Posté le : 23 Septembre 2015. Ok, ok, fêtons ces 800 reviews comme il se doit !


Note : Tout d'abord, un énorme merci pour votre fidélité depuis le premier chapitre posté. Ça me fait trop, trop, trop plaisir. En ce moment, j'ai beaucoup de démarches perso à faire donc ça m'empêche de répondre à vos reviews (again). Mais, je les relis assidument et j'espère vraiment que vous ne m'en voulez pas plus que ça. Ce chapitre est rédigé depuis assez longtemps, heureusement. J'ai décidé de l'issue du tome 5 récemment. Il faut que je trouve du temps pour rédiger tout ça. Je pense que je ferai ça ce week-end, avec un peu (beaucoup) de motivation. Ce chapitre-ci va changer beaucoup de choses sur l'évolution de l'histoire et je croise les doigts pour que vous l'appréciez à sa juste valeur, héhé.

Oh, et by the way, vous en pensez quoi de ça : des chapitres plus courts postés régulièrement (genre toutes les 1 ou 2 semaines) OU des chapitres longs mais espacés niveau publication (genre 1 mois).

Bonne lecture,

D. Wouldement vôtre.


Chapitre 28 : « Hors du Feu »

Le lendemain matin, quand Hermione reçut son exemplaire de la Gazette du Sorcier, elle laissa échapper un glapissement de terreur. Incapable de parler, elle étala la Une sur la table tandis que tout le monde se penchait autour d'elle : « Evasion massive à Azkaban : Dix Mangemorts introuvables ». Des photos en noir et blanc présentaient les criminels.

– Antonin Dolohov, lut Harry, condamné pour les meurtres particulièrement brutaux de Gideon et Fabian Prewett. C'était tes oncles, n'est-ce pas Ron ?

Ron hocha lentement de la tête, comme au bord de la nausée.

– Bellatrix Lestrange, murmura Hermione. Condamnée pour avoir torturé jusqu'à la folie les personnes de Alice et Frank Londubat...

Les regards convergèrent aussitôt vers Neville, plus pâle encore qu'un spectre.

– Lestrange ? répéta Ginny, qui s'était approchée. J'en ai entendu parler à la maison. Elle n'est pas ta tante Draco ?

Si Draco aurait eu sous la main une cape d'invisibilité, il se serait volontiers enfuis dessous. Il n'avait jamais réellement apprécié Ginny, mais là, il avait tout bonnement envie de l'étrangler. Elle avait toujours été un peu jalouse que Harry lui accorde plus d'attention qu'à elle. Les Gryffondor attroupés autour d'eux attendaient visiblement une explication de sa part :

– Oui, avoua Draco en rassemblant son courage, Bellatrix Lestrange est la sœur de ma mère. Je ne l'ai jamais rencontrée et elle a été mise en prison quand je n'étais encore qu'un bébé. On ne parle pratiquement jamais d'elle à la maison, et si je pouvais rattraper ses erreurs, je le ferai...

– Ses erreurs ? trancha Lavande. Elle a torturé et tué des gens ! On ne peut pas parler d'erreurs. Il faut vraiment le vouloir pour lancer un Impardonnable. Elle doit être malfaisante, ton oncle aussi.

– Elle s'appelle Bellatrix Black, s'énerva Draco, rouge de colère. Elle est aussi la cousine de Sirius, le parrain de Harry. Dans ce cas, lui aussi devrait vous paraître suspect à vos yeux ! Ce n'est pas parce qu'on a presque le même sang dans les veines, que je suis condamné à être pareil. Neville est mon ami. Je ne lui ferai jamais le moindre mal.

– Quel genre d'ami cacherait un truc pareil ? marmonna Seamus.

– Je le savais, coupa Neville qui était resté jusqu'ici silencieux. Il ne faut pas être un génie pour faire le lien. En deuxième année, quand j'ai réalisé qui était vraiment Draco, je... ça m'a fait un peu peur. Mais je sais qu'il est différent de sa famille. J'en veux à Bellatrix, pas à lui.

– Draco n'a plus rien à prouver à qui que ce soit dans cette maison, s'impatienta Harry en déposant une main possessive sur l'épaule de son meilleur ami. Il a toujours pris nos intérêts à cœur et m'a défendu en prenant des risques incroyables depuis notre première année. Quiconque a un problème avec lui devra d'abord faire affaire à moi.

