CHAPITRE 25

Bonjour/Bonsoir à toutes et à tous.

Je publie ce chapitre avec une semaine de retard, vous m'en voyez désolé, malheureusement, ce qui n'était censé être qu'une relecture à la base, s'est transformé en une semi-réécriture du chapitre.

Dans ce chapitre, un nouveau personnage fait son apparition, même s'il peut sembler insignifiant et inutile, retenez bien qu'il aura un rôle crucial dans le futur voir même, vital. 😉 Ensuite, une grosse référence au personnage dont est inspiré Kitsis est énoncé dans ce chapitre, comprendra qui pourra !

Bonne lecture !

Arrivé à la tour de Lannelle, la prophétie émise par Link se réalisa... Les chevaux étaient là... C'était agréablement surprise que je me dirigeais vers ma monture, lui offrant quelques caresses jusqu'à ce qu'un petit détail me revint à l'esprit. Je devais 100 rubis au héros... Et grande nouvelle... Je ne les avais pas !

Je lançais un regard discret dans sa direction tandis qu'il s'approchait de sa jument, prêt à monter. Il semblait avoir oublié, et je n'allais sûrement pas le lui rappeler !

Sans plus attendre, je mis le pied à l'étrier pour ne pas être devancé par l'autre cavalier. Nous nous m'étions en route pour rejoindre le chemin principal passant par derrière les falaises Zoras. On pouvait voir la route que nous avions emprunté pour rejoindre le Domaine Zora, il y a de cela quelques jours déjà. Mon cœur se serrait un peu, ce peuple avait été incroyablement amical, me faisant oublier quelque peu les douleurs du passé. Mais connaissant Daruk, je me doutais bien que les Gorons trouveraient le moyen de faire honneur à leurs réputations de bon vivant !

Peu à peu, les paysages changèrent et les panneaux annoncèrent que nous nous rapprochions de notre destination. La tour d'Akkala restait hors de porter, il était encore impossible de la discerner d'où nous nous trouvions. Je suivais Link qui ne faisait rien de plus que suivre lui-même la route, jusque-là, nous pouvions nous en sortir. Il fallait juste éviter de partir en direction de la montagne de la mort pour le moment.

Après plusieurs heures à galoper dans les plaines, nous pouvions enfin distinguer la haute structure grimpante vers le ciel. La tour n'était plus qu'à quelques kilomètres, nous laissant encore un peu de temps avant de l'atteindre. Je marchais aux côtés du héros, n'ayant de cesse de remuer dans ma tête une question à laquelle j'avais déjà pensé plus tôt. Je pris un aperçu du Prodige, concentré sur l'objet antique entre ses mains. Je pris l'initiative de l'interrompre dans sa réflexion : « Link ? Je peux te poser une question ? ». Il me regarda, surpris de mes soudaines paroles, puis, il acquiesça m'accordant ma requête :

« Je me demandais... Qu'as-tu fait avant d'arriver à Cocorico ? Lorsque tu t'es réveillé... ». Il semblait bien plus surpris par ma question, jusqu'à ce que la mine étonnée fut remplacée par un air pensif, cherchant sûrement dans ses souvenirs. Il prit la parole au bout de quelques secondes de réflexions :

« Je me suis réveillé dans un sanctuaire, recouvert d'un liquide non-identifié, avec rien d'autre que la tablette Sheikah comme guide. Je l'ai prise puis j'ai exploré la zone dans laquelle j'étais, c'était un plateau dénué de toutes présences autre que celles des monstres. En cherchant un moyen de m'enfuir du plateau, j'ai rencontré un vieil homme qui m'a appris à ouvrir les sanctuaires... C'est aussi lui qui m'a donné la paravoile, il était âgé d'une soixantaine d'années et avait une longue barbe blanche. Il m'a parlé de la princesse Zelda ainsi que du fléau, Ganon. Enfin, il me guida vers Impa, me disant qu'elle pourrait me venir en aide. »

Un vieil homme ?... Âgé d'une soixante d'année avec une barbe blanche et une paravoile ? Le portrait se dessinant dans ma tête était celui d'un homme que je ne connaissais que trop bien pour être mon géniteur, qui fit de ma vie un cauchemar. Je ne réalisais pas tout de suite, jusqu'à ce que mes yeux s'élargirent et que ma voix n'exprime ma surprise :

« T-tu... Tu as rencontré mon père ?... Enfin... Tu l'avais déjà rencontré il y a cent ans... Mais.. Eh bien... J'ignorais complètement qu'il était encore en vie... Où est-il ?
-Il n'est plus de ce monde, je communiquais avec son esprit. Il avait pris la forme d'un vieillard des montagnes, très loin de son titre de Roi d'Hyrule ainsi que de sa véritable apparence. C'est seulement lorsque nos chemins se sont séparés qu'il a dénié me faire part de son identité, sans me laisser le temps de poser plus de questions sur mon passé. ».

