Posté le : 16 Septembre 2015. Quadruplés ! Une journée, quatres fics updatées, héhé.
Note : Dernièrement, le site a connu plusieurs bug généralisés qui m'a empêché à la fois de poster et de reviewer. J'imagine que ça a aussi été votre cas... snif. Le nombre de followers de cette fic est astronomique. Je ne sais pas d'où sortent toutes ces personnes. Mais bon, bienvenue, j'espère qu'un jour vous vous manifesterez ! See ya.
Chapitre 27 : « Occlumancie »
Il apparut que ni Harry, ni Hermione, ni aucun des Weasley n'étaient dans le Poudlard Express. Peiné et de plus en plus senti à l'écart, Draco décida de passer une partie du trajet seul afin de faire le point. Il regarda le paysage défiler par la fenêtre puis, aux alentours de midi, décida d'aller arpenter les compartiments voisins, son badge de préfet épinglé sur la poitrine. En tombant sur celui des Serpentard, Pansy se mit en tête de l'escorter. Elle lui parla abondamment des nouveaux potins, de son Noël chez sa tante Julia qui l'adorait et de son coup de foudre pour un Serdaigle ténébreux de septième année.
– … Tu as de la chance d'être avec Krum, formula-t-elle, une lueur de reproche dans la voix. C'est bizarre parce que je n'aurai jamais pensé que tu étais... enfin, de ce bord-là.
– Ah ? dit-il, intrigué.
– Tu te souviens quand on était petits et que tu venais chez moi, on jouait souvent à Viens Dans Mon Château. À chaque fois, dès que tu me retrouvais, tu m'embrassais sur la bouche.
– C'est parce que c'était dans les règles du jeu, répondit-il calmement. Enfin, Pans, tu croyais sérieusement à cette espèce de farce ?
Elle s'arrêta de marcher. Ses cheveux bougeant au rythme du bringuebalant du train.
– Oui, un peu, admit-elle. J'aurai aimé que tout ça soit vrai. Au lieu de ça (Elle leva les bras au ciel), je me retrouve avec un ami canon qui aura autant d'intérêt pour moi qu'un botruc !
– Tu penses sérieusement que je suis canon ?
Pansy lui envoya un regard à la fois taquin et furieux.
– Je ne compte plus les cœurs brisés à Poudlard que tu as déjà fait. Merlin était drôlement inspiré le jour de ta naissance il faut croire. (Elle lui pinça la joue) Arrête de sourire sinon tu vas faire fondre des tonnes de neige.
Ils continuèrent de parader bras-dessus, bras-dessous en retirant des points à quelques malheureux élèves imprudents. Une fois le train ralenti et entré en gare de Pré-au-Lard, chacun sortit hors du wagon afin de rejoindre les nombreuses calèches tirées par les Sombrals. Théodore passa un temps fou à leur raconter ses vacances tout en les caressant. Cette fois-ci, Blaise ne fit aucun commentaire désobligeant, car il savait – pour avoir assisté au cours de Soin aux Créatures Magiques – que son camarade n'était pas maboule.
C'est avec une certaine appréhension que Draco s'éloigna des autres afin de rejoindre sa salle commune. Il trouva ses amis dans leurs fauteuils favoris, près du feu. Hermione bondit aussitôt afin de le serrer dans ses bras. Ron fut davantage sur la réserve. Mais ce qui le troubla davantage fut l'attitude de Harry, complètement froide et distante. Draco trouva immédiatement son meilleur ami ''changé'' sans qu'il ne puisse dire en quoi.
– Quelque chose ne va pas ?
– Tout va parfaitement bien, rétorqua sèchement Harry, le regard rivé vers la fenêtre.
Pour une raison obscure, il lui en voulait pour quelque chose. Draco aurait pu s'énerver à son tour, mais il savait que la réaction de Harry n'était pas gratuite, qu'il se passait réellement quelque chose. Draco soupira puis s'assit près de lui.
– Peu importe ce qu'il s'est passé pendant les vacances de Noël, tu sais très bien que tu peux tout me dire. J'attendrai.
