Bonjour, bonsoir à toi, cher/chère ! Je te propose aujourd'hui le chapitre sept de Stranger Kids From Hawkins
Ce chapitre est un peu plus dur et sensible que les précédents car il met en place des scènes violentes avec un racisme sous-entendu
J'espère cependant qu'il te plaira! Si tu as une remarque à m'apporter, que tu as une question ou juste que le chapitre t'a plu, tu peux me laisser un commentaire, j'y répondrai!
Je te souhaite une bonne lecture,
Ley_Rx
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CHAPITRE 7
ET LA LUMIERE FUT
Parfois, Jim détestait son métier. Il était devenu chef de la police par choix, il avait tout fait pour. Grâce à son travail, il aidait des gens, sauvait des vies, mais parfois il devait faire face à des choses qu'aucun homme ne devrait avoir à faire face et qui l'empêchaient de dormir pendant des nuits après. Il regarda le corps en décomposition et à la tête coupée en deux, rendant la reconnaissance du corps impossible. Ça avait beau faire des années qu'il était dans le métier, ce genre de vision lui donnait toujours autant la nausée.
"On est sûr que c'est lui?" demanda-t-il au médecin légiste.
-On ne peut pas être sûr car il lui manque sa tête mais ce sont ses vêtements, sa taille, sa corpulence et on a trouvé les corps des autres garçons dans le même état. Et puis, il n'y a pas beaucoup de garçons noirs par ici, donc je pense qu'on peut affirmer que c'est lui.
-Affirmer, ce n'est pas suffisant. J'aimerais bien que tu sois sûr, parce que là je vais devoir rendre visite à quatre familles pour leur dire que nous avons "peut-être" trouvé les corps de leurs fils.
-Je ne peux pas faire grand chose de plus. Je n'ai pas ce qu'il faut pour identifier un corps sans tête. Si on avait plus de budget, peut-être que j'aurais les capacités de le faire, mais ce n'est pas le cas. On ne pourra être sûr que lorsque les parents auront identifié les corps. Je ne peux même pas imaginer la souffrance des familles. Est-ce que vous irez voir les familles pour les prévenir?
-Non. J'enverrai des policiers qui ne sont pas occupés et je resterai pour accueillir les familles, je serai là pour eux ainsi quand ils arriveront et je les gèrerai, eux et leurs questions.
-Mais vous n'avez aucune réponse qui pourrait justifier ce qui s'est passé.
-Ce n'est pas comme si ils me laissaient le choix."
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Lucas regarda l'ampoule qui clignotait faiblement sans rien en ressentir la moindre émotion. Il ne pouvait rien faire de plus, juste faire clignoter des ampoules ou des lampes avec une intensité différente. Parfois, il luisait aussi dans le noir mais pas bien grand chose de plus. Il savait qu'il était le moins doué avec ses capacités et ça le dérangeait parce que Dustin était celui qui était toujours en train de souffrir le plus de punitions. Il se demandait pourquoi ça se passait ainsi.
Il reposa l'ampoule sur le bureau qui ornait presque toujours sa salle d'entraînement quand il remarqua la scientifique qui s'occupait de lui qui s'approchait de lui en écrivant quelque chose sur son carnet avant de relever la tête vers lui. Lucas n'aimait pas la façon dont elle le regardait parce qu'il savait ce que ce regard voulait dire. Il l'avait déjà vu de la part de nombreuses personnes avant et il savait qu'elle ne cachait pas sa haine envers lui. Elle ne la disait juste pas à voix haute, n'en ayant aucunement besoin car son regard était suffisamment explicite.
Elle s'approcha et lui adressa un autre regard cinglant.
"Vous êtes capable de créer des champs de force.
-Ne, je ne le suis pas. Je ne l'ai jamais fais avant, je ne suis donc pas capable de le faire, enfin, pour le moment.
-Faites-le. Vous n'êtes pas ici pour faire clignoter des ampoules."
C'était bien la seule chose pour laquelle ils étaient d'accord. Mais Lucas ne savait pas faire ce qui lui était demandé et il n'avait pas envie d'essayer. Peut-être qu'il serait plus motivé à essayer si elle arrêtait de le regarder et de lui parler comme s'il était une sorte d'animal monstrueux. Il croisa ses bras sur la poitrine et leva le menton d'un air de défi.
"Non. Ce n'est pas ce que je veux faire, pas tant que vous me regarderez comme ça, comme si j'étais une espèce d'animal monstrueux.
-C'est ce que tu es. En plus d'être une simple expérience qui refuse d'obéir. Je te conseille d'obéir maintenant, si tu ne veux pas subir de conséquences.
-Quel genre de conséquences? Vous ne pouvez rien me faire pour me forcer. Vous n'avez pas le droit de me toucher, et encore moins de me faire du mal.
-C'est là où tu te trompes. Nous avons le droit à toutes les méthodes pour vous faire obéir."