Harry le poussa doucement vers la sortie puis ils quittèrent tous deux la Grande Salle. Dès qu'ils furent suffisamment loin, Draco le serra aussitôt dans ses bras. Pendant quelques minutes, il avait eu tellement peur que Harry le rejette à nouveau... Dès que les autres avaient commencé à l'accuser, Draco s'était vu finir sa scolarité seul et haï par tous. Comment avait-il pu douter un seul instant de la loyauté de son meilleur ami ?

– Je suis désolé, dit-il aussitôt, aux bords des larmes. J'ai toujours voulu t'en parler mais j'ai si honte de ce que ma famille a fait. Je dors depuis cinq ans dans le même dortoir que Neville. Je dois le regarder droit dans les yeux à chaque fois en sachant ce qu'elle a fait. Et quand on part en vacances, je sais que j'irai voir mes parents en bonne santé, alors que lui il... il n'a pas ça à cause de ce que ma tante a fait.

– Tu n'y es pour rien dans tout ça. Neville lui-même n'a pas l'air de t'en vouloir. C'est un mec bien. Il sait faire la différence entre les choses. Et puis, tu es mon ami. Je sais que quoiqu'il puisse se passer, tu seras toujours à mes côtés. Je t'aiderai, d'accord ?

Draco hocha de la tête, tout en fixant ses doigts se tordant dans tous les sens. Tant que son oncle et sa tante demeuraient en prison, il avait pu jusqu'ici nier l'évidence et l'horreur qu'avait accompli sa famille. Mais là, il se prenait la réalité en pleine figure.

Les deux garçons marchèrent lentement vers les serres où ils auraient leur premier cours de la journée. Ils finirent par s'assoir sur un banc de pierre.

– Tu sais, finit par prononcer Draco après de longues minutes de silence, depuis cet été je n'arrête pas de faire un cauchemar. Je me vois à la place de Pettigrow, à trahir mes amis pour mon simple profit.

– Tu n'es pas comme lui, et je t'interdis d'en douter.

Draco lui offrit un sourire reconnaissant tandis que leurs camarades les rejoignaient pour la leçon de Botanique. Il n'y avait maintenant plus qu'un seul sujet de conversation dans les couloirs : l'évasion des dix mangemorts. Les crimes qu'ils avaient commis pendant la guerre étaient désormais légendaires.

Certains élèves apparentés aux victimes devinrent le centre de l'attention générale. Susan Bones, qui avait perdu une majeure partie de sa famille, fondit en larmes dans un couloir tandis que des camarades indiscrets lui posaient des questions sur l'état des corps après leur meurtre. Harry entendait de nombreux élèves murmurer sur le passage de Draco. Mais jusqu'ici, personne n'osa l'attaquer de front. Draco se montra bien plus discret et ne levait pratiquement plus la main en classe. Hermione était très inquiète pour lui et ne lâchait plus d'une semelle.

Harry aurait pensé que l'évasion massive d'Azkaban inciterait Ombrage à faire preuve d'humilité. Cependant, il semblait au contaire que son désir furieux d'exercer le contrôle sur tous les aspects de la vie de Poudlard s'en trouvait intensifié. Elle paraissait en tout cas décidé à procéder au licenciement d'un des enseignants et ce n'était plus qu'une question de temps avant que Hagrid ou Trelawney ne fassent leurs valises.

– C'est dommage que Ombrage surveille tout constamment, marmonna Ron après un fastidieux entraînement de Quidditch. J'aurai bien rendu visite à Hagrid. Est-ce que quelqu'un sait pourquoi il a autant de marques sur le visage ?

– J'en ai pas la moindre idée, concéda Draco, maculé de boue dans sa tenue d'attrapeur. Mais ça n'annonce rien de bon.

Harry se sentait frustré de ne plus participer aux entraînements. Il vivait donc par procuration à travers ses deux amis. Apparement, l'équipe de Gryffondor se portait au plus mal malgré le certain talent de Draco pour repérer le vif d'or en quelques minutes.

– Angelina va finir par péter les plombs à cause de moi, grogna Ron, dépité.

– Tu dois prendre confiance en toi, conseilla Harry pour la centième fois, au moins, depuis le début de l'année.

– Je sais, mais c'est tellement difficile quand tout le monde a les yeux braqués sur toi.

Harry ne pouvait pas lui en vouloir car il avait déjà ressenti ce trac à de nombreuses occasions. La seule chose qui leur permettait de garder le morale étaient les séances de l'AD. Tout le monde y faisait des progrès spectaculaires. Mais Neville était celui connaissant la plus grande métamorphose depuis l'évasion des Mangemorts. Il pratiquait sans relâche les mauvais sorts et contre-maléfices, le visage tendu par la concentration.