– Non, je ne peux plus tout te dire, s'impatienta Harry en chuchotant. Parce qu'on n'est pas pareil tous les deux. Ton père est... est un Mangemort.
Il prononça le dernier mot si doucement que Draco crût un moment l'avoir rêvé. Harry se redressa, guettant sa réaction. Draco demeura parfaitement impassible, s'étant psychologiquement préparé à cette conversation depuis l'année dernière. Ce qui le gênait le plus, c'était de sentir le regard de Hermione et Ron posés sur lui. Il aurait préféré donner sa version des faits d'abord à Harry, puis aux autres. La salle commune était tellement agitée par les scènes de retrouvailles des uns et des autres que personne ne leur porta une attention particulière.
– Je ne suis pas mon père, rétorqua Draco d'une voix anormalement froide. Et s'il te faut cinq ans d'étude de plus à mes côtés pour t'en rendre compte, c'est que tu es encore plus crétin que je ne l'aurai soupçonné. Il m'a peut-être élevé pour que je sois le parfait petit héritier, mais il faut croire que ce ne fut pas une réussite. J'ai tracé ma propre voie et j'entends bien la suivre. Tout ce qu'on se dit reste entre nous et je n'ai jamais raconté la moindre chose incriminante à ton sujet à mes parents. Je préfèrerai me jeter du haut de la tour d'astronomie plutôt que de te mettre en danger...
Harry baissa les yeux.
– Alors, ouais, tu peux encore tout me dire.
Après une profonde inspiration, Harry entreprit de tout lui raconter : son rêve à la place du serpent, la morsure du père de Ron, les soupçons des autres quant à sa possible possession ou encore son sentiment d'avoir été sali par l'esprit de Voldemort.
– Je ne dors presque plus, avoua-t-il à voix basse. À chaque fois que je ferme les yeux, j'ai peur que ça recommence, que je fasse du mal malgré moi à quelqu'un.
– Ça n'arrivera pas, dit Draco avec un aplomb déconcertant. Je ne crois même pas que Tu-Sais-Qui s'est rendu compte de ta... mmh, présence, cette nuit-là. S'il s'en était aperçu, crois-moi que tu serais dans une position bien plus délicate que celle-ci.
– C'est exactement ce que Rogue a dit, ajouta Hermione, se voulant rassurante.
– Rogue ? Qu'est-ce qu'il a avoir là-dedans ?
– Disons qu'il a reçu l'ordre par Dumbledore de me donner des leçons d'occlumancie.
– C'est une excellente chose, se réjouit Draco. Rogue est le meilleur occlumans que je connaisse. Il m'a donné quelques leçons de bases lorsque j'étais en deuxième année. Mais rien de très poussé. Tu feras avec lui des choses bien plus compliquées. Il faudra tout me raconter...
– Quoi ?! Rogue te donnait aussi des cours particuliers, s'étrangla Ron.
– Oui. Et c'est même un très bon professeur quand on prend la peine de l'écouter, répondit Draco d'un ton égal. Par contre, je dois vous dire quelque chose... Je ne devrai sans doute pas, mais cela pourrait mettre Sirius en danger.
Draco leur raconta la petite escapade de Kreattur jusqu'au Manoir Malfoy. Ron pâlit considérablement, arborant une moue dégoutée.
– Ce misérable petit traître !
– Ce n'est pas de sa faute, Ron, défendit Hermione. Sirius le traite mal, et en plus de ça, il lui a dit de partir. Il a bondi sur l'occasion de faire ce bon lui semblait.
– C'est vrai, accorda Harry, avec quelques scrupules. Je l'ai même dit à Sirius de faire plus attention à lui. Kreattur en sait beaucoup trop pour son propre bien. On devrait mieux le surveiller.
