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Chapitre 5 : A scandal in Regent's Park

Dormir dans une voiture fait beaucoup moins mal au cul que de dormir sur le pavé, sachez-le. Ce n'était pas à proprement parler une planque sûre, mais j'éprouvais une forme de plaisir sadique à l'idée de conduire une voiture volée à la mafia partout dans Londres. Au moins, je n'aurai plus besoin de prendre les transports en commun pour aller assassiner des gens. Au bout d'un moment, quelqu'un finit toujours par se demander ce qui se trouve dans l'espèce d'étui à guitare de son voisin de banquette de métro.

En général, c'est toujours une grand-mère qui le demande, je ne vous dis même pas à quel point c'est gênant.

Enfin, tout ça pour dire que je conduisais en ce moment ma ravissante berline qui puait la mort pour trouver la planque de ces chers mafieux. Vous savez, ceux qui espéraient me tuer en m'envoyant une bande de débiles incapables d'économiser leurs balles et de se séparer une fois en territoire ennemi ?

En parlant d'eux, Amy était tellement en colère qu'elle avait fait une magnifique rayure le long de la portière avec ses clés d'appartement en quittant le bar. Quant aux cadavres, j'ignorais totalement ce que le patron du bar avait décidé d'en faire, et je dois dire que je n'en avais foutrement rien à faire.

Je me trouvais en ce moment sur la route qui encerclait Regent's Park, et je faisais mine de rouler lentement pour ne pas percuter un touriste, alors qu'en fait je cherchais un con en costume pour me mener droit à sa planque. Tout en observant attentivement les trottoirs, je devins à peu près sûr d'une chose. C'est con, un touriste.

Je finis par me garer sur le côté et ouvris les fenêtres pour évacuer l'insupportable odeur de clope froide qui sévissait dans la voiture. J'avais failli gerber, la nuit précédente.

Je tirai un hamburger de la boîte à gants et l'entamai avec plaisir, heureux d'en avoir fini avec les foyers sociaux. Je mâchonnai tout en observant les alentours, ricanant quand un môme sur un skateboard termina sur le macadam tête la première, puis la vue d'un costume noir me fit dresser la tête.

Alors que j'essayais d'apercevoir mon mec en costume, un type frappa la vitre de ma portière et me montra un panneau en carton sur lequel était écrit :

Pitié j'ai rien à mangé !

Agacé, j'ouvris un peu plus la fenêtre, m'emparai du carton et d'un feutre qui traînait dans la voiture et corrigeai la faute d'orthographe qui me piquait les yeux. Je lui rendis son panneau, lui donnai rapidement l'adresse du centre d'accueil où on m'avait donné de la soupe et des tartines sans que j'aie à menacer une cantinière et il fila, penaud.

Enfin tranquille, je reportai mon attention sur la route et retrouvai le type en costume noir, qui portait également un genre d'oreillette et un flingue, si j'en croyais la bosse qui déformait sa veste. Tout ce que vous voulez qu'il faisait partie du clan Asbury.

Je sortis de la voiture et allai chercher mon fusil de sniper dans le coffre de la voiture. Je m'assurai que l'étui le camouflait bien et me mis à filer le train du mafieux.

L'homme me conduisit contre son gré jusqu'à un quartier luxueux rempli de villas toutes plus canons les unes que les autres. Des arbres bordaient les trottoirs et m'offrirent une protection bienvenue quand le type se retourna sur le qui-vive avant d'entrer dans une propriété. Vu la tronche du type qui gardait la grille de l'entrée, j'avais trouvé ma cible.

Vérifiant l'absence de témoins, j'escaladai mon pote l'arbre et me calai plus ou moins confortablement sur une branche pour observer ce qui se passait.

La maison était immense et entourée par des haies et par un jardin de taille respectable. Bordeeeel, si seulement je pouvais vivre dans un palais pareil !

Je sortis mon fusil de son étui et me servis de la lunette de visée pour compter les gardes à l'extérieur. Ils étaient douze au moins, et je ne voyais même pas l'arrière de la villa. En regardant à travers les rares fenêtres dont les rideaux n'étaient pas tirés, je trouvai encore une dizaine d'hommes en costume, dont certains qui ne portaient pas d'oreillette. Sûrement des mafieux plus haut placés dans leur hiérarchie débile.

J'aurais aimé pouvoir observer l'intérieur, mais je ne pouvais pas exactement me faire passer pour le plombier pour aller les espionner. Ils connaissaient mon visage, et j'étais sûr que même leur plombier trempait dans le crime organisé.