Avec tant de sujets d'inquiétude et un programme si chargé, le mois de janvier passa à la vitesse de l'éclair. Février s'installa, avec son climat bien plus doux et ses fins manteaux de neige. Désormais, tout le monde attendait le week-end de la Saint-Valentin avec la plus grande impatience. Ce qui angoissait le plus Harry, c'était de devoir inviter Tracy.

– Tu ne lui dois rien, rétorqua Hermione. Ne te sens surtout pas obligé de passer du temps avec elle si tu es mal à l'aise.

Hermione n'appréciait pas Tracy car elle était une opposante farouche à la S.A.L.E. Tracy disait que les elfes tomberaient en dépression après avoir reçu leur liberté, et elle n'avait pas tout à fait tort... Draco aussi était d'humeur massacrante : Viktor ne pourrait pas venir le voir pour la Saint-Valentin car il jouait un match important le lendemain.

– On n'a qu'à passer la journée ensemble, proposa Harry, trop heureux de pouvoir rester avec son meilleur ami.

– Non, tu dois inviter Tracy. Si tu ne le fais pas, elle risque d'être très triste... Je sais qu'elle n'est pas du genre à montrer ses émotions, mais ça compte beaucoup pour elle. Et puis, tu ne voudrais quand même pas qu'elle se fasse des idées en traînant avec moi le jour de la Saint-Valentin...

Draco laissa sa phrase en suspend, comme s'il espérait qu'il dise quelque chose de particulièrement pertinent.

– Non ! Bien sûr que non. J'avais pensé qu'on aurait pu plancher sur le programme des prochaines séances de l'A.D.

– Je passerai ma journée avec Ron dans ce cas. On doit s'acheter un nouveau nécessaire à balai. En plus de ça, je lui ai promis qu'on ferait le tour des magasins, puis qu'on s'approcherait un peu de la Cabane Hurlante.

Curieusement, cela contraria légèrement Harry de savoir que Ron et Draco s'étaient construits un programme sans même le consulter.

– Vous me raconterez ça, dit-il en cachant mal sa déception.

Au matin du 14 Février, Harry se prépara avec un soin tout particulier. Il essaya de se peigner les cheveux avant d'abandonner dix minutes plus tard. Il arriva dans la Grande Salle pile au moment où les hiboux distribuaient le courrier. Draco et Hermione discutaient avec animation tandis que Harry avait le ventre bien trop noué pour avaler quoique ce soit. Une fois ses céréales avalées, il quitta ses amis en se dirigeant vers la sortie.

– Pauvre Harry, se lamenta Hermione, cette Tracy va finir par le manger tout cru. Enfin bon, je vous laisse. Je vais à la bibliothèque.

– Quoi ? Tu ne viens pas avec nous à Pré-au-Lard ?

– Non, je dois réviser l'Arithmancie. J'ai pris beaucoup de retard à force de tricoter des vêtements pour les elfes... et puis, Théodore Nott y sera certainement aussi. Il déteste sortir. Alors, je compte bien l'approcher pour lui demander des informations sur le Département des Mystères...

Draco acquiesça. C'était une merveilleuse idée. Théodore accepterait sans doute de divulguer tout ce qu'il savait à ce propos, puisque en général, personne ne s'y intéressait. Après quelques toasts, Ron et Draco quittèrent à leur tour la Grande Salle. Une fine couche de neige était tombée très tôt dans la matinée, crissant sous leurs chaussures.

– Hey, Draco ! Tu t'es trouvé un nouveau petit-ami ? s'écria la voix de Blaise derrière leur dos.

Un groupe de Serpentard ricana bruyamment.

– Exactement, riposta Ron, du tac au tac. Et si tu ne fais pas attention, tu seras le prochain sur la liste ! (Il s'éloigna en des enjambées furieuses) Quel crétin celui-là.

– Merci d'avoir dit quelque chose, dit Draco. Oh, tiens. (Il sortit de sa poche une photo de Viktor Krum) Il me l'a envoyé hier. Je n'arrêtais pas de lui dire qu'un de mes amis voulait son autographe.

– Wooow, merci ! C'est génial !

Ils se rendirent d'abord chez Zonko, remplirent leurs poches de friandises à HoneyDukes et s'achetèrent de nouvelles plumes à Scribenpenne. Une fois qu'ils approchèrent de la route de la Cabane Hurlante, Draco et Ron perdirent tout à coup le sourire.

