Posté le : 16 Octobre 2015.


Bonne nouvelle : J'ai répondu à vos reviews !

Mauvaise nouvelle : J'ai encore été plagiée... (Ca doit être la dixième fois) Bref, c'est réglé maintenant. Mais je voulais vous signaler que si vous voyez mes textes ailleurs que sur ce site ou l'interface Inkitt, ça ne relève pas de moi. N'hésitez pas à me signaler toute parution qui vous paraît suspecte. Sinon, je vous souhaite une excellente lecture et on se retrouve en bas de ce chapitre pour une petite annonce.


Chapitre 31 : « Vu et imprévu »

Le lendemain après-midi, Harry avait récupéré toutes ses forces et était prêt à affronter le dernier examen avant l'été. Neville affichait un air lugubre en s'installant derrière un bureau. Les questionnaires avaient été placés retournés sur chacune des tables individuelles alignées dans la Grande Salle.

Hermione se rongeait les ongles tandis que Ron jetait des regards furtifs à Dean et Parvati. Draco, pour sa part, semblait bâtir une muraille autour de sa copie pour que personne ne puisse apercevoir les réponses. Dès que Marchebank déclara le début de l'épreuve, tout le monde se jeta sur sa copie avec un empressement palpable. Draco ne vit pas le temps passer, sa plume filant d'un bout à l'autre de son parchemin. Il fallait absolument qu'il arrache un Acceptable à cette épreuve, même si, dans le fond, elle n'était pas nécessaire pour ses futures aspirations professionnelles.

En discutant avec Ron, il s'était peu à peu laissé convaincre qu'avoir un métier pouvait présenter quelques avantages. Le problème c'est que Draco ignorait encore comment ses parents allaient le prendre. Après tout, les aristocrates ne s'abaissaient pas à fournir le moindre effort pour vivre.

Le gigantesque sablier indiquait vingt minutes restantes. Draco s'apprêtait à répondre à la question concernant la chasse aux vampires quand un hurlement sur sa droite le fit sursauter. Soudain, des élèves se levèrent pour voir la provenance du bruit.

– Restez assis ! ordonna l'un des examinateurs. Asseyez-vous immédiatement !

Marchebank remonta l'allée centrale avec une vivacité surprenante pour son âge et aida Harry à se relever. Il semblait être tombé de sa chaise. Sa mine était épouvantable et sa cicatrice paraissait plus rouge qu'à l'ordinaire.

– Jeune homme ? Potter, vous m'entendez ? Je vais de suite vous conduire à l'infirmerie.

– Non, non, pas question, balbutia-t-il. Je ne veux pas aller à l'infirmerie... Je vais bien. Je me suis simplement endormi. J'ai juste fait un cauchemar.

Le cœur de Draco se serra. Il savait très bien quel genre de cauchemar il avait fait... C'était exactement comme cette nuit d'hiver quand le père de Ron avait été mordu par un serpent.

– La pression des examens ! dit un autre examinateur avec compassion. Ça arrive à tout le monde.

Mais Draco se doutait que cela n'avait absolument rien à voir. Harry n'était pas du genre à se laisser submerger par quelque chose d'aussi futile. Le Survivant quitta brusquement la salle d'examen après avoir rendu sa copie.

– Vous autres, concentrez-vous ! aboya un surveillant. Il ne vous reste plus que quinze minutes.

Draco en était strictement incapable. Il avait complètement oublié où il se trouvait. Il tapota nerveusement le coin de sa table, attendant la fin de l'examen. Hermione aussi paraissait inquiète. Ron jetait des regards furtifs vers la sortie. Quand la cloche sonna enfin, tous les trois se précipitèrent vers le hall.

– L'infirmerie ! dit aussitôt Ron.

À peine atteignirent-ils le second étage que la silhouette de Harry se profila au loin.

– Harry ! s'écria Hermione, effrayée. Que s'est-il passé ? Ça va ? Tu n'as rien ?

– Venez avec moi, j'ai quelque chose à vous dire.

Harry les entraîna alors vers une salle de classe vide.

– Sirius est prisonnier de Voldemort, au Département des Mystères, dit-il d'emblée.

– Quoi ? Comment est-ce que tu peux le savoir ? demanda Ron, terrifié.

– Je l'ai vu. À l'instant. Quand j'étais dans la salle d'examen.

Un silence glacial s'abattit sur eux.

