Bonjour les geeeens ! Oui, je sais, je suis en retard, mais pour ma défense, l'école est de plus en plus stressante et j'avais de plus en plus besoin de ces mini-marathons Doctor Who avec ma coloc', ne m'en veuillez pas.
Merci pour vos reviews et bonne lecture !
Chapitre 3 : A study in black
- Bonsoiiiiiiir~ Vous êtes bien sur la ligne de Jim Moriarty, je fais du shopping pour le moment, laissez un message après le hurlement ou rappelez-moi quand il gèlera en enfer ! OUAAAAAARGL !
Interdit, j'éloignai mon téléphone de mon oreille, persuadé que je venais bien d'entendre un hurlement de douleur (ou de terreur, qui sait ?), et je m'imaginai sans trop de peine le jour où Moriarty avait enregistré son message de boîte vocale.
- C'est moi, espèce de psychopathe. Je sais que tu m'as dénoncé, alors quand j'en aurai fini avec ces putains de mafieux, ce sera ton tour, menaçai-je calmement malgré les tremblements qui agitaient mes mains.
A vrai dire, je n'avais pas envie de devenir le nouveau répondeur de ce taré.
- Si tu veux sauver ta peau de pré-pubère, je te conseille de me rappeler et de me dire tout ce que tu sais, et je pourrais potentiellement oublier à quel point tu m'emmerdes.
Frustré de ne pas l'avoir eu en personne, je raccrochai et rangeai mon téléphone. Et ce n'est pas comme si je savais où il créchait !
J'étais de retour dans mon hôtel pourri, et manifestement, mon voisin regardait un mauvais porno et souffrait de surdité. Trop furieux pour en être gêné, je me saisis de mon revolver et le démontai pour le nettoyer et calmer mes nerfs bouillonnants.
Il s'en passait des choses en deux ans ! Je n'avais jamais entendu parler de "criminel consultant" avant la guerre, mais il est vrai que je traînais moins dans les coins sombres à l'époque.
Trop énervé pour réfléchir, je ne tardai pas à reprendre mon téléphone et laissai une flopée de messages écrits et vocaux à l'autre dingue, puis me permis de faire la sieste. En me basant sur le modus operandi des assassins qu'on m'avait envoyés, j'avais pu déterminer qu'ils se servaient de ma carte bancaire et des caméras de sécurité pour me tracer. Le seul risque restait mon téléphone, mais je préférais ne pas sortir pour m'en acheter un nouveau pour continuer à harceler Moriarty. Après tout, qui paie un téléphone en liquide ?
Donc, j'étais en sûreté toute relative pour le moment, vu que j'avais fait attention à me dissimuler pour aller jusqu'à l'hôtel. Si un de ces mafieux s'était trouvé dans le bar d'Amy au bon moment, il avait pu me suivre jusqu'à ma chambre, mais j'essayais de ne pas songer à cette éventualité. Il fallait que je dorme, sinon je risquais de faire de belles conneries mortelles à l'avenir. Comme me faire tuer bêtement, par exemple.
A en juger par l'heure, le ciel sombre et la date affichée par mon téléphone, j'avais fait le tour de l'horloge. Tu parles d'une sieste.
Enfin, au moins l'hôtel était sûr pour l'instant, c'est toujours ça de pris.
Affligé d'un mal de dos épouvantable hérité du matelas défoncé sur lequel j'avais dormi, je me levai péniblement et m'efforçai de me déboucher le nez à l'aide du papier toilette et des gouttes que j'avais achetées une éternité plus tôt. Le spray pour gorges irritées chassa la désagréable sensation d'avoir avalé une pelote d'épingles, mais me dégoûta du bout de pain qui devait me servir de repas.
La bouche pâteuse, je me traînai vers la salle de bain où je pris une douche rapide. Cette sieste avait été tout, sauf reposante. J'avais l'impression d'être passé sous un camion et j'avais rêvé du sourire sournois de ce sale con de Moriarty pendant toute la journée. Il me tardait vraiment de lui coller un pain dans les dents.
Une fois lavé, fringué, coiffé et plus ou moins rasé, j'enfilai ma veste et mon écharpe (qui vint aussitôt recouvrir mon nez) avant de prendre la porte. L'inaction, c'est pas mon truc. De toute manière il fallait que je trouve le nom et l'endroit où se planquait ce clan de mafieux qui voulait ma peau. Ensuite seulement je pourrai trouver une façon de les tuer tous sans finir décapité.
