CHAPITRE 9

Nous nous étions remis en marche depuis une bonne vingtaine de minute et j'osais enfin marcher aux côtés de Link. Il ne me parlait toujours pas, mais disons que la relation était moins tendus entre nous. Les paysages se ressemblaient, nous restions sur le même chemin qui suivait la rivière et je profitais du paysage qui se profilait sous le clair de lune. Le monde extérieur était magnifique, mais à la fois extrêmement dangereux. Nous avions croisé pas mal de monstres endormis, heureusement. La fatigue me gagnait petit à petit et je pensais laisser Link gérer seul la direction pendant que je me reposais quelques heures, mais j'ai su que c'était une mauvaise idée quand nous arrivions à un croisement.

Les panneaux indiquaient : « Élimith » dans la direction qui suivait la même route que celle que nous suivions depuis le début, mais Link décida d'en faire qu'à sa tête et de tourner à gauche pour emprunter un pont qui menait vers les plaines de Marblod qui se trouvait dans la direction opposé d'Élimith. Je sortais de ma somnolence pour bloquer le passage à Link.

« Link, ce n'est pas par là, tu ne sais plus lire ou quoi ? Élimith, c'était tout droit ! Faisons demi-tour ! » Il me regardait, mais ne m'écoutait pas. Il lança Epona au galop et me passa devant. Et dire qu'on commençait à bien s'entendre, voilà qu'il recommence à faire des siennes !
« Link ! On va se perdre ! Reviens ! » Orbital avait du mal à les suivre, s'il y aurait eu un croisement nous nous serions perdu à coup sûr. Heureusement, après une dizaine de minutes, je retrouvais Link et Epona au pied d'une grande colline ressemblant plus à une petite montagne. Link avait laissé Epona et commençait à s'aventurer sur la colline. « Mais enfin qu'est-ce que tu fais ?! On n'a pas de temps à perdre t'es sourd ou quoi ? » Ah merde, c'est vrai, j'avais promis de coopérer jusqu'à Élimith... Mais je ne peux pas rester calme quand il fait des conneries ! Il continuait sa marche, je descendais d'Orbital et me mis à le suivre. Pourquoi était-il si intéressé par cette colline ? Est-ce qu'il a vu un sanctuaire ?...

J'eus rapidement ma réponse, j'apercevais en haut de la colline une gigantesque tour montant vers le ciel. Elle devait faire au moins 30 ou 40 mètre de haut, presque aussi haute que le château d'Hyrule. Elle était de même matière que les sanctuaires. Elle était principalement en pierre jaunâtre et noir, elle formait un carré avec ses quatre parois semblable à de la dentelle, mais faites en pierre, bien moins glamour. Elle était grande, mais loin d'être large, une paroi devait faire 5 mètre de large au maximum. En son centre, se trouvait une colonne de lumière orange identique à la lumière des sanctuaires. À son sommet, on pouvait y voir une plateforme circulaire sur laquelle était posé 4 poteaux supportant une sorte de cône. C'était une infrastructure incroyable, sûrement pas l'œuvre d'un hyliens.

« Link attend moi ! » J'accélérais le pas et bientôt, je courais pour le rejoindre. Il était déjà au pied de la tour et l'observait, je fis la même chose que lui. Il semblait observer la taille du monument. « Bon, tu es content, on a regardé la jolie tour, maintenant, on peut y aller ? » Rappelle toi Kitsis... Gentille ! Il m'envoya un regard foudroyant et il commença à faire quelques choses qui étaient hors de toute mon imagination.

Il commençait à escalader la tour ! Mais il est complètement de cingler ! « Mais qu'est-ce que tu fais ?! On n'a pas le temps de s'amuser ! Tu feras de l'escalade quand Hyrule sera sauvé ! Redescends ! » Il continua à escalader sans prendre en compte ce que je lui disais. Les parois de la tour semblaient assez simples à grimper, la fameuse « dentelle » formait de bonne prises pour les mains et les pieds... Je réfléchissais : « Qu'est-ce que je fais ?... Je le suis ?... Je reste ici et j'attends ?... Mais si ça se trouve il y a quelque chose d'intéressant là-haut pour qu'il ait tant envie d'escalader cette tour ! » Je ne réfléchis pas plus longtemps. Je commençais à grimper comme Link le faisait. Heureusement pour nous, il y avait de petite plateforme à certains paliers pour se reposer.

