Posté le : 30 Septembre 2015. Oooh, yeah !
Merci à Elorah pour sa correction de ce chapitre et ceux à venir. (Ca m'aide à aller plus vite niveau rythme de publication :))
Note : Un chapitre par semaine ? C'est faisable, lol. Bon, je dis ça. Je n'ai toujours pas fini d'écrire le dénoument du tome 5. J'ai la trame à l'esprit, c'est juste que c'est un peu fastidieux. Faut pas que je me trompe car ça risque d'influencer toute la suite de l'histoire... Anyway, j'ai de très nombreuses idées concernant le tome 6. J'ai hâte d'y être dans la mesure où je serai plus libre de modifier certains éléments vu que Draco est à Gryffondor, duh. Déjà, je vous avais promis un cours d'éducation sexuelle version sorcière (ça risque d'entraîner des situations cocasses) !
Pour celles et ceux adorant le personnage de Fergus Shacklebolt, rappelez-vous qu'il fait sa dernière année à Poudlard avec Cédric et compagnie. Donc préparez-vous aux adieu, snif. Il y a pas mal de temps on m'avait aussi demandé comment je gèrerais les souvenirs de Voldemort du T6. Donc je le précise ici, même si je le répèterai à la sortie du T6 (j'aime répéter les choses comme une mamie gâteau). Alors, je mentionnerai rapidement les souvenirs rédigés par JKR dans le canon, mais je ne les ferai pas revivre à Harry. En revanche, Harry vivra d'autres souvenirs avec Dumbledore. J'ai décidé d'en créer entre 4 ou 7 nouveaux et... ouais, j'ai hâte.
Le chapitre précédent en a surpris plus d'un d'entre vous. Je ne donnerai pas toutes les réponses maintenant. Mais sachez que Tracy aura toujours sa propre storyline, y compris dans le T6 (ce qui est prévu dans ma ptite tête). La romance entre Harry et Draco n'a pas encore vraiment commencé. Je sais comment je veux les mettre ensemble et à quel moment. Pour l'instant, ils entrent chacun dans une phase tumultueuse. Ce qui est super drôle, c'est qu'une lectrice avait rêvé de leur premier baiser de cette façon et j'étais SUPER choquée. Parce que le chapitre était écrit depuis le mois de janvier tel quel ! Je ne sais plus qui c'était, mais, ouah, t'as les superpouvoirs de Trelawney niveau prophétie, good job !
Concernant ma vie perso, tadaam, je rentre en Master 2, donc dernière année à la fac après une année sabatique bien méritée. Je ne sais pas quel volume de travail j'aurai (réponse jeudi, à ma rentrée). J'ai essayé autant que possible d'avancer dans la trame pour vous assurer un certain rythme. J'adore écrire pour cette fic, donc je n'arrêterai pas de sitôt.
Si vous avez des envies, des suggestions, ou même des idées de scènes concernant le T6, c'est PILE le bon moment pour me les communiquer. Je suis dans ma phase « je note tout et n'importe quoi dans mon brouillon et j'écrirai ça dans deux mois ». Donc, précipitez-vous ! Je n'ai toujours pas répondu aux reviews... *soupire* Je crois que ce sera une triste habitude. Bon, en tout cas, je compense ce manque en essayant d'être le plus assidue possible.
Pour les gens qui hésiteraient encore à lire cette histoire (ou attendent qu'elle soit terminée) : vous pouvez très bien lire un tome l'un après l'autre en laissant une pause de 1 ou 2 mois entre. Je sais, je rêve. Et aucun nouveau lecteur tombera directement sur ce mot et la flemme d'updater le chap 1. Aucune logique dans ma cervelle.
Bonne lecture,
et comme dirait Korean Air : « it's all about yooooooooouuu » !
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Chapitre 29 : « Conseil d'Orientation »
Le lendemain matin, il apparut que Tracy était toujours à l'infirmerie. Harry ignorait quel maléfice l'avait frappée en allant les dénoncer à Ombrage, mais il s'en fichait. Pire encore, il espérait que cela soit assez douloureux pour qu'elle le regrette. Ses amis eurent la décence de ne pas mentionner le prénom de son ex-petite amie sous son nez, se focalisant uniquement sur l'approche des B.U.S.E. Le fait que Dumbledore ait dû quitter l'école par sa faute le rongeait de l'intérieur, mais personne – pas même les professeurs – ne lui en tint rigueur.
