Chapitre 11 : La surveillance

En se rendant à la grande salle pour le petit-déjeuner, les élèves des différentes maisons furent surpris en se retrouvant face à la ménagerie des Maraudeurs. Rusard avait été décroché du chandelier, mais les créatures étaient toujours libres. Les vaches et quelques créatures étaient toujours dans le Hall. Les cochons et les créatures plus aventureuses avaient décidé d'explorer le reste du vaste château. Lorsqu'Hermione et Lucy prirent place à la table des Serpentards, elles remarquèrent l'atmosphère joyeuse qui régnait. Les élèves parlaient plus fort que d'habitude et les éclats de rires étaient nombreux. La diversion de la nuit précédente était le sujet de toutes les discussions. Elle était déjà qualifiée de légendaire et les gens se demandaient qui en était responsable. La plupart des enseignants étaient absents de leur table. La rumeur disait qu'ils tentaient de capturer les créatures. Lucy prit la parole :

- «Les professeurs ne sont pas là! Ils doivent avoir une gueule de bois épouvantable… J'ai déjà eu un lendemain de veille qui a duré trois jours après avoir pris quelques verres de l'alcool préparé par mon frère.»

- «Ouch! Ça devait être terrible!»

- «J'ai été malade et je ne me souviens même pas de la soirée. Nos cours ne seront pas particulièrement intéressants aujourd'hui.» répondit Lucy qui réprimait un fou rire.

Hermione aperçut Professeur McGonagall qui marchait extrêmement lentement vers la table réservée aux membres du personnel. Elle n'avait pas du tout son air autoritaire habituel et sa posture était terrible. Lucy et elle avaient seulement un cours de transfiguration en ce vendredi. Par conséquent, elles allaient pouvoir étudier les livres qu'elles avaient dérobés dans la section interdite.

Pendant que les jeunes femmes discutaient des évènements de la nuit, Severus prit place près d'elle et commença à prendre son petit-déjeuner silencieusement. Étrangement, il n'était pas accompagné par ses acolytes et il semblait tenter de ne pas se faire remarquer. Ne voulant pas qu'il sache ce qu'elle avait fait, Hermione changea de sujet :

- «Bon matin, Severus» dit Hermione d'un ton exagérément sympathique. «Il va savoir que je l'ai remarqué» pensa la sorcière.

Severus regarda la jeune femme silencieusement avant de continuer à manger ses céréales. «Il est presqu'aussi agréable que lorsqu'il enseignait.» pensa Hermione. Exaspérée elle reprit la parole :

- «Où sont Avery et Mulciber?»

- «Mlle je-sais-tout ne sait pas cette information! Moi, qui croyait que tu savais tout» répondit Severus d'un ton sarcastique avant de déposer bruyamment sa cuillère dans son bol de porcelaine blanche. Visiblement irrité, il sortit précipitamment de la grande salle.

Hermione énervée ayant levé son regard pour observer sa sortie remarqua que Rémus l'observait. Elle ne put s'empêcher de lui sourire. Elle eut un fou rire lorsque Sirius donna une tape derrière la tête de Lupin pour attirer son attention sur la conversation qu'il avait avec James. La sorcière réprima la colère qu'elle ressentit en remarquant Peter Pettigrew. Elle devait se rappeler, qu'à cette époque, le petit sorcier bedonnant n'avait pas encore trahi ses amis.

- «Comment trouves-tu mon cousin?» demanda Lucy

- «Toujours aussi désagréable…» répondit Hermione en se remémorant les nombreuses fois où il l'avait insulté. Ce matin, il avait utilisé son insulte favorite en la traitant de je-sais-tout. Il l'avait insulté souvent de cette façon lorsqu'il était mon maitre des potions.

- «Il n'a pas toujours été comme ça… Il est devenu plus amer…» répondit Lucy attristée.

