Bonjour! Je vous livre un chapitre important de cette histoire.

Je tiens à vous remercier de suivre ma fiction et de la commenter.

Merci à Fantomette34, Ange, Aria 3164, kamilatcheikh, darkcorbeau, alchi...

Bonne lecture!

Chapitre 20 : Les ténèbres

Assise à la bibliothèque, Hermione continuait à chercher la signification du symbole circulaire. Elle avait lu tous les ouvrages sur les runes anciennes sans succès. Autour de la sorcière, de nombreux étudiants étudiaient désespérément afin de se préparer aux examens qui les séparaient du congé des fêtes. Normalement, Hermione aurait préparé un horaire détaillé de révision. Elle aurait passé des journées et des nuits entières à réviser. Cette année, elle n'avait pas la motivation de le faire.

«Ron m'aurait amenée à Ste-Mangouste» pensa Hermione avec un pincement au cœur.

Il se faisait tard. Par la fenêtre, Hermione pouvait apercevoir un croissant de lune au-dessus de la forêt interdite. La pleine lune approchait. Rémus allait avoir une session d'examens difficile.

Rémus continuait à être étrangement distant. Il ne lui avait pas vraiment adressé la parole depuis le bal qui avait eu lieu depuis plusieurs semaines. Il la saluait poliment et lui parlait en classe lorsque c'était nécessaire. La jeune femme se demandait ce qui motivait son changement de comportement envers elle. Lupin n'était pas encore tout à fait celui qu'elle avait connu. Elle savait qu'il avait toujours eu peur de s'approcher des autres à cause du stigma associé à sa lycanthropie. Il avait aussi fui Tonks longtemps. Il s'était aussi enfui lorsqu'il avait su qu'il allait être père.

Fatiguée, elle sortit la bibliothèque. C'était bien la première fois qu'elle n'était pas la dernière personne à la quitter. Les couloirs du château étaient de plus en plus froids. L'hiver approchait rapidement. Frissonnante, elle marchait rapidement en empruntant des raccourcis.

En sortant d'un passage secret, elle arriva près d'une élève portant les couleurs de Gryffondor. Elle était accroupie au sol. Hermione se rapprocha. Elle reconnut Élisa Hopkins. La minuscule sorcière tentait de ramasser les nombreux bouquins qu'elle avait visiblement échappés. D'une certaine façon, elle ressemblait à Hermione lorsqu'elle était en première année.

«C'est la version féminine de Neville» Pensa Hermione.

À chaque fois qu'elle croisait la Gryffondor, elle était au sol ou blessée. Elle devait être terriblement maladroite. Hermione utilisa sa baguette pour agrandir le sac de d'Élisa.

- «Merci…» Murmura timidement l'élève de première année.

Hermione pouvait apercevoir plusieurs ecchymoses sur son visage. Épuisée, elle reprit le chemin de son dortoir. Elle avait un examen de transfiguration bientôt, mais elle s'en moquait.

À son arrivée au dortoir, Lucy était absente. Une lettre était posée sur son lit. Hermione se pencha pour saisir l'enveloppe au papier luxueux. Il s'agissait d'une invitation du Professeur Slughorn. Il organisait une soirée pour célébrer la fin des examens avant les vacances de noël.

Exaspérée, elle se glissa sous les couvertures.

Hermione passa à travers la session d'examens avec un manque d'intérêt inhabituel. Rémus continuait à l'éviter. Elle n'avait pas parlé aux autres Maraudeurs depuis longtemps. Elle était frustrée de ne pas faire de progrès dans ses recherches.

Elle avait pu observer Rémus pendant les examens. Il était extrêmement pâle et cerné et semblait épuisé. La pleine lune avait été difficile pour lui. Hermione avait tenté de lui parler à plusieurs reprises sans succès.

Assise devant son miroir, elle tentait de maitriser ses cheveux en préparation pour la soirée de Slughorn. Lucy était encore absente. Les deux sorcières passaient moins de temps ensemble dans les derniers temps puisque Lucy et Sirius étaient devenus inséparables.

Elle abandonna sa bataille capillaire et se dirigea vers les appartements de Slughorn. Hermione n'était pas vraiment intéressée par sa soirée, mais elle savait que se serait une bonne occasion d'observer les autres élèves. Les étudiants suffisamment doués pour préparer les potions complexes comme celles trouvées sur les lieux des attaques allaient être présents. Elle savait aussi que Lupin allait y assister à cause de ses bons résultats en cours de potions.

