Bonjour les gens ! Voilà la suiiiite ! (et oui, j'ai réussi à trouver du temps \o/) (trop contente)
Bonne lecture et merci aux revieweurs et merci de laisser des reviews à la fin du chapitre, j'adore ça ! :D
Chapitre 4 : The empty Building
Je vais vous dire, préparer un plan d'extraction pour un espion qu'on a jamais vu de sa vie est délicat. Ajoutez à ça les conditions dans lesquelles je vivais, et vous aurez un faible aperçu de la merde noire dans laquelle je me trouvais. Exemple : je m'étais lavé la veille avec l'eau glaciale qui tombait d'une gouttière pétée (voilà qui n'avait pas arrangé mon rhume) jusqu'à ce qu'une sans-abri compatissante vienne me trouver pour me filer l'adresse d'un centre d'accueil qui offrait des douches aux sdf.
Là-bas, une volontaire au décolleté plongeant m'avait pris en pitié et m'avait fourré tout un paquet de mouchoirs en papier industriel. J'avais caché mon émotion derrière un éternuement tonitruant.
J'étais donc accoudé à une table du refuge, le bras posé sur mes mouchoirs encore emballés. Un bouillon me faisait face et je m'étais déjà brûlé deux fois la langue avec les bouts de carottes qui y flottaient. Jamais je n'avais été aussi heureux de boire de la soupe pas mixée et de m'y cramer la bouche.
Ma vie craint ou c'est juste une idée ?
Bref.
Il me fallait un plan pour chopper ce salopard d'espion et me servir de lui pour voir Moriarty. Je relevai les yeux sur le réfectoire et observai d'un œil vide les nouveaux arrivants, dont certains m'étaient familiers. Ah, ouais, ils logeaient dans la même ruelle que moi.
L'un d'eux attira mon attention sans que je sache vraiment pourquoi. Il était grand, large d'épaules et avait une coupe blonde très courte, en brosse. Il portait une casquette noire un peu élimée et un pantalon large en toile kaki. Une veste de la même couleur lui couvrait les épaules.
Il leva les yeux vers une bénévole pour lui adresser un sourire et je compris d'un coup pourquoi il était si intéressant. Le bougre me ressemblait comme un cousin. Même coupe, même carrure, même veste craignos, et j'étais prêt à parier qu'il était aussi enrhumé que moi. De loin, on pouvait facilement le prendre pour votre humble narrateur.
Une idée se fraya un passage dans mon cerveau ralenti par les microbes, et un sourire sarcastique se peignit sur mon visage. Bon, la salle comportait plusieurs fenêtres donnant sur la rue, donc l'espion pouvait très bien me voir depuis le trottoir d'en face. Il me fallait une tactique pour approcher Seb 2.0 sans attirer l'attention sur lui.
Quelques minutes plus tard, Seb 2.0 mangeait tranquillement une tartine avec un morceau de fromage (ces bénévoles sont des anges) quand je laissai tomber mon plateau juste derrière lui. Le bruit fit tourner la tête de toute la salle, et je me répandis en excuses. Le gars se leva et, comme je l'avais escompté, m'aida à récupérer les débris du bol de soupe.
- Je vais chercher une serpillière, nous lança un bénévole en se dirigeant vers l'arrière-salle.
- Merci, c'est gentil, dis-je à mon presque sosie.
Puis, en murmurant, je repris, pressant :
- En fait j'ai fait exprès, il fallait que je vous parle.
Mon double mal rasé me retourna un coup d'œil à la fois perplexe et agacé, et je continuai vivement, emmerdé à l'idée qu'il m'envoie chier :
- Il y a quelqu'un qui me suit depuis des jours et j'essaie de l'arrêter. On se ressemble beaucoup et je me suis dit que tu pourrais m'aider (il essaya de se barrer et je le rattrapai par le bras) J'ai du fric ! Je peux te filer 100 £ si tu fais exactement ce que je te dis.
Le gars, subitement plus intéressé, se pencha de nouveau pour ramasser les bouts de faïence pour donner le change.
- Tu as du fric et t'es sdf ? me demanda-t-il, soupçonneux.
- Je te l'ai dit : un type me suit et j'essaie de ne pas me faire remarquer, tu piges ?
Autant lui taire le contrat sur ma tête, ça ne risquait pas de l'aider à se décider.
- Mouais. Donc, en gros… tu veux que je me fasse passer pour toi ?
- Exact. Je vais t'expliquer…
Je me promenais en ville depuis maintenant une heure, une casquette neuve que j'avais laissé traîner dans un caniveau vissée sur le crâne, et je jetai un œil tendu à Big Ben qui m'indiqua l'heure de loin. Il était bientôt l'heure d'agir. Je me hâtai vers l'entrée de la rue où tout allait se jouer et je priai mentalement pour que mon espion soit là où je le pensais.
