Bonsoir les gens ! Oui, j'ai un jour de retard, mais c'était pour l'amour de l'art. On ne peut pas dessiner Rory Williams et écrire Sebastian Moran en même temps, navrée ! (Roryyyyyyy !)
Mais bon, le chapitre est un poil plus long que les autres, donc ne vous avisez pas de râler ! Non mais !
Merci aux revieweurs et bonne lecture !
Chapitre 7 : The Sign of two
Il nous restait trente secondes à tout péter avant de nous faire descendre, le cinglé congénital et moi. L'idée de l'utiliser comme bouclier humain m'effleura l'esprit, mais le temps de l'attraper et d'émerger du bureau en portant ce connard malingre, le mafieux aura déjà fait le tour du bureau et j'aurai perdu mon effet de surprise.
Bon, beeeeen, quitte à être affublé d'un boulet, autant s'en servir.
D'un coup de pied, j'envoyai rouler Jim sur la moquette de l'autre côté du bureau tout en ignorant ses jérémiades, et le mafieux qui venait d'entrer lui braqua aussitôt son arme sur la tempe. Moriarty se redressa en bougonnant sans lui prêter attention, puis daigna enfin lever les mains.
De mon côté, je fis le tour du bureau pour arriver dans le dos de l'assaillant et me servis du meuble pour lui envoyer un coup de pied sauté. Jim rattrapa l'arme du type au vol quand il la lâcha sous la surprise, mais ne pensa pas à en faire usage contre le mafieux. Nooooon, il s'en servit juste pour se gratter l'arrière de la tête, au mépris de toute règle de sécurité.
Levant les yeux au ciel, je regardai mon ennemi se relever en grognant et n'attendis pas qu'il reprenne ses esprits pour lui envoyer mes phalanges dans la gorge, histoire de lui bloquer les voies respiratoires. Le gars hoqueta et je l'attrapai par le col pour le jeter contre la vitre qui séparait le bureau du couloir. Contre toute attente, le verre tint bon et émit un BONG satisfaisant quand la tête du mafieux le rencontra.
Ah, effectivement, ce devait être du verre blindé. Nous étions dans une banque après tout.
Le mafieux retomba sur le sol, assommé pour quelque temps. Ou bien il était mort, pour ce que j'en avais à faire. Je me tournai vers Moriarty pour le voir se curer le nez avec le canon du flingue, et je me demandai comment ce type pouvait encore être en vie à son âge. Il prenait "Vivons dangereusement" encore plus sérieusement que moi !
- Bon, on fait quoi maintenant ? demanda Moriarty, blasé.
- On ? Genre, t'as fait quelque chose là ?
- Bien entendu, je réfléchissais très sérieusement au sens profond de l'existence, là.
- Roooh, file-moi ce flingue, crétin.
Le jeune homme me tendit l'arme d'une main mollassonne et j'entrepris de me creuser la tête pour trouver une manœuvre de repli. Si le gringalet pouvait se prendre une balle perdue, ça m'arrangerait teeeeellement !
- Tu pourrais enfiler ses fringues, suggéra Jim en pointant du doigt le mec inconscient.
- Mouais, pas con, je pourrais me faire passer pour l'un d'eux et tous les descendre… Tu n'es donc pas totalement inutile !
- Je proposais ça juste pour voir si ce genre de fringues t'allaient bien, mais bon.
- T'es con.
- Tu es insultant, Sebby.
- Appelle-moi encore comme ça et je te descends, et rien à foutre si les autres cons débarquent pour me tuer ensuite.
- Oh, un double suicide amoureux ? Comme c'est romantiiiique !
- Ta gueule, Jim.
Me penchant sur le gars endormi, je lui arrachai son gilet pare-balles, ses grosses lunettes fumées et son bonnet noir. Je troquai mon pantalon de survêtement contre son treillis en tentant d'ignorer les coups d'œil que Moriarty lançait à mon fessier et laçai ses grosses chaussures autour de mes pieds. Une fois couvert des vêtements du mafieux, je ne me reconnus presque plus. J'eus l'agréable surprise de trouver des étuis à couteaux à la ceinture, exactement là où je les aurais mis.
Je rangeai mes affaires dans un sac que je lançai à Moriarty, qui me retourna une œillade outrée.
- Génial, tu ressembles à un tueur en série maintenant, commenta-t-il en jetant un œil critique à ma tenue. Tu as plié le rebord du bonnet n'importe comment, au fait.