Étant un peu trop en avance, elle prit place sur un banc dans un corridor désert. Les pensées se bousculaient dans sa tête. Hermione n'arrivait pas à arrêter de réfléchir aux attaques et au changement de comportement de Lupin.

Soudainement, l'air autour d'elle devint plus froid. La jeune femme commença à frissonner. Lorsqu'elle ouvrit ses yeux, elle reconnut le Moine-Gras qui flottait devant elle.

- «Bonsoir Mlle Williams, vous semblez préoccupée?» Demanda le fantôme.

- «En effet… » Hermione s'arrêta. Elle hésitait à se confier au religieux. Elle se souvint du bien qu'il lui avait apporté à son arrivée à Poudlard et décida de poursuivre. «Je n'arrive pas à trouver qui commet les attaques. J'ai des éléments, mais je n'arrive pas à les lier.»

- «Puis-je m'asseoir près de vous?» Demanda poliment le spectre. Hermione, amusée, hocha sa tête. Le moine s'installa à la fois au-dessus et à travers du banc puis il reprit la parole. «Vous faites preuve de beaucoup de courage en poursuivant ce personnage ignoble. Faites attention de ne pas oublier que vous n'êtes pas responsable des attaques. Enquêter prend beaucoup de temps…»

- «Je sais… Je veux l'arrêter avant qu'il ne commette l'irréparable.» Répondit Hermione déterminée.

- «Je vous promet de vous aviser si jamais je vois quelque chose d'anormal…» Le fantôme prit une pause. Il semblait se questionner. Il reprit. «Je ne sais pas ce qui se trame… Par contre, je sais qu'il s'agit d'une forme de magie terriblement noire. Je peux la sentir à l'occasion… Normalement, je me sens un peu plus vivant à la Samain. Cette année, j'avais l'impression de sentir ce qui m'entourait. C'était troublant… Les autres fantômes ont remarqué la même chose… C'était la première fois que cela nous arrivait en plusieurs siècles…»

Hermione l'avait écouté attentivement. L'attaque de Sirius avait affecté les fantômes. Quelqu'un avait utilisé la journée où la frontière entre les morts et les vivants est à son plus mince pour effectuer un rituel qui avait rapproché les spectres de la vie. Elle ne savait pas où allait mener cette information, mais elle sentait qu'elle était importante.

- «Quel rituel peut avoir cet effet sur les fantômes?» Demanda Hermione curieuse.

- «Mmm… Je ne peux vous répondre… Je suis peu familier avec ce type de magie…» Il semblait sincèrement déçu de ne pas avoir plus d'informations.

- «Merci… Je suis certaine que ce que vous m'avez raconté est important. Je ne sais juste pas encore comment…» Répondit la sorcière.

- «Vous êtes brillante. N'en doutez jamais. Je suis certain que vous allez trouver… Je sens qu'il y a autre chose qui vous tracasse?»

- -«Comment faites-vous pour deviner?»

- «Cela fait plusieurs siècles que j'arpente le château en écoutant ses occupants…»

- «C'est facile d'oublier que vous êtes ici depuis si longtemps… Bon… Il y a un homme… On était proches, mais il a commencé à m'éviter... Je ne comprends pas…» Hermione se sentait étonnement à l'aise d'aborder sa vie privée. Le moine avait une présence apaisante qui invitait à la confidence.

- «Vous savez… Nous pourrions passer des heures à présumer de ses intentions… Je ne veux pas vous dicter une conduite, mais je suis certain qu'il serait préférable de lui poser la question. Qu'en pensez-vous?»

- «Vous avez raison…»

L'heure avançait. Elle risquait, maintenant, d'être en retard à la soirée de Slughorn. Elle salua le Moine-Gras et elle prit la direction de la fête d'un pas rapide.

Hermione se demandait comment elle allait pouvoir aborder le sujet avec Rémus.

«Comment questionner quelqu'un auquel on ne peut même pas adresser la parole?» Pensa-t-elle.

Hermione poussa la lourde porte des appartements du directeur de Serpentard. De nombreux étudiants discutaient. En arrière-plan, elle pouvait entendre de la musique jazz. Sirius et Lucy étaient assis sur le sofa près de la cheminée. Ils semblaient heureux ensemble. Sirius dévorait la jeune femme du regard. Hermione ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant Sirius heureux en compagnie d'une sang-pur de Serpentard. Ils faisaient un très beau couple.

