Chose promise, chose due : voici dans la foulée le premier chapitre de la fiction !

Installez-vous confortablement avec boisson chaude, mignardise, plaid, oreiller et ... tout ce que vous voulez !

Disclaimer 1 : Les personnages de Twilight appartiennent à la talentueuse Stephenie Meyer.

Disclaimer 2 : Si l'imagination est le moteur qui amène à écrire, vous, les lectrices êtes le carburant qui donne une raison d'être aux fictions :) Une review fait toujours plaisir !


PREMIÈRE PARTIE

" Rien n'est plus vivant qu'un souvenir. "

Citation de Frederico Garcia Lorca.


Chapitre 1 : Retour à Forks

Indéniablement, les choses changent et les êtres évoluent. J'aurai voulu commencer cet incipit par des lieux moins communs. C'était pourtant mon ressenti dès que mes pieds - et ma personne toute entière - foulèrent la terre de la petite bourgade, froide et pluvieuse, située au nord-ouest de l'État de Washington aka la ville de Forks.

Au cas où un individu aurait l'idée saugrenue - comme moi - de quitter la civilisation moderne pour venir y séjourner, il suffirait de tolérer une heure de trajet en voiture de la ville , plus connue, de Port Angeles jusqu'à la ville, moins connue, de Forks : une vraie promenade de santé sous la pluie et la grisaille.

C'est pourtant ce que Charlie et moi, à l'aube de la fin des grandes vacances, fîmes.

Le trajet s'était très bien passé, Charlie - mon père - ayant accepté de venir me chercher à l'aéroport de Port Angeles avec mon antique Chevrolet, me laissant même la conduire sans ni râler ni angoisser. Un exploit en somme !

L'entièreté de la conversation se fît sur un ton léger. Charlie, plus bavard que d'habitude, tenta de me convaincre que ses parties de pêches avec ses nouveaux collègues du commissariat furent endiablées et peuplèrent ses rares jours de repos sans que je ne lui manque trop ; et moi je m'évertuai à faire semblant de le croire.

Ce périple d'une heure qui avait été l'introduction d'une vie en enfer un an plus tôt passa sans que ni lui ni moi ne nous en rendîmes compte. Il faut dire que les choses en un an avaient changé.

Je ne fuyais plus l'idylle trop exclusive de ma mère avec son base-balleur professionnel de mari Phil. Je ne me sacrifiais pas en allant m'enterrer dans une ville froide et humide avec un père fantôme qui était en charge de ma garde pendant les vacances estivales depuis mon enfance ... Non ... Je retrouvais un père aimant dont le caractère introverti faisait écho au mien. Je rejoignais la ville d'adoption que j'avais fait mienne, celle à qui j'avais laissé sa chance et qui, par la force des choses, m'avait adopté également.

Les simples teintes verdâtres de la végétation m'apaisaient, le léger bruissement du vent dans les arbres me relaxait. Forks était une ville naturelle et sauvage mais rassurante puisque figée dans sa routine.

Comme pour me contredire, un camion de déménagement de la célèbre société U-Haul s'inséra devant moi lorsque ma camionnette pénétra dans la ville.

Excité, mon père s'anima depuis son siège passager : " C'est génial, ils ont vraiment décidé de rester. "

" Ils " ? Un simple pronom personnel qui pourtant promettait beaucoup.

Sans savoir pourquoi, je frémis. J'ignorais que notre modeste ville avec ses quelques quatre mille autochtones pouvait être suffisamment attrayante pour donner envie à un foyer ayant, manifestement les moyens, de venir s'y installer. En prenant en compte l'étrange extase de mon père, cette famille devait être suffisamment éminente pour figurer en tête de liste des ragots préférés de tout Forks réuni. Je me demandais, très succinctement, qui pouvaient-ils être, et même si je ressentais une incompréhensible appréhension, je les plaignais presque.

J'en étais là de mes pérégrinations et échappées mentales lorsque la spartiate maisonnette trois pièces que je partageais avec Charlie, se rappela à mon bon souvenir en se dressant au loin comme un point d'horizon.

Une fois ma Chevrolet arrêtée, j'en descendis, Charlie me casant dans les bras mes miraculées du voyage : des bien-odorantes fleurs d'oranger replantées en pot. Un présent de ma mère afin de m'éviter le Travel Blues : " Si tu ne peux pas rester en Floride, alors la floride restera avec toi. "

Délicate attention sauf que c'était sans compter sur mon absence de main verte.

