Hello, hello, je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui pour ce deuxième chapitre, mais juste avant ça ...
Je remercie mes premiers followers : Swanswan Alix, Lyry, Audrey 2909 et Marjopop's ! Votre intérêt pour cette fiction me touche et j'espère qu'on sera de plus en plus nombreuses pour échanger joyeusement autour de cette histoire !
Melin220 : Merci beaucoup pour ce commentaire encourageant ! Je suis heureuse que le prologue et le premier chapitre t'aient plu. L'histoire se précise davantage aujourd'hui pour encore mieux démarrer sur les chapeaux de roues la semaine prochaine. Les chapitres à venir seront donc moins calmes ( heureusement ) mais j'espère qu'ils te feront tout autant plaisir !
R. Agondin : Merci beaucoup pour ce sympathique avis ! En espérant que ce chapitre convienne encore plus !
Guests : Ces compliments me vont droit au coeur et je souhaite que la suite vous plaise !
Disclaimer 1 : Certains personnages de cette fiction appartiennent à la talentueuse Stephenie Meyer.
Disclaimer 2 : La typographie en italique ( et entre guillemets ) désigne des passages extraits de Fascination, le Tome1 traduit par Luc Rigoureau.
Chapitre 2 : Et si c'était vrai ?
"Échec de l'envoi". " Échec de l'envoi". "Échec de l'envoi".
Il était vain de tous les compter. Il faut dire que plusieurs tentatives infructueuses sur deux mois amenaient à beaucoup d'"échecs d'envoi" .
Pourtant la dernière fois que j'avais vu Jacob, il était égal à lui-même : avenant, occupé à me taper fraternellement sur l'épaule en riant. J'avais mis un an à apprivoiser l'animal pour acquérir cette profonde amitié.
Aujourd'hui, son absence était douloureuse et cruelle. Absence...
Son absence faisait écho à une autre... Sue Clearwater ! Cette dernière venait de La Push également, s'il était arrivé quelque chose à lui personnellement, ou à la réserve amérindienne entière, elle devait bien être au courant.
Mon alarme interne, à son paroxysme, criait à toutes les cellules de mon corps qu'il fallait essayer de savoir. Je passai donc en mode pilotage automatique et descendis l'escalier.
Mon père, était étranger à ce micro-drame qui s'ebrouait en moi. Comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, il était confortablement installé devant son habituelle télé, regardant sa coutumière chaine sportive avec sa sempiternelle canette de bière à la main.
- " Papa, je ... camionnette peut-être problème...enfin...il s'est peut-être passé quelque chose et je ... j'aimerai... parce que Jake est peut-être...enfin je voudrai. "
Mon stress montait en flèche et me faisait bafouiller comme jamais. Non, non, non c'est mauvais ! Je me serinais d'aller au but, toujours droit au but.
Une,deux,tr...
- "Je dois aller à La Push. "
Voilà c'était dit. La bombe était lancée.
- " Bella, tu viens à peine de rentrer d'un long vol, demain c'est la rentrée."
Un coup d'oeil nerveux à l'horloge.
- "Et puis enfin que voudrais-tu faire à La Push il est déjà 17h00 ? "
L'apparente nonchalance de mon père teintée d'angoisse était vraiment bizarre. Lui qui vouait un culte à Jacob et l'accueillerait volontiers dans la famille en qualité de beau-fils, cherchait à me tenir à l'écart. Pourquoi ?
- " J'y passe vraiment en coup de vent. Je ne resterai vraiment pas tard... Je serai rentrée largement avant le dîner et ..."
Mon plaidoyer prit fin.
- " Isabella Marie Swan, je t'interdis de mettre les pieds à La Push. Ce n'est pas un endroit pour ..."
Les tons autoritaires, expéditifs et machistes de mon père me surprirent et m'énervèrent.
- " Pour quoi ? Une femme ? ", me rebiffais-je.
- " Non, pour une enfant "
- " Je suis majeure et donc libre d'aller où je veux, tu ne peux pas me l'interdire ! "
Tout déraillait, voilà que maintenant je m'emportais ici.
Charlie d'un air las, eut des gestes inhabituels, et donc inquiétants. Il se frotta les joues et les yeux comme s'il était fatigué puis, se gratta légèrement le coin de la moustache.
