Youhou ! C'est Lilisu qui vous parle, à la veille de son retour à l'école ! (enfin, je dis ça avec des points d'exclamation, mais j'ai paaaaas envie d'y alleeeeer !)
Bref, voilà la suite ! Merci aux revieweurs et bonne lecture, on se retrouve en bas !
Chapitre 2 : The Alley of fear
Réveillé à cinq heures du mat' par la voisine et pas moyen de me rendormir.
Je vais un jour la tuer par accident, je pense. Je ne savais pas encore comment, mais je vais le faire.
Je pris le temps de paresser un peu au lit jusque sept heures, puis me levai en traînant des pieds. Trois mugs de café et un croissant au goût de carton plus tard, je me sentis enfin prêt à affronter la journée merdique qui s'annonçait. Tout d'abord : aller faire des courses, car oui, même les assassins ont besoin de manger de temps à autres.
Un éternuement tonitruant me secoua et m'arracha brutalement la gorge, et j'eus soudain l'envie irréelle de re-tuer mon bijoutier.
Mise à jour sur la liste de courses : penser à acheter des gouttes pour le nez et du sirop pour la toux. Les rhumes commencent tôt c't' année !
Une heure et demie plus tard, je sortis du magasin avec une migraine carabinée et des envies de meurtre grandissantes. Je détestais être malade, ça me mettait toujours de mauvais poil. Bon, en même temps, je ne connaissais personne que ça enthousiasmait.
Et me voilà reparti d'un bon pas vers mon appartement pour oublier la populace. Au bout de deux minutes, quelque chose clochait déjà. J'essayai de me concentrer pour trouver de quoi il s'agissait, et il s'avéra qu'un bruit de pas me suivait sans décélérer depuis la sortie du magasin. Très naturel, je posai un de mes sacs sur le trottoir et m'appuyai contre un réverbère pour faire mine de vérifier que mon pantalon ne prenait pas l'eau.
Et… je fis bien de regarder parce que c'était le cas. Bordel de merde sur toast.
Le type qui me suivait était arrêté quelques mètres en arrière et fouillait dans son manteau, comme s'il avait oublié quelque chose, mais maintenant, j'étais fixé.
Je repris ma route d'un air dégagé et le mec en fit autant. Amateur.
Abandonnant l'idée de rentrer chez moi, j'obliquai vers une rue un peu plus malfamée et le gars me suivit sans hésiter. Je pouvais presque entendre son ego se gonfler de satisfaction.
Un sourire démoniaque s'étala alors sur mon visage et je m'arrêtai à nouveau. Confiant, le gars se figea à un mètre derrière moi et j'entendis le cliquetis familier d'un chien qu'on abaisse. Alors que je m'attendais à ce qu'il me demande mon fric ou même la boîte de chocolat belge que j'avais achetée sur un coup de tête, le type se cantonna à braquer soigneusement son flingue vers mon crâne.
Comment je le savais ? Je m'étais posté devant une vitrine sombre et sale, mais ça me suffisait pour surveiller mon agresseur.
On peut raisonner avec un voleur, parce qu'ils préfèrent en général éviter de se salir les mains. Avec un assassin, c'était une tout autre histoire.
Je levai donc les mains en l'air et me retournai lentement, histoire de ne pas stresser le bonhomme.
- Ecoute vieux, commençai-je. Qui que tu sois, tu t'es gouré de gars.
L'autre afficha un sourire malsain, et je soupirai. D'un geste fluide appris directement auprès de Jackie Chan (dans Rush Hour, vous faites pas d'illusion), je lui agrippai le poignet et le lui retournai pour lui arracher son arme et la retourner contre lui. Le gars poussa un glapissement de donzelle et leva automatiquement les mains.
- Tch, pitoyable, grognai-je. Et ça t'arrive de nettoyer tes armes ? D'où il y a de l'huile de moteur sur le canon, déjà ?
Je n'avais aucune pitié pour les mecs qui ne respectent pas leurs outils de travail. C'était… c'était pas respectueux, voilà tout.
- Steuplaît, balbutia ma future victime.
- Qui t'envoie, sac à foutre ? lui demandai-je sans me soucier de ses supplications.
- Personne ! répondit le mec désespéré. Je t'en prie, faut que je nourrisse mes gosses !
- Bah, fallait pas en faire, rétorquai-je en reniflant.
Tuer quelqu'un après s'être mouché manque particulièrement de classe, ne pensez-vous pas ?
- Bon, je déteste me répéter, le rappelai-je à l'ordre en retenant ma respiration pour ne pas éternuer. Qui t'envoie ?!
