Posté le : 7 Octobre 2015. Je poste juste avant d'aller en cours, si c'est pas prodigieux, ça !


Note d'auteur : Ok, ok, jusqu'ici, je tiens mon engagement régularité. Cependant, dès que le tome 5 sera terminé, il faudra s'attendre à une coupure de un mois environ, le temps que j'avance dans l'intrigue du T6. J'ai commencé par rédiger ce qui était le plus délicat, aka, les souvenirs liés à Voldemort. Mais bon, encore beaucoup, beaucoup de travail pour en arriver là.

Sinon, je vais répondre à certaines de vos questions :

On m'a demandé comment Harry savait de source sûre qu'il était le seul de sa famille à parler le Fourchelang sans les avoir jamais rencontré. Et ça, je ne peux pas y répondre car c'est JK Rowling qui l'a présenté tel quel, dans les livres c'est écrit de cette façon, donc bon. Je ne vais pas imaginer une solution à sa place, haha. Chacun son tas de bouse. Plus d'infos sur la généalogie Potter sont sortis sur Potter, out of the blue. Régalez-vous, même si, pour avoir tout lu, ça ne sert pas particulièrement à grand chose.

On s'est aussi étonné que Draco admette de suite ses sentiments pour Harry et les lui dise facilement. Je pense que ça c'est lié à la spontanéité du personnage et sa relation quasi exclusive avec Harry. Il se voit mal lui cacher un truc et il a aussi besoin de se sentir rassuré (ce qu'il n'obtient pas dans cette scène, en tout cas... pas comme il l'imaginait). Depuis très longtemps Draco a conscience qu'il aime Harry mais il était juste trop petit pour s'en rendre compte. Je dirai que depuis le T2 Draco développe des sentiments amoureux pour lui en cachette. Après, je ne voulais pas entrer dans le schéma classique et ennuyant du type « Draco cache ses sentiments pendant près d'une décennie puis quand il frôle la mort, admet à Harry qu'il est son âme-soeur ». Fin bon, ça on en a mangé à toutes les sauces dans les fics. Donc si Harry SAIT que Draco l'aime, ça rend les choses plus épicées car la balle est définitivement dans son camp. C'est pas décevant à mon sens, c'est juste différent et complètement... plus... mmh, psychologique ?

Si Harry arrive à percevoir les souvenirs de Rogue dans le livre, ce n'est pas grâce à la Legilimencie (même si j'en aurai rêvé éveillé), mais parce qu'il lance un sortilège Protego. D'ailleurs, utiliser la Legilimencie comme alibi sera une des pierres de mon édifice du T6. Ça sort complètement de la trame de JKR.

Oh, et si Harry n'a pas envie de devenir auror dans cette version de l'histoire, c'est parce qu'avec la présence de Draco, il se rend compte que tout n'est pas noir ou blanc. Et il a moins envie de prendre position sur ce genre de choses. Sinon, ouais, j'ai bien une timeline de l'histoire en tête. Mais bon, je ne dévoilerais rien d'autres car ce sont des choses expliquées par la suite !

Merci pour tous vos commentaires,

Bonne lecture & à bientôt !


Chapitre 30 : « BUSE »

Le dernier match de Quidditch de la saison opposant Serdaigle à Gryffondor devait avoir lieu après le petit-déjeuner. Même si la voie semblait être ouverte pour les rouge et or depuis la défaite de Serpentard contre Poufsouffle, les chances de victoire restaient très minces à cause du nombre phénoménal de buts qu'encaissait Ron à chaque rencontre.

C'est donc défaitistes que la plupart des Gryffondor rejoignirent les gradins. Harry, qui était frustré de ne pas pouvoir jouer la finale, regarda Draco prendre sa place entre les joueurs. Les remplaçants de Fred et George n'étaient certes pas à leur niveau, mais ils parvenaient tout de même à rester sur leur balai plusieurs heures d'affilées, ce qui n'était pas le cas des autres élèves qui avaient postulé. Lee Jordan semblait profondément démoralisé par le départ des jumeaux et commenta l'arrivée des joueurs sur le terrain avec moins d'entrain que d'ordinaire.

