Sanji soupira à se fendre l'âme en entendant son capitaine hurler sur le pont. C'était le signal. Une nouvelle île était donc en vue. Des cris d'excitation retentirent, en écho à ceux du capitaine. Le cuisinier mis sa dernière création, une tarte aux pêches marinées, au réfrigérateur. Il repensa à ce que lui avait dit Nami lors de leur dernière escale. Cette nouvelle île était inhabitée car très petite, mais très appréciable par le climat tropical et chaud qui y régnait. Plages de sable fin, jungle dense et de multiples petites criques d'eau douce d'une rivière qui se jetait dans la mer, créant des piscines naturelles. Elle l'avait également prévenu que le log pose était étrangement long à se recharger pour une si petite île. 3 jours. Sanji avait donc préparé à l'avance tout ce que le capitaine pourrait décréter comme repas durant ces trois jours : leurs journées plages se soldaient le plus souvent par des sandwichs le midi et un énorme barbecue sur la plage le soir. Ayant donc préparé la viande, les brochettes et autres marinades, ainsi que les en-cas à l'avance, le programme était donc à la détente. Il termina de ranger sa cuisine avant de la quitter, pour retrouver tout le monde sur le pont.
En poussant la porte, il se retrouva assaillit par la chaleur de l'extérieur. Le soleil frappait fort en ce début d'après-midi. Luffy n'avait cessé d'hurler son allégresse que pour revêtir son maillot de bain tricolore à motif requins, et portait déjà son masque de plongée sur le haut de son crâne, avec une énorme bouée autour de la taille. Penché sur le bastingage, le capitaine braillait à propos de l'île face à eux, sans même entendre les avertissements de la navigatrice sur le fait qu'il se penchait beaucoup trop et qu'il allait tomber à l'eau. A ses côtés, Chopper et Usopp partageaient l'enthousiasme du capitaine. Le petit médecin portait une combinaison de plongée avec une capuche représentant la tête d'un pingouin, et des brassards rouges sur les bras, tandis qu'Usopp portait de grosses lunettes de soleils à verres fumés oranges et un short de bain vert, tandis que ses cheveux crépus étaient ramenés sur sa tête en une espèce de chignon. Le trio chantait à cœur joie une des chansons de Luffy à propos d'une île en vue, et bientôt Brook vint les rejoindre, jouant frénétiquement de sa guitare pour les accompagner. Le squelette quant à lui portait une chemise à fleurs jaunes et un short assorti. Levant le nez, Sanji put apercevoir Franky à la barre, dans son plus simple slip de bain, se trémoussant sous les ordres de la navigatrice qui lui indiquait la crique dans laquelle ils allaient jeter l'ancre. En parlant de navigatrice, Sanji se mit à tournoyer de plaisir, en voyant ses deux déesses discuter sur la nouvelle île. Enfin, surtout en voyant leurs tenues estivales. Nami portait un maillot de bain couleur rose pêche et un paréo bleu ciel autour des hanches, tandis que Robin portait un haut de maillot de bain rouge, avec un short en jean et un chapeau de cowboy en paille.
La navigatrice sourit à Sanji en le voyant, interrompant sa discussion avec Robin. Ces derniers jours, Sanji n'était pas bien bavard, et elle avait peur que ce dernier soit un peu déprimé... Mais il semblait de nouveau fidèle à lui-même. La rousse le salua et ils discutèrent calmement, une fois les tourbillons de cœurs du cuisinier terminés. Elle profita qu'il complimentait Robin sur sa tenue pour lever les yeux vers le pont supérieur, où roupillait bien sagement un certain épéiste... Ce dernier portait un t-shirt blanc dont le bas était déchiré et un jean délavé. Il était pieds nus et dormait assis appuyé contre le bastingage. Qu'est-ce que cet idiot avait pu faire comme bêtise, encore ? La dernière fois qu'elle avait vu Sanji aussi bouleversé, c'était lors de son combat avec Luffy sur Whole Cake Island. Mais si elle avait blâmé le cuisinier à ce moment-là, cette fois ci elle savait que la faute revenait à Zoro.