- " Bon, j'avais invité tout Forks avec cotillons et tapis rouge, mais il semblerait qu'ils aient eu un empêchement. "

Charlie, gêné mais adorable, marmonnait dans sa barbe tout en déchargeant très vite, trop vite, mes maigres bagages.

- " Ça ira très bien comme cela, Char...papa tu sais bien que je déteste attirer l'attention. "

Je levais brièvement les yeux vers Charlie en espérant qu'il ne se formalise trop sur mon hésitation quant à l'adjectif utilisé spontanément pour le qualifier. Je n'étais décidément pas ce genre de fille à utiliser des sobriquets ridicules ; papa me semblant quand même être la base, j'allais toutefois devoir faire un effort en sa présence.

-" Mmmm, mouais je débarrasse tout de suite tes valises pendant que tu ouvres la porte, tu veux bien ? " bafouilla t'il.

Les conditions météorologiques étant clémentes pour mon retour, je me dirigeais aisément sans glisser vers l'entrée et me dressais, sourire aux lèvres, sur la pointe des pieds pour attraper la clé cachée sous l'avant-toit de la porte toujours à la même place.

Certaines habitudes ne s'altèrent jamais.

Précédant Charlie dans la maison pour lui ouvrir la porte, je guettais, bien malgré-moi, la moindre trace olfactive ou visuelle de changement.

Sue Clearwater, de la réserve Quilleute, s'était considérablement rapproché de mon père depuis que j'étais revenue à Forks. Cet événement aussi agréable qu'inattendu m'avait mis du baume au coeur. Charlie ne s'était jamais remis du départ précipité de ma mère. Elle avait beau avoir surtout fui le cadre de vie trop routinier de Forks, mon père avait vécu l'échec de son mariage comme une profonde déchirure et n'avait dès lors jamais plu posé son regard sur une autre femme.

Jusqu'à cette bienvenue rencontre avec Sue, cette dernière avait alors de plus en plus accroît la fréquence de ses visites dans la maison Swan, distillant des touches de décorations féminines mais légèrement rustiques et parsemant d'agréables fumets dans la cuisine. J'étais ravie pour mon père, tout le monde devrait avoir le droit à l'amour et à une seconde chance.

C'est pourquoi je restai figée et interdite m'attendant, à défaut de trouver la présence de Sue elle-même, à respirer l'habituelle odeur de produits lavants à base de pin ou à apprécier ces photophores disséminés ça et là dans le salon ou encore à considèrer l'antédiluvien robot ménager dans la cuisine. Mais non, tout avait disparu.

Je compris alors le brusque accès de logorrhée verbale de Charlie dans la voiture, il avait volontairement monopolisé l'attention en aiguillant la conversation sur des sujets futiles de son cru pour éviter les sujets qui pourraient lui être épineux. Après tout ne disons nous pas que l'attaque est le meilleur moyen de défense ?

Bon sang, mais qu'est-ce-qu'il se passe ?

Charlie se contenta d'un trop bref raclement de gorge pour me tirer de mes pensées et d'un plus que vague : " Comme tu dois sûrement t'en apercevoir j'ai dû changer deux, trois trucs de place. " Frustrant au possible.

Ni lui, ni moi ne sachant quoi ajouter, un ange passa pendant une minute, suivi de tous les angelots du paradis durant une autre longue minute.

Enfin, le-trop-bavard-mais-soudain-a-court-de-mots-qui-me-cache-quelque-chose sembla sortir de sa torpeur et fila vers une des armoire du salon pour en sortir un objet emballé dans du papier cadeau.

- " Hum, j'ai voulu marquer le coup avec un petit quelque chose, difficile de faire plus original que la camionnette que je t'avais trouvé l'an dernier alors j'ai choisi un plus petit format. Et euh, bien sûr au cas où tu te poserais la question ce n'est pas moi qui l'ai emballé. "

Charlie souriait à présent légèrement, ravi de sa petite blague ou plutôt de sa technique de diversion, c'est selon.

Je me saisis lentement du paquet rectangulaire, en le soupesant pour tenter de savoir de quoi il pourrait s'agir. Peut-être un journal intime où mon cher père me confirait ses tourments qu'il est incapable d'exprimer à voix haute. On peut toujours rêver !

