupations aussi banales que les fêtes de fins d'années. Draco, qui avait toujours adoré Noël pour sa moisson de cadeaux, se sentit aussitôt mal à l'aise.

Narcissa Malfoy avait les traits tirés par la fatigue et Meructio, son petit frère, remuait et braillait d'une vigueur à toute épreuve. Dès que le bambin s'estimait délaissé, il utilisait ses pouvoirs de sorcier afin de faire léviter des objets – parfois extrêmement dangereux – jusqu'à son berceau.

D'après les dires de sa mère, Draco avait été un bébé très calme, mais parfois capricieux. Il réclamait sans cesse d'être pris dans les bras et refusait toute nourriture pas à son goût en gardant la bouche hermétiquement close. Mercutio, lui, était tout le contraire. C'était même un miracle que ses parents se souviennent encore de leur fils aîné tant le bébé devenait le centre de l'attention. Mercutio secouait les barreaux de son berceau, tirait les cheveux de sa maman et envoyait valdinguer chaque jouet qu'on lui proposait. Lucius était excessivement fier de son petit dernier. Mercutio serait un homme de poigne, il en était sûr.

Draco n'avait jamais autant suffoqué entre ces murs qu'à présent. Ses contacts avec Poudlard était plus que limités, car ses parents interceptaient sa correspondance, avec la complicité de Dobby. Le petit elfe s'était très sévèrement puni en vendant la mèche à son jeune maître au beau milieu de la nuit. La seule personne que les Malfoy toléraient autour de leur fils unique était Viktor Krum, le très célèbre attrapeur. Les deux garçons s'écrivaient toujours aussi régulièrement et Electra, la chouette de Draco, semblait ivre de missions.

Ce fut peu après le Réveillon que le Gryffondor reçut une invitation de son petit-ami qui séjournait au Palatz – un hôtel quatre étoiles sur le Chemin de Traverse. Apparemment, l'équipe bulgare rencontrait celle anglaise lors d'un match amical à Londres. Draco reçut deux billets pour l'occasion. Il mourrait d'envie de s'y rendre avec Harry, car cela serait une fabuleuse occasion de complètement mettre de côté leur récente hostilité. Mais même en essayant discrètement de lui envoyer du courrier, son meilleur ami restait étrangement injoignable. Un peu déçu, Draco invita Blaise qui fut fou de joie. La mère de ce dernier, très proche de certains hommes haut placés, les accompagna.

Le stade Velosh se trouvait en plein cœur de Londres sans que jamais les moldus ne se doutent de son existence. Le département des Jeux et des Sports avaient dû déployer des trésors d'ingéniosité sous le mandat de Carl Tronk pour que les ouvriers puissent aller et venir en toute discrétion. Velosh avait la particularité, contrairement à bien d'autres stades de Quidditch dans le monde, d'être entièrement souterrain. Il fallait emprunter des ascenseurs, semblables à ceux du ministère, pour accéder à l'accueil puis aux gradins. Une fois leurs billets compostés, Blaise, sa mère ainsi que Draco trouvèrent leur place dans une tribune privilégiée.

– Je n'étais encore jamais venu ici, avant, commenta Blaise, émerveillé par la structure.

– Mon père est abonné à la ligue, répondit Draco, tu sais, on finit par s'habituer. Tu vas voir quand ils vont marquer. Il y a des animations très drôles au plafond.

Les hymnes nationaux résonnèrent et, même si Draco avait un coeur très patriotique, ses yeux étaient braqués sur un certain joueur bulgare... Cela allait faire longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus ! En fait, depuis la dernière sortie à Pré-au-Lard. Après que les capitaines se soient serré la main, les balles furent lancées et les supporters encouragèrent vivement leur équipe.

Le Vif d'Or n'était visible nulle part même si les deux attrapeurs semblaient passer le stade au peigne fin. Tobby Farlan, l'un des batteurs anglais, envoya un magistral cognard dans la direction de Viktor qui feinta une chute de balai. Draco poussa un cri puis se rendit tout à coup compte de son attitude ridicule. Bien sûr que Viktor était sain et sauf. Il ne se laisserait pas avoir par un piège aussi stupide ! Et pourtant, à chaque fois que son petit-ami avait un match, Draco était tiraillé par la peur de lire dans une des colonnes de Quidditch Magazine qu'il avait eu le crâne fêlé après un mauvais calcul de trajectoire.