Harry attrapa aussitôt une plume et un morceau de parchemin afin d'en avertir son parrain à travers un curieux message codé. Draco se sentit infiniment soulagé d'avoir fait cartes sur table. La seule chose que les autres ne savaient toujours pas, c'était ce qu'il s'était passé avec Viktor cet hiver...
ooo
Harry passa la plus grande partie du lendemain à redouter ce qui allait se produire le soir même. Le double cours de Potions du matin ne fit rien pour dissiper ses appréhensions. Rogue s'y montra aussi désagréable qu'à l'ordinaire. Les questions des membres de l'Armée de Dumbledore qui l'abordaient sans cesse dans les couloirs, entre les classes, pour lui demander l'heure de la réunion n'améliorèrent pas son humeur.
– Je ne peux pas ce soir, répéta Harry, lassé, à Blaise Zabini qui le traquait presque depuis le déjeuner. C'est impossible, je dois prendre... euh, des cours de rattrapage en potions.
Blaise aboya d'un rire tonitruant faisant sursauter le professeur Vector.
– Oh, je suis navré Potter. Réellement navré. Je pensais que seuls les trolls se rendaient aux rattrapages de Potions.
Il s'éloigna d'un pas allègre qui avait quelque chose de particulièrement agaçant. Harry savait de source sûre que tous les Serpentard finiraient par l'apprendre d'ici la fin de la journée. Draco lui tapota l'épaule, signe qu'il avait pris la bonne décision. En fait, Draco était à peu près le seul à se réjouir de ces leçons d'occlumancie. Il portait une admiration farouche au professeur Rogue malgré son inclination à favoriser les élèves de sa propre maison.
– Je t'attendrai dans la salle commune, lança Draco en guise d'encouragement en le laissant près des cachots.
Draco grimpa les escaliers quatre à quatre jusqu'à la volière. Il était bien décidé de profiter de ce moment de tranquillité afin d'envoyer un courrier à Viktor. La reprise des cours avait été si intense qu'il avait à peine eu le temps de songer à son petit-ami qui pourtant lui manquait beaucoup. Sa lettre était déjà rédigée dans son sac et il n'avait qu'une hâte : la confier à sa chouette Electra.
À sa plus grande surprise, il n'était pas le seul dans la volière. Fergus Shacklebolt aussi était là, attachant une énorme caisse à cinq hiboux de l'école. Draco lui jeta un regard soupçonneux.
– L'heure du dîner est dépassée et ce n'est pas mon jour pour les rondes dans le château, dit-il d'emblée, donc quoi que puisse contenir cette boîte, je ne veux rien savoir et tu ne m'as jamais vu.
Fergus arbora un large sourire.
– J'aime bien ce genre de mentalité. (La boîte trembla sur le sol) Ne pas poser de questions peut s'avérer être une tactique payante.
Draco siffla et sa chouette surexcitée vint vers lui après avoir tracé quelques loopings. Elle hulula de fierté dès qu'il lui attacha son courrier à sa patte. Hedwige, la chouette de Harry, les toisa d'un air dédaigneux avant de refermer les yeux.
– Est-ce que tu tiens le coup pour les B.U.S.E ? s'enquit Fergus. En général, janvier est le mois idéal pour les pétages de plombs entre la préparation des examens blancs, les devoirs à rendre et tout le reste. J'y réalise toujours mon meilleur chiffre d'affaire.
– Merci de te renseigner, mais oui, tout va bien, marmonna Draco en caressant Electra qui gloussait de plaisir. Et toi, tes A.S.P.I.C. ?
– Oh, ça ? Une banale formalité. Tout le monde les a en général. Et puis, je ne suis pas un carriériste comme mes parents. Moi, je préfère flâner, tu vois... Je ne vise pas le ministère ou un truc barbant de ce genre. (La boîte émit un grognement et Fergus y donna un coup de pied) Tu vas te taire, oui ? Sinon, euh, est-ce que tu saurais pourquoi il n'y a pas l'AD ce soir ? Potter a quoi à se planquer ? Il a une fracture du pénis ?
– Non, il n'a pas de fracture ! Son pénis se porte très bien à ce que je sache ! (Fergus sourit si largement qu'on aurait pu voir ses dents de sagesse) Je me demande pourquoi je parle de ce genre de choses avec quelqu'un comme toi. Il doit juste faire des cours de rattrapage de potions ce soir.
