Salut, salut. Je poste ce chapitre avant de partir pour quelques jours. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus alors je dis bonne lecture et à une prochaine fois
Chapitre 5:Reptiles et humains
«-Non. Non, tout ça ne peut pas être vrai.
-Je voudrais bien que ce ne soit pas le cas mais ça l'est. Et tu as vu les conséquences de tout ça. Pendant le jour, Astrid est la magnifique dragonne bleue que tu m'as apportée. Et pendant la nuit…»
Un son puissant se fit entendre. Il venait de loin mais il ressemblait à un cri si désespéré que celui ou celle qui le poussait ne se retenait pas de montrer et d'exprimer sa douleur peu importe si on ne le ou ne la voyait pas. Son qui ne laissa pas Mérida indifférente.
«-Le cri du dragon noir!
-Ce que tu appelles le cri du dragon noir n'est autre que le cri d'Harold prenant cette forme reptilienne pendant la nuit dès qu'Astrid reprend sa forme humaine. Forme qu'elle perd l'aube venue pour prendre celle de la dragonne bleue dès qu'Harold redevient lui-même un humain. Et dès qu'ils deviennent des dragons, chacun n'a pas le moindre souvenir de la vie humaine de l'autre une fois que l'un est humain et l'autre animal. Oh! Pauvres amants! Jamais leurs corps ne s'entremêlent. Ils ne vivent plus que dans l'attente angoissante d'un très court instant entre le lever du soleil et son coucher où…où ils espèrent pouvoir se toucher; sans y parvenir.
-…
Alors, ça veut dire…qu'ils…qu'ils sont en même temps…toujours ensemble et éternellement séparés?
-A chaque fois que le soleil se lèvera et se couchera. A chaque fois qu'il y aura le jour et la nuit. Et ça sera comme ça aussi longtemps que dureront leurs vies.
-Oh mon dieu!
-Et tout ça à cause d'une mère incompétente en laquelle l'un des deux amants avait confiance. Elle a été tellement stupide que l'amante de son fils a perdu le seul parent qui lui restait et qu'aujourd'hui, son fils vit un enfer sans fin.
Cette mère, tu l'as sous tes yeux.»
Mérida avait déjà eu du mal à croire les paroles de Valka mais là, elle ne pouvait carrément pas en croire ses oreilles. Alors, Harold l'avait envoyé chez sa mère? En l'appelant uniquement par son prénom sans la désigner comme telle? Il devait être tellement en colère pour…Oh! Elle avait apprit beaucoup de choses d'un seul coup, il allait lui falloir un certain temps pour gérer le tout. Les deux dragons et les deux humains qu'elle avaient croisé ne faisaient qu'un, ou plutôt deux dans le cas où elle se trouvait. Et la femme qu'elle avait devant elle n'était autre que la mère de l'un d'entre eux qui avait accidentellement trahi les deux personnes maudites qui se trouvaient sous les formes que Mérida avait vues à cause de cela. Tout ces mystères résolus. Enfin des réponses. Mais elle s'attendait à tout, sauf à ça.
«-Je voulais protéger mon fils de cet homme monstrueux mais au final, mon incompétence a permis à ce chien de faire le malheur de mon enfant. Tu as été mêlée à une histoire tragique, Mérida. Et je crains bien que tu sois condamnée à en faire partie à jamais.
-Ne soyez pas triste pour moi, Valka. Pensez plutôt à Ha…à votre fils. Moi, avant d'être mêlée à tout ça, j'étais enfermée dans les geôles de Grimborn probablement condamnée à être pendue alors que je ne faisais que tenter de vivre après avoir été privée de tout. Et j'y ai même subis des horreurs dont je ne veux pas parler. Je savais qu'Harold et moi avions des intérêts communs même si je connaissais pas tout à fait les siens jusqu'ici. Alors, même sans savoir cela, nous nous serions alliés. Cependant, maintenant que je sais que d'autres personnes sont impliquées dans tout ceci, je ferai en sorte de ne pas oublier les sentiments des autres malgré mes intérêts personnels.»
I
Le sommeil de Viggo était très agité. Comme s'il était tourmenté par une mystérieuse créature aux intentions peu bienveillantes à son égard.
«-Non! Non! répétait-t-il sans cesse»
Il la voyait. La chose prête à lui sauter dessus. Une forme menaçante à laquelle il ne pouvait pas échapper. Mais s'il la voyait, il ne parvenait pas distinguait ce qu'elle était. Cependant, ce n'était pas ça qui le préoccupait. Pourquoi venait-t-elle le tourmenter?
Quelqu'un ouvrit brutalement les portes de la chambre du Souverain Grimborn. Les coups furent si forts qu'ils réveillèrent ce dernier. Encore dans un demi-sommeil, ce réveil brutal perturba Viggo qui sursauta. Néanmoins, il parvint à distinguer qui venait de le réveiller avec ce grand manque de douceur.
«-Navré d'interrompre ton sommeil peu réparateur, cher frère, mais Drago vient d'arriver, dit Ryker, Et…il a emmené Dagur avec lui.»
Il était là. L'homme à la silhouette massive et imposante vêtue d'une immense peau de dragon. Il entra et sourit à Viggo. Celui-ci devint plus calme en voyant l'homme lui sourire. Il ne prêta pas attention à Dagur qui avait un appétit très prononcé pour le sang et ses pensées dangereusement instables. Si Drago aussi était fou, contrairement à Dagur, il savait réfléchir. Ce n'était que dans des moments de jouissance une fois qu'il avait trouvé ce qu'il cherchait qu'il laissait sa folie meurtrière éclater. Raison pour laquelle Viggo n'avait fait appel qu'à lui. Alors, le voir accompagné de Dagur lui fit pincer les lèvres. Néanmoins, il resta heureux de voir Drago et, ayant trop envie de lui parler de ce qu'il avait en tête et sachant que Drago avait déjà probablement envie de savoir pourquoi il l'avait fait venir, décida de sortir du lit bien avant l'aube et de tout lui expliquer.
.
«-J'espère que tu as une bonne raison de m'avoir fait faire des kilomètres, Viggo. Je sais que tu comptes sur mes talents de Chasseur de Dragons mais il faut quand même que tu me donnes des indications précises pour que je sache quoi faire pour toi.
-Il y a une dragonne bleue. Une magnifique dragonne bleue. Elle ne se déplace que le jour. Elle est toujours accompagnée d'un jeune homme au corps fin, aux courts cheveux marrons et aux yeux verts. Il s'appelle Harold Haddock. Si tu le trouves, tue-le. Mais ne fais surtout pas de mal à la dragonne bleue. Contente-toi de la capturer de la ramener ici. Si tu la tues ou si elle n'est même que blessée, je ferai tout pour te faire retrouver et exécuter. Me suis-je bien fait comprendre?
-Ouh. Hinhinhinhinhin! ria Dagur d'une manière malaisante et effrayante, Les gens comme vous m'ont toujours plu Seigneur Viggo. Qu'est-ce qui sera le plus excitant? La chasse au dragon ou l'exécution?
