TU PEUX TOI AUSSI COMMANDER TA FICTION

Oui tu peux toi aussi commander une fiction en te rendant sur notre histoire "Commandes de fictions" ou sur notre forum, et review le mois en cours !

Hé ! Bien le bonjour (ou le bonsoir) à toi qui arrive sur cette histoire ! En ce mois de février, le comptoir a demandé à ses auteurs membres s'ils voulaient proposer des petits écrits sur le thème de l'amour !

Petit mot de l'auteur (Angelica R) : Contes des royaumes est une trilogie de romans réécrivant les contes de fée et elle appartient à Sarah Pinborough.

Continuité : Se déroule après Charme (le tome 2), donc spoiler sur le couple évoqué, qui est canon et révélé à la fin du livre. Et les deux personnages ont à peu près le même age (trois/quatre ans de différence environ). Femslash et fluff.

Résumé : "Elle a perdu sa couronne, son royaume, son titre, et tout le pays la hait. Elle s'en fiche. Tant que Blanche-Neige est avec elle, tout va bien." Lilith/Blanche-Neige.

J'abandonnerais tout pour toi.

Ce que Lilith n'avait jamais dit au Chasseur, c'est qu'elle avait abandonné un grand nombre de choses pour sauver Blanche-Neige.

Si elle l'avait fait, ce dernier lui aurait sûrement rit au nez, et il n'aurait pas eu complètement tort.

Elle était la Méchante Reine après tout, ça voulait tout dire, et selon tout les scénarios possibles et imaginables, elle aurait dû vouloir tuer la jolie princesse.

Mais elle et le Chasseur savaient tout deux que sa haine contre la princesse n'avait toujours été qu'une façade.

Ce que le Chasseur ne savait pas, c'est que la reine n'en était désormais plus une.

Qu'elle avait eu le choix après la mort du roi, entre rester la reine haïe de tous, ou partir sauver la princesse qu'elle aimait tant, et qui était maudite par sa faute.

Le choix n'avait pas été le moins du monde difficile à faire.

En partant du château, elle avait renoncé à la couronne, sans un regard en arrière.

Elle a perdu sa couronne, son royaume, son titre, et tout le pays la hait.

Elle s'en fiche.

Tant que Blanche-Neige est avec elle, tout va bien.

§§§§

Un jour, Blanche-Neige lui demande pourquoi.

« Pourquoi j'ai voulu te tuer ?

- Non. Pourquoi as-tu accepté d'abandonner le trône ?

Lilith se mit à sourire.

Ce que Blanche-Neige ne savait pas, c'est que pour elle, devenir reine avait seulement voulu dire ne plus être libre.

- Je suis une sorcière, répondit la blonde jeune femme. Je suis la Méchante Reine, et tout le monde me hait, et c'est normal, j'ai tout fait pour, j'ai tout fait pour être crainte, puisque je ne pouvais pas être aimée.

Je croyais encore que la peur était le vrai pouvoir, que ma seule chance d'être respectée était en montrant à tout le monde que j'étais plus forte qu'eux. Comment veux-tu que je puisse régner dans de telles conditions ?

- Mais tu as changé ! S'exclama la princesse aux cheveux noirs avec candeur et sincérité. Et si moi je peux le voir, je suis sure que les autres aussi. »

Certes oui, mais Lilith ne pouvait pas oublier tout les regards froids, glacés et emplis de désapprobation de ses sujets, et cela, avant même qu'elle ne commence à devenir mauvaise.

Jamais elle n'avait su remplacer l'ancienne reine dans le cœur des habitants du château.

« Tu as toujours été beaucoup trop indulgente envers les gens, lui dit-elle avec tendresse, même ceux qui ont pu te faire de mal.

Naïve, Blanche-Neige l'était définitivement, mais cela ne voulait pas dire qu'elle était cruche pour autant.

Elle savait deviner la véritable nature des gens (le prince « charmant », qu'on pouvait surnommer plus justement le prince « inutile » ou plus sobrement, le prince « connard », étant une douloureuse exception), et dans son cœur, elle avait toujours su que sa belle-mère n'était pas un monstre.

- Je t'aime. Et je te fais confiance. Je sais que tu ne me feras plus jamais de mal.

Le cœur de Lilith rata un battement face à cette foi aveugle que la noble mettait en elle, une confiance qu'elle ne méritait pas, et elle passa avec tendresse sa main sur la joue de la jolie princesse.

Elle tenta d'éloigner de son esprit le souvenir de Blanche-Neige, allongée sur le sol, la respiration arrêtée, la pomme empoisonnée enserrée dans sa main, semblant comme morte.