Pour ça, il me fallait des infos, beaucoup d'infos, et il n'y avait rien de mieux pour s'informer que d'aller dans un bar merdique pour écouter les derniers ragots.
En plus, j'avais besoin d'un verre.
Une heure plus tard, je soulageai trois types de leur argent au cours d'une partie de poker tout en vidant mon quatrième verre de whisky et les regardai désespérer avec un sourire en coin. Ils finirent par abandonner, dégoûtés, et j'empochai mes gains avec enthousiasme.
Au temps pour la collecte d'informations.
Me rencognant dans mon siège, j'allumai une cigarette et secouai lentement la tête à l'adresse d'un des perdants, qui tendait la main pour récupérer la bouteille. Il souffla par le nez, frustré, mais finit par s'éloigner. Ma victoire, ma bouteille.
Je savourai ma cigarette et mon whisky avec un soupir d'aise et vit du coin de l'œil une silhouette s'approcher de votre humble narrateur. Je me détendis un peu en reconnaissant une représentante du beau sexe portant ce genre de robe tellement serrée qu'on se demande comment elle faisait pour marcher/respirer. Elle était grande, la peau mate avec des jambes interminables et des frisotis foncés qui entouraient sa tête comme un halo.
Elle vint s'asseoir juste à côté de moi et m'adressa un sourire qui fit briller son rouge à lèvres. Elle se pencha en avant, m'offrant de ce fait une vue imprenable sur son décolleté et je lui souris à mon tour, appréciant l'attention à sa juste valeur.
- Katie, articula-t-elle d'une voix rauque comme je les aime.
- Seb, répondis-je sur le même ton.
Elle posa une main sur ma cuisse et se pencha encore plus pour me piquer la bouteille, et sans me lâcher de ses yeux noirs comme de l'encre, elle sirota le fond de whisky que je n'avais pas eu le temps de boire.
Ce genre de fille avec ce genre de comportement aurait pu me faire souscrire un abonnement à Tricot Magazine et envoyer 100£ à une association de défense des animaux.
Bon, peut-être pas acheter le calendrier des pompiers à poil, quand même.
Voilà comment j'ai passé la soirée avec Katie, bombasse en talons hauts. Ce fut étonnamment apaisant, et j'en vins même à ne plus sursauter à chaque ouverture de la porte d'entrée.
Pour tout vous dire, je passais une bonne soirée, voilà. Elle devint encore meilleure quand Katie me figea sur place avec ses grands yeux et me proposa d'aller chez elle pour boire un dernier verre. Son ton laissait entendre qu'elle avait d'autres plans que bêtement picoler, et j'étais tout à fait disposé à la suivre.
Pour ma défense, allez donc jouer les kamikazes en Afghanistan pendant deux ans sans une seule partie de jambes en l'air valable, puis revenez chez vous pour découvrir que votre copine vous a largué sans laisser un seul message. Il faudrait qu'on invente un site pour pouvoir dire aux gens qu'on les largue sans les approcher, vous ne pensez pas ?
Enfin, j'ai entendu parler d'un truc qui s'appelle Facebook, ça pourrait convenir.
Bref, je me suis donc retrouvé dans le salon de l'appartement de Katie, au cinquième étage d'un bâtiment assez classe, avec les mains dans les poches et un taux d'alcoolémie assez haut pour crever le plafond. Katie m'avait laissé là à admirer son tapis afghan (ce foutu pays allait me poursuivre) pour aller chercher de quoi nous désaltérer, et la voilà qui revenait avec deux verres remplis de liquide ambré. Elle m'en tendit un avec son sourire désarmant et posa le sien sur la table basse.
- Je vais enfiler quelque chose de plus confortable, dit-elle en me caressant le menton.
Katie s'éloigna dans le couloir pour rejoindre la salle de bain et, nerveux, j'essayai de me souvenir de l'état général de mon caleçon. Bon, pas de trou, c'est déjà ça.
Par contre, j'avais un revolver planqué dans la ceinture. Je l'en tirai et cherchai un endroit sûr pour le cacher, mais mon cerveau embrumé par l'alcool ne trouva rien de mieux que de le planquer sous un coussin. Si on commençait les préliminaires sur le divan, j'étais bon pour une semaine de courbatures.