Elle sortit alors de sa blouse un long bâton qu'il reconnut comme étant une matraque. Lucas déglutit et recula mais la scientifique s'approchait plus vite. Elle l'attrapa par le biceps et leva son arme au-dessus de sa tête, prête à la frapper. Lucas plaça son bras libre pour se protéger et le bâton le percuta avec violence. Il entendit un craquement désagréable et sentit une douleur horrible lui parcourir le bras. Il poussa un cri de douleur et tenta d'échapper à sa tortionnaire avant de la repousser de toutes ses forces. Il réussit et tomba en arrière à cause de la force de son mouvement. Il tenta de s'appuyer sur son bras pour amortir sa chute mais il eut encore plus mal et s'écrasa au sol en pleurant. Il avait si mal qu'il n'entendit pas la femme s'écraser sur le mur dans un son ignoble et glissa par terre.
Il ne la remarqua que quand il réussit enfin à se relever et il s'inquiéta pour elle parce que même si elle avait été horrible avec lui, il ne voulait pas lui faire de mal, il n'était pas comme elle. Il n'était pas une mauvaise personne. Il s'approcha d'elle en se tenant le bras, et l'interpella parce qu'elle ne bougeait et ne faisait aucun son.
"Vous allez bien? Je suis désolé de vous avoir... Je ne sais pas trop ce que j'ai fais. Je vous ai poussé? En tout cas, je suis vraiment désolé. Je vais vous aider à vous relever."
Il se percha pour l'aider de son bras valide. Il la tira par le coude croisa alors son regard vide, sans vie. Il poussa un cri et s'écarta à toute vitesse, remarquant enfin le sang qui s'écoulait, puis se dirigea vers la porte en courant et tambourina à la porte, appelant à l'aide, demandant à sortir d'ici. Il ne pouvait pas rester avec un cadavre, l'idée le terrifiait et il refusait de rester là.
Les lumières clignotaient avec violence, à toute vitesse, épileptique, et il pouvait sentir son corps être parcouru par des tremblements électriques alors qu'il se mettait à luire. Il voyait flou à cause des larmes qui coulaient sur ses joues et les inondaient, et il criait si fort pour qu'on l'entende qu'il faillit ne pas entendre le son derrière lui. Il crut d'abord que c'était la scientifique et qu'il avait créé un zombie, ou quelque chose du genre, mais quand il se retourna, la réalité fut bien pire. Il vit une créature à la bouche divisée en cinq parties pleines de dents. Il reconnut la description qu'Eleven avait faite du Démogorgon et fut encore plus effrayé en se rendant compte à quel point la jeune fille avait faite une description bien trop réaliste de la créature. Il s'entendit crier encore plus fort et frappa contre la porte pour qu'on lui ouvre. Il avait beau avoir dit qu'il fallait tuer cette chose, il ne pouvait tout simplement pas s'y résoudre, pas tout seul, pas tout de suite, pas comme ça.
Le Démogorgon était penché sur le corps et le déchiquetait sous les yeux du garçon, dévorant des parties entières en quelques bouchées, quand il fut attiré par le cri de Lucas. Le garçon fixa la bouche béante, les dents ensanglantées et des morceaux de chairs et de muscles qui pendaient si et là, et n'arriva plus à crier. À la place, il ne put laisser échapper qu'un gargouillis étranglé alors que le monstre s'approchait lentement vers lui, ne voyant pas la peine d'aller plus vite car il ne pouvait pas fuir de toute façon, coincé par la porte. Lucas appuya désespérément sur la poignée de la porte qui avait été définitivement fermée à clé lorsque que la scientifique était entrée, mettant la clé dans sa poche. Au mieux, le petit objet était toujours sur les restes du cadavre, mais il était fortement probable qu'en réalité la créature ait avalé la clé.
Il s'appuya un peu plus contre la porte et ferma les yeux alors que la créature fermait et rouvrait la bouche et attendait que son heure arrive quand il sentit le poids de la porte disparaître dans son dos et son corps basculer en arrière. Il crut d'abord que quelqu'un lui avait enfin ouvert la porte et voulut mettre un pied en arrière pour prendre appui et repartir en courant pour fuir mais son pied s'enfonça dans le sol et quand il ouvrit les yeux, il vit qu'il avait traversé la porte. Dans sa chute, il traversa le sol et eut tout juste le temps de voir trembler la porte avant de passer totalement à travers le sol et de s'échouer lourdement sur le sol de l'étage inférieur, expulsant alors tout l'aire de ses poumons dans le choc.
Il vit des scientifiques s'approcher de lui avec curiosité et inquiétude - il venait tout de même de descendre un étage par leur plafond - et entendit horrible et monstrueux au-dessus de lui, à l'étage supérieur, qui attira et effraya tout le monde suffisamment longtemps pour qu'il ait le temps d'apercevoir Eleven qui quittait une pièce et se précipitait vers lui dès le moment où elle le vit, suivie par le docteur Brenner qui lui criait de revenir. Elle se laissa tomber à genoux à côté de lui et le regarda avec inquiétude.
