Chapitre 2 : L'éveil

La chaleur des rayons de soleil passant à travers les vitraux réchauffait la peau de son visage. Hermione apercevait la lueur du jour à travers ses paupières. Une odeur familière remplissait ses narines remplaçant l'odeur âcre de la fumé et du sang. Son corps reposait sur une surface moelleuse et confortable.

«Quel confort» pensa-t-elle. «La mort est plus confortable que je l'aurais crue».¸

Elle prit une grande respiration et ouvrit ses yeux. Elle reconnut immédiatement l'infirmerie de Poudlard avec ses haut-plafonds et ses vitraux. L'endroit était très familier pour la jeune femme. Elle y avait passé beaucoup de temps lorsqu'elle avait été pétrifiée par le Basilic. Elle identifia immédiatement l'odeur familière comme étant celle de la potion de Sommeil-sans-rêve. La jeune femme était vêtue d'un pyjama propre. Elle examina rapidement son visage avec ses paumes. Il était propre et il ne restait plus de trace de l'entaille qu'elle avait eue sur sa tempe. S'assoyant au bord du lit, elle réalisa que ses bras et ses jambes fonctionnaient normalement. Son avant-bras droit brûlait encore et un pansement d'un blanc immaculé l'entourait.

Curieuse d'explorer, elle tenta de se lever, mais il lui était impossible de quitter son lit. Elle réalisa qu'elle n'avait pas sa baguette.

«Quelqu'un a dû placer un sort de confinement» pensa-t-elle. Mme Pomfresh avait l'habitude de l'utiliser pour empêcher ses patients de quitter l'infirmerie sans son autorisation. Elle avait de la difficulté à comprendre ce qui s'était passé. Un instant elle sautait de la tour d'astronomie et l'instant suivant elle se retrouvait assise au bord d'un lit à l'infirmerie. Sa gorge se noua et des larmes coulèrent sur ses joues à la pensée des évènements qu'elle venait de vivre. Elle regarda à travers les majestueux vitraux qui l'entouraient. Celui près d'elle racontait comment Godric Gryffondor avait vaincu les gobelins que Ragnuk 1er avait envoyé afin de lui voler son épée sertie de rubis. À travers le verre aux couleurs flamboyantes, la jeune sorcière constata que le château était intact. Sous les rayons d'un soleil couchant, il ne portait pas les cicatrices des violents combats.

«Comment était-ce possible?» pensa-t'elle. Les questions se bousculaient dans sa tête. Son esprit était plus vif que le soir de la bataille, mais il n'avait pas encore sa vivacité usuelle.

Des bruits de pas s'approchant mirent fin à ses réflexions. Hermione se retourna pour faire face à l'arrivant. Ce fut un choc d'apercevoir Albus Dumbledore. Il était vêtu de robes bleues pâles et il portait un chapeau plutôt étrange. Ses longs cheveux et sa barbe semblaient plus foncés. Son visage paressait plus détendu. Elle aurait pu croire qu'il était même plus jeune. Figée et n'arrivant pas à parler, la jeune femme le regardait fixement comme si elle avait peur qu'il disparaisse. Le vieil homme pris la parole :

- « Bonjour Mlle Granger, on dirait que vous avez vu un fantôme.» dit-il

- «C'est tout comme Professeur» lui répondit la jeune femme. «Suis-je morte?»

Le directeur lui fit un petit sourire avant de lui répondre :

- «Non, vous êtes aussi vivante que moi»

«Ce n'est pas très rassurant» pensa la sorcière. Professeur Dumbledore n'était pas très vivant à sa connaissance.

- «J'ai l'impression que vous me connaissez déjà, mais je ne me rappelle pas vous avoir déjà rencontré. J'ai lu sur le parchemin trouvé dans vos poches que votre nom est Mlle Granger. Je reconnais mon écriture, mais je n'ai jamais écrit cette lettre…» Il s'interrompit brièvement et poursuivi : « Il y a quatre jours, Hagrid vous a retrouvé au pied de la tour d'astronomie en mauvais état. Il est impossible de transplaner dans l'enceinte du château et je suis persuadé que vous n'avez pas pu passer les enchantements qui protègent Poudlard. De plus, on a retrouvé sur vous un retourneur de temps brisé. Qui êtes-vous?»

Hermione ne comprenait pas plus ce qui se passait.