Les dix secondes suivantes furent passées à essayer de déterminer si on pouvait tuer quelqu'un avec une ventouse pour déboucher les éviers, puis je repris mon sérieux.

Ces connards étaient suffisamment sympas pour tous se réunir au même endroit, ce qui rendait leur futur assassinat plus facile. D'un autre côté, une autre branche du clan pouvait très bien se trouver ailleurs, mais j'essayais de ne pas trop y penser. Une chose à la fois, bordel de merde.

Bon, quelles étaient mes options ?

Je pouvais tout faire péter, évidemment, mais la partie de moi-même qui aimait l'art se refusait à abîmer cette maison. Qui sait, je pourrais peut-être la racheter après quelques contrats ? Donc, les explosifs et autres lance-roquettes étaient hors de question, sauf si je ne trouvais rien d'autre.

Héhéhéhé, vouloir zigouiller tout un clan de mafieux juste pour récupérer la maison, voilà qui était très… moriartesque. Moriartyen ? Bref. Ça lui ressemblait bien, et j'imaginais aisément ce petit profiteur dans ma situation.

Justement : que ferait-il dans cette situation ?

Voyons voir… il était assez tordu pour trouver une façon de les faire s'entretuer, mais comment ? Avec du poison dans les verres de vin ? Trop compliqué, je devrais alors trouver leur fournisseur d'alcool, lui verser un pot-de-vin (ahahaha) ou trouver un moyen de m'infiltrer chez lui et verser du poison dans toutes les bouteilles de leur commande suivante. Mais bon, rien ne garantissait qu'ils s'entretueraient en cherchant le coupable. En plus, les gardes ne boiraient certainement pas d'alcool en même temps que leurs patrons.

Ok, on oublie le poison.

Après, une bonne petite fusillade, avec mon adresse de sniper… Non, ils finiraient par me trouver et me descendraient de mon arbre comme un vulgaire pigeon.

Ou alors, je pourrais payer des mercenaires ou des sdf pour m'aider… Bof, les mercenaires étaient trop chers (idem pour les tueurs à gage), et les sdf tenaient trop à leur peau. Et pas sûr qu'ils sachent tirer.

Je lâchai un long soupir, découragé. Il y avait au moins cinquante types armés jusqu'aux dents à l'intérieur de cette baraque, et j'étais seul. Que ferait Schwarzenegger dans ma situation ?

Heu, mauvais exemple, il était encore capable d'appliquer le plan fusillade sans même se donner la peine de faire ça de loin. En même temps, s'inspirer d'un acteur pour faire ce genre de truc, c'est moyen, surtout en considérant les twists scénaristiques auxquels les réalisateurs font appel pour sauver leur héros jusqu'à la fin du film. Quel genre de vilain fait un monologue avant de tuer son ennemi, franchement ? Surtout que les personnages secondaires n'y ont pas droit, eux ! Ils meurent si rapidement, c'est d'un ennui !

Je changeai de place sur ma branche et essayai de trouver une posture confortable, en vain. Que la plante arrive à supporter mon poids et celui de mon arme était déjà un miracle en soi, je ne pouvais pas en plus lui demander d'être confortable.

Voyons, un moyen de tuer quelqu'un sans abîmer sa maison… un truc léger mais mortel… Oooooooh ! Ohohohohoh ! Oh que je suis génial, appelez-moi Einstein !

Il n'y a pas qu'en empoisonnant du vin qu'on peut tuer autant de gens, on peut aussi empoisonner l'air avec du gaz ou une substance fortement volatile !

Ragaillardi, je descendis de mon arbre sans cesser de vérifier mes arrière et repartis d'un bon pas vers la voiture. Il me fallait du gaz toxique, et ça tombait bien : je savais où en trouver.


Quelques heures plus tard, je me trouvais devant une caserne militaire au Nord de Londres avec ma fidèle nouvelle caisse. J'étais repassé par mon ancien appartement pour récupérer mon vieux badge de quand j'étais soldat, et j'avais été à peine surpris de la trouver dévasté. L'appart', je veux dire, pas le badge.

Quelqu'un était venu et avait tout fouillé pour tenter de déterminer où je me trouvais, mais comme je n'avais suivi aucune logique digne de ce nom dans le choix de mes planques, ce quelqu'un avait dû repartir bredouille. Dommaaaaage.