Mon nez me piquait, un truc de dingue ! Je finis par éternuer bruyamment mais me repris assez rapidement pour que le type ne me pique pas son flingue.
- Heu, à tes souhaits, fit l'autre.
Secouant la tête devant cette scène surréaliste, je reniflai de nouveau, un peu honteux.
- Ecoute, tout ce dont j'ai envie, là, c'est d'un grog avec beaucoup d'alcool et pas trop de miel, donc si tu pouvais parler et vite, ça m'arrangerait.
- Je ne sais pas qui…, commença le type avant de s'effondrer avec un joli trou de balle au milieu du front.
Avant même que le macchabée touche le sol, j'étais déjà en train de faire une roulade sur le côté pour éviter la potentielle deuxième balle, mais rien ne vint. Couché sur le sol dans cette ruelle absolument infecte, je vis au loin un sniper se redresser, m'adresser un signe de la main et disparaître avec son attirail.
Bordel, mais depuis quand les tireurs embusqués tirent en plein jour et font coucou ?!
Une fois chez moi, j'avais fermé tous les volets et avais placé toutes les armes à feu en ma possession à des endroits stratégiques dans l'appartement, dont une sous mon oreiller et une autre dans le frigo. Je ne répondrai à aucune question, faut vous y faire.
Assis devant la TV éteinte avec une mitrailleuse sur les cuisses, je me mis à réfléchir, ce qui je l'avoue, n'avait jamais été mon fort. Mon truc, c'était l'action, un point c'est tout.
Donc, cet espèce d'amateur voulait me descendre pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas et qui de toute évidence ne me connaissait pas non plus vu qu'il m'a envoyé un genre de… noob (les jeunes parlent bizarre de nos jours, bordel).
Et tout ça juste après avoir tué un bijoutier et parlé à ce… Moriarty. La coïncidence était bien trop grosse, je suis un peu con mais pas tout à fait neuneu !
Je sortis mon téléphone et commençai à composer le numéro de cette sale petite raclure de bidet (Moriarty, essayez de suivre enfin !). Si quelqu'un pouvait m'éclairer, c'était bien le type qui m'avait dit que "les jours prochains allaient être festifs" ou un truc du genre.
Quelqu'un choisit ce moment pour sonner à la porte et, soupirant, je laissai tomber le coup de fil à l'autre taré. Tout en planquant un revolver dans mon dos, je me mis à penser que s'il s'agissait de la voisine, je ne réfléchirais pas à deux fois avant de lui coller son dû dans le visage, quitte à laisser le corps là pour encombrer le pallier.
Le judas m'apprit qu'une jeune femme attendait patiemment devant la porte, et même si elle était mignonne et jeune, je me méfiai aussitôt. Que ferait une poupée à taille humaine devant la porte d'un mec comme moi ?
J'ouvris la porte d'un coup de sec et m'en éloignai aussitôt, au risque d'avoir l'air con. Bien m'en prit, car Miss Poupée gonflable se jeta en avant pour poignarder le vide là où je me trouvais une demi-seconde avant avec un genre de couteau de cuisine.
Ce n'était pas ma voisine, mais elle ferait l'affaire.
Sans une once de remord, je l'avoue, je refermai la porte sur elle et écoutai son cri de douleur avec un sourire en coin. Elle en lâcha son hachoir, qui manqua de me trouer un orteil, et je rouvris la porte pour lui planter un revolver sur la tempe.
- Qui t'env… commençai-je.
Elle m'interrompit avec un second couteau, qu'elle venait de tirer d'on ne sait où, et ce qui me restait de galanterie mourut devant tant d'impolitesse. La balle partit et se ficha exactement là où je le voulais. La gamine tomba en avant et agonisa pendant un instant, souillant mon entrée avec son sang.
Un peu secoué par l'adrénaline, je m'appuyai contre le montant de la porte et me passai une main sur le visage.
- Boooon…
Après une seconde de silence en guise d'hommage à la gamine, je fis le tour de mon appartement pour récupérer tous les trucs utiles, comme mes flingues et mon ordinateur pour tout fourrer dans un sac de l'armée. Ça pesait facilement deux tonnes douze, mais ça me sauverait la vie. De mes sacs de commissions, je tirai les vivres non périssables et les jetai sans tarder dans mon sac à dos à motifs camouflage. Les médicaments rejoignirent une trousse de premiers soins qui n'avait pas bougé de là depuis mon retour de la guerre et je jetai par-dessus quelques vêtements de rechange.