Cho Chang et Draco volaient bien au-dessus de la foule, prêts à en découdre. Dès que Mrs Bibine donna le coup de sifflet et que les balles furent lâchées, une véritable mêlée secoua les poursuiveurs afin de s'emparer du Souaffle. Draco tournoya autour des buts, dans l'espoir de repérer d'emblée le Vif d'or, même si ce serait miraculeux au bout d'une seule minute de match.

Cho avait une approche différente : elle faisait du sur place, étudiant chaque centimètre carré du terrain. Draco plongea à quelques mètres du sol, tout en gardant un œil sur ce qu'il se passait au-dessus, puis finit par remonter en chandelle, dépité. Un cognard faillit l'effleurer. Draco se baissa juste à temps et celui-ci alla frapper de plein fouet Katie Bell. Cette dernière parvint à rester accrochée à son Comète d'extrême justesse, et Mrs Bibine exigea un temps mort.

Les Gryffondor s'approchèrent pour vérifier que tout allait bien, tandis que Mrs Pomfresh lançait des sorts anti-contusions à la poursuiveuse.

– Ça s'annonce mal, coassa Ron, blême.

– Ne dis pas de conneries, rétorqua Draco.

– Tout le monde va encore se moquer de moi..., murmura Ron, comme s'il n'avait rien entendu.

Draco l'empoigna par le col, faisant presque se heurter leur balai.

– Ecoute-moi, espèce d'idiot, tout le monde croit en toi dans cette équipe. La seule personne qui doute encore, c'est toi. Et tu sais pourquoi ? Parce que sans arrêt tu te compares à tes frères qui ont tous, à tes yeux, quelque chose de plus que toi. Mais c'est faux. Tu es sans doute le meilleur Weasley de toute cette foutue famille. Et tu es aussi un de mes meilleurs amis. Tu m'as aidé depuis notre deuxième année et si je dois te porter sur le dos pendant toute la durée du match pour que tu bloques ce foutu Souaffle, je le ferais Ronald. Maintenant, soit tu te morfonds sur ton triste sort de tocard, soit tu prouves une bonne fois pour toute à cette école que tu es un dieu du stade.

Ron le fixait la bouche entrouverte. Mrs Bibine signala la reprise du match et Draco s'envola loin au-dessus des gradins, à la recherche du Vif. Les Gryffondor avaient la balle.

– Angelina fonce, commenta Lee dans le micro, plus rien ne semble l'arrêter. On dirait une torpille ! Patrick Chambers essaie de contre-attaquer et... Aaarg ! Il récupère le Souaffle. Il s'approche des buts de Weasley... Allez, Ron, courage. Chambers tire ! RON BLOQUE LA BALLE !

Une marée rouge fit trembler les gradins. Draco esquissa un sourire en coin.

– … Ron rend la balle à Alicia qui la lance à Angelina. Les poursuiveuses de Gryffondor contournent Roger Davies en une parfaite passe synchronisée. Elles s'approchent des buts gardés par Paige Low et... marquent !

Draco se concentra alors sur la petite balle dorée. La chaleur commençait à être écrasante et il se lança plusieurs fois un sortilège de rafraîchissement pour ne pas être pris de vertige. Le Vif d'Or semblait complètement absent et Draco se demanda même si l'arbitre l'avait bel et bien lancé en même temps que le Souaffle et les Cognards.

– WEASLEY CONTRE L'ATTAQUE DES SERDAIGLE ! hurla Lee dans le micro. Weasley est époustouflant ! Une vraie graine de champion !

Draco se faufila entre les poursuiveurs Serdaigle afin de créer la zizanie parmi leurs rangs, ce qui permit à Alicia de marquer une nouvelle fois. Il remonta en chandelle sur son Nimbus 2001 et reprit sa recherche assidue. Les rayons de soleil verticaux lui compliquaient terriblement la tâche, mais au moins, Serdaigle n'avait toujours pas marqué le moindre point et Gryffondor avait une très bonne avance.

