CHAPITRE 5

L'après-midi était passé assez rapidement et le soleil commençait à ce coucher en offrant ses plus belles couleurs. Rain avait préparé des vivres pour 2 jours, il disait que normalement nous y arriverions en un peu plus d'un jour, mais qu'il valait mieux prévoir trop que pas assez.
J'avais passé l'après-midi à aider au relais, je m'étais occupés des chevaux que nous allions emmener, Rain monterais une magnifique jument pie nommée Alta, ses tâches étaient principalement baie et sa crinière noire. Pour ma part, j'allais monter un hongre gris foncé nommé Orbital, il avait l'air vraiment gentil, d'après Rain, il n'aimait pas les hommes, mais il était un véritable amour avec les femmes. Je trouvais cela assez comique de la part d'un cheval, je ne savais pas qu'ils pouvaient être sexistes.

Je m'étais aussi occupé du petit garçon pendant que sa mère se reposait, il se nommait Edward et il était un vrai moulin à paroles. Il m'avait montré les alentours du relais et m'avait aussi présenté à tous les chevaux, il connaissait le coin comme sa poche alors qu'il n'était âgé que de 4 ans. Il était plein d'énergie et il m'a confié qu'il souhaitait devenir le grand héros de la légende pour sauver la Princesse Zelda des griffes de Ganon ! Si seulement... Mais désormais le héros était mort... La pensée me fit frissonner. Lui aussi ? Il est mort ? Pourtant, il semblait imbattable... Je me demande comment Zelda à fait face à cela... Il m'avait sortie de mes pensées pour me dire que tout était prêt que j'allais bientôt devoir partir.

Alors, j'étais là. J'attendais Rain pour partir, mais le soleil n'était pas encore coucher, j'imaginais qu'il souhaitait partir une fois celui-ci coucher. Alors j'attendais assise près du feu en me réchauffant... Mes vêtements ne me permettraient pas de faire face au froid de la nuit... Mais il fallait... Je n'en avais pas d'autre. La Déesse devait décidément m'écouter, car la mère d'Edward vint à ma rencontre : « Tu ne peux pas partir vêtue ainsi, tu risques d'attraper froid et ce n'est pas très décent, une femme doit se couvrir, tu sais. » Je la regardais légèrement honteuse...

Elle avait raison, aucune femme ne portait de robe aussi courte, elle portait toute des longues jupes ou des pantalons. Cela n'avait visiblement pas changé, les coutumes étaient toujours les mêmes. Déjà, il y a 100 ans, j'aimais défier le protocole en m'habillant uniquement avec des jupes courtes, c'était ma personnalité et très souvent mon père me passa un savon pour cela. Mais au final tout le monde au château était habitué, je ne comptais pas changer aujourd'hui. « Je n'ai rien d'autre à me mettre et j'aime montrer mes jambes, il est hors de questions que je les couvre. » Je détournais le regard et posais ma tête entre mes mains en regardant pensivement le sol. « C'est pour ton bien que je te dis ça, tu sais... Aller vient avec moi, je vais te donner des vêtements pour voyager, tu as la chair de poule, ne viens pas me dire que tu n'as pas froid. » Elle avait raison sur ce point... Eh bien, allons nous conformer au protocole pour une fois...

Je me levais et la suivais jusque dans le relais ou elle chercha pendant quelques minutes une tenue ainsi qu'une paire de bottes qu'elle me tendis. Elle me fit signe pour la salle de bain et je suivais son indication. J'enlevais ma vieille robe de nuit pour la placer de côtés. Je devrais sûrement la garder, elle pourrait être utile. Je me retrouvais de nouveau nue devant le miroir, mais plus pour longtemps. Je m'empressais de me changer pour ne pas trop faire attendre la mère du petit.

La tenue qu'elle m'avait prêtée m'allait parfaitement, pourtant... Nous ne faisions pas la même taille du tout, elle était bien plus grande que moi... Je laissais ce détail de côté pour me concentrer sur mon apparence. La tenue était composée d'une robe d'un vert foncé avec un col type chemise. C'était une tenue assez décontractée et très agréable à porté. La robe était légèrement plus resserrée au niveau de la taille et il fallait nouer un foulard au niveau du col, j'avais beaucoup de chance, elle était assez courte, 10 centimètre au-dessus du genou. Je portais par-dessus, un manteau blanc aussi long que la robe et avec des poches au niveau de la poitrine. Extrêmement pratique. Il y avait des hanse pour y mettre une ceinture, je pourrais y attacher ma sacoche acheté hier soir. Les manches étaient longues, je décidais de faire un ourlet avec les manches de la robe dessous, la couleur verte ressortait et contrastait avec le manteau, tout comme le col de la robe était par-dessus le manteau. Il ne se fermait pas et laissait entrevoir la tenue qui se cachait dessous.

J'avais enfilé une paire de bas qu'elle m'avait fournis avec, ils montaient à mis cuisse au-dessus des grande bottes qu'elle m'avait passer, des bottes à talon peu haut, confortable pour marcher et garder de la féminité malgré tout. J'approuvais la tenue, elle était féminine et élégante ainsi que parfaite pour l'aventure ! Elle avait vraiment bien choisi.