– Ça devait forcément arriver, relativisa Ron après avoir reçu une magistrale Beuglante de sa mère. Le Ministère a tout fait pour le virer. Ils ont juste sauté sur l'occasion.
Le seul point positif à tout cela, c'était que Harry se sentait plus proche de Draco que jamais. Ils ne s'étaient plus embrassés depuis cet après-midi là, mais Harry sentait parfois les yeux de son meilleur ami peser sur lui . Dès que Harry le surprenait en train de l'épier, Draco détournait aussitôt le visage et faisait semblant d'être absorbé par quelque chose. Heureusement, personne n'avait remarqué le moindre changement entre eux.
– Vous avez vu ça, dit Fred en s'installant entre Harry et Draco dans la Grande Salle à l'heure du déjeuner. Ombrage a nommé des gens de Serpentard pour faire partie d'une brigade. Ils enlèvent des points à tout le monde depuis ce matin.
– Montague a essayé de nous jouer le coup pendant la récréation, compléta George. Mais on ne lui a pas laissé le temps. On l'a enfermé dans l'Armoire à Disparaître du premier étage.
Hermione parut choquée, mais Draco ne s'en émut pas le moins du monde :
– Ça lui fera sans doute un petit voyage, minauda-t-il en attrapant le plat de pommes de terre. Il avait grand besoin de vacances celui-là, et nous aussi.
Les garçons explosèrent de rire.
– Maintenant que Dumbledore est parti, lança Fred, plus rien ne nous empêche de lancer la phase numéro 1 du grand chambardement. Vous devriez vous tenir éloignés du second étage pendant un moment.
Puis ils filèrent en emportant avec eux une pile de club-sandwich. À la sonnerie de l'après-midi, les Gryffondor de cinquième année se dirigèrent vers le cours d'Histoire de la Magie qu'ils avaient en commun avec toutes les autres maisons.
À leur grande surprise, Tracy arriva. Harry eut du mal à cacher un haut le cœur lorsqu'il vit le mot « Cafard » formé sur son visage par d'énormes pustules plein de pus. Tout le monde cessa aussitôt de parler. Draco brisa le silence en ricanant avec force. Mais Tracy fit comme si elle ne l'avait absolument pas entendu.
– Hey, Trace', lança Blaise d'un ton graveleux, sympa ce nouveau fond de teint. Tu l'as dégoté à Troll Magazine ?
– Non, c'est ta mère qui m'en a fait cadeau, répondit-elle du tac au tac.
– En tout cas, ça te va comme un charme, dit Blaise, sans se dégonfler. Ça met en lumière ta beauté intérieure.
Tracy ferma un moment les yeux, comme si elle résistait à l'envie de le frapper.
– Je m'en fous de ce que tu penses de moi Zabini. En fait, je m'en fous de l'opinion d'à peu près chacun d'entre vous.
– Si tu t'en fichais vraiment, tu ne serais pas en train de te justifier, coupa Draco. Tu es un cafard, voilà tout.
– C'est tellement facile pour toi de dire ça ! Toi qui es né dans une famille d'aristocrates en ayant toujours tout eu ! Tu ne t'es jamais posé plus de questions que nécessaires au cours de ta petite vie d'enfant pourri. Alors ne viens pas juger la mienne ! D'ailleurs...
Tracy ne put achever sa phrase qu'une énorme détonation secoua le château. La plupart des élèves se plaquèrent les mains contre les oreilles. La cause du tumulte ne fut pas bien difficile à trouver : plus d'une centaine de feux d'artifices magiques, d'une taille appréciable, se baladaient partout dans l'étage. Mais au lieu de perdre en vigueur au bout de quelques minutes, ces miracles pyrotechniques semblaient gagner en énergie et en mouvement.
Ombrage et Rusard étaient cernés de toutes parts. Tétanisés face à la situation, ils eurent la bêtise de laisser plusieurs spécimens s'échapper par une porte ouverte et une fenêtre. Tous les Gryffondor s'étaient rassemblés pour contempler le spectacle avec délice. Quoi que fasse Ombrage, toutes ses tentatives se soldaient par des échecs pire, elle réussit même à doubler le nombre de feux d'artifices en envoyant des mauvais sorts au hasard.