Les jeunes femmes traversèrent la cours de métamorphose pour se rendre à leur leçon avec Professeur McGonagall. Hermione se demandait comment allait se dérouler cours. En entrant dans la classe, la jeune femme remarqua que, contrairement à d'habitude, les volets étaient fermés. La pièce était plus sombre que la tour de divination du Professeur Trelawney. Une fois que tous les étudiants eurent pris place, Professeur McGonagall entra d'un pas très hésitant dans la grande classe. C'était très différent de son allure déterminée et autoritaire habituelle. Elle se laissa sa choir sur sa chaise et resta silencieuse un long moment avant de prendre la parole d'une voix affaiblie :

- «Bonjour… à… tous… Ce matin, nous allons étudier la forme la plus complexe de transfiguration soit les Animagi… Vos volumes abordent ce sujet et je mets ma bibliothèque à votre disposition. Ce matin, vous allez… euh… rédiger un parchemin d'une longueur de trois pieds sur les animagi… Vous pouvez aborder ce sujet de la façon que vous voulez… J'ai décidé de… vous laisser commencer votre devoir en classe puisque vous irez à Hogsmeade demain.» La sorcière visiblement souffrante massa ses tempes avant de poursuivre : «Vous allez travailler en silence…»

Hermione était heureuse de commencer à étudier les Animagi. C'était un sujet très complexe et fascinant. Elle feuilleta les livres de la bibliothèque de l'enseignante avant de choisir comment elle allait aborder ce sujet. Les aspects historiques et légaux étaient très intéressants, mais le processus pour devenir un animagus pouvait être un sujet plus utile à étudier… Optant pour ce sujet, Hermione débuta la rédaction de son devoir. À la fin de la leçon, Hermione avait rédigé plus de la moitié de son travail. Lucy avait choisi d'aborder l'aspect légal des animagi et les enjeux reliés à leur identification. Hermione trouva son sujet amusant puisque trois élèves de leur cohorte étaient des animagi non-enregistrés et, par conséquent, ne respectaient pas la loi…

Alors qu'elles déjeunaient dans la grande salle, un trio de jeunes hommes bruyants s'écrasèrent sur le banc en face d'elles. Ils étaient énergiques et charismatiques. Sirius était très différent de l'homme qu'elle avait connu. Il avait encore l'insouciance qu'Azkaban lui avait arrachée. James avec ses cheveux ébouriffés ressemblaient énormément à Harry. Il prit la parole :

- «Avez-vous aimé la diversion?»

- «C'était génial!» S'écrièrent les jeunes femmes.

- «Vous savez que Rémy a travaillé fort pour nous convaincre de vous aider? Travailler pour des serpentards… pfff» dit Sirius d'un ton moqueur

- «Ce n'est pas vrai du tout. Tu mourrais d'envie de faire la pagaille!» répondit Rémus

- «Tu ne voulais pas les aider?» demanda James moqueur

- «Hmm, ce n'est pas ce que j'ai dit» Rémus semblait gêné et rougissant.

- «Avez-vous trouvé ce que vous cherchez?» Demanda Sirius soudainement plus sérieux.

- «Oui, mais certains livres étaient manquants. Quelqu'un a volé deux livres avant nous. C'est probablement le responsable des attaques…» Lucy soutenait le regard de Sirius. Elle ne semblait pas intimidée par sa présence comme les autres étudiantes.

- «Avez-vous trouvé autre chose?» demanda Rémus

- «Je ne peux pas vraiment en parler ici. Trop de gens pourraient nous entendre» répondit la jeune femme aux cheveux noirs.

- «Assurdiato» murmura Hermione

- «C'est quoi ce sort? Tu ne vas pas nous transformer en serpent toujours?» demanda James moqueur

- «Tu es encore plus idiot que je pensais» s'exclama Lucy

- «Non, pas du tout. Avec ce sort les gens ne pourront pas entendre notre conversation.» répondit la sorcière avant de poursuivre : « Trois livres ont déjà été volés. Le premier est un livre sur l'utilisation du sang pour préparer des potions. Les autres volumes manquants étaient sur les runes et symboles anciens et sur leurs liens avec la magie du sang. Nous avons quand-même trouvé des livres qui pourraient nous aider.»

- «C'est très préoccupant, car il s'agit de magie très noire et dangereuse. Quelqu'un est en possession de ces livres…» répondit Lucy

- «Bref, l'attaque est probablement lié à des rituels de magie du sang, mais on ne sait pas encore pour quel but.» ajouta Hermione.

Hermione était déçue de ne pas pouvoir donner détenir plus d'informations. Balayant la grande salle, elle remarqua que Severus se dirigeait vers la table de leur maison. À seulement quelques mètres des jeunes femmes et des Maraudeurs, il s'arrêta net et porta sa main droite à son oreille. Soudainement, son expression neutre fut remplacée par une de colère. Visiblement contrarié, sa peau si pâle avait même pris une teinte quasi rosée. Il fit demi-tour pour quitter la grande salle. Était-ce l'effet de la présence des Maraudeurs?