Quelques jours auparavant, lors de leur soirée où ils avaient célébré leur victoire sur les pirates qui terrorisaient l'île précédente, elle avait vu revenir à bord le cuisinier complètement paniqué, chemise débraillée et cheveux décoiffés, le visage rouge de colère et un air visiblement blessé. Il n'avait même pas répondu à ses questions et s'était directement enfermé dans sa cuisine. Les quelques jours de voyages qui avaient suivis avaient été étrangement silencieux, Sanji avait passé son temps à cuisiner comme si sa vie en dépendait. Encore plus que d'habitude. Elle reporta son regard sur le blond, qui semblait ne garder aucune trace de l'évènement en mémoire. Elle l'avait questionné à ce propos, mais il s'était contenté de lui répondre qu'il avait juste trop bu. Elle n'en était pas convaincue... Quelque chose s'était passé ce soir-là entre Zoro et Sanji. Elle en était sure. Il leva les yeux vers elle alors qu'elle était plongée dans ses pensées, et elle lui servit son plus beau sourire pour faire diversion. Elle avait envie d'en parler à Luffy, mais quelque chose lui disait qu'il valait mieux laisser ces deux-là régler leurs affaires. Mais si Zoro venait à blesser Sanji, elle serait impitoyable.
« Sanji-kun, tu devrais aller te changer, on va pas tarder à accoster ! » dit-elle, avec un sourire doux.
Le blond lui répondit par un sourire étonné. Elle était rarement aussi prévenante avec lui, mais la surprise laisse vite place à l'adoration qu'il lui portait habituellement. Et c'est en la couvrant de compliments qu'il disparut dans le dortoir des garçons pour aller se changer.
Quelques heures plus tard, alors que les garçons avaient décidé d'entreprendre de faire de la plongée, histoire de trouver des coquillages ou des crustacés dans les récifs colorés bordant l'île, Sanji s'assurait que les deux jeunes femmes avaient tout ce qu'il leur fallait avant de partir. Chopper et Usopp avaient découvert en longeant la plage que les criques regorgeant de piscines naturelles dans les rochers débordaient directement dans la mer, mélangeant eau salée et eau douce. Usopp avait affirmé qu'il devait donc y avoir plus d'espèces différentes de crustacés à cet endroit, et ils étaient partis en expédition, laissant les filles sur la plage. Finalement, ils s'étaient séparés en deux groupes, Usopp, Luffy, Brook et Franky se chargeraient de la côte, tandis que Sanji et Chopper remonteraient les rochers vers le haut de l'île.
Finalement, après plusieurs heures de recherche et de captures fructueuses, une partie des garçons était retournée sur le Sunny, pour déposer dans l'aquarium leur jolies trouvailles. Sanji, Usopp et Chopper quant à eux avaient décidés de profiter des piscines naturelles pour s'y baigner. Le blond s'était donc débarrassé de sa chemise pour aller se baigner, alors que Chopper profitait de pouvoir y nager, l'eau étant en partie de l'eau douce, jouant avec Usopp.
En passant derrière un rocher qui formait une petite cascade, Sanji pu découvrir une grotte de taille moyenne, avec un énorme trou dans le plafond, qui laissait filtrer le soleil, mais aussi une autre cascade beaucoup plus grande. Le fond de l'eau était sombre, mais l'eau était claire grâce à la roche volcanique. La beauté du lieu était à couper le souffle, mais c'est ce que Sanji y découvrit qui le troubla le plus. Sous la cascade, assis en tailleur sous un rocher, se trouvait cet imbécile de Zoro, méditant. Qu'est-ce que... ? Sanji ne voulait même pas savoir comment ce foutu marimo était arrivé là. Mais il était incapable de détourner le regard. Il y avait un certain mysticisme dans ce genre de vue. S'asseyant au bord de l'eau, le pieds battants l'eau claire, le cuisinier ramena ses cheveux blonds sur son crâne, repoussant le tout en dehors de son champ de vision. Zoro ne semblait pas avoir remarqué sa présence, concentré dans sa méditation. Il tenait sa position, l'eau chutant avec une certaine pression sur sa tête et ses épaules.