Fergus s'immobilisa en plein geste, tandis qu'il aidait les chouettes à prendre leur envol avec son colis :
– Rattrapage en potions ? Avec Rogue tu veux dire ?
Draco acquiesça.
– C'est impossible. Rogue déteste faire des heures supplémentaires. Je connais personne qui a eu le droit à un aussi gros traitement de faveur, rigola-t-il. Potter est si nul que ça en potions ? Même moi je suis doué dans le domaine.
– Non mais toi c'est parce que tu fabriques de la drogue ! Tout le monde le sait, mais personne jusqu'ici n'a réussi à te pincer !
– Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, se défendit Fergus en croisant les doigts derrière son dos. Oh, ça va, détends-toi. À l'approche du mois de juin, tu seras le premier à me demander des pousses de mandragores...
Draco haussa vaguement des épaules.
– … Hermione aussi finira par craquer. Elle demandera un petit calmant comme tout le monde. D'ailleurs, comment elle va Hermione ? finit-il d'un ton se voulant détaché.
– Pourquoi est-ce que ça t'intéresse ? Ah oui, c'est vrai, coupa Draco, d'un air innocent. Tu es complètement amoureux d'elle !
Fergus lui jeta un regard furieux puis s'assura que la porte était bien close.
– Je t'interdis de proférer de telles insanités !
– Ah bon ? Au nom de quoi ? Tu comptes faire quoi, Shacklebolt ? M'envoyer des étincelles à la figure ? (Fergus s'approcha d'un pas) Tout doux, attention, je porte toujours cet horrible insigne de préfet, dit-il en tapotant sur son badge rouge et or.
– Si tu répètes à qui que ce soit que je... que je trouve Hermione jolie, je t'étrangle Malfoy et je ferai du pâté de toi pour Miss Teigne.
Furieux, le Poufsouffle quitta la volière. Draco soupira tristement : pourquoi la plupart des garçons n'arrivaient pas à gérer leur sentiment ? Cela en était navrant. Le jeune préfet finit par rejoindre ses camarades dans la salle commune. Hermione était assise entre Ron et Neville, travaillant la pile de devoirs que Ombrage leur avait donnée. D'autres élèves de cinquième année, le nez plongé dans leur manuel, semblaient être décidés à réviser jusque tard dans la soirée. Draco tira une chaise puis attrapa son sac qu'il avait laissé dans un coin.
– Je préfère commencer par la Botanique, dit-il en sortant son épais cahier vert qui lui servait également d'herbier. J'ai encore du mal à retenir les propriétés des essences qu'on étudie.
Après avoir longuement révisé, Draco aida Ron et Neville avec leurs leçons de Potions. Ils passèrent ensuite plus de temps que prévu sur le devoir d'Astronomie qui consistait à dresser une carte du ciel. Ron se trompa tellement sur les coordonnées des satellites de Jupiter que sa planète Mars se retrouva dans une autre galaxie.
– C'est une catastrophe, se lamenta-t-il. Je ne vais jamais réussir mes B.U.S.E ! Fred et George avaient raison...
– Mais non, consola Hermione. Regarde, tu n'as qu'à gommer ce point-ci et celui-là...
Le portrait de la Grosse Dame pivota laissant apparaître Harry. Dès qu'il fut suffisamment près, Hermionne chuchota :
– Comment ça c'est passé ? Ça va Harry ?
Ce dernier était très pâle et semblait fiévreux. Il s'assit lentement entre Neville et Draco, touchant d'un air hagard sa cicatrice qui était plus visible qu'à l'ordinaire.
– C'était affreux, déglutit-il. Rogue est entré dans ma tête. Il m'a fait revivre tout un tas de trucs que je croyais avoir oublié ou mis de côté...
– Ça, c'est bon signe, interrompit Draco en s'empourprant aussitôt en voyant le regard accusateur que lui lançaient les autres. Si tu ne ressentais rien à ces intrusions, ça serait même très mauvais signe.