– Il faut qu'on aille là-bas, poursuivit Harry, d'une voix déterminée.

– On ne peut pas faire ça, balbutia Ron, c'est trop risqué. Et puis, on ne sait pas ce qui nous attend.

– Qu'est-ce qu'on fera une fois face à V-Voldemort ? tenta Hermione. C'est le plus grand sorcier de tous les temps, et nous, on passe tout juste nos BUSE ! Comment on se débrouillera pour délivrer Sirius ?

– J'en sais rien, s'impatienta Harry. Tout ce que je sais, c'est que Voldemort le torture en ce moment-même, et qu'on est les seuls à le savoir !

– On n'a pas la moindre preuve de tout ça, appuya Hermione. Si ça se trouve, ton rêve est faux, Harry.

– Ce ne sont pas des rêves comme les autres ! Ils sont réels !

– V-Voldemort essaie sans doute de t'attirer exactement où il veut, raisonna Hermione. Il sait que tu as tendance à vouloir sauver les gens.

– Qu'est-ce que tu insinues ? maugréa Harry, ivre de colère. Que je le fais exprès pour me rendre intéressant, c'est ça ?

– Stop ! cria Draco. Hermione n'a pas tout à fait tort, Harry. Tu-Sais-Qui te connaît sans doute mieux que tu veux bien l'admettre, et en choisissant Sirius, il appuie sur ta corde sensible. Il sait que tu feras tout ton possible pour venir à son secours, même quelque chose de complètement stupide. Et ça, excuse-moi de te le dire, c'est stupide ! Tu n'as pas intérêt à te rendre au Département des Mystères. D'ailleurs, je t'en empêcherais de force, s'il le faut (Il sortit tout à coup sa baguette magique). On ne sait pas si Sirius est vraiment là-bas. Tu ne trouves pas ça bizarre que Voldemort ait pu rentrer dans un Ministère bondé à quatre heures de l'après-midi sans que personne ne l'aperçoive ?

– Il a peut-être une cape d'invisibilité, rétorqua Harry, buté.

– Oui, bien sûr, et il a rétréci Sirius pour qu'il ait la taille d'un pouce. Puis il l'a glissé dans la poche arrière de son jean. Tu t'écoutes quand tu parles ? vociféra Draco. Sirius ne peut pas être au Ministère. Il est très certainement bien au chaud, chez lui, en train de lire Quidditch Magazine ! Et quand bien même il serait là-bas à être torturé, la dernière chose que ton parrain voudrait, ce serait que tu te mettes en danger. Ce serait vraiment mal payer le sacrifice que tes parents ont fait pour que tu sois en vie aujourd'hui !

Harry l'observa, bouche bée.

– D'ailleurs, tu n'aurais jamais dû avoir cette vision, conclut-il. Rogue t'entraîne tous les lundi depuis six mois pour que ce genre de chose ne se produise plus.

– Alors... Alors tu crois que je vais faire comme si je n'avais rien vu, parce que TOI tu as décidé que c'est faux ou que la vie de mon parrain n'en vaut pas la chandelle ?

– On devrait tout de même vérifier que Sirius est bien sain et sauf, suggéra Ron, perplexe.

– Sirius va bien, martela Draco. Je suis prêt à mettre ma main droite au feu que tout ça, c'est une vaste supercherie.

– S'il meurt par ta faute...

– Oui, je sais, tu ne m'adresseras plus la parole, termina Draco.

– Je ne vois même pas pourquoi je perds mon temps à vous expliquer que Sirius...

– Oui, on a compris ! s'énerva Hermione. Mais je pense qu'avant de foncer tête baissée dans un projet aussi fou, on devrait vérifier et demander de l'aide à quelqu'un, non ?

– Ah oui ? Et qui ? Dumbledore est parti par ma faute, MacGonagall est à Sainte-Mangouste, Hagrid a été chassé du château...

– Rogue, formula Draco. Dumbledore lui fait confiance, non ? Et il t'a donné tes leçons d'occlumencie.

A la mine de son meilleur ami, Draco sut qu'il préférerait se trancher lui-même une jambe plutôt que de demander de l'aide à leur professeur de Potions.

– Parfait, s'impatienta Draco en voyant leur manque de réaction. J'irai le voir pour vérifier où se trouve Sirius. En attendant, restez ici et ne faites rien d'idiot.

– Je t'accompagne ! décréta Ron à la dernière minute.