Ce qui était encore plus idiot, c'est que Draco n'avait jamais eu peur pour son propre compte. Il connaissait les risques, mais les relayait au second plan. Mais il n'y avait qu'à voir ce match amical pour vite se rendre compte que les rencontres à Poudlard n'étaient que de vastes plaisanteries. Ici les joueurs semblaient bien plus brutaux, stratèges et sagaces.

– Robert Pyke récupère le Souaffle à Vasily Dimitrov. Dimitrov le suit de très près, s'écria le commentateur dans le micro. Pyke est encerclé par une vague rouge ! Il tente un tir et... aaaarg ! Manqué.

Pyke fonça droit vers le sol en une harmonieuse courbe, puis remonta en piqué vers les buts adverses. Pendant ce temps, les poursuiveurs bulgares, quelques mètres au-dessus, étaient en formation pour marquer. Le compteur monta très vite et Draco rougit légèrement quand la Bulgarie écrasa son pays par cent points en moins de vingt minutes.

Les supporters anglais, découragés, ne se donnaient même plus la peine d'agiter leurs banderoles rouges et blanches. Finalement, comme s'il ne s'agissait que d'une simple formalité, Viktor attrapa le Vif d'Or et mit un terme à cette boucherie. Les quelques spectateurs bulgares qui avaient fait le déplacement rugirent de joie tandis que Blaise se contentait d'applaudir mollement à ses côtés.

– Je comprends mieux pourquoi les Anglais n'ont même pas participé à la Coupe du Monde, déclara-t-il avec une profonde mauvaise foi.

Les joueurs bulgares s'éclipsèrent dans les vestiaires après un dernier salut à la foule en liesse. Les Anglais – en tenue d'un blanc immaculé pour l'occasion – retournaient tête basse vers leur coach.

– Viens, dit Draco. Viktor m'a donné ce badge. Ça me permet d'aller le voir dans les vestiaires !

– Oooh ! Il fallait le dire plus tôt.

Blaise ne prit même pas la peine de demander l'autorisation à sa mère qu'il suivit Draco avec empressement. Ils furent rapidement fouillés par la sécurité puis arrivèrent, après de nombreux escaliers, aux vestiaires officiels. Ils patientèrent derrière la porte tandis que les joueurs certainement encore dénudés chantaient leur victoire.

Le premier à en sortir parfaitement propre fut Leviski qui offrit un signe de tête à Draco avant de s'en aller avec sa petite-amie, une espèce d'idiote qui gloussait sans arrêt. Draco passa sa main dans ses cheveux blonds afin de les arranger puis se racla la gorge avant de toquer. S'il détestait quelque chose, c'était d'être laissé de côté.

L'entraîneur bulgare, un petit homme aux yeux rapprochés le regarda d'un air soupçonneux puis finit par lui tendre un gobelet :

– Je veux que tu me pisses dedans, prononça-t-il dans un anglais approximatif.

– Je vous demande pardon ? déclara Draco en haussant bien haut les sourcils. Vous devriez me parler autrement ou sinon mon père en entendra parler !

– Tu vas me faire pipi dedans. J'en ai assez de ces timbrés qui utilisent du polynectar ou des sortilèges pour approcher les joueurs, donc tu obéis. Si tu n'as rien à te reprocher, on le saura très rapidement.

– C'est bon. C'est le vrai, dit aussitôt Viktor en arborant un sourire désolé. (Il attrapa Draco par le bras) Allons-y.

Blaise leur emboîta le pas.

– Je te jure que s'il me parle encore une fois de cette manière, je lui envoie un crache-limaces à la figure ! s'emporta Draco qui regardait toujours en arrière. Non mais quelle idée de vouloir me faire uriner dans une boîte pour vérifier mon identité ! Bien sûr que je suis moi. Il s'est imaginé quoi ?