Il pleuvait juste comme il fallait et je resserrai les pans de ma veste kaki contre moi tout en étouffant un éternuement qui m'arracha les bronches. Je sortis un paquet de mouchoirs de ma poche et en dépliai un avec exagération avant de me moucher bruyamment. Le tout était de faire diversion.
L'horloge de la Tour sonna l'heure pile et la foule de piétons m'engloutit. Je scrutai le trottoir pour trouver mon alter ego et vis brusquement sa casquette sale au-dessus de la mer de parapluies. Il me fit un sourire en coin en me reconnaissant et le groupe de sans-abri déguisés grâce aux 200£ qu'ils m'avaient extorquées (je les avais engagés tout en faisant mine de jouer au Monopoly avec eux. Ils m'avaient laminé, les salauds) l'entourait et l'un d'eux ouvrit un parapluie au moment où Seb 2.0 et moi nous croisâmes. Immédiatement, nous fîmes demi-tour, protégés par le parapluie, et je revins sur mes pas tandis que mon allié en faisait autant, me laissant avec ses amis. Vu du dessus, c'est comme si j'avais continué à avancer.
Je me tournai légèrement et vis l'autre moi s'arrêter devant une vitrine, l'air faussement intéressé. Quittant le groupe de sdf grassement payés, je traversai la rue en hâte et levai furtivement les yeux vers le bâtiment situé pile en face de mon sosie. Là-haut, une tache noire armée de jumelles me conforta dans l'idée que je n'avais pas claqué 300£ pour rien.
Rapidement, j'entrai dans le bâtiment en question et empruntai l'escalier de service sans croiser personne pour atteindre le toit.
Heureusement que j'avais eu l'occasion de faire du sport en Afghanistan, parce que les escaliers me niquèrent quand même les genoux. J'atteignis la porte qui donnait sur le toit avec un soupir de soulagement et l'ouvris délicatement pour ne pas être repéré trop vite. Cela n'empêcha pas la pluie et le vent de me fouetter le visage avec la hargne d'une amante bafouée, mais bon.
L'espion était là avec un fusil de sniper plus cool que le mien (pfff) et sa paire de jumelles. Il fixait la rue en contrebas et fit claquer sa langue avec contrariété. M'est avis qu'il venait de réaliser qu'une bande de sdf l'avait piégé en beauté.
Je tirai mon revolver de ma ceinture et le braquai sur sa tête au moment où il se retourna, alerté par le bruit. Il était jeune mais semblait professionnel, avec sa combinaison noire qui devait le dissimuler à merveille une fois la nuit tombée. Le fil d'une oreillette pendait à son oreille, et j'étais prêt à parier que Moriarty nous écoutait.
- Il m'a eu, Monsieur, fit très calmement l'espion en levant les mains, confirmant ce que je savais déjà.
- Avance par ici, enfoiré, ordonnai-je en secouant mon flingue pour lui rappeler qu'il était braqué sur son front.
Le gars fit quelques pas jusqu'à venir se coller contre mon revolver, et je commençai à penser que tous les gars de Moriarty étaient dingues. Enfin, ainsi il n'avait plus son fusil à portée de main.
- Ok, il est temps de se mettre à table maintenant. Dis-moi tout ce que tu sais sur Moriarty et sur ses plans. Je veux savoir ce qu'il me veut et tu vas tout me raconter !
Le sniper me retourna un sourire goguenard et haussa les épaules.
- Personne ne sait jamais où il veut en venir, et tu ne fais pas exception à la règle. Moi non plus d'ailleurs.
- He ben demande-lui ! m'énervai-je. Tu l'as à l'appareil, non ?!
Le type secoua la tête, toujours avec son petit sourire moqueur.
- Mec, mine de rien, j'ai un flingue chargé planté sur ton crâne, à ta place j'y réfléchirais à deux fois avant de prendre une décision qui pourrait me déplaire.
- Bah, qu'est-ce qu'une balle dans la tête à côté de Mr Moriarty ?
Hm, il n'a pas tort.
- Il a vraiment torturé un gars pour enregistrer son répondeur ? ne pus-je m'empêcher de demander.
L'autre transforma son sourire en expression de joie pure. Okay, ils sont tous tarés.
- Tu n'es pas prêt à connaître la vérité. Et puis c'est pas drôle quand on lit les pages à la fin du bouquin pour savoir qui est l'assassin.
- T'as de drôles de comparaisons, t'es au courant ? éternuai-je.
- A tes souhaits.
Enervé, je finis par m'emparer de force de l'oreillette de l'espion et la plantai dans mon oreille. De toute évidence, Moriarty écoutait Queen. J'agrippai le sniper par le devant de sa combi pour parler dans son micro.
