Posté le : 27 Octobre 2015. Vive l'inspiration !
Note d'Auteur : Semaine bien remplie pour ma part. Mais j'ai eu l'inspiration ce matin pour boucler ce chapitre. Donc dites merci à Merlin ! Je vous souhaite une agréable lecture et espère que la tournure que prend le récit vous plaira. Je suis vraiment impatiente de voir vos réactions sur ce chapitre. On se retrouve en bas pour une petite annonce concernant les fiches des persos OC ! Du love, D.
p-s : Le chapitre est corrigé par mes soins.
Chapitre 32 : « Graup »
– Oh, donc je vois. Vous avez changé d'avis, mmh ?
Fergus Shacklebolt les toisait tous les quatre, les bras croisés contre son torse déjà développé.
– Est-ce qu'on peut me rappeler ce qu'on fait là ? maugréa Hermione en jetant un regard dégoûté vers l'urinoir le plus proche.
Le Poufsouffle lui accorda un sourire charmeur :
– Oh, salut Hermione. Beau temps, n'est-ce pas ? As-tu reçu ma notice de la dernière fois ? Celle qui disait que des troubles-fait traînaient dans le château avec des bombabouses ? Joli chemisier...
La préfète en referma le dernier bouton.
– C'est celui de mon uniforme. Tu sais, toutes les filles de l'école ont le même.
Fergus l'étudia attentivement.
– C'est drôle, je n'avais pourtant jamais remarqué.
Harry se racla la gorge.
– Est-ce qu'on pourrait se concentrer sur la raison de notre présence ? Draco m'a dit que tu avais de la chance liquide. (Hermione haussa des sourcils) Est-ce que c'est vrai ?
– Tu as du Felix Felicis ? dit-elle. Comment tu te l'ai procuré ?
– Je l'ai faite moi-même, pourquoi ?
Hermione sembla extrêmement impressionnée.
– M-Mais c'est du niveau...
– RAPACE, je sais, articula-t-il en contemplant ses ongles.
Les RAPACE – Relevé Agnostique de Pensées Admissibles et de Capacité Expérimentale – couronnaient l'élite intellectuelle sorcière. Très peu d'entre eux poursuivaient des études après leur ASPIC, mais cela était vivement conseillé dans certaines carrières.
– Pourquoi est-ce que tu n'es pas à Serdaigle ? demanda Hermione.
– Je te retourne la question, déesse, chuchota Fergus.
Hermione bafouilla quelque chose à propos de trouver le juste milieu tandis que Harry poursuivait :
– Il nous faudrait quatre fioles de chance liquide. Maintenant.
– Quatre ? formula Fergus en cessant de mâchouiller son ballon-gum. Une commande groupée ? Merveilleux ! Bon, avant de commencer la transaction, je dois m'assurer de votre bonne volonté. Weasley, assure-toi de verrouiller la porte. (Malgré le regard noir que Ron lui lança, il finit par s'exécuter) Qui paye ? Oui, Malfoy, évidemment. Je veux voir l'argent d'abord. (Draco soupira et lui fit voir une bourse remplie d'or) Bien. Très bien. (Fergus releva ses manches et agita sa baguette magique) Cordisto ! (Un rouleau de parchemin ainsi qu'une plume apparurent) Je vais demander à la jolie sorcière ici présente, une petite signature de rien du tout.
– Qu'est-ce que je suis censée signer, au juste ?
– Le parchemin.
– Oui, je sais, mais il n'y a rien écrit dessus, fit-elle remarquer.
– Théoriquement, si. Seulement, l'encre employée est invisible. Ce sont différentes clauses qui parlent de choses banales comme le remboursement et les effets secondaires... Rien de bien méchant.
Hermione lança un regard scandalisé aux autres garçons.
– Si c'était vraiment dangereux, Fergus ne prendrait pas le risque de nous empoisonner, souligna Draco. Son père est Auror. Il l'enfermerait à Azkaban en moins de deux.
– Absolument, répondit le septième année. J'ai testé le Felix Felicis sur moi pendant toute l'année scolaire, et il ne m'est absolument rien arrivé. Je suis entier, non ?
– Signe, qu'on en finisse, marmonna Harry.
– Et que se passe-t-il si l'on ne respecte pas les termes du contrat ? Interrogea-t-elle, soucieuse.
– Oh, trois fois rien, rassura Fergus en passant le parchemin à Ron. Un puissant maléfice de Tête-en-Oie réduira considérablement vos capacités intellectuelles pour une semaine au moins.
Une fois le document signé par tous les quatre et l'argent versé par Draco, Fergus leur lança un bref sortilège d'aveuglement, le temps de sortir sa marchandise de sa cachette. Quand ils retrouvèrent la faculté de voir, Fergus tenait un petit coffret contenant quatre minuscules fioles d'une potion dorée.