"Lucas!" Elle releva la tête aussitôt en écoutant enfin le cri qui disparaissait petit à petit alors que tout le monde s'affolait toujours. "Le démo... Démogorgon?"
Il ne pouvait rien dire, cherchant toujours à reprendre son souffle, mais Eleven savait que c'était ça. Elle était totalement paniquée mais quand elle baissa de nouveau les yeux vers lui, il put voir une petite lueur d'admiration.
"Tu lui as survécu.
-J'ai... traversé... le plafond.
-Tu vas bien?
-J'ai mal."
Elle regarda son bras blessé et sembla soudainement inquiète. Elle voulut le toucher mais se retint, sachant qu'elle lui ferait encore plus mal. Elle regarda le docteur Brenner qui arrivait puis se tourna de nouveau vers lui.
"Pardon de ne pas t'avoir protégé. Je ferai mieux à partir de maintenant."
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Joyce regarda le corps de son fils sans un mot, ne voyant rien d'autre que lui alors que Jonathan essayait de rester calme, bien que ses épaules soient prises de tremblements. Elle savait que Jim l'observait en attendant qu'elle réagisse mais elle n'avait rien à dire. Qu'aurait-elle pu dire? Ce n'était pas son fils. Il pouvait lui ressembler autant que possible, ce n'était pas lui. La conversation qu'elle avait eue avec Steve Harrington lui faisait parfaitement comprendre la vérité sur l'enlèvement de son fils. Alors elle se fichait bien du corps qui était sous ses yeux.
Jim s'approcha d'elle pour attirer son attention.
"Joyce, peux-tu confirmer qu'il s'agit du corps de ton fils, s'il te plaît? Pour l'enquête.
-Ce n'est pas mon fils.
-Maman...
-Il lui ressemble mais ce n'est pas lui. Je suis sa mère, je le reconnaitrais toujours. Ces monstres qui l'ont enlevé peuvent bien dire manipuler tout le monde mais pas moi.
-S'il te plaît, ne rends pas la situation plus difficile qu'elle ne l'est déjà."
Elle se tourna vers Jim et lui adressa son regard le plus noir.
"Non. Ce n'est pas mon fils. Je me fiche de ce qui est sur cette table d'autopsie, Jim, car ce n'est pas lui!"
Sur ces mots, elle quitta la morgue, suivie par Jonathan qui l'appelait avec inquiétude. Elle s'arrêta lorsqu'ils furent sortis du bâtiment, pour rassurer son fils. Elle ne voulait pas l'inquiétude plus qu'il ne l'était déjà.
"Maman, je sais que tu ne veux pas l'admettre mais ce corps...
-Il lui ressemble. C'est troublant, je sais. Mais tu dois me croire, ce n'est pas Will."
Elle savait que son fils doutait de ce qu'elle disait, jetant des coups d'oeil entre la morgue et elle mais il l'écoutait. C'était tout ce dont elle avait besoin.
"Je sais aussi qu'il y a supposément les corps de ses amis. Mais je crois que tout ça est faux.
-Pourquoi? Qu'est-ce que tu sais?
-J'ai fais quelque chose il y a longtemps et aujourd'hui Will ne peut pas être mort. Il ne peut pas être mort parce que ceux qui l'ont emmené ne le laisseront pas mourir. Et il a survécu à un incendie. C'est mon petit garçon. S'il était mort, ou si toi tu étais mort, je le saurais immédiatement. Je le sentirais.
-Qu'est-ce que tu as fais?
-Je ne peux pas t'en parler.
-Maman-...
-Je ne peux juste pas. Ça te mettrait en danger et trop de personnes le sont déjà. Mais on trouvera ton frère, je te le promets.
-Tu n'as pas l'air bien du tout, maman, parle-moi.
-Je... Je suis juste fatiguée. Très fatiguée. Je vais rentrer, d'accord? Tu n'as qu'à aller voir tes amis, comme Steve.
-Steve?
-Steve Harrington. Vous êtes bien amis, n'est-ce pas? Tu n'as qu'à aller le voir et faire ce que vous faites ensemble d'habitude. Je vais juste aller me reposer."
Jonathan ne répondit rien à sa question car elle n'avait pas l'air d'attendre de réponse et décida de ramener sa mère car elle semblait absente mais sur le trajet il ne pouvait s'empêcher de se demander comment sa mère savait qu'il traînait avec Steve car il était sûr qu'il ne lui avait jamais dit cela avant, ce qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose à ses yeux. Steve était allé voir sa mère et ça devait forcément avoir un rapport avec son état actuel face au corps de Will.