- " Crier ne servira sûrement à rien. Écoute Bella. Autant que tu saches... Ça t'evitera peut-être de poser trop de questions. Enfin allez, viens t'asseoir. "
Il se décala légèrement sur le canapé et m'incita à le rejoindre en disposant mieux les coussins.
Le pire était passé, le calme après la tempête m'encouragea à prendre place.
- " Tu as toujours été une fille observatrice, comme ton vieux père. "
Il soupira mais poursuivit : " Tu as bien dû voir que les affaires de Sue ne sont plus là pour l'instant. "
ll s'interrompit quelques instants, leva la tête vers la cuisine, plongeant sans doutes dans ses souvenirs puis reprit : " Ça a du commencer il y a environ un mois. Les gars du poste de police et moi, on a commencé à recevoir des appels de Seth pour des disputes dans la réserve entre Sam et ... "
Il observa une pause et coula un regard méfiant dans ma direction mais continua : " Jacob. "
Muette de stupeur, je regardai mon père avec des yeux ronds.
- " J'ai tenté de lui faire la morale, tout en banalisant son comportement...l'adolescence. "
Il haussa les épaules.
- " J'aurai sûrement dû réagir dès le début car c'est vite devenu de pire en pire : quand il venait à la maison Jacob jouait les durs, aboyant sur moi et même Billy, son propre père. "
Il secoua la tête.
- " Un soir, j'étais en repos, tranquillement posé ici, Seth a appelé pour me prévenir. Apparemment, quelque chose de grave était arrivé à la réserve, il voulait me dire que Sue était... "
- " Oh mon dieu, est-ce-qu'elle est ... "
Comme si clore ma phrase pouvait rendre la chose plus concrète, je me tus l'air idiot.
- " Quoi ? Non ! Fort heureusement, non ! J'ai dû batailler pour faire entendre raison à Sue, pour qu'elle se fasse soigner à l'extérieur de la réserve. Elle a heureusement accepté et grâce à l'aide de ce nouveau chirurgien ... Euh Carlesle, Carlton, Carlen, Car..."
Avec un geste vague, mon père continuait à solliciter sa mémoire.
J'evitais à mon père de passer au crible l'abécédaire entier des prénoms masculins en C et proposait laconiquement : " Carlisle. Carlisle Cullen. Angela m'en a parlé."
Je tentai de m'accrocher à mon spontané mais éhonté mensonge. Angela n'avait aucune raison, bien sûr, d'avoir évoqué ce sujet. Mais, comment le lui expliquer alors que j'étais incapable de le clarifier dans ma tête ?
" Si j'en croyais la description de Charlie, il s'agissait du père d'Edward. " Premier frémissement ( N./A : d'une longue, longue liste )
" Je t'en prie, appelle-moi Carlisle. " Second frémissement. Carlisle, un prénom dépassé, ancien, peu commun tombé du ciel pour atterrir dans mon esprit... Impossible.
" Cullen " . Énième frémissement. Je goûtais sur ma langue la façon dont ce simple nom de famille raisonnait en moi, depuis mon cerveau, pour faire frissonner tout mon organisme. Qu'est-ce-que...?
- " Oui c'est ça grâce à ce chirurgien Cullen, vraiment professionnel et concerné, elle a très vite récupéré. "
Plongé dans son histoire, mon père ne releva pas mon air étrange.
- " Elle devrait sortir bientôt. Et je voudrais que ... elle soit ici pour sa convalescence. Je refuse qu'elle remette les pieds à La Push. Je l'interdirai . D'ailleurs toi aussi, je ne veux plus t'y voir. "
Son ton désespéré me toucha mais mes inquiétudes restaient.
- " Mais Jake, lui. Il n'y est assurément pour rien. Il n'est pas responsable et ne peut volontairement blesser Sue. IL n'est pas mauvais. C'est sûrement risqué pour lui-aussi. "
- " Possible...Écoute, on en saura plus quand les comptes rendus de l'enquête auront été fait, on ne sait pas qui l'a attaqué, on sait juste que c'est arrivé là-bas. En attendant, traîner à la réserve est dangereux. "
Charlie se leva du fauteuil, semblant avoir besoin de clore la conversation pour aller prendre l'air.
Il me jaugea d'un regard éteint pour s'assurer que le message était bien passé.
Devant Charlie, résignée, j'hochai la tête. Je n'irai donc pas à la réserve amérindienne.