Je sortais de la salle, mon ancienne robe sous le bras et me dirigeais vers la femme. J'avançais la tête baissé et les joues se chauffant, je me sentais mal à l'aise, c'était si différent de ma tenue précédente... Pourtant, je me sentais vraiment bien à l'intérieur. Je m'approchais de la femme et lui adressait quelques mots : « Merci... Elle est vraiment superbe, vous aviez raison. ». La femme prit la robe que je tenais sous mon bras pour la ranger dans ma sacoche, qu'elle attacha par la suite autour de ma taille. Je fus légèrement surprise au contact soudain, mais je m'habituais. Elle finit son travail et me regarda. « Prenez soin de vous Kitsis. » Mes yeux s'ouvrir un peu plus que nécessaire, elle était si douce... Elle me rappelait ma mère... « Merci pour tout, faite attention à vous ! » Je lui fis une rapide étreinte en guise de remerciement avant que Rain ne vint nous interrompre: « Kitsis, nous y allons vous êtes prête ? »

Avant que je ne puisse répondre, il découvrait ma tenue et j'ai bien cru que ça mâchoire allait se décrocher... Ah... Les hommes. « Oui, je suis prête allons-y ! » Je quittais le relais en accordant un dernier regard ainsi qu'un geste de la main à la femme et son fils qui l'avait désormais rejoint. J'espère que tout ira bien pour eux... Un léger pincement au cœur me rappelait que j'avais toujours tendance à m'accrocher trop rapidement au gens. Je laissais ces pensées de côté pour me recentrer sur mon objectif actuel ! Cococrico j'arrive !

***
Nous étions partis depuis maintenant cinq heures. Le soleil n'était plus de bien longtemps et nous suivions la route qui était censée, nous mener jusqu'à Cococrico, Rain me disait que nous allions sûrement passer devant dans les plaines d'Hyrule et que je pourrais alors observer le château de loin. J'imaginais ce à quoi il pouvait ressembler désormais... Le lieu où j'ai grandi, la citadelle dans laquelle je passais des heures à me cacher des gardes. Ces lieus qui doivent être désormais dévastés par la terreur du fléau... Je baissais les yeux dans la tristesse de cette pensée, mais tout cela n'était rien par rapport aux pertes humaines... Un lieu se reconstruit, une vie non.

Rain me rappela à la raison en me questionnant, nous commencions à bien nous entendre : « Ça peut paraître bizarre comme question et excusez moi d'avance pour celle-ci, mais... j'ai remarqué... » Il semblait assez mal à l'aise, j'appréhendais... « J'ai remarqué que vos oreilles ne sont pas pointues... C'est un défaut de naissance ? » Ah... Cette fameuse question que j'ai entendue un nombre incalculable de fois...

« Oui... Je suis née avec les oreilles rondes, c'est « un défaut » comme vous le dites. » Je baissais les yeux... Encore quelqu'un qui va me rejeter pour ma différence... Sans qu'il ne puisse répondre, j'enchaînais : « Petite, on me faisait très souvent la réflexion et j'étais exclu par les autres enfants pour ça. Je comprendrais si vous me trouvez bizarre et que vous ne désirez plus m'aider. ». Il me regardait d'un air bête puis lâchait les reines de son cheval et secouait ses mains dans tout les sens pour montrer son désaccord.

« Ça ne me dérange absolument pas vous savez ! Tout le monde possède un petit défaut, j'ai un grain de beauté sur la fesse droite, il est horrible ! Et puis vous êtes loin d'être vilaine donc ce n'est pas un petit détail qui va m'écoeurer ! Oh déesse qu'est-ce que je raconte... Désolé, vous devez me prendre pour un pervers ! » Il prit sa tête entre ses mains et secoua frénétiquement. Je plaçai ma main devant ma bouche pour camoufler mon rire. « Vous êtes drôle Rain, mais ne vous en faites pas, je vous prends pour un pervers depuis que je vous connais. » J'explosais dans un fou rire tandis que sa mâchoire risquait bien de tomber cette fois-ci tellement son choc était puissant.

Je ne pouvais plus retenir mes larmes, c'était hilarant ! Je me tordais de rire, mais je faisais tout pour me calmer, heureusement qu'Orbital était vraiment un amour, n'importe quel cheval se serait déjà emballé ! J'essuyais les larmes aux coins de mes yeux et tentais de reprendre une respiration normale afin de continuer une conversation. Rain était toujours profondément choqué, mais je pensais qu'il pourrait me pardonner pour cela, je lui offris un sourire pour lui montrer que tout allait bien et que nous pouvions poursuivre.

Cette fois, c'est moi qui lui posais une question : « Je pensais... Vous êtes le directeur du relais ? À qui avez-vous laissé le relais en votre absence ? » Il refermait enfin la bouche et considérait ma question : « Je l'ai laissé entre les mains de ma sœur, celle qui vous à donnée la tenue que vous portez. Le relais est une affaire familiale, j'ai confiance en elle et puis Edward pourra l'aider. » Oh, je vois... Donc tout allait bien, je ne l'avais pas mis en quelconques difficultés financières, la relève est assurée, j'avais peur que mon égoïsme ne mette ses recettes en danger.