– C'est tout ? s'étonna Ron. On a payé tout ça pour une gorgée de rien du tout ?
– Figure-toi, Weasley, qu'une « gorgée de rien du tout » suffit amplement pour que cela fasse effet. D'ailleurs, il n'est pas recommandé d'en boire trop. Des effets pervers peuvent se produire comme des étourdissements, des excès de confiance en soi et une tendance pour l'imprudence qui peut conduire à la mort. Mais à part ça... rien de bien méchant.
Draco décapuchonna sa fiole puis en renifla le contenu :
– Et qui nous dit que ce n'est pas de la pisse de Niffleur ?
Le sourire de Fergus s'élargit.
– Ça se pourrait bien, admit le Poufsouffle. Le seul moyen de le savoir, c'est de goûter. Vous n'êtes pas des Gryffondor pour rien, non ?
Ron eut une moue parfaitement dégoûtée. Hermione, cependant, avala sa fiole cul sec.
– Wow, quelle femme ! s'émerveilla Fergus. J'aime cette assurance.
– La ferme, rétorqua-t-elle.
– Avec plaisir, ma patacitrouille.
– Tu te sens différente ? risqua Draco.
– Oui... Je me sens... Bien. Très bien, même.
Harry et Ron avalèrent à leur tour, puis ce fut au tour de Draco.
– Ça prend effet combien de temps ? demanda Harry.
– Mmh, deux heures et demie, je dirai. Trois, avec un peu de chance, lança Fergus avec un clin d'oeil.
– C'est largement suffisant, assura Draco tandis que Harry sortait de sa poche sa cape d'invisibilité.
– Tu as une cape, Potter ? Par Merlin, c'est génial ! J'en ai déjà volé deux à mon père, et à chaque fois, ça c'est très mal terminé. Depuis, il évite d'en acheter. Euh, vous allez où comme ça ? demanda-t-il tandis que Hermione disparaissait sous la cape.
– Ça ne te regarde en rien !
– Si, ça me regarde parfaitement. Si vous êtes sur le point de faire un truc très dangereux, je serai le premier désigné coupable s'il vous arrive le moindre incident. D'ailleurs, j'ai dix-sept ans depuis le mois dernier. Donc, ça veut dire que je peux écoper de la peine maximale d'Azkaban si Potter s'écorche un ongle. Je ne veux pas de ça pour mon avenir.
– On va dans la Forêt Interdite, répondit Harry, blasé.
– Oh, rien que ça... Bonne route, lança Fergus, tout à coup guilleret.
– Dépêchons-nous, formula Ron. Au moins, Hagrid ne pourra pas dire que...
– Hagrid ? Qu'est-ce que vient faire Hagrid là-dedans ? Il est dans la forêt ?
Depuis le dessous de la cape, Hermione infligea un coup de coude à son camarade.
– Bon, on n'a pas le temps, s'impatienta Harry. On ne peut pas tout te raconter.
– Si Hagrid se cache dans la forêt, je veux vous accompagner. Je veux lui dire au revoir avant de quitter Poudlard, insista Fergus.
– Il n'est pas dans la forêt, répondit Draco, las.
– Ok, mais ce que vous allez voir a un rapport avec Hagrid. Et Hagrid ne fait que des trucs cool. Donc, je veux venir avec vous... Mon raisonnement se tient, non ? Patacitrouille adorée ?
Hermione émit un grognement exaspéré depuis le dessous de la cape.
– On n'a pas beaucoup de temps, répéta Harry. Donc si tu veux venir faire quelque chose qui va à l'encontre du règlement avec nous, viens. Sinon, reste ici.
– Mmh, une cape d'invisibilité pour quatre personnes, vraiment ? souligna Fergus. Bande d'amateurs. (Il agita sa baguette magique et devint aussitôt invisible) Le sortilège de Désilution fera sans doute l'affaire, non ?
– Je me passerai de cape, dit Draco. Mon insigne de préfet me rend parfaitement intouchable. Hermione, viens par là. Laisse Harry et Ron dessous.
Une fois d'accord, ils quittèrent les toilettes pour se mêler aux flots d'élèves préparant leur retour chez eux. Le parc était ensoleillé et certains de leur camarade en profitaient pour se baigner dans le lac. Harry espérait de tout cœur qu'en voyant Hermione et Draco marcher droit vers la forêt, on ne les arrête. Mais comme l'avait prévu son meilleur ami, personne ne semblait même les remarquer.
À peine eurent-ils franchi l'orée de la Forêt Interdite que Harry ôta la cape d'invisibilité pour pouvoir se déplacer à son aise. L'endroit semblait toujours aussi inhospitalier que d'habitude et il eut du mal à se souvenir du chemin qu'avait emprunté Hagrid lorsqu'il leur avait dévoilé l'existence de Graup.
