CHAPITRE 24

Bonjour/Bonsoir à tous et à toutes.

Le chapitre qui suit est un chapitre de 'détente'. Je tiens juste à prévenir que les souvenirs de Zelda (principalement) sont modifiés (évidemment vu qu'elle possède une soeur dans cette fic, ils ne peuvent pas être les mêmes que dans le jeu). Mais je vais faire en sorte de rester fidèle à ces derniers. Les seuls souvenirs qui changent considérablement sont les souvenirs n°1, 8 et 12. Les souvenirs avec les prodiges sont inchangés, mais il y aura l'apparition des souvenirs de Kitsis d'ici quelques chapitres.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

À deux sur le dos d'Epona, nous n'osions plus parler, gênés par ce qui venait de se dérouler. Mais ce n'était qu'un léger prix à payer pour se sentir libéré d'un poids immense. Tout ce que j'avais accumulé depuis mon réveil m'avait enfin quitté, me laissant en paix.

Arrivés à Cocorico, nous nous dirigions chez Impa, pour parler de nos futurs objectifs. Nous étions assis face à elle, lui expliquant les derniers détails concernant Vah'Ruta. Pour une fois, Link se chargea d'accomplir cette tâche :

« Vah'Ruta est en position pour attaquer Ganon. Mipha lancera l'assaut dès notre rencontre avec le fléau. ». Impa acquiesça tandis que j'écoutai aussi attentivement que possible les informations. Impa s'éclaircit la voix puis parla :

« Je pense que géographiquement, il serait préférable de vous rendre vers la Montagne de la Mort pour récupérer Vah'Rudania, la créature appartenant aux Gorons. Pour cela, il vous faudra vous rendre dans la région d'Ordinn au nord d'ici. Mais ainsi, vous pourrez aussi rejoindre la région d'Akkala à l'extrême Nord-est. Là-bas, vous y trouverez un autre laboratoire antique où un ami pourra vous recevoir. ».

Nous acquiescions, puis elle poursuivait : « La Montagne de la Mort est réputée pour ses températures extrêmes. Il vous faudra vous procurer des remèdes ainsi que des armures contre la lave et la chaleur. Je ne peux malheureusement pas vous aider sur ce point. ».

Nous nous levions puis nous inclinions en signe de respect pour la doyenne. Link la rassura. Il savait que je n'étais pas en état pour discuter avec qui que ce soit : « Ne vous en faites pas pour ça, on se débrouillera sur place. Merci pour votre aide Dame Impa. ».

Je la saluais avec un signe de la main avant de me diriger vers la sortie aux côtés du Héros. Cela me semblait étrange qu'elle ne me questionne pas vis-à-vis de mon comportement, peut-être n'avait-elle rien remarqué. Je laissais cette idée de côté pour rencontrer mon attention sur le présent. Nous avions récupéré toutes nos affaires, prêts à partir. Seulement... Où ? Le prodige ne semblait pas se poser tant de questions. Il saisit ma main et nous téléporta vers une destination inconnue, sans m'adresser la moindre parole.

En quelques secondes, nous étions sur les hauteurs d'Élimith. Il ne lâcha pas ma main pour autant, se dirigeant vers la maison qu'il avait fraîchement acquise, juste au-dessous du sanctuaire. Un air stupide se profilait sur mon visage alors que j'ignorais tout des raisons pour lesquelles le héros m'avait traîné ici. Je me contentai de le suivre, de toutes façons, j'en étais contrainte, il n'avait toujours pas lâché ma main. Nous arrivions devant sa propriété où l'homme excentrique de la dernière fois était toujours là, se prélassant devant un feu.

Quand son regard tomba sur nous, il se leva et salua Link avec beaucoup d'enthousiasme... Souviens-toi Kitsis... Link aime peut-être les hommes, et cet homme pourrait très bien être un futur amant. À cet instant, j'hésitais entre rire ou vomir. Un frisson de dégoût me parcourut, me donnant une indication de ce que j'aurais dû faire. Déesse, si Link doit aimer les hommes, je vous en conjure, faites que ce ne soit pas celui-ci !