À court de mot et d'idées et plutôt que spéculer sur ce cadeau, je commençai par enlever le papier cadeau scotché sur l'une des faces pour tomber sur ... la quatrième de couverture. Totalement extatique, je pris moins mon temps - au diable les bonnes manières - et arracha le reste du papier pour découvrir de quelle œuvre littéraire il pouvait s'agir. Et je ne fus pas au bout de mes peines.

Je ne jetai pas même un oeil sur le résumé de cette quatrième de couverture - bien mal m'en pris.

Je posai mes mains à l'arrière du livre, sur la première de couverture.

Je retournai enfin ce plat de devant vers moi.

Je rétablissai le livre à l'endroit pour tomber sur ...

Cinquante nuances de Grey, de E. L. James , le premier tome.

Mortifiée, rouge écarlate, mal à l'aise, je tentais de faire remonter l'information jusqu'à mon cerveau : mon paternel qui aurait, sans hésitation, sorti son arme de service si un garçon de Forks m'avait simplement un peu trop déshabillé du regard devant lui venait de m'offrir ... un roman érotique où une jeune pucelle se dévergonde dans un monde SM avec un dominateur sadique !

Sic, re-sic et re-re-sic pour la peine !

Je déglutis bruyammment, avala de travers et faillis m'étouffer avec ma propre salive. Charmant.

- " Dis papa, tu ne sais pas vraiment de quoi le livre parle, pas vrai ? " tentai-je.

- " Eh bien, pas vraiment ...Tu sais très bien que les livres et moi ...Pour tout te dire, c'est même la vendeuse qui a choisi. Apparemment c'est un succès auprès des gamines qui raffolent de ces histoires d'amour avec des princes charmants alors. "

Prince charmant ? Charlie était-il sérieux ? Il ne devait pas connaître du tout l'histoire de ce livre, il ne l'aurait jamais acheté cas échéant. J'essayais d'ailleurs de m'imaginer mon père, conservateur et protecteur, tel un ours dans un magasin de porcelaine, avec ce livre empli - selon lui - de princesses et princes charmants se diriger nonchalamment vers la caisse. Je dus me mordre fortement la lèvre inférieure pour ne pas exploser de rire en m'imaginant cette scène incongrue.

- " Mais tu sais si ça ne te plait pas, tu peux aller l'échanger, j'ai dû aller à la librairie que tu aimes tant, celle de Port Angeles ... Ça semblait être une idée plus amusante qu'un manuel touristique sur la Floride qui pourrait te donner envie de repartir vers le soleil à la prochaine occasion. "

C'était sûrement la tirade de Charlie où il se mettait le plus à nu. Et de tableau gentiment saugrenu, l'image dans mon esprit morpha en moment plus sincère et émouvant : peu importait le choix du livre alambiqué et inapproprié ou la présence amusante et décalée de Charlie dans une librairie. Seul restait le fait qu'il avait fait un effort qui était contre sa nature pour me faire plaisir mais surtout, qu'il ait eu peur que je ne l'aime pas assez pour avoir envie de rester et que je décidai de quitter Forks comme maman.

Ni une, ni deux je n'eus le loisir de m'apesantir sur mes impressions et me jetai presque dans les bras de Charlie. Surpris, celui-ci me réceptionna et me cala contre lui maladroitement.

- " Tu m'as manqué. "

Et sur ma simple confidence, je laissais derrière moi mes souvenirs de farnientes au soleil de Floride, j'oubliais ce que j'eus cet été pour ce que j'avais présentement : un père prévenant.

Il déposa un rapide baiser paternel sur mon front en ânonnant des paroles inintelligibles, puis s'éclipsa vers son antre : le salon.

- " Tu m'en feras un résumé à l'occasion ? " conclua t'il distraitement.

- " Dès que le lirai, promis ! "

Plutôt, si je me décidais à le lire un jour, mais ne voulant pas vexer Charlie je gardais cette précision pour moi. C'est donc mi-gênée mi-amusée, que je me saisis de mon bagage le plus proche et me ruai hors du rez-de-chaussée.

Le sujet cinquante nuances de gênes était enfin clos.


Enchantée à l'idée de retrouver ma petite chambre, je me précipitai dans l'escalier en montant les marches quatre à quatre pour aller plus vite, n'accidentant, ni ma propre personne, ni ma valise, ni mon nouveau précieux livre.