Rain me regarda intensément puis décida de poser une question qui semblait lui brûler les lèvres : « Pourquoi souhaitez-vous vous rendre à Cocorico ? Ce village n'a rien de très intéressant, surtout pour une jeune fille... » En effet, il n'avait pas tort... Cocorico était un petit village de Sheika, en fait, il s'agit du dernier village de Sheikah. Je me demande ce qu'il est devenu lui aussi. J'aurais pu lui mentir, mais je décidais d'être sincère : « Je dois y trouver une femme qui saura sûrement m'aider dans ma quête. »

Il écarquilla les yeux et demanda incrédule :
« Une quête ?
-Oui, j'ai une quête à accomplir... Mais vous vous aventurez dans mon jardin secret je ne vous en dirais pas plus » lui répondis-je avec un clin d'œil. Je pouvais voir ses joues devenir écarlate malgré la noirceur de la nuit.

Nous avions beaucoup de chance, cette nuit était un soir de pleine lune et nous pouvions donc facilement nous repérer dans la pénombre, donc aucun risque de s'éloigner du chemin, nous serions forcément plus rapidement à Cocorico si nous ne nous perdions pas. La fatigue me gagnait et je commençais à avoir du mal à me concentrer sur la route, mais je pouvais faire confiance à Orbital, il ne s'emballerait pas et resterais calme malgré le fait que je m'endorme sur son dos. Malgré tout, ce n'était pas une raison pour m'endormir et abandonné mon cheval à lui-même. Je levais alors les yeux vers le ciel afin d'occuper mon esprit du ciel magnifique qui s'étendait à perte de vue au-dessus de nous. Celui-ci n'avait jamais changé... Il était le même, les mêmes éclats magnifiques des étoiles étant caché quelques fois par les ailes d'un oiseau.

Petite, je rêvais d'être aussi libre qu'un oiseau, ouvrir mes ailes et m'en aller sans demander mon reste, sans que personne ne me l'interdise. La vie d'une princesse était loin d'être horrible, elle était même merveilleuse. Je vivais très convenablement, je ne manquais jamais de rien, la nourriture était en grande quantité et aussi de grande qualité au palais et nous possédions de nombreux jouets avec ma sœur. Tout était somptueux et je suis certaine que nombreuses étaient les personnes qui nous jalousaient. Nous étions loin de la misère, et pourtant... J'aurais donné toutes mes richesses, toutes les robes idiotes, tout les jouet futiles pour m'en aller de ce château qui était ma prison. Absolument tout pour pouvoir le rejoindre...

La fatigue eue raison de moi et je commençais à m'endormir sur mon cheval, Rain avait sûrement dû le remarquer, car à mon réveil, les rênes d'Orbital étaient entre ses mains un peu plus loin devant moi. Il marchait devant de manière à ce que je n'ai qu'à le suivre. Il était vraiment attentionné, je ne pourrais jamais assez le remercier.

Le soleil était haut dans le ciel, il devait être midi. Il ne nous restait plus qu'un jour de chevaucher avant d'arriver à Cocorico, j'aurais dû me réjouir à cette pensée, mais mon esprit fût éloigné de celle-ci de par la vue qui s'entendait à ma gauche... Mon cœur sautait un battement ou deux et je ne pouvais contenir la surprise qui se répandait sur mon visage, mais aussi l'horreur et le désespoir... Je ne me doutais pas que ce fût à ce point... À quelques kilomètres de nous, se dressait le Château d'Hyrule... Il était complètement dévasté, de nombreuses fumées noir ardente s'en échappait, mais aussi des rempart s'étaient désormais dressé autour de celui-ci. Le Château était désormais presque une ruine... Et ma sœur était retenue prisonnière là-bas... Je voyais au loin les gardiens se promener autour du château, comme si cela était tout à fait normal. Je serrais les dents et baissais les yeux pour cacher mes émotions... Je te promets de venir te sauver ma sœur ! Je te le jure ! Même si pour cela, je dois donner ma vie ! Je récupérerais les créatures divines et je vaincrais Ganon ! Je le jure !

Je reprenais mes rênes des mains de Rain ce qui le fit sursauter avec un léger cri: « Oh, tu es réveillé, nous serons arrivées d'ici un jour si nous continuons à cette allure, ça te convient ? » Non. Ça ne me convenais pas, je devais arriver tout de suite ! Je me positionnais correctement sur mon cheval avant de le faire avancer jusqu'à attendre l'allure du galop. Je partais devant avec Rain essayant désespérément de me suivre. Je devais me dépêcher, j'avais déjà assez perdu de temps comme ça et je ne laisserais pas un jour de plus s'écouler sans me battre pour ma sœur et mon royaume !

Je m'éloignais petit à petit de la vue horrible du Château pour me diriger sans plus tarder vers Cocorico. J'arrive Zelda, il n'a pas pu sauver Hyrule, mais moi, j'y arriverais !