« Je savais que vous reviendriez ! Enfin normal vu que c'est votre maison... Mais j'ai à vous dire ! J'ai envoyé un de mes employés dans la région d'Akkala pour construire un superbe village ! Le village d'Euzero ! Si vous passé par là-bas n'hésitez pas à lui rendre visite ! Il aura sûrement besoin de votre aide... Si vous acceptez de l'aider, il vous récompensera ! Il se situe sur une petite île perdue au centre du lac d'Akkala. ».

À ces mots, il nous fit un clin d'œil et de nouvelles nausées m'envahirent... Au secours... « N'hésitez pas à venir me faire part de l'évolution du chantier ! À plus tard ! ». Il s'en alla avec son coéquipier... Attendez... Ils étaient trois la dernière fois, n'est-ce pas ? Je regardais l'homme à ses côtés, découvrant qu'il ne s'agissait pas de tête de gland... Eh bien, ce ne sera pas très compliqué de repérer un homme avec une telle coiffure dans tout Akkala, prenons cela comme un avantage.

Link s'assit près du feu, sortit de la nourriture de sa sacoche et se mit à préparer de quoi manger. Je l'observais tout du long, finissant par m'en désintéresser au point de tomber dans mes pensées...

Nous devrions commencer par Akkala puis nous diriger vers l'ouest pour rejoindre la région d'Ordinn. Une sensation de chatouillement dans mon nez vint me sortir de mon train de penser, puis j'éternuai tel un bovin au milieu de la campagne. Link sursautait, presque effrayé par mon éternuement. Ses yeux écarquillés me dévisageaient, me jugeant presque. Je lui rendis ce regard, le méprisant tout autant. Il a jamais éternué de toute sa vie lui ? Pensais-je avec autant de sensualité que ma précédente action. Il retourna son attention sur le feu, ignorant mon regard méprisant :

« Tu devrais prendre un bain. ». Mes yeux s'élargirent à leur tour, je ne pensais pas que Link prendrait des gants pour me dire ce genre de chose :

« Tu peux me le dire franchement si je pue.
-Ce n'était pas forcément la première chose à laquelle je pensais en disant ça, mais si ça peut te convaincre d'y aller, alors oui, tu ne sens pas bon. Mais sache qu'à la base, c'était juste un conseil pour éviter à ton rhume de ne devenir une autre maladie bien plus grave. ». On peut dire que l'étreinte partagée plutôt dans la journée n'était désormais qu'un lointain souvenir. Cependant, il n'avait pas tort sur son dernier point. « Très bien, j'y vais. ».

Je me levai et me dirigeai vers la maison lorsque Link attrapa ma main. Je me retournai et le questionnai avec mon regard. Il me tendit alors la clé... Ah oui... Mettons cet oubli sur le coup de la fatigue ok ?...

Je repris ma route vers la salle d'eau, d'un pas pressé, parsemé d'éternuements. J'ouvris doucement la porte qui grinçait et la refermai à clé derrière moi. Je commençai à faire couler l'eau du bain... Elle était froide... Pour « éviter d'être malade », c'était raté. Mais au moins je pourrais enlever toute la boue présente sur mon corps.

Je me déshabillai et commençai à entamer ma toilette le temps que la baignoire se remplisse. Quelques coups sur la porte m'alertèrent et je me retournai instantanément vers celle-ci en attendant quelqu'un pour parler : « Tu ne penses pas qu'avec de l'eau chaude se serait mieux ? ». Je rougissais instamment... Bon de toutes façons, c'était trop tard maintenant : « Trop tard.
-Ouvre cette porte. ».