– Par là, se souvint miraculeusement Hermione en désignant une souche d'arbre en forme de boucle.
Le sentier était de plus en plus envahi par la végétation et les arbres devenaient si touffus à mesure qu'ils progressaient qu'on avait l'impression d'être au milieu de la nuit. Bientôt, ils eurent dépassé de très loin la clairière où Hagrid leur avait montré les Sombrals. Ron luttait pour ne pas rester enchevêtré dans des ronces et Draco tentait de toute ses forces de ne pas manifester son inquiétude tandis qu'ils s'enfonçaient de plus en plus dans la forêt. Dans le silence étouffé, le moindre son paraissait inquiétant. Le simple bruissement incitait Harry à s'arrêter afin de scruter les alentours de sa baguette magique.
– Je ne suis jamais allé aussi loin dans la forêt sans jamais croiser la moindre créature, chuchota Fergus. C'est bizarre, non ?
– Oui... Un peu, concéda Hermione. Mais Graup aime déraciner les arbres, alors... Ça doit sans doute les déranger.
Cinq minutes plus tard, ils arrivèrent dans la clairière de Graup. Il dormait. Sa respiration inclinait les arbres alentours et des piles de carcasses d'animaux morts s'entassaient autour de sa silhouette.
– Je n'arrive pas à croire que Hagrid l'ait enchaîné, chuchota Fergus d'un air franchement désapprobateur. C'est monstrueux.
– Hagrid dit que c'est pour son bien, répondit Hermione, attristée. Les autres géants le brutalisaient.
Ron s'apprêtait à enjamber la barrière de troncs d'arbres déracinés quand Draco le maintint en arrière :
– Attends, on ne sait pas dans quel état il est. Il n'a vu personne depuis des semaines... et il a sans doute très faim.
– Comment on est censé le réveiller ? demanda Ron.
– Hagrid n'a laissé aucune indication là-dessus.
– Oh, un challenge, susurra Fergus, j'adore ça. (Il attrapa un bâton et le tapa de manière répétée contre un arbre creux) Hé, oh, l'avorton ! Debout ! cria-t-il. Debout !
Le géant ouvrit lentement ses énormes yeux vitreux vers Fergus. Avec une agilité surprenante, il se hissa sur ses jambes, faisant trembler la terre aux alentours.
– Wow, je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi cool, chuchota le Poufsouffle.
– Quelqu'un, souligna Draco. C'est quelqu'un.
– Ouais, bon, concéda Fergus en enjambant un énorme tronc d'arbre pour se rapprocher. Hey ! Salut, moi c'est Fergus. Toi, tu es Graup, n'est-ce pas ?
– OÙ HAGGER ? grogna le géant.
– Hagger ? s'étonna Ron. C'est quoi ça ? Une marque de bière ?
– Je crois qu'il parle de Hagrid, murmura Hermione.
Graup sembla avoir l'ouïe très fine, car il remarqua aussitôt Hermione et arbora un large sourire dévoilant des dents plus larges que des briques.
– HERMY, dit-il.
– Hermy ? s'esclaffa Fergus. C'est mignon comme nom.
– HERMY, OÙ HAGGER ?
– Hagrid n'a pas pu venir, expliqua-t-elle. Mais il pense à toi. Il... Il t'aime très fort !
Draco ricana.
– Il l'aime tellement qu'il lui a mis des chaînes aux pieds...
– Hey, bonhomme, tu me montres comment tu te nourris ? s'écria Fergus. Nourriture ! Manger !
Le géant fit demi-tour d'un pas tranquille.
– Je crois qu'il n'a pas compris, se lamenta le septième année.
Cependant, Graup attrapa un oiseau au vol, au creux de son poing, puis le déchiqueta de ses dents.
– Bon, je crois que la barrière de la langue n'est pas un si gros obstacle après tout, relativisa Ron.
Draco sortit de son sac un petit livre et s'assit sur une souche d'arbre, à quelques mètres seulement du géant.
– Graup, assieds-toi, dit-il distinctement. Je vais te lire une histoire.
Le géant cligna lentement des yeux puis obéit contre toute attente. Draco n'avait l'air nullement impressionné de sa taille ou de sa capacité de l'écraser du revers de la main à tout instant. Il ouvrit le livre au premier chapitre et commença à lire d'une voix forte et intelligible.
– Il a du cran, admit Fergus.
Des oiseaux pépiaient dans la clairière et le soleil perçait difficilement entre les branches serrées des arbres noueux. Draco était presque parvenu à la fin du conte quand un bruit de feuillage les fit se retourner d'un seul mouvement. Les cheveux broussailleux, la silhouette courtaude et toute vêtue de rose, Dolores Ombrage apparut dans la clairière, arborant un large sourire obscène.