Au bout d'une dizaine de minutes, nous atteignons le sommet. J'étais à bout de souffle, mes mains reposaient sur mes genoux, j'en pouvais plus, il fallait que je me repose. Mais une fois que je me redressai, je n'étais vraiment pas déçu d'avoir donné tous ces efforts. La vue était magnifique. On pouvait apercevoir presque toutes les régions du Royaume. La lune était haute dans le ciel, c'était un point de vue privilégié pour observer les étoiles.

Je me rapprochais des bords de la plateforme pour observer le monde qui se profilait sous mes pieds. Tout semblait minuscule, personne ne pouvait nous voir ici, nous étions seul, perdue dans ce monde. Je dépliais mes bras et profitais du vent qui venait brasser mes cheveux. Je me sentais aussi libre qu'un oiseau, jamais je n'aurais pensé vivre ça. Jamais je n'aurais pensé sortir des murs de ma prison qui est aujourd'hui détruite. Mais aujourd'hui, c'est aussi devenu la prison de ma sœur et il fallait se concentrer sur l'objectif premier. Je me retournais alors pour découvrir que Link aussi regardais la vue qui s'étendait devant lui. Pourtant, il ne me semble pas qu'il est été une seule fois en manque de liberté avec toutes les expéditions qu'il a pu faire durant son voyage avec ma sœur.

Au centre de la plateforme, se trouvait un présentoir semblable à celui que l'on avait trouvé devant le sanctuaire. Seulement, deux cercles orange étaient dessinés sur le présentoir lui aussi de forme circulaire, un des cercles était légèrement surélevé. Il y avait un creux dans le présentoir et étrangement, il était pile à la taille de la tablette de Link. Au-dessus du présentoir, se trouvait une pierre noire de forme conique. Link vint se mettre devant le présentoir et installa sa tablette dans le creux.

Un mécanisme se mit en action, la tablette tourna montrant la face avec le signe Sheikah à son dos. Le cercle dans lequel se trouvait la tablette tourna lui aussi une fois avant de s'encastrer dans le second. Une forte lumière orange se dégagea du présentoir une fois le mécanisme établis. Après ça, plus rien pendant quelques secondes, mais la tour se mit à trembler légèrement.

La colonne se trouvant au centre de la tour devenait petit à petit bleu comme pour le sanctuaire. Sur le bord de la plateforme, en face de nous, un cercle bleu s'illumina. Je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait et j'étais légèrement paniqué, Link restait impassible. Puis, la tour arrêta de trembler et je commençais légèrement à me détendre.

La pierre se trouvant au-dessus du présentoir se mit elle aussi à briller d'une lueur bleutée, des vieilles écritures hyliennes semblaient couler de la pierre et se rejoindre en sa pointe. Elles formèrent une goutte qui tomba sur la tablette Sheikah. Je ne comprenais rien à ce qui se passait, mais Link restait calme tout le long, il reprit juste sa tablette une fois tout ceci terminé. Il regarda la tablette Sheikah et je me permis d'y jeter un coup d'œil. Dessus, je pouvais distinguer une carte incomplète, mais la zone dans laquelle nous nous trouvions se dévoila tout à coup. Je commençais à comprendre... Cette tour permettait de cartographier les alentours... C'est étrange, je n'ai jamais lus ça dans les livres au château peut-être que c'est apparu après la résurrection de Ganon.

Je comprenais mieux pourquoi Link voulait monter sur cette tour, je pouvais aussi voir sur sa carte que 2 autres zones étaient dévoilé : le plateau du Prélude, le mont des Géminés et désormais la zone d'Élimith. Link rangea sa tablette et se dirigea vers le bord de la plateforme. Je lui devais encore une fois des excuses pour mon comportement ultérieur :
« Link ! Je ne savais pas que tu connaissais la fonction de cette tour, je pensais que tu faisais du tourisme... Désolé si j'ai été un peu... Tu sais... Méchante ? » Il me dévisageait.

Déjà, que j'ai dû mettre ma fierté de côtés alors si en plus il me dévisage ainsi ça ne va pas le faire ! Il me tendit la main... Dois-je prend ça pour un : « J'accepte tes excuses. » ? En tout cas, prenons ça ainsi. Je saisis sa main, il me tira vers lui et je me retrouvais face à lui. Mes yeux s'élargir et je commençais à paniquer de nouveau. Mais qu'est-ce qu'il fait ? Ok, je me suis excusé, mais ce n'est pas peut être un peu tôt pour un câlin non ? Je rougissais tel un tomate bien mûre. Il prit mes bras et les fit passer autour de sa taille. Déesse, c'est un cauchemar, c'est ça ? Une mise à l'épreuve ? Donnez-moi un signe parce que sinon je vais le frapper ! Il fit de même avec ses bras pour ma taille. J'étais vraiment gêné, qu'est-ce qu'il lui prend enfin ?! On se connaît pas tant que ça... Il ne semblait pas du tout gêné... Si ça se trouve, pour lui, c'est normal de faire des câlins à tout le monde ?...