Je me répétais inlassablement, ce mantra jusqu'à ce que je me rende compte que Charlie avait quitté la pièce me laissant seule avec mes interrogations qui refusaient de s'amenuiser.
Que pouvait-il bien s'être passé à La Push pour que Sam et Jacob se montent subitement l'un contre l'autre ? Pourquoi mon ami le plus proche, si prévenant d'habitude, révélait une facette aussi agressive de sa personnalité ? Était-ce lié à son inquiétante absence de réponse ?
Et Sue Clearwater ... Elle avait apparemment était attaquée par une chose qui avait été assez puissante et dangereuse pour attenter à sa vie.
Avec un frisson d'horreur, j'imaginais un scientifique décider d'élire domicile dans notre ville, loin de tout soupçon, pour y mener des expériences gouvernementales classées secret défense. Ma nouvelle lubie me fit fantasmer une bête hideuse se jetant sur les barreaux, encore et encore, jusqu'à ce que sa prison finisse par céder et la fasse accéder à la liberté. ( N/A : si elle savait ) Elle se jeta alors sur le premier humain bougeant dans son champ de vision, cet humain - ou plutôt - humaine étant...
Stop ! Focus Bella, focus !
Mes récentes lectures de nouvelles fantastiques me faisaient de nouveau délirer. Les créatures poilues hurlant à la lune - l'équivalent du croque mitaine pour hypertrichoses - ne pouvaient exister que dans les romans.
Alors qu' est-ce-qui avait attaqué Sue ? Ou plutôt qui ? Un psychopathe ? Enquête qui devrait donc rester aux mains de la police sans que je ne doive m'en mêler. Ce qui pouvait prendre des siècles.
J'avais promis de ne pas interférer : cela n'était pas de mon ressort, outrepassait mes compétences et était beaucoup trop dangereux. Je pouvais toujours m'employer à m'en convaincre et laisser Jacob s'embourber dans ses soucis au nom de notre précieuse amitié...
Bon sang, il me fallait, à tout prix une distraction !
Je me levais et me dirigeais vers la cuisine. J'allais m'occuper l'esprit et m'adonner à une tâche domestique qui me permettait toujours de lâcher du lest : cuisiner un bon repas. La normalité de cette activité me fit légèrement culpabiliser mais, après tout, je n'avais pas encore aperçu de casseroles magiques qui s'activaient seules comme par enchantement.
Rapidement, un constat s'imposa à moi : l'essentiel des vivres alimentaires de Charlie se composait de junk food. Dans le réfrigérateur, des pizzas à cuire au four côtoyaient des hamburgers à réchauffer au micro-ondes avec en guise de boissons "saines" de la bière basique pour faire descendre le tout ; pendant qu'au fin fond des placards se cachaient des desserts à la gélatine Jell-O, de ceux qu'on trouve dans les hôpitaux. Les tupperwares, renfermant dans leurs entrailles les vestiges de bons plats maisons made in Sue, avaient disparu...
Horreur et damnation ! À moins de vouloir être prise de nausées rien qu'en "assemblant" le dîner, j'allais devoir être de corvée de courses.
J'avais appelé de toutes mes forces une distraction, elle m'avait entendu.
Une brève vérification me permis de remarquer l'absence de Charlie qui avait sûrement dû se rendre à l'hôpital. Au moins, n'étais-je pas consignée à domicile sous étroite surveillance.
Il y a au nord de la ville, à proximité du magasin d'articles de sport Chez Newton, une petite épicerie Au Trustlyfood. La petite boutique ne paie pas de mine, mais est plus proche que le supermarché et l'ambiance y est davantage chaleureuse
Je ne vous cacherais pas qu'avant de m'y rendre, j'avais été tenté de bifurquer en direction de La Push , mais celle-ci étant distante de vingt-cinq kilomètres, je ne pouvais pas y passer et me rendre à l'épicerie avant qu'elle ne ferme.
Manger ou conduire, il faut choisir !
Je n'avais pas pris la peine de me munir de la liste hebdomadaire de courses, alors j'improvisais à la perfection : jonglant entre de multiples idées culinaires qui me permirent de dénicher viandes et condiments puis de piocher allègrement fruits et légumes.