– Je vous tiens ! jubila-t-elle.
– Qu'est-ce que vous faites ici ? s'écria Harry.
– Je vous retourne la question, Mr Potter, dit-elle doucereusement. Oh, vous êtes également là Mr Shacklebolt. Je serai ravie de le mentionner à votre père. Depuis le temps que nous cherchions un motif pour vous virer de l'école...
– J'ai déjà passé les ASPIC, répondit le Poufsouffle d'un ton égal. Vous ne pouvez pas me virer parce que j'ai déjà fini l'école.
– Oui, mais en tant qu'agente du ministère, je peux définitivement vous radier de la liste des examens. D'ailleurs, je peux tout aussi bien vous faire enfermer à Azkaban, ajouta-t-elle d'un air pernicieux. Je vois d'ici les grands titres : le fils d'un auror émérite emprisonné pour recel, trafic de stupéfiants et fraternisation avec les géants. De quoi détruire la plus belle des carrières, n'est-ce pas ? Maintenant, vous avez un choix : soit vous me dites ce que vous fabriquez ici, soit je détruis votre avenir et chacune de vos familles.
– Mes parents sont morts, répondit Harry d'un ton égal. Vous allez faire quoi à propos de ça ? Enfermer leur fantôme dans une boîte à chaussures ?
– Et je crois que mes parents moldus ne sont pas du tout au courant de ce qu'il se passe à Poudlard, ajouta Hermione d'une voix innocente.
– Je pense que les miens vous détestent, prononça Ron, songeur. Je ne suis pas très sûr. Je le leur demanderai par hibou.
– Quant à mon père, il n'écoute plus les sornettes du ministre et de son cabinet depuis un bon bout de temps, compléta Fergus. Draco ?
– Oh, virez-moi, Miss Ombrage ! Je vous en supplie ! s'exclama-t-il d'un ton théâtral avant de reprendre un ton parfaitement calme. Vous pouvez me virer : l'année prochaine, j'étudie à Durmstrang de toute manière.
Dolores Ombrage les regarda tour à tour, semblant se gonfler de malveillance.
– Très bien, dit-elle d'une voix suraiguë. Vous ne voulez pas coopérer. Dans ce cas, je vais employer la manière forte... Cornelius ne m'en voudra pas, marmonna-t-elle. Il en va de la sécurité du ministère... Oui, oui, ce que je fais est correct. (La Grande Inquisitrice agita sa baguette magique et Hermione se retrouva comme propulsée dans les airs, agitée de spasmes) Je ne le répèterai pas deux fois ! cria Ombrage. Dites-moi où est Albus Dumbledore ! Qu'est-ce que fait ce géant ici ? Est-ce son arme contre le ministère ?
– Q-Quoi ? Mais vous êtes folle ! hurla Ron. Lâchez-la !
– RÉPONDEZ À MA QUESTION ! OÙ EST DUMBLEDORE ?
– Nous ne savons rien de tout ça ! se défendit Harry.
– Oh, et vous espérez que je vais vous croire sur parole, Potter ? Vous me croyez stupide à ce point ? Dernière chance ! Où est...
– Qu'est-ce que je t'avais dit, Bella ? déclara une voix joueuse derrière eux. Elle nous a conduits droit sur eux, comme c'était prévu.
Draco et Harry se retournèrent, se retrouvant nez à nez avec Barty Croupton Jr, Bellatrix Lestranges et cinq autres Mangemorts cagoulés. Sous le choc, Ombrage brisa le sort qui retenait Hermione captive des airs et elle faillit chuter lourdement sur le sol, mais Fergus la rattrapa d'extrême justesse, tombant lui aussi sur le dos.
– Par ordre du Ministère, je vous ordonne de rendre vos baguettes, s'exclama Ombrage.
Barty Croupton éclata de rire, comme s'il s'agissait de la plus délicieuse plaisanterie qu'il n'avait jamais entendue. Graup semblait véritablement tétanisé par la peur et plaqua ses énormes mains sur ses oreilles.
– Pourrait-on avoir une conversation entre adultes raisonnables ? demanda-t-il. Parce qu'on sait tous ici que primo, nous n'allons pas rendre nos baguettes, deuxio, vous êtes en sous-nombre contre nous, et tertio... Ah oui, même si votre vie en dépendait, les gamins ne lèveraient jamais le petit doigt pour vous défendre, car ils vous détestent. Alors... Si vous pouviez avoir l'amabilité de nous donner Potter sans faire de vague, nous repartirions aussi discrètement que nous sommes venus. Réfléchissez bien, insista Barty avec des airs de vendeurs à la sauvette. Vous détestez Potter, non ? Vous voulez le voir disparaître ! Eh bien, on s'en charge gratuitement. Tout ce que vous avez à faire, c'est de vous écarter de notre passage avant que cela devienne... mmh... comment on dit déjà Bella ?