Draco ressentit une vague incroyable de confiance et d'optimisme. Il effectua un looping dans le ciel tandis que Gryffondor marquait un autre but – Génial ! Draco voulait tellement rendre Harry fier, que son meilleur ami se rende compte qu'il pouvait être un excellent remplaçant... Draco tourna la tête au moment précis où un éclat doré fila au-dessus des têtes des élèves de Serpentard. Il fonça comme un fou dans leur direction, slalomant entre les bannières.

Il entendit de nombreux cris d'encouragement et se pencha sur son balai, pour lui faire prendre en vitesse. Le Vif d'Or – car c'était bien lui – tourna sans aucune logique, à droite puis à gauche, tourbillonna vers le sol, et alla ricocher sur la tribune des professeurs. Draco sentit Cho se caler sur sa cadence, à moins d'un mètre de lui. Il suivit le Vif d'Or à la trace, mais ce dernier bifurqua brusquement à gauche, mettant Cho à son avantage. Draco roula en tonneau afin de la déstabiliser et profita de l'ouverture pour tendre la main. Encore quelques centimètres, pensa-t-il. Il pria Merlin, le bras toujours tendu, puis sentit la minuscule balle être enfermée entre ses doigts.

– DRACO MALFOY A ATTRAPÉ LE VIF D'OR ! vociféra Lee Jordan, au comble de la félicité. GRYFFONDOR GAGNE LA COUPE !

Jamais de sa vie Draco ne s'était senti aussi aimé. Il remarqua à peine Ron qui fonçait dans sa direction, suivi par tous les autres membres de l'équipe. Ron et Draco se serrèrent dans leurs bras, fous de joie.

– On l'a fait ! s'écria Ron. On l'a fait !

Le score affichait 410 points pour Gryffondor, et aucun pour Serdaigle... Ron n'avait laissé passer aucun but durant toute la rencontre. Cela relevait du génie ! Angelina pleura à chaudes larmes quand Mrs Bibine lui tendit la coupe, et chaque membre de l'équipe eut le droit d'embrasser le trophée. Au sol, ils virent Minerva MacGonagall se moucher bruyamment dans un mouchoir à motifs écossais. Sous le coup de l'émotion, elle fit une bise à chacun des joueurs. Ron eut le droit à une salve de félicitations particulièrement chaleureuses.

– Ron ! Ron ! Ron !

Draco remarqua à peine qu'il tenait encore le Vif d'Or dans son poing. Harry et Hermione émergèrent de la foule, les cheveux en désordre et semblant essoufflés. Ils lancèrent tout de même un sourire radieux à l'équipe triomphante qui se dirigeait désormais vers le château.

– Vous avez vu ça ! s'écria Draco, sautillant de joie. Ron a été incroyable !

Hermione et Harry se regardèrent, tout à coup gênés.

– On a pas vu grand chose du match, avoua la préfète. En fait, on... (Elle regarda tout autour d'elle) On est parti avec Hagrid dans la Forêt Interdite, chuchota-t-elle. Il nous a montré quelque chose d'incroyable.

– On vous racontera tout en détails demain, assura Harry. Pour l'instant, profitons de la victoire, d'accord ?

Draco acquiesça, ne sachant pas trop quoi en penser. Harry lui attrapa discrètement la main, tandis qu'une foule serrée les entourait. Draco rougit légèrement, avant d'enlacer ses doigts aux siens. Harry marchait l'air de rien et finit par s'écarter seulement en arrivant au bas du Grand Escalier.

La nuit fut extrêmement mouvementée dans leur salle commune, et Draco faillit s'endormir debout, une bièreaubeurre à la main. Il finit par rejoindre son lit en pensant à la pile monstrueuse de devoirs qui l'attendait et à son planning révisions qui venait d'en prendre un sacré coup.

Ooo

Le lendemain, l'euphorie de Ron était telle qu'il ne parvenait pas à se concentrer sur quoi que ce soit. Néanmoins, il était plus que temps pour Harry et Hermione de dévoiler ce qu'ils avaient vu dans la Forêt Interdite. Ils décidèrent de prendre quelques affaires pour aller réviser sous le grand hêtre près du lac, où ils risquaient d'être moins entendus que dans la salle commune.