– Je ne donne pas cher de sa peau, commenta Draco en remontant vers la salle commune, leurs cours ayant été annulés à cause du désordre. Aucun professeur n'a l'air décidé à l'aider, et tant mieux !
L'humeur était si festive qu'ils firent même une pause dans leurs révisions. Harry en oublia même qu'il avait croisé Tracy dans les couloirs quelques heures plus tôt, et que ses boutons ne semblaient pas l'embarrasser plus que ça. Il resta très tard éveillé, à regarder le feu se consumer dans la cheminée.
– Comment tu te sens ? interrogea Hermione en s'asseyant à ses côtés.
– Pas mal, mentit-il.
– Tu penses à Tracy, n'est-ce pas ? Je vois bien que ça te peine toute cette histoire, mais je crois sincèrement qu'il y a une raison à tout ça.
– Elle nous a tous vendus à Ombrage, alors non, il n'y a aucune raison valable.
Hermione décida de ne plus rien ajouter à cela. Le lendemain matin, quand elle leur annonça qu'il ne restait plus que six semaines avant les examens de B.U.S.E., Ron faillit défaillir.
Comme pour souligner l'importance et l'arrivée imminente des examens qui les attendaient, une pile de brochures et des prospectus furent distribués aux cinquièmes années. Mais ce qui semblait le plus les angoisser, c'était leur conseil d'orientation avec le directeur de leur maison. Harry et Draco, plutôt proches d'un point de vue alphabétique, rateraient tous deux une partie du cours de divination donné par Firenze.
C'est donc très heureux qu'ils quittèrent le cours plus tôt, en compagnie de Parvati. Celle-ci passa la première en les ignorant presque, toujours furieuse de la sale tournure qu'avait prise l'AD.
– Elle s'en remettra, claironna Draco en s'asseyant sur les marches de l'escalier conduisant au bureau de MacGonagall. Je te parie un gallion que d'ici l'année prochaine, elle aura tout oublié.
– Oui, sans doute, accorda Harry, tout de même anxieux. Tu sais ce que tu vas dire une fois à l'intérieur ?
– Non, pas vraiment. En fait, je n'avais jamais réfléchi à l'idée d'avoir un métier. Mes parents n'ont jamais travaillé de leur vie et ça ne leur traverserait pas l'esprit... Et toi, tu sais ce que tu veux faire après Poudlard ?
Harry avait eu la fugace idée de devenir auror, l'an passé. Mais maintenant, cette idée semblait tout à coup absurde : il avait largement eu son lot de magie noire et de violence pour toute une vie.
– J'aimerais beaucoup continuer le Quidditch. (Draco lui accorda un merveilleux sourire) En parlant de Quidditch... Viktor et toi, vous... ?
– Oh, non. J'ai décidé de rompre. Je me suis dit que ce n'était plus la peine d'insister. Et puis... (Draco rougit) Après ce qu'il s'est passé dans les toilettes l'autre jour, je me suis rendu compte de ce que je voulais vraiment.
Harry fut incapable de soutenir son regard une seconde de plus. Quand il regarda à nouveau Draco, ce dernier sembla profondément déçu. Il observait ses mains, gêné.
– Je... Je t'ai toujours beaucoup apprécié, dit Draco d'un air hésitant. Il m'a fallu du temps pour m'en rendre compte, mais maintenant, je sais. J'avais juste peur que ça change quelque chose entre nous si tu ne m'appréciais pas autant que moi je t'apprécie.
– Je t'apprécie, Draco. Tu ne dois pas en douter.
Harry n'avait pas l'habitude de le voir ainsi, chamboulé rien qu'à l'idée de parler.
– Harry, arrête une seconde de me mentir. Je sais que tu éprouves de la peine pour moi parce que... parce que tu sais que j'aime les garçons, que je t'aime, et que toi... tu es encore accroché à Tracy. Je ne veux pas que tu... que tu me montres de l'affection juste par pitié, tu comprends ?
Harry aurait voulu répondre quelque chose de pertinent, comme par exemple que Draco faisait complètement fausse route et que ce baiser... Eh bien, même s'il avait été très bizarre au début, n'avait pas du tout été déplaisant.
– Il faudrait mieux qu'on prenne nos distances quelques temps, murmura Draco, peiné. On se concentre sur les examens, et puis on verra pour le reste.
La porte s'ouvrit sur Parvati, qui repartait avec une pile de brochures d'un violet pétant.
– Elles t'attendent, dit-elle à l'adresse de Draco.