– Je crois que l'expression appropriée est « affreusement sanglant ».
– Ah oui, approuva Barty avec un large sourire. C'est exactement ça. D'ailleurs, j'ai toujours détesté les enseignants. En tuer un ou deux ne peut pas faire trop de mal. Vous en pensez quoi les enfants ?
– Celui-là n'est plus un enfant, gronda un Mangemort sous une cagoule en désignant Fergus. C'est le fils de Kingsley Shacklebolt. Si on le prend, on peut en tirer une excellente rançon... et faire peur à pas mal de monde au passage.
Barty acquiesça lentement avant de dire :
– L'ennui, c'est qu'il est plutôt gros. On aura du mal à voyager avec tout ce petit monde, tu ne crois pas ?
– Je ne suis pas gros ! Se défendit le Poufsouffle. Je suis musclé. C'est normal, je joue au Quidditch !
– Quel poste ? s'enquit Barty.
– Batteur.
– Oh, félicitation. Ça doit être un joyeux hobby de pouvoir assommer des élèves et de... Bordel, on n'est pas là pour ça ! cria-t-il d'un ton hystérique. On est là pour Potter, hein ? Viens Potter. Allez, fais pas ton timide. On va juste faire un tour et puis on s'arrêtera même pour t'acheter un sandwich sur la route, si tu as faim. Le Seigneur des Ténèbres est très mérésicordieux, tu vois ?
– Oui, et moi je suis trop gros pour lui c'est ça, insista Fergus, en feintant un air vexé.
– C'est pas ce que j'ai dit... soupira Barty.
– Tu ne vois pas qu'il est en train de te faire marcher ? s'impatienta Bellatrix. Bâillonne-le et attrapons Potter, pour l'amour du ciel !
– Oui, on peut aussi faire ça. Bloclang ! s'écria Croupton en visant Fergus.
Ce dernier fut alors dans l'incapacité totale de parler. Les Mangemorts firent pleuvoir sur eux une pluie de maléfices et le premier réflexe de Harry fut de protéger Draco en le poussant derrière un arbre. Ron roula se cacher derrière un épais rocher tandis que la clairière était illuminée de sortilèges. Ombrage se battait désormais seule contre les sept Mangemorts et ils n'eurent aucun mal à l'immobiliser. Une fois serrée dans des cordes et dépossédée de sa baguette que Barty brisa sur son genou, ce dernier se racla la gorge :
– Ouh, ouh, les enfants et le gros ! Vous êtes où ?
Harry sentait Draco frissonner contre lui. Il aurait voulu lui dire quelque chose de rassurant, mais le risque que les Mangemorts les entendent était bien trop grand. Harry ne voulait en aucun cas mettre ses amis en danger, car c'était bien pour lui – et uniquement lui – qu'ils s'étaient déplacés jusqu'ici. S'il arrivait quelque chose à Ron, Hermione, Draco ou même Fergus, Harry s'en voudrait pour toujours. Il esquissa un geste pour se lever mais Draco le maintint fermement agenouillé, les yeux criant de désespoir.
– Potter ? appela Lestranges. Ne nous oblige pas à venir te chercher...
Harry poussa Draco une bonne fois pour toutes puis se leva. En face de lui, les sept Mangemorts le fixaient avec une convoitise presque palpable. Harry fit un pas en avant tandis que Ron, sur sa droite, lui criait de retourner se cacher.
– Bien, très bien, susurra Croupton Jr.
– Jurez que vous les laisserez repartir sain et sauf, prononça Harry tout en restant à une distance respectable des serviteurs de Voldemort.
– Dumbledore ne vous apprend plus comment négocier contre les forces du mal ? Leçon numéro 1, Potter, on discute des termes avant de se rendre. Pas après, se moqua Barty. Petrificus Totalus.
Aussitôt, le corps de Harry se raidit et il tomba en arrière sans pouvoir contrôler le moindre de ses muscles. Sa baguette magique glissa hors de sa poche, sous un tas d'herbes folles. Autour de lui, il entendit Graup rugir et une pluie de maléfices plut tout autour de lui, comme de minuscules feux d'artifices. Harry ne s'était jamais senti aussi inutile de toute son existence.
Ses amis risquaient leur vie en ce moment pour le sauver et il ne pouvait rien faire d'autre que de rester allongé à gaspiller chacune de ses respirations. La terre trembla légèrement à plusieurs reprises et les Mangemorts commencèrent à se replier derrière d'épais tronc d'arbre. Tout à coup, Harry sentit sa silhouette glisser sur le sol, comme si un épais crochet le traînait vers l'avant. À ses côtés, le corps inerte d'Ombrage suivait la même direction, s'enfonçant dans la forêt.