J'avais quitté la place après à peine cinq minutes tout en me félicitant d'avoir dissimulé mon badge dans un cadre photo représentant une cousine éloignée que je n'avais jamais rencontrée de ma vie. Ils avaient bien enlevé le cadre pour vérifier le mur, mais ils n'avaient pas pensé à regarder derrière la photo. En même temps, je ne sais pas ce qu'ils auraient fait avec mon vieux badge.

Mais revenons à nos moutons. Il était temps de vérifier si mon décès avait été enregistré dans la base de données de l'armée britannique.

Je m'avançai vers le portique de sécurité qui bloquait l'entrée et y passai mon badge, qui déclencha un bip familier et m'ouvrit en grand les portes de la victoire.

- Ah, l'administration, on peut toujours compter sur eux pour être lents et prévisibles, chantonnai-je en déambulant dans les couloirs de la caserne.

Il n'y avait pas grand' monde, et personne ne leva la tête pour me regarder. Mon passage à l'appartement m'avait permis de retrouver un vieux pantalon treillis et des bottes en cuir qui en plus de tenir chaud m'aidaient à passer incognito.

- Je le crois pas, Sebastian ? Sebastian Moran ? fit une voix virile, m'envoyant un frisson d'horreur dans le dos.

Je me retournai lentement et plaquai un sourire faux sur mon visage. Un soldat vaguement familier me faisait face et m'arrivait droit dessus, mystifié.

- C'est bien toi alors ! Je pensais que tu étais encore en Afghanistan !

- Heu, on m'a rapatrié à cause d'une blessure… inventai-je rapidement. Attends, c'est… Perkins, c'est ça ?

- Jenkins, corrigea l'autre en rigolant. En tout cas tu as l'air en forme mec ! Ça fait bien trois ans qu'on ne t'a pas vu ici !

- Ahah, oui, au moins, grognai-je en me demandant pourquoi on n'avait pas envoyé ce guignol à ma place en foutue Asie. Bon, faut que j'y aille.

- Tu as besoin d'aide ? proposa le type collant comme du double-face.

- Non non, surtout pas, dis-je un peu trop fort.

- Oh, d'accord.

Perkins ou quel que soit son nom finit par me ficher la paix et disparaître dans le couloir. Heureusement, j'avais toujours eu une réputation de gros râleur et mes ex-camarades savaient qu'il ne fallait pas trop m'adresser la parole.

Je continuai de mon côté et finis par atteindre la pièce que je cherchais, au deuxième sous-sol. Je déverrouillai la lourde porte en acier et la fis pivoter sur ses gonds avant d'entrer dans la pièce, m'assurant au passage que personne ne m'observait.

Là, je trouvai un stock mince mais varié de bouteilles métalliques contenant des armes chimiques plus ou moins dangereuses que le Royaume-Uni avait "malencontreusement" oublié de détruire. Circulant entre les supports des bonbonnes, je passai les étiquettes en revue et m'arrêtai face à la bouteille portant l'inscription VX. Du gaz sarin. 500 fois plus toxique que le cyanure, inodore, incolore et amélioré par les Britanniques dans les années 50'.

Les Nations Unies avaient déclaré sa conservation interdite en 1993, mais l'armée britannique, comme toutes les autres, n'aimait pas se défaire de ses armes les plus dangereuses.

Je me penchai en avant et m'emparai de la plus petite bouteille de VX avant de la fourrer dans mon sac à dos. Une autre étiquette "Atropine" attira mon attention sur des boîtes en fer contenant des seringues et j'en attrapai deux, histoire d'être large si j'étais contraint de respirer du gaz pendant l'opération Nettoyage.

Je ressortis de la pièce et me dirigeai vers l'ascenseur, qui me ramena au rez-de-chaussée. Là, j'entrai dans les toilettes pour hommes et m'arrangeai pour envoyer mon sac à dos en dehors du bâtiment en passant par la fenêtre ouverte. Après quoi je me lavai les mains en entendant quelqu'un entrer, puis rejoignis la sortie de la caserne, dont la sécurité laissait visiblement à désirer.

Je passai le détecteur de métal sans problème et quittai le bâtiment. Je fis mine de saluer quelqu'un au loin et me rendis juste à côté des toilettes pour récupérer mon sac sans me faire voir. Enfin, je regagnai la voiture et m'éloignai en hâte de cet endroit maudit.

Si quelqu'un découvrait l'absence de la bouteille ou la présence d'un homme mort dans la caserne, ils pourraient toujours essayer de me retrouver. S'ils réussissaient, je méritais de me faire prendre.