« L-link... Qu'est-ce que... » Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'il nous fit sauter dans le vide. Je ne réalisais pas la situation avant de ne plus sentir le sol sous mes pieds. Je m'accrochais fermement à Link en hurlant au fur et à mesure que l'on se rapprochait du sol. Je vais mourir, je vais mourir, il est complètement cinglé, si on ne meurt pas, c'est moi qui le tue !

Mais notre chute se stoppa net, pourtant nous n'avions toujours pas touché le sol. J'osais ouvrir les yeux pour me rendre compte de la situation, j'étais toujours contre Link, mais il ne me tenait plus. Non, en effet, il m'avait lâché et il tenait dans ses mains une... Paravoile !

Une paravoile était un objet assez rare dans le royaume. Nous en avions une dans ma famille que les hommes se passèrent de génération en génération, le concept était assez simple. Il s'agissait d'une toile accroché à des morceaux de bois qui permettait de planer tel un oiseau dans les airs. Il suffisait de la déplier et le tour était joué. Link en possédait une lui aussi et elle ressemblait étrangement à celle de mon père... Elle était rouge avec l'emblème de la famille royale dessus. Je comprenais que c'était bel et bien celle de mon père... Il me devait des explications une fois en bas.

Il ne nous fut que quelques minutes pour atteindre la terre ferme. Une fois mes pieds ancrés dans le sol, je m'empressai de lâcher Link. Il ne voulait strictement pas un câlin en haut de cette tour, mais juste descendre plus rapidement, pas tant idiot que ça le héros... Mais il me devait des explications :

« Link... » Il replia et accrocha sa paravoile à l'une de ces ceintures puis il me regarda prêt à m'écouter. « Pourquoi possèdes-tu la paravoile du Roi d'Hyrule ?... » Il ne réagit pas. J'espérais une réponse, mon père était mort, il n'y avait aucun moyen qu'il ait pu la lui donner. Le seul moyen que je voyais pour qu'il la récupère était d'être allé au château récemment. Je lui reposais une question, mon sang commençait à bouillir et mon cœur accélérait ses battements :

« Tu es allé au château n'est-pas ? » Je le regardais droit dans les yeux, il secoua la tête pour dire « non ». Mais je n'arrivais pas à le croire. Il fallait qu'il me le dise de vive voix: « Link... Je ne rigole pas... Dis-moi où tu as trouvé cette paravoile... Elle appartient à ma famille, réponds moi ! » Mes sourcils se froncèrent et la tristesse remplaçait la rage, il fallait que je sache. Mais il esquiva le sujet et monta sur sa jument pour s'en aller. Je courais vers Orbital pour monter sur son dos et le suivre. Je le rattrapais rapidement.

« Link ! Réponds moi ! Comprends que c'est important pour moi ! Il faut que je sache ! » Il ne répondait pas et semblait agacé par mes questions. Pourquoi est-ce si dur pour lui de répondre à une simple question ?! Malgré tout, je pensais que nous avancions petit à petit l'un vers l'autre, mais finalement, il s'en fichait complètement... Même si ça ne fait pas longtemps que nous sommes ensemble, j'espérais qu'il commencerait à me parler durant notre voyage... Mais visiblement, je devrais encore attendre. Je jure que le jour où il daignera m'adresser la parole, je le harcèlerais de question jusqu'à ce qu'il en perde sa voix pour de bons !

« Très bien, tu veux rester muet ? Ainsi soit-il. » Je lui lançais ces mots le plus amèrement possible. Souviens toi Kitsis, jusqu'à Élimith reste gentille... Je vais me taire moi aussi, sinon j'ai bien peur que tout ce qui sortira de cette bouche ne sera teintée de sarcasme et de haine. Je ne comprends pas... Il sait que j'ai perdu ma famille durant la grande guerre...

Il possède quelque chose qui, justement, appartient à ma famille et parce que Monsieur a choisi d'être muet à vie, il ne me donnera aucune explication. Très bien, de toute façon, nous ne sommes pas obligées de devenir amis ou quoi que ce soit, notre mission est de sauver Hyrule un point c'est tout.