Le cuisinier laissa s'échapper un autre soupir. Ce foutu sabreur allait finir par le rendre fou. Depuis qu'ils avaient réembarqué sur le Sunny, ils ne s'étaient plus adressé la parole. A vrai dire, Sanji l'avait évité comme la peste et Zoro n'avait pas cherché à venir lui expliquer le pourquoi du comment. Ce qui s'était passé dans cette ruelle... Restait un mystère pour le blond. Après l'avoir accusé d'être un lâche... Sanji s'était enfui. Il avait été tellement perturbé par ce geste qu'il avait paniqué, et fui vers le Sunny. Mais maintenant qu'il y repensait... Ce n'était pas le geste de Zoro qui l'avait perturbé. Mais le fait qu'il avait lui-même était réceptif et répondu à son baiser. Sentant son visage chauffer, Sanji se laissa glisser dans l'eau fraiche, jusqu'à s'immerger complètement, se laissant couler au fond de l'eau.
Comment avaient-ils pu en arriver là ? Il n'y avait pas si longtemps, ils étaient rivaux, et leurs rixes rythmaient leur quotidien. Ils s'insultaient, ne pouvaient pas s'encadrer l'un l'autre. Et puis il avait eu toutes ces péripéties, son mariage raté, Wa no kuni, leurs retrouvailles. Qu'est ce qui avait changé ? Trop de questions se bousculaient dans son esprit. Il laissa la fraicheur de l'eau se saisir de lui, et ferma les yeux, appréciant le silence qui régnait en maitre sous l'eau, uniquement perturbé par les battements rapides de son cœur. Est-ce qu'il pensait que Zoro était réellement un lâche ? Bien sûr que non. Il était justement l'un des idiots les plus téméraires de l'univers. Mais son comportement à son égard, et même sur le champ de bataille ces derniers laissaient deviner un trouble. Cette hésitation, c'était inhabituel. Lui qui n'avait qu'une volonté de fer à atteindre son but... Et pourquoi son changement de comportement le perturbait plus que le fait qu'il l'aie embrassé ? Sanji était réellement perdu. Bien sûr, l'alcool qu'ils avaient ingurgités ce soir-là y était pour quelque chose. Jamais Zoro n'aurait jamais fait une telle chose sinon... Ou peut-être que si... ?
Sanji fut brusquement sortit de ses pensées par une main qui lui attrapa le bras pour le sortir de l'eau, et l'inspiration qu'il pris lui fit prendre conscience qu'il ne respirait plus depuis un moment. Il découvrit Zoro, qui avait l'air visiblement furieux.
« Mais qu'est-ce que tu fous, bordel ?! » hurla l'épéiste.
Sanji le regarda un instant, sans comprendre. Voyant que le cuistot ne répondait pas, Zoro continua.
« Ça fait dix minutes que t'es sous l'eau, tu cherches à te suicider, stupide cook ?! T'as oublié qu'il fallait respirer pour rester en vie ?! »
Sanji lui lança un regard surpris. Dix minutes ? Tant que ça. C'était bien possible. Il n'avait même pas remarqué que Zoro le surveillait depuis un moment, même depuis là où il était, en pleine méditation. Et voilà que Sanji se retrouvait confronté à un regard émeraude furieux mais inquiet. Pourquoi inquiet ? Son pouls s'emballa brusquement, et il sentit le sang battre dans ses tempes. Il baissa les yeux sur son bras, toujours dans l'emprise de la poigne de Zoro. Il se dégagea violemment, faisant deux pas en arrière. Il devait absolument sortir de là.
« Qu'est-ce que ça peut te foutre, marimo ? Moi aussi je méditais ! » dit-il, un ton encore au-dessus, comme un reproche.
« ... » Zoro le regarda, surpris par ce ton.
Sanji compris avec horreur qu'une fois de plus ses pensées avaient dépassé son verbe. Et qu'il n'était plus capable de s'arrêter. Ce qu'il avait sur le cœur commençait à être beaucoup trop lourd.
« Fout moi la paix, kuso-marimo ! Tu m'insupporte avec ta tronche de salade ! J'en peut plus de tes conneries ! D-De toute manière tu n'en fais qu'a ta tête ! Qu'est-ce que ça peut te foutre, hein ?! Que je m'en aille, ou même que je me noie ?! Qu'est-ce que ça peut te foutre que je me marie, bon sang ?! » hurla -t-il, à bout de nerfs, tremblant.