Je n'en revenais pas... Mon père était bel et bien mort... Mais plutôt que de venir me voir à mon réveil... Il est allé rendre visite au Héros... J'ai toujours su qu'il aurait aimé l'avoir en tant que fils voir... Beau-fils... Qu'il aurait tout donné pour ne plus m'avoir sur les bras... Mais que suis-je bête ! Ça, il l'avait fait, prévoyant de me passer la corde au cou, une semaine après mon anniversaire. Mais ça, c'était une autre histoire.

Link poursuivit : « Une fois en possession de la paravoile, j'ai pu m'échapper du plateau du Prélude et commencer à rejoindre le village de Cocorico. Des tours sont sorties du sol et j'en ai profité pour récolter les informations des pierres guides et commencer à compléter ma carte. Après, je suis arrivé à Cocorico et tu connais la suite. ». J'acquiesçais lentement, prenant en compte toutes les informations. « Et toi ? Qu'as-tu fait avant qu'on ne se retrouve ? ».

Je n'étais pas surprise de sa question, après tout, c'était normale qu'il me la pose en retour :
« Mon réveil a été similaire au tien. Cependant, en sortant du sanctuaire qui m'a apparemment maintenu en vie durant ce siècle, je n'ai rencontré personne dans les alentours. Pas même un vieil homme s'avérant être le Roi d'Hyrule... Seulement des gardiens prêts à me tuer. J'ai réussi à m'enfuir de ce lieu abandonné, puis, j'ai marché seule pendant quelque temps à la recherche de quelqu'un pour m'expliquer ce qu'il s'était passé. C'est seulement lors d'un affrontement, ou plutôt d'une fuite avec des monstres que j'ai retrouvé un Hylien. Il m'a aidé, avant de s'en aller sans dire un mot. Il m'avait cependant désigné l'emplacement d'un relais, ayant sûrement dû remarquer que j'étais perdue. Là-bas, j'ai trouvé de l'aide, un cheval et des personnes en mesure de m'expliquer ce qu'il s'était passé. Un dénommé Rain m'a accompagné jusqu'à Cocorico sans rien demander en retour et m'offrant même un cheval. Je ne peux décrire au combien je lui suis reconnaissante. Puis, je t'ai retrouvé. »

Link me regarda sans rien ajouter d'autre, puis il positionna ses yeux sur la route sans plus me prêter d'attention.

Pensant que notre conversation s'achevait, je fis de même. C'est quelques minutes plus tard que le héros relança une discussion sur un détail censé être camouflé : « J'ai déjà remarqué ce tatouage sur ton bras gauche et je me demandais s'il possédait une quelconque signification ou pas. ».

Il désigna mon bras avec son index, visant très clairement deux chiffre rouge dessiné juste en dessous de mon épaule. Je regardais le sujet de sa question. Il s'agissait d'un 0 et d'un 2. Ah ça... Je réfléchissais pour me souvenir de quoi il s'agissait, qu'une seule chose me revint à l'esprit : « Je l'avais à ma naissance. Ma sœur à obtenu la marque de la triforce, moi, j'ai obtenue celle-ci. J'ai toujours pensé que c'était pour me rappeler que j'étais la numéros deux... La seconde princesse d'Hyrule. »

Link enleva le gant recouvrant sa main gauche et se mit à l'observer, disant quelques secondes plus tard : « Tu parles de ce symbole ? ». Le symbole de la triforce trônait sur le dos de sa main... Comme ma sœur. Aucun doute, il était le héros d'Hyrule.