Nous rejoignons petit à petit le chemin principal dont nous nous étions écarté. La lune était pile au-dessus de nous, il devait être minuit maintenant et nous avions fait la moitié du chemin, d'ici 3 heures nous serions arrivé à Élimith et je crois bien que dormir sera ma seule et unique option non-négociable une fois sur place.

***
Nous étions enfin arrivées à Élimith, non pas encore au laboratoire, mais au moins nous étions dans le village et nous pourrions nous reposer. Je ne lui avais pas adressé la parole de tout le voyage, mais l'ambiance n'était pas pour autant tendus. Link repéra un sanctuaire sur les hauteurs du village et m'abandonna avec les chevaux pour aller l'explorer. Je me demande sérieusement ce qu'il doit y avoir à l'intérieur...

J'aimerais bien y entrer moi aussi... Mais apparemment, c'était réservé à « l'élu ». Link partit de son côté tandis que je m'occupais des chevaux. J'allais les laisser dans les écuries du village, mais avant cela, il fallait que les brosses et que j'enlève tout l'équipement qu'ils portaient sur leurs dos. Eux aussi étaient épuisés, il faisait encore nuit et aucun habitant était en vue. Je décidais donc de toquer à la porte des écuries. Personnes n'étaient venue m'ouvrir. Normal, il était 3 heure du matin, ils devaient tous dormir à cette heure-ci, en espérant que quelqu'un a l'auberge, soit encore debout.

Normal, il était 3 heure du matin, ils devaient tous dormir à cette heure-ci, en espérant que quelqu'un a l'auberge, soit encore debout. Les maisons étaient en pierre jaunâtre et les toits en brique rouge. Il était plus grand et mieux organisé. Mais actuellement, je devais réfléchir à un moyen de « loger les chevaux » pour ce soir. L'écuries étant fermée, je n'avais d'autre choix de les laisser en dehors du village, je savais que pour Epona ça n'était pas un problème vu que Link était ici elle resterait forcément dans les parages.

Seulement Orbital n'était pas aussi proche de moi et dès qu'il verrait quelque chose à manger ou une jument passer, j'étais sûre de ne pas le retrouver demain matin. Je ne pouvais pas les laisser seul ici... Je caressais tranquillement Orbital et lui faisant des papouilles dans ses crins qu'il semblait vraiment apprécier. Epona commençait à s'endormir non loin de nous, je pouvais donc la surveiller. Peut-être devrais-je attendre que l'écuries ouvre et ensuite aller me coucher, seulement, je sentais mes paupières se fermer petit à petit. Orbital me sortis de ma somnolence quand je le vis se coucher devant moi.

Généralement les chevaux ne se couchait que très rarement et plus particulièrement quand ils n'allaient pas bien. Mais Orbital semblait en pleine forme... Je m'asseyais près de lui et je reposais ma tête contre son corps. Il dégageait beaucoup de chaleur et il est tout doux, comme un gros matelas bien moelleux. Je bâillai à l'image qui se formait dans mon esprit... Je m'imaginais dans ma chambre au château, dans mon lit bien trop confortable pour un simple jeune fille... Mes yeux se fermèrent petit à petit et Morphée vint me bercer sans que je m'en aperçoive... Je sentis le museau de mon cheval dans mes cheveux, comme pour s'assurer que j'allais bien...

***
Ne m'oublie pas.

Quand je me réveillais le soleil pointait le bout de son nez à l'horizon. La rosée s'était installée dans les environs, elle perlait sur les brins d'herbe et rendait une scène banale magnifique. Mes yeux restèrent un long moment entrouvert, je pouvais sentir le corps d'Orbital monter et descendre au rythme de sa respiration. Il était donc resté là toute la nuit-là, à me servir de matelas.

Il mérite une récompense, il devrait apprécier des carottes comme petit déjeuné. J'aurais pu rester à dormir pendant des heures, mais il fallait se lever désormais. Nous devions visiter la ville et nous rendre au laboratoire antique le tout en moins d'une journée. Je me redressais de ma position couché. Je fus surprise de découvrir une couverture sur mon corps, je ne me souvenais pas être allé en chercher une avant de m'endormir. Elle était douce et sentait incroyablement bon. Je l'étendais pour découvrir qu'en réalité, il s'agissait de la cape de Link. Mes yeux s'élargirent.

