CHAPITRE 11

Mes yeux s'élargirent dans la surprise... Me révéler pourquoi il ne parle pas ?! Elle ne pouvait pas autant me faire plaisir ! Je la regardais avec une lueur d'impatience et d'espoir dans les yeux. Peut-être qu'en connaissant toute l'histoire, je pourrais faire en sorte qu'il accepte de me parler ou je pourrai un peu plus le ménager.

« Mais tu dois me promettre de rien lui dire ! Sinon jamais il n'acceptera de me montrer sa tablette Sheikah !
-Je te le promets ! »

Elle se redressa et s'éclaircit la voix :
« Hem hem... Tu dois être au courant que Link est le héros de la légende de notre royaume n'est-ce pas ? ». J'acquiesçai et elle poursuivie : « Ça ne s'est pas toujours su. Enfant Link vivait paisiblement comme tous les autres enfants. Contrairement à la princesse Zelda, il est impossible de prévoir qui va être le héros de la légende. Donc Link ne recevait aucune éducation particulière durant son enfance. ».

Je connaissais tout ça. Seulement, elle poursuivit et ce qu'elle allait me raconter, ça, je ne le savais pas : « Petit, il vivait au village d'Élimith avec sa famille comme tout autre enfant. Il a grandi ici même, dans une maison un peu à l'écart du village. » ... Mon cerveau fit le lien entre ça et la maison que Link avait acheté un peu plus tôt dans la journée... Se pourrait-il que ce soit la maison de son enfance ?! Elle continua sa tirade :

« Son père était le chef de l'entièreté de la garde royale d'Hyrule, un homme très importants et surtout très absent dans l'éducation de son fils. » Mon cœur se pinçait... J'ignorais complètement ça... Elle poursuivit : « Sa mère l'élevait presque seule. Les rares fois ou son père rentrait, c'était pour entraîner son fils au maniement des armes et très vite Link montra d'incroyables aptitudes au combat à l'épée. Bien trop incroyable pour un enfant de 8 ans. La nouvelle se propagea dans le village, puis dans le royaume tout entier jusqu'à atterrir dans les oreilles du Roi. » Elle prit une inspiration et baissa la tête, j'appréhendais, d'autant plus qu'elle commençait à parler de mon père...

Qu'avait-il fait ?...
« Link était alors déclaré nouveau héros d'Hyrule et du jour au lendemain Roam Bosphomarus ordonna son transfert au château afin qu'il puisse suivre un entraînement intensif et devenir le preux chevalier de la princesse Zelda. Mais la mère de Link s'opposa à cette décision du Roi, elle refusait de priver son fils d'une éducation normal et de toutes les joies que peuvent apporter la vie d'un enfant normal. Le Roi lui proposa de la laisser vivre à la citadelle avec son fils ou de la dépanner avec des rubis, mais ce n'était pas aussi simple...

Ce n'était pas seulement une question de logement ou d'argent. Son fils allait lui être enlevé... Elle s'opposait à toutes sortes de négociations.» Mon cœur me faisait mal, il battait bien trop vite et je voulais connaître la suite de cette histoire que s'était-il passé ?! Pru'ha serra de toutes ses forces sa jupe de sa tenue Sheikah et poursuivit d'une voix plus douce, presque inaudible... :

« Le Roi ordonna son exécution. Le père de Link alla chercher son fils et l'arracha des bras de sa mère pour l'emmener au château. Elle fut tuée sous ses yeux sans aucune vergogne. Au château, son père lui donna une éducation extrêmement strict, il n'avait pas intérêt à le décevoir. Depuis ce jour, Link ne parla plus. La pression mis sur ses épaules par le royaume ainsi que le traumatisme le fit plonger dans le mutisme. Tout ça pour une histoire de devoir... Même si c'était important pour le royaume, Link à dû se sacrifier pour le reste du monde. Très rare sont les personnes à qui il accepte d'adresser la parole. Déjà, que je détestais mon père, mais alors là ma haine était multiplié par dix... Enfin, tout ça, c'est la princesse Zelda qui me l'a raconté donc moi, je n'en sais vraiment trop rien ! Hey... Tu vas bien ? »

Les larmes coulèrent à flots le long de mes joues, je tremblais dans le choc de la révélation... J'aurais préféré... Ne rien savoir du tout... Des fois, l'ignorance est une meilleure voie à suivre que la vérité... Déjà, que je détestais mon père, mais alors là ma haine était multiplié par dix... Comment a-t-il pu faire ça ?! Comment a-t-il pu être aussi égoïste ?!