– Elles ? souligna Harry.
– Ombrage aussi est à l'intérieur. Elle n'était pas très contente que je passe avant toi, parce que mon nom commence par P. Enfin bon... A tout à l'heure.
Draco se releva puis se dirigea vers la porte, avec énormément d'appréhension.
– Asseyez-vous, Malfoy, ordonna MacGonnagal d'un ton sec. Vous voulez un biscuit ?
Draco accepta plus par automatisme que par réelle envie.
– Bien. Avez-vous consulté les brochures mises à votre disposition dans la salle commune ?
Dans son dos, Draco percevait nettement le griffonnement régulier de la plume d'Ombrage.
– Oui, je les ai toutes lues, répondit-il.
– Je n'en attendais pas moins de vous, Malfoy. J'ai sous les yeux les bulletins de vos cinq années à Poudlard. Ils sont tous excellents. Mais vous avez une certaine prédisposition pour les Sortilèges et les Potions. Vous êtes-vous intéressé à la carrière de médicomage ?
– Je... J'ai un peu peur du sang, avoua Draco, honteux.
– Ah, dit MacGongall, déçue. Je vous aurais pourtant très bien vu à Sainte-Mangouste diriger votre propre service. Cela peut aussi être quelque chose de passager. Gardez cette idée dans un coin de votre tête. Avez-vous une idée de carrière particulière dans ce cas ?
– Non, pas vraiment... Je pensais que cela pourrait attendre la septième année.
– Il faut dès à présent que vous ayez un projet, car de là nous déterminerons à quelles B.U.S.E vous devriez faire le plus attention. Ce rendez-vous vise aussi à fixer les matières que vous devriez garder en sixième et septième année. Peut-être pourrions-nous procéder par élimination : de quelles matières souhaitez-vous vous débarrasser d'ici l'année prochaine ?
– Divination, formula-t-il sans aucune hésitation, et Botanique. Je n'aime pas trop me salir, alors...
MacGonagall hocha de la tête comme si elle résistait à l'envie de faire un commentaire.
– Je vous conseillerais tout de même de garder la Botanique sous le coude. C'est une A.S.P.I.C. très souvent demandée. En fait, dans votre cas de figure, je vous recommanderais d'en garder le plus poss-...
– Professeur ! s'écria Harry, entrant en trombe dans le bureau. Je... Désolé, mais des gens hurlent en bas !
Ombrage sauta sur ses jambes courtaudes puis fila à l'endroit indiqué.
– Restez ici vous deux, ordonna l'enseignante de métamorphose.
Les cris devinrent de plus en plus intenses. Harry fit signe à Draco d'approcher puis jeta la cape d'invisibilité sur eux. Désormais trop grands pour passer inaperçus sans se courber, ils progressaient bien plus lentement que dans le passé.
– Comment ça se fait que tu l'aies avec toi ?
– Je ne m'en sépare plus depuis le début de l'année, répondit Harry en un murmure. Sirius me l'a conseillé.
Au sixième étage, un gigantesque marécage était apparu comme par magie, engluant de pauvres élèves qui le traversaient dans des mares de boue. Draco ricana en voyant un crapaud retomber mollement sur la tête de Goyle. Médusée, Ombrage vociférait des ordres incompréhensibles à un Rusard dépassé. Malheureusement, la plaisanterie fut de courte durée car Ombrage réussit à trouver les coupables, cachés dans un placard à balais.
Fred et George ne nièrent pas les faits reprochés, au contraire.
– Très bien, fulmina Ombrage, vous allez voir ce qui arrivent aux canailles de votre espèce dans mon école.
– Eh bien moi, je crois qu'on ne va rien voir du tout, rétorqua Fred. Le moment est venu de montrer notre talent, n'est-ce pas George ?
– Certainement, approuva son frère.
Et d'une même et unique voix, ils s'exclamèrent :
– Accio balai !
Les deux Brossdurs des jumeaux foncèrent vers leurs propriétaires, qui les enfourchèrent sans la moindre difficulté.
– Si quelqu'un a envie d'un marécage portable comme celui-ci, faites appel aux Frères Weasley !
– Réduction spéciale pour ceux qui voudraient l'utiliser contre cette vieille gargouille, ajouta George.
De nombreux élèves applaudirent et Harry remarqua que Flitwick leur accorda un clin d'œil. Les jumeaux décrivirent un looping, puis s'échappèrent par les dédales du couloir sous les acclamations réjouies des élèves.