Avait-il fallu que la jeune femme soit en danger de mort, qu'elle meurt littéralement pendant quelques semaines, qu'elle soit réveillée par le prince puis empoisonnée de nouveau et enlevée par lui, pour qu'elle réalise enfin que ce qu'elle prenait pour de la haine n'en avait jamais été...

- Tout le monde n'est pas comme toi Blanche... Et quant bien même, je ne voudrais pas y retourner. Je n'ai jamais voulu être reine, ce n'était pas pour moi. Ce serait plutôt à moi de te demander pourquoi tu as renoncé au trône, alors que tu avais parfaitement le droit de le réclamer. »

Le royaume de la princesse savait désormais parfaitement que celle-ci était en vie, et qu'elle allait bien, et l'abdication de Blanche-Neige, en faveur d'un lointain cousin qui avait été préparé à régner un jour, avait surpris tout le monde, Lilith y compris.

Un air terriblement sérieux prit alors place sur le visage de Blanche-Neige.

Lilith s'attendait à ce qu'elle lui dise que devenir reine, pour elle, ça aurait été ne plus être libre.

Elle ne s'attendait pas à ce qu'elle dise autre chose.

« Si j'étais devenue reine, j'aurais dû me marier un jour avec un homme, pour assurer la descendance. Et même si j'avais pu y échapper en désignant quelqu'un d'autre pour me succéder un jour, je n'aurais pas pu t'épouser. Pas ici en tout cas, pas en étant la dirigeante d'un royaume puissant, de ce royaume.

J'aurais pu faire de toi mon amante, mais je refuse de cacher au monde que je t'aime, que tu m'aimes et que je suis heureuse avec toi. Il est hors de question que je sois à ce point-là hypocrite. Jamais je ne cacherais qui je suis, et devenir reine me l'empêcherait. »

L'ancienne méchante reine eut l'impression que son cœur était en train d'exploser de bonheur.

Elle reconnaissait bien là sa Blanche-Neige, si sincère, si vraie, sans concessions, si elle-même, si... entière.

Tellement forte.

Puis, une partie de sa phrase la frappa soudainement.

« Attends... tu comptes m'épouser ? Demanda-t-elle, tremblante.

Le sourire rayonnant de Blanche-Neige la transperça.

- Évidemment ! Je voulais te le demander plus tard, quand on aurait fini par rejoindre un pays où il est possible de le faire, et te le demander dans les formes, au bon moment, un genou à terre, pour faire comme tout le monde (tu ne fais jamais les choses comme tout le monde Blanche, se retint de s'exclamer Lilith en riant), mais apparemment, ça ne va pas être possible.

Lilith sentit son sourire s'étirer au point de manquer lui faire mal, tant il était grand.

Elle réalisa avec émotion que c'était la première fois qu'elle était heureuse qu'on la demande en mariage.

(Peut-être était-ce dû à tout l'amour qu'elle voyait se refléter dans les yeux de l'ancienne princesse.)

Elles avaient été belle-mère et belle-fille, elles étaient deux femmes, elles étaient nobles, dans de nombreux royaumes, leur projet aurait été perçu comme étant immoral.

Mais Lilith, tout comme Blanche-Neige, se moquait bien de la morale, tout ce qui l'importait, c'est qu'elles s'aimaient, et qu'elles étaient heureuses ensemble.

Et ça lui faisait chaud au cœur de constater que la princesse n'était pas prête à brader leur bonheur pour se conformer aux convenances (mais qu'aurait-elle pu attendre d'autre de sa part ?)

- Je t'aime, se contenta-t-elle de répondre. »

Les joues rouges et le sourire timide, Blanche-Neige se rapprocha encore plus d'elle.

« Est-ce que ça veut dire oui ? Je connais un endroit où ça nous serait permis, où notre amour ne serait pas interdit, et où il serait reconnu et accepté. »

Lilith posa son regard sur elle, sur cette princesse qu'elle avait autrefois voulu tuer parce qu'elle ne pouvait pas se permettre de l'aimer, cette princesse aux cheveux noirs, aux yeux violets, à la bouche rouge, si belle, si douce, si forte, si généreuse.

Comme aurait-elle pu ne pas l'aimer ?

Elle prit le visage de son aimée entre ses mains, et lui offrit un sourire ému, sentant qu'elle aurait presque pu se mettre à pleurer de joie.

- Oui, Blanche... Bien sûr que je veux t'épouser. »

Lorsque Blanche-Neige, ravie, se jeta sur elle pour l'embrasser, Lilith réalisa qu'elle était réellement heureuse.

Et elle comprit également qu'elle avait eu raison d'abandonner sa position de reine.

Blanche-Neige en valait largement la peine.