De retour dans mon arbre, vêtu cette fois d'une combinaison suffisamment épaisse pour me protéger du gaz et équipé d'un masque à gaz récupéré dans mon ancien bardas, je fixais de nouveau la villa pompeuse de mes ennemis. J'avais une arme, à savoir le gaz sarin, que j'avais injecté sous sa forme liquide dans des billes creuses qui pouvaient facilement remplacer les cartouches de mon fusil. Ça m'avait pris l'après-midi pour trouver un moyen de manipuler cette merde sans en mourir, et il était possible qu'une partie du poison se soit retrouvée dans l'appartement de ma voisine. Pas grave.

Même si mes victimes ouvraient les fenêtres en ressentant les premiers effets du poison, il serait trop tard pour eux, et même un endroit ventilé ferait l'affaire. Disons juste que le gaz sera évacué plus rapidement. Je comptais aussi sur les gardes à l'extérieur et le fait qu'ils soient payés pour protéger leurs supérieurs. S'ils entraient pour les aider, ils étaient cuits, eux aussi. C'était pour ainsi dire un plan infaillible sponsorisé par tonton Seb.

J'allais tirer dans le système de ventilation situé sur le toit, et le bruit du coup de feu allait sûrement attirer l'attention des gardes sur moi, mais quelques billes de plus dans le jardin répandraient assez de gaz pour les tuer tous. De vraies balles parachèveraient l'opération Nettoyage en cas de problème.

J'inspirai à fond, sachant que tout se passerait très vite et que le soir tombant m'aiderait à passer inaperçu pour quelques secondes de plus. Le doigt sur la gâchette de mon fusil de précision, je visai soigneusement l'arrivée d'air du casier d'air conditionné, expulsai l'air de mes poumons et tirai deux billes au lieu d'une, histoire d'être sûr.

Le temps de recharger, les gardes s'étaient déjà mis en mouvement et inspectaient les environs pour trouver le tireur tandis que deux d'entre eux entraient dans la maison pour voir si tout le monde allait bien.

Une nouvelle bille se ficha dans le front d'un des gardes et aussitôt, je sus que le liquide volatil se détachait du garde pour empoisonner les autres. J'envoyai une seconde bille dans le jardin pour faire bonne mesure et admirai mon travail, de plus en plus satisfait à mesure qu'ils s'effondraient, morts.

Je laissai passer quelques minutes, histoire de laisser au poison le temps d'agir, puis j'entendis les voisins sortir de leur villa en robe de chambre pour voir ce qui se passait. Je profitai de l'agitation pour sortir de ma cachette et ordonnai aux gens de rentrer dans leur maison et de ne plus en sortir. J'avoue avoir sorti mon portefeuille et l'avoir ouvert rapidement pour faire croire que j'étais de la police. J'avoue aussi que les gens sont cons.

- Ne vous en faites pas, des renforts vont arriver. En attendant, ne bougez-surtout-pas-de-chez-vous ! fis-je de mon ton le plus sérieux.

Une fois les gêneurs partis se cacher, je mis mon masque à gaz bien en place et sortis mon revolver de mon holster. J'ouvris le portail d'un coup de pied nonchalant (les gardes n'avaient pas trouvé utile de le fermer à clé vu qu'ils se trouvaient juste à côté) et me dirigeai d'un pas tranquille vers la villa, histoire d'achever les potentiels survivants.

La porte d'entrée ne me résista pas plus que le portail et je débouchai dans le hall de la villa, ravi de voir tous ces salauds morts dans leur vomi. Je parcourus quelques pièces et tirai à plusieurs reprises sur des survivants en piteux état, regrettant de ne pas pouvoir leur montrer mon visage, histoire qu'ils sachent à qui ils devaient leur mort rapide mais douloureuse.

Je me mis même à fredonner, car ce tas de cadavres représentait la liberté à mes yeux.

Je vidai mon premier chargeur sur un gros type qui devait être important, vu toutes ses bagues, puis admirai la collection de tableaux exposés aux murs. L'un d'eux représentait le gros bonhomme mort avec un gars plus jeune et plus mince qui m'était vaguement familier. Ah, ouais, le bijoutier.

Pas étonnant que les mafieux aient autant désiré ma mort.

Je m'apprêtais à rebrousser chemin quand un bruit me fit dresser l'oreille. C'est pile à ce moment-là qu'une main s'abattit sur mon visage pour m'arracher mon masque à gaz.


À suivre…

Reviews ? :D