« Oui en effet. Ma sœur possède la même et Ganon aussi est censé l'avoir. Même si je fais partie de la famille royale, je ne possède pas de marque de la triforce ni quoi que ce soit qui pourrait me rattacher à la Déesse Hylia. Juste mon sang qui apparemment serait le sien. Mais, contrairement à celui de Zelda, le mien n'est pas « pur » comme disait mon père. ». Link soupira légèrement avant de dire : « Je ne comprends pas pourquoi le royaume te considérait comme différente ou maudite. Tu me sembles tout à fait normal. »

Mon cœur s'arrêta... Il me trouvait normal ?... C'était sûrement la chose la plus gentille qu'il m'ait dite de toute ma vie... Il ne pouvait pas savoir à quel point cela me faisait plaisir... C'était stupide... Mais j'assumais. Je souriais légèrement alors que nous continuions notre route en direction de la tour d'Akkala qui aux premiers abords ne semblait pas si particulière... Nous nous trompions.

***
Nous avions laissé les chevaux sur le chemin principal et ainsi nous nous retrouvions au pied d'une grande montagne sur laquelle reposait la tour. Très vite, deux problèmes se posaient. Tout d'abord, des gardiens sentinelles surveillaient la zone, prêt à nous tirer dessus si par malheur nous entrions dans leur champ de vision. Le second problème était les monstres qui obstruaient les escaliers menant à la tour... Impossible de passer dans ces conditions. Je regardai Link, attendant qu'il me fasse par d'une idée de génie pour arriver entier au sommet de la montagne. Puis, sans réfléchir, il dit :

« Tu ne sais pas voler par hasard ? ». Je me frappais mentalement, exaspéré par sa stupidité avant de l'exprimer verbalement :

« Non, je ne sais pas voler ! Alors trouve une meilleur idée pour esquiver ces gardiens ou je m'en vais ! ». Je commençais à marcher en direction des chevaux, montrant que mes menaces n'étaient pas que des paroles en l'air. Sa voix m'interrompit dans ma fuite :

« Il faut rester discret pour ne pas nous faire repérer par les gardiens. Seulement, les monstres risquent de rendre cette tâche bien plus compliquée que prévu.
-Merci, j'avais remarqué !
-Il faudrait déstabiliser les monstres à distance avant d'aller les affronter au corps-à-corps. Je vais rester en retrait et créer des bombes avec la tablette Sheikah, pendant qu'ils seront étourdis, tu te chargeras de les prendre en traître et de les tuer. Tout ça en une poignée de secondes. Tu t'en sens capable ? ».

Je le regardais d'un air surpris :

« Pour qui tu me prends ?! Bien sûr que je peux y arriver ! Compte sur moi ! ». J'avançais d'un pas déterminé, prête à prouver ma valeur, quand Link me retint par le bras pour me dire : « Quand je lancerais la bombe, je sifflerais, il faudra que tu te mettes à couvert compris ? » Je lui fis un sourire en guise de oui.

Je me remis en route prenant soin de ne pas être détecté. Les monstres ne me regardaient pas, c'était parfait ! Link me suivait à quelques mètres, préparant sa tablette Sheikah.

Je fis ce qu'il m'avait préconisé lorsqu'un sifflement retentit, suivit d'une bombe traversant les airs en direction des monstres. Elle ne tarda pas exploser, ne laissant pas le temps aux viles créatures de prendre connaissance de cet objet inconnu. Le choc n'était pas suffisant pour les tuer, mais assez pour les secouer.

Ils tombèrent tous à terre et je me précipitai pour aller leur administrer le coup de grâce. Je sortis ma lance tout en poursuivant ma course. Je ne devais pas leur laisser le temps de reprendre leurs esprits. Une fois à porter de mon arme, je plantais cette dernière dans un d'entre eux tout en donnant un coup de pied à un autre pour qu'il tombe dans le vide au-delà des escaliers. Ils n'étaient que deux, je fis alors signe à Link de venir, la sentinelle se rapprochait petit à petit et il fallait partir maintenant.

Je n'attendais pas complètement qu'il m'ait rejoints pour recommencer à courir, de toutes façons, il me rattrapait et en quelques secondes il était de nouveau à mes côtés préparant une autre bombe bleu. Nous arrivions à un autre pallié avec un simple bokoblin pas grand chose d'intéressant. Link siffla et je vu la bombe passer au-dessus de moi pour aller à la rencontre du monstre. Je m'agenouillais, plaçant mes mains sur ma tête pour me protéger. Une fois que le son de l'explosion eut fini de retentir, je me relevai pour découvrir que le bokoblins avait été éjecté dans le vide à cause du souffle provoqué par cette dernière. Tant mieux !