-Dagur, la mission est aussi valable pour toi. Et si vous échouez tous les deux, tu n'assisteras pas au spectacle, tu en feras également partie.
-…
-Il y a un autre dragon. Un dragon noir. Il ne se déplace que la nuit. Il est toujours accompagné d'une femme. Une femme aux cheveux d'or, aux yeux bleus splendides. Merveilleusement belle. Elle s'appelle Astrid Hofferson. Trouve-la et tu trouveras le dragon noir. Tue-le et ramène sa peau. Mais ne tue pas cette femme. Ne lui fais aucun mal. Contente-toi de la ramener ici sans même la blesser. Ou alors, tu seras…
-…exécuté. Oui, j'ai compris.
-Hihihihihihihi! C'est tellement excitant.
-Pourquoi as-tu emmené ce dérangé avec toi? Cela pourrait compromettre dangereusement cette mission.
-Son caractère sera utile pour dénicher ce que tu cherches. Et ne t'inquiète pas. Je le connais bien. Je saurais le surveiller afin qu'il ne commette pas l'irréparable. Ce n'est pas parce qu'il est ingérable pour beaucoup qu'il l'est pour moi.
-Je vois. Ah, avant que je n'oublie. Avant que mon cher frère ne revienne d'une mission qu'il a lamentablement échoué, il m'a signalé ceci: que ce soit Harold Haddock ou Astrid Hofferson, vous trouverez sûrement avec l'un ou l'autre une jeune fille rousse travestie. Elle s'appelle Mérida Dunbroch. Faites-en ce que vous voulez.
-Ce qu'on veut, ce qu'on veut. Oui. Hihihihihi!
-La ferme Dagur!»
I
Mérida regardait Astrid dormir. Sa blessure semblait presque guérie. Cela la rassura. Le lendemain, elle pourrait à nouveau…Elle s'était réveillée. Elle vit Mérida. Elle voulut se relever légèrement pour lui parler mais…
«-Non Astrid. Ta blessure pourrait se rouvrir.»
Elle l'écouta et se contenta de tourner la tête de son interlocutrice. Même dans une position allongée, elle voulait lui parler.
«-Et si tu me disais comment tu t'appelles?
-Mérida Dunbroch.
-Tu voyages avec lui, n'est-ce pas?
-Oui. Il m'a accordé sa confiance pour vous emmener jusqu'ici afin que vous puissiez être soignée et vivre.
-Il a eu raison.
D'où viens-tu?
-De nulle part. Je ne suis qu'une orpheline et une voleuse.
-Les deux ne peuvent pas être associés ensemble.
-Pourquoi tu dis ça?
-Si tu es orpheline, tu ne voles pas, tu survis puisque tu n'as pas de famille pour t'aider.
-…
Autrefois, j'en avais une. Une mère. Elle s'appelait Elinor. Elle a travaillé sans arrêt après que mon père Fergus soit parti avec une bonne partie de notre argent. Nous n'étions déjà pas riches car nous étions des fermiers.
Elle a finit par mourir d'épuisement.
-Je sais ce que c'est: d'être orpheline et d'être seule. Je le suis depuis longtemps.
-Tu ne le seras plus maintenant. Tant que je le pourrai, je serai là. Pour vous deux. Je me le suis déjà juré.»
Sur ces mots, Mérida laissa Astrid se reposer tandis qu'un sourire se dessina sur les lèvres de cette dernière.
.
Valka s'occupait d'Angus. Mérida ne tarda pas à les rejoindre. La femme se débrouillait bien avec la monture de la jeune fille. Cela la fit sourire.
«-Après le long chemin qu'il a fait, il méritait d'être chouchouté. Vous êtes très gentille.
-Ne me remercies pas. C'est normal après la longue route que vous avez faite tous les deux.
Tu as l'air triste.
-Valka. On ne peut…vraiment pas faire quelque chose pour eux?
-…
Depuis deux ans, j'ai fais ce que je pouvais pour comprendre comment marchait la malédiction. Le seul moyen, c'est d'affronter Viggo.
-Harold a déjà l'intention d'affronter Viggo et de le tuer.
-Il ne doit surtout pas faire ça. S'il tue Viggo, la malédiction ne pourra jamais être brisée.
-C'est quoi ce bruit?
-Oh! Des soldats. En bas du château.
-Oh non! Ils viennent sûrement de Grimborn. Ils ont dû suivre les traces d'Angus. Cachez-le ou ils comprendront que nous sommes ici.
-Emmène Astrid avec toi. Ils doivent en avoir après elle aussi bien qu'après toi. Viggo sait sûrement qu'elle est avec toi depuis que tu voyages avec Harold. Je vais les occuper.
-D'accord.»
.
«-Astrid! Astrid, réveille-toi!
-Hum! Qu'est-ce qui se passe?
-Ne dis rien. Viens.»
.
«-Ouvre la porte, femme! Au nom du Seigneur Grimborn!
-Partez d'ici! Ici, on n'ouvre pas à ceux qui ne nous respectent pas.
-Je t'ai dit d'ouvrir la porte sale chienne! C'est le Seigneur Grimborn qui te le demande.
-Je connais bien le Seigneur Grimborn. Et s'il m'insulte, je n'ai aucune raison de laisser entrer ses toutous.
-Chargez!
-Bon, faites comme vous voulez. Le pont peut être un bon passage.»
Avant que Valka n'ait eu le temps de finir sa phrase, les gardes avaient couru sur l'un des ponts du château et celui-ci s'était écroulé entrainant avec lui plusieurs hommes hurlant lors de leur chute.
«-Oh désolée, je me suis trompée. Je suis une guérisseuse, pas une architecte.»
Malgré son «avertissement avorté», certains gardes avaient réussi à s'accrocher aux parois et ne tarderaient sûrement pas à entrer par d'autres côtés du château. Valka n'avait pas beaucoup de temps. L'un des deux marchait déjà vers les deux portes.
«-C'est par là, continuez tout droit. Et surtout…»
Valka avait compté sur Mérida pour emmené Astrid plus loin. De plus elle en avait retenu certains grâce à un habile piège. Une autre chose qu'elle savait était que les gardes de Grimborn étaient très superstitieux. Il ne restait donc plus que laisser les choses aller. Ou plutôt tomber. En effet, comme Valka l'avait prévu, le garde avait choisi la porte droite et fit, comme ses camarades précédents une longue chute vers le vide ou plutôt le puits sans fond qui se trouvait derrière l'ouverture.
«-AAAAHHHH!
-Ne vous fiez au fait qu'on dit qu'allez à gauche porte malheur, ricana Valka»
Malheureusement, elle n'eût pas le temps de rire bien longtemps car plusieurs gardes la frappèrent afin de passer et y parvinrent. Cela ne voulait dire qu'une seule chose, le sort de Mérida et Astrid était incertain.
.