– Tu es toujours sûr de vouloir y aller ? s'enquit Ron.

– … Je ne suis pas un trouillard de Serpentard. Et toi non plus !

Ils avancèrent de front, tandis que la neige recommençait à tomber. La Cabane Hurlante semblait – comme attendue – parfaitement abandonnée. Même si aucun cri n'y avait été entendu depuis des années, les élèves et les habitants de Pré-au-Lard évitaient de s'y attarder.

– Je pense qu'on l'a assez vu, chuchota Ron, nerveux.

– Tu rigoles ? Je veux voir ce qu'i l'intérieur, rétorqua Draco en enjambant la barrière.

– Non, attends !

Voyant que son ami ne l'écoutait pas, Ron décida de franchir à son tour le portail verrouillé solidement.

– Tu ne peux pas entrer. Même Fred et George n'ont pas trouvé un moyen de le faire.

Draco essaya de voir entre deux panneaux de bois.

– C'est bizarre tout de même. J'aurai juré qu'un des passages secrets de la Carte du Maraudeur mènerait jusqu'ici... (Draco regarda en l'air, puis par terre) Il doit être souterrain dans ce cas. Une nuit, il faudrait essayer.

– Pas moi, Draco. Je suis trop jeune pour mourir.

– Il ne t'arrivera rien puisque je serai là pour te défendre.

Draco fit le tour de la maison, pour s'assurer qu'il n'y avait bien aucune issue. Finalement, il consentit à retourner vers le château, les joues rendues rouges par le froid.

– C'est dommage. J'aurai vraiment aimé découvrir l'intérieur.

– A mon avis, ça doit juste puer le chien mouillé.

De retour dans leur salle commune, ils trouvèrent Harry et Hermione discuter précipitamment à l'écart des autres.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ron.

– Euh...

– Harry a donné une interview à une ancienne journaliste de la Gazette ! murmura Hermione. Elle s'appelle Grizel Hurtz. Elle était chargée du courrier du cœur, jusqu'à ce qu'elle soit licenciée il y a quelques mois. Maintenant, elle travaille pour Le Chicaneur. Luna a convaincu Harry de donner sa version des faits sur le retour de Vous-Savez-Qui.

Harry leur raconta en détails comment les choses s'étaient déroulées.

– Et Tracy dans tout ça ? demanda Draco.

– Elle était ravie. Tu sais, elle adore tout ce qui est subversif.

– Ombrage risque d'être furieuse, commenta Ron.

« Furieuse » était un doux euphémisme. Ombrage s'était transformée en tornade de rage en tombant sur la nouvelle édition du Chicaneur. Elle alla même jusqu'à placardée partout dans le château des avis de renvoie pour tout élève surpris avec un numéro avec lui. Pour une raison que Harry ne comprenait pas, dès que Hermione passait devant l'un de ses écriteaux, elle rayonnait de plaisir :

– Tu ne comprends vraiment pas ? La meilleure chose qu'elle pouvait faire pour que tout le monde lise l'interview, c'était de l'interdire !

Hermione avait raison. Bien que personne n'ait vu nulle trace du Chicaneur, tout le monde ne parlait plus que de son interview, citations à l'appuie. Les Serpentard avaient ouverts des paris pour savoir combien de temps encore passerait Harry à Poudlard avant d'être renvoyé.

– Blaise pense que Ombrage trouvera un moyen de t'expulser d'ici la fin de la semaine, marmonna Hermione, en sortant du cours d'Astronomie. Il a déjà parié trois gallions dessus.

Pour courronner le tout, Luna avait annoncé au dîner que jamais on n'avait vu un numéro du Chicaneur si vite épuisé.

– Papa m'a écrit ! Il compte réimprimé ! glapit-elle de joie.

Les Gryffondor, qui détestaient tous Ombrage de façon venimeuse, accueuillirent Harry tel un héros quand il fut de retour dans sa salle commune. Ils fêtèrent cela si bruyamment que cela empêcha tous les élèves sérieux de réviser. Draco et George dansaient sur la table de façon lascives tandis que des filles surexcitées leur lançaient des poignées de suçacides.

Hermione se lassa très vite et finit par rejoindre son dortoir afin de finir ses exercices de métamorphose. Même Harry, au bout de quelques heures, finit par ne plus du tout trouver cela amusant. Il n'avait pas fait cette interview pour contrarier Ombrage – enfin, si, mais pas uniquement ! –, il voulait avant tout avertir la communauté sorcière du danger qui planait.