Le bretteur passa une main sur son visage, ramenant ses cheveux détrempés en arrière. Aie. Il avait touché juste. A vrai dire, Sanji touchait toujours juste. Cet idiot de cuisinier était incroyablement intelligent quand il s'y mettait, alors pourquoi là il refusait de comprendre ? C'était pourtant très clair. Zoro ne savais plus comment se sortir de cette spirale d'animosité entre eux, celle qui s'était installée depuis le début entre eux, alors que Zoro l'avait toujours identifié autrement, il n'avait jamais su comment en sortir. Mais aujourd'hui il n'arrivait plus à s'en contenter, car ça le perturbait. Le danger frappait tellement souvent à leur porte que s'il n'agissait pas maintenant, il n'en aurait peut-être plus jamais l'occasion. Et rester dans cet état de frustration l'empêchait de se concentrer.
Voyant l'hésitation chez le bretteur, Sanji fit un nouveau pas en arrière, bien décidé à se sortir de cette situation qui était sur le point de déraper, mais Zoro ne fut pas de cet avis. Hors de question de le laisser fuir une deuxième fois. Il lui attrapa le bras à nouveau mais Sanji se dégagea immédiatement, lui lança un regard d'avertissement.
« Ne me touche pas. » lança-t-il, froidement.
Le regard de Sanji fut sans appel. Mais Zoro avait pris sa décision, il l'attrapa a nouveau et le poussa contre la paroi rocheuse. Vexé, Sanji leva la jambe, cherchant à lui envoyer un coup bien sentit dans les côtes, mais l'épéiste profita de ce geste pour lui attraper la cuisse et le tirer vers lui, le coinçant contre lui. Front contre front, et Sanji étant plaqué contre la paroi par le torse nu et puissant du bretteur, il ne put que s'immobiliser, soudainement troublé par l'ambiguïté de leur position.
« Lâche moi tout de suite, bretteur du dimanche ! » cria-t-il, alors que Zoro changeait d'expression, resserrant sa prise sur sa cuisse, écrasant ses hanches contre les siennes.
« Pas question. Tu vas m'écouter, maintenant, Cook. » souffla Zoro, à demi-mots.
Le ton du bretteur fit frissonner le cuisinier. Depuis quand avait-il ne voix si grave et profonde ? Essoufflé par leurs cris, le torse de Sanji se soulevait rapidement, et le bruit de la cascade n'arrivait pas à couvrir celui de son cœur battant dans sa poitrine. L'avoir si près de lui déclenchait des sensations qu'il aurait voulu pouvoir ignorer mais... Le bretteur aux cheveux verts avait lui aussi du mal à garder son calme, dans cette position. Il le sentait monter en lui, cette impatience, cette sensation qu'il allait perdre le contrôle. Son regard plongé dans celui du cuisinier, il ne pouvait s'empêcher de se remémorer les sensations du baiser qu'ils avaient échangés la dernière fois. Le gout de ses lèvres, la chaleur enfiévrée de sa langue contre la sienne, et ses mains agrippant ses cheveux avec fougue... Il voulait le toucher. Il voulait le posséder. Tout était clair dans sa tête. Il le désirait plus que tout à cet instant précis. Tous les muscles de son corps se tendaient vers lui.
« Tu as trois secondes pour me lâcher, Zoro, sinon... »
La voix de Sanji ressemblait plus à une supplication qu'a un ordre, et c'est ce qui fit basculer le bretteur. Il s'empara de sa bouche, écrasant ses lèvres sur les siennes. Passant sa main sous sa cuisse, il remonta vers sa fesse pour l'attraper a pleine main, passant sous son maillot de bain, et le plaquer de nouveau contre lui, laissant ses hanches heurter les siennes, alors que son autre main passait dans ses cheveux blonds pour tirer dessus. Sanji lui répondit par un gémissement surpris, mais Zoro ne le laissa pas le repousser cette fois ci. Complètement submergé, Sanji se laissa emporter par le tourbillon de désir qu'était Zoro à ce moment-là. Entrouvrant les lèvres, le bretteur ne perdit pas une seconde de plus pour forcer l'entrée et passer sa langue sur la sienne, entamant un ballet brulant et sensuel qui fit gémir le cuisinier de nouveau. Finalement à bout de souffle, Zoro recula légèrement, et leva les yeux sur un Sanji pantelant, le regard voilé par une luxure obscène, la bouche gonflée par le baiser qu'ils venaient d'échanger. Zoro n'était pas en reste, déjà très excité par le tableau. Il s'attaqua à la nuque du cuisinier, y déposant un baiser torride, passant sa langue dessus, jusqu'à remonter à son oreille.