" Précieux livre " ? Qui tentais-je donc de tromper ? En matière de littérature, j'aimais certes les histoires d'amour classico-tragiques. Pour preuve : les œuvres des soeurs Brontë et de Jane Austen étaient mes préférées et ornaient fièrement ma bibliothèque.

Le roman de E.L James avait parlé à beaucoup de jeunes filles de mon âge mais pas nécessairement à moi. J'avais glané des informations ici et là. La personnalité de l'héroïne principale me rebutait légèrement : son côté superficiel à s'éprendre du milliardaire surtout pour sa beauté sonnait mal selon moi. Sa personnalité assez naïve m'était aussi difficile. Quant à la plume de l'écrivaine, des extraits lus m'avaient méchamment fait saigner des yeux.

Je pouvais toujours laisser sa chance à ce livre - il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis - ou à défaut le recycler en tant que presse-papier.

Plongée dans de multiples théories concernant l'avenir de mon cadeau, j'entrai enfin dans ma chambre. Mon home sweet home.

Pendant mes deux mois de vacances, la chambre n'avait pas changé : fidèle à elle-même et surtout fidèle reflet de moi-même. Je n'aurai pas dit non si une ribambelle de fées et petites souris ou - plus plausiblement - Charlie étaient venus pour ajouter certains meubles de rangements ou, encore mieux, pousser les murs ; mais après tout, cette pièce était spartiate mais infiniment accueillante et confortable.

Là où d'autres filles auraient chicané sur la présence sine qua non d'une coiffeuse, d'un lit King Size et d'une penderie plus grande que la mienne, mon exigence se portait sur ce que je nommais mon espace " Évasion Littéraire ".

Dans une zone clairement délimitée à droite de la pièce : mon rocking-chair en chêne avec le petit plaid patchwork, une bibliothèque en ébène qui ployait dangereusement sous de gros volumes d'oeuvres diverses et variées puis, en face de ces deux inséparables, un désuet secrétaire flanqué d'un antique ordinateur - pas de ceux à disquettes heureusement - accompagné de sa fidèle imprimante.

J'entamai les quelques pas vers ma zone de confort contre la grisaille météorologique et la déprime et ici, au centre de la pièce, les pieds ancrés sur mon doux tapis aztèque offert par Jacob, je respirai profondément.

J'expirai calmement, rien ne pourra troubler ma sérénité avant la ren...

Vrrrr, vrrrr, vrrrrr... Ahhhh ! Satanées nouvelles technologies ! Histoire d'éviter de louper un hypothétique appel, j'extirpai mon téléphone du fin fond de ma poche.

Reçu le 2 Septembre 2018 à 16h30

De : Maman

Ma Bella, ma chérie,

J'imagine que le long périple jusque Forks est enfin fini, alors, plutôt que d'attendre de voir tes rassurantes bonnes résolutions s'envoler comme ce maudit avion qui t'a arraché à nous, je t'envoie ce message en espérant que tu y répondras rapidement. Oh, tu as oublié ton flacon de crème solaire dans la salle de bain. Rassure-toi, la foulure de Phil va déjà beaucoup mieux ! Ah aussi, tu as oublié l'un de tes livres dans la chambre. Et pendant que j'y pense merci, merci, merci, pour la réserve de Florida Black Alley Virgin que tu as préparé pour nous en douce ! Et j'oubliais le plus important, je t'aime ! Salue Charlie pour moi.

Ta maman à qui tu manques déjà.

Le texto était rédigé sous un ton maternel, juvénile mais terriblement décousu.

Qui d'autres que Renée - ma mère - pour envoyer un tel message ! Je reconnaîtrai son style d'écriture entre mille et, rien qu'en fermant les yeux, je pouvais limite imaginer son exubérante présence à mes côtés.

Histoire d'éviter que son imagination débordante n'élabore une foule de scénarios catastrophes à base de crashs aériens ou de rencontres extraterrestres, je répondis rapidement :

Envoyé le 2 Septembre 2018 à 16h38

À : Maman

Le voyage s'est très bien passé et les correspondances ont été nickel, pas de soucis : le survol du Triangle des Bermudes n'était pas au programme. La crème solaire ne me sera pas utile, je te rappelle que j'habite à Forks :) . Heureuse que Phil aille mieux et qu'il puisse reprendre les entraînements. C'est vraiment dommage à propos du livre que j'ai oublié : est-ce Duma Key ? Ça m'a fait plaisir pour le cocktail même s'il sera sûrement moins bon que ceux du Surfer, comme c'est sans alcool tu peux, au moins, en abuser. Charlie semble aller bien, même si j'ai dû lui manquer. Je t'appelle très vite.