J'attrapai ensuite le verre pour m'éclaircir les idées (on ne me juge pas j'ai dit !), mais mon téléphone vibra dans ma poche. Avec un soupir à décoller la peinture des murs, je posai le verre et me saisis de l'importun, qui me signalait un message provenant de… Moriarty.
- Merde sur toast, c'est maintenant qu'il répond lui ?! sifflai-je, furieux qu'il vienne ruiner ma soirée.
Mes yeux réussirent vaille que vaille à faire la mise au point sur les petites lettres noires, et je tressaillis :
Je ne boirais pas ça si j'étais toi - JM.
Bizarrement, ma capacité de réflexion revint en fanfare, me vrillant le cerveau avec des souvenirs trop nets. Katie n'avait quasiment rien bu de la soirée. Un nouvel assassin avait pris le contrat sur ma tête. Katie avait tiré une clé seule pour ouvrir la porte, et la plupart des meufs ont tout un trousseau sur elles, ne fut-ce que pour leurs clés de voiture.
Résultat de l'équation : cet appartement ne lui appartenait pas.
Je me tournai vers un miroir, incertain, et y découvris un œil aussi vif que celui d'un lépreux dans une piscine d'eau salée. Au temps pour la douce léthargie induite par la boisson, donc.
Je répondis un "Ta gueule" très éloquent à Moriarty, puis me tendis en entendant Katie revenir. La jolie jeune femme (encore un détail qui aurait dû me mettre sur la voie) avait enfilé la combinaison de travail de toutes les nymphos du monde : soutien-gorge en dentelle noire, string, porte-jarretelles et une nuisette plus ou moins transparente par-dessus.
Graou, fit mon cerveau.
- Chérie, tu es… waw, dis-je avec conviction.
- Merci, ronronna-t-elle en jouant avec les petits cheveux à l'arrière de ma tête. Mais Seb, tu n'as pas encore fini ton verre ?
- Je t'attendais pour le boire, ma jolie, dis-je en tenant de prendre un air… je ne sais pas, charismatique ?
- Oh, il ne fallait pas mon cœur !
Avec un empressement perceptible, la femme à moitié nue se saisit de son verre et leva un sourcil pour que j'en fasse autant avec le mien.
- Je n'ai plus très soif… murmurai-je prudemment. Tu ne veux pas qu'on fasse autre chose, plutôt ?
Ouais, bon, la subtilité et moi, ça fait vingt.
- Hmm, bois avec moi et ensuite on fera… absolument tout… ce que tu voudras, insista Katie de sa voix basse et sexy.
- D'accord, d'accord, abdiquai-je. Mais avant, je dois te demander un truc. Qu'y a-t-il dans ce verre ?
Les yeux noirs s'emplirent de défiance, mais elle se radoucit aussitôt et me fit un petit sourire.
- Du whisky, Seb. Je ne compte pas te droguer et revendre tes organes, si c'est ça qui t'inquiète ! s'esclaffa-t-elle.
- Donc ça ne te gêne pas si on échange nos verres, Katie chérie ? Je suis un peu parano en ce moment, vois-tu.
La femme se figea un instant, puis m'adressa à nouveau ce sourire un peu hésitant et s'empara de mon verre. Lentement, elle le porta à ses lèvres sans me quitter des yeux, et je crus un instant que je m'étais trompé et qu'elle était clean.
Enfin, le fait qu'elle écrase le verre épais contre ma tête me conforta dans mon idée qu'elle voulait bien ma peau. La douleur explosa dans ma joue et je lâchai un genre de rugissement surpris.
Faisant peu de cas de ses doigts ensanglantés, Katie s'écarta d'un bond et plongea la main dans une coupe de fruits qui traînait sur un meuble avant d'en tirer un mini-revolver qu'elle braqua sur moi. Sans réfléchir, je me penchai en avant, évitant la première balle, et lui fonçai dessus. Ma tête heurta son estomac et elle vacilla, à bout de souffle.
Une seconde balle se perdit dans une cloison et mon pied fila derrière le sien pour une balayette parfaite. Voyant qu'elle tombait droit vers un meuble massif, je tentai de la rattraper par le poignet pour pouvoir lui tirer les vers du nez plus tard, mais elle me glissa entre les doigts et un gros CRAAAC retentit dans toute la pièce.
Le silence retomba aussitôt dans l'appartement et je fixai, choqué, le corps sans vie de Katie. Sa tête avait heurté le bord du buffet et son crâne défoncé luisait maintenant sous la lampe électrique du salon.