« Tu comprends pourquoi je ne veux pas que tu te marie, maintenant ? » lui souffla-t-il à l'oreille, la voix voilée par un désir non dissimulé, un sourire mutin aux lèvres.
L'expression surprise de Sanji le trahissait. Il comprenait maintenant. Enfin, il avait compris la première fois, mais Zoro lui confirmait maintenant. Il avait voulu l'ignorer mais c'était devenu parfaitement impossible. Le bretteur s'attaqua à l'un de ses boutons de chair, le mordant, et Sanji ne put répondre que par un couinement, se tendant brusquement. Son souffle s'accéléra, alors que la main de Zoro délaissait ses cheveux pour caresser lentement son torse, descendant, le faisant frissonner de tout son être, pour disparaitre sous l'eau et s'attaquer à son entre jambe, le caressant sans ménagement. Sanji sursauta, et se mordit la lèvre, sensible, et Zoro ne put retenir un grognement en découvrant l'état dans lequel était le cuisinier.
« Saaaanjiiiii ? T'es où ? Luffy réclame son repas ! » cria la voix du petit docteur, faisant sursauter les deux jeunes hommes.
Sanji sursauta et repoussa violemment Zoro, qui perdit l'équilibre et tomba dans l'eau, le cuisinier en profita alors pour s'échapper à toutes jambes. Mais une fois sortit de la grotte, il se rendit compte que Zoro lui courrait après, furieux, et se mit à hurler de terreur. Ils passèrent devant un Chopper et un Usopp étonnés, qui revenaient avec quelques nouveaux coquillages.
« Ils sont vraiment pleins d'énergie, ces deux-là. » lança Usopp au docteur.
« Tu penses qu'ils se sont réconciliés ? » demanda Chopper, un peu inquiet. Le tireur d'élite lui répondit avec un haussement d'épaules.
« Laisse-moi tranquille Marimo-pervers ! » hurla-t-il, horrifié, en redoublant la cadence.
Mais Zoro est un homme obstiné, et il parvint à le rattraper une belle centaine de mètre plus loin, malgré la vitesse à laquelle Sanji courrait. Comme si sa vie en dépendait, en fait.
« Arrête toi bon sang, sourcil en vrille de malheur ! »
« Jamais ! » hurla le blond, comme s'il avait toute l'île des Okama à ses trousses.
Finalement, alors que le Sunny se profilait à l'horizon, Zoro parvint à le rattraper. Il l'attrapa par le poignet et pila net dans le sable. Vu sa force physique, le cuisinier ne put que s'arrêter, complètement essoufflé d'avoir piqué un sprint sur quelques centaines de mètres. Il allait se remettre à courir quand le bretteur l'interrompit.
« Tu vas me laisser m'expliquer, au lieu de t'enfuir comme ça ?! Tu m'as traité de lâche mais c'est toi qui t'enfuit à chaque fois ! » hurla Zoro, hors de lui.
« OKAY ! Arrête de hurler bon sang, toute l'île est au courant ! » hurla Sanji à son tour, lui tenant tête.
« Si t'arrêtait de t'enfuir aussi ! »
« Ce soir. On discutera ce soir. Mais t'as intérêt à garder tes sales pattes loin de moi ! » céda Sanji, s'étonnant lui-même. Il était rare que Zoro veuille s'expliquer. Alors il n'allait pas rater ça. Il avait besoin de mettre tout ça au clair. Ils avaient besoin de mettre tout ça au clair.
« ... Deal. » souffla le bretteur, avec un sourire flottant sur le visage, toujours aussi hors d'haleine, alors que le cuisinier n'attendait même pas la réponse pour s'éloigner de nouveau comme un dératé.
A suivre...