Mon visage devait être un gâchis cramoisi. Puis quoi encore ?! Il a rêvé ! Je l'entendis soupirer de l'autre cotés avant qu'il ne dise : « Je ne regarderais pas, ouvre. ».

Mon rythme cardiaque diminua légèrement. Je peux lui faire confiance... Je déverrouillais la porte avant de me mettre un peu en retrait dans la pièce. Je pris mon kimono pour cacher ma nudité. Je m'attendais à ce que Link entre dans la pièce... Mais heureusement il y poussa juste une casserole d'eau bouillante avant de refermer la porte. Je soupirai de soulagement avant de verrouiller une nouvelle fois la porte. Je pris la casserole pour vider son contenu dans la baignoire remplie. Ce n'était pas brûlant comme au château, mais c'était suffisant pour ne pas aggraver mon rhume, je plongeais dans l'eau et laissais mes pensées m'envahir une nouvelle fois.

Je sortais de la salle d'eau vêtue de mon manteau blanc et ma robe verte, il commençait à faire vraiment froid au crépuscule. Link était assis et le repas servis. Je rougissais violemment... On dirait un vieux couple... Déesse si cela vous fait rire sachez que ce n'est pas drôle. Je m'assis face à lui et avant d'entamer le repas, je lui posai une question : « Link... Hier soir... Tu as finalement pu récupérer le sanctuaire ? ». Il commençait à manger tout en acquiesçant. « Ah, je vois... Et ce matin, tu as pu retrouver ton souvenir ? ». Il acquiesçait à nouveau tandis que je baissais le regard, me préparant à manger. Il répondit alors à une question dans mon subconscient : « J'imagine que tu veux savoir de quoi il s'agissait. N'est-ce pas ? ».

Je rougis tout à coup, puis le regardai d'un air surpris : « Eh bien... Si tu acceptes de m'en parler... ». Il me donnait toute son attention désormais, je fis de même alors qu'il commençait à parler :

« Je pense que le meilleur moyen de t'en rendre compte... C'est de voir par toi-même. ». Il me tendit ses mains avec un regard m'encourageant à les prendre... J'acceptais et les saisissais. Il serra mes mains dans les siennes puis ferma les yeux. Je l'imitai... Qu'est-ce qu'il essaie de faire ?... Le noir que mes paupières me conféraient se transformait peu à peu en un paysage. Une montagne que je ne connaissais pas avec une arche en pierre entre deux versant de la montagne et quelques personnes en dessous... Pourquoi... Pourquoi est-ce que je peux voir ça ?! Comment a-t-il fait ?!

L'image se dirigeait désormais sur deux personnes arrivant en contre-sens en direction des quatre personnes sous l'arche... Ma sœur... Et Link. Ma sœur était vêtue de sa tenue de méditation, une longue robe blanche ornée de bijoux, mais malgré tout assez sobre. Visiblement, ce serait la déesse elle-même qui aurait conçus cette tenue destinée à la méditation de chaque princesse d'Hyrule. Elle portait un regard triste sur son visage, comme souvent, d'ailleurs, alors qu'elle était suivie de près par Link dans sa tenue du prodige habituel. La même qu'il portait aujourd'hui.

Ils arrivaient près des quatre personnes présente sous l'arche et c'est alors que je me rendis compte de qui il s'agissait... Les quatre prodiges d'Hyrule ! Ils étaient tous là, au complet... Je les avais déjà tous rencontrés un par un, mais... C'était bizarre de les voir alors qu'aujourd'hui, ils avaient disparu. Daruk, le prodige Goron, approcha ma sœur avec un regard inquiet, il la questionna :

« Alors, racontez-nous, Princesse ! Comment ça s'est passé sur la montagne sacrée ? ». Une lueur d'espoir résonnait dans sa voix et dans ses yeux... Tous attendirent sa réponse avec impatience, mais hantise. Mais ma sœur baissa les yeux et secoua la tête pour leur confirmer ce qu'ils craignaient : rien n'était apparu... Mon cœur se serra... La couleur du ciel... Le soleil de ce jour-là, je m'en souvenais... Revali, le prodige Piaf s'approcha à son tour et dit :