Severus était installé sur un fauteuil. Il lançait des regards meurtriers à Sirius. Les deux sorciers n'avaient pas encore enterré la hache de guerre. Ils refusaient toujours de s'adresser la parole. Cela rendait la coopération avec les Maraudeurs difficile.

Rémus se tenait en retrait. Il était d'une pâleur cadavérique. Son visage portait plusieurs nouvelles entailles. Il avait un verre à sa main.

Hermione se dirigea vers Lupin. Le jeune homme se déplaça rapidement et emprunta une porte en bois au fond de la pièce. Elle accéléra le pas pour le rejoindre lorsque Slughorn barra sa route.

- «Mlle Williams! J'ai lu votre dissertation sur les propriétés de l'aconite. Elle est excellente.» Slughorn semblait très fier de son travail.

- «Merci beaucoup Professeur…» Répondit Hermione déconcentrée.

- «Vous terminez votre scolarité bientôt. Avez-vous réfléchi à votre avenir?» Demanda l'homme à la moustache.

- «Pas encore…» Hermione voulait suivre Rémus.

- «Avez-vous pensé…» Commença le professeur.

- «Hmm… Je dois aller rejoindre Rémus… Nous devons parler de notre projet… Nous pourrions continuer notre conversation plus tard?» Interrompu la sorcière.

Hermione contourna son directeur de maison sans lui laisser le temps de répondre. Elle savait que cette conversation pourrait être importante. Avec ses contacts, Slughorn pouvait l'aider à avoir un emploi qui pourrait s'avérer intéressant dans les prochaines années. L'emploi pourrait même lui servir à combattre Voldemort si elle décidait de le faire.

Rapidement, elle poussa la porte qui menait à un long corridor faiblement éclairé. Rémus se tenait face à une grande fenêtre. Il observait le parc du château. La neige abondante luisait sous la lumière de la lune.

Le bruit des pas d'Hermione qui résonnaient sur le sol de pierres n'arrivait pas à couvrir le martèlement des battements de son cœur.

Rémus se tendit et prit la parole sans se retourner:

- «Hermione…»

- «Rémus…» Hermione ne savait pas quoi dire. Elle décida d'aller directement au but. «Pourquoi m'évites-tu?»

Rémus inspira profondément. Hermione pouvait sentir son malaise.

- «Je… On… Je ne peux pas continuer...»

- «Est-ce que tu m'apprécies?» Elle ne voulait pas lui faire peur en parlant d'amour.

- «Je t'apprécie, mais on ne peut pas continuer… Je… Je ne peux pas…» Il évitait de la regarder directement.

- «Est-ce que j'ai fait quelque chose qui t'as heurté?» Demanda Hermione.

- «Non… C'est juste que je ne peux pas être avec toi…»

- «Ok…» Bredouilla Hermione. Elle était déçue, mais elle comprenait la situation. Le Rémus de dix-sept ans ne s'acceptait pas encore assez pour s'approcher des autres.

Ils restèrent silencieux pendant un long moment. Hermione avait l'impression qu'il y avait autre chose.

- «Il y a autre chose qui te dérange?»

- «Tu nous caches quelque chose.» Répondit rapidement le sorcier.

- «Quoi?» Demanda Hermione très inconfortable.

- «Tu savais comment retourner au château à partir d'Aux-trois-ballets seule. Tu ne devrais pas connaitre les lieux aussi bien et le mot de passe du passage secret… Tu connais les passages secrets que les préfets utilisent alors que tu viens tout juste d'arriver… Tu connais très bien le chemin jusqu'à la salle commune de Gryffondor… Tu évites les questions… Après ton arrivée au château, les élèves commencent à être attaqués…»

Hermione savait que Lupin avait raison de croire qu'elle cachait des choses, mais elle ne pouvait pas prendre le risque de lui dire la vérité. Elle avait déjà pris beaucoup de risque en révélant son secret à Severus.

- «Tu crois que je suis la responsable des attaques?» Hermione commençait à se sentir en colère.

- «Tu es arrivée en même temps que les attaques. Je ne peux pas croire qu'un élève de première année serait apte à faire de la magie si complexe.» Rémus commençait à monter le ton.

- «JE NE SUIS PAS L'ATTAQUANT! Rémus RÉFLÉCHIT. Comment aurais-je pu attaquer Sirius lors du bal? Nous étions ensemble…»

- «Tu aurais pu l'attaquer lorsque nous nous sommes séparés à la fin de la soirée.»