Mérida et Astrid ne savaient pas où aller. Jusque-là, elles n »avaient pas croisé de gardes mais cela ne tarderait sans doute pas. Et même trop tôt au goût de la jeune femme rousse.
«-Oh non! Par-là, Astrid.»
Il n'était pas évident pour la belle blonde de se déplacer. Privée de ses forces à cause de sa blessure, Astrid peinait à suivre Mérida qui était obligée de lui tenir la main.
«-Arrêtez!
-Demi-tour! Vite!»
Elles avaient été repérées. Elles n'avaient plus de temps à perdre. Il fallait aller encore plus vite qu'il y avait quelques instants.
.
«-Ah! Ma tête!
Mérida! Astrid!»
Valka avait enfin reprit connaissance. Lorsqu'elle avait prit conscience de la situation, elle s'empara de son épée qu'elle avait caché derrière un rocher et se mit à courir. Mais des gardes lui barrèrent le passage.
«-Ôte-toi de notre chemin, chienne!
-Oh non, c'est vous qui allez partir. Vous êtes chez moi ici. YAAAHH!»
.
Mérida et Astrid allaient bientôt devoir monter vers la tour. La tour. Elles n'auraient plus d'autre issue. Elles se feraient prendre. Mérida. Harold avait confiance en elle et…
«-J'ai une idée, dit Astrid
-Laquelle?
-Quand on arrivera en haut, tu dois faire en sorte d'enfermer les gardes jusqu'au lever du soleil. On ne pourra fuir qu'à ce moment-là.
-Quoi? Mais pourquoi on pourrait s'enfuir qu'au lever du so…Ah oui. Ca va être très dur.»
Quand elles étaient près du sommet, des gardes étaient toujours après elles. L'un d'entre eux alla même jusqu'à agripper le pied de Mérida.
«-Ah! Lâche-moi toi! Mais tu vas me lâcher oui? Ah, voilà pour toi!»
Elle lui mit un immense un coup de pied qui lui fit faire une roulade dans l'escalier de la tour vers lequel les deux jeunes femmes s'étaient dirigées. Ce qui surprit et effraya ses camarades en même temps mais ils firent tout pour ne pas le montrer.
«-Monte! Vite!
-On y est.
-Assieds-toi. Je vais verrouiller la porte.»
A l'aide d'une barre de fer, elle parvint à enfermer les gardes. Il n'avait plus qu'à espérer qu'ils ne trouvent pas de solution pour ouvrir avant le lever du jour. Cela serait long mais ça leur permettrait de se reposer. Du moins, pour le moment.
«-J'espère que Valka va bien, dit Astrid
-Moi aussi.»
Elles restèrent ainsi longtemps. Assises sans avoir rien à faire d'autre qu'agir le moment venu. Il n'y avait plus qu'à espérer que les gardes ne pensèrent pas à une idée pour déverrouiller la porte avant l'aube. Et cela sembla être le cas pendant un certain temps.
«-Ils étaient plus intelligents que ça quand j'étais Lieutenant, dit Astrid, Je suis déçue de voir que le niveau a baissé.
-Ce n'est pas étonnant, dit Mérida, Ryker est Capitaine maintenant.
-Il a pris la place d'Harold? Oh, c'est encore pire que ce que je pensais.
-Vous ne pouvez pas imaginer, dit Mérida
-Attends, comment sais-tu que…Oh mes dieux! Tu as été prisonnière à Grimborn.
-…
-Et tu as réussi à t'échapper? Comment? Personne n'a jamais réussi à s'échapper de la Prison Grimborn. Enfin…
-Peut-être l'envie de ne pas être pendue juste parce que je n'avais pas d'autre choix que de voler pour manger. Ou la volonté de survivre. Mais…je crois que…c'était…surtout…surtout…Surtout le fait de m'être jurée de ne plus jamais être entre les mains de Ryker!
-Oh! Il…Il ne t'a quand même pas…
-Si!
-Le sal…
-S'il te plait, je ne veux pas en parler. Je ne peux dire que ça: Harold sait.
-Je vois.
Il va nous ramener à Grimborn, c'est ça?»
Mérida se contenta de baisser les yeux. Astrid se tourna vers elle l'air compatissant.
«-Ne te sens pas coupable. Vos intérêts communs vous poussent à le faire. Et tu as tellement souffert que tu mérites justice. Mais Harold…
-Ne t'inquiète pas pour lui. Je ferai tout pour qu'il ne commette pas l'irréparable.
Oh!»
Des haches et des épées! Les gardes commençaient à casser la trappe. Encore un peu et ils parviendraient à passer. Mais il était encore trop tôt.
«-Vite, prenons des briques. Ca les retardera, proposa Mérida»
La chose était dure. Peut-être même vaine. Les armes des gardes n'étaient bloquées que temporairement. C'était d'ailleurs un très court laps de temps. Il était difficile de ne pas se prendre des coups de lames ou de haches dans la paume de la main. Au bout d'un moment, la lame d'une épée toucha si brutalement la main de Mérida que cela fit bousculer Astrid qui glissa et menaça de tomber dans le vide en hurlant. Elle parvint à la rattraper de justesse.
«-Hisse-toi Astrid! Hisse-toi!»
La jeune femme blonde tentait de faire ce que Mérida lui disait mais sa blessure freinait ses mouvements.
«-Oh!»
Manquant de force, Mérida finit par lâcher l'une des mains d'Astrid. Celle-ci tenta de la remonter mais n'y arriva pas. Pire, elle sentit l'autre glisser et se mit à gémir.
«-Oh non! s'exclama-t-elle»
Et ce qui devait arriver arriva. Mérida finit par lâcher la deuxième main d'Astrid.
«-Non! hurla-t-elle tandis qu'Astrid poussa un hurlement»
Elle allait faire une chute fatale que rien ne pouvait arrêter. Mérida. Elle avait échoué. Harold avait eu confiance en elle et elle avait échoué. Comment pouvait-t-elle…Le soleil! L'aube! Elle était en train de se lever. Mais alors…Le hurlement d'Astrid ressemblait, à cet instant, à un cri de rapace. Son corps et son visage avaient bleui. Ses pieds et ses jambes grossirent, ses cheveux et ses bras disparurent tout comme son nez. Ses yeux se transformèrent. Des cornes poussèrent sur son corps. Et surtout…des ailes poussèrent dans son dos. Elle ne tombait plus. Elle volait. Le jour! Il avait fait apparaître la dragonne bleue et sauvé la vie de la jeune femme. Mérida, soulagée, se mit à sourire et pousser un cri de joie.
Mais elle revint vite à la réalité. Les soldats étaient toujours en train d'enfoncer la trappe. Elle regarda la dragonne bleue qui lui fit signe. Elle hocha la tête et se mit au bord de la tête tandis que le beau reptile se rapprocha d'elle. Mérida sauta et la dragonne bleue l'attrapa littéralement au vol.
Les soldats étaient enfin parvenus en haut de la tour.
«-Où sont-t-elles passées?