Un dernier regard à la ronde à mon appartement et me voilà parti avec toute ma vie dans un seul sac.
Au moins, je ne devrai pas payer le loyer.
Après un arrêt rapide à un distributeur de billets d'où j'avais retiré le montant de la prime du bijoutier, je montai dans un bus pour faire le point et accessoirement trouver un nouvel endroit pour vivre.
Que le noob ait tracé mes achats au magasin, passe encore. Tant que je payais en liquide, je ne risquais rien, techniquement. Mais où diable cette fille avait-elle trouvé mon adresse ?!
La grand-mère assise à côté de moi s'arrêta deux arrêts plus loin, et je me forçai à respirer profondément. Comment étais-je passé de chasseur à chassé en à peine une matinée ? Et surtout : qui avait mis ma foutue tête à prix ?!
Le trajet fut tranquille, si on omettait le con qui avait essayé de me planter une seringue remplie de je ne sais trop quoi dans la cuisse. Je l'avais laissé derrière moi dans ce foutu bus avec la même seringue dans le cou et un arrêt du cœur prolongé en prime.
Mon écharpe sur le nez, à la fois pour cacher mon visage et épargner mes microbes naissants aux autres, j'allai m'installer dans un hôtel à peine délabré, histoire de ne pas mourir d'une pneumonie en dormant dans un vieux hangar au toit fuité. Le mec de l'entrée me dévisagea curieusement, puis décida que je n'étais pas plus louche que ses autres clients. Il me loua sa plus belle chambre, celle avec la vue sur… des arbres.
Je m'installai rapidement sans vraiment défaire mon sac au cas où je devrais encore bouger en hâte, puis ouvris mon ordinateur, pris d'un affreux doute.
Je trouvai facilement la hit list et vis, effaré, tout en haut de la liste, ma sale tête sur une photo datant de plusieurs années. Ah oui tiens, j'avais les cheveux plus foncés avant…
Je cliquai sur l'annonce sans trouver de raison à cet avis de meurtre et réalisai que le montant de la récompense avait été modifié deux fois ces dernières heures. Ma tête valait maintenant 1800 £, et les heures de mise à jour correspondaient aux tentatives d'assassinat sur ma personne.
A cet instant, mon navigateur me demanda de rafraîchir la page et je me retrouvai sur la liste. Mon annonce venait de disparaître, ce qui signifiait que quelqu'un avait décidé d'essayer de me tuer.
C'était… glauque, bordel ! Je savais que le monde de l'assassinat n'avait rien de tendre, que personne ne connaissait la loyauté ou le scrupule, mais en être la victime était une chose bien différente. Enfin, au moins, grâce à la liste, je saurai quand quelqu'un planifiera ma mort. Tout ce que j'avais à faire, c'était trouver le commanditaire et le tuer pour que l'annonce disparaisse, le tout en échappant à l'ingéniosité de mes camarades tueurs à gage.
C'était pas gagné.
Je me réveillai plusieurs heures plus tard sans me souvenir du moment où je m'étais endormi. Il faisait nuit dehors et ma petite enquête n'avait pas du tout avancé. Pour ma défense, la descente d'adrénaline est fatigante.
Il était temps de s'y mettre.
Je m'habillai pour sortir (c'est-à-dire que je cachai un flingue sous ma veste) et remontai de nouveau mon écharpe sur mon nez pour éviter les caméras de surveillance. Une fois dehors, je descendis dans le métro et pris ma ligne préférée, celle qui conduisait à mon tout premier indic' depuis mon retour d'Afghanistan.
Je remontai plusieurs stations plus loin après un quart d'heure passé à reluquer tous les voyageurs en attendant qu'ils sortent une bombe, une batte de base-ball ou un AK-47 et parvins à rallier un des bars les plus pourris de Londres en un seul morceau. J'y entrai après un coup d'œil paranoïaque aux alentours, puis me dirigeai droit vers le bar.
- File-moi une bière mon gros, demandai-je au barman, un genre de marin chauve et barbu qui aurait dû être la retraite il y a environ un siècle.
Je vous jure, il avait même un tatouage d'ancre sur l'épaule !
Le vieux me grogna dessus pour toute réponse et me tendis un verre qui avait connu de meilleurs jours. Beurk.
Le verre en main, je me faufilai entre les piliers de bar vers le fond de la boutique, où une prostituée que je connaissais bien comptait des billets.
- Amy chériiiie ! m'exclamai-je en m'asseyant à sa table.
- Seb, fit la jeune femme en soupirant.