- Hé, gamin, t'es là ?
Il y eut un grésillement et la voix irritante de Moriarty me parvint.
- C'est à quel sujeeeet ?
- Qu'est-ce que tu me veux exactement ?
- Comment ça ? fit Jim en partant dans les aigus.
- Pourquoi m'avoir dénoncé pour m'envoyer un baby-sitter juste après ?
- Ah, j'ai fait ça ? s'interrogea le consultant à voix haute.
Je soupirai et me pinçai l'arête du nez, fatigué par toutes ces conneries.
- Tu as donné mon nom et ma position aux mafieux, pourquoi ? Et pourquoi tirer sur les assassins pour me sauver ?
- J'suis innocent M'sieur l'agent ! Tiens, au fait, tu aimes le whisky ? Et les jolies filles bronzées ?
Je n'appréciai pas du tout l'allusion à Katie et à son piège tordu pour homme alcoolisé.
- Tu me fais perdre mon temps… Et si je tuais ton sniper ?
- Qui ça ?
L'oreillette finit en miettes entre mes doigts et, encore plus paumé qu'avant, je me mis à beugler dans le micro, sachant que Moriarty m'entendait encore :
- VA CHIER !
Je rejetai l'espion qui arrangea tranquillement ses fringues et me considéra en silence.
- Et toi, repris-je, si je te prends encore à me suivre, je te tue, c'est compris ? Et tu diras à ton patron d'arrêter de se foutre de ma gueule, ou je lui refais la sienne dès que je le vois.
- Mais oui mais oui.
Je me retins difficilement de le baffer quand il s'éloigna tranquillement avec son fusil, et je me demandai pourquoi je ne l'avais justement pas fait quand il disparut dans la cage d'escaliers en sifflotant. Je n'avais quand même pas peur de Moriarty, si ?
Non non non, je suis un soldat qui a réussi à passer pour mort pour rentrer chez lui. Je tue des gens pour gagner ma vie, et je tue ceux qui essayent de m'abattre. Je n'ai pas peur d'un gringalet en costume trois pièces.
Je réalisai une semaine plus tard que le sniper ne faisait pas que me surveiller, il abattait aussi les assassins avant même qu'ils ne tentent de me tuer. En cinq jours, j'avais été attaqué pas moins de sept fois, dont une alors que j'essayais un bonnet à pompon gris dans un magasin Tout à 1£. Il m'allait super bien, mais les taches de sang le rendaient beaucoup plus gênant à porter en public.
Il me tardait de trouver les mafieux responsables et de tous les tuer jusqu'au dernier, mais j'ignorais encore le nom de leur clan et où il se trouvait. Selon la Hit List, que je consultais maintenant dans un cybercafé, personne n'avait choisi mon contrat depuis la veille au soir. Le fait que j'ai renvoyé tous les tueurs chez eux dans une boîte à chaussures devait aider ma réputation de cible difficile.
Mon contrat resta en ligne encore deux jours, puis ma photo d'avant-guerre disparut un matin, mais je doutais qu'il s'agisse d'un assassin ayant subitement retrouvé ses valseuses. On avait retiré le contrat de la liste de façon définitive, d'après moi.
Las de courir et de me cacher, je finis par retourner à mon état naturel, c'est-à-dire torché dans un bar avec les poches pleines d'argent que j'avais soutiré à des joueurs du dimanche. Amy me fixait depuis le fond de l'établissement en secouant la tête de façon régulière, mais je n'en avait cure.
Un type au comptoir se tourna pour examiner la salle, puis me vit et pâlit d'un coup. Effrayé, il s'esquiva par la porte de devant et se cogna à un groupe d'hommes en costume noir qui venaient juste d'entrer. Il n'était pas le premier à réagir ainsi en ma présence, et j'avais fini par comprendre qu'il s'agissait d'assassins qui avaient appris ce que j'avais fait à leurs collègues. Faut pas faire chier un Seb.
- Sebastian Moran ? fit une voix grave derrière moi, dans l'entrée.
Je quittai mes adversaires de poker des yeux pour me tourner vers les gars de l'entrée et leur trouvai un look de vieux mafioso pas bien rasés.
- Ouais ? fis-je sans réfléchir.
Aussitôt, les cinq types en costume firent passer des genres de flingues automatiques devant eux et commencèrent à arroser le bar de balles. Les clients se jetèrent sous les tables avec des cris apeurés et je bondis derrière un pilier de soutien pour ne pas m'en prendre une.
Enfin, les mafieux se montraient !
Peu à peu, le silence revint dans la salle et les derniers clients morts tombèrent sur le parquet moisi.
- Apprenez à viser ! beuglai-je tout en remarquant Amy, qui se dissimulait elle aussi derrière une pilasse au fond du bar.