Il finit par rejoindre son dortoir, le début d'une migraine pointant le bout de son nez. Il alla se changer puis se glissa sous sa couverture. À peine eut-il fermé les yeux qu'il se retrouva pris dans un rêve étrange de par sa vivacité... Il était dans la peau de Lord Voldemort, punissant l'un de ses sujets. Effrayé, Harry se réveilla en sursaut.

– H-Harry ?

Harry qui n'avait pas ses lunettes sur son nez, mit du temps avant de s'habituer à la semi-pénombre du dortoir.

– J'étais venue t'apporter une part de tarte aux pommes. Les jumeaux sont partis faire un tour aux cuisines...

– Ah, c'est toi Ginny, dit-il en la reconnaissant enfin. (Il attrapa ses lunettes) Je... Désolé, je...

– Tu faisais encore l'un de ses horribles cauchemars ? interrompit-elle. Comme le jour où Papa a été mordu par le serpent ? Si ça continue, tu devrais en parler à Dumbledore.

– Merci, mais je sais ce que je fais, rétorqua-t-il plus sèchement qu'il ne l'avait voulu. Je... Je travaille avec Rogue pour que ces rêves s'arrêtent.

Ginny s'assit en face de lui, sur le lit.

– Qu'est-ce que tu as vu cette fois-ci ?

– J'étais dans une pièce sombre et... Voldemort parlait de son arme secrète. Elle se trouve au Département des Mystères et jusqu'ici, il n'a pas réussi à l'obtenir car il lui manquait une information. Mais maintenant, il sait comment faire. Il a demandé à ses hommes d'agir au plus vite...

– Tu devrais le dire à quelqu'un, insista Ginny.

– Le truc, c'est que je ne suis plus censé avoir ce genre de vision. Si je le dis, Rogue dira que je ne travaille pas assez l'occlumancie.

Même si cela lui coûtait de l'admettre, Harry pensait que Rogue avait raison sur ce point.

– Si tu as besoin de te confier sur quelque chose, n'importe quoi, je suis là, murmura Ginny.

Et sans préambule, elle se pencha pour essayer de l'embrasser. Harry la repoussa immédiatement.

– Tu n'aurais pas dû faire ça.

– Je sais. Tu es avec Tracy Davis, mais...

– Oui, mais... Il y a Ron. Ron est un de mes plus proches amis. Je ne peux quand même pas...

La porte s'ouvrit sur Dean et Seamus. Harry se hâta de paraître parfaitement naturel, acceptant volontiers la part de tarte que lui tendait Ginny. Vexée, cette dernière quitta la pièce sans un mot. Harry n'aurait même pas su quoi dire, de toute façon. Ginny ne l'attirait pas du tout. Pire encore, il avait l'horrible impression d'avoir ''flirté'' avec sa petite sœur ! Quand Draco arriva à son tour dans le dortoir, Harry ne lui parla pas du tout de la vision qu'il venait d'avoir. Car dans son rêve, Lucius Malfoy était là, suppliant son maître de lui accorder une deuxième chance...

ooo

Le lendemain après-midi, Draco était si heureux d'avoir gagné le match contre Poufsouffle qu'il ne remarqua pas le soudain malaise de Harry. Il était parvenu à attraper le vif d'or au bout d'une quinzaine de minutes, ce qui permettait à Gryffondor de reprendre la seconde place du classement. Toutefois, les éclats de joie ressentit s'estompèrent en pénétrant dans le Hall. Une foule y était rassemblée, les yeux rivés par quelque chose se trouvant au bas des escaliers.

– Non ! cria la voix de Trelawney qui devait sans doute être tombée par terre. Vous ne pouvez pas me faire ça ! Poudlard est ma maison !

C'était votre maison, rectifia Ombrage.

Sa silhouette courtaude se trouvait sur les marches conduisant au Grand Escalier.

– Vos prestations de voyante sont tout bonnement catastrophiques, poursuivit la Grande Inquisitrice.

Lavande et Parvati, qui avaient toujours eu une affection spéciale pour Trelawney, pleuraient à chaude larmes, serrées l'une contre l'autre.

– Allons, calmez-vous Sybille..., tenta MacGonagall en lui tendant un mouchoir. Vous ne serez pas obligée de quitter Poudlard.

– Vraiment ? formula Ombrage, avec malfaisance. Et qui vous autorise à dire ça ?

– Moi.

Dumbledore venait de faire apparition dans le hall dans une robe de sorcier argentée.