Ils descendirent en silence le Grand Escalier alors que les autres élèves célébraient déjà la fin des examens. Quand ils parvinrent aux cachots, Ron chuchota :

– Tu crois vraiment que la vision de Harry est fausse ?

– Oui.

– Tu crois qu'on peut faire confiance à Rogue ?

– Je ne sais pas, répondit-il honnêtement. Mais il faut essayer.

Il toqua faiblement à la porte de son bureau et entendit un sec « Entrez ». Le bureau de Rogue était toujours autant plongé dans l'obscurité. Il semblait mettre de l'ordre dans sa vaste armoire à ingrédients.

– Je ne donnerai pas les réponses aux examens à l'avance, Malfoy, maugréa-t-il sans leur accorder le moindre intérêt.

– Ce n'est pas à propos de ça, professeur. Harry... Harry ne va pas bien. Il est persuadé qu'il a vu quelque chose. (Cette fois, Rogue leur accorda sa pleine attention) Pendant l'épreuve d'Histoire de la Magie, il a été pris d'une grave crise. Il dit avoir eu une vision de Sirius retenu prisonnier par Vous-Savez-Qui. Je lui ai dit que c'était impossible, mais il persiste à croire que...

– Où est Potter en ce moment ? demanda abruptement Rogue en les poussant pour qu'ils s'écartent.

– Dans une salle de classe vide du second étage, informa Ron.

Rogue quitta aussitôt son bureau et les deux Gryffondor lui emboîtèrent le pas. Personne ne sembla faire attention à eux jusqu'à ce qu'ils atteignent destination. Harry faisait les cent pas au milieu de la salle tandis que Hermione était assise sur une table bancale.

– Potter, vous allez précisément m'expliquer ce que vous avez vu, ordonna le maître des potions.

Harry jeta un regard méfiant vers Draco qui lui fit un discret signe d'encouragement. Alors, Harry se mit à raconter dans les moindres détails sa vision de tout à l'heure.

– Donc... Vous me croyez ? lança-t-il.

– Je vous crois lorsque vous dites que vous avez eu cette vision. Mais je doute que celle-ci soit authentique. Nous allons le vérifier ensemble. (Rogue sortit sa baguette magique et Harry eut un bref mouvement de recul, comme s'il craignait qu'il lui lance un mauvais sort) Spero Patronum !

Une grande biche argentée apparut juste en face du sorcier.

– Trouve Sirius Black et dis lui que son filleul est inquiet pour lui, qu'il a eu une vision de lui retenu par Voldemort. Demande une réponse immédiate.

Le patronus se dématérialisa aussitôt en un nuage de fumée.

– Les... Les patronus peuvent aussi envoyer des messages ? demanda Harry, ébahi.

– Oui, Potter. C'est un moyen sécurisé et efficace pour que les sorciers de haut niveau puissent communiquer sans attendre. Pourquoi ? Qu'alliez-vous faire, au juste, pour contacter votre parrain ?

– On avait pensé à... à la poudre de cheminette, déclara Hermione, honteuse. La cheminée de Ombrage n'est sans doute pas surveillée, alors...

– Alors, vous avez jugé préférable de risquer votre scolarité et votre vie en fonçant tête baissée dans le bureau de cette femme. Puis vous seriez partis jusqu'à Londres avec vos balais, j'imagine, où vous auriez trouvé Merlin sait quoi. Brillant, Miss Granger. J'aurais imaginé mieux de votre part.

La préfète rougit.

– Ce n'est pas de sa faute, la défendit Harry. C'est moi qui...

– Oui, je me doute, rétorqua Rogue d'un ton cassant. C'est toujours à propos de vous.

Tout à coup, un énorme lion argenté apparut dans la salle. Il ouvrit la bouche, mais au lieu d'un rugissement, la voix de Sirius emplit la pièce : « Harry ne doit pas croire ce qu'il a vu. C'est un piège. Je vais bien. Surveille-le pour moi. »

– Nous avons donc notre réponse, répondit Rogue d'un ton incroyablement satisfait. Tout ceci n'était qu'une machination, et vous étiez prêts à tomber les deux pieds dedans. Maintenant, vous allez me faire le plaisir de me suivre, Potter. Vous passerez la soirée dans le dortoir des Serpentard. Je suis absolument certain que le Seigneur des Ténèbres va vous marteler de messages subliminaux au cours de la soirée. Il ne vous laissera pas de répit et vous détraquera l'esprit. Alors je vous veux sous les yeux à n'importe quel moment de la nuit, au cas où vous seriez tenté de prendre la poudre d'escampette avec vos écervelés d'amis. Quant à vous Draco, je vous remercie d'avoir eu suffisamment de jugeote pour m'avertir... Dix points pour Gryffondor.