– QUOI ? s'étrangla Ron, stupéfait. Vous voulez dire que... que Hagrid a caché son frère ici, dans la forêt ?

Hermione et Harry acquiescèrent douloureusement. Même eux n'arrivaient toujours pas à y croire.

– Hagrid nous l'a montré pour qu'on lui tienne compagnie si Ombrage réussissait à le licencier, ajouta sombrement Hermione. Avec tout ce qu'on a à faire, ça risque d'être compliqué.

– Son frère n'a pas l'air très heureux, en plus, précisa Harry. Mais Hagrid maintient qu'il l'a emmené pour son bien.

– Oui, bien sûr, répondit sarcastiquement Draco en faisant le tri dans ses fiches de révision, il lui fait du mal, mais c'est uniquement pour son bien. Hagrid est taré. Je sais que vous l'aimez tous beaucoup, mais il faut juste être maboule pour kidnapper puis séquestrer un membre de sa famille sans y voir aucun mal.

– Jusque là, Hagrid a réussi à tenir, malgré les inspections de Ombrage, non ? Peut-être qu'il arrivera à conserver sa place jusqu'à la fin de l'année ? dit Harry, avec une pointe d'optimisme.

Les jours suivants passèrent à une vitesse telle, que Harry se retrouva légèrement désappointé quand MacGonagall leur distribua à chacun une convocation d'examens. Les épreuves étaient étalées sur deux semaines, durant lesquelles ils passeraient la théorie le matin, puis la pratique l'après-midi. Draco avait de plus en plus de mal à cacher son anxiété, qui se trahissait par ses questions plus ou moins subtiles afin de connaître toutes les réponses.

Le matin de la première épreuve de Sortilèges, tout le monde semblait sur le qui-vive.

– Au moins, ça, je suis sûr de réussir, chuchota Draco à Ron.

Il était vrai que Draco primait majeur de sa promotion en Sortilèges, ce qui agaçait prodigieusement Hermione. Pendant la pratique, Harry entra peu après Draco dans la salle, ce qui lui permit de regarder de loin ce qu'il fabriquait. Draco réussit de très nombreux enchantements dépassant de loin le niveau actuel de la classe.

– Bravo, bravo ! s'écria l'examinateur extrêmement âgé qui faisait face à Draco. C'était parfait, jeune homme.

Curieusement, Draco prit une étrange couleur rose vif avant de marmonner un bref merci et de s'en aller. Harry vit l'examinateur tracer un large « O » sur le carnet de Draco avant de lui demander de s'installer à sa place. Aux autres tables étaient installées Parvati et Padma Patil, ainsi que Pansy Parkinson.

Harry l'aperçut cafouiller sur la formule de Croissance, transformant alors un tuyau d'arrosage en éléphanteau. Il retint de justesse une exclamation moqueuse avant de se concentrer sur son évaluation. Dans l'ensemble, Harry estima s'être bien débrouillé. Pas un seul des sortilèges qu'on lui demanda d'exécuter ne tourna à la catastrophe. Il réussit même à répondre à une question particulièrement difficile à la fin de l'interrogation orale.

– Merci, Potter, clama l'examinateur. Vous pouvez y aller.

À sa plus grande surprise, Draco l'attendait juste derrière la porte, apparemment surexcité.

– Alors ? Tu as réussi ?

– Oui, je crois.

– On devrait fêter ça.

– Quoi ? Mais c'est notre première épreuve !

– Je sais, mais... Tout de suite après les BUSES, on retournera chez nous. Et on ne se verra pas pendant très longtemps, tu ne crois pas ?

Harry acquiesça, trop heureux de passer un moment privilégié avec son meilleur ami. Ils se précipitèrent vers le parc ensoleillé et presque vide à cette heure-ci. Les autres cinquième année devaient sans doute être à la bibliothèque à réviser, tandis que le restant de l'école avait encore cours. Les deux amis s'installèrent aux abords du lac, après avoir retroussé leur pantalon et enlevé leurs chaussures.