– On a eu quelques problèmes la semaine dernière après un entraînement à Glasgow, éluda son petit-ami. Une sorcière s'était lancé un puissant maléfice pour te ressembler, et... enfin, ils l'ont laissé passer. Elle se baladait avec une photo de toi pliée dans un talisman.

– Des gens se font vraiment passer pour moi ? répéta Draco, incrédule.

– Oui, mais je sais très vite quand il s'agit d'une supercherie. Ne t'en fais pas.

– Um, um.

Draco sursauta. Pendant un instant, il crut qu'il venait de tomber nez à nez avec Dolores Ombrage. Mais ce n'était que Blaise qui semblait en avoir marre d'être ignoré.

– Viktor, tu te souviens de Blaise ? Il était avec moi dans la délégation de Poudlard l'année dernière.

– Vaguement, répondit-il, sur la réserve.

Ils discutèrent une dizaine de minutes avant que Blaise retourne voir sa mère.

– Je rentrerai par Poudre de Cheminette. Mes parents savent que je reste un peu plus longtemps dans Londres. On se voit à la rentrée !

Une fois Blaise suffisamment éloigné pour ne plus les voir, Draco se jeta aussitôt sur les lèvres de Viktor. Il avait attendu de longs mois afin de pouvoir l'embrasser à nouveau, et là, la sensation semblait tout simplement merveilleuse. Il le tira un peu plus vers lui tandis que son petit-ami approfondissait le baiser en tenant son visage entre ses mains calleuses.

Draco adorait les mains de Viktor. Dès qu'il le touchait, le Gryffondor pouvait en deviner chaque contour, chaque crevasse tout en gardant les yeux bien fermés. À force de faire des tours sur un balai, ses mains ainsi que ses bras avaient pris en vigueur. Draco osait espérer qu'avec un peu d'entraînement il en irait de même pour lui. Quand ils furent à court de souffle, Viktor finit par se détacher, légèrement hagard.

– Tu m'as manqué aussi, dit-il avec son accent adorable.

Draco sourit, heureux. Ils quittèrent main dans la main le stade pour se diriger vers le Chemin de Traverse. Draco croisa – avec une joie et une fierté non feinte – quelques-uns de ses camarades de Poudlard tels Lavande Brown ou encore Ernie MacMillan. Au moins, maintenant, tout le monde avait la certitude que leur relation à distance fonctionnait encore. On arrêta Viktor à plusieurs reprises afin de signer des autographes et Draco faillit cette fois perdre patience.

Il se demandait toujours pourquoi son petit-ami n'acceptait pas la demande du club que de lui fournir un garde du corps attitré. Ils finirent par arriver devant la façade du Palatz, étourdissant de beauté. Draco y avait déjeuné quelques fois en famille sans réellement s'y attarder, sauf le jour de sa rencontre avec Harry. Ses parents y avaient loué une chambre afin de passer la journée entière pour trouver ses fournitures de première année. Le Palatz était semblable à ses souvenirs, quoique partiellement rénové.

– Bonjour, Mr Krum, lança le réceptionniste. Puis-je vous être utile en quoi que ce soit ?

– Apportez de quoi boire et manger pour deux dans ma chambre.

Le match, qui avait eu lieu en milieu de matinée, lui avait certainement laissé l'estomac sur les talons. La chambre de Viktor se trouvait au premier étage, au bout de l'aile gauche qui donnait sur un luxurieux square.

– Tu restes ici encore longtemps ? demanda d'emblée Draco tout en ôtant sa cape bleue nuit.

– Trois jours, pour récupérer. Ensuite je retourne en Bulgarie. Mes parents auraient aimé te voir pour les vacances de février. Mais je leur ai dit que tu ne pouvais pas, que tu devais réviser tes B.U.S.E.

Draco avait lié une amitié sincère avec les parents de Viktor, en particulier son père. D'un naturel discret et effacé, il était totalement différent de Lucius Malfoy. Cela fit du bien à Draco de discuter avec quelqu'un de plus mesuré dans ses propos ou son attitude. Jusqu'ici, il avait tellement idéalisé son géniteur qu'il en avait oublié que les pères des autres aussi pouvaient être source d'admiration.