– Draco Malfoy notre expert attitré en magie noire, se moqua doucement Ron en trempant sa plume dans de l'encre verte.
– L'occlumancie et la légilimencie sont de la bonne magie, Ron, rétorqua Hermione. C'est ce que les gens en font qui devient mauvais.
– Et je suis certain que celui qui a créé le sort de l'Avada n'avait à la base que l'intention de semer des paquerettes. (Ron se pencha en avant) Harry, je ne pense pas que cela soit une bonne idée de continuer ces séances. Et si Rogue aidait Tu-Sais-Qui à rentrer dans ta tête en t'affaiblissant ?
– Dumbledore a confiance en Rogue, rappela Neville jusqu'ici resté silencieux. Alors nous aussi on doit lui faire confiance.
Draco remua sur sa chaise, se mordant les lèvres.
– J'aime beaucoup le professeur Rogue, dit-il. Ce n'est un secret pour personne ici, et à cause de ça en première année, tout le monde me rejetait. Mais je... je ne peux pas faire comme si de rien n'était. Rogue n'est pas tout à fait clair avec Dumbledore, à mon avis. Il passe trop de temps avec mon père pour que cela soit de simples visites de courtoisies. Je... J'ai l'impression que mes cours particuliers n'étaient qu'un alibi pour qu'ils puissent tranquillement se voir.
– Tu soupçonnes Rogue de quelque chose ? demanda Hermione.
– Non, pas vraiment. C'est juste que... qu'il a l'air de croire en toutes ces choses que Vous-Savez-Qui promet. Ou peut-ête qu'il y a vraiment cru à une époque. Tout est très mélangé dans ma tête.
– Ça ne m'étonnerait pas vraiment s'il était toujours un Mangemort, formula Harry. Je ne lui fais pas confiance. En tout cas, écoutez : j'ai réalisé quelque chose d'important au cours de cette séance.
Il leur raconta alors sa très nette vision du Département des Mystères.
– C'est là que se trouve l'arme que Voldemort cherche.
– Tu ne devrais pas prononcer son nom, murmura Draco, paniqué.
Harry fit comme s'il ne l'avait pas entendu :
– Je crois qu'il utilisait le serpent comme éclaireur cette nuit-là. Sauf qu'il n'a pas eu le temps d'aller faire un tour à l'intérieur à cause du père de Ron qui montait la garde ! Est-ce que quelqu'un sait ce qu'il y a au Département des Mystères ?
Ils firent tous non de la tête.
– Je peux toujours essayer de demander à Théodore, ajouta Draco. Il rêve de devenir Langue-de-Plomb et a fait pas mal de recherches à ce sujet... Pourquoi est-ce que tu n'aborderais pas le sujet avec Fergus ?
– Fergus ? répéta Hermione en rougissant aussitôt. Pourquoi est-ce que je lui adresserais la parole ?
– Son père est auror, non ? rappela Neville. Et même un très bon d'après ce que ma grand-mère m'a raconté.
– D-D'accord, lança Hermione d'une voix mal assurée. J'essaierai de lui en glisser un ou deux mots. (Elle ferma son cahier) Je n'arriverai plus à réviser. Pas dans un boucan pareil en tout cas.
Fred et George faisaient la démonstration de leur toute dernière invention devant une foule en délire.
– Je pars me coucher, soupira-t-elle. À demain.
Harry et Neville se dirigèrent vers leur dortoir peu après. Ron, qui avait des résultats médiocres en Astronomie, resta un peu.
– Ca va toi ?
Draco leva le nez de son monticule de parchemins.
– Oui, pourquoi tu me demandes ça ?
– Je ne sais pas... Tu réagis à peine aux piques que je te lance.
– C'est parce que je sais que tu ne me crois pas réellement coupable de quoi que ce soit, clarifia Draco. Ça a toujours été comme ça entre nous, de toute façon. Et tu sais pourquoi ? (Il tourna négligemment une page de son syllabaire) Parce qu'on se ressemble beaucoup tous les deux, d'une certaine façon. Tous les deux des âmes de leader relayées au second plan derrière ce fantastique Harry Potter.