Puis je réalisais mon comportement depuis nos retrouvailles à Cocorico... Ce que je lui ai dit à Cocorico devant la boutique quand il essayait seulement de me retenir de faire du mal à quelqu'un... Je lui ai dit que son père devait avoir honte de lui... Je frappais le sol avec mon poing pour me défouler... Je suis monstrueuse ! Je ne mérite pas qu'il soit aussi gentil avec moi... Je repensais aussi à quand j'essayais de le forcer à parler devant la tour d'Élimith... Quand je lui parlais de la paravoile de mon père... Il est resté calme malgré toutes mes insultes et remarque déplacé...

Je serrais le tissu de ma robe dans mes mains pour éviter d'exploser... J'étais une idiote... Au final... Il serait sûrement mieux sans moi... N'est-ce pas ?...
Pru'ha tapota mon dos en guise de réconfort : « Hey... Calme toi, tu n'y es pour rien, tu sais ? C'est une très vieille histoire désormais ! Je suis sûr que ce n'est qu'un mauvais souvenir pour lui ! » Et moi comme une c**** je lui avais rappelé ses mauvais souvenirs !

« Pru'ha... Peux-tu me laisser seule s'il te plaît ?...
-Oui, pas, de soucis, si tu as besoin, je serais à l'intérieur. » Elle se leva, enlevait la poussière de ses vêtements avant de rentrer doucement vers le laboratoire.

Je ramenais mes genoux contre ma poitrine et posais ma tête contre eux alors que je pleurais doucement. Nous avions tout les deux perdu notre mère étant jeune... Et comme ma sœur il avait grandi avec tous les espoirs d'un peuple sur ses épaules... Mais contrairement à elle, jamais il n'eut jamais le droit de broncher et jamais il ne se plaignit de son destin...
Je me remémorais les images de mon enfance... Il m'arrivait de le croiser dans la cours d'entraînement... Je le voyais qui s'entraînait jour et nuit, sans jamais se fatigué et portant toujours le même regard déterminé sur son visage.

Mais malgré qu'il n'ait rien demandé, je commençais à le haïr de plus en plus chaque jour... Je le méprisais intérieurement parce qu'il était le fameux héros que m'a sœur détestait. Elle le haïssait elle aussi, durant très longtemps elle refusait sa présence dans le château et ainsi elle défiait l'autorité de notre père. Au fond... Link ne devrait pas retrouver ses souvenirs... Il ne doit pas retrouver toute cette tristesse qu'il a pu éprouver autrefois...

J'essuyais les larmes de mes joues et frottais mes yeux essayant de chasser toutes traces de tristesse. Je me relevais et replaçais ma robe correctement pour qu'il n'y ai pas de plis apparent. Je regardais la vallée pour voir si j'apercevais le héros. Je distinguais au loin une lueur bleu avançant toute seule, je riais tranquillement, ça devait être lui, il serait là dans quelques minutes. Je me dirigeais vers la porte quand je vu qu'il y avait un escalier en colimaçon pour atteindre le haut de la tour dont parlait tout à l'heure Pru'ha... Il ne fallait pas que j'aille lire son journal, n'est-ce pas ?... Malheureusement pour elle, la curiosité prit le dessus et je m'éloignais de la porte pour prendre l'escalier et me diriger vers le haut de cette tour. J'avais besoin de me changer les idées pour que Link ne remarque rien.