Je l'avais complètement oublié ! Je regardais les alentours pour voir s'il était toujours dans les parages ou s'il s'était fait le mal. Je n'eus pas à chercher bien longtemps. Il était assis devant un feu de camp à environ deux mètres de moi. Epona broutait calmement derrière lui. Link faisait cuire quelques choses sur le feu, ça sentait incroyablement bon et ça me mis immédiatement l'eau à la bouche. Link remarqua mes mouvements soudain et me regarda dans les yeux :

« Bonjour. » Lui dis-je avec un léger sourire... Il me rendit un signe de tête en guise de bonjour. Bon, eh bien, ce n'est pas pour aujourd'hui son début de parole. « Tu as pu dormir un peu ? » J'espère pour lui qu'il n'avait pas fait nuit blanche, aujourd'hui allait être une longue journée et il aurait besoin de force. Il hocha la tête en signe de « oui ». Au moins il ne risque pas de tomber dans les pommes durant la journée, ce serait assez embêtant.

Je frissonnais, il faisait vraiment froid ce matin, en même temps nous avions pris de l'altitude et nous nous rapprochions de la montagne de Lannelle qui était complètement enneigé. Je remis la cape de Link sur mes épaules et je me rapprochais du feu perdant tout contact avec Orbital. Ce dernier se leva et alla rejoindre Epona: traduction, je l'emmerdais.

Je réchauffais mes mains en les exposants devant le feu, la chaleur les envahirent petit à petit et c'était terriblement agréable, jamais je n'aurais pensé être aussi heureuse de voir un feu. Link regardait attentivement le feu lui aussi, le bout de son nez était rouge et il tremblait légèrement. Je regardais la cape sur mes épaules puis je regardais les siennes.

C'était égoïste de ma part de garder sa cape. Je me levais et fis le tour du feu de camp tout en enlevant la cape que je portais sur mes épaules. Je m'agenouillais à ses côtés et déposais sa cape sur ses épaules, il montrait des signes de protestation, mais je ne lui laissais pas vraiment le choix. Je lui offris un sourire puis je lui dis : « Ne t'en fais pas pour moi, je porte un manteau épais, de plus le soleil est en train de se lever d'ici une heure le froid ne sera qu'un mauvais souvenir. » Il acquiesça et remit sa cape correctement, il ne mit pas sa capuche et je pouvais donc observer son visage correctement.

Je m'éloignais un peu pour garder un espace personnel confortable puis je me concentrais sur ce qu'il faisait cuire. C'était une brochette de... Fruit ? Il la sortit du feu et me la tendit. Je la pris en le remerciant puis il se leva prenant quelques vivres dans sa sacoche pour les offrir aux chevaux.

Je mangeais tranquillement en profitant encore de la chaleur du feu qui s'atténuait de plus en plus. Je me demande depuis combien il est allumé et depuis quand Link est réveillé, le feu semblait brûler depuis au moins une heure, il n'a vraiment pas beaucoup dû dormir.

Link passa avec les chevaux et se dirigea vers les écuries, je m'empressai de finir mon repas pour éteindre le feu et le rejoindre là-bas. Je me dépoussiérais rapidement en me levant et remplaçant mes cheveux correctement. Je n'ai jamais vraiment fait attention aux apparences, mais il fallait tout de même ressembler à quelque chose. Je m'assurais de n'avoir rien oublié et je me dirigeais vers les écuries où j'attendais Link.

Il me rejoignit quelques minutes plus tard : « Nous pouvons y aller ? » Il acquiesça et nous nous dirigions vers l'allée centrale du village. Des femmes discutaient, des hommes travaillaient et des enfants couraient dans tous les sens. C'était une ville qui vivait principalement de l'agriculture, elle était réputée pour sa viande et ses légumes de grande qualités, mais aussi pour le teinturier qui s'y était installé il y a 100 ans, visiblement rien n'avait changé. Le village était parsemé de plantation et d'animaux de basse-cour, mais malgré tout, il semblait bien mieux organisé que celui de Cocorico.

Le village étant construit sur une succession de collines les maisons était toute à différents niveaux. De plus, leurs architectures variaient selon leurs positions dans le village. À l'entrée de celui-ci, se trouvait principalement des maison en pierres avec des toits de brique rouge, mais plus vous vous aventuriez sur les hauteurs du village, plus les maisons étaient cubiques et faites de bois rouge ou vert. À l'entrée de celui-ci, se trouvait principalement des maison en pierres avec des toits de brique rouge, mais plus vous vous aventuriez sur les hauteurs du village, plus les maisons étaient cubiques et faites de bois rouge ou vert.