À bientôt.

Après une relecture rapide, j'appuyais sur la touche envoi et criais victoire : me voilà dispenser de devoir raconter le moindre des évènements de ma vie à ma mère jusqu'à ... la rentrée des classes.

Il n'empêche que j'étais détendue grâce à ces vacances et ces moments privilégiés à rigoler et siroter des cocktails dans des lieux paradisiaques. Moi qui n'étais pas friande d'alcools forts en général - d'ailleurs d'alcools tout court - je m'étais surprise à apprécier ce fameux Florida Black Alley : un savant mélange de mandarines amères préparées localement, de romarin, de thym et surtout ... de Vodka. N'ayez crainte concernant cette lubie, il n'y avait pas de quoi finir aux Alcooliques Anonymes.

En ressassant mes agréables souvenirs et, tant que j'avais mon portable en main, je décidais de parcourir les dernières nouvelles échangées avec mes camarades de Forks.

Ma principale correspondante durant l'été était ma plus grande amie, Angela Weber.

J'étais aux anges d'apprendre qu'elle était allée pendant un mois, en Europe, dans la famille de son cheri Ben Cheney. Son plaisir et son engouement étaient contagieux, ses messages photos mettaient en avant de nombreux lieux culturels que le couple avait visité. Ces deux-là curieux et aimables s'étaient trouvés.

Autre échange bien moins sympathique : le collant et désagréable Mike Newton.

J'ignorais s'il formait toujours, avec Jessica Stanley le couple le plus alambiqué du lycée de Forks, toujours était-il qu'il m'avait bombardé de messages avec des prétextes chaque fois plus ridicules.

La dernière fois que je l'avais vu était au bal de fin d'année, autant dire que l'ultime impression laissée était catastrophique. Ce dernier avait élaboré un stratagème pour que sa cavalière - Jessica Stanley - prenne tout le monde de court au beau milieu d'un slow pour m'emprunter mon cavalier. Inutile de préciser que je n'ai eu d'autres choix que de finir la danse avec Mike ... Mes pieds s'en souvenaient encore.

Deuxième désastre de la soirée, son arrangeante maladresse avait voulu que son soft atterrisse sur le haut de ma robe, mes joues rougissaient encore du souvenir de Mike insistant pour laver la tâche et/ou me prêter sa veste.

Cette farandole de souvenirs eut l'effet escompté et me fit dégringoler de mon cumulus, si haut dans le ciel que j'avais l'impression d'être à des années lumières de la rentrée des classes. Je soufflais bruyamment : aucuns doutes, j'étais bel et bien de retour à Forks.

J'aurai pu arrêter de m'apesantir sur l'échéance de cette rentrée, tellement concrète que je pouvais me laisser aller à me remémorer les moindres détails des bâtiments bordeaux du lycée rien qu'en fermant les yeux. J'aurai pu profiter de cette fin de journée pour aller me balader.

À croire que j'étais contaminée et devenue aussi masochiste que cette Anastasia Steele de la saga Cinquante nuances de Grey, mes yeux se posèrent encore sur l'écran de mon téléphone indiquant mon correspondant suivant et sa conversation, ou plutôt, sur l'absence du correspondant et sa conversation fantôme ...


Alors, alors, alors cataplasme de tomates ou lancer de bouquets de fleurs ?

Extrait du chapitre 2 Et si c'était vrai :

" Je t'en prie, appelle-moi Carlisle. Second frémissement. Carlisle, un prénom dépassé, ancien, peu commun tombé du ciel pour atterrir dans mon esprit... Impossible.

Cullen. Énième frémissement. Je goûtais sur ma langue la façon dont ce simple nom de famille raisonnait en moi, depuis mon cerveau, pour faire frissonner tout mon organisme. Qu'est-ce-que...? "

Le deuxième chapitre sera posté dans le courant de la semaine prochaine à compter de mercredi ! :)

Vous pouvez bien sûr follow cette fiction histoire de ne rien louper et être aux premières loges. Sans compter que ça me mettrait du baume au coeur pour la suite !

En attendant portez vous bien et prenez soin de vous :)

T.G.W.