« Toujours rien, n'est-ce pas ? Pas de pouvoir du sceau ?... ». Ma sœur joignit ses mains puis baissa les yeux une nouvelle fois en disant : « Pardonnez-moi. ». À ses mots, une grande femme Guérudo prit la parole, il s'agissait d'Urbosa:

« Allons, Madame... Vous avez fait de votre mieux. On n'y peut rien si cela n'a pas fonctionné. Après tout, la méditation n'est peut-être pas le seul moyen d'éveiller le pouvoir du sceau. Il est tout à fait possible qu'il finisse par se manifester d'une autre manière.
-Merci Urbosa... ».

Elle semblait tellement triste et désemparée... J'aurais aimé la prendre dans mes bras dans ces moments-là... Je concentrais mon attention sur Mipha qui regardait Link avant de s'adresser à ma soeur :

« Votre Altesse... C'est un peu difficile à expliquer... ». Elle s'approcha timidement de ma sœur tout en continuant : « Voilà... Je me suis demandé... À quoi je pensais quand j'utilisais mes pouvoirs de guérisons. ».

Elle hésita quelques instants avant de dire : « Eh bien... En fait... Je... ». Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Le sol tremblait d'une force inimaginable. Il tremblait d'une telle force que tout le monde manquait de tomber au sol. Link aida ma sœur à garder son équilibre alors que la terre continuait à gronder. Revali s'envola dans les airs pour voir ce qu'il se passait. Le ciel devint petit à petit corrompus, envahis par d'énormes nuages violets. Revali regagna la terre ferme où les autres observèrent en direction du château. Urbosa prit la parole à nouveau, Daruk lui emboîta le pas :

« On dirait...
-Mouais, pas de toute...
-Ca y est.
-C'est lui. ».

Tous parlèrent les uns après les autres sauf Link et ma sœur. Les yeux de Zelda s'élargirent de manière ahurissante et elle dit : « Il s'est éveillé ! ». Des éclairs rouges menaçaient les cieux tandis que ma sœur reculait dans la peur, elle avait du mal à respirer. Daruk se retourna pour l'observer et tenter de la rassurer :

« Vous inquiétez pas, Princesse ! Moi et les autres, on va s'en occuper nous-mêmes ! » Il se redressait pour attirer l'attention de toute l'assemblé :
« Écoutez-moi ! Tous dans les créatures divines, prêt à le canarder ! Dès que Link engage le combat contre Ganon, on fait feu comme un seul homme ! ». Il concentra son attention uniquement sur Link désormais : « P'tit gars ! Toi, tu vas au château d'Hyrule ! On sera là pour te couvrir, alors transforme-moi ce Ganon en chair à pâté ! ». Urbosa prit place derrière ma sœur et saisit ses épaules :

« Allez, venez, Madame. Vous devez vous mettre en lieu sûr. ». Elle baissa les yeux et dit : « Pas question ! Laissez-moi vous suivre ! Je ne vous serai sûrement pas d'un très grand secours, mais... Ma sœur est au château... Il faut que je la voie ! Je dois m'assurer qu'elle va bien ! Je vous en supplie ! Je ne supporterai pas qu'il lui arrive quelque chose... Pas aujourd'hui... ».

Ce sont les derniers mots que j'entendis avant que tout ne devienne noir une nouvelle fois. Les mains de Link lâchèrent les miennes et j'ouvris doucement les yeux, rencontrant les siens. Un silence s'installa, ne sachant pas quoi dire...