Miss Trustlyfood, la cogérante de l'épicerie, pépia joyeusement alors qu'elle scannait les articles. Elle n'évoqua ni la rentrée scolaire imminente, ni la mise en quarantaine de La Push.
J'étais au paradis. Le monde, mon monde, avait enfin arrêté de tourner à l'envers et les humains de marcher sur la tête.
C'est donc le cœur et l'esprit légers mais, les bras chargés, que je m'asseyais dans ma Chevrolet, garée sur le bas-côté de la route, quand l'inexplicable arriva.
" Tout à coup des phares surgirent [...]
L'habitacle était sombre - le plafonnier s'était allumé - et à la lueur du tableau de bord, je distinguais à peine son visage [...]
C'est alors que je remarquais le compteur de vitesse [...]
- " Tu roules à cent soixante kilomètres heure ! "
Affolée, je jetai un coup d'oeil dehors, mais il faisait trop sombre pour y voir. Seule la clarté bleuâtre des phares illuminait la route. La forêt qui s'élevait de part et d'autres ressemblait à deux murs aveugles, deux murs sur lesquels nous irions nous fracasser si il perdait le contrôle du véhicule à cette vitesse. [...]
" Je déteste rouler lentement." [...] aboya-t-il. "
Comme en transe, je fixais sans ciller la route où la voiture, que j'aurai été incapable d'identifier en d'autres circonstances, avait filé.
Volvo rutilante lancée à pleine vitesse.
Port Angeles.
Chemin obscur.
Conducteur invisible.
Contact glacial.
Danger.
Confidence.
Sécurité.
Amour.
Comme des successions d'images kaléidoscopiques dont on ne saisit pas le sens, des messages subliminaux que le cerveau comprend mais que les yeux n'arrivent à voir, toute une histoire filait dans ma tête comme cette étrange Volvo C30 qui avait été trop vite.
Cette voiture était ma voiture. L'engin était ma vie. Mon existence était à cent lieues de moi.
Mon esprit concevait, mes autres sens étaient gelés. L'espace temps, hors de mon nouveau monde, s'écoulait normalement égrenant secondes et minutes puis enfin, sans que rien ne trouble l'ordre des choses, une heure entière.
Je dus mon salut à la condition météorologique propre à ma bourgade : le ciel gronda comme pour me réveiller. Alors la vie reprit son cours en un éclair.
Mon black-out était fini.
Semblant émerger d'un profond sommeil, je pris pieds dans la réalité. En pleine abnégation de mon absence physique, inconsciente de la douleur criante au sein de mes chairs ankylosées et de mes rétines en feu, je mis mécaniquement le contact.
La pluie tombait drue rendant la visibilité difficile, alors je plissais les yeux pour mieux voir. Attentive, je bandais mes muscles pour une meilleure réactivité en cas de mauvaise adhérence des roues. Je roulais lentement, prudemment. Résultat de cette course : le soir était tombé lorsque je rentrais enfin, le corps tendu, les yeux sensibilisés.
Je ne m'étais encore jamais rendu compte que la conduite sous la pluie était aussi éreintante...
Dans mon infime malheur, au moins avais-je de la chance : Charlie n'était toujours pas rentré de sa probable visite à l'hôpital. Il n'avait pas lancé d'appels à l'aide sur mon portable.
Était-ce bon signe ?
C'est le son tonitruant de Waste a moment des Kings of Leon qui allait ponctuer l'élaboration du repas du soir.
Mes exigences pour le dîner se réduisaient à peau de chagrin : 1. rapide, 2. à mi-chemin entre junk-food et nourriture saine pour ne pas perturber l'estomac de mon père.
Je me décidai donc à feuilleter le Grand Dictionnaire de Cuisine - pas celui d'Alexandre Dumas - mais celui de Bella Swan : écrit dans mes vieux carnets jaunis et calligraphié de mon écriture illisible façon "pattes de mouche". Inconcevable qu'il soit publié un jour, rassurez-vous !
Mon choix s'arrêta sur des scones aux raisins secs et viande de boeuf séchée, accompagnés de tomates assaisonnée d'herbes ...non, non pas celles illicites ! La viande étant déjà cuites et séchées par les bons soins de Jack Links, j'allais gagner du temps.
La musique accompagna mes bruits de casseroles - ceux de chants et de cuisine - et plusieurs complaintes de cordes vocales, fouets, cuillères et plats plus tard, le souper était enfin sorti du four.