De plus, ce qu'il appréciait avec les parents de Viktor, c'était leur prodigieuse capacité à ne pas fouiner partout. Draco savait, sans pour autant l'avoir expérimenté, que jamais il n'aurait pu rester dans sa chambre tranquille avec un garçon sans que sa mère vienne toquer tous les quarts d'heure. À Sozopol, station balnéaire où ils avaient passés leurs vacances d'été, Draco et Viktor dépensèrent plus d'énergie à se bécoter plutôt qu'à nager. Draco se souvenait très nettement de leurs rapprochements.

Le plus loin qu'ils aient été fut d'être tous les deux torses nu, à s'embrasser farouchement sur le lit avant que Draco ne retrouve tout à coup ses esprits. Viktor, qui avait bien plus d'expérience que lui dans le domaine, en resta incroyablement frustré, mais ne lui en tint pas rigueur. En fait, il ne l'avait jamais poussé dans cette direction et se contentait d'aller à son rythme, ce que Draco trouvait incroyablement respectueux.

Même à la dernière sortie de Pré-au-Lard, Viktor n'avait rien tenté de plus alors que Mrs Pieddodues fournissait des chambres pour les amoureux... En lui disant au revoir cet automne, Draco avait été tiraillé par la crainte de ne pas lui avoir donné assez. Viktor était beau garçon célèbre qui plus est ! Il pouvait avoir n'importe qui en claquant des doigts. Chaque matin, en ouvrant la Gazette du Sorcier, il avait peur de tomber sur un article mentionnant une aventure d'un soir de Viktor ou quelque chose dans ce goût-là... C'était donc avec une ferme intention de rattraper le temps perdu, et aussi avec une certaine appréhension quant à la stabilité de son couple que Draco décida de sortir le grand jeu.

Dès que des elfes de maison de l'hôtel leur rapportèrent des plateaux chargés de petits mets succulents, Draco vérifia que la porte fut bien fermée.

– Comment se passent les cours ? interrogea Viktor en plongea une louche dans une soupière.

– C'est plus dur que les autres années, mais je tiens le coup.

Draco eu une pensée toute particulière pour Virginia Clutter, une fille de Serdaigle qui avait acheté des pilules à Fergus Shacklebolt et Harold Dingle qu'ils faisaient passer pour de la poudre de dragon. Hermione leur avait confisqué tout leur matériel, au grand amusement de Fergus qui se vantait de détenir tout un stock caché dans Poudlard. Le truc, c'est que ces deux crétins – sans doute en toute connaissance de cause – revendaient des crottes de doxy séchées aux âmes désespérées. Et tout le monde savait que les crottes de doxy ne procuraient rien de bon si ce n'est une furieuse constipation. Draco ricana à ce souvenir.

– Les gens deviennent fous dans mon école à cause des épreuves, et ce n'est que le milieu de l'année ! Je n'ose même pas imaginer ce que ça sera au mois de mai.

Viktor, glouton, continua de dévorer son repas en l'écoutant. Ce qui était bien avec lui, c'est qu'il était peu loquace. Draco l'avait tellement poussé à prendre la parole ces derniers mois, que son petit-ami faisait quelques efforts en sa compagnie, mais rien de très excentrique. Pour Draco qui était d'une nature très bavarde, avoir un copain silencieux était une aubaine !

– J'essaie de suivre mon programme de révision à la lettre. J'ai un peu de mal avec la métamorphose cette année, car on attaque les sortilèges de Disparition et ceux de Mutation. Mais je crois qu'à part ça, ça devrait bien se passer... J'espère obtenir un Effort Exceptionnel partout, au moins. Hermione dit que si je fais un exercice supplémentaire par jour, je connaîtrais tout ce qu'il à savoir. J'aimerai bien m'entraîner un peu sur des cas pratiques, ou des choses qui tombent d'habitude aux B.U.S.E. mais... euh, quoi ? (Viktor le regardait avec amusement) J'ai quelque chose sur la figure ?

– Non. C'est juste que ça m'avait vraiment manqué de ne plus t'entendre. (Il plongea sa cuillère dans un gratin de légumes) Comment va ton ami Harry ?