– On devrait faire la même chose, soupira Harry, plein d'envie. Nous enfuir d'ici.
Et Harry n'eut pas besoin de tourner la tête vers son meilleur ami pour savoir que celui-ci approuvait vivement.
Ooo
La semaine qui suivit, les dégâts laissés par Fred et George continuèrent d'ébranler la vie du château. Ils n'avaient laissé aucune instruction sur la manière de se débarrasser de l'immense marécage qui semblait s'étendre de jour en jour. Ombrage avait essayé divers moyens pour le faire disparaître, en vain. La plupart des cours du troisième étage furent alors donnés dans le parc ensoleillé, à la plus grande joie des élèves.
Stimulés par l'exemple des jumeaux, de nombreux élèves s'étaient lancés dans une compétition sans foi ni loi afin d'occuper leur poste désormais vacant de trouble-fait. Fergus Shacklebolt se distinguait jusqu'à présent avec les honneurs, après avoir lancé un bébé mandragore dans une salle d'étude pleine à craquer de premières années. Ils s'étaient tous aussitôt évanouis dans l'indifférence totale et on ne les avait retrouvés qu'après l'heure du dîner, quand Draco entama sa ronde de préfet.
Ce dernier aussi était au cœur de bien des changements : la presse avait rendu publique sa rupture avec Krum, et il n'avait depuis pas un seul moment de répit. Certaines personnes s'étaient même lancées dans des paris pour savoir combien de temps tiendrait Viktor avant de s'afficher avec une nouvelle conquête. Draco faisait comme si cela lui importait peu, passant plus de temps à la bibliothèque que nécessaire. Harry se demandait si c'était réellement pour réviser ses examens, ou plutôt pour éviter toute question embarrassante.
À côté de ça, l'attitude de nombreuses personnes avaient changé vis-à-vis de son meilleur ami. Harry avait remarqué plus d'une fois des garçons lui jeter des regards avides puis détourner la tête dès que Draco levait le nez dans leur direction. Pour rien au monde Harry n'aurait voulu que Draco retombe sous le charme de quelqu'un. Le Survivant avait l'impression de tout juste le retrouver et n'appréciait pas l'idée de le ''perdre'' à nouveau.
– Je vais te le répéter combien de fois encore ? s'impatienta Draco tandis qu'ils finissaient tard leurs nombreux exercices de Botanique. Aucun de ces garçons ne m'intéresse ! Tu penses vraiment que je vais me mettre avec Adrian Pucey ? Ou ce stupide Burt qui pue des dessous de bras à longueur de journée ? Je ne suis pas désespéré à ce point ! Et puis, j'ai envie de rester concentré sur les BUSE.
En général, Draco répliquait par un sec « Occupe-toi de tes fesses, Harry », qui s'avérait très frustrant. Avec cette explication, au moins, Harry se sentit tout à coup soulagé. Ils n'avaient toujours pas abordé le sujet de ce qu'ils s'étaient dit avant le conseil d'orientation. Et Harry en éprouvait une extrême satisfaction : hors de question de se retrouver embarqué dans une de ces terribles conversations à propos de leurs émotions.
Pourtant, Harry avait beau garder le silence à ce sujet, les preuves n'en demeuraient pas moins nombreuses. Le soir, il s'endormait souvent du côté de Drac, pour l'apercevoir s'assoupir. Le visage de ce dernier était absolument fascinant quand il était calme, les yeux fermés. Les quelques rayons de lune venaient effleurer ses cheveux d'un blond pâle, et ses traits avaient l'air bien plus détendus et agréables qu'en plein jour.
Harry ressentait le besoin constant d'être proche de lui, chose qu'il ne lui était absolument pas nécessaire l'an dernier, par exemple. Il adorait aussi le fait de passer un peu de temps rien qu'avec lui, sans Ron ou Hermione pour les perturber... Sans parler du fait que sa jalousie grignotait peu à peu du terrain. Harry refusait de s'imaginer dans une relation d'une autre nature avec lui.