Ron semblait stupéfait. C'était la première fois que Rogue donnait des points à leur maison !

– Potter, reprit Rogue, passez devant ou je vous traîne de force.

Furieux et honteux, Harry ouvrit la porte puis Rogue lui emboîta le pas. Sur le chemin menant aux cachots, ils croisèrent Jacob Trent – l'ami de Luna – qui les dévisagea avec inquiétude. Harry essaya maladroitement de lui adresser un sourire rassurant, mais celui-ci dut ressembler davantage à une grimace. Le Serdaigle eut la présence d'esprit de ne poser aucune question, vu le regard flamboyant que lui lança Rogue.

– Ça doit vous faire bizarre, Potter, de vous retrouver chez les Serpentard, formula Rogue.

– Pas vraiment, dit Harry tandis qu'ils descendaient les escaliers en colimaçon. Le Choixpeau a même envisagé de m'y envoyer.

Puisqu'il marchait devant lui, Harry ne put apercevoir l'air légèrement surpris du directeur des Serpentard. Leur salle commune était dissimulée derrière un épais mur de pierre.

– Lupus, prononça Rogue, et le mur se rétracta en un étroit passage.

A l'intérieur, la plupart des élèves semblaient célébrer la fin des examens. Peu à peu, ils cessèrent de crier pour se focaliser sur Rogue et Harry.

– Zabini, je vous confie Potter pour la soirée. Ne le lâchez pas des yeux, et s'il s'endort, je vous autorise à utiliser tous les moyens nécessaires pour le tenir éveillé. Il ne doit en aucun cas quitter la salle commune jusqu'à mon retour. Vous mangerez ici tous les deux, est-ce clair ?

– Oui, professeur, répondit le préfet des vert et argent.

Rogue tourna les talons et s'en alla. Harry se demanda alors ce qu'il allait faire, mais n'osa pas poser la moindre question. Le silence était total chez les Serpentard, et Blaise semblait clairement lui en vouloir d'avoir gâché sa journée. Sans ménagement, l'adolescent le tira par le bras pour le conduire jusqu'à son dortoir, sous le regard moqueur des autres.

– Je ne sais pas ce que tu as foutu, Potter, mais je vais te faire payer cette soirée jusqu'à mon dernier souffle, grogna-t-il. Je suis préfet, moi, pas baby-sitter.

– C'est du pareil au même, rétorqua Harry, avec mauvaise foi.

– Ouais, tu dis ça juste parce que tu n'as pas eu l'insigne... D'ailleurs, qu'est-ce que ça t'a fait au juste, de louper cette opportunité, toi, le vénéré chouchou de Dumbledore, mmh ? Tu as dû te sentir... extrêmement frustré, non ?

Harry décida de ne pas répondre.

– C'est bien ce que je pensais, poursuivit Zabini. Ton ego a été blessé.

Le dortoir était beaucoup plus spacieux que celui qu'il occupait dans la tour Gryffondor. De larges broderies grises et vert émeraude encadraient les lits aux draps noirs. Unique source de lumière, des sphères lumineuses bleutées se baladaient au plafond.

– Si tu dors ici, tu prendras le lit du fond. Il est toujours resté vide, informa Blaise. Et surtout, ne touche à rien. J'ai horreur qu'on s'intéresse à mes affaires. Tout ça doit te paraître bien luxueux comparé à la continuelle médiocrité des Gryffondor.

Harry résista à l'envie de lui dire qu'il s'était déjà rendu dans la salle commune des Serpentard, plusieurs années auparavant. En deuxième année, lorsque la Chambre des Secrets avait été ouverte, Draco et lui s'étaient aventurés jusqu'ici sous la cape d'invisibilité. Le décor semblait intact.

– Ce n'est pas si impressionnant que ça, dit Harry en haussant des épaules. Il n'y a aucune fenêtre, nota-t-il.

– C'est parce que nous sommes sous le lac.

– C'est un coup à devenir claustrophobe...

La porte s'ouvrit sur Théodore Nott qui tenait une bougie et portait une patte de lapin autour du cou. Blaise se massa les tempes, comme s'il appréhendait déjà leur discussion. Harry esquissa l'ombre d'un sourire quand Théodore passa la bougie au-dessus de sa tête, puis au-dessus du lit pour que l'odeur embaume les draps.