– Harry est un drôle d'oiseau quand même. Je t'avouerai qu'il m'a fait un peu peur pendant les vacances quand il a vu à travers l'oeil du serpent. Est-ce que... Est-ce que la magie noire pourrait expliquer ce genre de phénomène ?
– Sûrement, admit Draco à voix basse. Mais je ne me suis jamais vraiment intéressé à ça. Tu sais, ce qu'on étudie à Poudlard c'est vraiment le sommet de l'iceberg de ce qu'on peut faire en magie... Alors, je suppose qu'il y a une réponse à ça. Mais ça dépasse de loin notre niveau actuel. Si tu veux, je demanderai quelques infos à Viktor dans ma prochaine lettre. Il doit bien avoir vu un truc à ce sujet à Durmstrang.
– En parlant de Viktor, j'ai lu dans Quidditch Magazine qu'il envisageait d'être recruté par le club international des Dragons de Mereen. S'il accepte, il vivrait alors en Grande-Bretagne et vous pourrez alors vous voir plus souvent, insinua-t-il.
– Si notre couple tient jusque-là, marmonna Draco en jouant avec son rouleau de sorcier-collant.
– Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
– Jusqu'ici, Viktor gardait sa vie personnelle assez secrète. Ses sponsors disaient que puisque beaucoup de sang-mêlés et de nés-moldus l'adoraient, il devrait songer à ne pas rendre officiel ses relations avec des hommes. Parce que... Tu as bien vu comment est Hermione. Elle est adorable mais tellement bornée sur certains aspects de notre société. Alors... les sorciers élevés à la moldue ne trouvent pas ça trop normal, tu comprends ? Viktor avait un peu peur de perdre en crédibilité à cause de ça.
– Je suis désolé de l'apprendre.
– C'est passé maintenant. Il m'a dit qu'il ne voulait plus que ses fans interfèrent dans sa vie privée. Alors, notre relation a été officialisée par son agent pendant les vacances de Noël via un attaché de presse. J'ai même dû prendre quelques photos qui seront publiées dans le numéro de janvier de Fier Sorcier.
– Trop cool, on va bien se marrer, ricana Ron.
Draco lui envoya un sourire triste.
– Sauf que je crois que ça ne marchera jamais entre Viktor et moi.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Eh bien, d'abord il est célèbre, et les gens célèbres vivent d'une façon tellement différente de la nôtre. Sans parler de ses occupations à droite et à gauche, en plus de la distance à gérer. Viktor est adorable et... et au lit c'est génial. Mais plus j'y pense, plus je me dis que peut-être je ne suis pas le bon pour lui. Tu me connais, Ron. Je suis trop jaloux. Je risque de mourir d'une crise cardiaque avant nos A.S.P.I.C si je continue à le fréquenter.
– C'est dommage. Tu avais l'air très content avec lui.
– Oui, c'est vrai. Mais j'ai l'impression de l'avoir en quelque sorte... utilisé. (Ron eut le tact de le laisser continuer) Avec la naissance de mon petit frère Mercutio, mes parents se sont à peine occupés de moi. J'ai toujours été habitué à être le centre de l'attention. Sauf qu'en quatrième année, je me suis senti délaissé. Harry était champion du tournoi. Hermione avait son association grotesque sur les elfes. Toi tu retrouvais ta cousine... Alors que moi je... je n'avais rien de tout ça. Viktor est arrivé au bon moment dans ma vie, tu comprends ?
Ron acquiesça. Il n'avait jamais eu de petites-amies mais pouvait comprendre certains problèmes comme ceux-ci. Il enviait et à la fois plaignait Draco qui semblait être en proie à un véritable dilemme.
– Mais tu es bien avec lui, non ?
– Oui. Je crois même que je l'aime un peu... Beaucoup même.
– Alors tous tes problèmes sont résolus.
– Oh, si seulement tout était aussi simple Ron...