- «Professeur Dumbledore vous ne me reconnaissez pas?» L'homme hocha la tête et la jeune femme poursuivit : « Je suis Hermione Granger. Vous m'avez donné le parchemin et le retourneur de temps. On se connait depuis mon arrivée à Poudlard en 1991»

- «Cela fait du sens qu'on ne se connaisse pas encore» dit Dumbledore. «Dites-moi quelque chose que seul une personne qui me connait réellement sait.»

«Il veut confirmer que je suis vraiment moi» pensa Hermione. C'était une procédure habituelle pour les membres de l'Ordre du phoenix. Elle prit la parole :

- «Vos bonbons préférés sont ceux au citron»

- -«Ce n'est pas un gros secret»

- «Votre sœur est décédée lors d'une altercation entre votre frère, Grindelwald et vous. Votre baguette est une des trois reliques de la mort.»

Elle sentit l'homme se tendre. Hermione ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé. Albus Dumbledore reprit la parole :

- «Peu de gens connaissent mes secrets.»

- «Où suis-je?»

- «Vous êtes à Poudlard, mais l'école est encore calme puisque la rentrée est dans quelques jours.»

- «Alors, on doit être en août…» dit la sorcière.

- «Plus précisément, en août 1977» lui répondit le grand sorcier.

Cette dernière information lui coupa le souffle. Elle était passée de l'année 1998 à l'année 1977. Elle n'était pas morte. Elle avait fait un grand saut dans le temps. «Comment était-ce possible?» pensa-t'elle. Dumbledore poursuivit :

- «Vous allez passer les prochains jours à l'infirmerie. Nous allons nous reparler bientôt. Pour l'instant, vous allez vous reposer. De toute façon, Mme Pompfresh ne me laissera pas vous parler bien plus longtemps. Vous connaissez bien Mme Pomfresh?»

Hermione se rappela les nombreuses fois où Mme Pomfresh avait chassé de façon cavalière des élèves et des professeurs de son infirmerie. Elle avait même déjà claqué les portes au ministre de la magie. La matrone ne se laissait pas intimider par personne. Elle hocha la tête. Albus reprit la parole :

-«Réfléchissez au contenu de la lettre d'ici à notre prochaine rencontre…»

Le directeur s'interrompit pour regarder au-dessus de son épaule. Mme Pomfresh approchait à très grande vitesse. Elle avait l'air très mécontente que sa patiente soit «dérangée»

- «Comme vous pouvez le constater, je dois quitter. À la prochaine Mlle Granger»

Sans lui laisser le temps de répondre, il transplana hors de la pièce pour éviter le courroux de l'infirmière. Il avait le don de laisser planer les mystères.

Mme Pomfresh s'assura qu'Hermione allait bien. La matrone avait déjà terminé de guérir les nombreuses fractures qu'elle avait subie aux bras, aux jambes et au bassin avec de la potion de Poussos. Elle refit le bandage sur son bras droit. Les mots «sang-de-bourbe» était encore visibles sur sa peau. Malheureusement, les lettres injurieuses ne s'effaceraient jamais complètement selon l'infirmière. Les blessures causées par des maléfices très sombres laissaient des marques permanentes. Hermione porterait des traces physiques de sa rencontre avec Bellatrix en plus des traces indélébiles qu'elle avait laissé dans son esprit…

Sa rencontre avec Albus Dumbledore n'avait pas répondu à ses nombreuses questions. Au moins, elle savait qu'elle était toujours vivante et qu'elle se trouvait en 1977. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle s'était retrouvée à cette époque. «Qu'est-ce qui s'est passé en 1977?» se demanda-t'elle. Rien ne lui vint à l'esprit. Soudainement, elle eut l'idée de faire un rapide calcul. Harry était né en 1980. Cela signifiait que ses parents étaient encore à Poudlard en 1977. Si ces derniers étaient à l'école, ça voulait dire que Severus Rogue et les autres maraudeurs y étaient encore. Ça faisait beaucoup d'informations à intégrer. De plus, elle devait réfléchir au parchemin que le professeur lui avait donné. Qu'est-ce qu'elle allait décider de faire? Allait-elle pouvoir retourner à son époque?

Le soleil s'était couché lorsque Mme Pomfresh vint la revoir. Elle lui donna une dose de potion de Sommeil-sans-rêve afin qu'elle puisse se reposer sans faire de cauchemars. Selon l'infirmière, elle avait crié des noms plusieurs fois dans son sommeil lors de sa première nuit à l'infirmerie. Hermions voulait continuer à réfléchir, mais ses paupières devinrent trop lourdes. Elle laissa le sommeil réconfortant de la potion l'envahir.