Sans plus tarder, nous reprenions notre course effrénée dans les escaliers, ne nous laissant pas le temps de reprendre notre souffle.

En peu de temps, nous atteignions un autre pallié où se trouvait un autre gardien sentinelle faisant sa ronde... Bien plus rapide que celui plus en bas... Je commençais à paniquer, me demandant comment nous allions nous faire pour l'esquiver. Link avait la réponse à cette question : On l'esquive pas !

Il continua à courir, saisissant ma main au passage pour m'imposer un rythme que je ne pourrais normalement pas suivre. Le gardien était à l'autre bout de l'escalier en pierre pour le moment, mais il n'allait pas tarder à se rapprocher de nous. Une grande caisse en fer se trouvait à mi-chemin, sur un petit pallier. Link eut la même idée que moi, me tirant avec lui derrière la caisse où nous nous agenouillions pour nous cacher.

J'étais hors d'haleine, tentant malgré tout de reprendre ma respiration du mieux que je pus... Je n'étais pas aussi endurante que lui. Je jetai un coup d'œil vers le héros, juste un peu essoufflé... Déesse, c'est pas un hyliens... Impossible. Il me questionna, alors que je tentai de reprendre un rythme cardiaque se rapprochant de la normalité... :

« Ça va ?
-Ça pourrait aller mieux... Mais ça va aller... ».

Il acquiesça en guise de réponse avant de passer sa tête en dehors de notre cachette, cherchant à repérer l'emplacement de la sentinelle... Il aurait mieux fait de regarder au-dessus... Un point rouge nous visait et nous nous levions le plus rapidement possible.

Mince... J'entendis le gardien charger petit à petit son laser tandis que nous courrions le plus loin possible pour espérer l'éviter. Déesse, je vous en supplie ! C'est bête d'être arrivé jusqu'ici pour mourir maintenant ! La détonation du laser n'allait pas tarder à se faire entendre, mais Link s'arrêta de courir, dégainant son arc... Qu'est-ce qu'il fiche encore ?! Il me regarda avant de dire :

« Cours ! Reste pas là ! »... J'aimerais bien sauver ma peau ! Mais je ne peux pas laisser cet imbécile ici ! Je voyais le gardien prendre seulement Link pour cible tandis que celui-ci bandait son arc avec une simple flèche. Il visa l'œil par lequel

Il s'apprêtait à tirer son laser et sans aucune hésitation, il décocha la flèche. Cela ne fit pas exploser le gardien, mais c'était suffisant pour le faire chavirer de gauche à droite, le faisant rater son tir. Link se retourna et continua à courir. Je le suivais du mieux que je pouvais.

Nous montions deux autres escaliers sans nous arrêter. Mais je ne pouvais plus courir... Je m'effondrais sur un des paliers alors que Link continuait. Je me retournai... Le gardien ne nous suivait plus désormais, nous avions dû quitter sa zone de surveillance. Link se retourna en voyant que je ne lui suivais pas, il vint me rejoindre, essayant de m'aider à me relever... Je l'en empêchais : « A-attend... Laisse moi... Respirer... Cinq secondes. ». J'étais à bout de souffle, haletant presque pour de l'oxygène. Parler avait déjà été un effort presque surhumain. Le héros plaça une main sur mon dos, une fois agenouillé près de moi.

Au bout de quelques minutes, j'étais rétablie de notre course effrénée et je me relevais. Link m'aida, mais je l'arrêtai dans sa tentative d'altruisme : « Ça va, je vais bien... Ne t'occupe pas de moi. Allons-y. ». Il acquiesça et me laissa enfin. Mon cœur battait toujours fort dans ma poitrine, mais ce n'était pas à cause de l'effort...

De la distance... J'ai besoin de distance...

Nous continuions notre ascension à un rythme un peu plus lent. Le prochain pallié était bien plus grand que tous les autres rencontrés précédemment. Face à nous, se trouvaient un Moblin et un Bokoblin... Nous évitions l'option : combat inutile et nous dirigions directement vers le prochain escalier, menant droit vers un gardien.