– Dépêchez-vous ! hurla Bellatrix. Je m'occupe de les neutraliser !
Une forte détonation secoua plusieurs arbres et Graup hurla de plus en plus fort, semant la zizanie chez les quelques Mangemorts restés en renfort. Un jet de lumière électrisant frappa la clairière et alla exploser un énorme rocher qui se désintégra en des milliers de petits cailloux.
– ATTENTION ! vociféra une voix d'homme tout à fait familière.
Au-dessus de lui, Barty Croupton Jr agita sa baguette magique et Harry entendit distinctement plusieurs personnes s'effondrer autour de lui.
– Ils feront un petit somme pendant trois ou quatre heures, ce qui nous laisse assez de temps pour disparaître, formula-t-il. On les laisse ici ?
Les autres Mangemorts se tournèrent vers celui qui avait crié tout à l'heure. Il ôta sa cagoule, révélant le visage extrêmement pâle de Lucius Malfoy.
– Je ne l'ai qu'effleuré, banalisa Bellatrix. Ton gamin n'a rien. Allons-y. De toute façon, nous n'avons besoin que de Potter et de cette grosse dinde.
Elle agita sa baguette magique et le corps de Harry se retrouva flottant dans les airs, tel un pantin désarticulé. De là où il n'était, la conversation des Mangemorts n'était plus qu'une vague rumeur imperceptible. Harry essaya de trouver un plan, n'importe quoi, qui pourrait le sortir de là. Paralysé, il ne put que fixer les branchages serrés des arbres de la forêt en espérant que n'importe quoi le sauve. Au bout d'un temps qui lui sembla interminable, la silhouette de Harry perdit légèrement en altitude et il se retrouva à la hauteur des Mangemorts. Ils arrivèrent finalement dans la clairière des Sombrals qui fixaient le groupe de sorciers de leurs yeux aveugles.
– Prenez-en un chacun, lança Barty Croupton Jr. Je m'occupe de Potter. Rabastan, tiens-moi cette grognasse d'Ombrage à l'oeil. On aura besoin d'elle.
Deux Sombrals s'avancèrent doucement vers Rabastan Lestranges, comme s'ils avaient compris chaque mot de leur conversation. Les cordes qui liaient Harry s'enserrèrent davantage et il bascula aussitôt sur le dos de l'animal et Barty grimpa derrière lui, tenant fermement la crinière du cheval funeste. Malgré ses lunettes de travers, Harry remarqua que chaque Mangemort n'eut aucun mal à trouver d'eux-mêmes un Sombral : ils avaient tous, au moins une fois, vu la mort.
– Allons-y, dit Croupton une fois que tout le monde fut sur sa monture. Vallée Burgton !
Il donna un coup de pied dans les flancs de l'animal, qui secoua sa longue tête reptilienne, puis s'envola avec une douceur déconcertante. Le sombral fila dans le ciel telle une comète, suivi de près par les autres. Jamais Harry n'avait atteint une telle vitesse, y compris sur son Éclair de Feu. Derrière eux, le soleil disparaissait en des éclats orangés et la Forêt Interdite s'étendait sous leurs pieds comme un épais tapis de verdure.
Très vite, le sombral se pencha vers l'avant et il atteignit une étroite vallée désertique, entre deux montagnes. Le paysage semblait toutefois familier, et il se rappela l'avoir déjà aperçu lors de ses trajets à bord du Poudlard Express. Les derniers Mangemorts atterrirent avec moins de grâce, tenant fermement Dolores Ombrage qui semblait être prise de panique tandis que les effets du sortilège de paralysie se dissipaient.
– Dépêchons-nous, pressa Bellatrix. Où est le portoloin ?
– Ici, désigna la voix lente et froide d'un Mangemort encagoulé.
Harry n'eut pas besoin de davantage d'éléments pour reconnaître Lucius Malfoy. Ce dernier paraissait soucieux. Sans doute pensait-il encore à Draco qu'il avait laissé immobilisé en pleine Forêt Interdite, à la merci de n'importe quelle créature hybride ou particulièrement dangereuse. Lucius Malfoy attrapa le portoloin – une vieille cruche brisée – et la tendit aux autres. Ils y déposèrent tous un doigt ou la main tandis que Barty le tenait fermement de l'autre. Soudain, l'objet s'illumina d'une légère aura bleuté et Harry sentit son corps être aspiré. Un tourbillon de couleurs le noya puis ses genoux heurtèrent durement le sol.
De suite, Barty le traîna par la peau du cou jusqu'à un recoin sombre, ne lui laissant même pas le temps de s'accoutumer au nouvel endroit.