– Il est vrai qu'en tant qu'Inquisitrice vous avez le droit de mettre fin aux fonctions des professeurs. Mais vous n'avez en aucun cas le droit de les chasser du château. Ce droit revient encore au directeur. Or, je souhaite que le professeur Trelawney reste.

– Et qu'allez-vous faire quand je nommerai un professeur qui aura besoin de ces appartements ? murmura froidement Ombrage, furieuse.

– Oh, mais ça ne sera pas nécessaire. J'en ai déjà trouvé un, et il préfère loger au rez-de-chaussée.

Des bruits de sabots se firent entendre et un centaure progressa parmi les élèves amassés dans l'entrée. La plupart poussèrent des exclamations stupéfaites.

– Voici Firenze, lança Dumbledore, manifestement ravi devant la mine décomposée d'Ombrage. Je pense que vous le trouverez hautement qualifié pour le poste.

Les jours qui suivirent, tout le monde ne parla plus que de l'arrivée du centaure dans le corps professoral. Draco, Ron et Harry durent reconnaître que ses cours étaient infiniment plus intéressants et pédagogues que ceux de Trelawney.

La pression des examens devenait de plus en plus forte et de nombreux élèves de cinquième et septième année commençaient à craquer. Fergus Shacklebolt était toujours satisfait d'apporter son aide aux plus malheureux. Son commerce illicite de plante calmante se portait comme un charme et Hermione, malgré de profondes recherches, ne parvenaient toujours pas à mettre la main sur son stock.

– C'est fou ça ! s'exaspéra-t-elle tandis qu'ils attendaient la sonnerie pour le début du cours de Sortilège. Comment fait-il pour ne jamais se faire pincer ? Tout le monde ici sait qu'il vend des trucs pas nets. J'ai même entendu MacGonagall en parler à Chourave. Mais impossible de savoir comment il fait. Il n'y a pas une seule preuve !

– Ca c'est parce qu'il utilise des gnomes, soupira Draco.

– Des quoi ?

– Des gnomes ! Ne me dis pas que tu n'en as jamais entendu parler ? s'impatienta-t-il. Les gnomes sont des gens aux allures très innocentes payés par un trafiquant pour transporter la marchandise. Disons qu'ils servent d'armoire ambulante. Fergus n'a qu'à leur demander quelques grammes par-ci par-là quand il les croise dans les couloirs, puis il les revend lui-même. C'est pour ça qu'il n'a jamais rien sur lui, pas une seule pousse de mandragore.

Hermione demeura songeuse un long moment puis s'engouffra dans la salle de classe dès que la porte s'ouvrit sur le minuscule professeur Flitwick. La montagne de devoirs qu'il leur donna entama considérablement le morale de Harry. Heureusement, dans la soirée, une nouvelle réunion de l'AD était prévue. Ils avaient enfin commencés à travailler sur les Patronus, ce qu'ils avaient tous attendus avec impatience. Harry ne cessait de leur répéter que produire un Patronus corporel entouré de ses amis et dans une salle éclairée était beaucoup plus facile que lorsqu'on se sentait en danger.

– Oh, ne joue pas les rabat-joie, dit Cho qui regardait son patronus – un cygne argenté – voleter autour d'elle.

Draco éprouvait bien plus de difficulté à produire plus que des volutes de fumée. Harry s'approcha.

– Pense à quelque chose de vraiment heureux, insista-t-il.

– J'essaie !

Harry s'éloigna pour s'intéresser à Hermione, qui regardait sa loutre gambader un peu partout.

– Harry !

Le concerné fit volte-face en entendant la voix de son meilleur ami l'interpeller. Draco venait enfin de produire un semblant Patronus. Il n'avait pas réellement une forme très nette mais il avait l'air curieusement familier. Draco lui adressait un sourire complice quand Bulma, la petite elfe de maison de Poudlard, apparut en un léger pop! dans la pièce, apeurée.

– Vous devez partir ! O-Ombrage, elle...

– Elle sait qu'on est là ? (L'elfe de maison acquiesça, terrorisée) Qu'est-ce que vous attendez ? Allez-vous en !

Ils se précipitèrent tous en même temps vers la sortie, créant une véritable mêlée devant la porte. Sous le coup de la peur, Harry attrapa la main de Draco pour l'entraîner à sa suite. Mais Draco le retint en arrière. Il se tourna vers Bulma :

– Merci de nous avoir prévenu, prononça-t-il. Retourne immédiatement dans les cuisines avec les autres elfes. Si on te demande où tu étais, ou si tu nous as aidé, n'hésite pas à mentir !