On réutilisait la technique de Link qui était : fonçons dans le tas et on verra. Le héros préparait son arc pour quand le gardiens nous repérerait. Je ne pouvais pas l'aider... Cela fit naître un léger sentiment d'inutilité, me rappelant aussi que je devrais sûrement trouver un arc moi aussi. Le gardien nous remarqua immédiatement, mais nous continuions de courir en direction du sommet. C'était le dernier obstacle avant d'atteindre la tour.

Le gardien commença à charger, comme prévu tandis que Link tira sa flèche... Il rata malheureusement sa cible ce qui eut pour effet de le figer sur place. Comme si c'était la première fois. J'attendis quelques secondes pour voir s'il comptait reprendre ses esprits, mais lorsque ceci s'avéra inutile, je saisis à mon tour sa main et le traînai vers le sommet : « Link ! C'est pas le moment de réfléchir ! ».

Il revint à lieu et se remit à courir, me dépassant rapidement, commençant à imposer un rythme bien plus rapide. Nous courions le plus vite possible, mais le gardien nous rattrapais malgré tout nos efforts, je tournai la tête pour le voir charger son laser... Je n'eus qu'une seconde pour réagir alors qu'il nous tirait dessus. Je sautai en direction de Link une fois que nos pieds prirent contact avec un autre sol. Je lui tombais dessus et nous roulions à quelques mètres. Le souffle de l'explosion nous propulsais un peu plus loin, mais... Nous étions en vie...

Je me redressais avec difficulté, désorientée et atteinte de surdité pendant quelques secondes à cause du bruit de l'explosion. Je pris un aperçus du gardien au loin. Il ne pouvait plus nous attaquer, nous étions hors de sa zone de surveillance. Il pleuvait et une tempête commençait à faire rage, mais au moins... Nous étions en vie. Je regardai l'homme allongé près de moi et je m'empressai de saisir ses épaules : « Link ! Ça va ?! ». Il se redressa à son tour et me regarda en tenant sa tête : « Un peu sonné, mais ça va aller. Toi, rien de cassé ?
-Non ça va. ».

L'entraide était de mise afin de réussir à tenir debout. Nous regardions la fameuse tour pour laquelle nous venions de faire l'équivalent d'un marathon. Seulement, nous n'étions pas au bout de nos peines. J'aurais espéré que l'ascension de cette montagne aurait été la seule difficulté rencontrée pour récupérer les données de cette région.

Mais mes espoirs se dissipèrent en remarquant que la tour se trouvait au milieu d'un village en ruine recouvert de corruption...

Link analysa en quelques secondes notre situation avant de dire: « Il faut traverser les ruines et s'en servir comme pont pour rejoindre la tour. Attends-moi là.
-Hors de question ! Je viens ! ».

Il me regarda d'un air surpris puis agacé : « Toi et la corruption ça ne fait pas vraiment bon ménage, alors reste là. ». Il commença à se diriger vers une ruine non contaminée pour traverser la marre de corruption et je le suivis.

Il soupira tout en se retournant, m'offrant un regard méprisant. Avant qu'il ne me dispute, je lui fis directement part de mes attentions et de ma détermination : « Désolé, mais je te suivrais que tu le veuilles ou non. ».

Ses yeux s'élargirent un peu avant qu'il ne soupire une fois de plus et dise : « Très bien, mais fais attention. Si tu mets, ne serait-ce qu'un orteil dedans, je t'y jette toute entière. ». Je souriais comme une enfant heureuse de pouvoir accompagner son grand frère.

J'étais essoufflé et couverte d'égratignure lorsque nous atteignions enfin le sommet de la tour. L'ascension de la montagne n'était qu'un avant-goût, à peine suffisant pour nous préparer à ce que nous venions de vivre. Je ne comptais plus le nombre de fois où j'avais faillis tomber dans la corruption, ni le nombre de réprimandes offerte par le héros.

Ce dernier était après récupérer les données pour lesquelles nous venions de traverser ce parcours du combattant. Quant à moi, j'étais étalé avec aucune sensualité sur le sol, respirant comme un bœuf. Malgré la fatigue, je ne pouvais cesser de me répéter : Déesse, je suis en vie...

Je respirai un grand bol d'air, décidant qu'il était temps pour moi de me lever après quelques minutes à me reposer. Je me redressai avec difficulté avant de marcher pour observer le panorama que nous offrait la tour. Il y avait une carcasse de gardiens au sommet de celle-ci...