- Bordel, y a vraiment des balles qui se perdent… soupirai-je. Bon, pousse-toi, faut que je tue ce bâtard, ajoutai-je en sortant une des lames de son étui.
- Attends, j'ai une meilleure idée ! m'arrêta Jim avec un sourire dément qui ne présageait rien de bon.
Quelques minutes plus tard, le mafieux en tenue d'Adam était grossièrement ficelé sur le cactus et pleurnichait de douleur derrière le bâillon que j'avais dû lui mettre. Jim, lui, irradiait de bonheur.
- Mec, t'es pas sortable, lui dis-je. Bon, les mains en l'air, faut qu'on sorte de ce trou à rat.
Jim leva obligeamment les mains et je le fis passer devant moi pour rejoindre l'escalator et retourner au rez-de-chaussée.
- Celui-là se cachait dans un placard, m'esclaffai-je à l'adresse des sept mafieux présents tout en poussant Jim un peu plus rudement.
- Moran ? demanda un des hommes cagoulés.
- Introuvable, il doit s'être barré avant qu'on arrive, fis-je brièvement, priant pour que les mafieux ne s'interrogent pas sur le changement de voix de leur pote.
Je filai un coup de pied discret à Moriarty pour qu'il arrête de bailler, puis décidai qu'il était temps d'en finir. J'écartai mon revolver de la tête de Jim et tirai rapidement sur deux des mafieux. Les autres poussèrent des cris de surprise et me prirent aussitôt pour cible. Jim, pas fou (pas à ce point), se dissimula derrière moi et les autres otages se roulèrent par terre en piaillant comme des gosses.
Une balle se ficha dans le mur derrière moi et je descendis celui qui venait de me tirer dessus. Plus que quatre. Un impact dans mon gilet pare-balles me fit grimacer et je roulais derrière un des bureaux de l'accueil avant de me redresser sur les genoux pour tirer sur un quatrième. Un mafieux contourna le bureau et je lui envoyai la chaise de la standardiste dans les tibias d'un seul coup de pied. Il vacilla et une cinquième balle mit fin à ses souffrances.
- MORAN ! s'écria un des deux rescapés. Rends-toi ou je la bute !
Curieux, je jetai un œil par-dessus le bureau et découvris qu'il tenait une fille blonde assez canon par les cheveux. La fille pleurait et se tenait la tête, tentant d'alléger la pression sur sa chevelure, un flingue planté sous le menton.
- J'la connais pas, tu peux la tuer ! lançai-je.
Etonné, le gars n'en fit rien, évidemment. On ne tue pas une beauté comme ça, pour rien. Il jeta la fille sur le côté et je profitai de son inattention pour lui placer une balle entre les yeux et les cheveux.
Il n'en restait plus qu'un et je songeai à quitter mon abri pour lui faire peur, mais Moriarty me devança avec un joli croc-en-jambe qui envoya le mafieux au tapis. Il se releva rapidement et braqua Jim, qui prit un air innocent et s'excusa platement. Agacé par son petit jeu, je lançai un couteau qui alla se planter à l'arrière du crâne du type, qui tomba en avant, mort.
- Bon, bah ça c'est fait, fis-je d'un ton badin en sortant de derrière mon bureau.
Comme l'adrénaline retombait, une douleur sourde irradia dans mon côté et j'extirpai deux balles très proches l'une de l'autre de mon gilet en kevlar. J'avais été bien inspiré de me costumer, tiens.
- Tu en as mis du temps ! J'ai cru que j'allais me prendre une balle ! se plaignit Moriarty en se relevant pour défroisser son costume.
Peu à peu, les gens pris en otage se relevaient lentement tout en nous jaugeant du regard, hésitants. Le fait que je sois fringué comme un mafieux et la petite danse de la victoire de Moriarty ne devaient pas les rassurer, je l'avoue.
Mon chargeur était vide, mais comme tous les mafieux étaient réduits à l'état de cadavres, je rangeai mon arme dans son étui et tâchai de me détendre tout en enlevant mes lunettes. Jim se rapprocha de moi comme si on était de grands amis et déclara à qui voulait l'entendre que nous étions de la police et que les renforts n'allaient pas tarder.
Ah, merde. La police. Si je sortais fringué comme ça, je risquais gros. La police risquait de me retenir pour faire une déposition, et là, ils remarqueraient forcément que j'étais censé être mort !