– Si tu es fermement décidé à foutre le feu à notre dortoir, dis-le moi, je vais t'aider, lança Blaise, exaspéré. Et puis, je peux savoir où tu as trouvé cette patte de lapin ?

– J'ai demandé à mon père de m'en envoyer une, éluda Théodore, d'un ton parfaitement égal.

– Glauque, dit Blaise. Vraiment glauque.

– Le professeur Firenze a dit que c'était une bonne chose à faire quand on espérait avoir de bons résultats...

– Firenze est à moitié canasson ! s'énerva Blaise, en oubliant presque la présence indésirable de Harry sur le lit voisin. Il est complètement frappé et la seule chose que j'admire un minimum chez lui, c'est l'appendice qu'il a entre les pattes. (Théo fit une vague moue dégoûtée) Fais pas semblant d'avoir rien remarqué. N'approche pas cette foutue bougie de mes draps !

– Je voulais aussi te porter chance, justifia Théodore.

– Je n'ai pas besoin de chance. J'ai beaucoup travaillé pour avoir toutes mes BUSE et ça suffit. D'ailleurs, je ne vois pas l'intérêt d'accomplir tous ces stupides rit-...

Peu à peu, la tête de Harry commença à devenir lourde. Il fut comme projeté dans une vision assourdissante de Sirius, gisant à ses pieds, considérablement blessé. En levant lentement les yeux, Harry se retrouva face à face avec Lord Voldemort qui semblait jouir de la situation. Derrière eux, d'immenses rangées de sphères bleutés donnaient une allure spectrale à ce spectacle morbide.

Il ne te reste plus beaucoup de temps, murmura Voldemort.

Harry essaya alors de lui bondir dessus afin de lui infliger des blessures à mains nues, mais se retrouva projeté en arrière. Sa tête heurta quelque chose de mou, contrairement au sol du Département des Mystères. En rouvrant les yeux, Harry vit les tentures émeraude du lit à baldaquin. Blaise se tenait juste devant Théodore, les poings dressés en position de défense.

– Tu le touches encore une fois Potter, et t'es un homme mort, jura Blaise.

Derrière lui, Théodore avait la lèvre fendue. Son sang tachait le col de sa chemise blanche. Il semblait terrorisé. Malgré ses nombreux efforts, Harry était strictement incapable de prononcer quoi que ce soit.

– Potter ? Tu m'entends ? demanda Blaise en le touchant du bout du pied. Bon sang, qu'est-ce qu'il se passe ? Il serait possédé, tu crois ? Tu as encore ta patte de lapin ? Peut-être qu'on devrait prévenir R-...

Sans préavis, Harry se retrouva arraché du dortoir des Serpentard. Comme s'il avait traversé un tunnel à grande vitesse, il fut comme télescopé dans le Département des Mystères tandis que Sirius suppliait de l'achever en crachant du sang. Impuissant, Harry voulut aider son parrain à se relever, en vain. Une minuscule parcelle de lui voulait s'enfuir à toutes jambes car ce n'était qu'une vision. Pourtant, de l'autre, il ne pouvait s'empêcher d'y croire...

– Potter ! POTTER ! cria la voix de Zabini comme si elle provenait d'outre-tombe. Debout, Potter ! Il ne faut pas que tu t'endormes ! Allez, à trois... Un... Deux...

De l'eau glacée lui tomba brusquement dessus. Harry se leva en sursaut et aperçut Théodore et Blaise, portant une large bassine remplie.

– J'avais dit à trois, Théo.

– Le professeur Rogue t'a dit ce qu'il avait précisément ?

– Non, j'en ai pas la moindre idée, admit Blaise. Et je ne veux pas en savoir plus au risque de mettre ma position en danger. Incarcerem !

D'épaisses cordes jaillirent de sa baguette magique pour s'enrouler fermement autour de Harry. Ce dernier, complètement vidé de toute énergie, se laissa simplement faire. À moitié conscient de ce qu'il se passait autour de lui, Harry remarqua à peine le professeur Rogue arriver dans la pièce et lui faire boire une fiole contenant une potion jaunâtre et visqueuse...