Bulma acquiesça vigoureusement avant de s'éclipser. Draco s'élança avec Harry mais ne voyait plus nulle trace des autres. Tout le monde avait désormais disparu. Il espéra de tout cœur que Hermione et Ron aient trouvé une cachette.

– Par-là ! lança Harry, en les conduisant vers la bibliothèque qui se trouvait au bout du couloir.

– Non. On nous remarquera tout de suite ! Plutôt par ici.

Les toilettes des garçons étaient bien plus proches. Ils pourraient toujours prétendre qu'ils y étaient depuis un moment, si toutefois ils y parvenaient. Haletant, Draco poussa la porte et ils trouvèrent les toilettes vides. Des bruits de pas retentirent dans le couloir et Harry pria Merlin. Draco tira son bras et le conduisit dans l'une des cabines au fond de la salle. Il referma la porte derrière eux avec un Alohomora.

– On verra nos pieds, chuchota Harry.

– Je sais, et j'y compte bien.

Draco était si proche de lui désormais que Harry pouvait contempler chacun de ses cils avec netteté. Ses sourcils étaient légèrement froncés tandis que le bruit se rapprochait, comme quelqu'un rôdant dans les couloirs. Draco enlaça son cou :

– Si Ombrage t'interroge, dis-lui qu'on faisait ça depuis longtemps, et que c'est pour ça qu'on est essoufflé.

Draco approcha doucement son visage du sien et commença alors à l'embrasser, d'abord de manière désordonnée et fougueuse. Harry pressa ses mains contre le bas de son dos, afin de rapprocher Draco de son corps. Il avait très, très envie que cela continue. Il ne savait pas très bien ce qu'il lui passait par la tête mais il se mit à approfondir le baiser.

Draco entrouvrit les lèvres, avide et le cerveau de Harry se mit à s'embrouiller, comme s'il nageait dans un océan de coton. Il n'arrivait pas encore à assimiler ce qu'il se passait et comment ils en étaient arrivés là, mais c'était sans doute la meilleure idée que n'avait jamais eu Draco depuis des années.

Lorsque ce dernier gémit tout en frissonnant, Harry sut qu'il s'y prenait exactement de la bonne manière. Il remercia le ciel d'avoir acquéri un peu d'expérience au cours de l'année précédente. Sans même s'en rendre compte, il poussa Draco contre la cloison de la cabine tout en continuant de l'embrasser. Harry n'avait aucune envie que cela s'arrête, tout ça était bien trop bon !

De loin, comme de l'autre côté d'un épais brouillard, il entendit quelqu'un ouvrir la porte des toilettes à la volée. Draco, lui, ne semblait n'avoir rien remarqué. Ses lèvres cherchaient toujours un contact plus approfondi avec les siennes et Harry était bien trop heureux de pouvoir le lui offrir.

Tout à coup, la serrure sauta et la porte s'ouvrit sur eux, enlacés. Harry et Draco tournèrent en même temps la tête vers l'intrus. Montague – un garçon aussi épais qu'idiot de Serpentard – les observèrent tous les deux en clignant bêtement des paupières.

– Tu veux notre photo ? répliqua Draco, profitant de son état de choc.

Harry réalisa que ses mains étaient au bas du dos de Draco, tout près de ses fesses... Il les ôta aussitôt, les rangeant dans ses poches. Leurs tenues légèrement débraillées laissaient supposées qu'ils s'étaient bécotés pendant un moment. Leur alibi était crédible. Mais... Est-ce que tout ça n'avait été qu'une excuse pour échapper à Ombrage ou était-ce autre chose ?

– Professeur ! s'écria la voix de Pansy depuis le seuil des toillettes. Montague en a attrapé un !

Elle courrut dans leur direction puis se figea en tombant nez à nez avec Draco.

– Ne me dis pas que tu es avec eux..., murmura-t-elle. Draco, qu'est-ce que tu as fait ? Tu as pensé à tes parents ?

Mais avant qu'elle puisse ajouter quoique ce soit, Ombrage était déjà là, exhultant de bonheur.

– C'est lui ! Très bien, Montague. Très bien. J'ajoute cinquante points à Serpentard. Maintenant, suivez-moi Potter. Nous allons voir le directeur.

– Et pour quelle raison ? s'étonna faussement Draco.

– Ce ne sont pas vos affaires, Mr Malfoy. Restez en-dehors de ça si vous ne voulez pas subir mon mécontentement.