Les premières sirènes retentissaient déjà dehors, et perdu dans mes pensées, je ne vis pas la silhouette armée qui entra dans le bâtiment. L'homme pointa son arme sur moi et, pris par surprise, je n'eus même pas le temps de sortir mon arme de mon holster. Un pied me faucha les deux jambes à l'instant où le coup de feu retentit et je tombai sur le dos comme une tortue, trop stupéfait pour réagir. La balle se perdit dans un mur et, rendu muet par l'ébahissement, je ne pus que regarder Jim tirer un couteau de ma ceinture et le lancer vers l'assassin.
La lame se planta dans son cou comme dans du beurre et l'homme gargouilla de façon inintelligible avant de s'effondrer dans une flaque de son propre sang. Très calme et pour une fois dénué de sourire, Jim me tendit une main nonchalante et me remit d'aplomb, apparemment sans effort.
- Tu tues salement, commentai-je, juste pour l'emmerder et le voir reprendre son masque de crétin irritant.
Non, je n'étais pas maso, j'avais juste une peur bleue de ce type alors qu'il arborait un visage sérieux, vide et froid comme l'espace. Je le préférais quand il jouait les dingues, et de loin.
- Je t'ai sauvé la vie ! s'insurgea Jim.
Il récupéra le couteau dans la gorge du gars et l'essuya sur son gilet pare-balles avant de le ranger dans une de ses poches. D'un seul mouvement fluide, il m'envoya le sac contenant mes vêtements au visage et je faillis me ratatiner une deuxième fois sur le sol. Il aurait au moins pu attendre que je sois debout !
La police était devant la banque, et les otages commençaient à sortir en courant. Jim et moi leur emboîtâmes le pas et je profitai de la mêlée pour me débarrasser du bonnet, des lunettes et du gilet. Caché par la foule, je réussis à rallier le trottoir d'en face sans me faire arrêter et regardai les premières personnes se faire prendre en charge par les ambulanciers et les flics.
Je scrutai les visages pour retrouver Jim, mais il avait disparu, le salaud.
J'étais assis depuis maintenant quelques heures à la même table de poker dans un des mes bars habituels et je détroussais des malchanceux pour fêter ma liberté chérie. Selon les infos, tout le clan Asbury avait été éradiqué. J'étais à la fois fier et intéressé par le miracle que j'avais accompli. Bon, Moriarty avait un peu aidé, mais juste un chouia.
Cependant, quelque chose dans cette histoire me dérangeait. Même si je savais qui m'avait dénoncé à la mafia, j'ignorais encore qui m'avait engagé pour tuer le bijoutier, et encore moins pourquoi. N'importe quel connard aurait deviné ce qui allait me tomber sur le coin de la gueule en commanditant un meurtre pareil !
Mon verre de whisky (le dernier d'une longue série) atterrit devant moi et je ramassai mes gains, chassant mes victimes consentantes d'un geste moqueur de la main. Les trois gars s'esquivèrent en grommelant et je vidai mon verre d'un trait, grimaçant quand la douleur dans mes côtes se réveilla.
Bon sang, mon corps allait s'en souvenir, de cette histoire à la con ! Mon visage était constellé de cicatrices et de coupures en tous genres, et tout mon corps n'était que douleurs et courbatures. Il allait vraiment falloir que je me trouve un médecin pas trop bavard à consulter !
Soudainement, mon champ de vision se rétrécit et des taches noires apparurent devant mes yeux. Je fronçai les sourcils, confus, et bientôt je ne vis plus rien. Je me sentis à peine basculer en avant pour m'effondrer sur la table, et j'entendis vaguement quelqu'un dire "C'est bon, je le ramène chez lui".
Je ne voulais pas qu'on me ramène chez moi. Héééé, patron, le laisse pas m'emmener !
La douleur dans mon côté me réveilla et j'ouvris les yeux sur un décor trop clinquant pour être honnête. J'avais la bouche pâteuse et un début de gueule de bois et ma migraine s'aggrava quand je réussis à discerner les traits désormais familiers de Moriarty, qui sirotait une tasse de thé à trois mètres de moi.
Je voulus me lever pour l'étrangler, mais mes bras me retinrent en arrière. Il m'avait menotté à une chaise, ce trouduc !
- J'espère que tu as une excellente raison pour m'avoir fait enlever, connard, grognai-je entre mes dents.
Jim ouvrit de grands yeux faussement surpris en constatant que j'étais réveillé et posa sa tasse dans une soucoupe exposée sur un guéridon en bois précieux. Il se rencogna dans son fauteuil de richard et croisa les jambes pour se donner l'air important. Quelques autres hommes se trouvaient autour de nous, et je ne pus les compter car la plupart étaient dans mon dos. Je les entendais parler à voix basse, cette bande de sales petits…!