Ooo

Le lendemain matin, il apparut évident que Harry avait passé toute sa nuit chez les Serpentard. Bien qu'affreusement inquiet, Draco était convaincu que Rogue faisait tout son possible pour éviter qu'une catastrophe ne se produise. Une fois habillé, Draco attendit patiemment que Ron termine sa douche pour rejoindre la Grande Salle avec lui. Celle-ci semblait vide, puisque la plupart des élèves ne s'étaient pas encore remis des festivités de la veille. Fergus était installé seul à la table des Poufsouffle, écrivant sur un interminable parchemin avec de l'encre transparente.

– Psst !

Draco tourna la tête vers le Poufsouffle.

– Psst !

Voyant que ni Ron, ni Draco ne lui accordaient la moindre attention, le Poufsouffle se leva et s'assit à leur table, juste à côté d'eux.

– Je porte une cape d'invisibilité ou quoi ? s'impatienta-t-il. Je peux comprendre que Weasley m'ignore. Après tout, il est jaloux de mon charme légendaire et tout le monde le sait. Mais toi, Malfoy, entre personnes ultra-séduisantes, on peut se mettre d'accord, non ? (Il poussa l'assiette d'œufs au lard qui se trouvait devant lui et déroula son long parchemin vierge) Je peux me procurer du Felix Felicis d'ici les résultats des BUSE. Si vous préférez garder cette veinarde de potion pour l'an prochain, c'est à votre entière discrétion...

– Du Felix Felicis ? répéta Ron, la bouche pleine d'un muffin aux carottes.

– Une potion de chance, éluda Draco en beurrant un toast. Fergus, jamais de la vie j'avalerai un truc préparé par tes soins. Et quand bien même je tomberais sur la tête au point de faire cette piètre erreur de jugement, sache que le Felix Felicis est interdit pour les examens. Tu veux qu'on se fasse renvoyer, ou quoi ?

Fergus haussa des épaules.

– Louper une ou deux années ne serait pas la pire chose qui puisse t'arriver, dit-il. Louper une occasion comme celle-ci (il secoua son parchemin juste sous son nez), ça l'est. Dans tous les cas, je vous propose une dégustation d'échantillon pour seulement deux gallions. Vous m'en direz des nouvelles. Neuf gallions le produit fini. Je suis sur le point d'ajouter les ingrédients finaux et je peux vous assurer que les candidats (il tapota son parchemin à l'encre invisible) se bousculent au portillon. Bon appétit, messieurs.

Fergus se leva après leur avoir accordé un dernier clin d'œil.

– On devrait le dire à Hermione, chuchota aussitôt Ron. Elle rêve de le coincer depuis tout ce temps... Et puis, si ça se trouve, il bluffe. Il n'y a sans doute rien marqué sur son parchemin et il veut nous faire croire que c'est de l'encre invisible. Quel crétin.

– Je ne comprends pas pourquoi il gaspille son énergie à faire ça. C'est sa dernière année à Poudlard, et d'après ce que je sais, les septième années ont encore deux épreuves à passer devant un jury de professionnels. (Draco se servit un grand bol de lait) Mais il est doué et plein de ressources.

– Comment ça ?

– Faire du Felix Felicis dépasse de loin le niveau ASPIC, et il faut six mois pour que la potion arrive à maturité. Ça veut dire qu'il prépare son coup depuis longtemps...

– Tu crois que si on en avale suffisamment, Ombrage partira de là ?

Tout à coup, Draco tourna lentement la tête vers Ron. Un sourire calculateur se forma lentement sur ses lèvres.

– Je crois qu'on devrait omettre d'en parler à Hermione, prononça-t-il.

– Oui, je crois aussi, répondit Ron d'un air entendu. Fergus a peut-être une excellente raison de faire ce qu'il fait. Mais, où est-ce qu'on va trouver deux gallions... ? (Draco lui lança un regard pénétrant) Ah, oui, j'avais oublié que tu étais plus riche qu'un dragon assis sur une mine d'or.

Après leur copieux petit-déjeuner, les deux garçons décidèrent de se rendre jusqu'aux cachots afin de récolter quelques nouvelles sur Harry. Les Serpentard les plus matinaux ne leur accordèrent pas un seul regard et refusèrent même de répondre à leurs questions. Finalement, Théodore Nott sortit de sa salle commune, tenant fermement son chat Desdémone qui cherchait une nouvelle fois à s'enfuir.

– Bonjour, lança Ron.

Théodore sursauta et faillit lâcher son chat.