-Je ne les vois pas. Elles ont dû réussir à s'enfuir.
-Mais c'est impossible! Elles n'ont quand même pas pu s'envoler.
Oh!
-La dragonne bleue!
-Elle nous envoie des épines!
-Et l'une des filles est dessus.
-Mais où est l'autre?
-On s'en occupera plus tard. Attrapons déjà la première.
ARG!»
Le garde qui venait de tomber avait reçu une flèche dans le dos. Elle lui avait été envoyé par un homme se trouvait à quelques mètres. Un homme aux courts cheveux bruns marrons. Il portait un arc. Cela suffit pour effrayer les autres gardes qui s'enfuirent aussitôt.
Lorsqu'elle vit Harold, Astrid fit signe à la dragonne bleue d'aller se poser. Ce ne fut pas très évident car c'était la première fois qu'elle volait. Toutes deux allèrent vers le jeune homme. Mérida n'était pas souriante. Mais s'il voyait qu'elle semblait contrariée, Harold ne s'était pas du tout attendu à ce qu'elle le giflât.
«-Pourquoi ne m'avez-vous rien dit? demanda-t-elle alors qu'il se massait la joue
-Aïe! Alors tu sais. Honnêtement, est-ce que tu m'aurais cru?
-Peut-être pas au début. Mais après vous avoir vu en reptiles géants tous les deux en vous ayant écouté raconté cette histoire avant, je pense que oui. Et puis, j'aurais compris pourquoi vous m'avez demandé votre aide. Vous n'aviez pas besoin de justifier celle-ci par le fait que nous avions des intérêts communs.»
Lorsque Mérida eu finit sa tirade, la dragonne bleue donna un coup de queue à Harold en râlant.
«-Aïe! Vous n'allez pas vous y mettre toutes les deux?»
Harold vit la dragonne bleue le fixer d'un air sévère tandis que Mérida croisait les bras en le regardant avec la même expression. Comprenant ce qu'il avait à faire, Harold prit une inspiration.
«-Bon. Je suis désolé, Mérida. J'aurais dû te dire la vérité depuis le début. Tu aurais compris mon comportement et je n'avais pas à justifier ce que je voulais faire en disant que nous avions des intérêts communs. Mais surtout, je n'avais pas le droit de t'impliquer là-dedans contre ta volonté. J'ai été égoïste et si tu veux partir maintenant, tu en as tout à fait le droit.
-Au début, j'aurais sans doute voulu faire cavalière seule. Mais ça fait maintenant un bon moment que je ne veux pas laisser Ryker impuni. Et…entretemps, je me suis fait une amie que je veux aider. Mais dites-vous ceci: si je retourne à Grimborn, ce n'est pas du tout pour vous, c'est à la fois pour moi et pour elle
-…
Vous devez bien vous entendre toutes les deux.
-En effet.»
Ils entendirent des pas. Valka venait d'arriver. Elle avait du sang sur son visage et sur son épée. Ca avait dû être une belle boucherie de son côté. En la voyant, Harold pinça les lèvres.
«-Je vais vous laisser avec votre famille, dragon noir.»
Ça n'allait sans doute pas être de joyeuses retrouvailles familiales. Néanmoins, Mérida ne partit pas tout à fait. Elle avait de la compassion pour la mère. Aussi voulut-t-elle observer la conversation afin de savoir si les liens entre eux pouvaient, non pas se rétablir, mais devenir acceptables. Cela pourrait peut-être l'aider à rendre les choses moins tendues dans le futur voyage dans lequel le groupe allait se lancer.
«-Je me suis demandé si tu étais morte. J'avais peur que Mérida soit venue jusqu'ici pour rien et qu'il n'y ait plus eu d'espoir pour Astrid. Néanmoins, cela ne veut pas dire pour autant que je suis heureux de te revoir. J'ai souvent eu envie de te tuer de mes propres mains. Mais je te suis très reconnaissant d'avoir accompli ça.»
Il caressa la tête de la dragonne bleue. Valka vit qu'il avait eu très peur qu'elle mourût. Même séparé d'Astrid à jamais, il voulait continuer à vivre à ses côtés. Son amour pour elle était plus qu'immense. Il fallait que Valka lui dît la potentielle solution pour rompre la malédiction. C'était leur unique chance.
«-C'est moi qui devrait vous être reconnaissant. Grâce à votre venue ici, je peux me racheter et vous sauver toi et Astrid parce que j'ai compris comment fonctionnent les joyaux astraux. Ce savoir permettra de briser la malédiction.
-Attention à ce que tu dis! Tu nous a trahi autrefois.
-Depuis que j'ai commis ces monstrueuses erreurs, je voulais tout faire pour les réparer. Alors, je me suis fourni mon propre joyau astral.
-Quoi?!
Enlève cette horreur de ma vue!
-Je sais que c'est dur pour toi mais c'est nécessaire.
J'ai appris que dans trois jours, Viggo allait réunir ses alliés haut-placés des alentours de Grimborn afin de faire une cérémonie en l'honneur de l'anniversaire de son règne. Son joyau astral sera au centre de la cérémonie. Si on fait en sorte que le mien et le sien soient unis ensemble, on pourra faire en sorte que toi et Astrid soyez à nouveau touchés par ces lumières qui vous ont maudites. Il faudra à ce moment-là que vous soyez sous vos formes humaines. Et après ça, la malédiction sera rompue, brisée à jamais. Vous pourrez être libres!
-Ca marcherait si on était sous nos formes humaines. Mais ça n'a aucune chance d'arriver.
-Tant qu'il y a le jour et la nuit, c'est vrai. Mais Harold, pour faire ça, il faut mettre les deux joyaux astraux face à face. A ce moment-là, nous nous retrouverons dans un jour sans nuit et une nuit sans jour. C'est à ce moment-là que vous serez sous vos formes humaines. Mais n'oublie pas ceci, pour que le procédé marche, il faut que les deux possesseurs des joyaux astraux soient vivants. Alors, tu ne dois surtout pas tuer Viggo comme tu l'envisages. Ou alors toi et Astrid serez perdus à jamais.
-Nous le sommes déjà.
-Oh! Harold, tu dois me croire. C'est votre seule chance. Fais-moi confiance.
-Autrefois, je t'ai fait confiance. Et aujourd'hui, à cause de ça, je vis un éternel cauchemar.»
Angus vint vers Mérida en poussant un léger hennissement. Mérida prit rapidement les rennes de sa monture avant de se faire remarquer.
«-Allez Angus, je sais que je t'ai laissé longtemps, mais je suis enfin venue de te chercher, non? Je crois que mon cheval a envie de partir, Harold.
-C'est aussi mon cas.
-Oh avant de partir avec la Femme de Fer, juste une chose: elle m'a demandé si mon arrivée signifiait que je pouvais vous aider à être de nouveau ensemble pour de bon. Elle doit sûrement avoir confiance en vous pour demander ça.
-La Femme de Fer?
-…
Laissez-moi juste le temps de bien préparer Angus. Il n'aime pas voyager avec des sabots trop sales.