Le retour de Charlie se fit aux environs de vingt heures du soir alors que j'avais eu tout le loisir d'envisager de contacter l'hôpital - et le FBI - prendre un bain, cuisiner des cookies pour le dessert, bouquiner un nouveau roman, préparer mes affaires pour le lendemain. Un peu près dans cet ordre.
Je n'avais, bien évidemment, rien fait de tout ça me contentant de lorgner l'horloge d'un oeil impatient.
- " Mmmh, dieu que cette odeur m'avait manqué. "
Ce compliment déguisé de Charlie, installé à table sitôt rentré, déclara le début du repas.
- " Comment ça, la nourriture cuite au micro-ondes ne dégage pas d'odeurs alléchantes ? "
- " C'est ça, moque toi donc de ton vieux père qui s'est retrouvé délaissé par les femmes de sa vie. "
Sa raillerie se fit avec une amorce de sourire. Signe de bonnes nouvelles ?
- " L'une d'elle se fait un peu désirer c'est tout. "
Je tatai le terrain en analysant l'expression de mon père qui était, un rien gêné, mais souriante puis poursuivis : " Comment va ta patiente préférée de l'hôpital de Forks ? "
- " L'hôpital de Forks n'est pas bien grand tu sais. " éluda Charlie pour éviter de marquer sa préfèrence.
Le temps s'etira, ponctué par les uniques bruits de couverts, que j'imaginais être ma seule réponse.
Enfin : " D'après cet incroyable Carlisle Cullen, elle sort dans quelques jours. "
" Cullen ". Encore ce même nom, qui provoqua en moi ce même trouble extraordinaire. Avec toutes ces louanges, j'avais hâte de " rencontrer " ce médecin dont le nom m'était pourtant familier. Ce docteur qui avait l'air d'avoir chamboulé positivement la vie de mon père..
- " C'est plutôt une bonne nouvelle, non ?" questionna Charlie les sourcils froncés.
- " Oui, c'est génial papa ! Désolée, je pensais simplement à ma rentrée de demain, c'est tout. "
Je fus si convaincante que j'en persuadai mon père, mais surtout moi-même.
La suite du repas put se faire dans un silence confortable à base de conversations sportives et hypothèses positives sur les premiers cours qui seraient dispensés demain.
Un bâillement accentué plus tard, je prétextais une fatigue intenable pour souhaiter une bonne nuit et me retirer dans ma chambre. La mascarade n'en était pas vraiment une et l'appel du sommeil faillit être plus fort.
C'était sans compter sur l'aura magnétique de mon ordinateur qui m'attira sur ma chaise et aimanta mon doigt sur le bouton de fonctionnement .
Quelques vrrr, vrrr, vrrr et un biiip plus tard mon antiquité technologique daigna s'allumer. Le logiciel de traitement de texte s'ouvrit en un instant, sans même que je ne me rende compte de l'avoir lancé.
Les étapes de processus de la création m'avaient toujours échappé. Peut-être que, quand on suit pendant plusieurs années des séminaires d'écriture, on arrive à expliquer le pourquoi du comment ... ou peut-être que tout simplement l'inspiration fait partie de ces choses qui ne peuvent et n'ont, de toute façon, pas besoin d'être expliquées. Un grand mystère de la vie en somme.
Je regardais la feuille blanche du traitement de texte.
Une minute passa, puis deux, puis trois.
Questions habituelles mais, vraiment utiles ? Nouvelle fantastique ? Essai engagé ? Poème ?
Titre de l'oeuvre ? Noms des protagonistes ? Psychologie des personnages ? Lieux d'actions ?
Cliquetis de touches hésitants : petits coups de becs hasardeux.
Et le déclic : on apprend à écrire comme on apprend à marcher, sans même s'en rendre compte.
Écran d'ordinateur : fenêtre ouverte ; feuille blanche du traitement de texte : voilage crème.
Mes doigts, étaient des pieds mais, pas n'importe lesquels, des pieds d'oiseaux. Mes bras, étaient des ailes, de grandes ailes puissantes.
" Ses ailes de géant l'empêchent de marcher. " Alors, je m'envolais. Je m'élançais au-dessus de la ville, sur un nuage au-delà du septième ciel, sans bornes.
Légère, si légère.