Un bruit de pas m'apprit qu'un des gars se dirigeait vers moi et sortait un revolver d'un holster. Ah les cons, ils avaient vidé leur chargeur à l'aveuglette ! Je happai son bras armé dès que je le vis dépasser de ma pilasse et le lui tordis pour récupérer son arme avant de m'en servir pour lui coller une balle dans le front.
D'un geste précis, je jetai le cadavre sur le sol au milieu du bar et me jetai en arrière derrière une table renversée alors que ces crétins tiraient sur leur ex-pote mort. Profitant de la diversion, je passai le bras d'un côté de la table et tirai dans le tibia du plus jeune des types, un rouquin qui s'effondra en hurlant. Plus que trois.
Des balles commencèrent à perforer ma table et je m'en écartai aussitôt pour en attraper une autre, intacte celle-là. Mobilisant mes muscles bien entraînés par l'armée, je la soulevai et me glissai vers le milieu du bar. Quelques balles se plantèrent dans le bois à côté de ma tête et, sans réfléchir beaucoup plus, je lançai la table à la tête des trois mafieux et les écoutai tomber.
Rapidement, je sautai sur une chaise, puis sur le comptoir pour me propulser au-dessus d'eux. Comme ils étaient encore assommés par la table, je n'eus aucun mal à viser leur tête et à les faire exploser de trois balles bien placées.
My, je suis trop bon. Et bourré en plus !
- Ils sont morts ? demanda Amy au bout d'un moment de calme.
- Ouais, sauf Poil de Carotte. Ah, désolé petit, on a dû te la faire souvent.
Le petit jeune se traîna en arrière sans me lâcher des yeux, mort de peur, et je crus sentir une odeur de pisse. La prostituée se glissa à côté de moi et donna un coup de pied dans le revolver du rouquin pour l'éloigner de lui. Ensuite elle se tourna vers moi et m'envoya son poing dans la figure.
- Mais aïeuuuh ! Qu'est-ce que j'ai fait ?! me plaignis-je.
- Tu as démoli mon bar, voilà ce que t'as fait ! gueula la blonde avant d'arranger son manteau pour quitter l'établissement.
Je jetai un œil aux alentours et, effectivement, c'était le bordel. La plupart des membres du personnel et des clients avaient fui par-derrière, mais les dégâts étaient considérables et une dizaine de cadavres encore frais couvraient le sol et les tables rescapées. L'ombre d'un remord me prit, mais je l'écartai aussitôt. Je n'ai jamais demandé à être la cible d'une tuerie, merci bien.
- Bon…
Je passai au-dessus d'un pied de table et rejoignis le rouquin qui se tenait toujours la jambe.
- Arh, ouais, ça saigne bien, constatai-je avec un semblant de compassion. Je peux te larguer à l'hosto pour qu'on te recouse si tu me dis qui t'envoie, Junior.
Le gamin ouvrit la bouche avec un air furieux, mais je l'arrêtai d'un geste.
- Fais trèèèès attention à ce que tu vas dire. Je suis bourré, au cas où tu l'aurais pas remarqué. Si tu as un tragique accident juste devant l'hôpital, ce sera pas ma faute.
Il hésita, puis se sentit brusquement d'humeur plus coopérative quand je vérifiai le nombre de balles qui me restait.
- Le… le c-clan Asbury, balbutia-t-il.
- Bieeeeen, on avance, m'exclamai-je en cachant ma satisfaction. Et où se cachent-ils au juste ?
Si le rouquin n'avait pas très envie de parler au début, quelques coups de poings dans la face, puis un doigt dans le magnifique impact de balle qu'il avait à la jambe lui délièrent la langue.
- Ils… ils sont dans une villa à côté de Regent's Park…
- Ben dis donc, ils sont pétés de thunes tes patrons !
Là-dessus, le petit jeune s'évanouit de douleur, à moins que ce soit à cause de la perte de sang. J'en profitai pour lui tirer une seconde balle (cette fois-ci dans la tête) et me relevai en m'époussetant. Une bonne douche me ferait du bien.
Je fouillai la veste du bandit le plus armé, c'est-à-dire celui qui devait être le chef, et en tirai un trousseau de clés. Satisfait de ma journée et toujours un peu pompette, je sortis du bar en titubant et trouvai une berline noire assez grande pour y parquer toute ma famille survivante. Mes parents, je veux dire. Mon père a des goûts de luxe, tout ça tout ça…
Enfin bref, j'aime pas trop parler de lui.
Je dégageai une clé de voiture du trousseau et appuyai sur le bouton. La berline fit un "tsuip tsuip" joyeux et les phares s'illuminèrent, m'envoyant un grand sourire aux lèvres.
- Yeah ! J'ai gagné une voiture !
A suivre…
Des reviews ou un sort ! :D