-Haha! D'accord.
La Femme de Fer. Héhé!»
«-Valka! Valka! Je vais partir avec Harold. Je sais qu'il n'a pas envie que vous veniez avec nous mais rien ne vous empêche de nous suivre de loin. Si vous voulez, je peux vous donner de l'argent afin que vous vous trouviez un cheval.
-C'est gentil à toi. Mais ne t'inquiète pas pour ça. Regarde.
-Que…Qu'est-ce que c'est que ça?
-Je te présente Jumper. C'est un cheval reptilien. Ils sont très rares mais ils ont des capacités extraordinaires. Ils peuvent porter des charges très lourdes, peuvent passer facilement inaperçus et ont une très grande durée de vie. Voici ma charrette. J'y ai mis tout ce dont j'avais besoin.
-Un joli équipement de guérisseuse et de guerrière.
-Sans oublier les provisions et les vêtements toutes saisons. Les routes vont être très variées sur le chemin.
-Je n'en doute pas. A plus tard.
-A plus tard.
Je me demande si je devrais encore m'étonner de voir des bizarreries.»
.
«-Et si votre mère avait raison? Si la magie des joyaux astraux pouvait marcher et que vous et Astrid pouviez vous trouver ensemble devant Viggo? Vous en homme et elle en femme?
-Ne m'en parle plus jamais. C'est compris?»
I
«-Oh! Ca fait un boucan là-haut. Ca va pas tarder à tomber. Vaut mieux qu'on trouve un abri avant d'être trempés.
-Toi, Angus et Astrid, vous allez en trouver un. Moi, je reste ici.
-En pleine forêt?
-Même dans la lumière la plus sombre, je peux reconnaître le jour qui s'assombrit peu avant le coucher du soleil.
Je ne peux pas aller plus loin.
-Oh!
-La Femme de Fer aura besoin de ta compagnie pendant que le dragon noir devra rester dans un endroit où il ne fera peur à personne.»
A ces mots, Harold fit signe à la dragonne bleue de se poser sur le sol et de rester près de Mérida à qui elle donna les affaires d'Astrid. Le reptile bleu frotta son visage contre celui d'Angus. Ce qui fit sourire la jeune femme rousse qui s'en alla.
«-Dis-lui que je l'aime, dit Harold à Mérida tandis que celle-ci s'en allait»
Mérida fut très tentée de dire «Je ne suis pas une messagère!» mais en entendant la mélancolie dans la voix du jeune homme, elle préféra se taire et poursuivi sa routé avec la dragonne bleue qui allait reprendre la forme de son amie une fois le crépuscule arrivé.
Harold ne savait pas si c'était son imagination mais il avait eu l'impression d'entendre des pas. Pourtant, cette forêt n'était pas fréquentée lorsque des orages éclataient ou étaient sur le point d'éclater. Cela n'annonçait rien de bon. Il préféra se dissimuler dans un coin où on ne le verrait pas car que ce fût sous forme humaine ou de dragon, il était certain d'être menacé car si le mauvais temps n'incitait pas des gens à être dans cette forêt, c'était forcément parce qu'on le poursuivait.
.
Mérida avait trouvé une grange en face d'une auberge. Ces endroits lui manquaient. Elle aimait l'ambiance dansante et les buveries de ces endroits. Et à cause de tout ce qui lui était arrivé jusqu'à cet instant, elle n'avait pas pu réellement en profiter. Elle avait donc bien l'intention d'en jouir à nouveau une fois qu'Astrid apparaîtrait à nouveau. Certes, on disait que c'était dangereux pour deux femmes seules de se promener seules la nuit mais Mérida travestie et personne ne sachant qui elle était dans ces lieux assez isolés où Harold et elle avaient voyagés au cours de la journée, elles n'avaient rien à craindre car personne n'oserait attaquer un homme armé. A cet instant précis, il ne restait rien d'autre à faire qu'à attendre.
«-Tu as faim? Tu comprends quand je te parle, Astrid? On dirait pas. Je me demande ce que ça doit être quand vous êtes…seuls le jour et la nuit. Vous devez tous les deux avoir l'impression de parler à un mur toute la journée. Et maintenant, voilà que je sers de trou dans le mur. Plus un instant de repos. Le jour, je veille sur Harold, la nuit, je veille sur toi. Je dois admettre que même si je vous trouve sympas, j'ai vraiment l'impression que vous agissez comme s'il y avait écrit «nounou» sur mon front. C'est pas parce que Harold et moi avons des raisons de collaborer et que je t'apprécie qu'il faut trop en profiter.
Ah, il va bientôt faire nuit. J'attendrais bien dehors mais il pleut des cordes. Bon, je vais prendre l'une des couvertures et je reviens le moment venu. Prends le temps qu'il te faut, Astrid.»
.
Dans la forêt, alors que le soleil s'était couché, un jeune homme s'était préparé pour un rituel que beaucoup auraient qualifié d'étrange mais qui était quotidien pour lui. Il avait ôté toutes ses affaires encombrantes et les avaient laissés dans un arbre creux. Puis il était parti dans une direction qui n'en était pas vraiment une. Ses cheveux et son nez avaient disparus. Son teint avait noirci, une gueule avait poussé sur son visage, il était tombé à quatre pattes tandis que deux autres avaient poussés entre ses bras et ses jambes. Des oreilles avaient poussés au-dessus de sa tête et des ailes poussèrent derrière son dos. Une énorme mâchoire et des dents rétractables apparut à la place de sa bouche et ses yeux se transformèrent. Le dragon noir était apparu et avait prit son envol dans la nuit orageuse.
.
«-Astrid? Astrid? Je vais entrer. Astrid? Astrid? C'est moi Mérida.»
La Femme de Fer avait retrouvé sa santé et sa tenue qui la sied si bien. Epaulettes en métal, hache. Elle semblait être totalement redevenue elle-même. De plus, elle avait l'air souriante.
«-Cette musique. On est près d'une auberge?
-Oui. Par contre, pour y aller, va falloir se taper des cordes.
-Je suis prête à ça. Mais avant, je voudrais te parler.
-De quoi?
-Harold et Valka. Ils ont dû se parler à cause de cette fichue histoire de blessure.
-On ne peut rien te cacher. Je suppose que tu ne seras pas étonnée si je te dis que ça n'a pas été des retrouvailles très chaleureuses.
-C'est à cause d'elle qu'Harold et moi vivons comme ça. Tu ne sais pas ce que c'est de devoir…
Dis-moi, de quoi il parle quand je…quand il est un homme?
-Quand je ne savais pas encore pour vous et que je t'ai vu pour la première fois, je t'ai décrite à lui. Il a dit qu'il avait qu'il avait de te voir dans ses rêves. Maintenant que je sais ce qui vous est arrivé, je comprends ce qu'il a voulu dire par là.