Draco riva aussitôt son nez à son assiette. Viktor avait été autrefois très jaloux de la relation fusionnelle que tous les deux entretenaient. Il avait cependant appris à faire avec, et ne plus trop s'inquiéter. En fait, au début, cela avait beaucoup amusé Draco de voir que Viktor le considérait comme un rival. Harry n'était qu'un ami... un très bon ami, certes. Mais il n'y avait jamais eu – et il n'y aura sans doute jamais – quelque chose entre eux. Alors pourquoi cette question le mettait aussi mal à l'aise ?

– Je ne sais pas trop comment il va, admit-il. La dernière fois qu'on s'est vu, il avait l'air très secoué par quelque chose... Je crois que le directeur l'a ramené chez lui. (Draco joua tristement avec un morceau de carottes) Il n'a pas répondu à la lettre que je lui ai envoyée. Il n'a pas essayé de me contacter non plus. Je... Cette année a été assez bizarre entre nous. Il s'éloigne de plus en plus.

– Peut-être que c'est ce qu'il faut. Peut-être que vous prenez des chemins différents tous les deux.

Draco acquiesça, même s'il n'avait pas envie d'emprunter un chemin différent de celui de son meilleur ami. Il voulait pouvoir le suivre aussi loin que possible.

Ils finirent de déjeuner en parlant de choses plus légères puis Draco fila dans la salle de bain se jeter un sortilège de rafraîchissement. C'était Hermione qui le lui avait appris. Elle n'avait pas le temps de suivre les soins dentaires que ses parents moldus lui imposaient et avait très vite trouvé une solution alternative. En retournant dans la chambre, Draco trouva Viktor allongé de tout son long sur la méridienne. Il semblait épuisé. Draco s'apprêtait à s'assoir ailleurs quand une main attrapa son poignet avec une rapidité déconcertante.

– Je croyais que tu dormais, tenta de se justifier Draco. Enfin je... quoi ? qu'est-ce qu'il y a ?

Viktor l'attirait désormais à lui puis l'embrassa. Immédiatement, Draco sut au fond de lui que cette fois-ci, tout serait différent. Sans savoir comment, Draco se retrouva étendu sur Viktor qui continuaient de l'embrasser, tout en palpant ses fesses. Jusqu'ici, ses contacts avec les autres garçons avaient été plutôt chastes. Viktor mordilla son cou, aspira un bout de peau puis fit de même avec les lèvres avant de planter son regard dans le sien.

Draco prit les choses en main puis ôta de lui même son pull puis fit de même avec celui de son petit-ami. Malgré toute la retenue et bonne volonté du monde, il commença à sentir ses joues rougir et son corps réagir à ses caresses. Se sentant pousser des ailes, Draco entama des frottements contre le bassin de Viktor qui eut pour effet de le rendre dur. Ce dernier inversa leur position puis reprit ses assauts et baisers avec beaucoup plus de fermeté.

Le torse de Viktor était marqué par quelques cicatrices dues aux cognards qui avaient percé sa défense au cours de sa prometteuse carrière. Draco n'hésita pas un instant à se rincer l'oeil en se disant que lui, au moins, l'avait vu pour de vrai et pas sur une modique page de magazine. Il encercla ses bras autour du cou de son amoureux, l'attirant à nouveau à lui en un baiser d'abord plus doux, puis de plus en plus passionné.

Forcément, au bout de quelques minutes, Draco ressentit les premières conséquences de ces nombreux effleurements : lui aussi commençait à se tendre. Viktor, ravi, commença à embrasser d'abord sa clavicule, son torse – en s'attardant sur ses tétons qu'il mordilla allègrement – avant de déposer de rapides baisers le long de sa ligne de poils blonds et épars.

Malgré tout l'aplomb dont Draco faisait preuve, il ne put s'empêcher de rougir en voyant Viktor abaisser son sous-vêtement. Le regard du jeune bulgare s'attarda un moment sur son excitation avant de l'embrasser avec tout autant de tendresse que s'il s'agissait de ses lèvres. Draco poussa un soupir de surprise et de plaisir mêlés. La langue de Viktor cajola son membre sur toute sa longueur, rendant presque Draco fou. Tout ça était tellement nouveau pour lui !