- C'était peut-être un peu trop violent pour ton cœur si sensible, désolé, fit Moriarty, clairement moqueur. C'était la seule solution pour que tu ne tues pas mes hommes par… accident. Tu réagis toujours comme une bête sauvage, après tout !
- C'est ça, c'est ma faute, grommelai-je en le fusillant du regard. Qu'est-ce que tu veux encore ? Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'ai mérité quelques jours de vacances, là.
- Tu te reposeras quand tu seras mort ! s'esclaffa Jim en reprenant une gorgée de thé. Plus sérieusement, je tenais à te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi ces derniers jours.
- Ouais, bon, je t'ai sauvé les miches, tu as sauvé les miennes, on est quittes. Je peux partir maintenant ? l'interrompis-je, de plus en plus en colère.
Jim prit le temps de déguster la gorgée suivante, puis posa la tasse dans la soucoupe, et je jure que ce bruit de vaisselle allait me rendre dingue. Le consultant croisa les doigts dans la posture la plus clichée de maître du monde et me regarda par-dessus ses mains jointes.
Dans cette position, je pouvais juste voir ses yeux noirs et glauques et ça me filait les chocottes.
- Tu ne m'as pas sauvé la vie, Sebastian. A aucun moment, je n'ai été en danger, exposa calmement l'Irlandais.
Je plissai les yeux, puis compris.
- Les snipers et les espions. Ils te couvraient en permanence, pas vrai ?
- Bien entendu. Je n'ai pas besoin d'un garde du corps, j'avais juste besoin d'une arme de destruction massive, et tu as par-fai-te-ment rempli ton rôle, mon cher Moran.
Hm, je commençais lentement mais sûrement à stresser là. Était-ce normal qu'il fasse si chaud ?
- Je ne suis pas ton arme, trouduc, répondis-je aussi calmement que possible.
Il prit un air surpris qui me fit craindre le pire, puis afficha un énorme sourire ravi.
- Mais si tu n'es pas mon arme, pourquoi as-tu annihilé tout un clan de mafieux à toi tout seul ?
- Parce qu'ils voulaient ma peau par ta faute, connard !
- Parce que…?
Je roulai les yeux et dis d'un ton impatient :
- Parce que j'ai buté leur copain bijoutier.
- Parce que… ?
- Parce qu'un con m'a payé pour le faire !
Le sourire s'élargit encore, si c'était possible, et la vérité me frappa comme un trente tonnes dont les freins auraient lâché. Mon sang se glaça et tout ce qui s'était passé ces derniers temps me parut d'un coup beaucoup plus clair.
- C'était toi… !? Le commanditaire, c'était toi !
Moriarty acquiesça silencieusement et attendit patiemment que j'aille jusqu'au bout de ma réflexion.
- Tu as commandité le meurtre, puis tu m'as offert un job… et comme j'ai refusé, tu m'as dénoncé et ma tête a été mise à prix par la mafia ! Mais tu n'as pas fait ça parce que tu voulais ma mort !
- Bien sûr que non, fit négligemment Jim.
- Tu savais que je survivrais et tu m'as fait suivre par tes snipers pour t'assurer que je ne sois pas tué… parce que tu savais que la mafia allait tomber à court de tueurs à gage ! Du coup ils ont envoyé leurs propres gars et là…
- Et là tu as découvert qui voulait ta peau, et il n'y avait qu'une seule façon pour toi de réagir, continua Moriarty, horriblement satisfait à présent.
- Et je les ai tous tués, terminai-je, atterré.
Le silence s'abattit sur le salon luxueux où nous nous trouvions alors que je prenais le temps de digérer la nouvelle. Le sang battait dans mes temps et ma migraine s'était transformée en une espèce de monstre dont chaque tentacule envoyait des décharges électriques dans mon cerveau.
- Tu as fait tout ça pour que je bosse pour toi… ? demandai-je finalement.
- Entre autres. Je suis tes états de service depuis quelque temps, ainsi que ceux d'autres soldats de ta trempe. Ce que j'ai pu observer chez toi m'a beauuuucoup plu. Tu es violent, peu scrupuleux, calé dans le maniement des armes blanches, des armes à feu et tu es un sniper hors-pair. Tu n'es pas une lumière, mais tu es rusé, assez pour simuler ta propre mort. J'avais un plan et des hommes en Afghanistan pour te récupérer, mais tu nous a tous surpris avec ta non-mort !