J'ouvris doucement la porte de la tour en faisant attention à ce qu'il n'y ait personne dans la petite salle circulaire. Une fois assuré que personne n'y était, j'entrais et refermais la porte derrière moi. La salle était simple, un lit, quelques livres, une petite fenêtre et un bureau se trouvait au plein milieu de la pièce. Sur ce dernier, se trouvait un journal grand ouvert, je m'approchais pour le lire. Je lisais le titre : « Rapport de développement du module antique « cure de jouvence » TOP SECRET ! » , malgré les derniers mots écrit sur le journal, j'entamais la lecture :

« Jour XX Mois XX,
J'ai commencé à développer un tout nouveau module, « Cure de jouvence ». Si tout se passe comme prévu, je pourrai inverser le processus de vieillissement d'un grand nombre d'espèces. Et si j'arrivais à le perfectionner, nous pourrons rajeunir les vétérans de l'armée d'Hyrule et ainsi la renforcer. Ainsi, quand Ganon ressuscitera, nous serons capables de lui opposer une résistance digne de ce nom. Nous pourrions aussi en profiter pour augmenter la main-d'oeuvre ! J'ai vraiment l'espoir de pouvoir utiliser ce module en faveur de la paix. »
Je tournais la page et m'apprêtais à lire la suivante, visiblement l'écriture était bien moins vieille que celle de la page précédente, elle devait l'avoir écrit il n'y a pas longtemps.

« Jour YY Mois YY
La version bêta du module « Cure de jouvence » est enfin prête. Je l'ai tout de suite installé sur la tablette Sheikah que j'ai fabriqué et me suis portée volontaire pour le tester. Vingt secondes après l'activation du module par Canel, j'ai commencé à me sentir fatiguée et fiévreuse. On a immédiatement interrompu l'expérience, mais depuis, je ne fais que somnoler. Aujourd'hui, je vais me coucher tôt, et demain je reprendrai l'analyse de l'expérience. » Je trouvais intéressant de lire ce journal, je découvrais un nouveau module et en plus ça me permettait d'avoir des informations croustillantes sur Pru'ha ! Je tournais la page.

« Cure de jouvence - Deuxième Jour.
Je me sens moins fatigué qu'hier. Ma chevelure a poussé jusqu'à atteindre le sol, et les rides qui creusaient mon visage ont presque disparu. J'ai donc correctement installé le module, mais j'étais loin d'imaginer que l'effet rajeunissant serait aussi rapide. J'ai tiré Canel du lit pour qu'il m'examine. Taille, poids, vue, électrocardiogramme, analyse sanguine, ostéodensitométrie... On a fait tous les examens disponible dans ce laboratoire. Les résultats que j'ai obtenus correspondent à ceux d'une Sheikah de 50 ans. Autrement dit, en une nuit, j'avais rajeuni de plus 70 ans. Espérons que demain, je ne me réveille pas à l'état de foetus. » Je riais en m'imaginant Pru'ha bébé, ce serait vraiment mignon ! Je poursuivais.

« Cure de jouvence - Troisième Jour.
Je me suis réveillé débordante d'énergie. Cela faisait des décennies que je n'avais pas aussi bien dormi. Je suis immédiatement allé me regarder dans le miroir, et le visage que j'y ai était tellement plus jeune... Les résultats des analyses menées par Canel correspondent désormais à ceux d'une Sheikah d'environ 30 ans. C'est l'âge auquel j'ai enfin pu reprendre mes recherches, après le Grand Fléau qui a dévasté notre monde. À cette époque, j'avais aussi commencé à chercher un moyen d'améliorer les modules, comme le détecteur Sheikah. Mais ce n'est que vers mes 80 ans que mes recherches ont porté leurs fruits. Quoi qu'il en soit, je compte bien confier ces extensions à l'épéiste talentueux quand il se réveillera. Et alors... Il pourra venir à bout du Fléau qui a ingurgité la princesse Zelda... Je l'espère sincèrement... »

J'arrêtais de lire à partir de cette page et je me dirigeais vers la fenêtre pour regarder où en était Link. J'ai bien fait de vérifier, car il arrivait vers le laboratoire et je ferais mieux d'aller l'aider pour allumer le fourneau.

Je sortis de la tour et je commençais à descendre les escaliers pour me placer devant le fourneau près de la porte. Lire le journal de Pru'ha me sortit de mes pensées sombre de tout à l'heure, ça m'avait aussi permis d'en savoir plus sur son apparence actuel, c'était donc à cause de sa fameuse cure de jouvence qui a dégénérée. J'espère qu'elle retrouvera son âge originel, ça ne doit pas être bien facile d'être une petite fille de 120 ans.