Il devait être là lorsqu'elle sortit de terre. Heureusement, il était désactivé et ne pouvait rien nous faire. Je me rapprochai du bord de la plateforme, accueillis par un vent froid amené par l'orage qui menaçait le ciel.

On pouvait voir la tour d'Ordinn pile dans l'axe de celle d'Akkala ainsi que la montagne de la mort et son volcan. Au loin, je pouvais apercevoir le château, et à son opposé, les limites de notre royaume symbolisé par la mer. Akkala n'était pas vraiment réputé pour ses terres marines au contraire d'Écaraille. Il y pleuvait assez souvent, et la mer était tout aussi fréquemment agité, la navigation n'était pas une bonne idée.

Link terminait de récupérer les informations concernant la région et je me dirigeais près de lui pour regarder la carte alors qu'elle s'affichait à l'écran. Nous étions encore à une demi-journée du laboratoire antique d'Akkala... La région était vraiment grande, plus grande que les autres que nous avions visité... J'étais déjà fatigué et nous n'étions qu'à la moitié.

Je soupirais, déprimé par cette pensée puis j'en venais à une conclusion : je dormirais sur le dos d'Orbital.

Link regarda autour de nous avant de dire : « J'ai l'impression d'être déjà venue ici.
-Hein ?! Tu as un souvenir ?! ».

La lueur d'enthousiasme qui venait de naître dans mon esprit se dissipa lorsqu'il secoua la tête en signe de 'non'. Il alla dans l'album de sa tablette Sheikah où était exposé les 12 photos qu'eut prit ma sœur. Il poursuivit en observant les photos : « Ça doit être mon imagination... Aucune photo ne ressemble à un quelconque lieu de cette région. ». Je lui pris la tablette des mains et analysai à mon tour les clichés. Il avait déjà visité les zones des clichés n°2 et n°11.

Mes yeux s'attardèrent sur la 9ème photo... C'était une source... Impossible que ce soit celle de la sagesse vu qu'elle apparaissait dans le souvenir de la photo n°11. La source du courage se trouvait dans la région du Lac Hylia...

La seule source dont il pouvait s'agir était celle de la force et d'après les ouvrages que j'avais lus, il y a plus de 100 ans, cette dernière ce trouvait à Akkala !

« Link ! Cette source se trouve dans cette région ! Nous allons devoir la chercher pour que tu puisses trouver le souvenir lié à celle-ci ! Nous y irons après être allé au laboratoire antique d'Akkala. Il faut aussi qu'on aille au fameux Village d'Euzero. Nous avons encore du pain sur la planche avant de pouvoir aller en direction d'Ordinn. ».

Il acquiesça avant de ranger sa tablette et se diriger vers le bord de la plateforme en direction de l'Est. Il regarda l'horizon, semblant réfléchir puis dit : « Visiblement, nous avons trouvé le village d'Euzero. ». Il me pointa une petite île circulaire dans le lac d'Akkala. Elle était reliée au reste du continent par un pont en pierre... Il est idiot ?... C'est une île rien de plus, pas même une habitation pour quiconque souhaiterait y vivre. Ce n'est pas un village...

Justement, l'île correspondait parfaitement à la description de l'homme chez Link ! Bon eh bien... Qu'il en soit ainsi, dirigeons-nous là-bas. Link me regardait, attendant mon verdict : « Qu'est-ce que t'attends ? On va vers le sanctuaire ! On ira à Euzero après !». Il acquiesça puis me tendis la main.

Je la pris, puis il me plaça devant lui avant de passer ses bras autour de moi et de nous jeter dans le vide.

Nous arrivions au bout d'une dizaine de minutes au sanctuaire qui intéressait Link. Il entrait à l'intérieur alors que je l'attendais dehors. Je pris un coup d'œil des alentours, n'ayant rien de plus intéressant à faire. Il y avait 3 petites statuettes derrière le sanctuaire...

Elle ressemblait aux statuettes devant lesquelles nous faisions nos prières et nos offrandes à la déesse Hylia avec Zelda... Je vais profiter de l'absence de Link pour prier, pensais-je. Je sortis 3 pommes de ma sacoche et les installais devant chacune des statuts avant de joindre mes mains et entamer ma prière pour Hylia...

Mais un « Pouf » me sortit de ma transe... Un petit Korogu tout vert et tout mignon apparut devant moi en se tenant à une feuille tournante lui permettant de rester dans les airs... Hein ?...