-Haha! C'est tout lui, ça. Môssieur le Capitaine faisait tout pour faire bonne figure devant ses troupes mais quand la journée était finie, il n'y avait plus qu'Harold le sensible. Mais je crois qu'au fond, tout le monde savait qu'il était comme ça. Il avait toujours tellement de la compassion…
-…et le sens de la justice, c'est ça?
-Oui.»
Astrid tourna le dos. Mérida voyait bien qu'elle ne voulait pas montrer qu'elle était triste. Elle avait très envie de lui donner de l'espoir mais en même temps, elle n'était pas sûre que ce qui avait été proposé pourrait marcher. Mais si cela pouvait réellement faire que tout redeviendrait comme dans le passé pour Harold et Astrid? Si cela pouvait potentiellement les rendre heureux à nouveau?
«-Hum. Il m'a dit de ne plus en parler à lui. Mais rien ne m'empêche d'en parler à elle. Astrid, je sais que je ne devrais peut-être pas t'en parler mais je pense que tu as le droit de savoir.
-Le droit de savoir quoi?
-Ecoute. Quand Harold et Valka se sont revus, elle lui a parlé de quelque chose à propos des joyaux astraux.
-Des quoi?
-Je sais, je sais. C'est un sujet délicat pour Harold et toi. Mais il faut que tu m'écoutes. Valka a trouvé son propre joyau astral. Elle a dit que dans trois jours, Viggo allait réunir ses alliés haut-placés des alentours de Grimborn afin de faire une cérémonie en l'honneur de l'anniversaire de son règne. Son joyau astral sera au centre de la cérémonie. Si on fait en sorte que son joyau et celui de Viggo soient unis ensemble, on pourra faire en sorte que toi et Harold soyez à nouveau touchés par ces lumières qui vous ont maudites. Il faudra à ce moment-là que vous soyez sous vos formes humaines. Et après ça, la malédiction serait brisée à jamais.
-Ça marcherait si on était sous nos formes humaines. Mais ça n'a aucune chance d'arriver.
-Harold a dit la même chose à cause du jour et de la nuit qui vous séparent tout le temps. Mais en mettant les deux joyaux astraux face à face, il y aurait un jour sans nuit et une nuit sans jour. C'est à ce moment-là que tu serais en femme et lui en homme.
-L'idée est bonne sur le principe. Seulement, je ne peux pas me fier à Valka. Elle nous a trahi dans le passé et les joyaux astraux n'apportent jamais rien de bon. Mais je ne veux plus parler de ça.
Salut Angus.
Si on allait à cette auberge? J'avoue que la musique me donne de plus en plus envie de la voir de plus près.
-D'accord. De toute façon, c'est des endroits que j'adore et dans ces environs-là, personne n'a entendu mon nom ou ma description alors on ne nous poursuivra pas puisque tout le monde croira que je suis un homme.
-De toute façon, même si ça n'était pas le cas, nous avons ce qu'il faut pour nous défendre, dit Astrid en montrant sa hache et en frôlant l'arc de Mérida
-Haha!»
.
«-Alors maintenant, Harold me fait protéger? demanda Astrid alors qu'elle et Mérida se dirigeaient vers l'auberge, Pourtant, il sait bien que je n'ai pas besoin de protection. Je sais me défendre.
-Je ne pense pas que ce soit ça. Il te connait mieux que moi. Je crois qu'il pense que tu as besoin de compagnie.
-Ah. Alors, comme ça, il a peur que je me sente seule. Il devrait pourtant me connaître assez bien pour savoir que je sais bien m'adapter.
-Dixit la fille qui demande de quoi son amant parle quand elle ne peut pas l'entendre, murmura Mérida en ricanant
-Quoi?
-Rien, rien.
Bon, on arrive.»
.
«-Wow! Mais elle est jolie la blonde. C'est ta dame, petit homme? T'en as de la chance.
-Attention, elle est féroce.
-Oh, je vois. Venez, je vais vous trouvez une table, les tourtereaux.
-Heu…
Astrid, s'il te plait, ne grogne pas. Je sais que c'est dur mais là, il faut jouer le jeu ou on va avoir des ennuis.
-Bon mais c'est bien parce que c'est toi qui le demande.
-Alors, qu'est-ce que je vous sers, mes mignons?
-Je vais prendre un hydromel.
-Deux.
-Bien, je reviens tout de suite.
-C'est sympa, ici.
-Oui. Il y a longtemps que je n'étais pas longtemps allée dans des endroits avec une ambiance aussi…joyeuse.
-Astrid, ressaisis-toi. Je suis sûre qu'il aurait envie que tu profites de ce moment. Allez, souris un peu. Ah, je préfère ça.
Oh, c'est cool, cette musique. Ca donne envie de danser. Astrid, est-ce que t'aurais envie de…
-Quoi?! Mais…
-Héhé! Je suis un homme ici. Comme je l'ai dit, faut jouer le jeu. Allez, viens.
-Ouah!»
C'était un air entrainant donc une danse plutôt rapide. Plusieurs couples s'étaient mis à danser mais Mérida et Astrid étaient bel et bien les vedettes de la soirée. D'abord mal-à-l'aise, la jeune femme blonde s'était petit à petit laissé entrainer dans le tourbillon. Elles firent ainsi pendant un long moment s'amusant, riant, profitant de ce qui s'offrait à elle. Astrid n'avait pas souri depuis elle ne savait plus combien de temps.
«-J'ai vu que vous profitiez bien de la musique, dit l'aubergistes en apportant les deux verres, Alors, je me suis permis de tarder à apporter vos hydromels.
-Vous avez bien fait, dit Mérida, Merci.
-Vous êtes sûrement des voyageurs. Prenez cette bouteille. Vous allez avoir besoin de beaucoup d'hydromel. Les routes qui vont suivre vont être froides pour le reste de votre périple. La maison vous l'offre.
-Oh! Merci beaucoup, dit Mérida
-Mais de rien, ça me fait plaisir, dit l'aubergiste avant de partir servir une autre table
-Ah, Harold aurait adoré ça, dit Astrid, Quand les troupes ne travaillaient pas le lendemain ou qu'il n'y avait que des petits groupes qui se chargeaient des tâches à venir, la Garde allait dans des auberges et s'amusait jusqu'à très tard.
-Ah oui?
-Le problème, c'est qu'on y allait en groupe alors avec Harold, on avait pas vraiment de moments intimes dans ces endroits.»
Ne sachant pas quoi dire, Mérida se contenta de mettre une main sur l'épaule d'Astrid que celle-ci ne se contenta pas d'accepter mais aussi d'attraper avec sa propre main tout en tournant la tête vers elle.
.
Dans la nuit pluvieuse, deux jeunes femmes, dont une rousse travestie, sortaient d'une auberge. La danse, et surtout l'hydromel, semblaient les avoir mis bien en joie car elles titubaient plus qu'elles ne marchaient. Cependant, cela ne semblait pas les embêter.
«-Ouah! Alors ça, c'est ce que j'appelle une soirée.
-Ouais, dommage que ça tombe autant.
-Bah, on a la couverture. Ca arrange tout.