Link arrivait devant moi, essoufflé, il me tendit la torche qu'il portait à bout de bras, je la prenais et allumais rapidement le fourneau. Une grande flamme bleue jaillit du fourneau et je manquais de me brûler, mais je n'eus pas le temps de me concentrer sur ce détail. Je me retournais pour découvrir qu'un cercle bleu identique à celui qui s'était formait sur la plateforme de la tour d'Élimith s'était formé devant la porte du laboratoire. Je me demande vraiment à quoi peuvent bien servir ces cercles bizarres... Je me retournais pour voir Link, il s'asseyait sur le sol et commençait à reprendre un rythme de respiration normale. Il levait les yeux au ciel tout en reposant la plupart de son poids sur ses bras. Il était rouge, en même temps, il venait de courir pendant plus de 40 minute non-stop. De plus, c'était essentiellement de la montée pour se rendre au laboratoire, puis il me regarda droit dans les yeux et je détournais le regard...

Pourquoi je détourne le regard moi ?... Je vais sembler bizarre et j'ai promis à Pru'ha de ne rien dire... « Bon... Vu que tu as rallumé ce fourneau, nous allons enfin pouvoir mettre les modules manquants sur ta tablette Sheikah ! » J'essayais de paraître enthousiaste, mais je ne le regardais pas dans les yeux. J'espère juste qu'il ne verra rien... Je me retournais pour rentrer dans le laboratoire le plus vite possible, mais une main me saisit l'avant-bras et me força à faire demi-tour. Je tombais au sol face à Link, il me forçait à le regarder dans les yeux, il ne serrait pas assez fermement mon bras pour me faire mal, c'était juste suffisant pour que je le regarde et que je ne puisse pas fuir.

Les larmes commencèrent à se former au coin de mes yeux... Je ne pouvais pas supporter ça... C'était insurmontable pour moi... La culpabilité me rongeait et je me sentais de plus en plus mal à l'aise à ses côtés... Il me regardait, un air d'incompréhension total se répandait dans ses yeux... Link... Ne me regarde pas comme ça, ou je vais craquer... Il baissait les yeux vers mon épaule et les dirigeaient de nouveau vers mes yeux par la suite, tel une question. Mon épaule ? Ah, je comprends...

« Mon épaule va bien ne t'en fait pas... Je ne pleure pas pour ça... ». Oh oh... J'aurais mieux fait de mentir sur ce coup, il me servait une excuse sur un plateau dorée... Il fallait que je sache quelque chose... J'osais enfin le regarder dans les yeux, mon cœur se serrait...

« Link... Est-ce que tu as des souvenirs de ton enfance ?... » Il me regarda... Un air surpris remplaça l'incompréhension... Je regrettais tout de suite ma question... Au fond de moi, je ne voulais pas savoir... Et pourtant, il fallait que je sache... Il baissa les yeux et inclina la tête dans une forme de « oui ». Mes yeux s'élargirent, je couvrais ma bouche de mes mains pour retenir un gémissement de stupéfaction... Il n'avait pas tout oublié... Mais... au fond, est-ce que ce serait mieux s'il avait oublié cette partie de sa vie ?... J'osais une autre question, j'enlevais doucement les mains de devant ma bouche :

« Tes souvenirs remontent à quand ?... » Il prit quelques secondes pour réfléchir avant de me montrer avec ces mains... Le chiffre 8... Je ne pouvais plus contenir les larmes qui demandaient à couler sur mes joues, je pleurais comme une gamine... Je me sentais vide de l'intérieur...

Comment peut-il encore me supporter ?... Il doit me haïr, c'est obligé, je lui ai dit tant de choses alors que je ne connaissais rien... J'ai jugé avant de prendre la peine de le connaître... Mais il était trop tard pour revenir en arrière... C'était trop tard pour retirer les mots atroces que je lui avais dit... Et c'était trop tard pour espérer qu'un jour, il accepte de me faire entendre le son de sa voix... Je cachais mon visage dans mes mains à la fois dans la honte... Mais aussi pour cacher la douleur sur mon visage... Je ne voulais pas qu'il ait pitié de moi... Je voulais paraître forte comme il l'a été durant toute son adolescence... Lui prouver que je n'étais pas une simple princesse pourris gâter...