– Harry n'a rien fait de mal. Vous devez vous tromper de personne, répliqua Draco avec aplomb. Si vous ne me croyez pas, demandez donc à Montague ce qu'il a vu ! (Le Serpentard rougit) Harry et moi on s'était cachés ici, oui, mais pour s'embrasser, et à l'heure qu'il est, votre coupable doit vous échapper ! Est-ce que c'est un crime de se bécoter dans ce château ?

– Faites attention à ce que vous dites, Malfoy, grogna Ombrage, qui semblait avoir été légèrement prise au dépourvu.

Elle jeta un regard flamboyant de haine vers Harry, puis dit :

– Si j'apprends que vous m'avez encore menti, je vous renverrai aussitôt chez vous. Tous les deux. Parkinson, cherchez à la bibliothèque si des élèves sont essoufflés. Montague, rendez-vous à la volière ainsi que dans la salle de classe vide au bout du couloir.

Ils les laissèrent là tous deux, faute de preuve. Harry allait dire quelque chose quand Draco lui fit signe de se taire : Ombrage pouvait très bien être planquée quelque part, à guetter le moindre de leur faux-pas. Au bout de cinq minutes, Draco décida de bouger, se dégageant de la cabine. Ils retournèrent dans leur salle commune sans échanger le moindre mot sur ce qu'il venait de se passer. Hermione sauta sur ses jambes et les entraîna tous deux sur leurs fauteuils favoris, près du feu :

– Ils ont attrapé Ron ! chuchota-t-elle. Il n'a pas eu le temps de me suivre jusqu'à la bibliothèque. Je crois qu'ils ont aussi eu Cédric.

Harry fut incapable de dire quoique ce soit tant l'inquiétude et la culpabilité le rongeaient. Il s'en voudrait à vie si l'un de ses camarades était renvoyé à cause de lui.

– Qui a tout balancé ? marmonna Draco, hargneux.

– Je ne sais pas encore, formula Hermione à voix basse. Le parchemin avec nos noms s'est autodétruit dès qu'on a été trahi. Je le sais parce que je l'ai trouvé en miette au fond de ma malle.

– Donc Ombrage n'a pas les noms, conclut Harry, soulagé.

– Non, en tout cas, elle ne les a pas tant que Ron, Cédric ou cette mystérieuse personne ne souffle mot. Mais je crois que personne n'a rien dit pour l'instant. Sinon, on ne serait pas là en train de discuter tranquillement.

– Ombrage a failli nous embarquer, avoua Draco. Harry et moi on s'en est sorti de justesse.

Il n'évoqua pas du tout le baiser échangé et Hermione semblait bien trop angoissée pour remarquer que quelque chose clochait. Ils ne descendirent pas dîner dans la Grande Salle avec les autres, certains que si Ron était relâché, il reviendrait d'abord ici.

– Où sont les jumeaux et Ginny ? demanda Harry.

– Ils ont emprunté l'un des passages secrets et se sont cachés dedans jusqu'à ce que l'agitation se calme, déclara-t-elle. Ron et moi on aurait bien voulu les suivre mais les pions de Ombrage étaient juste derrière nous.

Draco soupira :

– Je n'arrive pas à croire que Pansy se soit faite embobinée par cette harpie malfaisante.

Une longue attente commença alors, rythmée par les grattements de Pattenrond sur le parquet. Ce n'est que deux longues heures plus tard que Ron arriva dans la salle commune, la mine blafarde. Draco lui céda aussitôt sa place puis ajouta une bûche au feu.

– Que s'est-il passé ?

– Dumbledore, articula-t-il, il a été viré. Ombrage a trouvé un moyen de tourner ça à son avantage. Elle a dit que tout ça c'était de sa faute, qu'il était incapable de tenir ses élèves en place...

Harry reçut comme un énorme coup à la tête. Dumbledore était viré à cause de lui, parce qu'il avait été incapable de laisser les adultes prendre la situation en main. Il ressentit tout à coup l'envie de vomir.

– … Elle n'a toujours aucune idée de ce qu'on faisait exactement, mais elle sait que c'était contraire au règlement, et elle sait aussi que tu étais en quelque sorte notre chef Harry. Cédric a refusé tout net de parler, et moi non plus je n'ai rien dit. Ombrage nous a collé un avertissement et elle écrira aussi à nos parents.

– Qui l'a prévenu ? demanda Hermione.

Ron envoya un regard profondément désolé vers Harry :

– C'est Tracy.