Ma sœur... Je venais de la revoir au travers d'un souvenir... Elle s'inquiétait pour moi... Au lieu de se mettre à l'abri, elle a préféré essayer de me rejoindre... Link me sortit de mes pensées mélancolique me demandant : « S'agissait-il d'un jour important pour Son Altesse ? ». Je regardais le contenu de mon assiette avant de répondre à sa question :

« À vrai dire... Le jour où Ganon s'est réveillé... C'était le jour de mon dix-septième anniversaire. Nous étions censées le fêter ensemble, sauf que nous nous sommes violemment disputer avant qu'elle ne parte avec toi en direction de la montagne de Lannelle. Nous n'avons donc jamais pu célébrer ce jour et quand bien même... Il aurait été possible de le fêter, je ne pense pas que nous l'aurions fait de toutes manières. ».

Ses yeux s'élargirent, j'étais persuadé de lire dans son regard un « désolé ». Mais tout ça ce n'était que des petits détails insensés. Cette fois, c'est moi qui brisai le silence de ma voix :

« Comment as-tu fait pour me partager ce souvenir ? ». Il haussa les épaules en reportant son regard sur la tablette Sheikah à sa ceinture : « À vrai dire... Je n'en ai aucune idée. Mais, visiblement, l'esprit se laisse aisément convaincre. Cependant, je ne sais pas si cela est possible avec d'autres souvenirs que ceux de Son Altesse Zelda. Peut-être est-ce dû au fait qu'il s'agisse des souvenirs d'une autre personne. ».

Ah, je vois... J'espère qu'il pourra m'en partager d'autre... J'aimerais en savoir plus sur leur voyage d'autrefois. Ses yeux exprimèrent un souhait silencieux, visiblement en attente d'une quelconque invitation pour me dire ce qui le tourmentait, je fis :

« Quoi ?
-Je me demandais... Tu me caches beaucoup de choses. ». Sans raison apparente, mon cœur accéléra, je me sentis pris au piège... Lui cacher des choses ?... Qu'est-ce qu'il raconte ? Essayais-je de me convaincre.

« Hein ? Mais... Comment ça te cacher des choses ?
-Tu connais beaucoup sur ma vie passé, mais je ne connais presque rien de toi. Je sais juste que tu es la sœur maudite de Son Altesse Zelda et que comme moi tu as dormis cent ans. Mais rien d'autre. Je n'ai aucun souvenir de toi dans le passé et j'ai l'impression que tu ne m'as pas encore tout dit. ».

Il ne fallait pas être devin pour comprendre qu'il voulait que je m'ouvre à lui. Cependant, ce n'était pas nécessaire selon moi. Je n'ai rien à lui dire d'autres, de toutes façons... Une fois Ganon vaincue, je disparaîtrais à vie sans ne laisser aucune trace.

« Je pense qu'il vaudrait mieux ne pas trop parler de mon passé, de toutes façons, ça n'a aucune importance ? N'est-ce pas ? En quoi ce qui s'est passé il y a 100 ans pourrait t'intéresser ? ».
Je feignis un rire puis je me levais et débarrassais mon assiette, gardant un sourire placardé sur mon visage. Link fit de même, sauf pour le sourire, puis il retourna dehors, je le suivais. Nous nous asseyions près du feu pour nous réchauffer tandis que je serrais mon manteau plus près contre mon corps.

« Demain nous partons pour Akkala. Je pense que nous mettrons plus d'une journée minimum pour rejoindre le laboratoire antique, sans compter notre escale à Euzero. Ça, c'est si nous partons de la tour de Lannelle. Cependant, nous avons besoin des chevaux, donc... Il faudra partir de Cocorico, cela risque de rallonger considérablement notre voyage vers Akkala. ».

Dis-je. Link secoua la tête en désaccord avant de me dire, le plus naturellement possible : « Nous partirons de Lannelle, les chevaux, nous rejoindrons là-bas. » Bon... Il a dû fumer ou boire un truc pas bon lui.