Quand son petit-ami le prit en bouche, Draco ne put se retenir davantage et exprima son contentement ainsi que sa reconnaissance. Il avait très peur de venir vite, alors il se concentra pour que le plaisir demeure un peu plus de cinq minutes. Lorsque Viktor flatta également ses bourses, cette résolution sembla alors très lointaine. Sa respiration devint tout à coup saccadée. Sa main alla alors se perdre dans les cheveux d'un noir d'encre de son petit ami. Draco en voulait tellement plus... Il se cambra en se sentant venir, tout en mordant ses lèvres.

La pression enfin relâchée, Draco ouvrit plus grand les yeux et regarda Viktor le cajoler encore quelques instants afin de ne pas casser son état de plénitude. Draco caressa tendrement ses cheveux, puis lui sourit. Viktor alla l'embrasser avec douceur tandis que le goût de sa semence était encore sur ses lèvres. Draco se demanda stupidement si Viktor aurait le même goût.

Il tira légèrement sur l'élastique de son boxer, lui faisant comprendre de manière nette ses intentions. Viktor ne se fit par prier et enleva immédiatement son sous-vêtement. Il se leva, laissant Draco tout le loisir de contempler sa virilité dans sa plus pure essence. Viktor était un peu plus velu que lui. Il lui tendit la main afin de le conduire silencieusement jusqu'à l'immense lit qui trônait au milieu de la pièce.

Draco poussa légèrement son petit-ami, lui intimant alors de s'assoir. Il s'agenouilla face à lui et commença à lui rendre la merveilleuse caresse qu'il lui avait faite tout à l'heure. Draco y mit autant d'application que possible et se délecta de constater que son partenaire était bien plus expressif que lui. C'était bizarre de savoir que Viktor Krum, l'être le plus loquace qu'il n'ait jamais connu, soit aussi bruyant au lit. Le feu crépitait encore dans la cheminée et Draco sentit tout à coup sa peau le brûler tant le moment était intense. Jamais de sa vie encore il ne s'était aussi puissant, aussi en contrôle de la situation. Et Merlin seul savait que Draco adorait avoir le contrôle sur chaque chose...

ooo

Draco retourna au Manoir peu avant le dîner, sans fournir d'explication à ses parents. De toute manière, ces derniers ne lui accordèrent pas la moindre attention, comme s'ils n'avaient pas réellement remarqué son absence prolongée. Mr et Mrs Malfoy semblaient préoccupés par quelque chose, car ils ne parlaient qu'à voix basse et en se lançant de longs regards entendus. Trop heureux, Draco n'y prêta pas plus attention et alla se réfugier dans sa chambre. Il aurait presque pu sautiller sur place tant il était euphorique. Puis il réalisa tout à coup qu'il n'avait personne avec qui partager la grande nouvelle.

A l'heure du dîner, il finit par descendre dans le living-room, le ventre creux. Il trouva ses parents en compagnie d'un elfe qui n'était pas Dobby. Ce dernier portait une tenue bien plus crasseuse et empestait le vieux. Sans parler de sa figure toute rabougrie le faisant ressembler à un tubercule. Draco consulta son père du regard qui se contenta de tapoter le coussin à côté de lui.

– Cela devrait peut-être t'intéresser, formula-t-il. Kreattur, je te présente Draco, notre fils. Il est à l'école Poudlard avec Harry Potter. (Kreattur jeta un regard à la fois curieux et plein d'assentiment vers Draco) Il a été berné par les quelques sortilèges de séduction de ce dernier, mais nous comptons bien à ce qu'il retourne dans le droit chemin.

Draco leva bien haut les sourcils : jamais de sa vie Harry n'avait usé de la magie sur lui ! Pourtant, l'elfe de maison sembla croire en cette version.

– Harry Potter est un mauvais garçon, coassa-t-il. Un très mauvais garçon. Et il voit des choses dans le noir. Il est possédé !

