Bonsoooir! Le chapitre 2 est là, bonne lecture!
Une douleur l'envahissait s'intensifiant dans ses articulations, la faisant émerger petit à petit. Son corps, à même le sol se désengourdissant. Le soleil lui chatouillait les yeux, la forçant à les ouvrir bien que c'était sa dernière envie. Elle ignorait où elle se trouvait, mais l'indifférence était bien plus forte que sa curiosité. Très vite Teresa se rendit compte qu'elle avait dû s'endormir à même le parquet de son salon. De longues minutes s'écoulèrent sans qu'elle ne bouge ne serait ce qu'un doigt. Elle avait l'impression d'être enchaînée et d'être soumise à une force inconnue sans ne pouvoir rien y faire, jusqu'à un son sourd lui titille les oreilles. Son portable. Sûrement une affaire n'est-ce pas? Et non, C'était encore une fois Marcus. Son journal d'appel contenait déjà sept textos de lui et trois appels manqués. Allant du « Salut, je voulais juste prendre de tes nouvelles » à « Teresa je m'inquiète, réponds s'il te plaît. Bon j'arrive »
Elle ne comprenait pas vraiment son inquiétude. Tout allait bien pourtant. Elle dormait simplement, cependant elle vit l'horloge digitale de son téléphone. La préoccupation de son petit ami était justifiée. 14h35. A quelle heure c'était-elle endormie? Teresa n'avait aucune envie de le voir, sa seule envie était d'être seule. Enfin c'est ce qu'elle pensait.
- Ah t'es là, ça va?
Pourquoi osait-il inlassablement poser cette question? Un jour elle n'aurait plus le courage de lui mentir et de sourire et elle commençait à s'en rendre compte. Marcus était si avenant, Teresa ne savait que faire.
- Je veux rester auprès de toi Teresa, pour ton bien.
- Je t'assure je vais bien.
- Arrête. Regarde-toi, tu es toujours en robe. Et t'as encore des traces de mascara sur tes joues.
Il lui caressait son avant bras et tentait de plonger son regard dans le sien. Sauf que Teresa ne voulait pas, elle le fuguait, elle avait peur.
- Oui je suis triste. Comme toute l'équipe, donc oui j'ai pleuré, oui j'ai pas pu me changer. Mais je tiens à être seule dans ces moments.
- Je veux juste d'aider.
- Je le sais, tu peux venir me voir je t'en empêche pas, mais j'ai besoin de me retrouver seule.
Ses lèvres se posa sur sa joue salée et il la prit dans ses bras. Elle se dégagea rapidement de son emprise et s'empressa s'isoler sous sa douche.
- Vous avez des nouvelles de Lisbon ?
- Non pas depuis l'enterrement.
L'open office était vide. Un silence de mort régnait à cet étage, tout était ralenti.
- Je suis inquiet pour elle.
- Elle est forte.
- J'en suis pas si sûr.
Abbot avait accordé à toute l'équipe un peu de répit après ces funestes événements. Surtout à Lisbon, il pensait qu'elle serait incapable de revenir travailler. Il avait raison.
- Je repars au boulot Teresa, je repasse demain. Vu l'affaire qu'on a, je t'expliquerai… Hésite pas à m'appeler. Je t'aime.
- Okay.
Elle était soulagée, toujours sous les jets d'eau de sa douche, il était parti vite. Teresa ignorait les mots de Marcus, elle s'en fichait. Sa peau était engourdie, elle avait froid. Combien de temps était-elle sous la douche ? Elle s'en fichait. Elle ignorait tout, elle ne voulait plus penser.
Le lendemain matin, très tôt, on sonna à sa porte, visiblement ce n'était pas Marcus. Effectivement il avait les clés et ne se gênait pas pour rentrer. Se lever, sortir du lit, descendre, ouvrir la porte. Pourquoi ? Sa seule envie était de fuir, fuir pour aller où ? Teresa elle-même ne le savait pas.
- Cho. Vous avez besoin de moi ?
Son sourire était tellement faux qu'elle put apercevoir la désolation de l'habituellement impassible Kimball Cho.
- On s'inquiète.
- On est tous triste.
- Vous êtes la seule à n'être pas venue aux bureaux en deux jours.
Teresa était pétrifiée. Deux jours ? Déjà ? Cela faisait à peine quelques heures que l'enterrement était achevé. Son ami vu son incompréhension, elle était perdue.
- Non, restez chez vous, on s'en sort.
- Non, non j'arrive.
- Lisbon on comprend tous. Vous n'avez pas à vous justifier de quoi que ce soit.
- Je suis capable de travailler, vraiment.
- Teresa il est presque onze heure. Vous venez de vous réveiller n'est-ce pas ?
- Je…Oui.
- Voilà.
Elle préféra changer le sujet de leur conversation, le plus rapidement possible. Personne ne devait la voir aussi faible. Surtout pas ses collègues.
- Pourquoi vous êtes venu ?
- Pour voir si vous alliez bien.
- Réellement ? Je suis convaincue que Marcus vous en a déjà parlé.
- Parce que vous croyez que je ne veux pas aller voir mon amie par moi-même ?
- Si, mais vous êtes Cho, c'est rare qu'on discute hors boulot. Tous les deux échangèrent un invisible sourire.
- C'est vrai, mais on est amis non ?
- Ouais c'est vrai.
Ils discutèrent au moins cinq bonnes minutes tout en survolant le sujet tabou. Cho voyait bien la réticence de son amie, il commençait à la connaître après tout ce temps. Il comprit qu'Abbot avait raison, elle n'était pas si forte. Elle avait besoin d'aide. Cependant il était là pour une autre raison et ils le savaient.
- Jane voulait que je vous dise quelque chose. Juste avant...
Aucunement besoin de continuer sa phrase, pensa-t-il. La douleur dans ses yeux angoissait Kimball. Ce nom, son nom, ça lui faisait horriblement mal.
- Cho, je…
- C'est important Lisbon. Il m'a dit qu'il s'excusait d'être un abrutit et que Marcus était quelqu'un de bien et qu'il vous souhaitait d'être heureuse.
Son visage se figea. Comme si elle serait heureuse sans lui.
- Je vais y aller, promettez-moi que vous prendrez soin de vous. Il se leva et entoura ses bras protecteurs autour de sa taille. Heureusement qu'il était là. Elle n'avait rien dit d'autre.
A son départ, tout était plus clair, enfin non, elle était encore plus perdue. Il n'avait pas le droit de dire ça. Marcus Pike n'était pas Patrick Jane. Jane. Patrick Jane. C'était lui ensanglanté dans ses bras. C'était lui blanc, mort, dans ce lit d'hôpital. C'était lui dans ce cercueil. Patrick Jane était mort. Depuis une semaine. Pour la deuxième fois, elle s'effondra et sombra un peu plus dans un puit sans fin.
Alors? J'ai voulu créer un mystère sur l'identité du "mort". Je pense que tout le monde s'en doutait mais bon... C'était pour intensifier le déni le Lisbon en fait. J'espère que vous aimez ce chapitre ;) A plus!