– Si vous êtes planqués là pour me jeter un mauvais sort, j'en parlerais à Rogue dès ma sortie de l'infirmerie !

– Mais non, rassura Draco. On est juste là pour savoir comment va Harry.

Au vue de l'air inquiet de Théodore, il était clair que le passage par la case infirmerie était nettement plus confortable que de répondre à cette question.

– Il va bien... Je suppose.

– Comment ça, tu supposes ? releva Draco, méfiant.

– Ton petit copain est fou à lier, mais ça, on le savait déjà, répondit Théo.

– Ce n'est pas mon petit copain.

– Donc tu admets qu'il est fou ? En tout cas, c'est lui qui m'a blessé hier soir. C'est ce qui arrive quand on s'amuse à mélanger les lions avec les serpents. Je crois que Rogue l'a emmené voir Dumbledore.

– Dumbledore est parti, rappela Ron. Il a été chassé par le ministre en personne et Ombrage.

Théodore éclata de rire :

– Et tu crois en cette stupide farce ? Dumbledore ne laisserait jamais Poudlard. Je suis absolument certain qu'il s'est juste caché quelque part, en attendant son heure.

– Attends, Théo. Tu as vu Dumbledore ou tu crois qu'il est là ?

– Quelle est la différence ? demanda le Serpentard, tout à coup suspicieux.

– Eh bien, la différence c'est qu'entre ce que tu vois et la vérité, il peut y avoir un gouffre.

– Je ne vois que la vérité. Donc si vous voulez bien m'excuser...

Apparemment vexé, il s'éloigna en grandes enjambées.

– Il n'a peut-être pas tout à fait tort, nota Ron. Dumbledore ne laisserait jamais l'école à cette harpie malfaisante sans la surveiller de près.

– Mais ça ne nous dit pas comment va Harry.

Ils passèrent la journée dans le parc à voler sur leur balai magique, tandis que Hermione, allongée dans le gazon verdoyant, revoyait les questions des examens une à une. Le week-end glissa sur eux avec une rapidité déconcertante. Il ne restait plus que cinq jours à passer à Poudlard et Ron était rongé par l'inquiétude que Ombrage prenne à tout jamais le contrôle de l'école... Heureusement, Harry finit par revenir dans la salle commune des Gryffondor, en bien meilleur forme que le vendredi précédent.

– Que s'est-il passé avec Rogue ? demanda aussitôt Hermione.

– J'ai passé tout mon temps à dormir, si tu veux tout savoir. Je ne me souviens de pratiquement rien, et tant mieux. Ça a dû être humiliant.

Hermione lui accorda un sourire réconfortant :

– Mais tu es de retour avec nous, non ? C'est le plus important.

Refaire ses valises fut sans doute la chose la plus douloureuse. Draco n'avait aucune envie de quitter ses amis, surtout qu'il n'avait pas la moindre idée de l'ambiance qu'il retrouverait une fois chez lui.

– Je t'écrirai chaque semaine, au moins, assura Neville.

– Moi aussi. En tout cas, j'essaierai, si mon père n'intercepte pas mon courrier, répondit sombrement Draco en décrochant la photo de son petit frère et lui qu'il avait épinglée près de sa table de chevet.

Draco se figea net.

– Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Ron. Tu as vu quelque chose ?

– On a oublié la promesse qu'on a faite à Hagrid, chuchota Draco, alarmé. On devait s'occuper de son frère !

– Hagrid a un frère ? s'étonna Neville.

– Chuuuut !

– Désolé, glapit-il.

– On doit prévenir Harry, dit résolument Ron. Il faut qu'on aille voir Graup avant de rentrer chez nous.

Ils descendirent les escaliers et trouvèrent Hermione et Harry en train de jouer aux échecs version sorciers.

– On a oublié Graup, lâcha aussitôt Draco.

Le visage de Hermione se décomposa littéralement.

– Je... Oh, Merlin ! Comment va-t-on faire ? Il a dû se sentir terriblement seul depuis tout ce temps.

– On peut toujours s'y rendre cette nuit, formula Harry. C'est maintenant ou jamais, non ?

– Harry, je ne crois pas que ce soit une bonne idée que tu quittes le château en pleine nuit en sachant tout le danger qui t'entoure, fit remarquer Hermione. On devrait prévenir un professeur.

– Et lui dire quoi ? Oh, vous savez, Hagrid cache son frère géant dans la forêt. On va juste lui dire bonjour et on revient dans la demi-heure qui suit... On ne peut dire ça à personne. Sinon, Hagrid sera renvoyé.