« Les chevaux ne vont pas nous rejoindre là-bas ! T'es vraiment attardé ou quoi ?
-Tu verras. S'ils nous rejoignent là-bas, tu me dois cent rubis.
-HEIN ?! T'as rêvé, j'suis fauché !
-Une princesse fauchée ? Je trouve ça assez comique. » Je rougissais... Il n'avait pas tort... D'ailleurs en parlant de rubis... :

« D'ailleurs ; tu n'aurais pas quelque rubis à me prêter ?... J'aimerais dormir à l'auberge, mais... J'ai plus rien du tout ! » Je frottais l'arrière de ma tête, honteuse de ma situation. Mais, je gardais tout de même le sourire tentant de garder une once de dignité. Il me dévisageait : « À vrai dire, je n'ai plus rien moi non plus. Tu peux rester ici si tu veux. ».

Mon visage devint rouge écarlate en un rien de temps... Dormir ici ?... Avec lui ?... Et puis quoi encore ?! Remarquant le changement de couleur soudain sur mon visage, le héros tenta de me rassurer :

« Je peux dormir dehors si ça te gêne tant que ça. Je m'en fiche.
-Non, c'est bon, ça ne me gêne pas ! ». Mensonge. « Tu risquerais de tomber malade, l'hiver approche malgré tout. » Il rit légèrement tout en continuant de réchauffer ses mains près du feu : « Je ne vais rien te faire rassures toi. Je ne suis pas comme ça. »

Je rougissais de plus belle : « Je sais ! Pas la peine de le préciser ! ».

Il rit de plus belle tandis que je me dirigeai vers la maison en lui criant : « Je vais me coucher, mais te fais pas d'idée, entendu ?! ».

Il ne pouvait plus contenir son rire alors que je refermais la porte de la maison. Je me retrouvais alors seule dans cette bâtisse... Mais plus pour très longtemps... Mon cœur martelait ma poitrine. Calme toi Kitsis... C'est juste une nuit avec lui... Tu as déjà dormi avec un homme, c'est juste pour dépanner rien de plus ! Mais je ne pouvais arrêter de rougir comme une folle... Ce n'était pas n'importe quel homme... C'était Link...

Justement ! Il n'y a rien qui puisse me mettre dans un état pareil, me hurlais-je mentalement...
Ou peut-être quelques papillons qui batifolaient dans mon estomac...

Je secouais vivement la tête, tentant de faire sortir cette pensée stupide puis me dirigeais à l'étage où je me changeais avant d'entrer dans le lit. Je me recroquevillais pour prendre le moins de place possible. Je ne voulais absolument pas obtenir un quelconque contact physique avec le héros durant la nuit... Mais je savais bien que ça allait être compliqué étant donné ma fâcheuse tendance à prendre toute la place...

J'entendis la porte de la maison s'ouvrir puis être refermée, à clé cette fois. Merde... Il arrive. Mon cœur accéléra à nouveau dans la panique. Je ne savais plus quoi faire... « FAIT SEMBLANT DE DORMIR ! » Me cria mon esprit. Je fermai les yeux puis tentai de me vider l'esprit pour m'endormir. Ma respiration s'apaisait petit à petit alors que mon cœur battait toujours la chamade... Au secours...

Je l'entendis entrer dans une autre pièce que je devinai être la salle d'eau... Ouf... Échappé bel... Je pouvais alors commencer à m'endormir petit à petit sans vraiment prêter attention à l'homme présent dans la maison. J'entendis de l'eau couler, il ne serait pas là avant un moment. Je me détendais complètement cette fois-ci et fermais les yeux une bonne fois pour toute en essayant de ne pas les rouvrir.

Je sentis mon corps se détendre, je commençai à m'endormir pour de bon... Je pensais comme d'habitude au passé, au souvenir que j'avais pu observer aujourd'hui. Ma sœur... Malgré notre dispute et toutes les choses horrible que nous nous étions dites... S'était inquiété pour moi... Si seulement elle avait su que je n'étais pas au château à ce moment-là...