– J'espère qu'Ombrage va disparaître d'ici l'année prochaine, chantonna Draco.

– Si ce n'est pas le cas, je mettrai un point d'honneur à la faire partir.

Ils ricanèrent tous les deux.

– Tu sais, quand on est en cours, j'imagine un millier de façons différentes de la torturer, sans pouvoir me décider sur laquelle serait la plus divertissante, reprit Harry.

– Oooh, j'avais cru que c'était simplement de la concentration. Suis-je bête ! s'écria Draco en se tapant légèrement le front.

– Morte étouffée en avalant de la bouse, continua Harry d'un ton froid et calculateur. Ça, c'est le summum. En tout cas, il vient loin devant être dévorée par des Pitiponks qui l'auraient confondue avec un cadavre en décomposition... (Draco ricana) Ou encore, mariée à un troll et forcée de consommer leur lune de miel.

– Stop, stop, stop, implora son camarade. Je refuse de m'endormir avec cette image mentale.

Harry haussa vaguement les épaules :

– C'est plus le troll qui est à plaindre là-dedans.

Ils passèrent un certain temps à parler de tout et de rien, tandis que Draco arrachait des poignées d'herbe. Finalement, il déposa sa tête sur l'épaule de Harry, le prenant au dépourvu :

– Je n'ai pas envie que l'été arrive, geignit-il. Mes parents vont être horribles avec moi... Et puis, je vais devoir vous dire au revoir pour de bon. Apparemment, mon inscription à Durmstrang est réglée. Ma mère m'a écrit pour me dire qu'ils avaient visité l'institut et réservé une des meilleures chambres... Mais même si c'est sûrement la plus belle, il me manquera toujours quelque chose, tu vois.

Harry voyait parfaitement. Même s'ils étaient éloignés d'un ou deux mètres dans le dortoir, ils s'étaient toujours endormis l'un près de l'autre.

– Peut-être que... c'est une bonne chose, tenta Harry, avec une pointe de regret dans la voix. Peut-être que Durmstrang t'ouvrira de nouvelles opportunités, et que tu rencontreras... enfin... le garçon qui...

– Laisse tomber, s'énerva tout à coup Draco en époussetant son pantalon. Allez, on rentre.

En retournant dans leur salle commune, Harry se rendit vite compte que leur courte absence était passée inaperçue. Tout le monde semblait trop obnubilé par le déroulement des examens. Draco ne lui adressa pas la parole du restant de la soirée. Harry se demanda s'il lui faisait la tête, ou s'il était décidé à réviser le plus possible avant l'épreuve de Potions du lendemain.

Pour l'occasion, la Grande Salle fut transformée en vaste laboratoire où chacun disposait de sa paillasse. Hermione était au premier rang, les cheveux plus ébouriffés que jamais. Ils possédaient tous des mêmes ingrédients sur leur table.

– Certains des éléments devant vous sont des pièges, les informa l'examinatrice Marchebank. Vous n'aurez besoin que de dix-sept des vingt-deux ingrédients pour concocter votre potion. À vous de déterminer lesquels sont des pièges pour préparer... (Elle agita sa baguette magique, dévoilant l'intitulé de l'examen ainsi que le sujet)... un antidote contre les blessures magiques profondes. Vous trouverez les indications principales sur le rouleau de parchemin devant vous. Il manque six étapes fondamentales pour venir à bout de cette préparation. À vous de les anticiper et de remplir le parchemin. À la fin, votre préparation doit avoir... (Nouveau coup de baguette magique) cette belle couleur émeraude. Vous avez trois heures. À vos chaudrons !

Harry estima s'être plutôt bien débrouillé. L'épreuve fut moins redoutable qu'il ne l'avait imaginé, et il était meilleur potionniste quand Rogue ne le tyrannisait pas. Aux dernières minutes de l'épreuve, le flocon de Harry était d'un vert pâle. Au moins, il ne ressemblait pas à celui de Goyle, d'un noir d'encre.