– Peut-être qu'on devrait plutôt partir en milieu d'après-midi, conseilla Draco, circonspect. Notre absence sera moins remarquée en pleine journée. Ils se diront juste qu'on doit être à la bibliothèque ou ailleurs.

– Bonne idée, accorda Ron.

– Mais il nous faudra beaucoup de chance pour ne pas se faire pincer, marmonna Harry.

Ron et Draco se lancèrent un sourire entendu :

– On doit avoir ce qu'il te faut, dit Ron.

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Avant de nous quitter, j'aurai un petit jeu à vous proposer. Il s'agit d'un petit concours entre lecteurs qui vous permettra de participer à l'écriture de la fic, mais aussi de m'aider à avancer. Comme vous le savez, depuis le début de l'histoire j'essaie d'étoffer un peu le caractère des personnages secondaires (Théodore, Tracy, Fergus, etc). Mais avec la fin du cinquième tome, on entre dans une dynamique différente. C'est pour cette raison que j'aurai besoin de vous ! Pourriez-vous m'aider à créer de nouveaux OC pour le tome 6 de cette fanfiction ? Je vous explique : j'aurai besoin d'environ cinq nouveaux élèves âgés de 16 à 18 ans (en réalité, 6 élèves mais je m'occupe du tout dernier, héhé).

Vous êtes libres de choisir tous les détails les concernant et je les réutiliserai dans l'histoire en mentionnant (bien évidemment) que c'est votre création, votre personnage. Bon, après, si l'élève en question fait des choses qui vous fait grincer des dents, je n'accorde aucun service après-vente, héhé. Attention, la seule exigence c'est que ces élèves soient... de DURMSTRANG ! Les OC les plus intéressants seront donc sélectionnés pour figurer dans les T6 et T7 de l'intrigue, donc soignez-les bien.

Si vous n'avez pas envie de participer, ou si vous ne pouvez pas, vous pouvez toujours consulter les fiches personnages proposés par d'autres et me dire par review : « oooh, celui-là serait trop cool ! Choisis-le ! ». C'est pourquoi vos fiches persos sont à envoyer exclusivement par review (j'ai une organisation archaïque de ma boîte MP donc, vraiment, je risque de les paumer là-bas). Voici quelques critères pour vous aider :

Nom et Prénom / Sexe / Âge / Famille / Pays d'origine / Caractère / Avis sur le monde magique et moldu / Parcours scolaire / Hobbies / Peur et chose qu'il ou elle déteste / Plat préféré / etc. Fin, vous pouvez inventer n'importe quelle catégorie (sauf celle vestimentaire vu qu'à Durmstrang ils ont des uniformes, trololol).

Vous allez me dire, pourquoi tout ça ? Eh bien, comme cela a été dit dans le chapitre précédent : Draco a sa place réservé à l'Institut Durmstrang pour y faire sa sixième année ! Depuis le tome 4, ses parents lui en parlent et là... c'est fait... Donc je sais que ça changera des énormes trucs par rapport à la fic, mais je pense que c'est la meilleure solution pour l'intrigue (j'ai plein, plein, plein d'idées) et aussi ça suit le canon. Car dans une interview JKR dit que Lucius Malfoy voulait envoyer Draco à Durmstrang mais que Narcissa trouvait que ça faisait trop loin.

Avec du recul, je me dis qu'ils seraient capables de l'envoyer là-bas histoire de défaire le lien qui le rattache à Harry. Dans ma tête, ça paraît tout à fait logique. J'ai tourné cette question dans mon esprit pendant... des semaines, sans dec. Et je reviendrai pas là-dessus. Même si vous serez un peu déçu, je vous garantis que ça sera assez novateur et plein de rebondissement. Et j'oublierai pas Poudlard pour autant car j'aimerai faire des chapitres alternés (un à Poudlard, un à Durmstrang).

Bref, ça fait une note de fin, très très, très longue. Mais j'avais envie de vous avertir et j'espère que vous serez nombreux à participer aux concours de OC. J'espère que ce chapitre a été apprécié, et j'espère avoir le temps de pouvoir (enfin) finir les derniers chapitres du T5 !

Signé,

D Would.

p-s : Vous avez jusqu'à la fin du mois pour rendre vos fiches OC ! (histoire que je puisse m'organiser pour la rédaction)