– … Ce film était drôlement chouette, déclara une voix féminine, au loin.
– Il faudrait le revoir, ça, c'est sûr.
Des moldus, songea Harry, terrifié par ce qui pouvait leur arriver. Cependant, les Mangemorts attendirent patiemment qu'ils s'éloignent puis se faufilèrent en file indienne jusqu'à la sortie de service d'un disquaire. Les fenêtres étaient toutes condamnées. Un mangemort agita sa baguette magique et plusieurs sphères argentées illuminèrent la pièce : des dizaines de lecteurs vinyles s'alignaient contre une étagère poussiéreuse. Rabastan se dirigea vers l'avant-dernier en partant de la gauche puis déposa sa baguette sur la tempe de Dolores Ombrage.
– Bon, nous y voici, chuchota-t-il d'une voix étrangement rauque et menaçante. Nous allons annuler le sortilège Bloclang pour que tu nous pousses la chansonnette. À la moindre fausse note, je me chargerai personnellement de te faire sauter la cervelle. C'est clair ? (Ombrage hocha lentement de la tête) Très bien. (Il tapota deux fois sa baguette contre la gorge de l'Inquisitrice qui sembla retrouver la faculté de parler) Chante. Allez, chante.
Même si Ombrage tremblait de tous ses membres, elle formula :
– Statues dorées, arches moirées, solide est le Ministère malgré ses chimères. Couloirs marbrés, serrures soudées, travailleur est Cornelius sans aucun hiatus.
Aussitôt, le vinyle se mit à tourner dans le sens inverse des aiguilles d'une montre et une large embrasure dans le mur s'ouvrit, suffisamment large pour y laisser passer deux sorciers à la fois. Les Mangemorts s'y engouffrèrent par paire. Quand ce fut le tour de Barty Croupton et Harry ce dernier fut choqué de se retrouver directement dans le bureau du Ministre de la Magie en personne. Bellatrix vérifia que les alentours soient vides avant d'ouvrir la porte menant au bureau de son secrétaire personnel.
Le groupe de sorciers passa devant le bureau de Percy Weasley ainsi que d'autres étroits collaborateurs de son cabinet. Tous étaient vides. Un brusque sentiment de panique anima Harry et il essaya de toutes ses forces de combattre le sortilège de paralysie qui s'emparait de lui. Lucius Malfoy – reconnaissable grâce à sa silhouette haute et sa démarche quasi princière – appuya sur le bouton d'ascenseur qui arriva presque aussitôt. Ils s'engouffrèrent tous à l'intérieur.
– Niveau 1, Cabinet du Ministre, déclara la voix froide de l'ascenseur.
Lucius appuya une nouvelle fois sur le bouton portant le numéro 9.
– Tu vois Potter, déclara Barty Croupton tout en le tenant fermement, on ne pouvait pas passer par l'Atrium, les cheminées ou encore les toilettes publiques... Ce sont des endroits bien trop surveillés. En revanche, personne ne pense à regarder de près ce qu'il se passe dans le bureau de Fudge. Et les seuls autorisés à bénéficier de cette entrée se comptent hélas sur le doigt de la main... N'est-ce pas Dolores chérie ?
Cette dernière avait le teint livide. Harry se demanda alors si, comme lui, les Mangemorts avaient réactivé le sortilège bloclang ou si son état l'empêchait de prononcer quoi que ce soit. À mesure que l'ascenseur s'enfonçait dans les entrailles du Ministère, la fébrilité des Mangemorts devint tout à coup palpable. Harry se demanda depuis combien de temps, au juste, menaient-ils ce plan. Jusqu'ici, Harry s'était toujours senti en sécurité à Poudlard et cette expérience remettait en question bien de ses certitudes.
– Tu as le choix, Potter, continua Barty, cette fois en le regardant droit dans les yeux. Soit tu nous obéis et tout se passe parfaitement bien, soit tu... tentes quelque chose de stupide et nous répondrons avec la plus grande fermeté. Compris ?
Harry n'eut pas le temps d'acquiescer que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent en grand :
– Niveau 9. Département des Mystères.
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Tadaaaam, haha, je sais, vous trépignez d'impatience à l'idée de lire la suite ! Celle-ci est en pleine préparation donc pas trop de soucis à se faire de ce côté-là. Je pense qu'il reste encore deux chapitres avant la fin du T5. J'ai vraiment hâte d'y être et de me lancer enfin dans la rédac du T6.