– Alors, vous avez réussi ? demanda Ron, au paroxysme de la nervosité.

– La mienne était jaune, soupira Neville. Jaune, ce n'est pas très éloigné de vert, non ?

– Si je n'ai pas un Optimal à cette épreuve, le ministère serait tombé sur la tête, commenta Draco avec fierté. J'ai trouvé le sujet d'examen très intéressant, et je pense me spécialiser dans les potions de guérison quand je serai au niveau ASPIC.

– La mienne n'avait pas les reflets que je voulais, murmura Hermione, dépitée. Mais, si j'ai un Acceptable...

– Tu auras un O, tout le monde le sait, s'impatienta Ron. Bon, on part réviser la métamorphose ?

Le restant de la semaine se déroula à une vitesse prodigieuse, et Ron passa le plus clair de son temps à manger et à se plaindre pour compenser sa forte anxiété.

Le mercredi soir, aux alentours de minuit, ils passaient l'épreuve pratique d'Astronomie. C'était l'une des épreuves que Ron redoutait le plus à cause de son manque flagrant de précision. En arrivant au sommet de la tour, les conditions météo étaient idéales. Ils disposèrent chacun leur télescope, ett une carte vierge à remplir leur fut distribuée. Draco se trouvait à l'autre bout du balcon, près des Poufsouffle, et Hermione, légèrement sur la droite. Harry était en train d'ajouter l'un des satellites de Saturne, quand plusieurs silhouettes firent irruption en plein cœur de la nuit.

Ces personnes remontaient le chemin sinueux menant à la cabane de Hagrid. En fronçant des yeux, Harry distingua nettement Ombrage et eut un mauvais pressentiment, qui se confirma par la suite. Elle toqua à la porte du garde-chasse avec une détermination palpable. À la lueur des torches, Harry reconnut distinctement quelques personnes du ministère. Il ne comprenait pas ce qui aurait pu inciter Ombrage à faire un tour dans le parc après minuit, et encore moins accompagnée d'autant de personnes... Les aboiements de Crockdur, le gros chien de Hagrid, se répercutèrent en échos dans la nuit calme.

– Gardez le nez sur votre carte, s'il vous plaît, pria l'examinateur. Il ne vous reste plus que vingt minutes.

À sa droite, Dean se remit à griffonner avec fébrilité. Harry était tétanisé par la peur, bien qu'il rassemblait tous les efforts du monde pour ne pas le laisser paraître. Tout à coup, une détonation spectaculaire retentit dans le parc et plus personne ne sembla s'intéresser à la carte du ciel. Ombrage et les employés du ministère lançaient sur Hagrid des sortilèges qui semblaient à chaque fois rebondir sur lui, mais ce ne fut pas le cas de Crockdur.

– Comment OSEZ-VOUS ?

La voix de MacGonagall, malgré la cacophonie de l'affrontement, résonna avec une netteté glaçante. La directrice des Gryffondor descendait précipitamment les marches du hall d'entrée et courrait à leur rencontre.

– Laissez ce pauvre homme tranquille ! Laissez-le, je vous dis ! Laissez-le !

Mais personne ne semblait l'écouter. Pire encore, les cinq sorciers réunis se retournèrent simultanément et lancèrent un sort de stupéfixion à MacGonagall qui tomba raide parmi les hautes herbes. Parvati hurla de terreur, et les examinateurs présents avec eux en avaient même oublié l'épreuve à surveiller. Du coin de l'œil, Harry remarqua que Blaise Zabini profitait du choc collectif pour copier quelques informations sur la copie de Hermione. Mais tout cela n'avait plus aucune importance.

– Une conduite scandaleuse ! se révolta Tofty. Cinq contre un, sans avertissement, rien ! Ooh, Ombrage va m'entendre...

Et, d'un pas chancelant, il quitta la tour d'Astronomie, laissant aux autres examinateurs le soin d'achever l'épreuve. En contrebas, Hagrid se battait désormais aux poings avec ses assaillants. Il attrapa le corps inanimé de Crockdur puis remonta l'allée jusqu'au portail en de grandes enjambées.