Draco était son ami. Un très bon ami, certes, mais il ne se voyait pas... lui tenir la main dans les couloirs du château, par exemple. Cependant, une minuscule partie de lui se demandait avec curiosité quel effet cela ferait à leur entourage, s'ils se mettaient vraiment à se bécoter en public. Que dirait Ron là-dessus ? Et Sirius ? Oh, d'après ce que Harry avait retenu des explications de Draco en troisième année, la plupart des enfants nés dans des familles sorcières étaient très ouverts sur la question. Mais ça resterait bizarre, non ? Draco et lui n'étaient pas faits pour être ensemble... Certainement pas.
Son esprit était désormais tellement saturé d'informations que Harry ne parvenait jamais à faire le vide avant de s'endormir (ce que Rogue lui reprocherait lors de leur prochaine séance d'occlumancie). Le lendemain, il éprouva même une certaine anxiété à l'idée de se rendre dans les cachots. Rogue l'attendait au-dessus d'une pile conséquente de copies à corriger. Il griffonna un « D » sur l'une d'elle avant de poser ses yeux vitreux sur le Gryffondor.
– Vous êtes en retard, dit-il simplement, sans aucune émotion dans la voix. Bien, levez-vous. Nous verrons si vous vous êtes exercé depuis la semaine dernière... Sortez votre baguette, Potter.
Harry s'exécuta, serrant les dents d'anticipation. À peine avait-il eu le temps de se préparer psychologiquement à cette brutale infiltration dans son esprit que Rogue le sondait déjà.
… Il était tout petit, trois ans peut-être, se tordant le ventre sous le coup de la faim tandis que Duddley dévorait un hamburger... Il grimpait à un arbre du jardin afin d'éviter de se faire mordre par Molosse, l'énorme bouledogue de la tante Marge... Il regardait avec envie un groupe de petits garçons filer sur des vélos flambants neufs sur Privet Drive... Il entendait les Dursley se plaindre de lui, depuis la cuisine... Il entrait chez Ollivander afin d'acheter sa baguette magique... Il serrait Sirius dans ses bras pour la toute première fois... Il était dans une cabine de toilettes, serré contre Draco, qui l'embrassait tout en tenant ses épaules...
Tout à coup, ses souvenirs s'arrêtèrent. Harry pensait avoir fait preuve d'une énorme force mentale pour interrompre ce carnage, avant de réaliser que Rogue avait tout simplement abaissé sa baguette.
– Quel était ce dernier souvenir ? demanda-t-il, intrigué.
– Je n'ai pas envie d'en parler, articula péniblement Harry, moite de sueur.
– Vous devriez. Dumbledore aimerait être au courant de ce genre de choses.
– Je ne crois pas que cela regarde Dumbledore, ou vous par la même occasion, rétorqua Harry, avec agacement.
– Je crains que cela soit pleinement les affaires du directeur ce qu'il peut se passer entre Mr Malfoy et vous. (Harry lui lança un regard venimeux) Avez-vous seulement conscience de ce que le Seigneur des Ténèbres pourrait faire d'une telle information ? J'imagine que cela ne vous à même pas effleuré l'esprit, n'est-ce pas Potter ? Draco appartient à une très puissante famille conservatrice. Lucius Malfoy tolère peut-être pour le moment votre désagréable présence dans le cercle d'amis de son fils, mais nous entrerons dans un jeu autrement plus dangereux s'il advenait... que Draco et vous... vous vous fréquentiez.
Rogue se tut, tandis que Harry baissait la tête, résigné.
– Le Seigneur des Ténèbres pourrait alors l'utiliser contre vous. Il pourrait vous le prendre, le torturer, le détraquer, puis vous le rendre en ayant empoisonné chacun de ses souvenirs pour que Draco vous haïsse plus que quiconque sur cette Terre. Il pourrait tout aussi bien l'exécuter devant vous, sans que vous ne puissiez rien y faire... Ou encore, le vendre à l'un de ses fidèles lieutenants avides de jeune chair fraîche, si ce n'est tout ça à la fois.
Malgré lui, Harry sentit des larmes poindre aux coins de ses yeux. Il les essuya d'un geste rageur, se répugnant de se dévoiler ainsi à Rogue.
– Voici donc votre plus grande faiblesse, n'est-ce pas ? Vous avez besoin de Draco plus que vous n'osez l'admettre. Mais si le Seigneur des Ténèbres l'attrape avant que vous...
– Je ne laisserai pas faire ! cria Harry. Il ne le touchera pas.
– Alors prouvez-le-moi.
Harry en tremblait de rage et de dégoût.