Les habitants étaient tous des hylien, donc aucun risque de racisme sur ce coup. Link semblait attiré par la boutique de vêtement, il me pointait cette direction tandis que je lui désignais la boutique de provisions.

« Rejoignons-nous à l'entrée du village dans une heure, ça te va ? » Il acquiesça de nouveau et s'en alla de son côté tandis que je partais du miens pour acheter quelques provisions pour le retour à Cocorico ainsi que les carottes pour Orbital.

***
Je ressortais de la boutique les bras chargés de provisions et un grand sourire affiché sur mon visage, j'étais assez fier de mes achats. J'avais fait en sorte de prendre plus que nécessaire histoire de « rembourser » Link. Je me dirigeais vers les écuries pour placer toutes ces provisions dans les sacoches des chevaux et ainsi pouvoir continuer la visite de la ville sans être encombré.

Je regardais le ciel, le soleil était désormais lever et il faisait bien plus chaud. Les perles d'eau s'évaporaient petit à petit et bientôt, il ferait trop chaud pour continuer à porter mon manteau. Il faudrait que je trouve des tenues pour les différents climats auxquels nous allons faire face... Mais pour le moment, je dois me décharger de toutes ces affaires. Nous devions nous rejoindre d'ici 20 minutes, il me resterait un peu de temps pour explorer seule les alentours.

Cinq minutes plus tard, j'étais en dehors des écuries et je m'étirais profitant des rayons du soleil sur ma peau, chose que je n'avais pas encore pu faire depuis mon réveil. Je regardais l'allée centrale qui commençait à se gorger de monde. Élimith n'était pas un grand village avant la guerre, mais visiblement beaucoup de monde se sont réfugié ici après la destruction de la citadelle. Il fallait que je fasse attention à ne pas me perdre où il serait assez compliqué de retrouver Link dans cette foule.

Je me dirigeais vers la teinturerie pour découvrir ce fameux lieu ayant traversé les frontières et les âges. Au moment où j'allais passer la porte, je ne savais pas pourquoi, mais instinctivement, je me retournais et balayais la foule d'un regard. Il n'y avait rien d'anormal.
Je repris alors ma précédente action qui était de rentrer dans le bâtiment, mais quelqu'un me bouscula. Je perdis l'équilibre et je tombais au sol. Eh bien, décidément, le sol doit vraiment m'apprécier pour qu'il ne cesse de m'attirer contre lui.

Je frottais l'arrière de ma tête qui eut cogné le sol peut fortement heureusement. Je m'attendais à ce que la personne m'ayant bousculé m'aide à me relever, mais ce n'était qu'une simple attente. Il ne daignait même pas m'offrir un regard pour être sûr que j'allais bien. Je vais lui apprendre les bonnes manières à ce rustre !

Je me relevais et commençais à aller à sa poursuite dans la foule. Je ne le laisserais pas filer ainsi ! Il marchait plus vite, mais je me mis à courir pour le rattraper, il passa entre deux bâtiments et je le suivis. Je fis un dérapage sur mes talons pour tourner plus vite et ne pas le perdre de vue.

Il s'arrêta derrière le bâtiment et ne bougea plus. Nous étions à l'abri des regards et je commençais à regretter d'avoir suivi un inconnu. Il portait une cape noir et rouge et il était de dos. Je ne pouvais distinguer son visage d'aucune manière. Je me rapprochais doucement et commençai à râler comme à mon habitude :

« Ça vous étoufferait de vous excuser quand vous bousculez quelqu'un ?! » L'homme ne répondit rien. Tout le monde est muet dans ce monde ou quoi ?! Je saisis son épaule pour qu'il me fasse enfin face, mais l'homme retira délicatement ma main avant de se retourner, la capuche de sa cape tombait bien trop bas sur ses yeux ; je ne pouvais presque rien distinguer mise à part qu'il s'agissait de quelqu'un de jeune. Puis il me chuchota en passant à côté de moi pour s'en aller :

« Le temps n'est pas encore venue pour nos retrouvailles. » Mes yeux s'élargirent dans l'incompréhension totale de ses paroles... Mais... pour qui il se prend ?! Quelles retrouvailles ? Je me retournais pour le retenir, mais je ne trouvais personne. Il avait disparu...
Qui était-ce ? Et de quelles retrouvailles parle-t-il ?...