Je me réveillais d'une nuit assez agitée, je n'avais pas vraiment bien dormi... Je ne pouvais pas prendre toute la place, c'était surtout à cause de ça. J'ouvris doucement les yeux pour découvrir le lit vide de tout autre présence... Il n'était pas venue ? Pourtant, je suis persuadé d'avoir senti une présence à mes côtés. Je me redressais, m'asseyant dans le lit puis j'observais autour de moi... Personne.

Je me levai et pris mon manteau que j'enfilais avant de descendre. Toujours personne... Il est passé où encore cet abruti ? C'est en ouvrant la porte que je découvris une silhouette assise près du feu, après cuisiner quelque chose. Cette dernière se retourna en direction de l'agitation venant troubler le calme du matin. Il faisait froid et je frissonnais... Nos yeux se rencontrèrent et il s'apprêtait à dire quelque chose quand je fis demi-tour. Désolé Link, mais j'ai ni le courage ni la foi de te rejoindre dehors ! Je rentrais et retournais à l'étage pour me faufiler à nouveau sous la couette...

Il faisait chaud et j'étais encore fatigué, j'aurais pu rester couché ici pendant des années... Nan des siècles ! Mais visiblement, quelqu'un n'était pas de cet avis. J'entendis la porte s'ouvrir puis quelqu'un monta les escaliers. La couverture fut retirée et je grelottai tout en me redressant : « T'es pas drôle. » Il soupirait :

« Toi non plus. Lève-toi, on part dans quelques minutes. ». Il se retourna pour descendre, mais je l'arrêtai de ma voix :

« Tu n'as pas dormi avec moi cette nuit ?
-Si, c'est juste que tu dors bien plus que moi, je ne voyais pas l'intérêt de rester dans un lit si je ne dors pas. ». À ces mots, il recommença à s'en aller tandis que mes joues se teintèrent de rouge une fois de plus. Je l'interrompais à nouveau avant qu'il ne soit hors de porter de ma voix et de mes yeux :

« J'ai rien fait de bizarre durant la nuit ?! ». Il me regarda avec un sourire narquois sur le visage : « Ça, c'est un secret. ». Mon cœur s'arrêta de battre tout à coup... JE VAIS LE TUER ! Je me levai, puis pris mes affaires. Le héros poursuivait sa route dans les escaliers. Je le suivis, tout en essayant de ranger mes affaires dans ma sacoche qui, soit dite en passant, avait beaucoup de difficultées à fermer. Merde... Je vais encore devoir en racheter une.

J'observais Link préparer la sienne sur la table au milieu de la pièce. Elle était à peine plus grande que les miennes et pourtant, il mettait deux fois plus de trucs dedans... Comment fait-il ?! Je le dévisageai, et il comprit de par mon regard ce qui m'intriguais : « J'ai rencontré un Korogu quand je me dirigeais seul vers Cocorico. Il m'a proposé d'enchanter ma sacoche en échange de noix Korogu que d'autre de ces confrères m'ont offert. ». Ah... Je comprends.

Cela me rappelait que je ne savais pas ce qu'il avait fait avant de me rejoindre à Cocorico. Je garderais cette question pour la longue route qui nous attendait. Je me dirigeais vers la salle d'eau pour me préparer et enfiler ma tenue bleue habituelle. Au bout de quelques minutes, je rejoignis Link, enfin prête à partir. Il verrouilla la porte de l'intérieur avant de se diriger vers moi. Il allait nous téléporter à la tour de Lannelle. L'adrénaline envahit mon corps, excitée de poursuivre notre aventure et de découvrir de nouveau souvenir... Mais lorsqu'il saisit mes mains, une voix dans ma tête résonna :

« La prochaine fois sera la bonne. » Mon cœur battait plus vite... Je voulais tant savoir de qui il s'agissait et pourtant... J'avais un mauvais pressentiment.