À présent, j'étais une bulle. Mes doigts bougeaient sur les touches, avec pour seule limite ni ma vitesse de frappe, ni mon imagination mais la rapidité de mon ordinateur. Ils virevoltaient, bondissaient, pétillaient. De petites bulles dans une bulle. C'était un bonheur divin, indescriptible : le nirvana.
Le temps n'avait prise. Les secondes pouvaient bien se faire bousculer par les minutes.
Et soudain, ce bruit ! Rrrrrrrrrrrrr Est-ce-un avion ? PssssCcccHhhhIiiiiiTtttt. Un ouragan ?
Progressivement, la bulle se degonflait. Ma transe creative était troublée.
Charlie ronflait.
Vaguement hagarde, je regardai alors mon écran. Le fameux syndrome de la feuille blanche n'était pas passé par moi. J'avais écrit, sans même réfléchir ... une nouvelle entière intitulée : " L'Art de la vitesse ".
L'histoire m'était totalement étrangère et tirée par les cheveux. Ma nouvelle évoquait l'histoire d'une voiture et pas n'importe laquelle : une Volvo C30... Je n'étais pourtant pas ce genre de fille qui lisait Automobile Magazine avec limite la bave aux lèvres. Non vraiment, le modèle, le moindre infime détail de la carrosserie : tout y était. Je ne me souvenais pas en avoir croisé souvent : à Forks, les voitures coûteuses n'étaient pas monnaie courante.
Le plus intrigant, le nerf de l'histoire : cette voiture avait sa personnalité propre , comme si elle était guidée par une force obscure. Le conducteur invisible s'effaçait totalement au profit de l'entité démoniaque qui faisait filer cette Volvo dans la nuit, à une vitesse de cent soixante kilomètres/heure : du jamais vu. Je n'avais pourtant jamais vraiment aimé le roman Christine de Stephen King.
J'haussais les épaules. Oui, c'était decidé : le processus de la création littéraire resterait pour moi un grand mystère de la vie - au moins ce soir.
J'allumais l'imprimante et lançais automatiquement l'impression de cette nouvelle.
Après une minutieuse toilette, je récupérais, sans même y penser, mon histoire fraîchement écrite. J'étais vraisemblablement fatiguée : je ne me souvenais plus du fil conducteur de l'histoire !
Il ne restait plus qu'à trouver à cette simple nouvelle la place idéale.
Mes yeux effleurèrent juste ma bibliothèque. De haut en bas, de bas en haut.
Dans un petit coin, mon attention fut captée, la place libre m'appelait. À côté d'un gros recueil noir, un emplacement était vacant, j'y plaçai ma nouvelle mise dans un fichier.
Je rejoignis mon lit.
Bercée par la pluie qui tombait en cascade sur la toiture, je m'enfonçais très vite dans un profond sommeil.
Dans un rêve, là où le souffle du vent qui se déchaînait dehors s'amalgamait avec le bruit du moteur furieux ... d'une Volvo lancée à vive allure.
Voilà pour ce chapitre ! On a pu apercevoir la présence des Cullen... en filigrane ;)
J'imagine que ça doit être frustrant de ne pas les voir débarquer immédiatement, c'est une volonté pour moi de distiller leur présence par petites touches pour installer l'intrigue. Mais, notre chère famille arrive ... Un peu de patience !
Comme un extrait et toujours plus parlant que de petites explications, je vous laisse avec un passage du chapitre 3 :
Extrait du chapitre 3, Les nouveaux :
" Bientôt, une nouvelle sensation vint parachever au reste : un souffle froid me chatouilla au creux du cou, enflammant mon derme, envoyant des ondes électriques dans tout mon corps. Alors je perdis pied et ce fut mon corps entier qui s'embrasa. Je fus prise de frissons incontrôlés qui évoluèrent vite en agréables tremblements. Des spasmes me chamboulaient, m'amenaient vers une stratosphère d'un nouveau genre.
C'est ce moment précis que la chose qui avait empêché ma chute, sondant mon corps au sien, choisit pour me jeter brusquement en arrière. "
Prenez soin de vous, aimez vous les uns les autres pour cette prochaine St-Valentin ( niaiserie du jour bonjour ! ) mais surtout, aimez-vous vous-mêmes ! ( Et bla bla bla :D)
À mercredi prochain !
T.G.W