Sans crier garde, je sentis ses bras s'enrouler autour de moi... Mes yeux s'écarquillèrent dans l'action... Il me tenait fort contre son torse... Je pouvais sentir la chaleur que son corps dégageait et son souffle dans mes cheveux... Il caressait tranquillement l'arrière de ma tête avec une de ses mains dans une tentative de calmer mes sanglots... Je sentais mes joues se réchauffer et je devais sûrement être rouge pivoine, mais... Je m'en fichais, je voulais juste profiter de ce moment de réconfort auquel je n'eus que très peu droit au cours de mon enfance...

Nous restions ainsi pendant une dizaine de minutes avant qu'il ne recule et saisit mes épaules, il cherchait mon regard avec le siens et ses yeux disaient « Ça va aller ? » , j'essuyais une larme qui se formait aux coins de mon œil et j'essayais de lui offrir le plus beau sourire que je pouvais faire pour lui montrer que ça allait. Il se relevait et me tendit la main, il me rendit mon sourire pour me certifier que lui aussi, il allait bien... C'était bien la première fois que je le voyais me sourire de cette manière. Je pris sa main et je me relevais doucement. Je le remerciais et nous rentrions dans le laboratoire comme s'y rien ne s'était jamais passé.

En entrant dans le laboratoire, Pru'ha était de nouveau sur sa chaise après observer les mêmes papiers que tout à l'heure. Canel était toujours au même endroit le nez dans ses livres. Link se dirigea vers Pru'ha tandis que je regardais la pierre guide. Elle était allumée désormais. J'entendais Pru'ha accueillir le héros : « Coucou toi ! » Elle semblait bien trop joyeuse... « Link t'es trop fort ! Regarde par là ! »

Elle désignait la fameuse pierre guide : « Regarde ! Regarde ! Regarde ! La pierre guide s'est mise en marche ! Enfin ! Tout à l'air de parfaitement fonctionner ! » Toute cette excitation pour un caillou... Elle marmonnait, mais je pouvais l'entendre depuis ma position, elle ressemblait à une folle :

« Hihihi... Ma petite pierre guide chérie... Mon adorable pierre guide... Elle vit ! » Link semblait tout autant effrayé que moi face à la réaction de Pru'ha... Celle-ci poursuivis : « Le moment tant attendu est enfin arrivé ! Réactivons les modules de base qui manquent à ta tablette Sheikah ! Mais il va falloir me faire un magnifique Ouistiti ! » Elle reprenait encore une fois sa position censée être mignonne et le visage de Link se teintait de rouge jusqu'à ses oreilles. Elle lui en demande beaucoup et je ne pense pas que Link accepte de dire et faire une telle chose.
Il fallait encore que je vienne à son secours... Enfin... Je lui devais bien ça... Je devais attirer l'attention sur moi pour qu'elle le laisse tranquille... Je reproduisais sa position stupide en plaçant mes mains au niveau de mes joues en reproduisant le V de Victoire avec mes doigts. J'essayais de prendre un air mignon puis je dis la fameuse phrase qu'elle voulait entendre : « Ouistitiiii ! »

Je souriais le plus possible pour masquer ma gêne face à cette position très gênante. Pru'ha me regarda et elle se dirigea vers moi. Elle m'observait comme si j'étais une œuvre d'art venant d'être achevé... Puis elle frappa dans ses mains : « Ouaaah ! Super-méga-trop bien ! Link t'as vue ça elle reproduit parfaitement la pose ! C'est génialissime ! » J'arrêtais de prendre cette pose stupide et je regardais Link, il se foutait de ma gueule avec son regard et un sourire stupide qu'il affichait sur son visage. Je vais le tuer.

Pru'ha repris : « C'est parti mon kiki ! Restaurons ta tablette Sheikah Link ! Déverrouillage de la pierre guide ! » Link approchait de la pierre guide « chérie » de Pru'ha. « Allez dépêche toi ! Elle t'attend ! On ne fait pas attendre une femme ! » Elle était vraiment folle.