– ATTRAPEZ-LE ! hurla Ombrage en brandissant son doigt boudiné dans sa direction. QUE QUELQU'UN SE SAISISSE DE LUI.

Mais Hagrid était déjà loin maintenant, disparaissant parmi la brume nocturne. Furieuse, Ombrage donna un coup de pied dans un énorme caillou, abîmant son gros orteil. Elle rentra dans le château d'une démarche chaloupée tandis que Pompresh et Flitwick se précipitaient au-dehors avec un brancard.

– Pauvre professeur MacGonagall, murmura Hermione. Cinq sortilèges de Stupéfexion, à son âge en plus...

– Plus que cinq minutes, se rappela tout à coup une examinatrice.

Harry tourna la tête vers Draco, un incroyable sentiment de fureur envers Ombrage lui serrant le ventre.

Ooo

Le lendemain matin, de nombreux élèves s'approchèrent des cinquièmes années pour avoir leur version sur ce qu'il s'était passé entre Ombrage, Hagrid et MacGonagall. Harry – qui n'avait toujours pas digéré l'affaire – laissa à Ron le soin de décrire la situation aux autres. Quand il eut finit, chacun y alla de sa petite réflexion :

– De toute manière, je n'ai jamais pu sentir cette bonne femme, décréta Jacob Trent, un Serdaigle de quatrième année qui traînait dans la bande à Ginny. C'est une malade, et une frustrée ! Quand Dumbledore reviendra, j'espère qu'il lui bottera les fesses.

– On n'a qu'à la livrer à une bande de Scroutt à Pétards affamés, suggéra Luna d'une voix candide.

– Ce n'est pas assez, rétorqua rageusement Hermione en dédaignant son livre de DFCM.

Leur épreuve, qui se déroulait le jour même, donnait à Harry une irrépressible envie de briller. Il voulait clouer le bec à Ombrage et lui montrer tous les progrès qu'il avait pu réaliser à son insu, grâce à l'AD. L'ambiance au château semblait s'être considérablement dégradée, et seuls quelques Serpentard n'eurent pas l'air affectés le moins du monde par l'hospitalisation inquiétante de la directrice adjointe.

Alors que Harry revenait de l'épreuve pratique de Défense Contre les Forces du Mal, il trouva Tracy assise sur les marches du Grand Escalier. Il se figea tout net, puis décida de la contourner.

– Je sais, dit-elle d'un ton sarcastique, les boutons font encore peur.

En effet, le maléfice de Hermione faisait encore des ravages sur sa peau autrefois sans imperfection. Mais ce n'était pas ça qui le faisait fuir. Harry ne voulait plus lui adresser la parole après sa trahison envers le groupe. Il avait eu confiance en elle.

– Je n'ai rien à te dire, et je n'ai pas non plus envie de t'écouter, répondit Harry d'un ton glacial.

– Oh si, tu vas m'écouter.

D'un seul coup, elle sortit sa baguette magique coincée dans sa chaussette haute, puis lui lança un sort qui le colla contre le mur le plus proche.

– Je sais que tu m'en veux, que peut-être même tu me détestes. Mais je n'ai pas fait ça pour te causer du tort. Il fallait que l'AD s'arrête, tu comprends ? Mon père... (Elle baissa la voix d'une octave) Mon père travaille au Ministère et... Je... J'ai eu peur. Les M-Mangemorts sont venus chez nous, pleura-t-elle en silence. Parce qu'ils savent que je suis... Enfin, que j'étais ta petite amie. (Harry écarquilla les yeux de surprise) Ma mère est une moldue. Ils ont commencé à s'en prendre à elle. Ils ont dit que si je ne marquais pas mes distances tout de suite, ils allaient revenir. Et le meilleur moyen pour moi de t'éloigner, c'était de... de tout dire pour l'AD. Je pensais que ça serait plus facile que ça d'être séparée de toi, mais il faut croire que non. Mais si je reviens vers toi, c'est pour te dire de faire attention à Draco. Je m'en voudrais pour toujours si je ne te le disais pas.