Bon sang, mais depuis quand me suivait-il, exactement ?! C'est trop flippant ! Quand tout ça serait terminé, j'irai m'exiler dans un endroit sauvage et perdu, où aucun homme ne peut vivre… Pourquoi pas le Canada ?
- Tu as bousculé mes prévisions en revenant au pays, mais cela n'a fait que me surprendre - en bien ! Il me fallait un soldat prêt à se salir les mains dans mon intérêt, et tu t'es avéré parfait dans ce rôle. Bon, évidemment, je ne m'attendais pas à ce que tu acceptes mon offre d'emploi du premier coup. Tu es un solitaire et tu aimes avoir ton indépendance, après tout.
- T'es un grand… malade ! Un putain de stalker manipulateur !
- Ben oui, fit-il avec une fausse modestie.
- Tout ça pour que je bosse pour toi ! Ben tu sais quoi ? Tu peux te le foutre où je pense, ton job ! crachai-je agressivement.
Moriarty reprit son air sérieux et je m'attendis à être énucléé d'un moment à l'autre.
- Tu crois sincèrement que j'ai fait tout ça uniquement pour t'avoir ? Tu te surestimes un peu, Seb, allons. Vois-tu, le clan Asbury trônait jusqu'à ton arrivée sur le monde du crime à Londres, et ce depuis quelques décennies. Personne n'osait se frotter à eux, ils étaient tout simplement trop nombreux.
- Sauf toi, lâchai-je sans pouvoir m'en empêcher.
- Effectivement. Je débute comme consultant dans le milieu du crime, je l'avoue. Je n'ai pas énormément de moyens, mis à part ces quelques snipers et autres hommes de main que tu as pu rencontrer, et même si j'avais pu manipuler tous ces mafieux pour qu'ils se détruisent de l'intérieur, personne n'aurait su que c'était moi. Il me fallait quelque chose de voyant, un énorme coup de pub pour le monde de la nuit.
- Et donc tu t'es servi de moi pour les détruire de l'extérieur et tu t'es arrangé pour que tous les criminels de Londres le sachent.
- Exactement. J'ai déjà averti tout ce beau monde que tu étais ma main armée, et je dois dire qu'ils sont encore plus terrifiés que je l'avais imaginé, les médias aidant. Tu t'es surpassé, Seb, bravo.
- Sauf que je ne t'appartiens pas, fis-je remarquer.
- Ce n'est qu'une question de temps. Penses-y, Seb. Je suis désormais le roi du Crime à Londres, et je compte encore étendre mon influence dans le pays et dans le monde. Tout le monde pense que tu bosses pour moi en tant que second et qu'à toi seul tu peux détruire des empires centenaires. Nous sommes devenus les deux hommes les dangereux de Londres, ce qui signifie que personne n'aura les couilles de s'attaquer à nous. Cela signifie également que tu es intouchable. Réfléchis, Moran. Seuls, nous sommes dangereux. Ensemble, nous sommes invincibles.
Heu, wow. Ce connard venait de me monter une réputation de malade alors que je m'évanouissais comme un con dans un bar. Si je le suivais, je pouvais dire adieu à ma liberté chérie, mais je n'aurais plus jamais à chercher un emploi sur le dark web dans mon appart' pourri. Si je m'en allais, c'était pour devenir la cible des tueurs affiliés aux Asbury ou du prochain connard décidé à me voler mon titre de deuxième homme le plus dangereux de Londres (ou de machine à tuer, c'est au choix). La liberté aurait alors un goût de sang et je me retrouverais à regarder derrière moi jusqu'à la fin de ma vie.
- Et si je refuse ? dis-je pourtant.
- Dis-moi, combien de jours peux-tu encore tenir dans un No Man's Land ?
- … Putain.
Si je refusais, il manipulerait d'autres cons pour me tuer ou me manipulerait de nouveau pour m'attirer les pires emmerdes jusqu'à ce que j'accepte. J'avais le choix, mais les options étaient fortement réduites.
Je lui donnais la légitimité, et il m'offrait la protection. D'une certaine façon, nos destins à tous les deux étaient à présent inextricablement liés, pour le meilleur et surtout pour le pire.
…
Aaaaaah, j'aurais mieux fait de crever à la guerre…
À suivre…
Il ne reste plus qu'un épilogue après ça ;)
J'espère que vous avez aimé ce dénouement !
Une ch'tite review pour la route ? :)