Link se plaçait devant la pierre guide et je reculais de la plate-forme pour laisser la place au héros et à la scientifique. Il plaçait sa tablette Sheikah dans la pierre guide et le même mécanisme qu'il y avait eu à la tour s'activa. La pierre au-dessus du présentoir était de nouveau couverte d'écriture hylienne et une goûte se formait au bout de celle-ci. Comme à la tour d'Élimith, la goutte tomba sur la tablette Sheikah. Une fois, le mécanisme finit, Link repris sa tablette.

Je ne comprenais pas vraiment ce qui avait changé... Elle était toujours la même... Pru'ha retourna s'installer sur son tabouret nous la suivirent avec Link.

Elle sautillait sur le tabouret, trop heureuse pour se contenir : « Yeah ! C'était ultra-génial ! Alors ? Tout s'est bien réactivé ? » Link prit la tablette entre ses mains et l'écran s'alluma. Il la dirigea vers Pru'ha pour qu'elle puisse l'observer, je rejoignais son côté pour, moi aussi, voir ce qui se passait sur cet écran.

« Bon, alors, voyons voir !... Appareil photo : ok ! Encyclopédie : ok ! Album : ok ! Super ! C'est tout bon ! » À part l'encyclopédie, je ne connaissais aucun des mots qu'elle venait de prononcer... Il faudrait que je regarde Link les utiliser pour que je puisse comprendre :

« Bon... Et si on passait aux choses sérieuses ? Tu veux pas essayer de me prendre en photo avec ton appareil ? Et surtout montre moi la photo après, elle sera dans ton album ! Allez, ce sera drôle ! » Link semblait comprendre de quoi elle parlait, il prit sa tablette Sheikah, je me repositionnais près de lui pour pouvoir regarder ce qu'il allait faire.

Sur l'écran, s'affichait... Eh bien, rien ne s'affichait mis à part Pru'ha, l'écran était tel un miroir inversé, dès qu'il bougeait la tablette Sheikah l'image dessus suivait ce qu'il visait. Il prit Pru'ha en « photo » et le cliché s'affichait dans « l'album ». Ce module permettait donc de figer une scène réelle et de la changer en image ! Tandis que l'album permettait de classer toutes ces images !

On regardait la photo et Pru'ha semblait s'impatienter : « Ayé ? Tu as pris une photo de moi avec l'appareil photo ? J'espère pour toi que je suis jolie dessus ! Aller montre montre ! » Elle se comportait vraiment comme une enfant de A à Z. Link lui montra la photo sur sa tablette, elle regardait attentivement avant de dire : « Ouah ?! C'est moi ?! Désolée... Héhé... Ça m'a un peu surprise ! ». Elle tenait ses joues en rougissant et en chuchotant « Je suis vraiment mimi ! ».

J'espère qu'elle se rend compte qu'elle n'est pas discrète... Elle commençait à regarder les autres modules de la tablette et dit : « Link ! Il y a d'autres photos dans ton album, t'as vu ? C'est des photos de paysages. » Je me penchais sur le côté pour les observer, Link ne bougeait pas. En effet, il y avait 12 photo de paysage tous très différent les uns des autres. Pru'ha dit :

« Je sais que la princesse Zelda avait l'habitude de se servir de l'appareil photo ! » Les souvenirs me vinrent à l'esprit, elle m'en avait déjà parlé ! Elle disait que c'était une invention incroyable qu'il fallait à tout prix développer dans tout le royaume ! Pru'ha réfléchissait intensément puis annonça :

« Dis Link ! T'étais bien son chevalier servant non ? Alors tu devais sûrement être avec elle quand elle a pris ces photos, hein ?! Ah, c'est vrai, j'oubliais un tout petit détail un poil important... Tu as perdu la mémoire... » Elle affichait une moue déçue sur son visage tandis que je bouillonnais de l'intérieur. Mais comment peut-elle oublier une chose pareille ? Ça s'oublie pas ça !
Elle eut un éclaire de génie et sauta littéralement sur sa chaise :

« Hé, mais ! Si ça se trouve ces photos pourraient justement t'aider à retrouver ta mémoire ! ». Link donna enfin une réaction, une lueur brillait au fond de ses yeux, je partageais son regard, mais au fond j'appréhendais... Est-ce qu'il doit vraiment se remémorer tout ce qu'il s'est passé il y a cent ans ?... Link donna enfin une réaction, une lueur brillait au fond de ses yeux, je partageais son regard, mais au fond j'appréhendais... Qu'il en soit ainsi, je l'aiderais à retrouver sa mémoire.