– Je compte jusqu'à trois, continua Rogue. Un... Deux... Trois ! Legilimens.
Harry fut assailli de souvenirs à une vitesse si fulgurante qu'il éprouva du mal à les distinguer les uns des autres. Il était tombé à genoux, au milieu du bureau de Rogue, tremblant à la fois de froid et de chaud. La vision de Draco avait comme sonné une sorte de glas.
– Levez-vous ! aboya le professeur de potions. Debout, Potter ! Faites un effort. Là, vous me donnez des armes à utiliser contre vous ! Vous êtes strictement incapable de vous débarrasser de vos émotions.
– Draco m'a dit que vous lui aviez aussi enseigné l'occlumancie, interrompit Harry en se relevant. Il m'a dit que c'était quelque chose de facile. Pourquoi est-ce que moi je n'y arrive pas ?
Rogue passa sa langue sur ses lèvres sèches.
– Draco comprend la magie mieux que la plupart de vos petits camarades, Potter. Il ne se contente pas de jeter des sorts en l'air, à tout hasard. Il maîtrise ce qu'il fait, malgré tous les changements se trouvant sur sa route. C'est ce qui fait la différence entre vous deux. Pendant la guerre, d'excellents sorciers sont morts. Ceux qui restent, ce sont les autres... Ceux qui ont compris. Si vous n'y arrivez pas pour l'instant, c'est parce que vous ne le désirez pas vraiment. Peut-être même... que ça vous plaît que j'entre dans votre cerveau...
– Non ! cria Harry. Je déteste ça.
– Eh bien sachez qu'encaisser un sort de légilimencie en étant prévenu est autrement plus facile que dans une situation effrayante, en étant pris au dépourvu.
Harry opina malgré lui, sachant que Rogue avait raison.
À la fin de la séance, jamais il ne s'était senti aussi faible. Il trouva Ron et Draco dans la salle commune, leur tenue de Quidditch sur le dos.
– Oh, ben merde Harry, murmura Ron. T'en fais une sale tête...
– J'ai eu mon rendez-vous avec Rogue.
– Il t'a encore fait vivre des trucs désagréables ?
Harry acquiesça, ne trouvant pas la force de répondre. Il évitait soigneusement de regarder dans la direction de Draco.
– Je n'y arrive pas. Je ne suis pas fait pour... ce genre de magie.
– Alors, ça veut dire que tu ne le veux pas, dit Draco.
– Je savais que tu dirais exactement ce genre de chose, s'énerva Harry. Rogue aussi me l'a dit.
– Harry, ce n'est pas un reproche que je te fais, reprit-il. C'est la stricte vérité. Beaucoup de sorciers font de la transmission de pensée malgré eux, parce qu'ils ont envie d'être vus ou entendus ! C'est une sorte de... don inconscient.
Ron fronça des sourcils.
– Alors tu penses que Harry est doué en occlumancie ?
– Peut-être pas, non, admit Draco. Mais je crois qu'il... qu'il excelle en légilimencie, tout comme V-... Enfin, Vous-Savez-Qui.
Ron et Harry braquèrent leurs yeux sur lui.
– C'est pourtant logique, non ? Harry, le soir où tes parents sont morts, le sortilège de Tu-Sais-Qui a ricoché sur toi. Mon père a longtemps pensé qu'à cause de ça, tu avais hérité de certains dons... Des dons que Tu-Sais-Qui aurait préféré garder pour lui seul. Il t'a légué malgré lui le pouvoir de parler aux serpents. En deuxième année tu nous as juré que personne dans ta famille n'était Fourchelangue ! Et puis, tout le monde sait que Tu-Sais-Qui est le meilleur en matière de légilimencie. Ça aussi, il a dû te le donner. (Un silence de plomb régnait dans la salle commune) J'y ai pas mal réfléchi ces derniers mois. J'en ai même parlé à Hermione plusieurs fois et nous sommes tombés d'accord là-dessus. Ton espèce de pouvoir le légilimens t'empêche de fermer convenablement ton esprit.
– Ça se tient, admit Ron. Mais dans ce cas, comment t'expliques le fait que Harry se soit retrouvé dans le corps du serpent ?
– Je ne sais pas, concéda Draco. En attendant, Harry, tu dois faire très, très attention à ce que tu penses.
Harry ressentit une nouvelle fois l'impression d'être souillé et suivi, jusque dans les tréfonds de son esprit...