- «JE NE L'AI PAS ATTAQUÉ!» Répéta la sorcière.

- «TU CACHES QUELQUE CHOSE! Je ne peux pas te faire confiance.»

- «ET TOI, TU N'AS PAS DE SECRET RÉMUS LUPIN?» S'écria Hermione. Elle regretta tout de suite ses paroles.

Rémus parut ébranlé un instant.

- «Je ne sais pas de quoi tu parles.»

- «Tu sais très bien de quoi je parle!» Répondit la sorcière.

Rémus resta silencieux. Hermione reprit la parole :

- «Tu t'absente toujours près de la pleine lune. Tu sembles malade à l'approche de chaque pleine lune… Tu as des blessures le lendemain de la pleine lune… Ton comportement change avec les phases de la lune. Tu as un excellent odorat en cours de potions. Tu m'as repérée alors que j'étais pratiquement invisible…»

- «Tu te trompes» Répondit sèchement Lupin.

- «Je ne me trompe pas du tout. Je sais beaucoup de chose parce que j'ai un bon sens de l'observation et de la déduction… Je te jure que je ne révèlerai pas ton secret.»

Le sorcier semblait déchiré. Il hésitait à continuer de parler.

- «Tu le sais depuis longtemps?» Il semblait triste.

- «Plusieurs semaines.» Mentit Hermione.

- «Cela ne te dérange pas?»

- «Aucunement… Tu es une bonne personne Rémus. On peut t'apprécier même si tu sembles croire le contraire.» Hermione savait qu'elle touchait un sujet sensible. Elle ne savait pas comment Rémus allait réagir.

Un éclat d'espoir traversa son regard brièvement puis il se renfrogna. Il prit la parole d'un ton glacial qu'Hermione n'avait jamais entendu.

- «Tu me caches quelque chose! C'est lié aux attaques! Restes loin de mes amis. Dis à Severus de faire la même chose!»

Hermione ressentit un mélange terrible de colère et de tristesse. Son corps ne savait pas si elle devait crier ou pleurer.

- «Vas-t'en!» Cria la sorcière en pointant sa baguette sur Lupin.

Le sorcier comprit la menace dans la voix de la jeune femme et il s'éloigna rapidement.

Hermione éclata en sanglot. Elle pleurait tellement qu'elle en tomba à genoux. Ses yeux étaient si pleins de larmes qu'elle en était aveuglée. Ce n'était pas tant la rupture qu'elle pleurait. C'était plutôt les soupçons de Rémus qui la faisaient souffrir. Elle mettait tous ses efforts pour arrêter l'attaquant et voilà qu'elle se retrouvait soupçonnée d'avoir commis des actes horribles.

Il était difficile de porter un secret lourd comme le sien. Ses larmes augmentaient au lieu de diminuer. C'était comme si le barrage qui retenait toutes ses peines avait cédé subitement. Elle ne pleurait plus seulement les soupçons de Rémus. Elle pleurait les amis qu'elle avait perdus lors de la Bataille de Poudlard. La sorcière avait retenu ses larmes trop longtemps. Maintenant, elles la submergeaient totalement. La souffrance était telle qu'Hermione se demandait si la mort n'aurait pas été préférable… Elle n'allait pas pouvoir influencer l'avenir si les Maraudeurs la tenaient à distance…

Hermione n'entendit pas les bruits de pas de la personne qui se rapprochait d'elle rapidement. Soudainement, une douleur vive la transperça du côté droit de son dos. Hermione poussa un cri. Elle tenta de poser sa main au site de la douleur. Elle pouvait sentir un objet dur et froid qui dépassait de la blessure et la chaleur de son sang qui s'en échappait abondamment.

Hermione tomba sur son flanc gauche. La perte de sang l'affaiblissait rapidement. Elle n'arrivait déjà plus à bouger ou à crier. Elle peinait à respirer. C'était comme si ses poumons ne pouvaient plus se remplir suffisamment d'air. Elle allait étouffer…

La sorcière pu apercevoir une petite silhouette qui s'éloigna d'elle en courant vers les ténèbres.

Hermione se sentait de plus en plus en faible. Ses étourdissements augmentaient et elle était incapable de bouger ou d'appeler à l'aide. Elle savait que sa fin approchait. La mort n'était pas aussi rapide qu'elle l'aurait crue. Sa conscience s'éteignait progressivement… Elle ne pouvait plus que sentir la douleur de sa blessure et le froid du sol de pierres sur lequel elle était étendue lorsque tout devint noir.