– Qu'est-ce qu'il se passe ?

– Le père de Draco est un Mangemort. (Tracy fronça des sourcils en voyant son manque de réaction) Tu le savais ? Je... Je n'arrive pas à y croire. (Elle sécha ses larmes) Tu fréquentes le fils d'un Mangemort, et ça ne te fait absolument rien du tout ? Lucius Malfoy a sans doute aidé à assassiner tout un tas de personnes !

– Mais Draco n'y est pour rien là-dedans.

– Bientôt, il sera tout aussi concerné que son propre père. Les Mangemorts signent un pacte avec le sang, Harry. Tu sais ce que ça veut dire, hein ? Que le sang qu'a donné Lucius Malfoy, c'est aussi le sang qui coule dans les veines de Draco. Donc si jamais un jour, il arrivait que son père... (Elle baissa la voix encore plus bas tandis qu'un fantôme traversait un mur voisin) … que son père soit incapable de satisfaire Tu-Sais-Qui, Draco devra en prendre l'entière responsabilité en tant que premier-né. Que tu le veuilles ou non, Draco est déjà en partie Mangemort, et ce, depuis sa naissance.

– Draco ne choisira jamais cette voie-là. Il me l'a dit.

– Mais tu écoutes en cours ou pas ? Les pactes du sang sont des enchantements puissants. Même si Draco choisissait de ne pas rejoindre le camp de son père... Imaginons ça cinq petites secondes, ok ? Draco en tomberait tout simplement malade. Parce que ce choix irait contre sa nature, contre son sang, contre tout ce qu'on lui a jusqu'ici enseigné. Ce n'est pas parce qu'il est à Gryffondor que tout est acquis d'avance.

– Je sais, prononça-t-il douloureusement.

Harry songea tout à coup à Peter Pettigrow, qui avait trahi ses parents.

– Mais je... je crois en lui, termina Harry.

Tracy annula le sortilège et il put alors récupérer le contrôle de son corps.

– Fais très attention à toi, dans ce cas. Tu ne sais pas du tout de quoi les Mangemorts sont réellement capables.

La respiration haletante, Harry la regarda disparaître au coin du couloir. Il ramassa son manuel de Botanique qui était tombé par terre puis se dirigea à grandes foulées jusqu'à la salle commune.

A l'intérieur, la plupart des élèves semblaient s'être réunis en groupe de révisions. Neville avalait tant de Chocogrenouilles pour se redonner de l'énergie qu'il mettait des traces de chocolat sur tous les parchemins qu'il manipulait. Préférant se mettre à l'écart, Harry fit semblant d'être plongé dans une lecture assidue de son livre d'Histoire de la Magie pour l'épreuve qui se déroulerait le lendemain. Plusieurs heures plus tard, Harry avait l'estomac encore si noué qu'il décida de sauter le dîner.

– Tu ne devrais pas, vieux, lança Ron, tandis que son ventre gargouillait. Manger, c'est très important pendant les examens. Ma mère nous le répète tout le temps.

Hermione hocha de la tête. Draco se pencha vers lui, soucieux :

– Tu n'es pas malade, au moins ?

– Non, tout va parfaitement bien, mentit-il.

– Je... Euh, avec Ron, on avait pensé à se rendre dans la forêt demain soir, chuchota Draco.

– Pourquoi ça ? s'étonna Harry.

– Eh bien, il y a Graup. Hagrid vous a dit d'en prendre soin, non ? Ce serait cruel de le laisser seul aussi longtemps.

Hermione accorda un sourire resplendissant à Draco.

– C'est la première fois que je t'entends dire quelque chose d'aussi altruiste, Malfoy.

– N'oublie pas que c'est NOTRE idée à tous les deux.

– Bravo, Ron, déclara Hermione d'un ton distant.

Alors que la salle commune se vidait, Harry essaya de toutes ses forces de rester concentré en lisant la pile de notes que Hermione lui avait laissée de côté. Il ne réalisa même pas qu'il fermait peu à peu les yeux et qu'il s'endormait...