- «Avez-vous trouvé des informations intéressantes dans les livres que vous avez… comment dire… empruntés?» demanda Rémus qui interrompit l'observation d'Hermione.

- «Non, on va commencer à les lire en fin de semaine. Je te donnerai plus d'informations bientôt» répondit Lucy.

Prétextant être en retard à une pratique de Quidditch, les jeunes hommes quittèrent précipitamment la grande salle. Les deux sorcières passèrent le reste de la journée et de la fin de semaine à lire les volumes qu'elles avaient «empruntés» à la bibliothèque.

Les sorcières avaient passé tous leurs temps libres dans la chambre qu'elle partageait afin de lire le plus rapidement possible. Lucy faisait la lecture de «Potions et forces du mal» tandis qu'Hermione lisait «Magie et liens de sang». Elles progressaient, mais elles n'avaient pas encore trouvé de réponses à leurs questions. Les deux volumes avaient plusieurs centaines de pages et traitaient de sujets très complexes. En plus de leurs travaux, elles avaient pris l'habitude de patrouiller l'école la nuit à la recherche de l'attaquant de Jane. Elles n'avaient rien trouvé et elles commençaient à être épuisées par la situation.

Morte de fatigue, Hermione s'écroula sur son lit. Remarquant l'étrange odeur qui flottait dans la pièce, elle se rassit difficilement. Lucy était accroupie au-dessus d'un chaudron qui bouillonnait au-dessus d'une flamme bleutée.

- «Qu'est-ce que… On ne doit pas préparer des potions dans les dortoirs!»

- «Il suffit juste de ne pas sa faire prendre et je suis certaine que Slughorn ne va pas venir ici… De plus, tu vas être contente de mon idée. Nous sommes toutes les deux brûlées. On ne peut pas continuer à suivre nos cours pendant la journée, faire nos travaux le soir et surveiller les corridors la nuit… J'ai préparé une potion très utile.» Lucy versa la potion bleue dans une bouteille de verre transparent. «J'ai préparé une recette que ma grand-mère utilisait pour me surveiller quand j'étais petite. La potion va devenir rouge et brûlante si Severus ou moi quittons la salle commune de Serpentard. Plus besoin de passer nos nuits à arpenter le château. On a juste à attendre que la potion change de couleur ou de température. On va pouvoir savoir ce que préparent Severus et ses acolytes.»

- «Comment as-tu fait ça?»

- «C'est un mélange d'une potion de lien de sang pour localiser des gens et d'un sortilège d'alarme lié à un lieu. J'ai pu utiliser mon sang pour localiser Severus puisqu'il est mon cousin.»

- «C'est brillant! C'est très complexe.» répondit Hermione visiblement impressionnée

- «Bah… C'est juste une vieille recette de ma grand-mère…»

- «Ma grand-mère n'a pas la même sorte de recette. Grâce à elle, je peux préparer une excellente tarte au pomme, mais rien comme ta recette.» dit Hermione ricaneuse.

Les deux sorcières passèrent plusieurs nuits de sommeil tranquille. Elles dormaient avec la fiole de potion à tour de rôle pour s'assurer de ne pas manquer une sortie de Severus.

Hermione rêvait qu'elle était assise près du foyer de la salle commune de Gryffondor avec Ron et Harry lorsqu'elle fut réveillée par une sensation de brûlure. Ouvrant péniblement ses yeux, elle remarqua que la fiole de potion était devenue rouge. À moitié éveillée, elle enfila rapidement une cape noire par-dessus son pyjama. Ne voulant pas déranger Lucy, elle se glissa silencieusement hors de sa chambre et elle se dirigea vers la salle commune de Serpentard. Hermione se permit de courir puisqu'elle savait que Severus était déjà sorti. Une fois qu'elle arriva dans les corridors sombres des donjons. Elle ralentit son pas pour ne pas attirer l'attention. Elle suivit les bruits de pas et le bruissement de tissu qu'elle entendait résonner. Progressant silencieusement, elle finit par apercevoir une silhouette sombre. Continuant la traque, elle prit l'escalier qui menait vers le grand hall d'entrée et elle se dirigea en direction des escaliers. Dans un long corridor, elle perdu la silhouette de vue. Elle accéléra le pas pour la rattraper lorsque, soudain, elle fut plaquée violemment contre le mur de pierre d'une alcôve. L'impact fut si fort qu'elle en eut le souffle coupé.