Il rit joyeusement avant de dire : « Nom d'une feuille ! Tu m'as trouvé ! ». Il me tendit une noix dans sa petite main et je la saisis lorsqu'il me dit « À la revoyure ! » ... C'était donc de ça que me parlait Link ?... Les korogus étaient les habitants miniatures de la grande forêt d'Hyrule au Nord du château. Ils étaient des sortes de... Eh bien... Je ne savais pas vraiment ; ils n'étaient pas de formes humanoïdes.

Ils avaient généralement une feuille leur servant de visage avec seulement un petit nez en dépassant. Ils étaient adorables... J'approchais mon doigt de son petit corps pour le toucher, mais cela eut pour effet de le chatouiller et il commença à rigoler de manière tellement mignonne... Hanw... Je commençais à craquer. Je le pris dans mes bras pour le serrer contre moi.

Il est tellement adorable ! Je m'allongeais dans l'herbe et le tenais au-dessus de moi alors qu'il riait. Je riais aussi, cela dit, sans aucune raison... Je voulais le garder avec moi ! Je n'en avais jamais vu en vrai et cette première rencontre était plus qu'acceptable. Je continuai à le chatouiller et je ne me rendis pas compte que nous roulions petit à petit... Jusqu'à descendre entièrement la colline sur laquelle se trouvait le sanctuaire.

Je riais sans discontinuer, ça faisait longtemps que je ne m'étais pas amusé de manière insouciante...

Il riait toujours dans mes bras avant que je ne le lâche pour me redresser. Je le regardai en souriant puis disant : « Nous nous sommes bien amusé, mais nous devons nous dire au revoir maintenant. ». Il semblait un peu triste, mais je lui offris un sourire comme lot de consolation. Cependant, il ne voulait toujours pas partir :

« Allez, rejoins ta famille ou tes amis Korogus. Je ne peux pas m'occuper de toi... Mais promis je viendrais te voir à ton village, attend moi là-bas d'accord ? ». Lorsque je me levai, il attrapa ma cheville pour m'empêcher de partir.

Je... Je veux le garder ! Mais... Les korogus doivent rester libre, ils ne sont pas destiné à la vie en captivité. Je vu Link en haut de la colline après me chercher, il me repéra et descendit dans ma direction. En attendant que le héros ne nous rejoigne, j'essayais de faire la morale à la petite créature à mes pieds :

« Il faut que tu restes là ! Je ne peux pas te garder avec moi... Même si je le veux ! ». Il fit la moue et j'essayai de résister. Link arriva près de moi et il regarda le petit Korogu entre mes mains... Je lui fis un regard des plus mignon que je puisse faire en le suppliant, mais il me répondit de manière sèche : « Non, on ne peut pas le garder. »

... Le contraire m'aurait étonné. Je baissais la tête pour regarder à nouveau la petite créature, et je lui dis : « Promis on se reverra petit gars ! ». Je commençai à partir avec Link quand je me retournai pour l'observer pleurer... Nan, je ne peux pas le laisser là tout seul ! Je fis demi-tour et je le pris avec moi :

« Je ne peux pas t'abandonner ici ! Je vais t'emmener avec nous jusqu'au laboratoire antique ! Tu vas t'appeler... Laisse moi réfléchir... Nono ! C'est simple mais efficace, ça te convient ? ». Nono acquiesçait avant d'aller se nicher sur mon épaule derrière mes cheveux pour que Link ne le remarque pas.

Celui-ci était déjà sur la route principale et il sifflait. Pourquoi siffle-t-il ?... J'eus ma réponse peu de temps après... Les chevaux arrivaient au grand galop dans notre direction. Tant mieux au moins nous avions un moyen de transport meilleur que nos simples pieds. Orbital, s'arrêta devant moi avant d'essayer de manger mes cheveux comme à son habitude, je ris puis le sermonnais :

« Arrête Orbital ! Ça chatouille ! » Link monta sur Epona, ne m'attendant pas. Je montais rapidement sur Orbital pour le suivre. Nono sortit de mes cheveux et me demanda :

« On va où ?
-On va au village d'Euzero, mais reste caché ! ».

À mes mots, il retourna dans mes cheveux pour se cramponner durant le voyage. Je regardais Link au loin sur sa jument... Mon cœur battait un peu plus fort dans ma poitrine alors que nous continuions à avancer vers notre destination...