Pru'ha frappa dans ses mains : « Bon, tu sais quoi ? Tu ferais mieux d'aller en parler à Impa ! Elle est mieux renseignée que moi sur la princesse ! » Elle hésita avant de continuer à parler... J'appréhendais : « J'ai encore un service à te demander Link... Une fois que tu auras rendu visite à Impa, ce serait trop super si tu pouvais chercher des matériaux antiques ! Tu pourras me les apporter à moi ou à Faras, au laboratoire antique d'Akkala. On te donnera des trucs sympas en échange ! » Link fit « oui » d'un signe de tête et attendait pour Pru'ha de poursuivre, elle nous dévisageait et dit : « Ben, vous attendez quoi ? Vous voulez un carton d'invitation pour sortir de mon laboratoire ? »

Et bien... Sympa la jeune-vieille ! Link semblait choqué, complètement ! Je pris son bras et le tirais rapidement dehors. « Eh ben dit donc ! Aimable cette gamine ! ». Link haussa les épaules pour ne pas vraiment donner d'opinions. Je regardais le ciel au-dessus de nous pour essayer de déterminer l'heure qu'il était. Le soleil était pile au-dessus de nous, c'était donc Midi, nous avions passé la matinée au laboratoire antique. Le soleil était pile au-dessus de nous, c'était donc Midi, nous avions passé la matinée au laboratoire antique.

Ça le ferait chier de m'attendre ?! Je courais pour le rattraper ! « Hey ! On t'a jamais appris à être patient ?! » Merde... Je ne pouvais pas empêcher mon comportement stupide... Je mordis ma langue pour me « punir » de la phrase que je venais de dire. D'ailleurs, je devrais me souvenir de ne pas courir dans une descente. Je dépassais très rapidement Link et je ne pouvais pas m'arrêter, mes pieds ne répondaient plus de rien. Deux options s'offraient à moi, n°1 : je continue comme ça jusqu'à Élimith quitte à passer pour une folle devant Link et les habitants ; ou bien n°2 : je me vautre et je passe pour une fille stupide seulement devant Link. »

Je choisissais l'option n°2. Dignité, je t'aimais. Je laissais mon poids tout entier tomber en direction du sol. Celui-ci m'accueillit avec joie et nous nous firent un gros câlin. Je tombais sur mon côté gauche, très mauvaise idée. La douleur dans mon épaule se raviva d'un coup et je regrettais immédiatement la première option, je plissais les yeux dans la douleur et tenais fermement mon épaule en me redressant doucement. Je regardais ma main avec laquelle j'appuyais sur mon épaule, elle était couverte de sang. Je sentais la plaie se gorger de sang, je regardais dans sa direction, mes vêtements aussi devenais cramoisie. Je suis vraiment, mais alors là, vraiment stupide.

J'enlevais mon manteau pour obtenir un meilleur aperçu de la plaie. Tout le côté gauche de ma robe était teinté de rouge... Nan ! C'était ma seule tenue ! Ça m'étonnerait qu'avec 200 rubis, je puisse en racheter une entière...

Je me retournais pour voir Link courir dans ma directement, seulement lui n'était pas complètement stupide et réussit à s'arrêter devant moi. Il s'agenouilla et commença à m'observer de haut en bas jusqu'à se concentrer sur ma plaie.

« Désolée... Je ne suis vraiment pas douée... Ma plaie s'est rouverte, je ferais mieux d'aller voir un médecin une fois arrivé au village. » Link acquiesça, il prit mon manteau et le mit sur mes épaules sans vraiment faire attention à la façon dont il était posé... Le ciel se couvrait et il commençait à faire froid, nous ferions mieux de vite rentrer au village.