-C'est vrai. En tout cas, y a longtemps que j'm'en étais pas autant amusée.
-Moi non plus, tu sais.»
Mais alors qu'elles se rapprochaient de la grange, elles eurent l'impression de bousculer, ou plutôt d'heurter, quelque chose. Elles enlevèrent la couverture et une vision d'horreur se révéla devant elle. Un homme à cheval était accompagné de deux autres montures vêtues toutes deux de peaux de dragons. L'homme lui-même portait une peau de dragon sur son dos. Sa silhouette était massive et imposante et son sourire était tout qu'il y avait de plus malsain. Il avait deux épées et un sabre sur lui. En voyant cet homme, le premier réflexe d'Astrid fut de sortir sa hache mais Mérida, consciente qu'il était bien mieux préparé qu'elle la retint.
«-Astrid. Astrid, non.
-Astrid? Alors, vous êtes Astrid.
-Retournons dans la grange.
-Non.
-Retournons dans la grange. C'est la seule chose à faire.»
Avant qu'elle n'ait eu le temps de faire une chose irréparable, Mérida entraina Astrid avec elle. Lorsqu'elles furent entrées, la jeune femme blonde se mit en colère.
«-Pourquoi as-tu fait ça? Nous étions deux contre lui.
-Ses chevaux n'avaient pas que des peaux de dragons sur eux. Ils avaient aussi des armures à leurs tailles. Ils sont entrainés pour tuer. S'il les avait relâchés, nous serions mortes. De plus, s'il avait trois armes sur lui, il doit avoir non seulement de bonnes capacités mais aussi de très bon réflexes. Nous n'aurions eu aucune chance.
-Hahahaha! Soyez rassurés. Je n'en ai pas après vous. J'ai une autre proie qui m'attend dans la forêt. Et avec mon flair, je la trouverai facilement.
AH!»
Un galop se fit entendre. Cela fit comprendre aux deux jeunes femmes que ce monstrueux cavalier se rendait dans la forêt. Avec toutes les peaux de dragons qu'il avait, si on pouvait le dire ainsi, sur lui, il n'y aucun doute, il en avait après le grand reptile nocturne.
«-Harold. Il va tuer Harold, dit Astrid terrifiée
-Du calme. Nous aussi, nous pouvons aller dans la forêt. Et nous retrouverons Harold avant lui. Angus, je suis désolée mais il va falloir, non seulement que tu portes deux personnes, mais aussi que tu te déplaces sous la pluie. Je sais que c'est pas génial mais là, c'est une question de vie ou de mort.»
.
Dans la forêt, le tonnerre grondait. Et ce n'étaient pas les éclairs passagers qui allaient aider Mérida et Astrid à trouver le dragon noir avant ce tueur de dragons fou. La lumière laissée par les éclairs était trop brève et si un éclair frappait le sol, la forêt prendrait feu. Pour couronner le tout. Angus était terrifiée. Pensant que c'était à elle à le faire car sa monture lui faisait confiance, Mérida avait prit les rennes. Astrid avait très peur. Le temps étant trop mauvais pour voler, le dragon noir avait dû se poser. Il y avait donc trop de chances qu'il se fût attraper.
C'en fut trop pour Angus. Il hennit et cambra. Cela fit chuter les deux cavalières qui roulèrent sur le sol et furent séparées tombant chacune de côtés différents: Mérida chutant dans un ravin tout en ayant ses vêtements accrochés à une branche, Astrid restant sur le sentier de la forêt. Toutes deux sombrèrent dans l'inconscience tandis qu'Angus partit dans le sens inverse d'où il était venu afin de se remettre.
Quand Mérida reprit connaissance, elle constata rapidement l'horreur de sa situation. Accrochée à une branche d'arbre au-dessus d'une ravin. Elle ne pouvait pas faire le moindre mouvement sous peine de faire une chute mortelle. Rien ne pouvait l'aider à moins d'un…
«-Mais que vois-je là? On dirait bien que quelqu'un a besoin d'un miracle. Huhuhuhuhu!
-Qui êtes-vous?
-Je ne penses pas vraiment que tu sois en position de poser une telle question. Après tout, tu es sur le point de frôler la mort. Ou alors, ne devrais-je pas plutôt dire toucher le sol? Tu sais, je peux te sortir de là. Enfin, sauf t'as envie de t'écraser. Parce que crois-moi, des immenses flaques de sang, j'en raffole. Huhuhuhuhu!
-Heu…Honnêtement, je fais plutôt partie des gens qui n'ont pas envie de mourir.
-Oh vraiment? Dommage. Parce que j'aurais aimé voir un beau spectacle. Mais bon, je trouverai autre chose pour m'amuser. Mais bon, c'est pas de ma faute si t'es quelqu'un d'ennuyeux. Allez, attrape ça.
-Heu…merci, dit Mérida perplexe en attrapant la corde que l'homme étrange qu'elle ne voyait pas venait de lui tendre, Complètement dérangé ce type.»
Quand elle était remontée, Mérida ouvrit la bouche pour remercier l'homme qui l'avait sorti du ravin. Cependant, il l'interrompit avant même qu'elle n'ait pu dire un mot.
«-J'ai dit que je trouverai autre chose pour m'amuser. Je n'ai pas dit que je te laisserai partir. De plus, je sais très bien où tu as l'intention d'aller. Et je ne te laisserai pas faire, Mérida Dunbroch.»
Il avait dit les deux derniers mots d'un ton glacial. Son expression avait complètement changé. Il ressemblait à un homme froid et calculateur prêt à tout pour avoir ce qu'il veut. Tout comme Drago, Dagur avait aussi trouver une proie. Et il avait bien l'intention d'en faire ce qu'il voulait.
1
Astrid se réveilla. Elle était sur le sentier de la forêt. Elle appela Mérida et Angus mais constata rapidement qu'elle était seule. Il ne pleuvait plus mais le tonnerre grondait toujours. La jeune femme devait continuer à chercher le dragon noir tout en tentant de retrouver Mérida et Angus. Ne sachant pas trop ce qu'elle devait faire, elle marcha doucement la hache à la main pour être prête au combat au cas où elle surprendrait le chasseur de dragons. Soudain, elle entendit plusieurs pièges se déclencher. Des pièges à dragons. Mais c'était impossible! Ce chasseur ne pouvait quand même pas avoir attrapé autant de dragons à la fois!
Mais bien sûr qu'il ne pouvait pas. Quand les pièges à dragons se déclenchaient, aucun cri ne se faisait entendre. Oh! Il avait déclenché ses pièges lui-même pour être sûr que la peur de la jeune femme blonde l'empêchât de se concentrer sur ses recherches.
«-Tu n'es qu'un lâche, montre-toi! hurla Astrid»
1
«-Lâche-moi! hurla Mérida en se dégageant des bras de Dagur
-Oh non! Drago se fait plaisir ce soir alors moi aussi, je me fais plaisir.
-Drago? L'homme avec les peaux de dragons?