Vous avez encore du temps pour créer des fiches personnages des élèves de Durmstrang ! Rien n'est encore joué ! (Je donne du délais en rab pour ceux en vacances qui ne seraient pas encore chez eux)
Je viens de me rendre compte que pour certains d'entre vous, vous aviez complètement oublié la description de Durmstrang que j'avais faite au cours du T4. Je vous la remets ici, avec les matières enseignées (parce que ce ne sont pas du tout les mêmes que celles de Poudlard... JKR le sous-entends même dans les livres). Donc si certains souhaitent peaufiner les fiches personnages qu'ils m'ont déjà envoyé, ou en créer de nouvelles, ces informations sont peut-être judicieuses à avoir.
Description générale : Durmstrang se situe au sommet d'une chaîne de montagnes, bordées de cascades, chutant dans un immense lac bouillonnant. Même si on ignore où se trouve Durmstrang précisément, on peut supposer que l'établissement se trouve en Norvège. Les élèves adorent nager parmi les sources chaudes naturelles durant leur temps libre et s'adonnent à des concours de plongeon. Toutefois, la mentalité de Durmstrang met l'accent sur l'invidualisme plutôt que le communautaire. Chaque élève possède sa propre chambre qu'il peut décorer à son goût. Certains parents n'hésitent d'ailleurs pas à payer des frais de scolarité plus élevés pour que leur héritier dispose d'une chambre plus grande ou avec une vue sur le lac.
Contrairement à Beauxbâtons ou l'école est complètement gratuite, y compris dans l'achat des fournitures, Durmstrang taxe ses élèves sur toutes sortes de dépenses de sorte qu'étudier là-bas est un véritable investissement pour les familles de sorciers, même les plus aisées. Mais être riche ne suffit pas : il faut aussi avoir les capacités magiques et intellectuelles pour pouvoir prétendre à être sélectionnable. En effet, Durmstrang a un examen d'entrée très difficile pour les élèves, les testants aussi bien sur leur culture générale, leur aptitude à réagir face au danger ou leur maîtrise de sortilèges. L'admission peut également se faire sur dossier.
Par-dessus tout, la condition sine qua none pour y accéder est d'être sang pur ou sang-mêlé. Aucun Sang-de-Bourbe n'y est autorisé, aussi brillant soit-il. Ainsi, Durmstrang se targue d'avoir les élèves les plus excellents du continent européen ce qui n'est pas toujours vrai. La sélection naturelle s'opère dès les premiers jours où les élèves ne pouvant pas suivre le rythme effrené des cours font leurs valises et rentrent chez eux. Le système scolaire diverge cependant de celui en Grande-Bretagne : âgés de onze ans, les candidats sont dans une école voisine nommée Burff-on-Dire (sorte d'école primaire pour sorciers). Ce n'est qu'à douze ans qu'ils entrent à Durmstrang et finissent leurs études à 19 ans, mais la dernière année est optionnelle.
ooo Durmstrang n'est pas une école réservée aux garçons, comme cela a été présenté dans les films. Il y a des filles, même si elles sont nettement moins nombreuses (environ un cinquième de la population des élèves).
ooo Les matières étudiées sont : Club de Duel, Géographie, Nécromancie, Potions, Langues, Artefacterie, Histoire, Incantation, Sport sorcier, Démonologie et Magie ancienne. (Il s'agit là du socle commun à toutes les sixième année, quelques matières spécialisées seront dispensées)
ooo Il n'y a pas de système de répartition. Les élèves ont toujours les mêmes vêtements, y compris pendant les week-end (sorte d'uniforme décontracté).
Les fiches perso retenues seront annoncées au prochain chapitre. Donc jusqu'ici, lâchez-vous.
Exemple de fiches perso : Nom et Prénom / Âge / Famille / Pays d'origine / Avis sur le monde magique et moldu / Parcours scolaire et matière préférée / Hobbies / Peur ou chose qu'il ou elle déteste / Habitude / Anecdote / Caractère etc.
NB : Ne perdez pas de vue que les élèves de Durmstrang viennent pour la plupart de familles ultra-conservatrices... Donc dire que machin va au cinéma moldu régulièrement ou a un meilleur ami moldu, c'est très, très tiré par les cheveux. C'est dommage, car parfois vous avez de très bonnes idées ! Oh, et évitez de faire des Gary ou Mary Sue qui parlent neuf langues et font des arts-martiaux ou mangent avec des baguettes avec leurs pieds. C'est pas trop-trop crédible pour des adolescents. Les fiches avec du potentiel mais des incohérences sont tout de même sélectionnables. Je me contenterai de modifier du contenus, histoire de les rendre moins prévisibles ou caricaturaux, si c'est vraiment nécessaire. Je remercie toutes les personnes ayant déjà participé à cette opération. J'ai eu quelques coups de cœur ! Pour ceux qui hésiteraient encore à se lancer, eh bien, allez-y ! Il reste encore de la place pour des élèves OC !
Passez une bonne semaine,
D Would.