Elle était peroxydée, coiffée comme un chou-fleur et fardée comme un pot de peinture, mais ses infos étaient fiables. Je tâchai de ne pas loucher vers son décolleté rouge pailleté et avalai une gorgée de bière tiède. Un frisson de dégoût me secoua de haut en bas, mais je le réprimai pour ne pas me faire sortir avec des marques de talons hauts sur le visage.
- Ton eye-liner coule, ma chérie, l'informai-je.
- Ta gueule, souffla la prostituée. Pourquoi t'es là ?
Je me penchai vers elle pour ne pas me faire entendre du reste du bar (mais bon, vu leur état général et le niveau sonore de la musique, aucun risque).
- On m'a inscrit sur la hit list et j'ignore pourquoi, expliquai-je brièvement.
La blonde se recula un peu et me considéra aussi sérieusement que possible, ce qui est plus compliqué que d'ordinaire quand on ressemble à un panda dépressif.
- T'as tué qui dernièrement ? lâcha Amy en croisant les bras sous sa poitrine.
Je détachai difficilement les yeux de son torse et déglutis bruyamment.
- Un bijoutier londonien, il valait beaucoup de fric, répondis-je.
Amy émit (aha) un claquement de langue contrarié et mes entrailles se resserrèrent d'un coup. Tout ça ne me disait rien qui vaille.
- J'ai entendu des rumeurs, commença-t-elle. A propos d'un bijoutier qui aurait un accord avec des mafieux, tu sais, le genre d'accord où le commerce et la vie du gars sont protégés par des mecs sans scrupules ? Sauf qu'un gros idiot nommé Seb l'a descendu pour de l'argent et maintenant c'est ta tête que tout le monde veut !
Ma gorgée de bière tiède s'abattit sur mon estomac comme un ange vengeur.
- Des mafieux ? répétai-je, incrédule. Qui est le débile qui a commandité le meurtre d'un mec qui s'acoquine avec la mafia ?
- Sûrement un type assez intelligent pour envoyer un crétin pour le faire à sa place ! gronda Amy en me tapant sur le crâne.
- Mais… aïe ! Arrête ! J'ignorais qu'il bossait pour la mafia moi ! Et puis merde, c'est mon commanditaire le responsable !
- Peut-être, mais c'est toi qui a appuyé sur la détente.
- Ouais mais… comment savent-ils que c'était moi ?!
- Un témoin a dû te voir, abruti ! Si j'ai des problèmes par ta faute, Moran, je jure devant feue ma mère que je te pends par les couilles au-dessus du comptoir !
- Y avait pas de témoin ! J'ai véri… Oh.
Moriarty. C'était le seul témoin présent sur les lieux. Enfin, si on oubliait tous ses snipers.
- Andouille, répéta Amy en voyant ma tête de déterré.
- Bon, écoute, je vais le retrouver et lui faire passer l'envie de me dénoncer. Et je vais me faire ces mafieux, juré. Tu n'auras pas de problème, Amy, je te le promets.
- Tout un clan de mafieux ? Mais ça va pas bien dans ta petite caboche ?! T'as bouffé du sable en Afghanistan ? T'as bu de l'eau de mer ? Ou pire, l'alcool local ?!
- Raaah, c'est pas comme si j'avais d'autres solutions, si ? Et puis merde, je demanderai à Moriarty de me prêter ses snipers, il me doit bien ça après le coup foireux qu'il m'a fait !
Amy se figea et me fixa de ses yeux cerclés de noir, choquée.
- M-Moriarty ?
- Quoi, tu le connais ?
- Un peu, oui, ce type est un genre de hit list à lui tout seul. Il paraît que si tu le paies, il te pond un plan de derrière les fagots pour te débarrasser des gens qui t'insupportent. Et les flics ne se doutent de rien !
- J'en ai jamais entendu parler. Et puis c'est quoi ce job, franchement ? Autant qu'il les tue lui-même, non ?
- Il se contente de consulter, d'après ce que j'ai entendu, fit Amy. Il décolle seulement, il n'y a pas grand' monde au courant de son existence et de ses activités, mais il est fort, y a pas à dire. Entre lui et la mafia, t'es pas dans la merde, mon chou.
Bon.
Okay. Etape suivante : faire cracher ses dents à Moriarty, puis me débarrasser des mafieux, sans son aide de préférence. J'ai un minimum d'amour-propre à conserver, merci.
À suivre…
Ça avance ! :D
Seb est un peu paumé, c'est trop chou
Des reviews siouplaît ?