-Oui. Et il va jouer avec Astrid. Astrid. Vous êtes à nous.
-Non! Lâche-moi!
-Jamais!»
Dagur s'empara de l'arc et des flèches de Mérida et les lança sur le sol avant qu'elle n'ait eu le temps de faire le moindre geste. Il se jeta sur elle et commença à ôter son haut.
«-Hihihihihi! On va bien s'amuser.»
A ce moment-là, une image revint dans l'esprit de Mérida. L'image d'une brute qui avait d'horribles plaisirs tel celui de la chair féminine qu'il profanait sans demander l'avis des partenaires qu'il choisissait. Elle se souvint de sa propre chair qui avait été également profané par ce monstre après qu'il l'ait sorti de sa cellule. Elle se souvint également qu'il l'avait poursuivi et complimenté sur sa beauté d'une manière malsaine. Et à cet instant, cet homme, il allait également la profaner. La profaner? Non, pas une autre fois. Elle se rendait à Grimborn pour punir celui qui l'avait souillé, pas pour laisser un autre homme lui infliger une autre monstrueuse marque dans le corps. Pris d'une force mentale soudaine, elle mordit le nez de cet horrible jusqu'au sang qui hurla. Sa garde baissée, Mérida se libéra le bras, s'empara de son arc et de ses flèches dont l'une avec laquelle elle lui creva un œil. Dagur tenta bien de l'empêcha de s'en aller mais ses forces trop réduites, Mérida parvint à se dégager entièrement. Seulement, Dagur s'accrocha à ses vêtements, ce qui ne lui laissa pas le choix.
«-Non! s'exclama Mérida»
A ces mots, elle décocha une flèche et lui tira dans le front.
Quand elle fut sûre que Dagur fut mort, elle respira bruyamment. Elle avait réussi à l'empêcher de profaner son corps. Cette fois-ci, elle y était parvenue. Cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose.
«-J'y arriverai, murmura-t-elle pour elle-même»
Soudain, un éclair se fit entendre. Un éclair. L'expédition en forêt, les peaux…La chasse aux dragons!
«-Astrid!»
1
Un cri se fit entendre. Cela ressemblait à un cri animal. Un cri animal! Et si le dragon noir…Non, ça ne ressemblait pas à son cri. Cela n'empêcha pas Drago d'aller voir. En effet, étant donné qu'il n'avait jamais entendu le cri du dragon noir, il ne pouvait pas savoir s'il avait attrapé sa proie ou pas. Une forme noire attrapée dans un filet lui fit penser qu'il avait réussi mais à sa grande déception, tout ce qu'il trouva était un loup.
«-Le dragon noir n'est sûrement pas loin. Si Astrid le cherche, il doit être dans les parages.
-Non mais moi, je suis là.
-Oh!»
Astrid avait réussi à mettre la main sur Drago et le menaçait avec sa hache. Cela incita ce dernier à se relever. Malgré la menace qui pesait sur lui, il ne semblait pas effrayé. Au contraire, il fixait Astrid avec tout le calme dont il était capable.
«-Vous savez madame, j'ai pour ordre de ne pas vous faire de mal. Néanmoins, si vous vous montrez trop nuisible, je serai obligé de vous trainer sur mes chevaux avec mes peaux de dragons. Alors, vous feriez mieux de vous montrer docile.
-Pas envers ceux qui osent s'en prendre au dragon noir.
-Dans ce cas, vous ne me laissez pas le choix.
AH!»
A ces mots, Drago se rua sur Astrid avec ses deux épées. Le bœuf croisa ses deux armes sur la hache d'Astrid et parvint à la désarmer. Il la souleva de terre et la jeta sur le sol. Astrid avait la tête qui tournait mais elle fit de son mieux pour la garder sur ses épaules. Alors que Drago tenta à nouveau de s'emparer d'elle, elle fut assez agile pour l'éviter et chercher sa hache des yeux. Elle la retrouva enfin. Elle était hors de vue de Drago et hurlait.
«-AH! AH! J'ai horreur des lâches qui se cachent. Où êtes-vous sorcière?»
Voyant qu'il ne faisait pas attention, Astrid s'empara de son sabre. Puis, elle vint devant lui. Lorsque Drago fut face à elle, son premier réflexe fut de regarder si son sabre avait bien disparu. Cette erreur fut monumentale car Astrid le lança dans son épaule.
«-OH! Démone!
Oh!»
Un immense reptile noir venait d'apparaître alors que la jeune femme blonde et le bœuf combattaient. Lorsqu'il fut face à cette vision, Drago jubila.
«-Le dragon noir! hurla-t-il avec un immense sourire sur ses lèvres, AH!»
Il tenta de se jeter sur lui mais sa blessure à l'épaule était trop grave et, voyant ce sauvage s'apprêtant à bondir sur lui, le dragon noir répliqua et le plaqua sur le sol avant que l'autre n'ait pu le faire lui-même. Profitant de cette occasion, Astrid enfonça sa hache dans le ventre de ce fou monstrueux tandis que le dragon noir mordit ses cheveux et son crâne.
Mérida courrait. Elle avait entendu des cris et les suivait. Elle était certaine d'avoir reconnu le hurlement du dragon noir et était très inquiète. Lorsque les sons devinrent plus distincts, elle vit enfin des silhouettes. Astrid enfonçait sa hache dans le ventre du chasseur fou qu'elles avaient croisées tandis que le dragon noir mordait ses cheveux et son crâne. Alors, Astrid l'avait retrouvé avant lui. Quel soulagement! Le chasseur de dragons. Il ne bougeait plus. Alors il était mort? Il ne devait y avoir aucun doute. Mérida se rapprocha. Astrid avait l'air rassuré de la voir en vie. Mais en même temps, elle semblait secouée. Il n'y avait rien d'étonnant, la nuit était éprouvante.
Un hennissement se fit entendre. Angus! Il les avait retrouvées. Mérida le fixa d'un air sévère. Peur ou pas, il n'avait pas à s'en aller comme il l'avait fait. Il les avait tous mis en grand danger non seulement à cause des deux hommes monstrueux et dangereux qui étaient venus dans les parages mais également lui-même à cause des pièges qui avaient été déposés partout. Les pièges? Le loup noir. Il était toujours coincé! D'une certaine façon, il avait sauvé la vie du dragon noir. Il serait donc normal de l'aider. Mais comment le libérer en étant sûr qu'il ne ferait de mal à personne? Il n'y avait qu'une solution. Le dragon noir déposa Mérida et Astrid dans un arbre. Quand cela fut fait, il libéra le dragon noir. Ce dernier fixa l'immense reptile qui venait de le libérer. Puis, il tourna les pattes et s'en alla. En voyant ça, Mérida se rappela des mots de Valka «chacun n'a pas le moindre souvenir de la vie humaine de l'autre une fois que l'un est humain et l'autre animal.»
«-Peut-être mais est-ce que ça veut dire qu'ils n'ont plus de conscience pour autant?»