– Comment ça, possédé ? demanda Narcissa avec une voix empreinte de douceur feinte.

– Kreattur l'a vu. Kreattur l'a entendu. Harry Potter parle quand il dort. Il parle de choses et d'autres qui n'ont aucun sens. Ses amis roux et Traîtres à leur Sang ne lui font plus confiance...

– Les Weasley, déclara Lucius d'un ton vainqueur.

– Oui, oui, les Weasley. Ils pensent que Potter est un fou dangereux. Mais mon maître refuse de le croire. Il a demandé au professeur Rogue de lui enseigner l'occlumencie.

– Le professeur Rogue ? L'occlumencie ? répéta Narcissa, pincée. (Tout à coup, sa voix devint bien plus mielleuse) Sais-tu pourquoi Potter a-t-il besoin de leçon d'occlumencie ? Est-ce qu'il y a un rapport avec ce qu'il voit dans le noir ?

Kreattur frissonna de terreur.

– Oui... Potter a toujours été un peu bizarre. Ma défunte maîtresse a même pensé que... (un sanglot le secoua) que...

– Allons, allons, formula Lucius d'un ton paternel.

L'aristocrate lui tendit un mouchoir du bout de sa baguette magique avec lequel l'ignoble elfe se moucha bruyamment.

– Elle s'imaginait que Potter était un grand mage noir, plus grand encore que Vous-Savez-Qui pour l'avoir terrassé, chuchota-t-il, presque honteux de le répéter. Mais Potter est fou ! Il est fou !

Draco s'enfonça dans son siège, dégouté par ce qu'il entendait.

– Comment est-ce qu'il est venu ici ? demanda Draco.

– Le maître Sirius a dit qu'il ne voulait plus voir Kreattur. Il lui a dit « Dehors ! », alors Kreattur est parti.

Draco n'avait encore jamais entendu parler de serviteur quittant leur domicile de leur plein gré. Kreattur devait profondément mépriser Sirius Black pour se permettre une telle entorse. Sans doute se punira-t-il sévèrement pour avoir si largement interprété ses instructions. Même si la faim l'empêchait de réfléchir convenablement, Draco se fit la réflexion que la présence de l'elfe était plus que problématique.

Kreattur devait en savoir beaucoup sur ce que faisait Harry en ce moment précis, et même s'il était tenté de poser des questions, Draco ne voulait pas donner davantage d'informations à ses parents. Ils avaient bien essayé de lui soutirer des choses ci et là depuis son retour, mais Draco s'était juré de ne rien dire. Qui sait à qui son père répétait ces histoires ? Un frisson de dégoût le parcourut.

– Il ne devrait pas être là, trancha Draco.

– Kreattur, tu peux dormir ici si tu en as envie, ajouta sa mère d'une voix plus forte. Tu es le bienvenu au Manoir.

– Oh, merci, madame Black, sérénissime héritière aux cheveux d'or ! s'exclama l'elfe de maison en pleurnichant dans un de ses jupons.

– Quelqu'un remarquera forcément son absence, contra le Gryffondor.

– Le maître ne s'occupe jamais de Kreattur. Il ne lui demande même pas de préparer ses repas, alors...

Lucius Malfoy se tourna vers Draco, le regard dur :

– Ne parle de cette visite à quiconque, tu m'entends ?

Malgré lui, transi de peur, Draco acquiesça. Le lendemain, en préparant en avance ses valises pour son retour à Poudlard, Draco se sentit curieusement en danger. Il savait qu'il n'y avait rien à craindre dans l'immédiat. Cependant, il ne pouvait mettre le mot dessus. Il emballa ses affaires, dont son nouveau nécessaire à potions flambant neuf qu'il utiliserait pour ses B.U.S.E.

En fouillant dans ses affaires à la recherche d'une paire de chaussettes, il tomba sur un énorme crochet rangé dans un des doubles fonds de son armoire. C'était le crochet de basilic qu'il avait ôté sur la carcasse du serpent géant en descendant dans la Chambre des Secrets, en deuxième année. Sans réellement savoir pourquoi, Draco le mit dans sa valise entre son cahier et son manuel de Sortilèges.