Beurk.
Tiens, c'est la première fois que je me bats avec une femme quasiment nue. Après, si elle avait porté des vêtements décents, j'aurais pu la sauver, mais ne pinaillons pas.
Je me passai une main sur le visage et grimaçai quand elle toucha un bout de verre resté planté dans ma joue. Je soufflai bruyamment par le nez et ramassai mon revolver pour le ranger à sa place, dans ma ceinture. Ensuite, je me rendis dans la salle de bain et entrepris d'ôter tous les morceaux de verre de ma peau et nettoyai le sang qui s'en écoulait à grandes eaux.
Ça aurait pu être pire, mais en même temps, je n'avais pas vraiment le choix d'aller à l'hôpital pour me faire recoudre. Le premier qui m'appelle Scarface, je lui arrache le fémur et je le lui fais manger.
Après avoir dévalisé la pharmacie de Katie pour orner ma joue d'une giclée de désinfectant et d'un énorme pansement, je récupérai ma veste et pris la poudre d'escampette. Les vrais propriétaires de l'appartement risquaient d'avoir une belle surprise en rentrant de vacances !
J'effectuai un rapide passage à l'hôtel pour récupérer mes affaires et allai rendre la clé au gars de l'accueil, qui eut la bonne idée de ne pas objecter.
Me voilà de nouveau à la rue, alors autant y rester.
L'écharpe toujours sur le nez, je me rendis en titubant un peu à Vauxhall Arches, là où squattent la plupart des sdf. Au moins, c'était couvert et je ne risquais pas d'être dénoncé. Les sans-abri respectaient la vie privée de leurs voisins et parlaient généralement peu aux personnes extérieures. De plus, on pouvait y avoir un aperçu des allées et venues des gens peu recommandables de la capitale. Bref, l'endroit idéal pour moi.
Si on oubliait les courants d'air, évidemment.
Je me posai dans un coin sombre tout en me préparant mentalement à la douleur qui allait irradier dans mon derrière dans les heures à suivre. Pfffff, cette histoire à la con me poussait littéralement dans mes derniers retranchements. Mais au moins, personne ne devrait me trouver ici.
Mon téléphone à la main, je réessayai de parler à Moriarty, mais cet enfoiré ne décrochait pas. J'avais des questions plein la tête, et ce crétin me laissait en plan !
Par exemple, comment avait-il su que Katie allait m'empoi…
Ooooooh, mais oui !
Il me faisait espionner depuis le début, le sale bâtard ! Il avait déjà prouvé qu'il avait des snipers de haut niveau, qu'est-ce qui les empêchait de m'espionner de loin en se servant de leur lunette de visée ?
Ça expliquait aussi la mort du premier assassin, qui s'était pris une balle dans la tête depuis un toit voisin !
Et comme l'appartement de Katie se trouvait au cinquième étage, l'espion avait très bien pu se poster sur un immeuble juste en face des fenêtres et l'avait vue verser du poison dans mon verre. Là, il lui avait suffi d'en avertir son patron pour qu'il décide de la meilleure chose à faire, à savoir m'alerter !
Donc, non seulement Moriarty m'avait dénoncé, mais en plus il me faisait suivre et tenait à ce que je reste en vie. Je n'y comprenais plus rien ! Pourquoi envoyer toute une bande de tueurs à mes trousses si c'est pour les abattre à vue et me sauver la mise ?
La seule raison pouvant justifier un tel comportement était qu'il cherchait à exposer les mafieux, mais ça pouvait prendre un certain temps, vu que ces enfoirés avaient juste mis un contrat sur ma tête et ne m'envoyaient que des tueurs en free-lance.
… C'est pour ça que je servais d'appât, parce que ça risquait de prendre du temps et il ne voulait pas mettre ses précieux hommes en danger ! Oh le gros [insérez ici l'insulte la plus vulgaire que vous connaissez] !
En tout cas, une chose est sûre. Je n'allais pas courir et esquiver les assassins juste pour faire plaisir à ce foutu irlandais ! J'allais mettre fin à cette histoire, et pour ça, il fallait que j'atteigne Moriarty et que je le fasse parler.
Et pour ça, il me fallait mettre la main sur son espion…
À suivre…
Buuuuh, le mal que j'ai eu à l'écrire ! (en même temps, allez écrire un chapitre pareil tout en ayant la capacité de réflexion d'une huître !)
Reviews siouplaît ?
